lundi 23 octobre 2017

Film du jour: Le peuple invisible

La Cinémathèque québécoise célèbre le 10e anniversaire du documentaire Le peuple invisible de Richard Desjardins et Robert Monderie en le présentant à nouveau. Sans être toujours subtil, le brûlot demeure implacable et primordial dans sa façon de montrer comment les gouvernements ont multiplié les décisions afin d'impacter le sort de peuples algonquins. À méditer. ***1/2

dimanche 22 octobre 2017

Les films préférés de... Raoul Peck

Cinéaste et scénariste haïtien engagé, Raoul Peck s'est fait connaître pour le long métrage de fiction Lumumba et le documentaire I Am Not Your Negro, qui s'est retrouvé aux Oscars plus tôt cette année. J'ai rencontré le réalisateur pour la sortie du Jeune Karl Marx (mon entrevue) et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés. Voici sa réponse...

« C'est toujours difficile pour moi de répondre à cette question. J'aime beaucoup de films, de réalisateurs. Parfois c'est juste quelques scènes dans un film. C'est clair que j'ai des parrains, des gens comme Costa-Gavras, Chris Marker, Godard. Mais également l'ensemble des jeunes cinémas cubains des années 60 et 70, le cinéma latino-américain, brésilien, africain.

Je tire mon inspiration partout et justement, l'idée c'est de faire des films qui soient compréhensibles partout. Je n'ai jamais fait du cinéma pour un lieu précis. Je me sers de tout ce qui fonctionne, qui me permet d'aller au fond d'une idée.

J'ai été nourri par le cinéma américain, bien sûr, comme une bonne partie de la planète. J'en parle dans mon film I am Not Your Negro, où James Baldwin en fait la déconstruction. Ce cinéma dominant transporte non seulement des histoires, mais une idéologie qui donne une vision du capital, qui réconforte ce capital, qui fait vendre de la marchandise, etc. C'est un parfait reflet de la société capitaliste. Je ne peux pas empêcher le fait que j'ai été élevé par ce cinéma-là. Donc mon rôle est aussi de le déconstruire pour essayer de construire autre chose.

Je suis ouvert dans mes choix et j'aime beaucoup le cinéma. Même si j'ai fait le choix de faire un cinéma qui soit différent et qui ne soit pas dans l'acceptation du statu quo. »

Film du jour: Model Shop

Incompris à sa sortie en 1969, Model Shop est un des films les plus mélancoliques de Jacques Demy. Concluant sa trilogie amorcée par Lola et Les parapluies de Cherbourg, deux longs métrages plus exubérants, ce drame tourné en anglais sur un homme qui est attiré par une femme mystérieuse est un parfait reflet social et économique de son époque. Surtout qu'il pose sans cesse des réflexions probantes sur le réel et la chimère dans une ville aussi insaisissable que Los Angeles. Une errance au rythme désordonné, qui est portée par la grâce naturelle d'Anouk Aimée. ***1/2

samedi 21 octobre 2017

Sorties au cinéma: The Florida Project, Visages villages, Les affamés, Sur la lune de nickel, Leatherface, The Snowman

Les oeuvres de qualité abondent cette semaine sur les écrans de cinéma.

The Florida Project: Après son surestimé Tangerine, Sean Baker est de retour avec cet opus génial sur le quotidien d'une fillette et de sa mère. Comme portrait de l'Amérique actuelle, il ne se trouve rien de mieux. Surtout que l'effort plein de liberté et de vitalité bénéficie d'improvisation salvatrice, d'interprètes hallucinants et d'une finale bouleversante. ****

Visages, Villages: Agnès Varda et le photographe JR prennent la route dans ce documentaire touchant et essentiel sur la mémoire, qui parvient à créer de la beauté et de la poésie à partir de destins de gens inconnus. On en redemande. ****

Les affamés: Robin Aubert vient de signer un des meilleurs films de genre de la Belle Province. S'il y a effectivement des zombies et du gore au menu, c'est pour mieux l'enraciner dans des thèmes profonds et très québécois. Un modèle à suivre. ***1/2

Sur la lune de nickel: C'est un joli documentaire sur une région inconnue de la Russie qu'offre François Jacob. Brillamment photographié, l'essai prend le pouls de sa population et palpe les fantômes du passé sans trop se soucier de se vautrer dans les répétitions. ***

Leatherface: Présenté dans quelques salles de cinéma et en vidéo sur demande, cet antépisode à Texas Chainsaw Massacre de la part de Julien Maury et Alexandre Bustillo s'avère totalement inutile, rarement sanglant et au final bien peu amusant. *1/2

The Snowman: Après deux excellents longs métrages, on tombe de haut devant le nouveau Tomas Alfredson qui adapte n'importe comment un livre à succès. Tout sonne faux, de la réalisation ampoulée aux performances sommaires de nombreuses vedettes. *1/2

Film du jour: La vierge mise à nu par ses prétendants

Le hasard fait bien les choses dans La vierge mise à nu par ses prétendants de Hong Sang-soo, qui raconte une romance selon le point de vue masculin puis selon le regard féminin. Cela donne une oeuvre trop longue mais terriblement sympathique et évocatrice, plus sombre qu'elle n'y paraît, qui séduit amplement par sa mise en scène minimaliste et son humour décalé. ***1/2

vendredi 20 octobre 2017

5 raisons d'aller voir Les affamés

Les affamés, le nouveau et très beau film de Robin Aubert, prend l'affiche aujourd'hui. Voici au moins 5 raisons de ne pas manquer ça. Mon texte se trouve sur le site de Cineplex.

Film du jour: The Texas Chain Saw Massacre

Ce sera le délire au Cinéma du Parc jusqu'à dimanche alors qu'on présente The Texas Chain Saw Massacre, le chef-d'oeuvre de Tobe Hooper. De tous les films d'horreur, voici certainement le plus physique et sauvage, qui utilise l'image et le son pour décupler la frousse chez le spectateur. Malgré toutes les imitations, rien ne vaut l'original, et on se plaira à arpenter à nouveau cet espace parsemé de terreur qui a révolutionné la façon de se trucider à l'écran. ****

jeudi 19 octobre 2017

Film du jour: Certain Women

Inédit dans les salles québécoises, Certain Women de Kelly Reichardt est un des plus beaux films de l'année. Une oeuvre subtile, profonde et déchirante au rythme méditatif sur la vie en région, la difficulté d'être femme et le besoin de s'harmoniser avec la nature. La construction du récit, riche et symbolique, est gorgée de paysages magnifiques et de performances incroyables d'un casting exemplaire qui comprend Laura Dern, Michelle Williams, Kristen Stewart et la révélation Lily Gladstone. À ne pas manquer. ****

mercredi 18 octobre 2017

Film du jour: Before the Rain

Rare film à provenir de la Macédoine, Before the Rain de Milcho Manchevski traite de conflits ethniques dans les Balkans à travers un intelligent récit morcelé en trois temps. Les images dominent le long métrage - autant les nombreuses photos des personnages que les paysage magnifiques qui apparaissent directement à l'écran - et permettent de créer une réflexion encore plus large sur ces cycles de violence qui semblent sans fin. ****

mardi 17 octobre 2017

Nouveautés Blu-ray/dvd: Le dernier souffle: Au coeur de l'Hôtel-Dieu de Montréal, Landline, The Wizard of Lies, Moka, Chuck, Spider-Man: Homecoming, Girls Trip...

Le choix est varié cette semaine au niveau des sorties de films en Blu-ray et en dvd.

Le dernier souffle: Au coeur de l'Hôtel-Dieu de Montréal: C'est un inspirant et révélateur documentaire que propose Annabel Loyola en revenant sur les fondations d'un des édifices les plus importants du Québec. ***

Landline: Légère, comique et oubliable, la nouvelle comédie de Gillian Robespierre séduit même si on est loin de Obvious Child. ***

The Wizard of Lies: Robert De Niro en Bernard Madoff, ce n'est pas une mauvaise idée. Surtout si on joint à ce potable quoique peu révolutionnaire téléfilm Michelle Pfeiffer et Barry Levinson. ***

Moka: Emmanuelle Devos brûle l'écran dans ce thriller psychologique de Frédéric Mermoud (Complices), qui n'est jamais aussi accompli que son héroïne. **1/2

Chuck: Philippe Falardeau s'attaque au mythe derrière Rocky avec ce long métrage satisfaisant qui se perd toutefois dans l'anecdote. **1/2

Spider-Man: Homecoming: Ce nouveau reboot de la part de Jon Watts a le mérite de présenter quelques-unes des scènes d'action les moins intéressantes de l'univers Marvel. Au moins il y a Tom Holland qui assure dans le rôle-titre. **1/2

Girls Trip: Ce succès critique et populaire de la part de Malcolm D. Lee n'est qu'un ramassis de clichés sur quatre femmes diamétralement opposées qui célèbrent les vertus de l'amitié. **

D'autres productions anonymes sont également disponibles, dont le banal western Justice de Richard Gabai, l'inégale animation Rock Dog et le dessin animé pour enfants Shopkins: World Vacation.

Film du jour: Batman Forever

Abandonnant la noirceur profonde de Tim Burton pour une couleur plus superficielle, le Batman Forever de Joel Schumacher ne manque pas d'amuser avec ses méchants cabotins, ses héros sans saveur et son sens du spectacle inné qui arrive à la fois à être très divertissant et complètement lobotomisant, mais sans effets secondaires. C'est déjà ça gagné, car le pire restait à venir... ***

lundi 16 octobre 2017

5 raisons d'aller voir Innocent

Le film québécois Innocent de Marc-André Lavoie prenait l'affiche vendredi dernier. Pour Cineplex, voici cinq raisons de laisser une chance à cette comédie dramatique.

Films du jour: Félicité, Les fantômes d'Ismaël, Jeannette l'enfance de Jeanne d'Arc, Before We Vanish, Inflame

Le Festival du nouveau cinéma s'est terminé hier. Voici un retour éclair sur les derniers films vus...

Félicité: Quelle oeuvre immense d'Alain Gomis! En suivant une Congolaise qui se bat pour améliorer la condition de son entourage, le spectateur est happé par un opus généreux, musical et courageux, qui ensorcelle allègrement. On espère tellement une sortie dans les salles régulières! ****

Les fantômes d'Ismaël: Voilà une création somme d'Arnaud Desplechin, qui recueille à la même enseigne toutes ses obsessions habituelles. Le récit d'une folie incroyable mélange les temporalités avec virtuosité, alternant moments hilarants et bouleversants. Ses interprètes s'en donnent à coeur joie et il n'y a vraiment personne de mieux que lui pour filmer le désir amoureux et la perte. ****

Jeannette, l'enfance de Jeanne d'Arc: Bruno Dumont qui fait une comédie musicale avec des enfants, ça ne peut pas être banal. Et quel effort radical alors qu'il privilégie l'épurement des lieux, des personnages et des actions, gardant principalement une tonne de mots, des louanges à Dieu et des mélodies imparables. La claque est foudroyante, cocasse quoiqu'un peu longuette. ***1/2

Before We Vanish: Kiyoshi Kurosawa remplace ses fantômes par des extraterrestres dans cette oeuvre qui mélange les genres mais qui manque singulièrement de rythme. Sorte de Body Snatchers à la sauce existentialiste, l'oeuvre est parsemée d'un potentiel certain sauf qu'elle semble constamment se chercher. **1/2

Inflame: Ce prometteur premier long métrage de Ceylan Ozgun Ozçelik traite de sujets importants (fausses nouvelles, censure journalistique...) en lorgnant vers un fantastique à la Polanski. Malgré un travail impressionnant sur le son, la leçon peine à convaincre tant la cinéaste turque s'embourbe dans sa façon de livrer son message. **1/2

dimanche 15 octobre 2017

Les films préférés de... Cédric Klapisch

Évoquer le nom de Cédric Klapisch, c'est se rappeler de ses très bons films des années 90 (Le péril jeune, Chacun cherche son chat, Un air de famille) et son virage plus populaire par la suite avec le culte L'auberge espagnole, ce qui l'a amené sur la route des Poupées russes, Paris et autres Casse-tête chinois. Je l'ai rencontré pour la sortie de Retour en Bourgogne/Ce qui nous lie (mon entrevue) et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés. Voici sa réponse...

« Les sept samouraïs, Il était une fois dans l'Ouest. Scorsese avec Mean Streets, Raging Bull, et Goodfellas. Hitchcock pour La mort aux trousses, Vertigo, Rear Window. Fellini est sans doute le réalisateur qui m'impressionne le plus. 8 et demi, La dolce vita, Les nuits de Cabiria sont pour moi des films très importants. »

Film du jour: The Day After (FNC)

Meilleur film de Hong Sang-soo depuis des lunes, The Day After reprend sa musique habituelle en y intégrant des doutes, des mensonges et peut-être même un transfert du réel vers la chimère. S'il parle toujours des troubles amoureux avec humour et mélancolie, une noirceur inhabituelle se mêle de la partie. Un grand crû. ****

Note du FNC sur la projection de ce soir de The Day AfterUn problème de copie nous a hélas contraint a annuler cette séance. Remplacement à 17h par Les Fantômes d'Ismaël, d'Arnaud Desplechin.

samedi 14 octobre 2017

Sorties au cinéma: 120 battements par minute, 78/52, Le jeune Karl Marx, Innocent

Les sorties de films sont nombreuses cette semaine. Sauf qu'avec le Festival du nouveau cinéma et cette mode de limiter les projections de presse, j'en ai manqué plusieurs. Je pense toutefois avoir attrapé LE long métrage à ne pas manquer...

120 battements par minute: Grand Prix du dernier Festival de Cannes et sélection de la France aux Oscars, cet opus courageux de Robin Campillo sur des activistes passionne par ses élans solidaires, ses riches métaphores visuelles et ses interprètes dévoués. Plusieurs moments ne s'oublieront pas de sitôt. ****

78/52: Analyser la fameuse scène de la douche du chef-d'oeuvre Psycho d'Hitchcock sur les plans sociologiques, historiques et cinématographiques est une bonne idée. Cela n'empêche pas ce documentaire d'Alexandre Philippe de tourner un peu en rond et de se perdre à mi-chemin. ***

Le jeune Karl Marx: Revenir aux fondations des crises actuelles de la société capitaliste vaut son pesant d'or. Surtout que la distribution est impeccable et que les messages de Marx et d'Engels sont toujours aussi nécessaires. On aurait toutefois désiré un ton moins didactique et manichéen, ainsi qu'une réalisation qui sort davantage de l'ordinaire de la part de Raoul Peck. **1/2

Innocent: Marc-André Lavoie (Hot Dog) persiste et signe avec cette nouvelle comédie sur un homme naïf qui en verra des vertes et des pas mûres. Malheureusement le rire se fait rare, l'ensemble est parfois confus et la matière première plutôt superficielle. Au moins il y a le trop rare Emmanuel Bilodeau, particulièrement en verve. **

Film du jour: Lucky (FNC)

Lucky de John Carroll Lynch est le parfait chant du cygne du regretté Harry Dean Stanton, qui y trouve un rôle renversant faisant écho à sa carrière. On se plaît à le suivre dans des décors majestueux où un fin humour pince-sans-rire fait mouche allègrement. Sa présence est si magnétisante qu'elle fait oublier les quelques ficelles du scénario et les autres personnages stéréotypés. ***

vendredi 13 octobre 2017

Entrevue All You Can Eat Bouddha

Véritable ovni du cinéma québécois, All You Can Eat Bouddha est présenté ce soir au Festival du nouveau cinéma et il prendra l'affiche au début de 2018. Je me suis entretenu avec son réalisateur Ian Lagarde et mon entrevue se trouve dans les pages du Journal Métro.

Films du jour: A Man of Integrity, Claire l'hiver (FNC)

Le réel et l'exploration suivent des chemins parallèles aujourd'hui au Festival du nouveau cinéma.

C'est un récit vraiment fort en gueule que propose Mohammad Rasoulof avec A Man of Integrity. Rappelant le cinéma de la première heure de Jafar Panahi, cette histoire sur la corruption qui gangrène l'Iran déploie un engrenage qui finit par broyer ses personnages. La construction est implacable et l'interprétation irréprochable. ****

C'est une jolie carte de visite que propose Sophie Bédard Marcotte avec Claire l'hiver, où elle s'amuse à intégrer des éléments fantaisistes à la banalité du quotidien. Charmant, ludique et cadré royalement, l'essai offre une bouffée de fraîcheur bien qu'il finisse par tourner un peu à vide. Voilà une signature que l'on a déjà hâte de retrouver. ***

jeudi 12 octobre 2017

Entrevue Raoul Peck (Le jeune Karl Marx)

Sur une belle lancée depuis I am Not Your Negro, le cinéaste Raoul Peck présente Le jeune Karl Marx, une fiction qui explique les grands maux de nos sociétés modernes. J'ai pu rencontrer le réalisateur lors de son récent passage à Montréal et mon entrevue se trouve dans les pages du Journal Métro.

Films du jour: Les affamés, Après coup (FNC)

Deux longs métrages québécois diamétralement opposés sont présentés aujourd'hui au FNC.

Rare film de zombies québécois, Les affamés de Robin Aubert arrive à être trash et sanglant tout en proposant une réflexion probante sur la mort et même le Québec. Passé une première partie plus floue, le récit cumule vers une conclusion dantesque qui utilise favorablement son riche univers sonore et graphique. ***1/2

Cousin supérieur de son précédent Le militaire, Après coup permet à Noël Mitrani de continuer à explorer davantage les traumatismes du passé alors qu'un homme consulte pour expier son sentiment de culpabilité. Malgré quelques redondances et un jeu inégal de Laurent Lucas, l'histoire ne manque pas d'intérêt et on découvre le grand talent de la fillette du réalisateur. **1/2

mercredi 11 octobre 2017

Films du jour: Thelma, Outrage Code (FNC)

Deux films de genre déçoivent quelque peu aujourd'hui au FNC.

Après une série de drames puissants (le sommet étant Oslo, 31 août), Joachim Trier se tourne vers le suspense et l'horreur avec Thelma où il tente de comprendre les désarrois d'une jeune femme. Lourd, prévisible et trop symbolique lorsqu'il lorgne vers Carrie et ses explications sommaires, le film ne se matérialise que trop rarement. Il y a bien quelques moments incroyables (le théâtre!) et une prestation forte de l'héroïne, ce qui est loin d'être suffisant. **1/2

Dernier tome d'une trilogie sur l'absurdité du chaos qui ronge le gangstérisme, Outrage Code est certainement l'épisode le moins essentiel du lot. Pas que Takeshi Kitano ne s'amuse pas lors des moments violents, bien au contraire. C'est seulement que ces scènes sont rares dans un flot de mots et une intrigue inutilement touffue, aussi répétitive que lassante. Ce brouillon est justement le coeur du propos, sauf qu'elle s'exprime ici à l'aide d'une mise en scène plus banale que d'habitude. **1/2

mardi 10 octobre 2017

Nouveautés Blu-ray/dvd: Personal Shopper, Baby Driver, Patients, The Beguiled, Beatriz at Dinner, Maud, Mal de pierres, The House, Bon Cop Bad Cop 2

Même si le Festival du nouveau cinéma bat son plein, plusieurs titres intéressants sortent tout de même en dvd et en blu-ray cette semaine. Coïncidence? Peut-être pas.

Personal Shopper: Le duo Stewart/Assayas fait à nouveau mouche dans cette formidable histoire de fantôme qui allie le palpable et l'invisible. On peut également attendre l'édition Criterion qui sortira dans quelques semaines. ****

Baby Driver: Edgar Wright réinvente le film d'action (sur le plan technique, pas du scénario) avec cette oeuvre trépidante, qui doit tout à sa trame sonore. ***1/2

Patients: Grand Corps Malade raconte son parcours à travers cette fiction drôle, émouvante et sincère sur la résilience et le courage. ***

The Beguiled: Sofia Coppola s'approprie complètement le long métrage de Don Siegel. Lorsque le visuel à couper le souffle éclipse le reste. ***

Beatriz at Dinner: Miguel Arteta filme avec mordant mais peu de subtilité l'époque Trump, en donnant un rôle en or à Selma Hayek. ***

Maud: Le destin d'une peintre est le sujet de ce biopic terriblement classique, qui est sauvé par le brio de ses interprètes. ***

Mal de pierres: Malgré le jeu incendiaire de Marion Cotillard, ce drame romantique de Nicole Garcia verse dans le kitsch et la facilité. **

The House: Will Ferrell et Amy Poehler sont incapables de sauver cette comédie hystérique de l'ennui. Si seulement on y riait un peu... **

Bon Cop Bad Cop 2: Cette suite signée Alain Desrochers abandonne l'âme du potable succès de 2006 pour en soutirer un produit sans saveur, ni drôle ni tourmenté. *1/2

Films du jour: Summer Lights, Samui Song (FNC)

Un très beau film et une oeuvre beaucoup plus oubliable s'opposent aujourd'hui au FNC.

Entre le documentaire et la fiction, Summer Lights de Jean-Gabriel Périot filme avec délicatesse le poids du passé, les fantômes qui errent et la renaissance d'Hiroshima. Touchant et bouleversant sans nécessairement explorer tous ses thèmes en profondeur, l'effort rend le coeur léger et les yeux tristes en un rien de temps, donnant seulement le goût d'aller se bercer au sein des magnifiques paysages nippons. ***1/2

Pen-Ek Ratanaruang a toujours aimé prendre des risques dans son cinéma (Last Life in the Universe, Headshot). Cela ne se ressent malheureusement pas dans Samui Song, une sorte de satire des films noirs à la Hitchcock qui se vautre dans les clichés et les invraisemblances. Si au moins l'ensemble soutirait plaisir et distraction... **

lundi 9 octobre 2017

Entrevue Emmanuel Bilodeau (Innocent)

Emmanuel Bilodeau fait un retour au cinéma québécois dans la comédie Innocent de Marc-André Lavoie. J'ai rencontré l'authentique comédien et le fruit de mon entrevue se trouve dans les pages du Journal Métro.

Films du jour: Loveless, KFC (FNC)

Deux gros coups de poing très différents font mal aujourd'hui au FNC.

Après son majeur Leviathan, Andreï Zviaguintsev est de retour avec Loveless (prix du Jury à Cannes), une autre chronique éblouissante de la Russie qui a oublié son avenir au profit de besoins égoïstes. Cela s'exprime dans le cas de la disparition d'un enfant et le désarroi de ses parents séparés. Magnifiquement mis en scène, le récit qui alterne moments d'effrois et séquences plus absurdes tient en haleine et intéresse au plus haut point malgré un abus de métaphores pas toujours subtiles. On risque d'en entendre parler aux Oscars. ****

Rare film de cannibales vietnamiens, KFC est un premier long métrage assez déroutant/étonnant de Le Binh Giang. Si sur le plan narratif on n'est jamais très loin du brouillon avec toutes ces ellipses et transgressions, l'univers campé donne à la fois froid dans le dos tout en proposant de la poésie insoupçonnée. Un jeu de massacres d'une ironie totale où l'on revisite plusieurs maux de société à la sauce tartare! ***

dimanche 8 octobre 2017

Les films préférés de... Karine Vanasse

Depuis que Léa Pool a lancé sa carrière en 1999 avec Emporte-moi, Karine Vanasse est devenue une des actrices les plus populaires du cinéma québécois, ayant notamment apparue dans Séraphin, Ma fille mon ange, Polytechnique et De père en flic 2. Je l'ai rencontré pour la sortie de Et au pire, on se mariera (mon entrevue) et je lui ai demandé quels sont quelques-uns de ses films préférés. Voici sa réponse...

« Je n'avais jamais vu Being There de Hals Ashby que j'ai vraiment beaucoup aimé. C'est très bon! J'ai également beaucoup aimé Tony Erdmann. Ce n'est pas le même genre d'humour, mais il y a une espèce de solitude dans ces deux personnages-là. J'aime bien ce genre de films-là. Ça me touche vraiment beaucoup et je trouve ça beau quand un réalisateur, un scénariste et des acteurs ont envie de raconter ce genre d'histoire-là qui peut sembler hyper simple mais qui est très, très riche. J'aime ça quand on prend le temps de s'arrêter à ces histoires-là. »

Films du jour: La caméra de Claire, Les garçons sauvages (FNC)

La fantaisie s'exprime différemment aujourd'hui au FNC.

Hong Sang-soo mineur, La caméra de Claire n'en demeure pas moins mignon et libérateur, alors que la caméra que détient la lumineuse Isabelle Huppert affectera le destin de quelques personnages. Admirablement filmé et écrit, le récit fait sourire même s'il tourne parfois à vide. On sent toutefois un désir de faire du neuf avec les lieux communs... et même de limiter la consommation d'alcool, ce qui rompt avec les obsessions de son créateur! ***

Après une série de courts métrages remarqués, Bertrand Mandico passe au long avec Les garçons sauvages. Cette intrigante histoire en noir blanc ressemble à du Jeunet avec de la libido dans le tapis, qui mélange hallucinations, sexe et provocation facile. On se plaît toutefois à arpenter cet univers unique, qui aurait toutefois eu besoin de moins de symboles et plus de contenu. Pour de l'imagination à revendre, on se retrouve avec des comédiens inégaux et un rythme parfois défaillant. **1/2

samedi 7 octobre 2017

Films du jour: La nuit où j'ai nagé, Unrest (FNC)

Deux petits films très différents attirent notre attention aujourd'hui au FNC.

Après deux opus très français qui renvoyaient à Rohmer, Damien Manivel débarque au Japon avec La nuit où j'ai nagé, gardant ce soin particulier accordé à l'errance, aux paysages et à la poésie. Coréalisé avec Kohei Igarashi, le récit lent, un peu inconsistant et pratiquement muet épouse le quotidien d'un enfant qui quitte la maison pour la ville engouffrée de neige. La simplicité du trait enchante, comme un voisin éloigné d'un certain Kore-eda. ***1/2

Philippe Grandrieux termine sa trilogie sur l'inquiétude avec Unrest, un exposé énigmatique et exigeant en trois mouvements qui combine cinéma, danse, fantasmes et surtout expérience sensorielle. À prendre ou à laisser, mais si on ose jouer le jouer, on risque de se trouver dans un autre univers pendant 45 minutes. ***

vendredi 6 octobre 2017

Sorties au cinéma: Blade Runner 2049, Gabriel et la montagne, Ava

Avec le début du Festival du nouveau cinéma, difficile d’attraper tout ce qui prend l'affiche dans les salles régulières. S'il n'y a aucun regret d'avoir manqué My Little Poney, c'est différent envers The Mountain Between Us et Victoria and Abdul qui semblaient prometteurs. Je suis toutefois convaincu d'avoir vu les trois sorties les plus intéressantes de la semaine...

Blade Runner 2049: Cette suite du chef-d'oeuvre de Ridley Scott ne déçoit pas et si le scénario n'est pas toujours brillant, ce n'est pas le cas de la réalisation exemplaire de Denis Villeneuve qui insuffle de grands moments de cinéma. ****

Gabriel et la montage: Plus près de Sans toit ni loi que de Into the Wild, Felibe Barbosa propose une très jolie excursion en nature qui tourne mal avec ce long métrage qui emprunte les codes du documentaire pour retranscrire une histoire vraie. ***1/2

Ava: Deux talents en pleine ébullition ressortent de cette oeuvre qui a fait sensation au dernier Festival de Cannes. D'abord celui de l'exquise actrice Noée Abita, parfaite en femme enfant à la sauvagerie éclatante qui rappelle une jeune Charlotte Gainsbourg. Puis celui de la réalisatrice Léa Mysius qui signe un premier film fort en gueule, douloureusement métaphorique et d'une grande sensibilité, sur le noir qui obscurcit le quotidien d'une ado de 13 ans. Malgré quelques moments d'égarements, l'ensemble séduit amplement. ***1/2

Films du jour: The Other Side of Hope, Laissez bronzer les cadavres (FNC)

Le meilleur côtoie le pire aujourd'hui dans le cadre du Festival du nouveau cinéma.

Véritable baume sur ce monde parfois cruel, The Other Side of Hope d'Aki Kaurismäki est un récit essentiel sur la condition humaine, alors qu'un sans-papier tente de trouver refuge en Finlande. Dans son style bien à lui, le cinéaste pond un de ses plus grands films, enrobant mélancolie et humour pince-sans-rire au sein d'une mise en scène parfaitement millimétrée et baignée de musique, où le discours se veut porteur de sens. ****

Il faut toujours laisser la chance aux coureurs. Des cinéastes Hélène Cattet et Bruno Forzani, ils ont offerts l'intriguant Amer et l'irritant L'étrange couleur des larmes de ton corps. C'est malheureusement dans cette dernière catégorie que se situe leur nouveau long métrage Laissez bronzer les cadavres. Ce travail laborieux et agressant qui tente de convier à la même enseigne l'esprit de Bunuel, Godard et le western violent ne s'avère qu'un exercice de style vain et prétentieux, comme si des adolescents doués faisaient n'importe quoi pour épater la galerie. *1/2

jeudi 5 octobre 2017

5 raisons d'aller voir Retour en Bourgogne

Retour en Bourgogne de Cédric Klapisch a pris l'affiche la semaine dernière. Voici quelques raisons d'aller le découvrir sur grand écran plutôt que d'attendre de le voir à la maison. Mes choix se trouvent sur le site de Cineplex.

Films du jour: Meteorlar, Bad Lucky Goat (FNC)

Après la projection spéciale de Blade Runner 2049 hier soir, le Festival du nouveau cinéma se met véritablement en branle aujourd'hui...

C'est un fabuleux voyage sur la mémoire et la disparition que propose Meteorlar de Gürcan Keltek. Entre documentaire et cinéma expérimental, le long métrage s'articule autour de la répression kurde en Turquie pour s'élargir sur le plan de la nature, jusqu'à atteindre une dimension cosmique qui ne fait jamais de l'ombre aux souffrances humaines. Un singulier trip esthétique en noir et blanc, dont les répétitions finissent par former une certaine cohésion. ***1/2

Gentille mais oubliable comédie de Samir Oliveros, Bad Lucky Goat ressemble à un Weekend at Bernie's colombien avec une chèvre noire dans le rôle du cadavre. Une présence qui plongera dans le pétrin un frère et sa soeur en quête d'argent et de réconciliation. L'ensemble réconforte avec ses jolis personnages, ses paysages chauds et sa musique reggae tout en ne livrant au final que peu de moments réellement désopilants. **1/2

mercredi 4 octobre 2017

Les films à voir au FNC

La 46e édition du Festival du nouveau cinéma débute ce soir. Au lieu d'aller voir les films acclamés qui sont déjà achetés et qui prendront l'affiche dans les prochaines semaines et mois (The Square, The Killing of a Sacred Deer, Wonderstruck...), pourquoi justement ne pas profiter de cette occasion unique pour découvrir et admirer tout ce qui ne sortira jamais en sol québécois? Dans le lot, voici quelques titres à ne pas manquer...

Les fantômes d'Ismaël
On ne se tanne pas d'Arnaud Desplechin, le Truffaut de sa génération.

The Day After et La caméra de Claire
Deux Hong Sang-soo pour le prix d'un, afin d'être comblé encore et encore de dialogues savoureux et d'alcool.

Jeannette, l'enfance de Jeanne d'Arc
Bruno Dumont fait tout ce qu'il veut et on ne demande pas mieux que de le suivre dans ses délires.

A Man of Integrity
Voilà le film événement qui a causé tant de problèmes à son réalisateur iranien.

Before We Vanish
C'est Independence Day revu et corrigé par le grand Kyoshi Kurosawa.

Outrage Coda
Kitano est de retour en mode sanglant pour le dernier volet de sa trilogie.

Napalm
La Corée du Nord, racontée par l'illustre Claude Lanzmann.

Le vénérable W.
On tremble déjà à découvrir les racines du Mal selon le dérangeant Barbet Schroeder.

La nuit où j'ai nagé
Quiconque a vu les précédentes offrandes de Damien Manivel (Un jeune poète, Le parc) sait déjà qu'il s'agit d'un des futurs sauveurs du cinéma français.

Film du jour: The Princess Bride

The Princess Bride de Rob Reiner fête cette année son 30e anniversaire. Une occasion rêvée de revisiter ce désopilant film culte qui se moque du genre avec beaucoup d'humour et d'esprit. Le terrain de jeu est fertile à de nombreuses situations savoureuses et à des dialogues mémorables, alors que l'interprétation enjouée soutire le meilleur de Cary Elwes et Robin Wright. Du bonbon inusable. ***1/2

mardi 3 octobre 2017

Nouveautés Blu-ray et dvd: A Ghost Story, Une vie, Cult of Chucky, The Book of Henry, Pirates of the Caribbean: Dead Men Tell No Tales

L'amour brisé est au coeur des principales nouveautés DVD et Blu-ray de la semaine...

A Ghost Story: On tremble encore en repensant à cette magnifique histoire de vie, de mort et de mémoire qui rappelle que le cinéma américain indépendant est encore capable de grandes choses. Une des fresques essentielles de 2017. ****

Une vie: Stéphane Brizé s'attaque à Maupassant d'une brillante façon avec ce film incendiaire où la forme est en parfaite osmose avec le désarroi de sa pauvre héroïne. ***1/2

Cult of Chucky: Entre le sérieux des débuts et la série B des dernières offrantes, cette énième suite de Don Mancini surprend par le grand soin esthétique accordé aux jeux de massacres. De quoi en ressortir étonné même si l'effort demeure tout de même assez banal. **1/2

The Book of Henry: En jouant constamment avec les genres, cette création de Colin Treverrow finit par offrir quelques-unes des invraisemblances les plus incroyables de l'année. Au moins le tout est présenté par d'excellents et touchants comédiens. **1/2

Pirates of the Caribbean: Dead Men Tell No Tales: Cette suite/remake des premiers épisodes n'est plus vraiment au goût du jour malgré un immense soin esthétique, surtout en format Blu-ray (que de beaux suppléments!). Ce qu'on a hâte que Johnny Depp cherche à faire autre chose. **

Film du jour: Blade Runner

Alors que sa suite prend finalement l'affiche (ma critique), revenir au Blade Runner de Ridley Scott est une nécessité. Non seulement il s'agit d'un des meilleurs longs métrages de science-fiction de l'histoire du cinéma, mais ce film noir qui emprunte autant à Moebius qu'à Metropolis s'avère une plongée fascinante dans la condition humaine. Le riche visuel est au service de l'émotion, le rythme lent qui coule parfaitement sur la musique de Vangelis permet l'osmose totale avec le sujet et c'est son ambiguïté qui rend accro, alors qu'on retourne continuellement vers cette référence qui n'a toujours pas été dépassée. *****

lundi 2 octobre 2017

Entrevue Denis Villeneuve (Blade Runner 2049)

Le très attendu Blade Runner 2049 prend l'affiche ce vendredi (ma critique) et j'ai eu l'opportunité de rencontrer son talentueux réalisateur Denis Villeneuve. Mon entrevue se trouve sur le site de Cinoche.

Film du jour: Amsterdamned

Sorte de Jaws à la ville qui serait repris par Brian De Palma ou John Carpenter en mode série B, Amsterdamned de Dick Maas est le récit distrayant mais franchement inégal d'une entité qui terrasse les gens dans les canaux d'Amsterdam. S'il n'y a rien de véritablement inédit au menu, l'ensemble fait allègrement sourire et une poursuite en bateau s'avère plutôt maîtrisée. **1/2

dimanche 1 octobre 2017

Les films préférés de... Carlo Guillermo Proto

Avec ses documentaires El Huaso et Resurrecting Hassan, Carlo Guillermo Proto est parvenu à construire des universels personnels, aux émotions proéminentes. Je l'ai rencontré dans les dernières semaines (mon entrevue) et je lui ai demandé à quoi ressemblaient ses films préférés. Voici sa réponse...

« Ce que j'aime le plus dans les films c'est l'histoire. Bien sûr, pousser la forme cinématographique est importante, mais c'est l'histoire qu'on garde avec soi. J'ai vu récemment Patti Cake$ et c'est vraiment épouvantable. Un morceau de m*rde. Mais quand tu regardes Good Time, wow, les cinéastes poussent le cinéma en avant. Après coup, tu n'arrêtes pas d'y penser. C'est le genre de film que j'apprécie.

Il y a 2 films de Wes Anderson que j'aime. Maximum. Les autres, on les aime sur le coup, mais c'est aussi vide que du sucre. Il n'y a rien là dedans...

Je viens de voir Brigsby Bear et je pense que c'est incroyable. C'est ce que Michel Gondry aimerait ou devrait faire de nos jours. L'idée est bien, tout comme l'exécution.

Je ne me considère pas comme un cinéphile, mais j'aime les films qui ont bien vieillis. Pour moi, Pulp Fiction a pris beaucoup d'âge. Et je ne comprends pas qu'on aime tant un film comme Boyhood. C'est juste kitsch. Le concept est bon, mais on ne ressent rien. »

Les meilleurs films de septembre 2017

Avant d'embarquer officiellement dans le mois d'octobre et le Festival du nouveau cinéma, voici les meilleurs films qui ont pris l'affiche au cinéma en septembre 2017.

- Et les mistrals gagnants
- Beach Rats
- mother!
- Resurrecting Hassan

Film du jour: The Driller Killer

Quelque part entre l'Oeuvre de Zola et une série B maculée de sang, The Driller Killer a permis à Abel Ferrara d'établir sa réputation dans le mauvais goût et la provocation. Si cette histoire malsaine sur un peintre qui trucide des gens avec sa perceuse s'avère ultimement digeste, c'est par l'utilisation ingénieuse des moyens cinématographique et une grande liberté de ton. À vivre à la Cinémathèque québécoise. ***

samedi 30 septembre 2017

Sorties au cinéma: We're Still Together, Battle of the Sexes, Woodshock, Retour en Bourgogne

Les sorties au cinéma suivent leur cours normal cette semaine alors qu'il y a du bon et du moins bon.

We're Still Together: Se déroulant à Montréal, cette création de Jesse Noah Klein sur la rencontre improbable entre deux solitudes touche amplement. Il n'y a rien de réellement inédit, si ce n'est un ton généralement juste et de vibrants interprètes. ***

Battle of the Sexes: Les créateurs de Little Miss Sunshine et Ruby Sparks sont de retour avec ce biopic beaucoup trop sage sur une joueuse de tennis féministe. Le récit prévisible et trop symbolique manque de dynamisme, tout le contraire des interprètes étincelants qui méritaient mieux. ***

Woodshock: Ce premier long métrage de deux soeurs pique la curiosité par le soin apporté aux images et aux mélodies. En revanche, le récit ténu abuse des effets psychotropes, laissant la pauvre Kirsten Dunst seule en soutien-gorge, se demandant ce qu'elle fait là. **

Retour en Bourgogne: Cédric Klapisch part à la campagne pour ce film beaucoup trop moralisateur et appuyé sur le temps qui passe. Le fond où il est question de vin aurait toutefois donné un excellent documentaire. **

Film du jour: Le piège américain

Le piège américain est sans doute le film le plus ambitieux de Charles Binamé. Il parle de sujets fascinants dont la petite histoire est constamment liée à la grande. Sauf que le récit ne tarde pas à sombrer dans le ridicule avec ses décisions narratives douteuses, ses nombreux fils blancs et ses dialogues consternants. À la Cinémathèque. **

vendredi 29 septembre 2017

Festival international du film black de Montréal

Le Festival international du film black de Montréal bat son plein jusqu'à dimanche. Mes suggestions de longs métrages à voir se trouvent dans le Journal Métro d'aujourd'hui.

Film du jour: Rosemary's Baby

En adaptant le livre Rosemary's Baby d'Ira Levin, Roman Polanski a pondu un des meilleurs films horrifiques du septième art. Un cauchemar hallucinant, fascinant et déstabilisant, où le surnaturel devient réel et la folie palpable. Elle transcende du corps de Mia Farrow, incapable de s'adapter à sa grossesse et à sa nouvelle vie à New York. Un trésor en parfait osmose avec son époque - 1968 - et qui en impose par ses visions et sa mélancolie, gracieuseté d'une trame sonore impeccable. Au Cinéma du Parc jusqu'à dimanche. ****1/2

jeudi 28 septembre 2017

Film du jour: Maurice Richard

Spécialiste du drame historique, Charles Binamé a compté tout un but avec son film sur Maurice Richard. Même s'il s'agit d'un biopic extrêmement classique doté de dialogues appuyés, la machine s'avère bien huilée et Roy Dupuis campe le rôle titre avec conviction. À la Cinémathèque québécoise. ***

mercredi 27 septembre 2017

Entrevue Cédric Klapisch (Retour en Bourgogne)

Pour la sortie de son nouveau film Retour en Bourgogne, je me suis entretenu avec le réalisateur Cédric Klapsich. Mon entrevue se trouve dans les pages du Journal Métro.

Film du jour: Kalushi: The Story of Solomon Mahlangu

Oeuvre d'ouverture du Festival du film black de Montréal, Kalushi: The Story of Solomon Mahlangu de Mandla Dube est un biopic sur l'activiste sud-africain. À partir d'une construction classique, le long métrage touche à plusieurs genres très hollywoodiens, surprenant par son dynamisme et sa vivacité. L'ensemble a beau s'écraser quelque peu à mi-chemin, sa sincérité demeure et il a surtout la pertinence de rappeler les luttes d'un homme trop peu connu. ***

mardi 26 septembre 2017

Nouveautés Blu-ray/DVD: La mort de Louis XIV, David Lynch: The Art of Life, The Little Hours, Mune: Le gardien de la lune, C'est le coeur qui meurt en dernier, Channel Zero: Candle Cove: Season 1

Comme à chaque mardi, les nouveautés en Blu-ray et en DVD sont de retour, cette fois avec un titre qui sort du lot.

La mort de Louis XIV: Ces superbes toiles statiques d'Albert Serra ensorcellent allègrement, donnant un rôle majeur et très symbolique au trop rare Jean-Pierre Léaud. ***1/2

David Lynch: The Art of Life: Ce documentaire un peu trop gentil sur le grand créateur s'avère intéressant, bien qu'il n'a absolument pas sa place dans la prestigieuse collection Criterion. ***

The Little Hours: Le rire est léger et assez oubliable dans cette farce religieuse de Jeff Baena qui ne possède surtout pas le mordant d'un Pasolini. **1/2

Mune: Le gardien de la lune: Malgré une animation très inégale et un scénario qui recycle des lieux communs, un certain charme ressort de ce dessin animé français. **1/2

C'est le coeur qui meurt en dernier: Voilà un drame québécois que l'on aurait aimé plus soutenu et moins superficiel, autant sur le plan cinématographique que de l'interprétation. **
Mes entrevues avec le réalisateur et les actrices se trouvent ici et

Channel Zero: Candle Cove: Season 1: Le plaisir est de mise dans cette série insolite, aussi cocasse que repoussante, qui s'oublie toutefois assez rapidement.