dimanche 31 juillet 2016

Les films préférés de... Nicole Robert

Productrice pour des films aussi différents que La guerre des tuques, Requiem pour un beau sans-coeurQuébec-Montréal, Tout est parfait et Sur le seuil, Nicole Robert présentera dans les prochains mois Nelly d'Anne Émond.

Lors de la journée de presse de King Dave de Podz, je l'ai rencontré afin de connaître ses goûts cinématographiques.

- Quels sont vos films préférés?

Nicole Robert: Je suis très éclectique, j’aime tous les genres. J’ai beaucoup aimé le film indien The Lunchbox. J’ai adoré! J’ai aimé dernièrement Room. Mais je vais aimer du Aronofsky. Dans nos films québécois, j’ai hâte de voir 9. C’est le genre de films que j’aime quand il y a beaucoup de réalisateurs. Si je m’en vais sur la scène internationale… je n’ai jamais la mémoire des noms et des titres. Je me laisse séduire par beaucoup de choses, de propositions. Ah oui, Mustang aussi qui est bien différent.

Film du jour: Wiener-Dog

On se bidonne beaucoup devant Wiener-Dog, cette délicieuse comédie cynique de la part de Todd Solondz. Contrairement à Storytelling, ce film à (4) sketchs sur la perte fonctionne sans être inégal et la tendresse succède à de grands moments de cruautés. Facilement un des longs métrages les plus hilarants de l'année. ***1/2

samedi 30 juillet 2016

Film du jour: The Flare (Fantasia)

Présenté dans le programme Réalités corrompues à Fantasia, The Flare de Francesco Giannini est un court métrage de science-fiction techniquement impressionnant sur une femme qui n'a que quelques heures pour retracer l'essence de son existence. Malgré une voix off trop présente et quelques dialogues qui manquent de naturel, l'effort ne manque pas d'idées intéressantes et de déchirements humains. ***

vendredi 29 juillet 2016

Film du jour: Too Young to Die! (Fantasia)

Il y a une différence entre un concept intéressant et un film qui se tient. Too Young to Die! de Kankuro Kudo ne saisit pas la subtilité en reprenant à la sauce rock'n'roll l'Enfer de Dante. Cela donne une oeuvre complètement cinglée, satisfaisante 5 minutes et lassantes le reste de ses deux heures. Oui, ça aurait pu être très drôle et divertissant, sauf que ce n'est jamais le cas. *1/2

Sorties au cinéma : La Belladonna de la tristesse, Café Society, Closet Monster

On tente de survivre à Fantasia en sacrifiant plusieurs des sorties régulières au cinéma. Si je me promets de revoir le nouveau Jason Bourne dans un proche avenir, les autres nouveautés peuvent attendre un peu. Il était toutefois impensable de passer à côté de trois films intéressants et très différents.

C'est une superbe animation japonaise que la Cinémathèque québécoise présente à partir d'aujourd'hui. Classique de 1973, La Belladone de la tristesse d'Eichi Yamamoto est un mélange de dessins animés et d'images fixes sur une femme accusée de sorcellerie qui décide de faire un pacte avec le Diable pour se venger. Psychédélique à souhait, plongé dans un état presque constant de souffrance, de sexe et de violence, ce conte féministe demeure d'une poésie sans nom où l'on veut s'y lover à jamais. ****

Après quelques efforts oubliables, Woody Allen revient avec Café Society, une romance drôle et très sympathique sur le Hollywood des années 30. Tout a déjà été vu précédemment, ce qui n'est pas une raison de bouder son plaisir. La distribution est parfaite et que dire de la photographie, une de ses plus soignées depuis des lustres. ***
Critique

Lauréat du prix du meilleur film canadien au TIFF l'année dernière, Closet Monster est un séduisant premier long métrage de la part de Stephen Dunn, qui emprunte beaucoup à l'univers de Xavier Dolan (mais également Araki et Cronenberg) dans sa façon de montrer son jeune héros à la croisée des chemins. Malgré des tics de mise en scène et une superficialité des personnages, on retient principalement ce talent certain derrière la caméra et des interprètes convaincus. ***
Critique

jeudi 28 juillet 2016

Film du jour: Psycho Raman (Fantasia)

Le cinéaste indien Anurag Kashyap ne va pas nécessairement bien dans sa tête. Après ses éblouissants Gangs of Wasseypur et Ugly, il est de retour avec le dérangeant Psycho Raman où il suit un déséquilibré et le flic qui tente de l'arrêter. Un exercice de style violent et virevoltant où les malaises sont nombreux. En espérant que Fantasia le repasse dans sa sélection et qu'il prenne l'affiche dans les salles régulières. ***1/2

mercredi 27 juillet 2016

Escapade au Ciné-Parc

Avec les semaines de la construction qui se déroulement présentement, le temps chaud qui se poursuit et les soirées sans fin, c'est le moment idéal d'aller au Ciné-Parc. Cela tombe bien, j'ai justement écrit un guide de survie pour profiter au maximum de cette sortie bucolique qui est parfaite entre amis ou en famille. Mon article se trouve sur le site de Cineplex.

Film du jour: Seoul Station (Fantasia)

Après ses engagés et réussis The King of Pigs et The Fake, le réalisateur Yeon Sang-ho renoue avec le dessin animé social (sur le sort des sans-abri) par l'entremise de Seoul Station en le croisant avez... le film de zombies! Le résultat amuse sans convaincre totalement tant les conventions sont présentes. C'est lorsqu'il plonge à fond dans le mal être de la société que l'effort hante le plus, notamment avec sa fin imaginative. ***

mardi 26 juillet 2016

Sorties DVD et Blu-ray : Sing Street, Born to be Blue, Criminal, The Boss

On a droit à une autre semaine clémente au niveau des sorties DVD et Blu-ray. Cela n'empêche pas de trouver chaussure à son pied.

C'est le cas avec Sing Street de John Carney, un hommage tendre et sincère aux groupes musicaux anglais des années 80. Très léger et impossible d'y résister. ***

Plus quelconque est Born to be Blue d Robert Budreau, un biopoc plutôt conventionnel sur Chet Baker. Quelle chance qu'il y a Ethan Hawke pour faire avaler la pilule. **1/2

Plein de bons acteurs (Costner, Lee Jones, Oldman) ne peuvent sauver Criminal d'Ariel Vromen du marasme. Une production d'action mal fichue et assez peu divertissante au final. **

C'est tout de même plus supportable que The Boss de Ben Falcone, une comédie horriblement mauvaise où Melissa McCarthy sabote son talent. Pitoyable! *1/2

Film du jour: Creepy (Fantasia)

Kiyoshi Kurosawa retourne aux films d'horreurs qui ont fait sa renommée (Cure, Pulse) en maintenant un côté social prononcé (à la Tokyo Sonata). Cela donne Creepy, un suspense infernal à la technique éblouissante sur un crime non résolu qui revient hanter un homme et son épouse. À la fois efficace et virtuose. ****

lundi 25 juillet 2016

Film du jour: Lazy Hazy Crazy (Fantasia)

Premier film de la part de Luk Yee-sum qui s'intéresse à l'adolescence surprenantes de trois jeunes filles entre innocence et prostitution, Lazy Hazy Crazy fait l'objet d'un objet de curiosité. Alors que le climat et les effets cinématographiques envoûtent aisément, il est difficilement de totalement prendre au sérieux ce récit au scénario éparpillé et aux personnages mal développés. ***

dimanche 24 juillet 2016

Les films préférés de... Alexandre Goyette

Acteur émérite qui joue autant au théâtre qu'à la télévision et au cinéma, Alexandre Goyette signe le scénario de sa propre pièce King Dave tout en défendant le rôle principal. 

Lors de la journée de presse du dernier film de Podz, je l'ai rencontré afin de connaître ses goûts cinématographiques.

- Quels sont tes films préférés?

Alexandre Goyette: Oh boy! Ça c’est une question tough mon gars. C’est parce que j’ai plein de films préférés pour toutes sortes de raisons. J’essaye de voir… Tu as vu The Kings of Summer?

Oui, c’est un très bon film.

AG : Si jamais je pense à King Dave, je dirais The Kings of Summer. C’est une histoire de gars comme Dave. Ce sont deux films qui me touchent dans leur masculinité pour des raisons complètement différentes. C’est une belle histoire. Même si c’est un petit film, c’est une histoire qui m’a vraiment marquée.

Film du jour: If Cats Disappeared from the World

Il est difficile de ne pas être ému en regardant If Cats Disappeared from the World d'Akira Nagai, cette chronique d'un homme condamné qui peut retarder la mort en éliminant à chaque jour un objet de son existence. Surtout qu'on y parle abondement de souvenirs, d'amours et de cinéma avec un grand soin esthétique. Un mélo mélancolique qui s'adresse à un cinéphile sans cynisme. ***1/2

samedi 23 juillet 2016

Film du jour: The Secret Life of Pets

Immense succès aux guichets, l'animation The Secret Life of Pets de Chris Renaud et Yarrow Cheney reprend le schéma de Toy Story pour l'appliquer aux animaux. Le résultat n'est évidemment pas aussi charmant, mais l'humour ne manque pas. Les situations rocambolesques sont nombreuses et les voix choisies fonctionnent parfois. Un divertissement tonique et immédiat. ***

vendredi 22 juillet 2016

Film du jour: The Inerasable (Fantasia)

Les rumeurs fascinent le cinéaste japonais Yoshihiro Nakamura. Après son solide The Snow White Murder Case, il plonge dans l'horreur avec The Inerasable où il cherche à trouver la cause d'une série d'appartements hantés. Très intriguant, son nouveau film ne suscite toutefois pas les frissons escomptés et s'il est réalisé et interprété avec soin, la mécanique tourne rapidement à vide. **1/2

jeudi 21 juillet 2016

Sorties au cinéma : Notre petite sœur, Captain Fantastic, Hunt for the Wilderpeople, Lights Out

Avec le Festival Fantasia qui bat son plein, il est difficile de tout voir ce qui sort dans les salles régulières. Je me promets toutefois de rattraper Wiener-Dog dans les prochains jours, ainsi que les nouveaux épisodes de Ice Age et Star Trek en DVD. Mais de ce que j'ai pu voir, il y a des films très, très intéressants qui prennent l'affiche cette semaine au cinéma.

Le plus remarquable est Notre petite soeur d'Hirokazu Kore-eda (Nobody Knows), cette fabuleuse chronique de soeurs qui se retrouvent après la mort de papa. Un mélo délicieux, lent et mélancolique comme ceux d'Ozu. ****

On s'amuse beaucoup devant Captain Fantastic de Matt Ross, une oeuvre que l'on retrouvera probablement aux Oscars et où Viggo Mortensen trouve un de ses plus grands rôles en carrière. Un drame rigolo sur une famille pas comme les autres qui doivent faire face à l'adversité. ***1/2

Se déroulant également en forêt, auprès d'une famille disfonctionnelle et possédant un humour encore plus ravageur, Hunt for the Wilderpeople de Taika Waititi amuse beaucoup bien qu'il demeure au final un peu trop superficiel. ***

Rires et cris font un surprenant mélange dans Lights Out de David F. Sandberg, une production horrifique qui sait être imaginative malgré ses clichés et ses sursauts gratuits. On adhère et on ne voudra plus jamais fermer les lumières la nuit! ***

Film du jour: Fourth Place (Fantasia)

Solide drame sportif qui pose de pertinentes questions éthiques (faut-il souffrir pour remporter des médailles et si oui à quel prix?), Fourth Place de Jung Ji-woo est un effort globalement intéressant qui, sans s'éloigner des conventions, le fait de façon appliquée. On retient surtout la finale, géniale sur le plan de la mise en scène. ***

mercredi 20 juillet 2016

Film du jour: Palindromes

On célèbre la sortie au Québec de Wiener-Dog en revoyant Palindromes, certainement le film le plus étrange de Todd Solondz. Dans ce conte sur l'enfance et le désir de devenir mère à 12 ans, l'héroïne est défendue par une multitude d'actrices différentes et l'humour noir coule à flot, tout comme les situations qui suscitent les malaises. Peut-être par le long métrage le plus cohérent de son auteur, mais un de ses plus tordus. ***1/2

mardi 19 juillet 2016

Sorties DVD et Blu-ray : The Lobster, The Hallow, Elvis & Nixon, Le petit prince, Batman v Superman: Dawn of Justice, The Magician: Season One, Queen of Spades (vod)

Il y a à peu près tous les genres possibles et inimaginables qui sortent cette semaine en format DVD et Blu-ray.

Remarqué partout sur ce passage, The Lobster de Yorgos Lanthimos est cette histoire absurde, romantique et mélancolique sur une société où le couple est la norme. Un grand crû de l'année. ***1/2

Suite spirituelle à son culte Dazed and Confused, Richard Linklater propose avec Everybody Wants Some!! une ravissante fête sans fin où musique des années 80, blagues douteuses et dialogues truculents font bon ménage. ***1/2

Parmi tous les films d'horreur à voir le jour ces dernières années, The Hallow de Corin Hardy est un des plus réussis tant la frousse est réelle et l'interprétation assez forte. Cette virée en campagne s'avère efficace et la tension fonctionne jusqu'à la fin. ***

Troisième tome d'une série à "succès" qui a toujours été dans l'ombre d'Hunger Games même s'il est bien meilleur, Allegiant de Robert Schwentke est à nouveau un plaisir coupable kitsch et hilarant, où Jeff Daniels rappelle qui est même bon en mode science-fiction. ***

Michael Shannon et Kevin Spacey s'amusent beaucoup dans Elvis & Nixon de Liza Johnson, sauf que le film demeure en-deçà de leurs performances. **1/2

Toucher au classique Le petit prince, c'est s'assurer de rater son pari et c'est ce qui arrive à cette production très inégale de Mark Osborne qui n'enchante qu'à moitié. **1/2

Même si on aime beaucoup Zach Snyer, il est difficile de regarder au complet Batman v Superman: Dawn of Justice tant la superproduction est mauvaise et sans queue ni tête. *1/2

Les amateurs de séries très légères voudront peut-être se tourner vers The Magician: Season One qui parvient à divertir. Pas toujours, mais suffisamment pour ne pas trop s'ennuyer.

Disponible aujourd'hui en vidéo sur demande, Queen of Spades de Svyatoslav Podgayevskiy est un drame d'horreur parsemé de clichés sur un jeu qui tourne mal. Sa seule particularité est d'être en russe. **

Film du jour: The Throne (Fantasia)

Sélection de la Corée du Sud aux Oscars plus tôt cette année, The Throne (Sado) de Lee Joon-ik est un drame historique sur un règne qui se déroule mal entre un roi et son fils héritier. Techniquement impressionnant, le récit globalement intéressant souffre d'excès en tout genre et il n'est jamais bien loin de l'oeuvre de propagande. ***

lundi 18 juillet 2016

Entrevue avec Takashi Miike

De passage à Fantasia en fin de semaine pour recevoir un prix honorifique et présenter deux de ses films, Takashi Miike est un cinéaste culte inégalable, qui transforme les genres à grand coup de violence et d'humour. J'ai pu rencontrer le réalisateur nippon et mon entrevue se trouve dans les pages du Journal Métro.

Film du jour: The Wailing (Fantasia)

Après ses excellents The Chaser et The Yellow Sea, le cinéaste Na Hong-jin continue à jouer avec les genres avec une maestria. Dans The Wailing, il débute avec une enquête policière classique sous fond de meurtres pour mener le spectateur complètement en bateau, jusqu'à une conclusion dantesque. Il y a bien quelques baisses de régime dans ce récit touffu de 156 minutes, mais surtout une mise en scène exquise et un scénario ingénieux. ***1/2

dimanche 17 juillet 2016

Les films préférés de... Rachid Taha

Roi du raï, auteur-compositeur-interprète émérite qui a offert son lot de chansons cultes, Rachid Taha était à Montréal plus tôt cette semaine. J'ai d'ailleurs pu parler de musique et de politique avec le populaire chanteur pour mon entrevue qui se retrouve dans les pages du Journal Métro.

J'ai également eu le temps d'aborder l'aspect cinéma pour cette nouvelle chronique hebdomadaire....

- Quels sont vos films préférés?

Rachid Taha: Mon film préféré est un western et ça s’appelle La prisonnière du désert (The Searchers). Après c’est un film de Bergman qui s’appelle Les fraises sauvages. Après Pasolini… non Visconti, c’est Rocco et ses frères. Qu’est-ce qui a aussi? Le réalisateur Youssef Chahine. Il y a Kurosawa aussi que j’aime beaucoup: Rashômon. Ou un autre western qui s’appelle Stagecoach. J’aime beaucoup le cinéma.

Film du jour: Three (Fantasia)

C'est un Johnnie To en petite forme que l'on retrouve sur son thriller médical Three. S'il y a une superbe scène d'anthologie, une mécanique bien huilée, des hommages prononcés (Untouchables) et beaucoup d'humour (il y a même un personnage qui s'appelle Ken Sir pour cancer), le récit classique et tiré par les cheveux peine à maintenir l'intérêt dans la première heure et ça, ce n'est pas normal chez ce grand cinéaste. À expérimenter demain dans le cadre de Fantasia. **1/2

samedi 16 juillet 2016

Sur la route de King Dave

Que l'on soit conquis ou pas par King Dave, il est impossible de ne pas voir là un long métrage très ambitieux de la part de Podz, dont le trip de mise en scène atteint ici des sommets. Afin de voir différemment ce film, je vous propose de marcher sur son chemin à l'aide d'un texte qui n'est ni une critique ni une entrevue. Le voyage débute ici sur le site de Cineplex.

Film du jour: Terraformars (Fantasia)

Capable du meilleur comme du pire, Takashi Miike propose avec Terraformars une méga-production à mi-chemin entre Starship Troopers et Mortal Kombat. Une adaptation d'un manga à la fois flamboyante et lassante, qui amuse pendant les scènes de combats et ennuie lorsque l'histoire satirique prend toute la place.  Lorsque l'ambition s'essouffle avant la fin. **

vendredi 15 juillet 2016

Sorties au cinéma : De Palma, Ghostbusters, King Dave, Five

Alors que Fantasia vient à peine de débuter, les nouveautés au cinéma sont peu nombreuses cette semaine. Il y en a néanmoins une qui mérite le détour.

Il s'agit du très intéressant documentaire De Palma de Noah Baumbach et Jake Paltrow qui porte sur le cinéaste culte. Un essai passionnant, divertissant et révélateur qui donne le goût de revoir sa filmographie. ***1/2

Reboot du classique des années 80, Ghostbusters de Paul Feig est loin d'être catastrophique même si le charme n'est évidemment plus le même. Les comédiennes réunies offrent une belle chimie et l'humour coule à flot. ***

Étonnant exercice de style (avec ce fameux plan séquence de 90 minutes), King Dave de Podz n'évite cependant pas l’esbroufe, alors qu'on n'arrive en aucun cas à entrer dans l'histoire et à prendre au sérieux la déroute de ce héros trop vieux pour le rôle qui passe son temps à parler à la caméra. Dommage. **

Five d'Igor Gotesman aimerait tellement rivaliser avec les comédies de Judd Apatow et de Cédric Klapisch qu'il en devient assommant. Combien de fois a-t-on vu cette histoire d'une bande d'amis liée qui se met dans le pétrin? Trop souvent. Et rarement avec autant de clichés qu'ici. **

Film du jour: Heart Attack (Fantasia)

Gentille comédie romantique sur un homme qui a des démangeaisons de peau et la médecin qui en prend soin, Heart Attack de Nawapol Thamrongrattanarit rappelle que les élans du coeur naissent lentement, au film d'un récit bien écrit et bien réalisé, à l'interprétation à l'avenant. Son film est certainement trop long (130 minutes), répétitif et moralisateur, mais il est doté d'un charme qui est loin d'être négligeable. ***

jeudi 14 juillet 2016

Entrevues King Dave

Le Festival Fantasia s'ouvre ce soir avec la présentation de King Dave, le très ambitieux nouveau film de Podz qui adapte en un seul plan séquence la pièce du même nom d'Alexandre Goyette. Je me suis entretenu avec le réalisateur et le comédien et mes entrevues se trouvent sur le site du Journal Métro.

Film du jour: Fat City

C'est un film vigoureux que propose John Huston avec Fat City. La boxe est la métaphore de ces gens dans les câbles qui tentent de se relever et d'aspirer à mieux. Avec son traitement réaliste et son soin apporté aux êtres, il s'agit d'un drame enlevant, interprété par un tout jeune Jeff Bridges et le trop rare Stacy Keach qui y livre toute une performance. ****

mercredi 13 juillet 2016

Film du jour: I Don't Want to Sleep Alone

Il y a dans l'hermétique I Don't Want to Sleep Alone de Tsai Ming-liang plein de choses formidables: un rythme méditatif, une torpeur érotique, un sentiment de fin du monde qui n'aurait pas déplu à Tarkovsi et une vision sociale forte qui donne toute la place aux êtres humains. On peut prendre le film comme un rêve déstabilisant ou une plongée dans un quotidien sans fin, le voyage parsemé d'humour et d'espoir mérite le détour si on est prêt à s'investir complètement. ****

mardi 12 juillet 2016

Nouveautés DVD/Blu-ray : Trois souvenirs de ma jeunesse, Au-delà des montagnes, Sleeping Giant, Imber’s Left Hand, Mad Tiger, Hardcore Henry

C'est une semaine relativement tranquille au niveau des nouveautés en DVD et Blu-ray alors qu'on assiste à la sortie des dernières offrandes de deux grands cinéastes.

Arnaud Desplechin continue à puiser dans les possibilités du passé à travers Trois souvenirs de ma jeunesse, une des romances les plus délicieuses à voir le jour depuis longtemps. ***1/2

Tout aussi mélancolique est Au-delà des montages de Jia Zhang-ke, un mélo bouleversant en trois temps sur la mondialisation et la difficulté à communiqué. ***1/2

Étonnant premier film canadien, Sleeping Giant d'Andrew Civido suit des adolescents à la croisée des chemins. Un effort sensible, pas totalement réussi mais prometteur pour l'avenir. ***

Sensible documentaire sur l'art et la maladie, Imber's Left Hand de Richard Kane évite de broyer du noir et faisant découvrir un peintre dont le destin mérite le détour. ***

Beaucoup plus quelconque est Mad Tiger de Jonathan Yi et Michael Haertlein, un essai musical beaucoup trop éparpillé qui ne donne pas vraiment le goût d'écouter ce dont il est question. Et pourtant... **
Ma critique

Pour débuter la semaine sur une dose d'adrénaline, il n'y a rien de mieux que Hardcore Henry d'Ilya Naishuller, un film d'action spectaculaire mais lassant, tourné entièrement à la première personne. **1/2
Ma critique

Film du jour: Out of Print

Documentaire sur l'importance de voir le cinéma en salle et dans son format d'origine, Out of Print de Julia Marchese fonctionne davantage dans sa seconde moitié où d'intéressants intervenants (comme les cinéastes Joe Carnahan, Richard Kelly et Rian Johnson) parlent du combat entre pellicule et numérique que lors de la longue introduction qui ressemble davantage à une publicité pour une salle de cinéma mythique de Los Angeles. C'est léger et inspirant, quoiqu'un peu lassant avant la fin. L'ironie dans tout ça? C'est présenté en vidéo sur demande! **1/2

lundi 11 juillet 2016

Film du jour: The Debt

Présenté en vidéo sur demande, The Debt est un ambitieux long métrage de la part de Barney Elliott qui déploie un schéma pas trop éloigné du film choral pour rappeler comment l'argent mène le bal et que les pauvres se font toujours exploiter par les puissants de ce monde. Le récit débute de façon très prometteuse et même Stephen Dorff montre qu'il a encore du talent. Mais à forcer de multiplier les liens forcés entre les histoires (celles au Pérou sont plus intéressantes que la principale), le drame bat de l'aile et le scénario s'enlise jusqu'à une finale bâclée. Dommage! **1/2 

dimanche 10 juillet 2016

Les films préférés de... Podz

C'est le temps d'une nouvelle chronique! À chaque semaine, j'interroge une personnalité afin de connaître leurs films et réalisateurs préférés. 

Aujourd'hui, place à Daniel Grou, alias Podz (Les 7 jours du Talion, 10 1/2, L'affaire Dumont, Miraculum, 19-2...), que j'ai rencontré plus tôt cette semaine pour King Dave...

Quels sont tes films préférés?

Podz : Dans la dernière année?

Peu importe

Podz : Je n’en vois plus de films, c’est ça mon problème.

Les gens me nomment des films parfois très récents ou ceux qui ont pu les marquer. Comme Bergman par exemple…

Podz : C’est sûr que Bergman, c’est toujours mon favori. Ouin, je pense que ce sont les films de Bergman qui viennent le plus me chercher. Parce que justement, il y a quelque chose de profondément humain, quelque chose de fêlé dans ses films, dérangeant. Et c’est existentiel aussi. Ce sont ces qualités-là qui font en sorte que j’aime le cinéma. C’est un regard très puissant sur nous et c’est ça que j’essaye de faire finalement.

Il y a une période de sa filmographie que tu préfères?

Podz : Je pense que c’est Persona et Cris et chuchotements, ces films-là. Toi?

Persona a toujours été mon film préféré de lui. Sa phase entre Les fraises sauvages et Persona, ses films qui sont très austères…

Podz : Comme Le silence et À travers le miroir, oui. Mais Persona, il a vraiment quelque chose. C’est ça le cinéma. C’est un rêve, on va y aller là-dedans. Je ne pense pas que personne ne va comprendre Persona au complet, à moins d’écrire quatre thèses.

La façon qu’il joue avec sa forme…

Podz : Il joue avec tout. Il prend plaisir aux possibilités du cinéma. Et je trouve ça le fun de voir ça

Film du jour: L'honneur perdu de Katharina Blum

À mi-chemin entre Fassbinder et Kieslowski, l'adaptation du livre à succès L'honneur perdu de Katharina Blum par Volker Schlöndorff et Margarethe von Trotta est un film clé du cinéma paranoïaque des années 70 qui trouve encore sa raison d'être de nos jours avec toutes les détentions illégales survenues depuis le 11 septembre. Cinéma réaliste qui décrit les collisions troubles entre le pouvoir, la police et la presse, ce récit vigoureux et psychologiquement complexe où brille Angela Winkler hante par ses images austères qui font régner l'enfermement. ****

samedi 9 juillet 2016

Film du jour: The Killing of a Chinese Bookie

À voir préférablement dans sa version de 108 minutes (plutôt que celle de 135 minutes, originellement présentée dans les salles de cinéma), The Killing of a Chinese Bookie est une oeuvre à l'atmosphère exquise de la part de John Cassavetes, qui entraîne son héros mélancolique dans un film noir dont il ne sortira pas indemne. Impossible de ne pas être envoûtée par cette partition unique et même si on connaît la musique, Ben Gazzara y livre une prestation hors du commun. ****

vendredi 8 juillet 2016

Sorties au cinéma: Le goût des merveilles, Un Américain – Portrait de Raymond Luc Levasseur, Mike and Dave Need Wedding Dates

C'est une semaine très tranquille au niveau des sorties au cinéma. Surtout lorsqu'on se garde The Secret Life of Pets pour un autre jour. Qu'est-ce qu'on va voir alors?

Le goût des merveilles, ce charmant et joli petit film que propose Eric Besnard. Une oeuvre simple, éphémère et lumineuse sur l'entraide qui est portée par deux comédiens épatants (Virginie Efira et surtout Benjamin Lavernhe) et une trame sonore qui fait battre le coeur plus rapidement. ***
Ma critique

Plus éloquent encore est Un Américain - Portrait de Raymond Luc Levasseur de Pierre Marier, un documentaire globalement intéressant sur une figure complexe qui s'est dressée d'une drôle de manière contre les injustices sociale. ***

Comédie stupide que l'on a vu des dizaines de fois, Mike and Dave Need Weeding Dates de Jake Szymanski prétent à l'irrévérence alors qu'il demeure bien sage et conventionnelle. Tout ce qu'on retient, c'est le jeu survolté d'Aubrey Plaza. C'est insuffisant. *1/2
Ma critique

Film du jour: La mort en ce jardin

À travers le déroutant La mort en ce jardin, Luis Bunuel se plaît à filmer la condition humaine en déroute (capitalisme, religion, innocence) en suivant quelques fugitifs qui tentent de survivre dans la jungle. Surréaliste et symbolique à souhait, le récit qui prend parfois trop son temps à s'installer est d'un bon intérêt même si on ne peut pas parler de grand crû de la part du maître. Mais n'importe quelle oeuvre avec Simone Signoret mérite toujours le détour. ***1/2

jeudi 7 juillet 2016

Film du jour: Gloria

Gloria de John Cassavetes est une anomalie dans la filmographie du célèbre réalisateur américain. Comme si le roi du cinéma indépendant voulait prouver qu'il était capable de mettre en scène une histoire typiquement hollywoodienne. D'ailleurs le récit parsemé d'invraisemblances ne semble guère l'intéresser. Ce qui compte à ses yeux est cette ambiance vivante et ultra réaliste de New York, ce rythme rapide qui relève d'une partition jazz, ainsi que la performance vigoureuse de sa muse et épouse Gena Rowlands qui est extraordinaire dans le rôle principal. Une destruction des clichés qui ne peut que faire saliver. ***1/2

mercredi 6 juillet 2016

Film du jour: Independence Day: Resurgence

À la fois identique et plus gros que son modèle original, Independence Day: Resurgence du même Roland Emmerich est un film tellement mauvais qu'il en devient hilarant et très divertissant. On rit du début à la fin devant ce nanar de luxe qui est ponctué de symboles douteux et d'allusions sexuelles. Jeff Goldblum domine une prestigieuse distribution qui se plait à être mauvaise et si la production est trop longue et répétitive, il est difficile de s'y ennuyer. **1/2

mardi 5 juillet 2016

Nouveautés DVD/Blu-ray : Le garçon et le monde, Only Yesterday, By the Sea, Les mauvaises herbes, The Mermaid, Seconde Chance, Mobile étoile

Plusieurs grands cinéastes se donnent rendez-vous cette semaine au rayon des nouveautés en DVD et Blu-ray.


Une des plus belles animations des dernières années, Le garçon et le monde d'Alê Abreu est une fresque immense sur la famille, la mondialisation et l'imagination qui est constamment au pouvoir. ****

Rarement diffusé en Amérique du Nord, Only Yesterday du grand Isao Takahata est un dessin animé nostalgique sur les souvenirs et les rêves inachevés. ***1/2
Critique

Réalisation la plus convaincante d'Angelina Jolie jusqu'à ce jour, By the Sea est une histoire parfois trop précieuse où la romance damnée rappelle celles d'Antonioni. ***

Récit humoristique mais un peu pépère sur une famille de reconstitution, Les mauvaises herbes de Louis Bélanger livre la marchandise sans trop se prendre au sérieux. ***

Le rire est contagieux mais très inégal devant The Mermaid de Stephen Chow, une farce écologique qui détonne complètement. Pour le meilleur et pour le pire. **1/2
Critique

Jamais un drame de Susanne Bier aura été aussi mélodramatique, invraisemblable et exténuant que Seconde chance, qui compte malgré tour sur des comédiens dévoués et une superbe photographie. **

Film qui sonne souvent faux (autant au niveau du scénario que de la mise en scène et de l'interprétation), Mobile étoile de Raphaël Nadjari compense ses défauts en livrant une trame sonore de qualité. **

Film du jour: The Peanuts Movie

Il y a de ces animations que l'on manque en salle mais qu'on arrive à rattraper avec les enfants dans le confort de la maison. Avec le film sur Peanuts, Charlie Brown et Snoopy de Steve Martino, on s'attendait au pire. Pourquoi toucher à un tel classique? Le résultat n'est pourtant pas catastrophique. Sûrement qu'il faut s'habituer à ce mélange entre 2D et 3D, ce manque chronique d'histoire et ces répétitions (surtout dans les rêves du chien). Mais le charme opère rapidement et les jeunes frimousses ne pourront pas résister à ces couleurs vives. Même les adultes risquent de s'y amuser. ***

lundi 4 juillet 2016

Film du jour: Secrets of a Soul

Véritable film sur la psychanalyse, Secrets of a Soul de G.W. Pabst souffre d'une approche un peu trop didactique et explicative qui l'empêche de rivaliser avec les classiques de son cinéaste. Il y a pourtant matière à saliver dans cette histoire symbolique d'un scientifique qui a soudainement peur des couteaux et qui ne pense qu'à assassiner son épouse. Le suspense en place est effectif grâce à une interprétation appropriée et il y a une formidable scène de rêve qui laisse complètement béat. ***1/2

dimanche 3 juillet 2016

Film du jour: One Wonderful Sunday

Entre l'optimiste d'un Capra et la douloureuse réalité d'un De Sica de l'époque du néoréalisme italien, One Wonderful Sunday d'Akira Kurosawa suit un rendez-vous amoureux chez un couple fauché. Le climat lourd de la crise économique et de l'après-guerre japonais contrastent avec un certain espoir et si le mélo n'est pas évité, cette belle histoire simple ravit par la force de ses thèmes, sa réalisation élaborée et son interprétation dévouée. Il y a même le quatrième mur qui est brisé vers la fin lors d'une scène douloureuse qui n'a toutefois pas l'effet escompté. ***1/2

samedi 2 juillet 2016

Film du jour: The Wayward Cloud

On s'éclate beaucoup devant le savoureux The Wayward Cloud. En plus de reprendre ses obsessions fétiches (les longs plans fixes, le manque de communication entre les gens), le cinéaste Tsai Ming-liang se laisse aller à des dérives digne de comédies musicales, ensevelissant le tout sous une réflexion assez saugrenue sur le corps et les melons à travers différentes scènes sexuelles qui passent progressivement de la fantaisie humoristique aux malaises de plus en plus profonds. Et comme souvent chez lui, c'est la solitude qui a le dernier mot. Une oeuvre vraiment particulière, à déguster avec parcimonie. ****

vendredi 1 juillet 2016

Sorties au cinéma : The BFG, Swiss Army Man, The Purge : Election Year, Our Kind of Traitor, Les 3 p’tits cochons 2, India Space Opera, Angry Indian Goddesses

Il y a des longs métrages de tous les registres qui prennent l'affiche aujourd'hui dans les cinémas québécois, mais rien de vraiment mémorable.

Steven Spielberg retourne au film pour enfants avec The BFG, une histoire naïve et mignonne sur l'amitié entre un géant et une orpheline. Un gentil feel-good movie en demi-ton où l'on cherche malgré tout le coeur du projet. ***

Très original, Swiss Army Man de Daniel Scheinert et Daniel Kwan relate également une amitié, cette fois entre un homme perdu et un cadavre qui revient à la vie. Une oeuvre éclatée et rafraîchissante qui s'épuise cependant à mi-chemin et qui aurait fait un excellent court métrage. **1/2

The Purge: Election Year de James DeMonarco est aisément le tome le moins réussi de la populaire trilogie. Un épisode trop gentil, linéaire et pas assez politisé qui sent la routine et qui ne se permet jamais de s'éclater comme il se doit. **

Adaptation extrêmement ennuyante d'un roman de John le Carré, Our Kind of Traitor de Susanna White se perd au sein d'une intrigue simpliste pleine de clichés, d'une mise en scène accessoire et de très bons comédiens (Ewan McGregor, Damian Lewis) qui aimeraient être ailleurs. **

Suite encore plus consternante que son prédécesseur, Les 3 p'tits cochons 2 de Jean-François Pouliot est une autre comédie québécoise estivale indigeste où le rire est gras, l'humour homophobe et l'interprétation complètement caricaturale. Même visuellement, la photographie en papier glacée est laide à regarder. *

La cinémathèque québécoise propose un voyage en Orient avec deux créations complémentaires. La plus intéressante est India Space Opera (***), un documentaire plutôt intéressant de Korbett Matthews qui fait le point sur ce pays en pleine mutation en faisant appel à une vision cinématographique de tous les instants. Beaucoup plus quelconque est Angry Indian Goddesses (**) de Pan Nalin qui débute comme une lourde satire féministe et qui se transporte vers quelque chose de plus sérieux. Sauf qu'avant d'être arrivé là, l'intérêt s'est complètement volatilisé.

Film du jour: Eastern Promises

Pour la Fête du Canada, on se replonge dans l'extrêmement efficace Eastern Promises de David Cronenberg, qui a élevé à jamais les scènes de sauna. Un suspense bien noir et violent, pas nécessairement original mais réalisé avec maestria par le grand cinéaste canadien, qui confie à Viggo Mortensen un de ses plus grands rôles en carrière. On ne s'en sort évidemment pas indemne et ce, peu importe le nombre de fois qu'on le regarde. ***1/2