mardi 16 janvier 2018

Film du jour: Le sacrifice

Ces jours-ci, le Cinéma du Parc repasse Le sacrifice d'Andreï Tarkovski, entièrement restauré en 4K. L'occasion est donc trop de belle de voir ou revoir ce chef-d'oeuvre du septième art qui envoûte encore et encore. Que l'on analyse cette fresque personnelle ou qu'on se laisse tout simplement porter par ses images magnifiques et son rythme méditatif, une sensation de béatitude envahit le corps et l'âme. Celle d'être happé par quelque chose d'extraordinaire, qui changera à jamais notre perception de l'humanité. *****

lundi 15 janvier 2018

Film du jour: Experiment Perilous

Présenté ce soir à la Cinémathèque québécoise, Experiment Perilous s'apparente à du sous Hitchcock, alors qu'un médecin soupçonne un homme de mener la vie dure à sa femme. Ce qui sauve le film est la mise en scène élégante de Jacques Tourneur et, surtout, le magnétisme d'Hedy Lamarr qui fait en sorte qu'on ne voit qu'elle à l'écran. ***

dimanche 14 janvier 2018

Les films préférés de... Olivier Nakache

En compagnie d'Éric Toledano avec qui il forme un tandem d'enfer, Olivier Nakache a réalisé quelques-unes des comédies françaises les plus populaires des dernières années, dont Samba, Tellement proche, Nos jours heureux et l'immense succès Intouchables. Je l'ai rencontré lors de son passage à Montréal pour la sortie du Sens de la fête (mon entrevue) et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés. Voici sa réponse...

« Il y a Crimes et délits de Woody Allen, que je vois et revois. Un film que j'aime beaucoup est César et Rosalie de Claude Sautet. Il y a aussi L'aventure c'est l'aventure de Claude Lelouch. Et il y en a un qui est le chef-d'oeuvre des chefs-d'oeuvre, qui est Nous nous sommes tant aimés d'Ettore Scola. Il y a eu 1000 films qui sont les enfants de Nous nous sommes tant aimés. Il faut regarder ce film tous les cinq ans. Ça remet les pendules à l'heure, c'est un bijou de scénario. Il y a tout ce qu'il faut: le scénario, les acteurs incroyables et le metteur en scène. Pour moi, c'est un grand chef-d'oeuvre.

Mais bon, il y en a des grands films. Même récent. Il y a Moonlight qui m'a beaucoup scotché. Le premier segment, lorsque la forme est aussi liée au fond, j'ai trouvé assez fort. J'ai beaucoup aimé Whiplash, que j'ai trouvé brillantissime. Il y en a plein. Et ce n'est pas que des comédies.

J'aime beaucoup les films de Xavier Dolan. On peut ne pas aimer l'entièreté, mais il y a des miracles dans chacun de ses films. Juste la fin du monde, ce n'est pas un film que j'ai aimé dans son entier, mais je trouve qu'il y a des moments d'acteurs miraculeux. C'est un génie et il fait des films qui vont chercher quelque chose.

Je sais que quand je vais au cinéma et que je vois certains films de certains metteurs en scène, ça ne va pas me laisser indifférent. Damien Chazelle, Xavier Dolan, Woody Allen... Quel que soit le film, il y a toujours des miracles. Claude Lelouch, c'est la même chose. Il y a toujours des petits trucs qui se passent. C'est ça que j'apprécie beaucoup. »

Film du jour: Moonlighting

Sorti en 1982, Moonlighting de Jerzy Skolimowski demeure un film indémodable sur l'exil. Alors qu'on suit quatre polonais de passage en Angleterre, le cinéaste resserre lentement l'étau, passant du comique au tragique. Jeremy Irons est parfait dans le rôle principal, mettant son corps et son âme (à l'aide d'une narration poétique) au service de cette puissante réflexion humaniste, politique, économique et sentimentale. ****

samedi 13 janvier 2018

Film du jour: Elephant Boy

Sabu est devenu une immense vedette grâce à Elephant Boy. Dans ce surprenant film qui allie la notion documentaire de Robert Flaherty (images superbes, éléments sociologiques certains) et  la verve à grand déploiement de Zoltan Korda (maître de la narration et des aventures spectaculaires), l'enfant apparaît criant de naturel. Surtout que le duo qu'il campe avec le si sympathique pachyderme ne laissera personne insensible. Un très bel objet cinématographique à voir peu importe son âge. ****

vendredi 12 janvier 2018

Sorties au cinéma: Phantom Thread, Paddington 2, Labrecque une caméra pour la mémoire, The Post, Big Time, Diane les épaules, Bonne pomme

Outre The Post (***) de Steven Spielberg que j'ai parlé précédemment (ma critique), plusieurs autres films intéressants prennent l'affiche cette semaine...

Phantom Thread: Pour son ultime rôle au cinéma, Daniel Day-Lewis renoue avec Paul Thomas Anderson dans une nouvelle fresque glaçante qui se déroule dans l'univers de la mode. C'est racé, fascinant et parfois même inoubliable. ****

Paddington 2: Encore meilleur que son prédécesseur, cette fable rigolote et touchante pour toute la famille qui évoque Wes Anderson et Mission: Impossible vaut le détour pour sa fantaisie, son ours charmant et la performance délectable de Hugh Grant (il faudra rester pendant le générique). ***1/2

Labrecque une caméra pour la mémoire: C'est un bel hommage à Jean-Paul Labrecque que propose Michel La Veaux avec ce délicat documentaire, qui en dit aussi long sur le cinéaste que sur le Québec et la nécessité de filmer pour se rappeler. Classique mais sincère. ***1/2

Big Time: Ce fort valable documentaire de Kaspar Astrup Schroder sur l'architecte Bjarke Ingels permet de mieux comprendre son processus de création et d'être littéralement projeté dans ses oeuvres et sa tête. ***

Diane les épaules: La trop rare Clotilde Hesme enflamme l'écran avec sa performance solaire au sein de cette comédie qui ne pose jamais de jugement sur l'enfantement. La trame sonore y est d'ailleurs plus que recommandable. ***

Bonne pomme: La présence au générique de Gérard Depardieu et Catherine Deneuve n'est pas toujours un gage de qualité. La preuve, ce navet embarrassant de Florence Quentin qui abuse des clichés, des dialogues creux et des situations nullement explorés. *1/2

Film du jour: Here Comes Mr. Jordan

Rire et romance sont au rendez-vous dans Here Comes Mr. Jordan d'Alexander Hall, une variation de la célèbre pièce Heaven Can Wait. Les situations désopilantes sont nombreuses au sein de ce petit film savoureux qui se termine en laissant un immense sourire sur les lèvres. La construction cinématographique est simple et l'interprétation, décontractée. Pas besoin de rien d'autre pour un divertissement plus intelligent et spirituel qu'il ne le laisse paraître. ****

jeudi 11 janvier 2018

Film du jour: The Post

Alors que la presse se fait malmener par les temps qui courent, Steven Spielberg a décidé de redorer son blason avec The Post. Bien que cette intéressante histoire vraie puisse compter sur une réalisation alerte et de solides interprètes, son ton didactique, son traitement classique, ses dialogues trop oscarisables et sa finale appuyée l'empêche d'être le grand film qu'il aurait dû être. ***

mercredi 10 janvier 2018

Film du jour: Batman & Robin

Deux décennies plus tard, on ose retourner vers l'infâme Batman & Robin de Joel Schumacher, qui a été assassiné à sa sortie. Résultat? C'est toujours aussi horrible! Malgré un esthétisme valable, le scénario profondément débile et les jeux de mot attardés viennent détruire une série déjà vacillante. Cela n'aide pas d'avoir fait appel à des acteurs mal à l'aise dans ce registre, qui n'ont aucune cohésion ensemble. Si l'on finit par sourire, ce n'est jamais pour les bonnes raisons! *1/2

mardi 9 janvier 2018

Nouveautés Blu-ray/Dvd: It, The Exception, Miséricorde

C'est une semaine très tranquille au niveau des sorties dvd et blu-ray.

It: Cet immense succès commercial et critique est une adaptation satisfaisante du populaire roman de Stephen King. Même si les séances de peur se suivent et se ressemblent, un grand soin a été apporté aux détails et aux êtres. ***
Critique

The Exception: Sans totalement innover au niveau des films sur la Seconde Guerre mondiale, David Leveaux arrive à insuffler suffisamment de dialogues forts pour faire oublier l'insignifiante histoire d'amour. En plus il y a Christopher Plummer en bonne forme. ***

Miséricorde: Le pardon ne sera pas évident dans ce long métrage de Fulvio Bernasconi qui a ses qualités (thème, beauté des paysages, psychologie du héros) mais qui finit par crouler sous ses stéréotypes, ses rencontres fortuites et ses personnages secondaires mal dessinés. **1/2

Film du jour: Rue de l'estrapade

Tourné entre ses mythiques Casque d'Or et Touchez pas au Grisbi, Rue de l'Estrapade s'avère un film beaucoup plus ordinaire de la part de Jacques Becker, qui explore à nouveau l'histoire d'amour damnée mais à travers un récit plus ou moins enlevant. Une chose est sûr cependant: Anne Vernon n'aura jamais été aussi magnifique, apportant force et fragilité à ce personnage de femme trompée qui aurait facilement pu crouler sous les stéréotypes. ***

lundi 8 janvier 2018

Les films québécois les plus attendus de 2018

2018 vient à peine de commencer que déjà, on a hâte de découvrir ce que notre cinéma nous réserve. Quels sont les films québécois les plus attendus de l'année? Ma liste personnelle se trouve sur le site de Cineplex. Quels sont les vôtres?

Film du jour: 7 Sisters

The Matrix rencontre la génération Hunger Games/Divergent/tous les récits sous fond de dystopie des dernières années au sein 7 Sisters où Noomie Rapace incarne sept soeurs dans une société où l'on privilégie l'enfant unique. Sans explorer à fond son fascinant sujet, ce film vigoureux de Tommy Wirkola (Dead Snow et sa suite) se savoure comme une série B fort satisfaisante, divertissante et distrayante, un poil plus soigné cinématographiquement que ses semblables. ***

dimanche 7 janvier 2018

Les films préférés de... Émile Proulx-Cloutier

Acteur, réalisateur et musicien, Émile Proulx-Cloutier a débuté tôt au cinéma grâce aux films pour enfants Matusalem. Au fil des années, on a notamment pu le voir dans Le déserteur, Opération Casablanca et L'autre maison. Je l'ai rencontré lors de la sortie de Nous sommes les autres (entrevue) et je lui ai demandé quel était son film préféré. Voici sa réponse...

« Le film qui m'a fait aimé le cinéma, c'est Les ailes du désir de Wim Wenders. Il est arrivé au bon moment de ma vie, à la fin de mon adolescence. Je ne savais pas que le cinéma pouvait faire ça. Ce film-là, ce sont des anges qui écoutent les pensées des gens, mais sans pouvoir intervenir sur leur vie. Cette caméra qui semble voler au-dessus de Berlin. Les anges, on ne les voit jamais voler. C'est la caméra qui vole. Après ça, tout le passage sur la redécouverte des sens, sur la redécouverte du plaisir de vivre et du présent, à la redécouverte du rapport charnel au monde versus la distance que tu peux avoir quand tu es un observateur froid. C'est comme si ce sont des gens qui réapprennent à vivre. Pour moi, dans ma vie, ç'a été mon choc de cinéma. »

Film du jour: Speedy

On s'amuse follement devant Speedy, ce sublime film muet qui permet à Harold Lloyd de rivaliser avec Chaplin, Keaton et Langdon. Le long métrage regorge de numéros d'anthologie, atteignant des sommets lors de poursuites effrénées à New York, dans le métro et à Coney Island. Un réel sentiment de complicité émane d'une population marginalisée et les gags s'enchaînent avec une virtuosité inouïe. ****1/2

samedi 6 janvier 2018

Prédictions Golden Globes

La 75e édition des Golden Globes se déroulera demain soir. Qui repartira avec les honneurs? Quels films méritent de gagner? Voici mes prédictions et mes choix personnels...

Meilleur film drame
Prédiction: The Shape of Water
Choix personnel: Dunkirk

Meilleur film musical ou comédie
Prédiction: Lady Bird
Choix personnel: Lady Bird

Meilleure actrice dans un drame
Prédiction: Frances McDormand (Three Billboards Outside Ebbing, Missouri)
Choix personnel: France McDormand

Meilleur acteur dans un drame
Prédiction: Gary Oldman (Darkest Hour)
Choix personnel: Timothée Chalamet (Call Me by Your Name)

Meilleure actrice dans une comédie ou musical
Prédiction: Saoirse Ronan (Lady Bird)
Choix personnel: Saoirse Ronan (Lady Bird)

Meilleur acteur dans une comédie ou musical
Prédiction: James Franco (The Disaster Artist)
Choix personnel: Daniel Kaluuya (Get Out)

Meilleure actrice dans un rôle de soutien
Prédiction: Allison Janney (I, Tonya)
Choix personnel: Laurie Metcalf (Lady Bird)

Meilleur acteur dans un rôle de soutien
Prédiction: Sam Rockwell (Three Billboards Outside Ebbing, Missouri)
Choix personnel: Willem Dafoe (The Florida Project)

Meilleur réalisateur
Prédiction: Guillermo del Toro (The Shape of Water)
Choix personnel: Christopher Nolan (Dunkirk)

Meilleur scénario
Prédiction: Liz Hannah et Josh Singer (The Post)
Choix personnel: Greta Gerwig (Lady Bird)

Meilleure animation
Prédiction: Coco
Choix personnel: Coco

Meilleur film en langue étrangère
Prédiction: A Fantastic Woman
Choix personnel: Loveless

Meilleure trame sonore
Prédiction: Alexandre Desplat (The Shape of Water)
Choix personnel: Jonny Greenwood (Phantom Thread)

Meilleure chanson originale
Prédiction: Remember Me (Coco)
Choix personnel: Remember Me (Coco)

Film du jour: Insidious - The Last Key

Quatrième - et on l'espère - dernière entrée de la série Insidious, The Last Key d'Adam Robitel détruit encore davantage le mythe du premier épisode. Non seulement le film ressemble à s'y méprendre aux précédents efforts, mais il n'y a absolument rien de nouveau pour plaire aux admirateurs du genre. On retient la performance de Lin Shaye et l'introduction prometteuse et on oublie tout le reste. **

vendredi 5 janvier 2018

Film du jour: I, Tonya

À l'affiche aujourd'hui dans les cinémas québécois, I, Tonya de Craig Gillespie est un biopic qui prend la forme d'une satire acidulée. Un film imparfait mais assez rigolo où brille d'excellents comédiens mais dont le scénario primaire finit par se moquer de son sujet sans rien amener en retour.  On aurait aimé quelque chose de plus complexe, de moins facile et évident. ***

jeudi 4 janvier 2018

Film du jour: Mes voisins les Yamada

Présenté aujourd'hui au Théâtre Outremont, Mes voisins les Yamada est une oeuvre atypique, même de la part d'Isao Takahata qui a privilégié les vignettes au détriment d'une histoire plus régulière. Cela donne un dessin animé inégal mais tendre, poétique et hilarant, dont le visuel éblouissant est en constante évolution et révolution avec les standards de l'époque (1999) et même ceux actuels. ***1/2

mercredi 3 janvier 2018

Film du jour: Zéro motivation

Il y a de bien belles choses sur le site CinéTFO, qui permet de voir gratuitement plusieurs films en ligne. Le plus inusité du moment est Zéro motivation de Talya Lavie, qui n'a jamais été diffusé au Québec (sauf peut-être dans un festival). Il s'agit d'une oeuvre mineure mais tout de même assez intéressante sur le quotidien de jeunes filles qui font leur service militaire. Un peu éparpillé, le récit gagne des points lorsqu'il se concentre sur ses talentueuses interprètes et si la mise en scène ne casse rien, le ton léger permet tout de même d'aborder des sujets plus essentiels. ***

mardi 2 janvier 2018

Nouveautés DVD/Blu-ray: American Made, Battle of the Sexes, Breathe, The Stolen

Les histoires vraies sont à l'honneur cette semaine au sein des sorties dvd et blu-ray de la semaine.

American Made: Le rire est constant devant cette satire de Doug Liman, où le rêve américain est passé au hachoir. Cela fait longtemps que Tom Cruise ne s'est pas autant amusé. Évidemment, rien n'y est très subtil, mais quelle efficacité! ***

Battle of the Sexes: Les belles leçons de courage ressortent allègrement de ce drame de Valerie Faris et Jonathan Dayton (Little Miss Sunshine), qui traite de la difficulté d'être femme et lesbienne dans le monde sportif des années 70. C'est généralement intéressant et bien interprété, mais également calculé et un peu paresseux. ***

Breathe: Le mélo prend toute la place dans cette première mise en scène d'Andy Serkis, qui emprunte un format vieillot propre à un David Lean sans avoir son talent. Cela donne une romance ampoulée sur la nécessité de se battre au quotidien pour survivre. Pour amateurs de sirop. **

The Stolen: Sorte de Taken au féminin croisé avec un western de troisième ordre, cette production signée Niall Johnson peine à s'élever. Si tout aurait pu être bien pire, le contraire est aussi vrai et cela n'aurait pas été difficile de pondre quelque chose de potable. *1/2

Film du jour: Pearls of the Deep

Pearls of the Deep est un des documents les plus importants de la nouvelle vague tchèque. Composé de cinq courts métrages de réalisateurs différents inspirés des écrits de Bohumil Hrabal, ce manifeste utilise l'absurde, l'ironie et le grotesque pour exprimer la situation politique et historique du pays. L'ensemble forcément inégal atteint ses sommets sur le vibrant morceau cinématographique qu'est The Restaurant the World, tout en dilatant la rate avec le plus qu'étrange The House of Joy. ***1/2

lundi 1 janvier 2018

Film du jour: She Wore a Yellow Ribbon

John Wayne crève l'écran dans She Wore a Yellow Ribbon, où il joue un soldat qui prendra prochainement sa retraite. Une performance sobre et nuancée qui s'agence parfaitement à ce film noble de John Ford sur la cavalerie et le pouvoir décisionnel. Captivant, le récit bénéficie également d'une photographie très soignée et d'un amalgame au point entre le drame et les moments de comédie. ****