mercredi 30 avril 2014

Entrevue: La danse de la réalité

Sortant ce vendredi sur les écrans québécois, La danse de la réalité est le nouveau film du cinéaste culte Alejandro Jodorowsky, qui s'est fait trop rare ces dernières années au cinéma.

Pour tout savoir sur ce long métrage qui mélange à nouveau fantaisie et réalité, j'ai pu m'entretenir avec Brontis Jodorowsky, le fils de «Jodo», qui incarne le rôle principal.

Mon entrevue se trouve sur le site de Cineplex.

Film du jour: The Descent

Au sein de la quantité phénoménale de films d'horreur en langue anglaise qui ont vu le jour au 21e siècle, The Descent de Neil Marshall est un des plus terrifiants. On ne répétera jamais assez comment la peur du noir peut provoquer la frousse, mais imaginez dans une cave avec plein de créatures effrayantes? Dosant parfaitement les éléments de terreur, de gore et d'humour noir, cette production britannique s'avère extrêmement efficace et elle n'insulte, ô miracle!, jamais l'intelligence du spectateur. ***1/2

mardi 29 avril 2014

Nouveautés en DVD: Ressac, Le cosaque et la gitane, Labor Day, Escape From Tomorrow, Devil’s Due

Il y a beaucoup de gris cette semaine au niveau des sorties en DVD et en Blu-ray.

C'est le cas par exemple de Resssac, où la mort d'un homme plonge trois générations de femmes dans la stupéfaction. Sans être aussi maîtrisé que les opus de Catherine Martin, ce premier long métrage de fiction de Pascale Ferland finit par émouvoir. Les dialogues sonnent parfois faux, mais en donnant une chance au coureur, on en ressort récompensé. ***
Critique

Documentaire sensible se déroulant entre la Russie, l'Ukraine et l'Abitibi, Le cosaque et la gitane de Nadine Beaudet n'aurait pas pu sortir à un meilleur moment. La quête identitaire et territoriale est profonde, pas totalement au point mais assez intéressante dans l'ensemble. *** 

Pauvre Jason Reitman! Après une série de films intéressants, le voilà mordre la poussière. Il y a eu le raté Young Adult. Puis arrive Labor Day, cette bluette risible et improbable sur le coup de foudre entre une mère monoparentale et un prisonnier en cavale. Rien à redire au niveau de la réalisation et de l'interprétation, sauf que le scénario demeure assez indigeste. **1/2

Trip de drogues se déroulant à Disneyland, Escape From Tomorrow de Randy Moore est un drame fantastique qui intéresse pendant 30 minutes mais qui finit par lasser par la suite, tant les répétitions sont nombreuses. Reste une bonne idée de base qui aurait pu faire un excellent court métrage. **1/2

Sorte de Rosemary's Baby des pauvres sur une femme qui est enceinte à son insu, Devil's Due de Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett ne procure aucun réel frisson. Si au moins la mise en scène tenait la route et que les comédiens avaient du talent, cela aurait changé le mal de place. Même pas... *1/2

Film du jour: Kamataki

Récit classique sur l'apprentissage et l'identité, Kamataki de Claude Gagnon demeure un petit film souvent émouvant, drôle et exquis tout à la fois, qui transporte son jeune antihéros au Japon, alors qu'il apprendra plein de choses, notamment sur la façon de remettre sa vie dans le bon ordre. Réalisée sobrement et interprétée avec conviction, cette oeuvre un brin surannée offre beaucoup plus que son simple synopsis laisse entrevoir, s'avérant très charmante et englobante. ***1/2

lundi 28 avril 2014

Film du jour: Lone Star

Parmi les meilleurs films américains des années 90, on a tendance à trop souvent oublier Lone Star, cette immense fresque de John Sayles. À la fois suspense policier, drame social et récit sensible sur l'identité d'une famille et de deux peuples (le Mexique et les États-Unis), cet opus qui se déroule entre hier et aujourd'hui questionne les vertus morales de l'Homme, ses fondements et la notion de légende à une époque où les apparences sont souvent trompeuses. C'est parfois long et il y a trop de personnage, mais quelle leçon cinématographique livrée par un cinéaste d'une importance capitale! ****

dimanche 27 avril 2014

Film du jour: Coffee and Cigarettes

Film à sketchs réunissant onze courtes histoires où des hommes et femmes parlent de tout et surtout de rien en buvant du café (ou du thé) et en fumant des cigarettes, Coffee and Cigarettes de Jim Jarmusch est une oeuvre légère et cocasse, franchement inégale et répétitive, mais qui séduit dans sa façon de mélanger la réalité et la fiction, alors que les Tom Waits, Iggy Pop, Jack White, Steve Coogan, Bill Murray et autres Cate Blanchett jouent leur propre rôle. Avec un peu plus de sérieux, cela aurait donné une grande fresque. Mais comme amuse-gueule entre deux créations plus soutenues, c'est tout de même pas mal. ***

samedi 26 avril 2014

Film du jour: The Limits of Control

The Limits of Control est probablement le film le plus mésestimé de Jim Jarmusch. Pourtant, il s'agit certainement de son oeuvre la plus drôle et jouissive en carrière. S'il n'y a rien à comprendre dans cette histoire de tueur qui attend de pouvoir remplir son contrat (le scénario n'a-t-il pas toujours été le point faible du cinéaste?), c'est pour mieux faire ressortir ce côté satirique des polars, de Melville à Hitchcock. Une absurdité qui devient existentielle, vers le mal-être généralisé des héros de son auteur et même envers le spectateur, frustré d'assister à une mise en scène si précise pour au final pas grand-chose. En apparence, bien entendu, car en poussant le regard plus loin, tout devient limpide et son génie s'affiche dans chacun des plans.. ***1/2

vendredi 25 avril 2014

Nouveautés au cinéma: Only Lovers Left Alive, The Railway Man, Casse-tête chinois, Brick Mansions, In the Blood, The Other Woman

En l'absence du gros film hollywoodien (le nouveau Spider-Man prend l'assaut des écrans la semaine prochaine), des productions beaucoup plus modestes tentent d'attirer l'attention.

La seule qui trouve totalement grâce à nos yeux est Only Lovers Left Alive, le dernier long métrage de Jim Jarmsuch. Comme toujours chez lui, il y a beaucoup d'ambiance, avec une superbe partition musicale, une photographie soignée et d'excellents comédiens. Le rythme est à nouveau très lent et le ton, à l'ironie et à la mélancolie. De quoi faire ressortir cette oeuvre des autres récits de vampires. ***1/2

Évoquant l'illustre The Bridge on the River Kwai, The Railway Man de Jonathan Teplitzky qui porte sur les séquelles d'un homme torturé pendant la Seconde Guerre mondiale se veut souvent lourd et manipulateur. La mise en scène ne casse rien, mais le sujet demeure important et les performances des comédiens (Colin Firth, Nicole Kidman) sauvent souvent la mise. ***

Cédric Klapisch transporte les personnages de L'auberge espagnole et Les poupées russes à New York, alors qu'ils ont des enfants, des responsabilités mais pas nécessairement de la maturité. Casse-tête chinois sent la redite malgré quelques passages rigolos et les morales douteuses ainsi que la réalisation tape-à-l'oeil font beaucoup d'ombre au jeu décontracté des acteurs. **1/2

Remake appliqué mais racoleur de l'ennuyant Banlieue 13, Brick Mansions de Camille Delamarre réunit deux hommes de milieux différents qui combattent un gros méchant. L'histoire prémâchée et les scènes d'action plus ou moins originales ne donnent pas le goût d'assister à un des derniers tours de piste du regretté Paul Walker. **

Série B vulgaire et idiote sous fond de kidnapping, In the Blood de John Stockwell devrait signer la fin de la carrière d'actrice de la combattante Gina Carano, exquise dans Haywire mais ici totalement laissée à elle-même. Et comme il ne s'agit pas vraiment d'une interprète, on a vite fait le tour de la démonstration de sa force physique. **

Chaque nouveau film de Nick Cassavetes fait retourner son illustre père John dans sa tombe. The Other Woman ne fait pas exception tant il s'agit d'une «comédie» épaisse, retardée et sexiste sur trois femmes qui s'unissent pour remettre la monnaie de sa pièce à un homme. Cameron Diaz évite de boire la tasse, mais c'est au détriment de la pauvre Leslie Mann qui n'a jamais eu l'air aussi mauvaise. **

Film du jour: Down by Law

De tous les films de Jim Jarmusch, Down by Law est probablement celui qui est le plus complet. Les hommages et l'humour noir ne font qu'un avec les superbes images et la magnifique trame sonore et les personnages très colorés - ici trois malfrats qui cherchent à s'évader d'une prison - semblent issus d'un conte. Celui de son créateur pour les récits tordus et très atmosphériques où l'absence d'histoire révèle toute son importance, où les situations et les dialogues cultes sont nombreux, et où, à l'instar d'un Beckett, l'absurde de la vie prend forme dans toute sa beauté. Le résultat est tout simplement succulent. ****

jeudi 24 avril 2014

Film du jour: The Unknown Known

Présenté ce soir à l'Excentris dans le cadre de la série mensuelle Docville, The Unknown Known est ce documentaire passionnant et fascinant d'Errol Morris qui porte sur l'ancien Secrétaire d'État à la Défense Donald Rumsfeld, le principal artisan de l'invasion de l'Irak. Toujours porté par la superbe trame sonore de Danny Elfman mais plus sombre et cynique que son documentaire The Fog of War qui peut s'y rapprocher par son sujet, ce nouvel opus verbeux mais nécessaire cherche à exposer ce qui anime véritablement Rumsfeld, champion par excellence de la dialectique avec son sourire qui donne froid dans le dos. Bien entendu, on ne le saura jamais tant cet individu cache continuellement son jeu, niant les faits en croyant fermement à ses convictions (comme un certain Mr. Death...). Peut-être que Morris aurait pu aller plus loin pour essayer de le coincer, mais il s'est montré beau jouer, utilisant un montage éloquent pour dénoter les mensonges et demi-vérités qui s'échappent de la bouche de son interlocuteur. Une autre page d'Histoire importante qui est offerte par un des meilleurs documentaristes au monde. ****

mercredi 23 avril 2014

Film du jour: Broken Flowers

En attendant la sortie québécoise d'Only Lovers Left Alive, pourquoi ne pas se replonger dans quelques films de Jim Jarmusch? On commence avec son plus populaire, Broken Flowers...

Regard sur la vie et la postérité avec Broken Flowers, un Jarmusch mineur qui met en scène un mélancolique Bill Murray. Léger, mais charmant.

L’ancien Don Juan Don Johnston (un Bill Murray qui insiste pour qu’on mentionne le T) est confronté à son passé la journée même que sa copine (Julie Delpy) décide de le quitter. En effet, il trouve une lettre rose, à l’écriture rouge, qui lui apprend que son fils est à sa recherche. Non seulement l’homme d’âge mûr ignorait l’existence de sa paternité, mais il ne sait même pas qui lui a fait parvenir cette missive ! Avec l’aide d’un voisin fouineur au grand cœur (Jeffrey Wright), Don décide de rendre visite à cinq de ses anciennes flammes afin d’en savoir davantage dans toute cette histoire. Pendant son périple, il rencontrera une veuve payée pour faire le ménage dans la vie des autres (Sharon Stone), sa fille nymphomane (Alexis Dziena), une agente immobilière un peu coincée (Frances Conroy), une femme qui communique avec les animaux (Jessica Lange), une âme en peine un peu récalcitrante (Tilda Swinton)  et plusieurs autres personnages féminins aussi mystérieux qu’inaccessibles.

Pour apprécier Broken Flowers à sa juste valeur, il faut absolument faire abstraction de la carrière passée de son réalisateur Jim Jarmusch. En effet, de Stranger Than Paradise à Down by Law, en passant par Mystery Train, Dead Man et Ghost Dog, l’Américain a toujours représenté un cinéma de cinéphile indépendant, philosophique et humaniste. Il tourne peut-être peu, mais chacun de ces longs métrages sont généralement des orfèvres riches et précieux, qu’il faut absolument chérir. Mais depuis quelques années, l’homme derrière Night on Earth enfile les productions en un temps record. Après un très tiède Coffee and Cigarettes (qui n’était qu’une relecture d’un essai précédent) en 2003, ce film risque de décevoir les fans qui s’attendent à une œuvre forte et majeure.

Au lieu de cela, Jarmusch offre un cinéma léger et vaporeux, très accessible mais également un peu quelconque. Comme oeuvre d’initiation à un réalisateur hors norme, il n’y a toutefois rien de mieux. L’homme se cherche, il est fondamentalement seul, il aimerait nier la Providence, mais il en est incapable. Poussé par des forces extérieures, il rentre au bercail afin de mieux saisir les conséquences de ses actions antérieures. Sauf qu’il ne peut rien y changer. Il décide alors de confronter le futur en vivant dans le présent. Jusqu’à un point où la crainte devient un désir que la réalité ne peut atténuer. Dans le rôle titre, Bill Murray est tout simplement parfait. Présent dans presque toutes les scènes, l’ancien de Saturday Night Live est tour à tour mélancolique et vulnérable, impassible et déconnecté. Sauf que notre Ghostbusters préféré n’étonne plus. Entre Rushmore, The Royal Tenenbaums, Lost in Translation et The Life Aquatic With Steve Zissou, le niveau d’interprétation est un peu le même.

Là où le changement est de mise, c’est dans la façon de Jarmusch de peindre ses personnages féminins, plus importants que jamais et véritables muses de Broken Flowers. En évitant généralement les stéréotypes, elles deviennent les êtres beaux et forts, qui arrivent à transcender l’homme afin de s’épanouir (ou non). Petite leçon féministe adorable pour un réalisateur qui se trouve à mille lieux de son conformiste premier long métrage Permanent Vacation (1982)!

Oui, l’histoire de Broken Flowers est extrêmement mince et ne réinvente pas le genre. Le film, au rythme lent et doux-amer, est loin de rivaliser avec celui, peut-être plus nécessaire, de Sideways. Et il y a des problèmes de raccords entre différentes scènes qui font penser que le réalisateur préfère s’intéresser à soigner sa trame sonore (qui est excellente) plutôt que de s’investir totalement à créer une œuvre maîtresse et intemporelle. Mais ce serait passer à côté d’un petit film sympathique et délicat, qui est capable de rassembler tout en proposant des messages qui ne sont pas coulés dans le béton. Même s’il n’aurait peut-être pas mérité un Grand Prix du Jury du festival de Cannes, ça fait du bien à voir. ***1/2

mardi 22 avril 2014

Nouveautés en DVD: Big Bad Wolves, Marius/Fanny

Les nouveautés en DVD et en Blu-ray se font rares cette semaine. Cela n'empêche pas de trouver quelques films intéressants qui valent la peine entre deux matchs de hockey.

Il y a par exemple Big Bad Wolves d'Aharon Keshales et Navot Papushado, une satire du film de vengeance, où la torture qui fait mal n'a pas nécessairement le dernier mot. Tordu et malsain, mais hilarant et brillant. ***1/2

Puis le diptyque de Daniel Auteuil sur Marius et Fanny, ces deux jeunes gens qui s'aiment mais qui n'arrivent pas à être heureux. Sans rivaliser avec les productions des années 30, ces longs métrages au charme désuet apportent beaucoup de soleil et de fraîcheur. ***

Film du jour: Pays de cocagne

Dernier long métrage du trop peu connu Pierre Étaix, Pays de cocagne est un documentaire sur la société française, le cyclisme et les vacances. La charge satirique, très inégale, va du meilleur à l'oubliable, se voulant d'abord et avant tout un portrait de son époque (la fin des années 60) qui fait tout de même écho à ce qui se passe de nos jours. Peut-être l'ouvrage le moins nécessaire de son auteur, mais tout de même une curiosité qui est loin d'être désagréable. **1/2

lundi 21 avril 2014

Film du jour: Insignifiance

Rencontre fictive entre Einstein, Marilyn Monroe, Joe DiMaggio et Joseph McCarthy, Insignifiance de Nicolas Roeg traite de plusieurs thèmes fascinants (ce que l'on sait des gens connus, le fait de toujours jouer des rôles, etc.) tout en créant des liens incroyables avec l'histoire américaine. Cette prémisse particulièrement symbolique ne fait toutefois pas toujours bon ménage avec le récit verbeux qui s'éparpille allègrement et l'interprétation inégale. Reste une mise en scène assurée, dotée d'un montage ingénieux, comme c'est toujours le cas chez ce réalisateur extrêmement doué. ***

dimanche 20 avril 2014

Nouveautés au cinéma : Une autre vie, Saveurs indiennes, Fermières, Bears, Transcendence, Je fais le mort, En Solitaire, Dom Hemingway, Heaven is For Real, A Haunted House 2, Trailer Park Boys : Don’t Legalize It

Les nouveautés au cinéma sont nombreuses cette semaine. Que peut-on aller voir de bon en ce long congé de Pâques?

Il y a tout d'abord Une autre vie, où le réalisateur Emmanuel Mouret embrasse à nouveau l'histoire d'amour si mignonne, mais en y incorporant des éléments mélodramatiques et même de suspense. Le résultat demeure exquis à souhait. ***1/2

Il y a aussi Saveurs indiennes, ce très joli petit film de Ritesh Batra qui donne l'eau à la bouche, où il est question d'amour, de désillusions, de solitude, du désir de se battre pour obtenir ce que l'on veut et de résilience. Oui, ça fond dans la bouche! ***1/2

Intéressant documentaire sur le Cercle de Fermières, Fermières est un premier long métrage appliqué de la part d'Annie St-Pierre, qui séduit par son ton ludique sans nécessairement laisser de souvenirs impérissables. On a déjà hâte au suivant. ***

Le documentaire d'animaux de Disney est réussi cette année, alors que Bears d'Alastair Fothergill et Keith Scholey romanche un périple vers la bouffe de maman ours et de ses deux enfants. Les petits risquent de beaucoup aimer ces bêtes si sympathiques. ***

Plus cocasse qu'ambitieux, Je fais le mort rappelle que le cinéaste Jean-Paul Salomé a un talent certain pour le rire, et il le prouve avec ce récit d'un acteur qui fait le mort lors de la reconstitution de quelques crimes. Il y a bien des fils blancs, mais également une prestation savoureuse de François Damiens. ***

Casting cinq étoiles, sujet en or (la conscience au sein de l'intelligence artificielle), de nombreux thèmes fascinants: dommage que Transcendence de Wally Pfister ne remplissent pas toutes ses promesses, lorgnant trop vers l'action et la mièvrerie amoureuse dès que son sujet devient complexe. **1/2

Les bons sentiments finissent par noyer En solitaire de Christophe Offenstein, ce drame inspiré d'une histoire vraie sur un homme qui participe à une course de bateau autour du monde. François Cluzet y est solide, mais l'eau finit par faire sombre cette noble entreprise. **1/2

C'est également le cas de Dom Hemingway de Richard Shepard. Même si Jude Law livre une performance féroce en petit malfrat qui tente de remettre son existence dans le droit chemin, le résultat est si tape-à-l’œil et insignifiant qu'il finit rapidement par ennuyer. **1/2 

Quoi, une autre production religieuse sur les bienfaits de la foi et de Dieu? Eh oui! Sans être inintéressant, Heaven is For Real de Randall Wallace qui s'intéresse aux visions du paradis d'un garçon sent les morales et la guimauve à plein nez. Et ça, ça finit par lever le coeur. **

Les films horrifiques sur les possessions sont si nombreux ces dernières années qu'on a le droit à une nouvelle parodie, A Haunted House 2, gracieuseté de Michael Tiddes. Encore là, il s'agit d'humour pour adolescents attardés, avec viol de poupée et autres sous-entendus sexuels. *1/2

Dernier volume d'une série increvable, Trailer Park Boys: Don't Legalize It de Mike Clattenburg est un véritable détritus cinématographique, nullement comique, parodique ou provocateur. Au contraire, il s'agit d'un navet qui sent le fumier et qui donne le goût de se séparer du Canada. *

Film du jour: A Brief History of Time

Pâques n'est pas seulement l'occasion de voir des films pour enfants ou des longs métrages religieux. C'est également le moment de méditer sur où on vient et où on va, la nécessité de faire face à l'adversité et d'accomplir de grandes choses sur Terre. Cette réflexion s'illustre parfaitement dans A Brief History of Time, ce très intéressant documentaire d'Errol Morris qui est parvenu à adapter brillamment le fascinant livre du scientifique Stephen Hawking. Entre l’infiniment grand et l'infiniment petit, il y a une mer de possibilités, qui sont exprimées ici à l'aide de beaux témoignages, d'humour et de pensées parfaitement vulgarisées. De quoi en ressortir transformé. ****

samedi 19 avril 2014

Entrevue Je fais le mort

Comédie policière sur un acteur qui est embauché pour faire le mort sur la reconstitution d'un crime terrible, Je fais le mort marque le retour du réalisateur Jean-Paul Salomé à des films plus légers... ce qui n'est pas une mauvaise chose.

J'ai pu discuter avec le cinéaste français lors d'une entrevue téléphonique. Le résultat de mon entretien se trouve sur le site du Journal Métro.

Film du jour: Foreign Correspondent

Rarement Alfred Hitchcock aura réalisé un film aussi tonique et divertissant que Foreign Correspondent, où un correspondant étranger est plongé dans une sombre histoire de complot à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Il y a de l'action à revendre, des rebondissements à la tonne, de beaux décors exotiques et si les invraisemblances ne manquent pas, l'humour coule à flot, tout comme les morceaux de bravoure et les séquences romantiques. De quoi en ressortir vivifié. ****

vendredi 18 avril 2014

Entrevues Fermières

Documentaire sur le mythique Cercle de Fermières qui a marqué le Québec, Fermières est un premier long métrage sensible de la part d'Annie St-Pierre.

J'ai pu rencontrer la généreuse réalisatrice pour discuter de ce projet qui lui tient tant à coeur. Mon entrevue se trouve sur le site de Cineplex.

Film du jour: Tokyo Chorus

Film muet d'Ozu se déroulant pendant la Grande Dépression, Tokyo Chorus met en scène un père qui perd son emploi alors qu'il avait promis des cadeaux à ses enfants. Comédie souvent drôle où les acteurs se donnent à la fond, cette oeuvre simple et douce se veut également très mélancolique, annonçant les grandes fresques à venir de son créateur. Léger comme le vent et parfait en attendant que le printemps s'installe véritablement. ***1/2

jeudi 17 avril 2014

Film du jour: The Informer

Au rayon des meilleurs opus de John Ford, on parle peu de The Informer, son superbe suspense de 1935 sur un homme pauvre qui décide de dénoncer un ami pour toucher une large somme d'argent et ainsi refaire sa vie en Amérique. C'est dommage, parce que cette oeuvre sublime, magnifiée par sa superbe photographie en noir et blanc, sa musique très atmosphérique et le jeu impressionnant de Victor McLaglen, s'élève au niveau de la tragédie par ses thèmes implacables et son symbolisme omniprésent. ****1/2

mercredi 16 avril 2014

François Cluzet en 5 films

Pour la sortie québécoise de son nouveau long métrage En solitaire, voici un tour d'horizon de la carrière de l'acteur François Cluzet, que j'ai résumé en cinq films.

Mon texte et mes choix se trouvent sur le site de Cineplex.

Film du jour: Tant qu'on a la santé

Le génie du réalisateur Pierre Étaix est de satiriser des éléments de la vie de tous les jours pour faire rire avec intelligence et sensibilité. C'est ce qu'il fait dans son très bon Tant qu'on a la santé, cette succession de quatre vignettes sur le mal-être quotidien, où il est difficile de s'endormir le soir, où il est pratiquement impossible de regarder un film en paix au cinéma, où la ville est une société malade et où le campagne n'est plus le lieu propice pour être tranquille. Les sourires sont constants et si le tout s'avère parfaitement prévisible, il s'agit de l'antidote idéal pour redevenir de bonne humeur. ***1/2

mardi 15 avril 2014

Nouveautés en DVD: In the Name Of, Philomena, Ride Along, Black Nativity

Il s'agit d'une très petite semaine au niveau des sorties DVD et Blu-ray, avec la présence de deux très bons titres et de deux productions à éviter (bon, je n'ai pas encore vu Confession of Murder, The Invisible Woman et The Secret Life of Walter Mitty, mais un jour, ça c'est certain).

On recommande tout d'abord In the Name Of de Malgorzata Szumowska (Elles), ce drame émouvant et sensible sur un prêtre qui tombe en amour avec un adolescent dont il prend soin. Le récit est mené avec tact et l'interprétation est de qualité supérieure. ***1/2

Puis il y a le bouleversant Philomena de Stephen Frears, cette histoire vraie sur un journaliste qui tente d'aider une vieille femme à retrouver son fils. Le climat de l'époque est magnifiquement rendu et les acteurs s'avèrent époustouflants. ***1/2
Critique

Traditionnel long métrage sur un duo mal assorti, Ride Along de Tim Story reprend mécaniquement cette formule, confrontant l'énervant Kevin Hart au stoïque Ice Cube. Il y a quelques gags valables, mais comme comédie policière, il s'est fait bien mieux. ** 

Drame musical poussif, moralisateur et mélodramatique se déroulant pendant la période de Noël, Black Nativity de Kasi Lemmons accumule les clichés les plus grossiers. Ce n'est pas parce que le message est bon que le traitement l'est nécessairement. *1/2

Film du jour: Fulltime Killer

La filmographie de Johnnie To est longue et riche. Il est pourtant difficile de trouver un film aussi fou, divertissant et chargé d'adrénaline que Fulltime Killer, où deux tueurs à gages tentent de savoir qui est le plus grand. Même si le scénario ne fait pas toujours de sens, les scènes d'action sont spectaculaires à souhait, alors que la réalisation décoiffe et que les emprunts cinématographiques font rire aux larmes. Du gros bonbon qui enlève n'importe quel mal de tête. ***1/2

lundi 14 avril 2014

Film du jour: The Paperboy

Présenté à Cannes dans l'indifférence généralisée, The Paperboy est le film le plus étrange de Lee Daniels (Precious, The Butler), qui a conservé d'un roman de Pete Dexter non pas la profondeur et l'émotion, mais bien le cliquant, les personnages ambigus et les sous-entendus sexuels. Cela donne une histoire en demi-teinte, intéressante dans ses grandes lignes (quelques personnes s'unissent pour faire innocenter un homme accusé de meurtre) mais plutôt quelconque lorsque vient le temps d'explorer les zones sombres et complexes de ses personnages. De quoi retenir quelques deux ou trois scènes fortes et la qualité des interprètes (Kidman, McConaughey, Efron, Cusack) souvent à conte-emploi, mais également une mise en scène qui fait dans l'esbroufe, plus amateur que réellement convaincante. **1/2

dimanche 13 avril 2014

Film du jour: La frontière de l'aube

Suite à son excellent Les amants réguliers, Philippe Garrel a déçu un peu tout le monde avec La frontière de l'aube, cette histoire d'amour impossible entre une star et un photographe. Pas que ce film ne soit pas intéressant ou exempt de qualité (la photographie y est superbe, les aléas métaphysiques ne manquent pas de séduire, tout comme le jeu de Clémentine Poidatz). Reste que Laura Smet est une bien piètre actrice et que la finale, plutôt ridicule, fait hurler de rire. ***

samedi 12 avril 2014

Film du jour: Les amants réguliers

Notre «festival» Philippe Garrel se poursuit jusqu'à demain et aujourd'hui, on revoit son colossal Les amants réguliers, une de ses meilleures fresques en carrière. Dans ce récit à la fois ambitieux et intimiste qui se déroule pendant les événements de 1968, un homme vivra une histoire d'amour avec une femme. On retrouve tous les thèmes de son auteur à la puissance V, au sein d'un traitement sans concession, volontairement long (le tout s'étend sur près de trois heures) et abstrait, où la beauté des images et la précision de la direction d'acteurs ne forment qu'un. Un très beau film à vivre intensément. ****

vendredi 11 avril 2014

Nouveautés au cinéma: Tel père, tel fils, La jalousie, 3 histoires d’Indiens, Oculus, La marche

Même si j'ai manqué les grosses sorties de la semaine (Rio 2, Draft Day, The Raid 2 que je me promets de rattraper avant sa sortie en Blu-ray/DVD), j'ai pu voir d'excellents films cette semaine...

Le meilleur du lot est facilement Tel père, tel fils d'Hirokazu Kore-eda (Nobody Knows, Still Walking), portrait sensible et émouvant de deux enfants échangés à la naissance. C'est totalement maîtrisé et superbement bien joué. ****

Avec La jalousie, Philippe Garrel offre son meilleur film depuis longtemps, alors qu'il s'intéresse - comme toujours chez lui - à une histoire d'amour qui tourne mal,. Ses images sont superbes, sa direction d'acteurs est impeccable et on sent que son désir de simplicité est tout à son avantage. ***1/2

Nouveau conte où il entrecroise trois récits de vie, 3 histoires d'Indiens de Robert Morin frappe dans le mille lorsqu'il n'y a aucun dialogue et lorsque la musique ne fait qu'un avec les images. Le récit s'égare ici et là, mais la démonstration demeure révélatrice. ***

Sorte de croisement entre The Shining et Insidious, Oculus de Mike Flanagan suit un frère et une soeur qui cherchent à prouver l'implication d'un miroir dans la mort de leurs parents. Le suspense plus psychologique qu'effrayant propose plusieurs moments de tensions malgré une mécanique qui tourne parfois à vide. ***

Le sujet inspiré d'une histoire vrai est important (une manifestation contre le racisme et l'intolérance), la distribution est dans le ton. Qu'est-ce qui cloche dans La marche de Nabil Ben Yadir? Les clichés qui sont nombreux, les personnages qui demeurent des caricatures ambulantes et la mise en scène plutôt limitée. **1/2

Film du jour: J'entends plus la guitare

Le cinéma de Philippe Garrel peut sembler opaque et inaccessible. S'il faut parfois être alerte pour y pénétrer, c'est tout à l'avantage du spectateur qui parvient à voguer entre ici et ailleurs, entre la réalité et la fiction, avec de l'émotions et des dialogues extrêmement réels. C'est également le cas de J'entends plus la guitare, le film que le cinéaste a dédié à la regrettée chanteuse - et ancienne compagne de vie - Nico. Bluffant. ***1/2

jeudi 10 avril 2014

En attendant Tel père, tel fils

L'excellent film Tel père, tel fils (Like Father, Like Son) prend l'affiche ce vendredi au Québec, en version originale japonaise avec des sous-titres anglais ou français.

En attendant de voir cet opus qui s'est mérité le Prix du Jury au dernier Festival de Cannes et dont Steven Spielberg aimerait bien en faire un remake, je vous conseille mon texte à cet effet qui se trouve sur le site de Cineplex. Il y a même en prime une entrevue réalisée avec son cinéaste Hirokazu Kore-eda!

Film du jour: Les baisers de secours

En attendant la sortie québécoise de La jalousie, place à un mini festival Philippe Garrel. Cela commence avec Les baisers de secours, une fiction à saveur biographique sur un cinéaste qui décide de recourir à une actrice pour incarner dans son film sa femme... au détriment de cette dernière! On sent la mélancolie du temps passé et celui des amours brisés émaner de cette oeuvre lente et délicate, abstraite et pas toujours évidente, mais dont la mise en scène en furie contenue fait beaucoup vibrer. ***1/2

mercredi 9 avril 2014

Entrevue avec Charlotte Le Bon pour La marche

Retraçant «La marche des Beurs» où 100 000 personnes ont défilées dans les rues de Paris en 1983 pour protester contre l'intolérance et le racisme, La marche de Nabil Ben Yadir prend l'affiche ce vendredi sur les écrans québécois.

J'ai pu m'entretenir avec l'actrice Charlotte Le Bon (La stratégie de la poussette, L'écume des jours) qui figure au générique de ce long métrage, aux côtés d'Olivier Gourmet et de Jamel Debbouze. Mon entrevue se trouve sur le site de Cineplex.

Film du jour: Pépé le Moko

Classique populaire du cinéma français, Pépé le Moko de Julien Duvivier a influencé tous les Casablanca de ce monde. À travers cette histoire romantique sur un voleur en quête d'amour qui est pourchassé par les forces de l'ordre, il y a le génie des dialogues et de Gabin, des seconds rôles truculents et de l'humour salvateur. De quoi se ressourcer entre deux productions douteuses. ****

mardi 8 avril 2014

Nouveautés en DVD: La grande beauté, A Touch of Sin, Quelques heures de printemps, August – Osage County, Hobbit – The Desolation of Smog, 20 ans d’écart, Three Night Stand, Justin Bieber’s Believe, Paranormal Activity – The Marked Ones

Il y en a vraiment pour tous les goûts cette semaine au rayon des sorties DVD et Blu-ray, avec un classique en puissance, d'excellents longs métrages, des moins bons et un navet.

Superbe fresque sur le désir de se reconnecter à la vie après tant d'années à s'amuser, La grande beauté est une oeuvre immense signée Paolo Sorrention (Il Divo). ****1/2

Avec A Touch of Sin, Jia Zhang-ke signe un film choral féroce et nécessaire sur la violence et la désintégration des valeurs. ****

La maladie filmée avec intelligence et sensibilité par Stéphane Brizé, et défendu avec brio par Vincent Lindon et Hélène Vincent. Oui, Quelques heures de printemps mérite le détour. ***1/2
Critique

Plein de vedettes se donnent rendez-vous dans August - Osage County, un projet trop théâtral mais efficace de John Wells sur les malheurs d'une famille névrosée. ***
Critique

Moins pire que le précédent tome, The Hobbit - The Desolation of Smog de Peter Jackson s'avère tout de même une longue odyssée interminable. Au moins, il y a la scène de la fin avec le dragon... **1/2

Comédie romantique kitsch et noyée de clichés, 20 ans d'écart de David Moreau ne lève guère malgré ses bons comédiens. **1/2

C'est encore pire du côté de Three Night Stand de Pat Kiely, une romance imbuvable Made in Quebec dont l'humour tombe constamment à l'eau. **

Bébé de la pop s'offre Justin Bieber's Believe, un nouveau spectacle/documentaire narcissique où il cherche à redorer son blason et qui plaira uniquement à ses fans invétérés. **

Pire volet de la série, Paranormal Activity - The Marked Ones de Christopher Landon est un épisode parallèle, qui n'existe que pour faire plein d'argent. Une insulte à la licence. *1/2

Film du jour: Zoo : A Zed & Two Noughts

Afin de se remettre du choc des élections québécoises d'hier, il faut se projeter dans une oeuvre d'une étrange folie qui permettra de tout oublier. Dans ce domaine, difficile de trouver mieux que Zoo: A Zed & Two Noughts, qui est probablement le film le plus bizarre de Peter Greenaway (et il en compte beaucoup à son actif). Dans ce conte sur deux frères qui sont fascinés par une femme unijambiste, un véritable travail d'orfèvre est apporté aux corps et aux animaux, à la vie et surtout à la mort. Le long métrage drôle et volontairement répétitif, teinté d'humour noir et de moments absurdes, hypnotise aisément, gracieuseté du compositeur Michael Nyman. On en ressort éberlué, pas certain d'avoir tout compris mais émerveillé de cet opus tout simplement brillant. ****

lundi 7 avril 2014

Film du jour: Branded to Kill

Véritable film culte, Branded to Kill de Seijun Suzuki arrive à déconstruire la série B avec brio, partant d'une intrigue classique (un yakuza désavoué cherche à prendre sa revanche) pour broyer complètement son récit, le rendant incompréhensible. L'intérêt est évidemment ailleurs. Dans ce ton qui mélange l'absurde et la violence, par exemple. Dans ces superbes images en noir et blanc qui laissent échapper des flashs psychédéliques. Et dans cette réalisation très stylisée toujours étonnante. De quoi beaucoup s'y amuser et, si possible, oublier le résultat des élections d'aujourd'hui... ****

dimanche 6 avril 2014

Nouveautés au cinéma: Jodorowsky’s Dune, Que ta joie demeure, Captain America : Winter’s Soldier, Il ventait devant ma porte, Meetings With a Young Poet, Afflicted, La garde

Il s'agit d'une semaine intéressante au niveau des sorties au cinéma. Bon, je n'ai pas tout vu (je me promets de rattraper 9 mois ferme et Bethlehem), mais voici ce qui mérite possiblement le détour. 

Documentaire sur le plus grand film jamais réalisé, Jodorowsky's Dune de Frank Pavich développe en détails ce projet de fou, donnant la parole à des témoins privilégiés. Le résultat, drôle et fascinant, est assez éloquent. ***1/2

Nouveau laboratoire de la part de Denis Côté, Que ta joie demeure débute comme un documentaire sur le monde du travail pour muter en fiction existentielle et absurde. Un procédé intéressant (surtout au niveau sonore), mais qui ne se compare pas aux fictions de son auteur. ***

Autre produit dérivé de Marvel, Captain America: Winter's Soldier d'Anthony et Joe Russo est une production de superhéros efficaces, prévisible et sans grande originalité, mais qui questionne la sécurité intérieure des États-Unis tout en offrant des scènes d'action décoiffantes. ***

Sensible documentaire sur la maladie comme moyen de création, Il ventait devant ma porte de Pierre Goupil et Rénald Bellemare arrive à émouvoir avec de belles scènes intimistes. La mise en scène trop sage aurait cependant méritée à être rehaussée un tantinet. ***

Récit un peu trop verbeux sur des rencontres fictives entre Beckett et un jeune poète, Meetings With a Young Poet de Rudy Barichello pique la curiosité dans sa section passée mais laisse sur sa faim dans tout ce qui se déroule dans le présent. Stephen McHattie livre néanmoins une vibrante prestation. **1/2

Encore un film d'horreur où le héros filme tout ce qui lui arrive? Oui. Même si ce type de récit commence à irriter par son omniprésence (ici, il est question de vampirisme), Afflicted de Derek Lee et Clif Prowse sort légèrement du lot par la qualité de sa réalisation. **1/2

Sujet important (la détresse paternelle), acteurs en or, mise en scène appropriée de Sylvain Archambault: qu'est-ce qui cloche dans La garde? Sa crédibilité. Il est impossible de prendre cette histoire d'enlèvement au sérieux tant les invraisemblances et les fils blancs sont nombreux. Quand on rit devant un drame... **

Film du jour: The Prefab People

Dernier tome de sa trilogie sur la société et le travail qui écrasent graduellement l'être humain, The Prefab People de Bela Tarr est une oeuvre sombre et triste, où les rares moments d'espoir sont troqués à mi-chemin par une longue séance de danse. Pour le reste, c'est le sombre naufrage d'un couple dont l'amour s'enlise. Le mise en scène parsemée d'ellipses et les très bons comédiens sont toujours au service du ton naturaliste. Si l'on sent des répétitions dans cette démarche  (normal, ce dernier volume est en phase avec les précédents), il est impossible de ne pas être touché et offensé par ce cinéma qui n'est pas sans rappeler celui de Cassavetes. ***1/2

samedi 5 avril 2014

Entrevue Meetings With a Young Poet

Film de fiction sur la rencontre entre l'auteur Samuel Beckett et un jeune poète, Meetings With a Young Poet de Rudy Barichello met en vedette Vincent Hoss-Desmarais et le grand Stephen McHattie.

J'ai pu rencontrer ce beau monde (le réalisateur et les deux acteurs) lors d'une journée de presse qui s'est déroulée il y a quelques semaines. Mon entrevue se trouve sur le site de Cineplex.

Film du jour: Une femme mariée

On peut aimer ou détester Jean-Luc Godard. Mais il faut avouer que le cinéaste est en grande forme dans Une femme mariée où il déconstruit des relations entre une femme, son mari et son amant. La réalisation découpée au scalpel est éloquente, transformant en objet inédit un sujet vieux comme le monde. Et dans le rôle principal, Macha Méril livre une performance délicieuse. À la fois intelligent et érotique, que demander de plus? ****

vendredi 4 avril 2014

Entrevue Il ventait devant ma porte

Sensible documentaire sur la bipolarité, Il ventait devant ma porte de Rénald Bellemare et Pierre Goupil suit le quotidien de ce dernier, qui doit vivre tous les jours avec sa maladie.

J'ai pu rencontrer les deux cinéastes plus tôt cette semaine pour un entretien éclairant. Mon entrevue se trouve dans les pages du Journal Métro.

Film du jour: Human Desire

Fritz Lang qui s'attaque au chef-d'oeuvre La bête humaine d'Émile Zola en s'inspirant beaucoup de la version de Jean Renoir, cela aurait dû donner quelque chose d'extraordinaire. Sans être mauvais, Human Desire s'avère seulement un film noir de second ordre, à la cinématographie soignée et avec de belles touches d'humour, mais dont le désarroi de cette femme qui demande à un homme revenu de guerre de tuer son mari est abordé beaucoup trop superficiellement. C'est triste sauf que pour en profiter pleinement, mieux vaut retourner aux deux classiques mentionnés précédemment. ***

jeudi 3 avril 2014

Entrevues La garde

Un père kidnappe son fils adolescent pour une partie de chasse. Bienvenue dans La garde, le nouveau film de Sylvain Archambault qui met en vedette Paul Doucet.

J'ai pu rencontrer le réalisateur et le comédien pour parler de détresse familiale et de cinéma. Ma première entrevue se trouve dans les pages du Journal Métro. Ma seconde sur le site de Cineplex. Bonne lecture!

Film du jour: Jeux d'été

C'est à partir de Jeux d'été en 1951 qu'Ingmar Bergman est entré dans la cour des grands cinéastes. Même si ce film très personnel et accessible n'a pas la profondeur ou la complexité de ses plus grands classiques, il n'en demeure pas moins extrêmement intéressant. L'histoire d'amour entre une danseuse et un jeune homme est sidérante de beauté et de naïveté, la photographie s'avère somptueuse, Maj-Britt Nilsson campe une magnifique héroïne et les thèmes traités (la mort qui côtoie constamment la vie, le sacrifice des artistes, le passé qui corrompt tout, etc.) sont un grand pas dans la bonne direction pour ce qui était facilement de l'un des plus importants réalisateurs du septième art. ****

mercredi 2 avril 2014

Film du jour: Despair

Au rayon des films qui voient double (comme le récent Enemy de Denis Villeneuve), Despair de Rainer Werner Fassbinder ne donne pas sa place. Cette descente en enfer d'un magnant du chocolat dans l'Allemagne des années 30 est intrigante, fascinante et déboussolante tout à la fois. Le ton ironique est à prendre avec un grain de sel et les liens politiques et historiques qui peuvent être tirés du scénario librement inspiré d'un roman de Vladimir Nabokov sont tout simplement incroyables. Surtout qu'il y a dans le rôle principal Dirk Bogarde qui livre une autre de ses grandes interprétations dont il a seul le secret. La progression lente et désincarnée n'est pas toujours facile à suivre, mais le cinéaste a su insuffler son style et ses obsessions propres à un univers si loin de lui. ****

mardi 1 avril 2014

Nouveautés en DVD : Diego Star, The Act of Killing, La mise à l’aveugle, Anchorman 2 – The Legend Continues, 47 Ronin, GSP – L’ADN d’un champion, The Little Rascals Save the Day

Comme la neige semble vouloir encore être de la partie, on se venge en demeurant à la maison et en regardant plusieurs nouveautés DVD et Blu-ray.

On jette son dévolu sur Diego Star de Frédérick Pelletier, un sensible premier long métrage qui porte sur les injustices de tous les jours. La réalisation discrète mais efficace, les thèmes ravageurs et la solide performance des comédiens font oublier quelques détours plus mélodramatiques. ***1/2

Documentaire puissant sur des assassins qui décident de rejouer leur propre rôle devant des caméras, The Act of Killing de Joshua Oppenheimer éclaire et dérange sur ce qui est trop souvent laissé dans l'ombre. L'opération peut tomber dans le voyeurisme, sauf que la charge n'épargnera personne. ***1/2

Satisfaisant deuxième film de la part de Simon Galiero, La mise à l'aveugle suit une femme à la retraite qui passe son temps à côtoyer deux classes sociales différentes. Comique et mélancolique tout à la fois, ce récit atypique qui manque peut-être de finition compte dans son jeu l'exquise Micheline Bernard. ***

Anchorman 2 - The Legend Continues d'Adam McKay reprend tout ce qui a fait la gloire de son prédécesseur (personnages colorés, situations incroyables, dialogues cultes) pour offrir un second tour de piste hilarant mais sans réelle surprise. Curieux tout de même de voir le nouveau montage qui est offert sur la version Blu-ray... ***
Critique

Échec critique et commercial, 47 Ronin de Carl Rinsch est une production décevante, où Keanu Reeves et des acteurs asiatiques qui ignorent la langue de Shakespeare passent leur temps à parler en anglais et à se battre. Visuellement, l'effort est intéressant. Mais pour le reste... **

Portrait qui fait parfois l'apologie de son sujet, GSP - L'ADN d'un champion de Kristian Manchester et Peter Svatek qui porte sur Georges St-Pierre est un documentaire décevant, qui ne surprend ni au niveau de la forme ni au niveau des informations véhiculées. **

Les enfants pourront s'intéresser à The Little Rascals Save the Day, énième épisode de nos gentils petits garnements préférés. Il n'y a toutefois rien de très nourrissant au menu, alors mieux vaut passer son tour. -

Film du jour: Les orgueilleux

Un des meilleurs films du cinéaste français Yves Allégret, Les orgueilleux se déroule au Mexique, à la veille d'une épidémie. Une étrangère qui accompagne son mari malade fait la rencontre d'un médecin déchu mais attachant. La recréation de l'atmosphère du lieu et les compositions surprenantes de Michèle Morgan et de Gérard Philipe apporte beaucoup à ce récit prévisible mais extrêmement intéressant, qui ne déçoit que par sa conclusion. ***1/2