lundi 17 décembre 2018

Leave no Trace (dvd)

La réalisatrice du formidable Winter's Bone est de retour avec Leave No Trace, une oeuvre tout aussi essentielle. (Entract Films / Elevation Pictures)

C'est quoi? Un père et sa fille fuient la civilisation en habitant dans les bois.

C'est comment? Les comédiens sont excellents et le scénario s'avère d'une rare profondeur, autant du côté des thèmes que des non-dits et des métaphores.

Et pourtant? Il ne semble rien se passer, ce qui est évidemment faux.

Techniquement? Le travail sur le son est palpable grâce aux enceintes immersives, alors que les images soignées font ressentir avantageusement l'ample photographie.

Suppléments? Cette édition comprend un dvd et une copie numérique. Les bonus regroupent deux valables scènes supprimées, un documentaire trop court sur le tournage et quelques vignettes intéressantes.

Au final? En traitant à la fois du personnel et de l'universel, ce long métrage ne manque surtout pas d'âme, de coeur et d'humanité.

Mon entrevue avec la cinéaste

Film du jour: 1985

Les films sur les épidémies du sida survenues pendant les années 80 et 90 sont de plus en plus nombreux à voir le jour. Davantage intimiste que le récent Plaire, aimer et courir vite, 1985 de Yen Tan traite le sujet sous l'angle familial, alors qu'un jeune homme retourne à la demeure de son enfance. On n'assiste pas à des confrontations verbales à la Juste la fin du monde, mais au contraire à des réconciliation par le silence et les non-dits. Un sentiment de mélancolie surplombe d'ailleurs cette oeuvre touchante, dotée d'une magnifique photographie en noir et blanc et de valeureux choix musicaux. ***1/2

dimanche 16 décembre 2018

Les films préférés de... Stéphane Crête

Menant une riche carrière au théâtre, à la télévision et en improvisation, Stéphane Crête a également touché au cinéma, par l'entremise du culte Dans une galaxie près de chez vous, évidemment, où il interprétait l'inoubliable Brad. Mais on l'a également vu dans Un paradis pour tous, À tous ceux qui ne me lisent pas et Endorphine. Je l'ai récemment rencontré pour un projet mené à la Cinémathèque québécoise et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés...

« Je suis assez variable. Je suis un grand fan de Marc-André Forcier, des films de Robin Aubert aussi. J'ai adoré Les affamés et L'origine d'un cri. Sinon, j'ai beacoup aimé The Killer of a Sacred Deer. Ce genre de films-là qui m'amènent dans des endroits un peu sombres. Je ne suis pas un grand fan d'histoires racontées traditionnellement. »

Film du jour: Coby

C'est un documentaire plus que satisfaisant et bien de son temps qu'offre Christian Sonderegger avec Coby. (Film Movement)

C'est quoi? Les tribulations d'une jeune américaine qui décide de changer de sexe.

C'est comment? Voici un portrait simple et chaleureux, à la fois amusant, émouvant et instructif. Les différentes archives ne manquent pas d'intéresser, tout comme les entrevues avec les proches du protagoniste.

Et pourtant? Une certaine redondance se fait ressentir à mi-chemin, ce qui finit par jouer sur l'intérêt en place.

Techniquement? Les images ne payent pas de mine. Il n'y a cependant rien pour gâcher le visionnement.

Suppléments? Quelques scènes supprimées.

Au final? Sans tabou ni voyeurisme, ce récit plein de coeur et d'humanité séduit, surtout si on a déjà un faible pour le sujet.

samedi 15 décembre 2018

Sorties au cinéma: The Favourite, Mes provinciales, En liberté!, Point d'équilibre, Under the Silver Lake, Mortal Engines, Blaze

Décembre est le mois le plus excitant de l'année pour les nouveautés au cinéma et il y a trois titres d'exception qui sortent du lot cette semaine.

The Favourite: Le prodige Yorgos Lanthimos signe une nouvelle comédie cinglante et corrosive, cette fois en costumes. Sa réalisation et sa direction d'actrices atteignent ici des sommets. Un grand crû de 2018 pour ce qui est de son meilleur film. ****

Mes provinciales: L'ombre de Bresson, Eustache et surtout papa Garrel plane sur ce délicat récit d'apprentissage de Jean-Paul Civeyrac, dont les magnifiques images en noir et blanc en mettent plein la vue. ****

En liberté!: Le cinéaste Pierre Salvadori apparaît en très grande forme avec cet ovni complètement fou et imprévisible, qui mélange les genres avec délectation. ***1/2
Mon entrevue avec le metteur en scène

Point d'équilibre: C'est un joli documentaire sur la danse que propose Christine Chevarie-Lessard avec cet effort discret mais touchant. ***

Under the Silver Lake: Suite à son excellent It Follows, David Robert Mitchell demeure dans le cinéma à hommages avec cette chronique fascinante mais trop longue et bordélique pour convaincre réellement. Et on ne parle même pas de ses élans misogynes...  **1/2

Mortal Engines: Peter Jackson a produit et scénarisé ce Star Wars des pauvres, qui pourrait avoir des suites en cas de succès. Aussi beau que vain. Mieux vaut découvrir son documentaire They Shall Not Grow Old qui porte sur la Première Guerre mondiale est qui a pris l'affiche en douce sur de trop rares écrans. ** 

Blaze: Quelques chanceux au Canada pourront attraper ce vigoureux biopic d'Ethan Hawke, qui porte sur le chanteur country Blaze Foley et dont la performance de Ben Dickey enflamme tout sur son passage. ***

Film du jour: Longing

Lauréat du prix du meilleur film à la plus récente édition du Festival de cinéma israélien de Montréal, Longing de Savi Gabizon vaut son pesant d'or. (Breaking Glass Pictures)

C'est quoi? Un homme apprend qu'il est père et que son fils vient de mourir d'un accident de la route.

C'est comment? Le mélange de larmes et de rires surprend constamment. Le récit est traité avec tact et l'interprétation d'ensemble ne déçoit pas.

Et pourtant? La seconde partie est moins forte, empruntant des chemins étonnants.

Techniquement? Rien à redire sur la qualité des images et du son. En revanche, les sous-titres anglophones sont trop petits et il ne sont pas exempts de fautes.

Suppléments? On retrouve comme bonus quelques bandes-annonces.

Au final? De la chaleur, de l'humanité et de la poésie ressortent de cette oeuvre unique, qui en séduira plus d'un.

vendredi 14 décembre 2018

Entrevue En liberté!

Aujourd'hui prend l'affiche dans les cinémas québécois En liberté!, un très beau film français qui mélange les genres avec maestria. Je me suis entretenu avec son réalisateur Pierre Salvadori et le fruit de mon entretien se trouve dans les pages du journal Métro.

Film du jour: A Bad Moms Christmas

Suite insignifiante d'un film qui n'était déjà pas terrible, A Bad Moms Christmas de Jon Lucas et Scott Moore élève la vulgarité au niveau de l'art, oubliant toutefois de faire rire au passage. Si les différentes actrices semblent s'amuser, c'est rarement le cas du spectateur. À quoi bon privilégier l'émancipation et la cassure du cadre établi, si c'est pour mieux revenir au bercail et célébrer de façon la plus conservatrice possible la famille et les traditions? *1/2

jeudi 13 décembre 2018

You Were Never Really Here (dvd)

Parmi les meilleurs films de 2018, il ne faut surtout pas oublier le démentiel You Were Never Really Here de Lynne Ramsay. (Entract Films / Elevation Pictures)

C'est quoi? Un être solitaire hanté par son passé est embauché pour retrouver une fille disparue.

C'est comment? Quelle mise en scène flamboyante! Chaque image cogne et la musique envoûte allègrement. Dans le rôle principal, Joaquin Phoenix assure comme jamais.

Et pourtant? Il ne faut surtout pas être allergique à la violence.

Techniquement? Les images sont riches de textures, alors que la piste sonore sait comment utiliser à bon escient les mélodies imparables de Jonny Greenwood.

Suppléments? Cette édition comprend un dvd et un disque numérique. Le seul et unique bonus est trop court segment sur le passage du roman au cinéma.

Au final? Remarqué à Cannes en 2017 (où il a remporté le prix du scénario et de l'interprétation masculine) et sorti plus tôt cette année, ce long métrage remarquable hantera plus d'un cinéphiles.

Ma critique complète

Film du jour: Juliet, Naked

Réflexion sur le passé et ses choix de vie, Juliet, Naked de Jesse Peretz séduit dans sa première partie colorée et amusante où Rose Byrne et Chris O'Dowd discutent de goûts musicaux. Mais cela se gâte dès que Ethan Hawke retondit dans le portrait en musicien vénéré. Le charme laisse la place à une romance à numéro, gorgée de morales conservatrices. **1/2

mercredi 12 décembre 2018

The Death of Stalin (dvd)

Fort de ses exquis Veep et In the Loop, Armando Iannucci est de retour avec The Death of Stalin, une hilarante nouvelle satire politique. (Entract Films/Elevation Pictures)

C'est quoi? La mort de Staline plonge l'Union soviétique dans le chaos.

C'est comment? On rit énormément devant cette comédie politiquement incorrect, au casting exemplaire. Impossible de ne pas souligner l'immense qualité du scénario et des répliques.

Et pourtant? La réalisation n'est pas toujours à la hauteur et il faut avoir un faible pour l'humour noir.

Techniquement? Les images volontairement grisâtres ne gâchent jamais le plaisir en place.

Suppléments? Cette édition comprend un dvd et une copie numérique. On retrouve comme bonus de cocasses scènes supprimées et de trop courtes entrevues avec les comédiens et le cinéaste.

Au final? Si l'on accepte de se laisser prendre au jeu, il s'agit certainement de la comédie la plus drôle de l'année. Le rythme est effréné et les gags, perpétuels. À tel point que l'on voudra le revoir afin de tous les saisir.

Film du jour: Small Foot

Noël arrive à grand pas et les enfants voudront certainement voir le dessin animé Small Foot. (Warner Bros.)

C'est quoi? Des yétis découvrent qu'ils ne sont pas seuls au monde et que des entités aux petits pieds habitent près d'eux.

C'est comment? On renverse les clichés avec humour et tendresse. Les personnages sont attachants et l'animation de bonne qualité.

Et pourtant? Les chansons peuvent énerver et le scénario manque de carburant, tombant en panne avant la fin.

Techniquement? Les images sont splendides, étant renforcées par un soin vidéo de chaque instant.

Suppléments? Cette édition comprend un blu-ray, un dvd et une copie numérique. En plus du film, on peut accéder à la version «yeti set go sing-along» qui se concentre sur les mélodies. Les bonus comprennent deux courtes animations avec ces grosses bêtes blanches, trois vidéoclip, un documentaire sur la production et du matériel promotionnel.

Au final? Conçu pour les plus petits, ce long métrage sympathique tout plein saura divertir à défaut de réellement marquer les esprits.

mardi 11 décembre 2018

1991 (dvd)

Ricardo Trogi conclue sa trilogie sur son passé avec 1991. (Les Films Séville)

C'est quoi? En 1991, un jeune homme de 21 ans va en Italie pour rencontre l'amour.

C'est comment? La formule fonctionne toujours et on retrouve ce même mélange d'humour, d'émotions et de tendresse. Les personnages demeurent attachants et plusieurs péripéties feront sourire.

Et pourtant? Il y a peu de nouveautés, autant au niveau du scénario que de la réalisation et l'interprétation. Trois films sur une existence, cela commence à être beaucoup et un brin narcissique.

Techniquement? Les décors enchanteurs sont soutenus par une image riche et détaillée.

Suppléments? Cette édition ne comprend aucun bonus.

Au final? Cette variation québécoise sur L'auberge espagnole comblera à coup sûr les amateurs de la série. On aurait toutefois aimé quelques surprises, une prise de risques quelconque.

Film du jour: Un traductor

C'est le moment où jamais de découvrir Un traductor de Rodrigo et Sebastian Barriuso, qui a fait sensation à Sundance sans toutefois prendre l'affiche au cinéma ici. (Film Movement)

C'est quoi? Un professeur cubain chargé d'être l'interprète d'enfants russes malades voit son couple se désintégrer.

C'est comment? Il s'agit d'une histoire vraie sensible et touchante, portée par des interprètes épatants (surtout Rodrigo Santoro dans le rôle-titre).

Et pourtant? Le scénario s'avère parfois lourd et chargé, alors que le pathos n'est jamais bien loin.

Techniquement? La photographie de grande qualité est soutenue par une image riche et précise.

Suppléments? Les éditions de Film Movement sont toujours dotées d'une belle et instructive pochette, ainsi que d'un court métrage. Il est cette fois possible d'attraper For Dorian, un précédent effort de Rodrigo Barriuso.

Au final? De véritables qualités émanent de cette oeuvre bien intentionnée, imparfaite mais riche en détails significatifs.

lundi 10 décembre 2018

The Nun (blu-ray)

Découverte dans Conjuring 2, The Nun reçoit son propre film d'horreur, gracieuseté du producteur James Wan et du réalisateur Corin Hardy. (Universal)

C'est quoi? Un prêtre et une jeune femme qui est sur le point de prononcer ses vœux enquêtent sur le suicide d'une religieuse.

C'est comment? Esthétiquement l'effort s'avère très soigné et l'interprétation d'ensemble demeure assez convaincante.

Et pourtant? Les véritables frissons sont rares et le scénario ne convainc guère tant il est prévisible et chaotique.

Techniquement? Les images gothiques sont souvent splendides à regarder, et un travail plus qu'appréciable a été apporté au son.

Suppléments? Cette édition comprend un blu-ray, un dvd et une copie numérique. Les bonus contiennent 12 minutes de scènes supprimées (généralement superflues), un documentaire sur cette icone religieuse, un second sur l'utilisation de la Roumanie comme terrain de jeu horrifique et un segment sur la chronologie de la série Conjuring.

Au final? Ce succès au box-office plaira surtout aux inconditionnels du genre et à toutes les personnes qui ne peuvent plus attendre la sortie de Conjuring 3. Malgré un sujet prometteur, le traitement n'est pas toujours à la hauteur.

Ma critique

Film du jour: The Happytime Murders

Le légendaire Jim Henson se retournerait dans sa tombe s'il voyait ce que son fils Brian a fait avec ses marionnettes dans The Hapytime Murders. (VVS)

C'est quoi? Une marionnette et une humaine allient leur force afin de découvrir qui assassine brutalement des marionnettes d'une célèbre émission de télévision.

C'est comment? La bande-annonce est hilarante et donne vraiment le goût de voir le film...

Et pourtant? ... ce dernier n'est vraiment pas à la hauteur, se perdant dans une intrigue sans queue ni tête. Bien que la vulgarité soit de mise, on ne rit pratiquement jamais. Et quelle interprétation douteuse (mais qu'est-ce qu'est venue faire Melissa McCarthy dans toute cette histoire-là?)!

Techniquement? Les images ne manquent pas de textures et les pistes sonores, d'immersion.

Suppléments? On retrouve de nombreux suppléments sur cette édition, dont une piste de commentaires rigolotes, 70 minutes d'entrevues, des scènes supprimées ou ratées, des documentaires sur les effets spéciaux, etc.

Au final? Une bonne idée de départ ne se concrétise pas nécessairement sur 90 minutes et c'est le sort de cette production insignifiante qui aurait dû demeurer au stade de la bande-annonce.

dimanche 9 décembre 2018

Les films préférés de... Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant

Afin de souligner la sortie dvd du film québécois Le nid (mon entrevue lors de sa sortie au cinéma), j'ai demandé à ses vedettes Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant quels étaient leurs films et leurs réalisateurs préférés...

Pierre-Luc Brillant: Mon Dieu, il y en a tellement!

Isabelle Blais: J'aime tous les films de Kubrick. J'adore ce réalisateur-là! J'aime bien David Lynch aussi.

PLB: Le nid, c'est justement un mélange de genres comme Lynch le fait.

IB: Dans un autre genre, il y a Bergman. Quand j'ai vu Persona, ça changé ma vie.

Moi: C'est son chef-d'oeuvre. Et il en a fait plusieurs.

IB: Quand tu es jeune, que tu veux devenir une actrice et que tu vois ça, ça te prend. Tu veux faire ça. Ça arrive très rarement, mais tu te dis que tu aimerais ça faire partie d'un chef-d'oeuvre comme ça.

PLB: Je dirais Betrand Blier pour la folie. Il y a toujours un côté loufoque, décalé, surréaliste. Les frères Coen aussi. Quand ils réussissent à faire un film parfait... Comme No Country For Old Men ou The Big Lebowski: je trouve que ce sont des films qui n'ont aucun défaut. Il n'y a pas un plan, une phrase ou une virgule que tu enlèverais.

IB: C'est souvent magique ce qu'ils font. Ils ont fait quelques chef-d'oeuvres.

Moi: Fargo, c'est un grand film.

PLB: Bien sûr, Fargo.

IB: Il y en a plein.

PLB: Claude Jutra. Mais ça, il ne faut pas le dire. Il n'existe plus. (rires) Mais je le revendique. Mon oncle Antoine est un film qui a changé ma vie complètement. Ça rend le côté épique de la québécitude.

Film du jour: The Hate U Give

The Hate U Give de George Tillman Jr. n'aurait pu qu'être un film lourd et moralisateur sur un sujet bien intentionné. Mais il n'est pas que ça. En rappelant la nécessité de résister dans une société trop souvent injuste, le long métrage inspire malgré ses poncifs, et il est mené par la performance vibrante d'Amandla Stenberg. ***

samedi 8 décembre 2018

Sorties au cinéma: Burning, Plaire aimer courir vite, At Eternity's Gate, Anna and the Apocalypse, L'échange des princesses, La course des tuques, Searching for Ingmar Bergman

Le cinéma intense et puissant fait sa place cette semaine parmi les nouveautés au cinéma.

Burning: Huit ans après son bouleversant Poetry, Lee Chang-dong est de retour avec cette fascinante adaptation d'une nouvelle d'Haruki Murakami, qui mêle avec maestria les genres et les états d'esprit. Une sorte d'Avventura qui brûle tout sur son passage et qui se retrouve à coup sûr dans notre palmarès de fin d'année. ****

Plaire, aimer et courir vite: Après une série de déceptions, Chistophe Honoré retrouve la forme des beaux jours avec cette romance triste et ensoleillée à la fois, qui se déroule en 1993 pendant l'épidémie du sida. Une oeuvre à fleur de peau, portée par ses excellents interprètes et sa réalisation minutieuse, gorgée de bleu. ***1/2
Ma critique

At Eternity's Gate: Willem Dafoe trouve un de ses plus beaux rôles en carrière dans cet antibiopic de Julian Schnabel sur le peintre Vincent van Gogh, dont la forme libre, poétique et immersive ravira le cinéphile qui aime sortir des sentiers battus. Dommage que quelques digressions finissent un peu par atténuer son éclat. ***1/2

Anna and the Apocalypse: On sourit amplement devant ce zombie musical de Noël de John McPhail, dont la capacité à divertir est sans doute plus élevée que celle à innover. Cela risque un jour de devenir culte. ***

L'échange des princesses: Les jeux de coulisses sont nombreux dans cette joute historique et féministe de Marc Dugain, qui laisse profondément indifférent malgré le faste apporté aux images et au casting. **1/2

La course des tuques: Délivré de son cahier de charges et de sa 3D consternante, cette animation agréable mais simpliste de François Brisson et Benoît Godbout peut enfin explorer de nouveaux aspects du film culte. Les enfants risquent de trouver leur compte, mais pas nécessairement les plus grands... **1/2

Searching for Ingmar Bergman: Les cinéphiles de Toronto de voudront pas manquer ce très intéressant documentaire de la réputé Margarethe von Trotta sur un des cinéastes les plus importants du septième art. Les fans n'apprendront rien de nouveau, mais les autres seront fascinés par le traitement toute en finesse et ils auront seulement le goût de revoir tous ses chefs-d'oeuvre. ***

Film du jour: Black Mother

C'est un documentaire unique en son genre que propose Khalik Allah avec Black Mother. Ode lyrique à la Jamaïque, cet essai d'une poésie sans nom capte des portraits différemment, à l'aide d'images et de sons qui semblent provenir du plus profond des êtres ou des lieux. Un voyage absolu qui change constamment de ton et de rythme, donc pas pour tout le monde, mais qui emporte presque instantanément. ****

vendredi 7 décembre 2018

Entrevue Anna and the Apocalypse

Pour la sortie du délirant Anna and the Apocalype qui prend l'affiche aujourd'hui et qui mélange film de Noël, musical et zombies, je me suis entretenu avec son réalisateur John McPhail. Mon entrevue se trouve dans les pages du journal Métro.

Film du jour: Across the Universe

C'est un véritable délice sucré qu'offre Julie Taymor avec Across the Universe, où les chansons mythiques des Beatles sont utilisées comme toile de fond à une amourette extrêmement romancée se déroulant dans une Amérique en pleine mutation. Oui, l'ensemble est parfaitement prévisible et la superficialité des émotions sautent aux yeux. Sauf que la réalisatrice se venge en multipliant les plans les plus incroyables et les moments les plus fous. De quoi amener au septième ciel les amoureux de Moulin Rouge et des Fab Four. ***1/2

jeudi 6 décembre 2018

Film du jour: Bye bye Germany

Le Goethe-Institut présence ce soir au Cinéma du Parc Bye bye Germany de Sam Garbarski. Il s'agit d'un film se déroulant tout juste après la Seconde Guerre mondiale et mettant en scène des survivants juifs. À la fois comédie un peu quelconque et drame touchant, le long métrage souffre d'une recréation d'époque en carton pâte, d'enjeux pas toujours bien exploités et d'un rythme chancelant. Au moins il y a toujours l'impeccable Mortiz Bleibtreu pour passer le temps. **1/2

mercredi 5 décembre 2018

Entrevues La course des tuques

Pour la sortie de la très attendue animation québécoise La course des tuques, je me suis entretenu avec les quatre personnages principaux... et leurs doubleurs. Pour tout savoir sur ces héros pas comme les autres, mes entrevues se trouvent sur le site de Cineplex.

Film du jour: What Keeps You Alive

Difficile de ne pas prendre son pied devant What Keeps You Alive de Colin Minihan, une série B délirante sur une jeune femme qui en apprend des vertes et des pas mûres sur son amoureuse. Après une introduction pleine de romance, place à une progression où l'action, la violence et la survie coulent à flot. L'ensemble n'est pas fondamentalement original et quelques passages peuvent laisser à désirer, mais la grande maîtrise technique et l'interprétation vigoureuse emportent amplement l'adhésion. Pour une fois qu'un film du Canada anglais se laisse complètement aller! ***

mardi 4 décembre 2018

Mission: Impossible - Fallout (blu-ray)

La série Mission: Impossible est en parfaite santé grâce au réalisateur Christopher McQuarrie qui vient d'offrir un trépidant sixième tome sous le titre Fallout. (Paramount)

C'est quoi? L'équilibre de la planète est à nouveau menacé et seuls Ethan Hawke et son équipe pourront la sauver.

C'est comment? Il s'agit d'un des meilleurs épisodes du lot (en compagnie du premier long métrage et du quatrième). Le rythme est effréné, l'humour coule à flot et les scènes d'action sont spectaculaires à souhait.

Et pourtant? Ce n'est guère original. Le sentimentalisme lève le coeur et quelques répliques versent dans la facilité.

Techniquement? La qualité de l'image est sidérante de nuances et de détails, alors que les pistes sonores explosives détruisent tout sur leur passage.

Suppléments? Cette édition comprend deux disques Blu-ray, une copie DVD et un code numérique. Un mini livre de collection permet d'en savoir davantage sur les cascades. Le premier blu-ray comprend trois très intéressantes pistes de commentaires (une du monteur, une du compositeur et la dernière du réalisateur et de la vedette), ainsi qu'une trame musicale isolée. Le second blu-ray comprend plus d'une heure de bonus, dont un documentaire en plusieurs parties sur les coulisse du tournage, un montage de séquences supprimées (avec l'option d'inclure les commentaires du cinéaste), des scénarimages de scènes importantes, un retour musical sur la poursuite à pieds et une bande-annonce.

Au final? Il n'y aura probablement aucun film d'action plus efficace que celui-ci en 2018. Tom Cruise garde la forme et il est encore capable de se surpasser. Même ses détracteurs trouveront quelque chose d'intéressant à se mettre sous la dent (la mise en scène est vraiment impressionnante). Définitivement une des plus belles éditions de l'année.

Ma critique complète

Film du jour: Blue Iguana

Excellent acteur que l'on voit trop peu, Sam Rockwell est à l'affiche de Blue Iguana, qui sort directement en blu-ray au Québec. (VVS Films)

C'est quoi? Deux amis récidivistes sont plongés dans une intrigue qui les dépasse. Peut-être qu'au passage, ils pourront en ressortir avec un peu d'argent dans les poches.

C'est comment? Il s'agit d'un hommage au cinéma explosif des années 80 et à celui de Quentin Tarantino, de Guy Ritchie. Les comédiens s'amusent à l'écran...

Et pourtant? ... ce n'est toutefois pas le cas des spectateurs. L'humour tombe généralement à plat et l'action violente donne plus le tournis qu'autre chose. Pourquoi se contenter d'un ersatz alors que les modèles originaux existent?

Techniquement? Un véritable soin a été apporté aux couleurs et aux effets sonores.

Suppléments? La piste de commentaires du réalisateur Hadi Hajaig et de ses comparses font sourire. On y retrouve également quelques scènes supprimées inutiles.

Au final? Il faudra prévoir un certain effort pour regarder jusqu'au bout cette production guère convaincante. Le potentiel y est, sauf que le scénario est si catastrophique qu'on a seulement le goût de le réécrire dans sa tête.

lundi 3 décembre 2018

Pope Francis: A Man of His Word (blu-ray)

Avec la période des Fêtes qui arrive à grand pas, les croyants (et même les non-croyants) voudront sans doute mettre la main sur le documentaire Pope Francis: A Man of His Word. (Universal)

C'est quoi? Le pape François s'interroge sur le monde qui nous entoure.

C'est comment? Il s'agit sans doute du pape le plus moderne depuis des lustres et sa pensée ne manque pas de séduire. Le long métrage s'avère ainsi empathique et chaleureux.

Et pourtant? Le grand cinéaste Wim Wenders s'efface beaucoup trop. Du coup, cela ressemble parfois plus à un exercice de relation publique.

Techniquement? La photographie exemplaire est relevée par des images nuancées et détaillées.

Suppléments? Cette édition comprend un blu-ray et une copie numérique. Il n'y a aucun supplément. On y retrouve toutefois une agréable piste francophone.

Au final? Il n'y a rien de mal qui en ressort, bien au contraire. Si l'on accepte justement ce traitement de faveur, le documentaire pique aisément la curiosité.

Film du jour: Anchor and Hope

Lorsqu'un couple lesbien décide d'avoir un enfant, rien ne sera plus jamais comme avant. Cette prémisse qui n'est pas forcément originale est racontée avec fraîcheur dans Anchor and Hope de Carlos Marques-Marcet. Les dialogues sonnent vrais et ils sortent de la bouche de personnages attachants, campés par des comédiens talentueux. Le récit a beau tourner un peu en rond et les enjeux disparaître à mi-chemin, il y a suffisamment de scènes touchantes pour garder l'attention jusqu'à la fin. ***

dimanche 2 décembre 2018

Les films préférés de... Emmanuel Mouret

Fort d'une carrière plus qu'enviable (qui comprend Un baiser s'il vous plait, L'art d'aimer et Caprice), le réalisateur et scénariste Emmanuel Mouret était à Montréal récemment pour présenter son nouveau film Mademoiselle de Joncquières. Lors de mon entretien (mon entrevue), je lui ai demandé quels étaient ses films favoris. Surprise, il n'a rien nommé d'Éric Rohmer ou de Woody Allen (comme la presse semble sans cesse le comparer), mais bien...

« Parmi mes films préférés, je suis obligé de citer ceux de Lubitsch: Trouble in Paradise, Cluny Brown, Angel. S'il en avait peut-être un cinéaste à retenir, c'est lui. »

Film du jour: Tale of Cinema

Les films de Hong Sang-soo sont parsemés de losers magnifiques. C'est le cas de Tale of Cinema, où les extrêmes en parfaites symbioses (drame et comédie, réalité et fiction) sont amplifiés par la présence d'héros toxiques et d'une protagoniste forte qui ne s'en laisse pas imposer. Sa poésie traditionnelle prend racine malgré quelques choix musicaux trop évidents, alors que sa mise en scène enferme avec subtilité les êtres dans leur profonde solitude. ***1/2

samedi 1 décembre 2018

Sorties au cinéma: Le poirier sauvage, New Memories, A Sister's Song, Joueurs, Journal d'une FIV, Prosecuting Evil: The Extraordinary World of Ben Ferencz, The Possession of Hannah Grace

On voyage beaucoup cette semaine parmi toutes les nouveautés au cinéma.

Le poirier sauvage: Injustement écarté du palmarès cannois, cette nouvelle fresque verbomotrice de plus de trois heures du grand cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan traite notamment de la fin des illusions (et plein de choses encore), à travers une mise en scène virtuose et une photographie exceptionnelle. S'il faut s'accrocher pour ne pas être largué, on se retrouve aisément devant un des meilleurs films de l'année. ****
Ma critique

New Memories: Ce documentaire posthume de Michka Saäl sur la photographe de rue Anna J. Gibson s'immisce avec générosité dans la démarche de la Torontoise, qui semble renaître par son art. Le traitement intimiste va droit au coeur et le traitement lié aux images séduits malgré quelques égarements et redondances. ***

A Sister's Song: La réalisatrice Dane Elon est en train de se composer une filmographie pertinente (P.S. Jerusalem, The Patriarch's Room) et elle continue avec cette réflexion probante mais pas encore tout à fait au point sur la foi et la famille, entre intimité et politique. ***

Joueurs: Ce long métrage de Marie Monge débute plutôt bien, avec la naissance d'une passion, à la fois amoureuse (le duo formé de Starcy Martin et Tahar Rahim fait des flammèches) et du jeu. Le récit au demeurant charnel ne tarde cependant pas à exposer ses limites et à se perdre dans ses clichés. **1/2

Journal d'une FIV: En suivant le processus de fécondation in vitro de l'intérieur à l'aide d'un smartphone, ce documentaire éducatif de Raphaëlle Cattreau ne manquera pas de toucher les personnes qui sont dans cette situation. Sauf que le manque de recul et la narration assommante empêcheront quiconque d'autre d'y trouver son compte. **1/2

Prosecuting Evil: The Extraordinary World of Ben Ferencz: Cette hagiographie dans les souvenirs d'un des procureurs du procès de Nuremberg intéressera à coup sûr les amateurs d'histoire. Il ne faut toutefois pas s'attendre à découvrir quelque chose de nouveau. Et comme le traitement enchaîne les têtes-parlantes et les archives usuelles, on se sent davantage à la télévision qu'au cinéma. **1/2

The Possession of Hannah Grace: Il n'y a vraiment rien de transcendant au menu dans ce nouveau film de possession qui se déroule cette fois dans une morgue, alors que les rares éléments intéressants (le travail sur le silence et les ombres) sont laissés de côté, au profit d'un suspense inopérant. Au lieu de trembler de peur, on finit par hurler de rire... *1/2
Ma critique

Film du jour: Lucrezia Borgia

Ces derniers jours, plusieurs cinémas - dont le Beaubien et la chaîne Cineplex - diffusaient Lucrezia Borgia, le fameux texte théâtral de Victor Hugo qui est mis en scène par Denis Podalydès avec les comédiens de la Comédie-Française. Voici une proposition nuancée et très divertissante, dotée de franches envolées, où les décors majestueux s'effacent pour laisser triompher les brillants interprètes et leurs drames shakespeariens. Après une entrée en matière qui tarde à lever, la tension s'accentue et l'émotion destructrice n'épargnera rien ni personne.

vendredi 30 novembre 2018

Entrevue avec Willem Dafoe (At Eternity's Gate)

Pour la sortie la semaine prochaine du film At Eternity's Gate, je me suis entretenu avec nul autre que Willem Dafoe, qui interprète un fascinant Vincent van Gogh dans ce biopic qui n'a rien d'ordinaire. Mon entrevue se trouve dans le journal Métro d'aujourd'hui.

Film du jour: Widows

Après trois immenses drames, Steve McQueen souffle un peu en offrant un divertissement à grand déploiement avec Widows, ce récit sous fond de corruption où gravitent des personnages de tout acabit. Avec sa réalisation du tonnerre et ses interprètes dévoués, le film transcende les clichés du genre et sa grande prévisibilité, explorant des recoins sombres que n'osent même pas soupçonner tous les Ocean's Twelve de ce monde. On s'y amuse follement même s'il n'y a rien de très marquant. ***1/2

jeudi 29 novembre 2018

Noël & Cie (dvd)

Alain Chabat est de retour devant et derrière la caméra pour Noël & Cie. (Mile-End/MK2)

C'est quoi? Santa est de passage à Paris afin de trouver de la vitamine C pouvant guérir ses lutins.

C'est comment? Peu importe les projets, Chabat arrache toujours des rires et il y a quelques gags réussis, notamment entre le héros et ses rennes.

Et pourtant? L'humour est souvent douteux et très inégal. Le ton moralisateur et les personnages unidimensionnels finissent par taper.

Techniquement? Un soin considérable a été apporté aux images, aux couleurs et aux teintes.

Suppléments? Il y a un documentaire un peu quelconque sur le tournage, ainsi qu'un bêtisier qui fait sourire.

Au final? Capable du meilleur comme du pire, Alain Chabat se montre en très petite forme sur ce long métrage qui a remporté un succès fou et qui s'adresse d'abord et avant tout aux enfants.

Ma critique

Film du jour: Old Joy

Avec son magnifique mais trop peu vu Old Joy, Kelly Reichardt propose un voyage hors du temps, alors qu'elle suit les escapades de deux amis dans un lieu paradisiaque. Sans abandonner son côté social, la cinéaste américaine plonge dans l'humanité et les idéaux de ses personnages, alternant contemplation et dialogues, le tout bercé sur la jolie musique de Yo La Tengo. Un périple d'un symbolisme qui prend littéralement aux tripes. ****

mercredi 28 novembre 2018

Film du jour: The House that Jack Built

C'est aujourd'hui la dernière journée pour pouvoir attraper sur grand écran The House that Jack Built de Lars von Trier, qui sera présenté sur iTunes à partir du 14 décembre. Sacrilège? Pas vraiment, parce qu'il s'agit du pire film en carrière de son auteur. Entre tentative désespérée de provoquer, métaphores primaires et humour inopérant, le cinéaste cherche à prouver plein de choses (notamment qu'il n'est pas misogyne... permettez-moi d'en rire), mais de façon si maladroite, tel cet écolier de secondaire 2 qui mélange les concepts philosophiques à deux sous et les clins d'oeil méta. Il y a bien encore quelques plans puissants, noyés dans une surenchère d'idées simplistes et narcissiques. Cela se veut gore et choquant, sauf que ça demeure totalement inoffensif et même pathétique. La Divine Comédie des pauvres? Tout à fait! **

mardi 27 novembre 2018

Film du jour: Les as de la jungle (dvd)

La populaire animation Les as de la jungle est adaptée au cinéma, au plus grand plaisir des jeunes cinéphiles. (TVA Films)

C'est quoi? Maurice le pingouin et ses amis doivent affronter un méchant koala qui cherche à détruire la jungle.

C'est comment? Le long métrage, drôle et enlevant, ne manquera pas de charmer toute la famille (l'histoire pour les petits, les hommages pour les plus grands).

Et pourtant? Tout est à prendre au premier degré. Il n'y a rien de très original. Les cyniques voudront s'abstenir.

Techniquement? Les couleurs sont vives et les mélodies orchestrales alimentent correctement les différentes enceints.

Suppléments? Un documentaire de 10 minutes plonge dans la création de l'animation. Les explications, claires et précises, risquent de beaucoup intéresser un jeune public.

Au final? Sans rivaliser avec Pixar, ce dessin animé s'avère un divertissement honorable. Rien ne dit cependant qu'on voudra y revenir encore et encore, surtout si on a plus de six ans.

lundi 26 novembre 2018

Film du jour: Fanfan la tulipe

Vilipendé par les auteurs de la Nouvelle Vague pour son côté «cinéma à papa», Christian-Jaque a réalisé plusieurs films à succès, dont le plus populaire est certainement Fanfan la Tulipe. Comme divertissement désuet à grand déploiement, il ne se fait rien de mieux que cette aventure enlevante et souvent hilarante, avec Gérard Philipe au sommet de son art. Le tout a évidemment vieilli, mais le charme continue à opérer. ***1/2

dimanche 25 novembre 2018

Les films préférés de... Théodore Pellerin

2018 fut l'année de Théodore Pellerin, qui est apparu dans une multitude de productions francophones et anglophones, dont Chien de garde et Genèse (qui prendra l'affiche l'année prochaine). Je lui ai parlé pour la sortie de Boy Erased (mon entrevue) et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés...

« Ça change tout le temps... Je dirais Wings of Desire de Wim Wenders. Je dirais aussi A Woman Under the Influence de Cassavetes. Puis finalement Kirikou de Michel Ocelot. »

Film du jour: Chris the Swiss

En enquêtant sur le décès mystérieux de son cousin en Croatie pendant le conflit yougoslave, Anja Kofmel emprunte avec Chris the Swiss le chemin du suspense historique. Si la section «réelle» s'avère souvent appuyée et maladroite, celle en dessins animés captive avec son noir et blanc menaçant, gorgé d'ombres inquiétantes. ***

samedi 24 novembre 2018

Sorties au cinéma: Border, La prière, À tous ceux qui ne me lisent pas, Lemonade, Ensemble, À propos du code

Pour fuir le cocktail de pluie et de neige qui risque de déferler ces prochains jours, pourquoi ne pas s'enfermer dans une salle de cinéma? Afin de mieux vous aiguiller, j'ai pu voir les dernières nouveautés...

Border: C'est un drame fantastique ingénieux que propose le cinéaste Ali Abbasi, mélangeant allègrement les genres. Les fans de Let the Right One In risquent de beaucoup aimer. ***1/2

La prière: Cédric Kahn signe son meilleur film depuis des lustres avec cette réflexion résonnante sur la foi et la rédemption, où les acteurs s'en donnent à coeur joie. ***1/2

À tous ceux qui ne me lisent pas: L'âme du poète Yves Boisvert est bien présent dans ce fascinant anti-biopic de Yan Giroux, qui confère à Martin Dubreuil un autre rôle majeur. ***1/2

Lemonade: Cette coproduction entre la Roumanie et le Québec de la part d'Ioana Uricaru qui porte sur les difficultés d'une immigrante en Amérique tente d’imiter le cinéma de Cristian Mungiu, mais il lui manque les dialogues pénétrants pour convaincre totalement. ***

Ensemble: Ce joli documentaire de Jean-Nicolas Orhon sur l'Orchestre Métropolitain de Montréal ne manquera pas de charmer l'ouïe, bien que le ton trop gentil sente l'hagiographie à plein nez. ***

À propos du code: À partir d'une idée intéressante qui aurait fait un honnête court métrage de 5 minutes, J.-P. Fortin étire la sauce de ce drame absurde sur 1h15 (!!!). L'histoire n'a pas la densité nécessaire, encore moins les interprètes et on se retrouve du coup avec une des pires créations de l'année. 1/2

Film du jour: Ce magnifique gâteau!

La 17e édition des Sommets du cinéma d'animation présente ce soir Ce magnifique gâteau! de Marc James Roels et Emma de Swaef, un dessin animé techniquement sublime sur la colonisation africaine. À la fois réaliste et onirique, doté de personnages attachants et de moments inquiétants, l'effort ne manque pas d'intérêt malgré ses détours plus déconcertants. ***

vendredi 23 novembre 2018

Les sommets du cinéma d'animation

La 17e édition des Sommets du cinéma d'animation se poursuit jusqu'à dimanche. Il y a une multitude d'activités au programme, dont des films et le spectacle Winsor et Gertie. J'en jase d'ailleurs avec un de ses interprètes, Stéphane Crête, et mon entrevue se trouve dans le journal Métro du jour.

Film du jour: Mind Game

Si l'on dresse la liste des meilleures animations du siècle, il faut absolument inclure Mind Game de Masaaki Yuasa, un délire incommensurable qui transporte le spectateur comme peu de films avant lui. Le cinéphile sera au septième ciel devant cette merveille, intoxiqué par autant d'action et de sensations fortes, d'imagination et de moments inoubliables. On l'a vu à Fantasia en 2005 et il demeure encore figé en nous. À vivre ce soir sur grand écran, gracieuseté des Sommets du cinéma d'animation. ****1/2

jeudi 22 novembre 2018

Film du jour: Les lumières du faubourg

Rarement Aki Kaurismäki aura fait aussi épuré que sur Les lumières du faubourg, dont le héros solitaire ne peut que renvoyer à Charlie Chaplin. Dans un monde sombre et déshumanisé, l'Homme doit garder la tête haute, affronter son destin et continuer de rêver. Et si ses épreuves ne sont pas  toujours agréables (l'âpreté du ton peut surprendre et repousser), le film lui l'est avec ses cadrages parfaits, ses motifs colorés et son dernier plan plein d'espoir. Comme quoi le charme opère toujours, même dans les petits crus. ***1/2 

mercredi 21 novembre 2018

Film du jour: Green Book

Pour Green Book, son premier long métrage en solo, Peter Farrelly offre une variation sur Driving Miss Daisy, où c'est cette fois un chauffeur blanc qui doit conduire un célèbre musicien afro-américain. Avec ses excellents interprètes (Viggo Mortensen et Mahershala Ali) et ses nombreuses leçons - moralisatrices - de tolérance, ce film qui s'inspire d'une histoire vraie est spécialement conçu pour les remises de prix. On a toutefois du mal à digérer ce parfum d'hypocrisie latent, qui réconforte la population dominante dans leur choix d'amis de couleur (surtout si c'est pendant la période de Noël), sans jamais aborder de front le véritable problème. Spike Lee risque de chialer et ce sera légitime. **1/2

mardi 20 novembre 2018

Film du jour: Crazy Rich Asians

Immense succès surprise au box-office américain, Crazy Rich Asians de Jon M. Chu viendra mettre du soleil dans un mois où l'hiver est arrivé beaucoup trop tôt. (Warner Bros.)

C'est quoi? Une femme accompagne son amoureux à Singapour pour le mariage de son meilleur ami, où elle rencontra sa famille riche et exigeante.

C'est comment? Le film s'amuse à déboulonner tous les clichés du genre. On rigole aisément devant le faste des situations, l'interprétation décontractée et ce mélange généralement au point entre l'humour, la romance et la critique sociale.

Et pourtant? Tout est parfaitement prévisible. Les morales s'avèrent appuyées et plutôt conservatrices.

Techniquement? Un réel souci du détail s'échappe de ces teintes et de cette riche palette de couleurs.

Suppléments? Cette édition comprend un blu-ray, un dvd et une copie numérique. En plus d'une intéressante piste de commentaires du réalisateur et du romancier Kevin Kwan, on y retrouve un documentaire divertissant sur la production, des scènes supprimées assez quelconques et un bêtisier qui fait sourire.

Au final? Enfin une production toute asiatique qui est issue d'un grand studio américain! Sans nécessairement bouleverser les conventions, le long métrage s'amuse à ses dépends avec fraîcheur et générosité.

lundi 19 novembre 2018

Film du jour: Blindspotting (blu-ray)

Carlos Lopez Estrada touche une corde sensible avec son premier long métrage Blindspotting. (VVS Films)

C'est quoi? À quelques jours de sa probation, un jeune homme est témoin d'un crime qui le bouleverse.

C'est comment? Le mélange entre l'humour et le drame social fonctionne aisément. L'interprétation est de premier ordre et la réalisation surprend par sa vivacité.

Et pourtant? Le scénario apparaît un peu chargé et il y a quelques détours plus sinueux et redondants.

Techniquement? Les échanges verbales en rap font sourire, étant soutenues par de solides enceintes.

Suppléments? Les suppléments, nombreux et convaincants, comprennent deux pistes de commentaires (du cinéaste et des comédiens), un documentaire sur le tournage, un journal filmé du réalisateur, des explications encore plus élaborées des thèmes, ainsi que des scènes supprimées.

Au final? Imaginez un Fruitvale Station plus léger mais pas dépourvu de vigueur. C'est ce qu'offre ce film séduisant, où la vision de son auteur risque seulement de prendre de l'assurance au fil des années.