lundi 18 juin 2018

Va où il est impossible d'aller

Costa-Gavras vient de publier aux éditions Seuil ses mémoires sous le titre Va où il est impossible d'aller. Un recueil de 500 pages extrêmement intéressant où le cinéaste grec ressasse sa migration en France, sa carrière cinématographique et ses engagements personnels. Dans un style simple et direct, il raconte la seconde partie du 20e siècle et la première du 21e, liant constamment son art à l'actualité politique. Il le fait de manière authentique, sans tomber dans les détails techniques et les digressions, en rappelant ces grandes rencontres humaines qui changent une existence à jamais. On en ressort avec le désir ardent de replonger dans ses classiques, notamment L'aveu et Missing.

Z représente son ultime chef-d'oeuvre. C'est le film qui me revient constamment en tête lorsque je repense à Costa-Gavras. Surtout à l'époque où j'ai pu m'entretenir avec le mythique cinéaste lors de sa venue à Montréal en 2009, dans le cadre de Cinemania. Rencontré pendant une quinzaine de minutes dans la suite d'un hôtel, l'homme m'apparaissait bienveillant, allumé, un peu distant mais attentif. Une discussion que j'aurais évidemment voulu poursuivre plus longuement... Par nostalgie, voici cette entrevue, qui a été publiée dans les pages du journal Métro.

Film du jour: The Great Silence

Principale source d’inspiration de Hateful Eight, The Great Silence de Sergio Corbucci est un western enneigé violent et désespéré qui glace le sang. Une oeuvre sombre et cynique où Jean-Louis Trintignant et Klaus Kinski cherchent à se faire la peau sur la musique de Morricone. Un divertissement stylisé et fort satisfaisant à ne pas manquer. Surtout que la nouvelle édition blu-ray en 2k est particulièrement élégante. ****

dimanche 17 juin 2018

Les films préférés de... Patrick Demers

De Jaloux à Origami, on a toujours droit à des univers entiers et singuliers. Je me suis récemment entretenu avec le réalisateur et scénariste Patrick Demers (mon entrevue) et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés. Voici sa réponse.

« J'ai plein de films préférés. J'ai de la misère à cette question-là. L'avventura d'Antonioni qui est un chef-d'oeuvre. Blue Velvet de David Lynch: ce n'est pas son meilleur mais c'est celui qui m'a fait le plus d'effet. Chansons du deuxième étage de Roy Andersson. Je peux t'en nommer plein: The Shining de Kubrick, Un zoo la nuit de Jean-Claude Lauzon, Pour la suite du monde de Pierrault. Je consomme beaucoup de films. J'ai adoré Dogtooth et The Lobster...

Récemment, j'ai beaucoup trippé sur Mother d'Aronofsky. Des gens l'aiment ou le détestent. Mais je n'ai pas besoin d'explications et de tout comprendre. Je ne suis pas comme ça comme spectateur. J'ai besoin d'être renversé, de ne pas voir venir l'affaire, d'être surpris. Ça me fait penser à Love Exposure de Sion Sono. C'est débile ce film-là! Ce n'est pas toujours beau, c'est drôlement tourné. Mais je m'en fou. J'ai seulement besoin qu'on me surprenne. On voit tellement tout le temps la même affaire que moi, quand c'est différent, je suis satisfaisait. »

Film du jour: The Lost World: Jurassic Park

On se prépare pour la sortie de Jurassic World: Fallen Kingdom en revoyant The Lost World, la suite que Steven Spielberg a pondu à son classique de 1993. Il s'agit d'une série B assez divertissante, inutile mais excitante avec encore plus d'action, de rires et de dinosaures. Un plaisir coupable qui assure au quart de tour avec ses nombreux hommages cinématographiques. ***

samedi 16 juin 2018

Sorties au cinéma: Un beau soleil intérieur, Quand l'amour se creuse un trou, The Incredibles 2, Beast, Ôtez-moi d'un doute

Le cinéma francophone sort du lot cette semaine au sein de toutes les nouvelles sorties au cinéma.

Un beau soleil intérieur: C'est une comédie mélancolique de toute beauté que signe Claire Denis avec ce film solaire, où Juliette Binoche cherche l'amour et le bonheur. Un opus écrit avec délicatesse, utilisant à son avantage de nombreux plans séquences. À consommer sans modération. ****

Quand l'amour se creuse un trou: L'amour peut-il exister malgré une différence d'âge de 56 ans? Oui ose ce premier long métrage d'Ara Ball, qui ressemble à de véritables montagnes russes avec son changement constant de genres et ses dialogues appuyés. Mais on finit par embarquer tant la proposition sort constamment de ce qui se fait au Québec. ***

The Incredibles 2: Cela a pris 14 ans à Brad Bird pour pondre une suite à ce grand succès de Pixar. Malgré tout ce temps, le scénario déçoit par ses rebondissements télécommandés, ses nouveaux personnages sans personnalité et l'absence totale de psychologie, qui n'a pas évoluée d'un iota. Au moins il y a un bébé hilarant, qui mériterait à lui seul un dérivé, ainsi qu'une animation soignée. **1/2

Beast: Dès la seconde scène, on devine exactement où ira ce drame psychologique de Michael Pearce sur la bête qui sommeille au plus profond de nous. Malgré une interprétation intense et de beaux paysages, il faut se farcir des individus unidimensionnels et une seconde partie interminable qui tarde à se terminer. **1/2

Ôtez-moi d'un doute: Voilà l'exemple typique de la comédie dramatique qui veut devenir populaire. On fait appel à de bons comédiens et à un script sensible, sauf qu'on oublie d'y aller en profondeur et d'offrir une réalisation digne de ce nom. Rien ne dépasse de cette création de Carine Tardieu et c'est justement ce qui la rend un peu beige. **1/2

Film du jour: Babe

Aujourd'hui et demain, le Cinéma du Parc présente Babe de Chris Noonan, ce magnifique film familial sur les tribulations d'un cochon qui rêve d'être un chien. Plein de fantaisie, le long métrage va droit au coeur avec ses personnages attendrissants et ses situations incroyables. Surtout, il ne simplifie en rien le grand cycle de la vie, alternant moments vivifiants et ceux beaucoup plus angoissants. ****

vendredi 15 juin 2018

Entrevue Quand l'amour se creuse un trou

Amusante création sur un amour tabou entre une septuagénaire et un adolescent, Quand l'amour se creuse un trou se distingue de la plupart des productions québécoise par sa grande fantaisie. Je me suis entretenu avec son réalisateur Ara Ball et sa vedette France Castel et mes entrevues se trouvent dans le journal Métro du jour.

Film du jour: The Birdcage

Présenté toute la semaine dans quelques cinéma Cineplex, The Birdcage de Mike Nichols a rencontré un immense succès à sa sortie en 1996. Bien qu'il s'agisse d'une version bien sage du film culte La cage aux folles, on s'y amuse malgré tout grâce au duo formé de Robin Williams et de Nathan Lane. Le reste, oubliable, n'a cependant pas passé à l'histoire. ***

jeudi 14 juin 2018

Film du jour: An Ordinary Man

Rarement un film comme An Ordinary Man aura aussi bien porté son titre. Ce n'est pas tant que l'homme en question - un criminel reclus incarné avec verve par Ben Kingsley - ne soit pas intéressant, bien contraire. C'est seulement que le script léthargique et la réalisation anonyme de Brad Silberling finissent par engouffrer ses qualités, offrant au final un long métrage bien... ordinaire. Au moins on découvre davantage Hera Hilma, cette épatante actrice islandaise. **1/2

mercredi 13 juin 2018

Sur le plateau de tournage de Gut Instinct

La semaine dernière, je me suis aventuré sur le plateau de tournage de Gut Instinct, le nouveau film de Daniel Roby (Louis Cyr) qui met en vedette Josh Hartnett et Antoine Olivier Pilon, et le fruit de mon odyssée se trouve dans le journal Métro.

Film du jour: Oh Lucy!

C'est un très intéressant premier long métrage que propose Atsuko Hirayanagi avec Oh Lucy!, qui porte sur les péripéties d'une Japonaise blasée qui se retrouve sur la côte ouest américaine. À la fois comédie désespérée et drame éloquent sur la solitude humaine, le récit en apparence banale séduit par sa grande fluidité et la dévotion de ses excellents interprètes. Dans un rôle secondaire, Josh Hartnett trouve un de ses meilleurs rôles en carrière. ***1/2

mardi 12 juin 2018

Nouveautés Blu-ray/dvd: Faute d'amour, Chien de garde, Téhéran Tabou, Tomb Raider, The Strangers: Prey at Night, Will & Grace (The Revival): Season One

Une belle variété de titres sortent aujourd'hui en format dvd et blu-ray, avec notamment un des meilleurs films de l'année.

Faute d'amour: La dernière fresque d'Andrei Zviaguintsev (Leviathan) est toujours aussi captivante et importante dans sa façon de transcrire à l'écran l'égoïsme humain, créant des parallèles ravageurs avec la politique russe. À ne pas manquer. ****

Chien de garde: Mommy rencontre We Own the Night dans ce premier long métrage extrêmement énergique de Sophie Dupuis. Au diable les stéréotypes et la finale décevante si la direction d'acteurs dans le tapis permet aux excellents comédiens de camper royalement leurs intenses personnages. ***
Téhéran Tabou: Les thèmes nécessaires se chevauchent dans cette animation moralisatrice et chargée d'Ali Soozandeh, qui aimerait tant être le Valse Bachir de son époque. Mais en vain. Reste une démarche qui est loin d'être banale. **1/2

Tomb Raider: Ce n'est pas tout remplacer Angelina Jolie par Alicia Vikander. Sans un désir de palper l'essence du jeu vidéo et d'offrir une histoire digne de ce nom, les aventures cinématographiques de Lara Croft ne seront jamais intéressantes. Ici, on ne fait qu'offrir un ersatz d'Indiana Jones. **

The Strangers: Prey at Night: À la fois suite et remake de son prédécesseur, cette série B fauchée compte quelques moments savoureux devant exister dans une mer de clichés et de banalités. Ce n'est évidemment rien pour aider. **

Will & Grace (The Revival): Season One: Avait-on vraiment besoin d'une variation sur cette série culte? Non. Dès les premiers épisodes, le seul désir qui existe est de tout arrêter et de se replonger dans nos souvenirs.

Film du jour: Gringo

Air connu. Des stars (David Oyelowo, Charlize Theron, Joel Edgerton, Amanda Seyfried, Sharlto Copley) s'impliquent dans une histoire faussement satirique qui tombe à plat en moins de 15 minutes. Bienvenue dans Gringo de Nash Edgerton, une comédie noire peu intéressante qui regorge de trahisons et de situations vulgaires, mais sans rien offrir d'amusant ou même de satisfaisant en retour. On se contentera de la bande-annonce. **

lundi 11 juin 2018

Entrevue Ceux qui viendront, l'entendront

Présentement à l'affiche, Ceux qui viendront, l'entendront est un intéressant documentaire sur des langues autochtones qui risquent bientôt de disparaître. Je me suis entretenu avec son réalisateur Simon Plouffe et mon entrevue se trouve dans le journal Métro.

Film du jour: I Kill Giants

Le labyrinthe de Pan, Take Shelter, A Monster Call... le cinéma ne finit plus de traiter l'angle de la solitude et de la maladie mentale par le fantastique, l’apparition d'une bête féroce lorsque le héros va mal. C'est le cas de I Kill Giants d'Anders Walter qui décortique les rouages parfois difficiles de l'adolescence. Bien que prévisible et lourd de morales, le récit intéresse et émeut. Tout cela est possible grâce à ses interprètes dévoués, dont la jeune Madison Wolfe, Imogen Poots et Zoe Saldana. ***

dimanche 10 juin 2018

Les films préférés de... Alexa-Jeanne Dubé

Touchant à la fois au théâtre qu'à la télévision et aux séries web, Alexa-Jeanne Dubé s'est saucé dans la mer du cinéma avec Claire l'hiver, Maudite PoutineLa nouvelle vie de Paul Sneijder, Sarah préfère la course et Liverpool. Je l'ai rencontré lors de la sortie d'Origami et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés. Voici sa réponse...

« Un film qui m'a vraiment marqué et que j'aime vraiment beaucoup, c'est un film roumain qui s'appelle en français 4 mois, 3 semaines, 2 jours de Cristian Mungiu. Ça m'a tellement marqué, par son propos, ses questions féministes que ça apporte et la réalisation hyper réaliste. Et aussi Canine de Yorgos Lanthimos que j'ai beaucoup aimé. Les films de Haneke, j'aime beaucoup ça. Heille, je suis dark, hein? Tous les films que je choisis sont assez même violents! Moi, le cinéma, c'est un espace de questionnements. C'est bien que ça aborde des thématiques plus sombres. »

Film du jour: La tête de maman

En attendant Ôtez-moi un doute qui prendra l'affiche au Québec vendredi prochain, on voudra peut-être se replonger dans La tête de maman, le premier long métrage de Carine Tardieu. Voilà une comédie dramatique classique mais sensible sur une adolescente et sa maman. Une oeuvre tendre et sincère, un peu larmoyante dans sa dernière ligne droite, mais interprétée avec conviction par des comédiens aguerris. ***

samedi 9 juin 2018

Sorties au cinéma: First Reformed, Hereditary, The Patriarch's Room, Ceux qui viendront l'entendront, Wallay, On Chesil Beach, Normandie nue, Ocean's Eight, Napoléon en apparte, Hotel Artemis, Identités

Pas moins de 11 films prennent l'affiche cette semaine et on est là pour séparer le bon grain de l'ivraie.

First Reformed: Scénariste des meilleurs Scorsese et réalisateur de quelques opus importants (Mishima en tête de liste), Paul Schrader est de retour avec une oeuvre exigeante sur la foi qui fait appel aux fantômes de Bresson, Bergman et Dreyer, confiant à Ethan Hawkes son meilleur rôle en carrière. Quelques scènes - dont la finale - marqueront les esprits pendant longtemps. ****

Hereditary: Dans la lignée de Babadook et Don't Look Now se trouve cet efficace drame horrifique d'Ari Aster qui, sans bouleverser ou renouveler le genre, lui rend hommage d'une belle façon. Toni Collette y est excellente. ***1/2

The Patriarch's Room: C'est une enquête fascinante mais un peu redondante que propose Danae Elon avec ce documentaire où elle tente de percer le secret d'une mythique figure religieuse qui a perdu tout son éclat. ***

Ceux qui viendront, l'entendront: Construit comme un chant musical, cet agréable documentaire de Simon Plouffe met en valeur les langues amérindiennes, expérimentant d'une belle façon sur le plan sonore. À tel point que cela finit par prendre un peu le dessus sur le contenu. ***

Wallay: C'est un récit d'initiation classique mais bien attentionné que propose Berni Goldblat avec ce long métrage sympathique comme tout sur un ado qui renouera à la dure avec les racines de sa famille. ***

On Chesil Beach: Cette adaptation d'un livre à succès par Dominic Cooke ressemble à un téléfilm de luxe. Saoirse Ronan a beau y être admirable (comme toujours), la romance tourne rapidement à vide avec ses coups de théâtre pompeux. **1/2

Normandie nue: Petit paysan rencontre Full Monthy dans cette comédie assez quelconque de Philippe Le Guay, qui sabote un sujet nécessaire et un casting soigné à force de trop verser dans le ludique. **1/2

Ocean's Eight: Variation au féminin d'une trilogie à succès, cette superproduction de Gary Ross manque royalement de rythme et d'originalité. Les scènes d'action sont mécaniques, l'humour tombe à plat et la prestigieuse distribution sous-utilisée. **

Napoléon en apparte: Voilà un premier long métrage authentique mais beaucoup trop gauche de la part Jeff Denis, qui fait preuve d'un certain talent mais également d'errance. Peut-être qu'avec un scénario moins superficiel et de l'humour opérant, cela aurait été différent... **

Hotel Artemis: Aussi ambitieux que pitoyable, ce navet hyper léché de la part de Drew Pearce fait rire continuellement. Pourtant, il ne s'agit pas d'une comédie! C'est à se demander ce que Jodie Foster, Jeff Goldblum et compagnie avaient à gagner dans cet exercice de style qui, sur papier, fonctionnait. C'est tout le contraire une fois à l'écran. *1/2

Identités: Auteur d'un des pires films québécois des dernières années (La fille du Martin), Samuel Thivierge est de retour avec un Catch Me if You Can des pauvres, une création «à l'américaine» mal réalisée et interprétée, qui sabote un scénario à priori prometteur. Médiocre. *

Film du jour: Orphans of the Storm

Maître incontestable du mélodrame à saveur historique, D.W. Griffith revisite la Révolution française avec Orphans of the Storm, une fresque gigantesque parsemée de scènes d'action spectaculaires et de moments de débauche. L'histoire n'est d'ailleurs qu'un prétexte pour plonger deux soeurs dans une société brutale qui sépare pauvres et riches. Après une première partie qui tarde à prendre son envol, on est littéralement soufflé par la force de sa mise en scène. Comme toujours, personne ne pourra résister à l’envoûtante Lilian Gish. ****

vendredi 8 juin 2018

Film du jour: Night of the Living Dead

Avec la récente victoire des Affamés au Gala Québec Cinéma, on a seulement le goût de retourner à Night of the Living Dead, le film culte de George Romero. À la fois oeuvre horrifique démentielle et critique du système américain (racisme, Vietnam), le long métrage amuse et captive amplement, rappelant qu'une bonne idée est généralement plus importante qu'un budget. À la Cinémathèque québécoise. ****

jeudi 7 juin 2018

Entrevue Napoléon en apparte

Bien que le Gala Québec Cinéma se soit déroulé dimanche dernier, les films d'ici continuent d'affluer. On accueille ainsi ce vendredi Napoléon en apparte, une comédie déjantée de Jeff Denis. Je me suis entretenu avec le réalisateur et mon entrevue se trouve dans les pages du journal Métro.

Film du jour: Ocean's Thirteen

Avec Ocean's Thirteen, Steven Soderbergh termine sa trilogie sur le pilote-automatique, offrant ce que le spectateur veut voir (des stars, du glamour, du spectaculaire) sans chercher outre mesure à prendre des risques, autant sur le plan scénaristique que formel. Et si on ne s'ennuie pas trop, c'est grâce à son savoir-faire inné, cet oeil de lynx cinématographique qui lui permet tout de même de s'amuser avec insouciance. On verra bientôt où se tient Ocean's Eight dans tout ça... **1/2

mercredi 6 juin 2018

Film du jour: Ocean's Twelve

On reprend les mêmes et on répète ce qui a été fait avant, avec encore plus d'action, d'humour et une intrigue alambiquée. Steven Soderbergh se moque des suite hollywoodiennes à travers Ocean's Twelve, ce qui n'empêche pas cet immense objet cinématographique de s'écraser le nez, prisonnier d'un ton satirique qui s'est dissipé longtemps avant la fin. Reste que le spectateur peu exigeant risque de s'amuser. **1/2

mardi 5 juin 2018

Nouveautés Blu-ray/dvd: Thoroughbreds, Satellite Girl and Milk Cow, Every Day, A Wrinkle in Time, Death Wish, Peter Pan

De bien drôles de choses prennent l'affiche cette semaine en format dvd et blu-ray...

Thoroughbreds: Ce Heavenly Creatures du 21e siècle est un bel objet plastique, hypnotisant amplement par son utilisation astucieuse du son. Un premier long métrage plus que satisfaisant de la part de Cory Finley, d'une subversion qu'on n'oubliera pas de sitôt. ***1/2

Satellite Girl and Milk Cow: Cette animation follement originale de Chang Hyung-yun ne manque pas de personnages mignons et de romance attendrissante malgré un scénario quelque peu éparpillé. ***

Every Day: Sentant un peu trop le roman à l'eau de rose, ce film pour adolescents de Michael Sucsy arrive toutefois à ne pas trop s'enliser dans ses conventions. Reste que la guimauve collante reste à travers la bouche. **1/2

A Wrinkle in Time: La cinéaste du brillant Selma (Ava DuVernay) mord la poussière avec cette superproduction aussi clinquante que moralisatrice, qui ressemble à un trip de psychotropes. Que c'est lourd! **

Death Wish: Avait-on besoin d'un remake raté d'une production culte des années 70? Bruce Willis demeure bien fade à côté de Charles Bronson et le récit douteux ne fait que l’apologie de l'ère Trump. *1/2

Peter Pan: Ce dessin animé indémodable fête son 65e anniversaire avec une nouvelle édition encore plus agréable du point de vue graphique, sonore et des suppléments. Toute la famille sera au septième ciel. **** 

Film du jour: Ocean's Eleven

On se prépare pour la sortie prochaine de Ocean's 8 en revoyant la précédente trilogie de Steven Soderbergh. Dans le très populaire Ocean's Eleven, George Clooney, Brad Pitt et leurs amis préparent le coup du siècle, comme l'avait fait Frank Sinatra et compagnie 40 ans auparavant. Voilà un divertissement clinquant et futile, fait pour s'amuser avec des vedettes tout en laissant son cerveau au vestiaire. Rien pour crier au génie, si ce n'est quelques scènes d'action assez efficaces. ***

lundi 4 juin 2018

Film du jour: Game Night

Sorti plus tôt cette année, Game Night de John Francis Daley et Jonathan Goldstein est un divertissement bien huilé sur une soirée de jeux qui tourne mal. Cocasse et dynamique, l'ensemble attire l'attention malgré sa grande vacuité, et on y demeure pour les clins d'oeil cinématographiques, ses acteurs qui s'en donnent à coeur et la musique épique de Cliff Martinez. ***

dimanche 3 juin 2018

Prédictions et choix personnels Gala Québec Cinéma

La chronique «les films préférés de...» fait exceptionnellement relâche cette semaine pour faire la place à mes prédictions et choix personnels pour le Gala Québec Cinéma qui est diffusé ce soir. En espérant que j'obtienne une meilleure moyenne que pour les Oscars et autres Golden Globes...

Meilleur film
Choix personnel: Les affamés
Prédiction: Les affamés

Meilleure réalisation
Choix personnel: Robin Aubert (Les affamés)
Prédiction: Robert Morin (Le problème d'infiltration)

Meilleur scénario
Choix personnel: Robert Morin (Le problème d'infiltration)
Prédiction: Nicole Bélanger (Les rois Mongols)

Meilleure interprétation féminine - premier rôle
Choix personnel: Charlotte Aubin (Isla Blanca)
Prédiction: Denise Filiatrault (C'est le coeur qui meurt en dernier)

Meilleure interprétation masculine - premier rôle
Choix personnel: Christian Bégin (Le problème d'infiltration)
Prédiction: Christian Bégin (Le problème d'infiltration)

Meilleure interprétation féminine - rôle de soutien
Choix personnel: Isabelle Blais (Tadoussac)
Prédiction: Isabelle Blais (Tadoussac)

Meilleure interprétation masculine - rôle de soutien
Choix personnel: Robert Morin (Tuktuq)
Prédiction: Jahmil French (Boost)

Révélation de l'année
Choix personnel: Marine Johnson (La petite fille qui aimait trop les allumettes)
Prédiction: Théodore Pellerin (Chien de garde)

Meilleur film documentaire
Choix personnel: Destierros
Prédiction: La part du diable

Meilleur court métrage fiction
Choix personnel: Ex aequo Lost Paradise Lost et Pre-Drink
Prédiction: Crème de menthe

Meilleur court métrage animation
Choix personnel: Toutes les poupées ne pleurent pas
Prédiction: La maison du hérisson

Prix du public
Choix personnel: Ballerina
Prédiction: De père en flic 2

Film du jour: L'homme du train

C'est un duel fascinant et attendrissant que se livrent Jean Rochefort et Johnny Hallyday dans L'homme du train, un des meilleurs films de Patrice Leconte. Une leçon d'amitié et de seconds départs tardifs qui est amené avec subtilité et émotions. L'ensemble a beau être prévisible, l'effort ne manque pas de classe, de vigueur. À la Cinémathèque québécoise. ***1/2

samedi 2 juin 2018

Film du jour: The Iron Giant

Avant de rentrer dans l'empire Pixar avec Ratatouille et les deux Incredibles, Brad Bird a réalisé The Iron Giant, un fantastique dessin animé sur une amitié entre un garçon et un robot sous fond de Guerre Froide. Voilà un conte attendrissant et brillant, qui comporte une des finales les plus tristes du genre. Même 20 ans plus tard, le charme opère toujours autant. Aujourd'hui et demain au Cinéma du Parc. ****

vendredi 1 juin 2018

Sorties au cinéma: Les fantômes d'Ismaël, Anote's Ark, Métamorphose, La chute de Sparte, The Seagull, Adrift, Tout le monde debout

Un opus éblouissant et des documentaires environnementaux retiennent l'attention cette semaine au sein des nouvelles sorties au cinéma.

Les fantômes d'Ismaël: Arnaud Desplechin remet ça avec une oeuvre somme, un film complètement cinglé qui fait passer le spectateur par toute la gamme des émotions. On en redemande. ****

Anote's Ark: C'est un combat contre la montre que propose Matthieu Rytz dans ce documentaire éclairant où un peuple risque de voir son territoire englouti par les eaux. Les images sont tout simplement formidables. ***1/2

Métamorphose: Le réchauffement de la planète est également au coeur de cet essai de Velcrow Ripper et Nova Ami. Une démarche plus conventionnelle qui possède également une photographie à couper le souffle. ***

La chute de Sparte: Enfin un long métrage québécois réussi sur l'adolescence! Oui, le récit de Tristan Dubois ne manque pas de clichés, sauf que le traitement fantaisiste emporte l’adhésion. ***

The Seagull: Lorsqu'on transpose un classique de Tchekhov, il faut bien plus qu'un casting relevé (Annette Bening, Saoirse Ronan, Elisabeth Moss...) et une direction artistique soignée. Il faut de l'âme, une vision, ce qui finit par manquer à cette adaptation de Michael Mayer. **1/2

Adrift: On souffre en regardant cette histoire de survie qui ressasse tous les lieux communs. Une réalisation musclée de Balthasar Kormkakur ne fait pas oublier une bluette insipide et un punch final complètement ridicule. **

Tout le monde debout: En voulant traiter de tolérance, Franck Dubosc accouche ironiquement d'une création raciste et consternante, rarement drôle et navrante à bien des égards. Et dire que ce fut un succès commercial en France... *1/2

Film du jour: Détective

Détourner une commande est la spécialité de Jean-Luc Godard. C'est ce qu'il fait avec Détective, une satire du genre policier où la trame narrative complexe mais sans importance n'est qu'un prétexte pour plonger ses vedettes - Hallyday, Baye, Brasseur, Léaud - dans une sorte de spleen existentiel. Sa mise en scène extrêmement maîtrisée fait le reste, avec une utilisation inoubliable de pièces de musique classique. Un peu frustrant mais surtout très fascinant. À la Cinémathèque québécoise. ***1/2

jeudi 31 mai 2018

Les meilleurs films de mai 2018

Bye bye mai 2018! Avant de t'oublier, il faut bien se rappeler des meilleurs films qui ont pris l'affiche pendant le mois. Voici ma traditionnelle liste mensuelle...

- The Rider
- Ava
- Lou et l'île aux sirènes

Film du jour: Vengeance

Johnny Hallyday chez Johnnie To, c'est la totale. Dommage que Vengeance ne remplisse pas toutes ses promesses. S'il s'agit d'un thriller stylisé et plein de classes comme sait si bien le faire le maître chinois, l'histoire plagiée sur celle du Samouraï de Melville et le rythme laborieux en font un exercice esthétisant, pas désagréable à regarder mais fortement oubliable. À la Cinémathèque québécoise. ***

mercredi 30 mai 2018

Film du jour: Jean-Philippe

Ces jours-ci, la Cinémathèque québécois rend hommage à Johnny Hallyday. Elle présente aujourd'hui Jean-Philippe, la comédie de Laurent Tuel sur un cadre (Fabrice Luchini) qui rencontre son idole: Johnny Hallyday! Sans être particulièrement drôle ou réussi, le film est parsemé de clins d'oeil cocasses et les deux acteurs s'amusent, faute d'avoir quelque chose de véritablement nutritif à se mettre en bouche. Pour les fans du chanteur. **1/2

mardi 29 mai 2018

Nouveautés Blu-ray/dvd: Tadoussac, Annihilation

Il n'y a que deux films qui sortent aujourd'hui en format dvd et blu-ray. Mais quels films!

Tadoussac: Dans le coin gauche se trouve le nouveau drame de Martin Laroche (Les manèges humains), implacable et si riche, qui met en vedette de sublimes interprètes féminines (Camille Mongeau, Isabelle Blais). Sans doute le long métrage québécois le plus satisfaisant de la cuvée 2017. ***1/2

Annihilation: Puis dans le coin droit se dresse la dernière création de science-fiction d'Alex Garland (Ex Machina). Une grosse bibite extrêmement divertissante qui emprunte autant à Tarkovski qu'à la délicieuse série B de type Predator dans sa façon de plonger ses héroïnes dans un univers mystique. Visuellement et sonorement ça détruit tout sur son passage. ***1/2

Film du jour: Midnight Cowboy

Criterion accueille dans ses rangs Midnight Cowboy de John Schlesinger, cette oeuvre clé de la fin des années 60 qui a décomplexé le septième art anglophone. Un récit riche et complexe, fait d'errance et d'atmosphère, oû Jon Voight et Dustin Hoffman se mettent littéralement à nu. Une oeuvre importante afin de bien saisir cette faculté du cinéma américain indépendant de toujours vouloir se renouveler. ****1/2

lundi 28 mai 2018

Sept films à voir cet été

Quels sont les longs métrages que vous attendez le plus cet été au cinéma? Je me suis prêté à l'exercice pour le journal Métro et voici mes choix...

Film du jour: Malgré la nuit

Pour son quatrième long métrage Malgré la nuit, Philippe Grandrieux continue à explorer le mouvement cinématographique des corps à travers une oeuvre radicale, éblouissante à bien des niveaux mais également un peu frustrante tant la caricature n'est jamais bien loin de l'expérimentation. Le scénario n'est qu'un prétexte à un jeu fantasmagorique sur les ombres et à une surabondance de théories psychanalytiques. Un peu comme si Alfred Hitchcock, David Lynch et Philippe Garrel avaient créé un enfant illégitime. Même si sur le coup cette oeuvre trop longue est difficile à digérer, un immense pouvoir d'hypnose s'en dégage, obsédant allègrement par la suite. De quoi avoir le goût d'y retourner à ses risques et périls, seulement pour la performance d'Ariane Labed. ***

dimanche 27 mai 2018

Les films préférés de Normand D'Amour

Figure imposante du théâtre et de la télévision, Normand D'Amour s'est surtout imposé au cinéma dans Tout est parfait, 5150 rue des Ormes et Le garagiste. Je l'ai rencontré peu de temps avant la sortie du long métrage Origami et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés...

« Tous les Kubrick, Pari, Texas. Oh mon Dieu, il y en a tellement. Je suis un grand, grand, grand cinéphile. Dunkirk, j'ai bien aimé ça. J'ai des goûts complètement éclectiques, c'est fou. Je peux aimer autant le dernier Star Wars (The Last Jedi) que Call Me by Your Name. Ça ne va pas ensemble, mais j'aime ça. J'aime m'asseoir dans une salle de cinéma et me faire raconter une histoire. Je suis un bon public. Je me laisse transporter. »

Film du jour: Thierrée / Shechter / Pérez / Pite

Projeté cet après-midi au Cinéma Beaubien, le programme quadruple Thierrée / Shechter / Pérez / Pite qui vient tout juste d'être présenté au Palais Garnier ne laisse pas indifférent. Si techniquement la captation de Cédric Klapisch laisse un peu à désirer (le rythme n'est pas au point et pourquoi avoir intégré 20 minutes d'entrevues avant le dernier numéro?), les mouvements de danse contemporaines enflamment plus souvent qu'autrement malgré leur inégalité. Cela débute lentement avec celui de James Thierrée qui prépare une surprise plus ou moins au point. Hofesh Shechter offre cependant la déflagration souhaitée avec ce mélange de beauté et de chaos en mélangeant Zorn et Bach! Mais Ivan Pérez ramène le spectateur sur le plancher des vaches avec un segment un peu mou malgré la présence musicale d'Arvo Part. Ce n'est pas grave, la Canadienne Crystal Pite transporte tout le monde au septième ciel avec The Season's Canon qui utilise parfaitement Les Quatre Saisons de Vivaldi, version Max Richter. Un nirvana tardif qui vaut son pesant d'or.

samedi 26 mai 2018

Sorties au cinéma: La rivière cachée, RBG, Leaning Into the Wind, Solo: A Star Wars Story, Gauguin, Yolanda

Les documentaires détrônent la fiction cette semaine parmi les nouveautés au cinéma.

La rivière cachée: C'est une jolie promenade en forêt que convie Jean-François Lesage avec cet essai visuellement et sonorement très soignés, où des groupes de gens s'interrogent sur l'amour, la mort et les valeurs qu'on lègue. Évidemment il faut être prêt à s'investir, mais la récompense en vaut la peine. ***

RBG: Le parcours de la juge Ruth Bader Ginsburg est raconté sobrement dans ce documentaire classique mais extrêmement efficace de Betsy West et Julie Cohen, qui ne manquera pas d'inspirer. ***

Leaning Into the Wind: En renouant avec l'artiste Andy Goldsworthy, le cinéaste Thomas Riedelsheimer traite du processus de création en l'inscrivant dans la durée et, surtout, en le captant à l'écran. L'essai a beau paraître aride par moments, quelques plans spectaculaires happent l'esprit. ***

Solo: A Star Wars Story: Alors qu'on aurait pu obtenir un épisode rigolo issu de l'imaginaire du duo derrière 21 Street et Lego Movie, la direction de Lucasfilm les a virés afin d'embaucher Ron Howard et ainsi offrir la production attendue et calibrée pour satisfaire les fans déçus par The Last Jedi. Sans être mauvais, le divertissement est seulement trop terne et banal pour sortir du lot. **1/2

Gauguin: Vincent Cassel campe admirablement le célèbre peintre postimpressionniste dans ce récit trop sage et ténu d'Édouard Deluc. L'ensemble aussi immersif que superficiel se déroule en Polynésie française en prenant soin de demeurer loin des zones sombres du personnage. **1/2

Yolanda: Ce long métrage tourné avec peu de moyens par Jeannine Gagné séduit par ses cartes postales documentaires mais lasse rapidement avec ses envolées de fiction aussi naïves que plaquées. **

Film du jour: The Neverending Story

Bonheur, bonheur, le Cinéma du Parc présente aujourd'hui et demain The Neverending Story, ce classique pour enfants des années 80! Évidemment que ce long métrage de Wolfgang Peterson a vieilli et qu'il y a des scènes d'une tristesse infinie qui ont marqué des générations de cinéphiles. Mais il y a surtout un univers d'une fantaisie démentielle, des personnages attendrissants et surtout, surtout, un chien dragon extrêmement mignon! De quoi vouloir revivre l'aventure encore et encore. **** 

vendredi 25 mai 2018

Entrevue La rivière cachée

Après Conte du Mile End et Un amour d'été, Jean-François Lesage continue avec La rivière cachée à filmer des interrogations de gens qui se trouvent dans des endroits inspirants. J'ai rencontré le documentariste et mon entrevue est à lire dans le journal Métro du jour.

Film du jour: The Evil Dead

Le Cinéma du Parc présente jusqu'à dimanche The Evil Dead, le formidable film culte de Sam Raimi. Comment ne pas être aux anges devant cette oeuvre complètement cinglée, dont le jeu incendiaire de Bruce Campbell est en parfaite osmose avec la réalisation syncopée et les effets spéciaux délirants? Surtout que dans une salle de cinéma, on ne risque plus de voir les petits défauts qui traînent ici et là. ****

jeudi 24 mai 2018

Film du jour: Clandestins

La Cinémathèque québécoise présente ce soir une versions restaurée de Clandestins de Nicolas Wadimoff et Denis Chouinard, un huis-clos social qui demeure encore d'actualité. Voilà une oeuvre un peu gauche mais sincère, finement interprétée malgré un scénario un peu laborieux, et qui ressemblait à peu de chose dans notre cinématographie lors de sa sortie en 1997. ***

mercredi 23 mai 2018

Film du jour: Tucker: The Man and His Dream

Histoire vraie traitée sous le mode satirique, Tucker: The Man and His Dream relate les combats d'un homme qui a construit une voiture en avance sur son temps. Le film dynamique et souvent hilarant doit beaucoup à la performance truculente de Jeff Bridges, parfait dans le rôle principal. Puis il y a la réalisation inventive de de Francis Ford Coppola qui permet d'excuser le manque de profondeur du scénario. ***1/2

mardi 22 mai 2018

Nouveautés Blu-ray/Dvd: Une femme fantastique, Blade of the Immortal, Early Man, Red Sparrow, The 15:10 to Paris, Swung

Il y a une belle variété de longs métrages qui prennent l'affiche aujourd'hui en format dvd et blu-ray...

Une femme fantastique: Ce lauréat de l'Oscar du meilleur film en langue étrangère confirme le talent fondé en Sebastian Lelio (Gloria) qui dirige de main de maître ses excellents acteurs tout en ne cédant pas trop au symbolisme primaire. En résulte une oeuvre forte et touchante sur l'amour, le deuil et l'identité. ***1/2

Blade of the Immortal: Takashi Miike décoiffe avec sa 100e création, faisant oublier un script inutilement compliqué par une abondance de scènes d'action spectaculaire. Et quelle magnifique édition Blu-ray qui est offerte, avec une tonne de suppléments! ***

Early Man: Les créateurs de Chicken Run, Shaun the Sheep et Wallace and Gromit sont de retour avec une animation charmante et cocasse comme tout, oubliable mais divertissante à ses heures. ***
Red Sparrow: Une fois passée son intrigante séquence d'ouverture, on trouve un peu le temps long devant cette production d'espionnage touffue et violente, où même l'efficace Jennifer Lawrence n'est pas assez convaincante pour faire oublier le marasme en place. **1/2

The 15:10 to Paris: Clint Eastwood signe son pire effort en carrière avec cette histoire vraie bien intentionnée (ce sont les véritables héros qui incarnent les rôles principaux) mais superficielle, réalisée sommairement et mal interprétée. Mieux vaut en rire. **

Swung: Impossible de prendre au sérieux ce ramassis de clichés sur le sexe et le désir. C'est moche visuellement, joué horriblement et vautré au sein d'un «scénario» sans intérêt. *

Film du jour: Au-delà des collines

On retrouve aujourd'hui deux films de Cristian Mungiu dans la prestigieuse collection Criterion. Il y a son dernier et excellent Graduation, ainsi qu'Au-delà des collines, cette fabuleuse fresque récompensée à Cannes pour la qualité de son scénario et ses deux interprètes féminines. Il s'agit d'un long métrage magistral sur la foi et l'amitié, où la virtuosité de la mise en scène du cinéaste accentue une pression sur le cinéphile, sidéré par ce qui se déroule à l'écran. Une incroyable histoire vraie qui marquera les esprits pendant longtemps. ****

lundi 21 mai 2018

Film du jour: Up

Il y a une certaine grâce à revoir les «vieux» films de Pixar, à une époque où les suites n'accaparaient pas tout le paysage cinématographique. C'est le cas de Up de Peter Docter, cette aventure incroyable entre un aîné et un garçon qui voyagent aux confins de l'Amérique du Sud grâce à leur maison accrochée à une multitude de ballons. Sans parler de classique, on a droit à une odyssée rythmée et enjouée, plein de gags et d'animaux attendrissants. Les 15 premières minutes sont d'ailleurs un sommet du genre tant l'émotion coule à flot. ***1/2

dimanche 20 mai 2018

Les films préférés de... Michel Hazanavicius

Cinéaste qui aime jouer avec les formes établies, Michel Hazanavicius s'est fait connaître avec les OSS 117, The Search et surtout The Artist, qui lui a permis de remporter plusieurs oscars. Je l'ai rencontré pour son nouveau film Le redoutable (mon entrevue) et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés. Voici sa réponse...

« Ça change tout le temps. Je suis toujours embêté. Mon frère adore faire des listes. Moi je n'aime pas du tout, en fait... C'est très compliqué. Comme ça, je pourrais dire La garçonnière de Billy Wilder, La mort aux trousses, Le troisième homme, Les sept samouraïs, Les temps modernes. Mais demain, ça changera. J'aurais pu dire To Be or Not to Be aussi. »