vendredi 31 janvier 2014

Nouveautés au cinéma : Le Passé, Visitors, Le Capital, Bà Nôi, Labor Day, That Awkward Moment, 100% Cachemire

Lorsqu'on voit 100% des nouveaux films qui prennent l'affiche aujourd'hui au cinéma, on est à mieux de savoir quoi conseiller ou éviter pour la meilleure sortie possible...

On va voir les yeux fermés Le Passé, le dernier opus d'Asghar Farhadi. Comme dans son précédent Une séparation, le cinéaste iranien fait exploser le cocon familial, levant le voile sur nombre de secrets et de mensonges. Autant la mise en scène que le scénario et l'interprétation sont formidables. ****

Maître de la Trilogie des Qatsi, le cinéaste Godfrey Reggio est de retour avec un autre essai singulier. Visitors est ponctué de nombreux plans fixes qui permettent de prendre le pouls de la présence de l'Homme dans l'univers. Un brin précieux mais admirable. Et quelle trame sonore de Philip Glass! ***1/2

Dans Le Capital, Costa-Gavras met au banc des accusés le capitalisme sauvage, qui pousse le directeur d'une banque à faire des compressions massives. Le sujet très intéressant offre un contre-emploi savoureux à Gad Elmaleh, qui se défend malgré une histoire d'amour inutile et une réalisation souvent télévisuelle. ***

Bà Nôi de Khoa Lê n'est pas seulement un documentaire de son auteur sur sa grand-mère. C'est également un essai touchant sur le Vietnam, l'identité et le pays de ses origines. Le propos parfois mince est racheté par une mise en scène hypnotisante. ***

Jason Reitman troque la comédie pour le mélodrame kitsch dans Labor Day, où une femme séquestrée tombe en amour avec son ravisseur. Malgré une réalisation soignée et une jolie direction d'acteurs, on a de la difficulté à croire à ce qui arrive et le rire involontaire s'invite à la fête. **1/2

Comédie romantique sur trois copains qui décident de demeurer célibataires malgré les opportunités qui s'offrent à eux, That Awkward Moment de Tom Gormican est assez laborieux avec ses gags vulgaires qui tombent à l'eau. Le trio de comédiens (dont Zac Efron) s'avère cependant très sympathique. **

Vilipendé par la critique française, 100% Cachemire qui est écrit, réalisé et défendue par Valérie Lemercier est une farce moralisatrice qui vire au mélo, alors qu'un couple de bourgeois qui vient d'adopter un enfant russe de sept ans songe à le retourner chez lui. C'est raté malgré quelques flashs potables. *1/2

Film du jour: La sentinelle

Premier long métrage d'Arnaud Desplechin, La sentinelle est une oeuvre étrange sur un médecin qui est obsédé par le crâne qu'il vient de trouver dans sa valise. Mélangeant avec brio différents styles cinématographiques (le drame de moeurs, le récit d'espionnage, la chronique, etc.), ce long métrage qui ne ressemble à rien fascine, autant par son discours sur la mémoire à travers l'Histoire que sur sa façon de jouer avec les attentes du spectateur. C'est un peu long et il faut être attentif aux détails, sauf que l'on en ressort transformé. À découvrir en attendant la sortie la semaine prochaine de Jimmy P. le nouveau film du cinéaste.****

jeudi 30 janvier 2014

Entrevue avec le héros du film Le Capital

Pour se préparer au divertissant nouveau film de Costa-Gavras, Le Capital, qui prend l'affiche demain au Québec (enfin!, le long métrage avait été présenté au TIFF en 2012), je vous invite à lire sur le site de Cineplex mon entrevue avec Gad Elmaleh.

Film du jour: Music Box

Costa-Gavras qui s'attaque à un sujet politisé, c'est pratiquement un pléonasme (voir à ce chapitre Le Capital, en salle dès demain). Même lorsqu'il tourne en anglais (comme c'est le cas de Music Box), son désir d'éclairer sur le passé est plus fort que tout. C'est ce qu'il fait à travers cette avocate qui prend tous les moyens pour défendre son père qui est accusé d’atrocités pendant la Seconde Guerre mondiale. La prémisse n'est pas nouvelle et la conclusion se devine longtemps à l'avance. Pourtant, un réel intérêt se dégage de cette intrigue et l'interprétation (Jessica Lange, Armin Mueller-Stahl) est vraiment excellente. ***

mercredi 29 janvier 2014

Début de l'édition 2014 du Festival de films numériques

Le Festival de films numériques, c'est l'occasion de revoir des vieux classiques au cinéma. Qui ne voudrait pas attraper Brazil, Akira et Ghost in the Shell sur le plus écran possible? C'est dorénavant possible et les cinéphiles voudront sûrement en profiter pour admirer différemment quelques-uns de leurs longs métrages préférés.

Pour une liste complète des titres qui seront diffusés, je vous invite à lire mon article.

Film du jour: Les amants

Ayant suscité un véritable scandale à l'époque (1958) pour ses scènes sensuelles, Les amants de Louis Malle est une oeuvre un peu froide sur une femme de la haute qui s'ennuie auprès de son mari et de son amant et qui a une aventure avec un homme moins fortuné qu'elle. Jeanne Moreau irradie l'écran de sa beauté et de son talent. Même si la mise en scène n'est pas parfaite (l'ombre de micros se devine ici et là), le récit satirique est éloquent et les dialogues fondent souvent dans la bouche. ***1/2

mardi 28 janvier 2014

Nouveautés en DVD: Rush, Nuit blanche, Cloudy With a Chance of Meatballs 2, The Fifth Estate, Night Train to Lisbon, Last Vegas, Jackass Presents Bad Grandpa

Les sorties DVD et Blu-ray sont nombreuses cette semaine et même s'il n'y a aucun titre incontournable, quelques films vaut le déplacement.

C'est le cas de Rush de Ron Howard, divertissement par excellence sur la compétition entre deux pilotes de Formule 1. La recréation d'époque est parfaite, le jumelage entre l'humour et l'action fonctionne et les personnages unidimensionnels sont campés par des comédiens talentueux. ***1/2
Critique

Un des meilleurs films d'action à voir le jour depuis des lustres, Nuit blanche de Frédéric Jardin suit un policier qui tente de récupérer son fils en échange d'une large cargaison de drogues. Le scénario de base est relevé par un rythme trépidant et le jeu tendu des acteurs. ***
Critique

Suite qui ressemble beaucoup à la version originale, Cloudy With a Chance of Meatballs 2 de Cody Cameron et Kris Pearn s'intéresse à nouveau notre inventeur préféré et ses amis qui tentent de sauver la planète d'une terrible menace. C'est drôle, gentil et parfaitement inoffensif. ***

Biopic assez intéressant sur le créateur de WikiLeaks, The Fifth Estate de Bill Condon s'apparente à un suspense enlevant mais conventionnel, où brille Benedict Cumberbatch dans le rôle principal. Pourquoi pas? ***

Bille August a déjà été un grand cinéaste. Il n'est plus l'ombre de lui-même dans Night Train to Lisbon, une carte postale molle et romancée d'un professeur qui commence à s'intéresser à la vie d'un écrivain. Sans être mauvais, l'ensemble manque de surprise et de relief. **1/2

Michael Douglas, Robert DeNiro, Kevin Kline et Morgan Freeman au sein d'un même long métrage, cela ne peut pas être complètement mauvais. Sauf que Last Vegas de Jon Turteltaub est tellement sexiste et parsemé de clichés qu'il est légitime de ne pas demeurer jusqu'à la fin. **1/2

Les «efforts» présentés à la télévision faisaient sourire, sauf que les productions destinées au cinéma accumulent les navets. Jackass Presents Bad Grandpa de Jeff Tremayne ne fait pas exception, racontant avec grossièreté la relation entre un grand-père et son petit-fils. On cherche encore le moindre gag savoureux... et on ne trouve pas. Désolant. *

Film du jour: L'épine dans le coeur

Avec L'épine dans le coeur, un documentaire très personnel sur sa famille, Michel Gondry montre une autre facette de son talent, laissant triompher les mots et les émotions et pas seulement les irrésistibles procédés de mise en scène (il y en a pourtant quelques-uns). L'ensemble ne retient peut-être pas l'intérêt jusqu'à la fin, mais il y a toujours des détails pertinents qui suscitent la réflexion. Surtout que le portrait porte à la fois sur la famille et le lieu où habite la tante du cinéaste. Respect. ***

lundi 27 janvier 2014

Jutra 2014: Nominations, oubliés, entrevues et plus

C'est aujourd'hui que les nominations des Jutra étaient annoncées. Louis Cyr, Gabrielle et Le démantèlement sont les titres les plus mentionnés, alors que les excellents Une jeune, Le météore et Sarah préfère la course mordent complètement la poussière.

Pour en savoir plus, je vous invite à lire mon texte qui parle des nominations et des oubliés, avec quelques entrevues avec des artistes qui ont enfin leurs 15 minutes de gloire.

Film du jour: There Was a Father

Complément à son propre The Only Son, There Was a Father de Yasujiro Ozu qui a pris l'affiche pendant la Seconde Guerre mondiale dresse le portrait d'un père aimant mais strict et de son fils qui fait tout pour ne pas le décevoir. Explorant les thèmes habituels de son auteur tout en versant quelques fois dans la rectitude politique (la nécessité des enfants d'écouter leurs parents, le sacrifice pour la nation... peut-être que la censure de l'époque est passée par-dessus), ce joli récit, filmé avec soin et interprété avec délicatesse, séduit amplement, même s'il n'est pas un must de la filmographie de son créateur. ***1/2

dimanche 26 janvier 2014

Film du jour: Frankenweenie

Tim Burton devrait-il lâcher la fiction pour se concentrer sur l'animation? Oui, s'il faut se fier à ses derniers longs métrages. Après un long passage à vide, le cinéaste est parvenu à remettre sa carrière dans le droit chemin grâce à Frankenweenie, une adaptation d'un de ses propres courts métrages. Dans cette fable gothique sur un garçon qui fait revivre son chien, le réalisateur multiplie les clins d'oeil à ses précédents efforts, tout en payant des hommages à Frankenstein (bien sûr), les Gremlins, King Kong et Jurassic Park. Le résultat est attendrissant comme tout. ***1/2

samedi 25 janvier 2014

Nouveautés au cinéma: La grande beauté, Big Bad Wolves, Québékoisie, Whitewash, Devil’s Knot

Lorsque 80% des sorties cinéma de la semaine sont intéressantes (bon, on n'a pas vu I, Frankenstein... par choix), on peut dire qu'il s'agit d'un bon crû. Surtout qu'il y a un opus à voir absolument.

Il s'agit de La grande beauté de Paolo Sorrentino, cette superbe fresque sur un homme qui cherche un moyen de se sortir du vide qui l'entoure. Influencée autant par Fellini que par Bunuel et misant sur des acteurs épatants, cette très belle oeuvre en met plein la vue et les oreilles. Un must. ****

Satire féroce des films d'auto-justice où l'humour noir fait rire jaune, Big Bad Wolves de Aharon Keshales et Navot Papushado reprend le canevas usuel - des hommes torturent un potentiel kidnappeur d'enfants - pour rapidement se départir des clichés. Sardonique à souhait. ***1/2

Joli documentaire sur les amérindiens et l'identité, Québékoisie de Mélanie Carrier et Olivier Higgins soulève des questions importantes sans trop faire la morale. La réalisation manque parfois de nerfs, mais les paysages sont souvent magnifiques. ***

En s'inspirant beaucoup de Fargo, Emanuel Hoss-Desmarais offre avec Whitewash un premier long métrage efficace mais imparfait, où le jeu viscéral des interprètes, la mise en scène étudiée et les multiples changements de tons font pardonner le propos extrêmement mince. ***

Devant le deuil d'une communauté affligée par le meurtre d'enfants, ses membres prennent les grands moyens pour retrouver les coupables. Atom Egoyan avait tout pour être l'homme de l'emploi pour retransmettre à l'écran cette histoire vraie, surtout si on repense à son grandiose The Sweet Hereafter. Malheureusement, Devil's Knot n'est pas à la hauteur, se voulant beaucoup trop conventionnel et mou. **1/2

Film du jour: Redes

Film fondamental pour l'industrie cinématographique mexicaine, Redes qui a vu le jour en 1936 et qui est réalisé par Fred Zinnemann et Emilio Gomez Muriel suit la révolte de pêcheurs qui se font exploiter. Toujours d'actualité, le long métrage enchante de sa photographie soignée, de son style néoréalisme très près du documentaire et de son montage expert qui rappelle celui d'Eisenstein. Une petite heure qui s'écoule presque instantanément. ****

vendredi 24 janvier 2014

Entrevues avec Atom Egoyan pour Devil's Knot


Il faut remonter au très ordinaire Chloe pour retrouver le dernier film d'Atom Egoyan. Le cinéaste canadien est finalement de retour avec Devil's Knot, où il retrace l'histoire vraie d'une petite communauté traumatisée par le meurtre violent d'enfants.

J'ai pu m'entretenir avec le sympathique réalisateur lors de son passage à Montréal en octobre dernier dans le cadre du Festival du nouveau cinéma. Ma première entrevue se trouve dans les pages du Métro et ma seconde en format questions/réponses est sur le site de Cineplex.

Film du jour: The Bride of Frankenstein

Encore meilleur que le mythique Frankenstein de 1931, The Bride of Frankenstein (1935) qui est toujours réalisé par James Whale reprend le côté humain et pathétique de la bête originale, qui apparaît ici en mode humoristique avec de l'action à revendre. Une première du genre qui allait faire date et asseoir davantage le mythe Karloff. Encore de nos jours, l'ensemble séduit et fait sourire, alors que les décors et la photographie en mettent plein la vue. ****1/2

jeudi 23 janvier 2014

Entrevues avec Marc Labrèche et le cinéaste de Whitewash

Film québécois tourné en anglais sur un homme (Thomas Haden Church) qui tue accidentellement un autre homme avec sa motoneige pour ensuite se perdre dans la forêt et repenser à ses vieux péchés, Whitewash met également en vedette Marc Labrèche et il est réalisé par Emanuel Hoss-Desmarais qui signe là son premier long métrage.

J'ai pu m'entretenir avec le metteur en scène et le comédien québécois. Je vous offre pas une mais deux entrevues sur le sujet. La première se trouve ICI et la seconde ICI. Bonne lecture!

Film du jour: Frankenstein

En attendant la sortie de I Frankenstein qui s'annonce être un simple dérivé d'Underworld, le moment est propice pour revoir le Frankenstein original. S'inspirant du livre de Mary Shelley tout en prenant de grandes libertés, la version qu'en a tiré James Whale est un conte moral de grande qualité, splendide, touchant et effrayant tout à la fois. Une réussite qui repose grandement sur les larges épaules de Boris Karloff, mémorable dans le rôle titre. ****

mercredi 22 janvier 2014

Cinq raisons pour aller voir La grande beauté

Superbe fresque italienne qui remportera sûrement l'Oscar du meilleur film en langue étrangère (on lui souhaite, en tout cas), La grande beauté de Paolo Sorrentino prend l'affiche ce vendredi sur les écrans québécois.

Voici cinq raisons pour se convaincre à aller le voir (autrement qu'il sera certainement dans notre palmarès de fin d'année).

Film du jour: In Another Country

Quel charmant film que In Another Country de Hong Sang-soo! À travers trois vignettes d'une Française de passage en Corée du Sud, le réalisateur développe une réflexion passionnante sur le cinéma, l'amour et les hasards. Le récit, ludique et complexe tout à la fois, emprunte autant à Rohmer qu'à Resnais, ressemblant à un casse-tête dont les pièces offrent des possibilités de bonheur. L'ensemble n'est certainement pas pour tous les goûts, sauf qu'on en ressort le sourire aux lèvres. ***1/2

mardi 21 janvier 2014

Nouveautés en DVD: Blue Jasmine, The Spectacular Now, Captain Phillips, In a World, We are What We Are, Amsterdam, Machete Kills, Carrie

Il y a de belles choses qui sortent cette semaine en format DVD et Blu-ray. Et comme les temps sont tranquilles, on se permet même un peu de rattrapage...

Cate Blanchet gagnera probablement un Oscar pour le rôle titre de Blue Jasmine de Woody Allen où elle incarne une femme un peu névrosée qui débarque chez sa soeur après avoir rompu avec son mari. Les dialogues sont brillantes, les acteurs excellents et la mise en scène de grande qualité (surtout si on la compare aux derniers efforts du cinéaste). ***1/2

Un des plus beaux films sur l'adolescence à voir le jour depuis des années, The Spectacular Now de James Ponsoldt est le récit de deux jeunes qui vont apprendre à s'aimer. Les comédiens sont touchants et la réalisation qui verse dans le réalisme réserve plusieurs bonnes surprises. ***1/2

Mouvementée histoire vraie sur une prise d'otage en haute mer, Captain Phillips utilise bien le style nerveux de Paul Greengrass et la présence magistrale de Tom Hanks. Reste que le discours devient avant la fin américanisé et patriotique, ce qui est un peu décevant. ***

Percer dans l'univers des voix off de bandes-annonces est difficile, encore davantage si on est une femme. C'est ce que raconte cette jolie comédie douce-amère In a World de Lake Bell qui possède une distribution qui fait souvent toute la différence. ***

Remake assez réussi d'un film d'horreur mexicain, We are What We Are de Jim Mickle prend son temps dans sa façon de montrer une famille dysfonctionnelle qui est loin d'être comme les autres. À défaut de verser dans l'originalité, l'ambiance y est angoissante à souhait. *** 

Premier long métrage de Stefan Miljevic, Amsterdam suit les conséquences d'une virée entre amis qui tourne mal. Le scénario pas toujours satisfaisant et quelques répliques involontairement hilarantes heurtent grandement cet effort en quête de crédibilité, dont le casting était tout de même potable. **

Autant le premier volet était très drôle, autant le second Machete Kills sent le recyclage, n'arrivant pratiquement jamais à faire sourire. Lorsque la satire d'un film d'exploitation devient... un simple film d'exploitation. Au moins, il y a quelques caméos savoureux... **

Qui a eu l'idée de faire une nouvelle version de Carrie? Car malgré la présence des très bonnes Julianne Moore et Chloë Grace Mortez, cet ersatz réalisé par Kimberley Peirce n'intéresse réellement jamais. La technique est grosse, les effets spéciaux très moyens et la tension, carrément absente. **

Film du jour: The Hit

Premier film important de Stephen Frears, The Hit (1984) est un suspense existentiel sur un homme qui s'apprête à être liquidé par deux malfrats. Ayant en sa possession des paysages à coupler le souffle, une excellente trame sonore toujours appropriée, de grands acteurs et un scénario plus riche qu'il n'y paraît, le célèbre cinéaste anglais offre une mise en scène lancinante, détournant les clichés avec humour et philosophie. Cela s'avère au final un véritable tour de force. ****

lundi 20 janvier 2014

Film du jour: Police

Véritable étude de milieu avec un rythme et un style propre à Maurice Pialat, Police a réussi à réunir critiques et grand public à la même enseigne. Il faut avouer que l'oeuvre, complexe et toujours intéressante, qui suit les aventures d'un policier qui tombe amoureux de la femme d'un malfrat, exploite parfaitement le talent de ses interprètes. Gérard Depardieu est drôle et charismatique, Sophie Marceau intense et Richard Anconina d'un naturel confondant. Il y a même un hommage à Truffaut, disparu à la même époque. Du très beau boulot, qui se laisse revoir sans aucune difficulté. ****

dimanche 19 janvier 2014

Film du jour: Speed

À une époque où le bon film d'action se fait rare, on se replonge dans le Speed de Jan de Bont avec délectation. Tout y est gros, musclé et invraisemblable, mais quel plaisir de voir ce policier tenter de sauver les passagers d'un autobus! Le duo formé de Keanu Reeves et de Sandra Bullock fonctionne à plein régime, Dennis Hopper est parfait en grand méchant, le rythme fait battre le coeur amplement et la musique ne peut que ravir les tympans. Un énorme plaisir coupable et un des meilleurs longs métrages du genre. ****

samedi 18 janvier 2014

Nouveautés au cinéma : The Square, Jack Ryan : Shadow Recruit, Secondaire V, Sans Terre c’est la faim, The Devil’s Due

Les documentaires pertinents sont nombreux cette semaine, prenant le pas des fictions qui sont divertissantes ou carrément décevantes.

Bouillant essai sur la révolution égyptienne pendant le Printemps arabe, The Square de Jehane Noujaim est une oeuvre capitale sur la lutte pour la démocratie et l'action citoyenne à travers un effort important. Ça sent les Oscars et ça serait pleinement mérité. ****

Pastiche des vieux films d'espionnage où l'histoire d'amour volontairement kitsch était aussi importante que le récit principal, Jack Ryan: Shadow Recruit offre la chance à Kenneth Branagh de s'amuser comme un petit fou, autant derrière que devant la caméra (il campe un méchant mémorable). Du gros fun noir, où les nombreux clichés et invraisemblances sont utilisés pour faire sourire. ***

Filmer et donner la parole à des adolescents. C'est la réussite - et la limite - de Secondaire V de Guillaume Sylvestre, qui offre un intéressant portrait de société mais sans y donner une direction ou une perspective qui aurait fait toute la différence. ***

Sorte de reportage journalistique sur différentes personnes qui sont dépossédées de leurs terres, Sans Terre c'est la faim d'Amy Miller captive et fait susciter de nombreuses réflexions même si le tout aurait pu être plus cinématographique. ***

Une autre production horrifique qui prend l'affiche sans avoir été présenté à la presse? Eh oui! Reprenant le concept usés jusqu'à la corde du héros qui filme son quotidien pour le transposer à un concept qui rappelle beaucoup le classique Rosemary's Babies (la grossesse qui tourne mal), The Devil's Due de Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett est un long métrage particulièrement terne, sans frisson ni humour. *1/2

Film du jour: The To Do List

Depuis American Pie (ok, davantage Animal House), le cinéma américain rivalise pour offrir la comédie pour adolescente la plus drôle, vulgaire et sexy. The To Do List de Maggie Carey tente ce pari et si le film offre une prémisse intéressante (une adolescente cherche à s'initier au sexe avant d'arriver au collège), de bons comédiens (ah, Aubrey Plaza!!!) et quelques rires souvent savoureux, l'intrigue trop longue se dégonfle rapidement, se perdant dans une mer de répétitions, de mauvais goût et de morales douteuses. Un essai sympathique qui aurait pu être tellement mieux. **1/2

vendredi 17 janvier 2014

Entrevue avec le réalisateur de Secondaire V

Documentaire qui laisse parler les élèves d'une école publique de Montréal, Secondaire V de Guillaume Sylvestre est un essai révélateur qui en dit long sur la jeunesse québécoise.

Pour en savoir plus, je me suis entretenu avec le réalisateur trentenaire. Mon entretien se trouve dans les pages du Journal Métro.

Film du jour: My Dinner With Andre

Dépourvu de tous clichés et fondé sur l'art de la conversation, My Dinner With Andre de Louis Malle est un film de près de deux heures où deux anciens amis discutent de tout et de rien. Véritable tour de force avec son scénario béton et ses interprètes plus-que-parfaits, ce long métrage verbeux mais passionnant débute dans l'anecdote pour muter progressivement vers les choses essentielles de la vie. Férocement original. ****

jeudi 16 janvier 2014

Retour sur les nominations des Oscars

Les nominations des Oscars ont été annoncées aujourd'hui et les favoris sont 12 Years a Slave, American Hustle et Gravity.

Je me permets de revenir sur le sujet en dressant une liste des titres qui se retrouvent dans trop de catégories et ceux qui ont été totalement oubliés.

Le tout se trouve sur le site de Cineplex.

Film du jour: Dodes'ka-den

Premier film en couleur de la part d'Akira Kurosawa, Dodes'ka-den est une oeuvre mal aimée qui suit plusieurs marginaux d'un bidonville. Dramatique mais souvent abordé avec fraîcheur et légèreté,  parsemé de poésie et de flashs ingénieux, cet hymne à l'originalité et à la création est un plaisir de toutes les instants, à la fois pour les yeux qui se régalent que pour le coeur qui est au septième ciel. Une grande fresque. ****1/2

mercredi 15 janvier 2014

Les prétendants aux Oscars 2014

C'est demain que seront annoncées les nominations de la prochaine cérémonie des Oscars. En attendant de tout savoir, voici une liste de films et d'artistes qui ont de bonnes chances d'être sélectionnés. Le texte a été écrit avant que la liste courte du meilleur film en langue étrangère a été dévoilée, ce qui explique la présence de titres injustement écartés tels Le passé, Wadjda et Ilo Ilo.

Mon article se trouve sur le site de Cineplex.

Film du jour: Kuroneko

Précurseur de tous les Ringu et Ju-on de ce monde, Kuroneko de Kaneto Shindo est un drame d'horreur psychologique sur des fantômes qui décident de se venger des gens qui les ont assassinés. Effrayant et mélancolique, doté d'une ambiance angoissante et d'une superbe photographie en noir et blanc, l'ensemble captive amplement même s'il ne possède pas la même profondeur que le précédent Onibaba du même réalisateur. ***1/2

mardi 14 janvier 2014

Nouveautés en DVD: Fruitvale Station, Enough Said, The Butler, Parkland, I Give it a Year

En cette période post Golden Globes, il y a de bons films qui prennent l'affiche en format DVD et Blu-ray.

Enrageante histoire vraie, Fruitvale Station est un impressionnant premier film de Ryan Coogler qui suit un homme qui a des problèmes avec les forces de l'ordre. Le ton naturaliste déploie un milliers d'émotions qui prennent à la gorge et la performance de Michael B. Jordan est tout simplement époustouflante. ****
Critique

Sorte de dérivé de son très bon Please Give, la réalisatrice Nicole Holofcener propose avec Enough Said un autre beau récit doux amer sur l'amour, l'amitié et les mensonges. L'humour côtoie parfaitement le drame et tous les personnages sont touchants. ***1/2
Critique

Consensuel et académique, The Butler de Lee Daniels qui suit le majordome de plusieurs présidents américains pendant quelques décennies retient surtout l'attention pour la qualité de sa distribution. C'est peu mais c'est déjà ça. **1/2
Critique

Dans le même moule (un casting assez extraordinaire), Parkland de Peter Landesman suit une multitude de personnages tout juste après l'assassinant de John F. Kennedy. La tension qui est à son comble dans la première demi-heure tombe rapidement au neutre, laissant au final une production fade et superficielle. **1/2
Mon entrevue avec le réalisateur

Petite surprise en terminant: la sympathique comédie I Give It a Year de Dan Mazer, où un couple qui n'a pas grand-chose en commun doit affronter la difficile première année de mariage. L'humour irrévérencieux fait mouche et la romance finit par fonctionner. ***

Film du jour: La ronde

Créant un véritable scandale à l'époque pour avoir abordé différentes formes de libertinage, La ronde demeure un des plus grands films de Max Ophüls. Il y a beaucoup d'humour et d'amertume qui ressortent des ces chassés-croisés entre des femmes fortes et des hommes faibles, et la mise en scène vertigineuse ponctuée de savants plans séquences donne une sensation d'ivresse. De quoi vouloir y revenir périodiquement, pour chaque fois découvrir de nouveaux éléments. ****1/2

lundi 13 janvier 2014

Les meilleurs et les pires moments des Golden Globes 2014

Dans l'ensemble, la soirée des Golden Globes d'hier s'est bien déroulée, autant au niveau de l'animation que des gagnants.

Pour l'occasion, je me permets de revenir sur cet événement avec ses meilleurs et ses pires moments. Le tout se trouve sur le site de Cineplex.

Film du jour: Le voyage du ballon rouge

Premier film du réalisateur chinois Hou Hsiao-hsien au-delà de ses frontières habituelles, Le voyage du ballon rouge multiplie les clins d'oeil au classique de 1956 d'Albert Lamorisse tout en développant une trame narrative sur une actrice, son jeune fils et sa nouvelle nounou. Reprenant les thèmes de prédilection et le style propre de son auteur (contemplatif sans être statique, l'élargissement de la famille, la fascination pour le métier de comédienne, etc.), le récit montre Paris sous un jour nouveau, posant des réflexions intéressantes sur le rôle de la mère, les engagements envers son art et le désir de liberté. ***1/2

dimanche 12 janvier 2014

Golden Globes: Choix personnels et prédictions

La 71e cérémonie des Golden Globes se déroule ce soir et Tina Fey et Amy Poehler s'occuperont de l'animation. En attendant d'en rire un coup, voici mes choix personnels et mes prédictions pour le volet cinématographique de cette remise de prix qu'il faut prendre avec un grain de sel...

Meilleur film dramatique
Choix: 12 Years a Slave
Prédiction: 12 Years a Slave

Meilleure actrice dans un drame
Choix: Cate Blanchett pour Blue Jasmine
Prédiction: Cate Blanchett pour Blue Jasmine

Meilleur acteur dans un drame
Choix: Chiwetel Ejiofor (12 Years a Slave)
Prédiction: Chiwetel Ejiofor (12 Years a Slave)

Meilleur film comédie ou musical
Choix: Égalité entre The Wolf of Wall Street et Inside Llewyn Davis
Prédiction: Inside Llewyn Davis

Meilleure actrice dans une comédie ou un musical
Choix: Greta Gerwig (Frances Ha)
Prédiction: Amy Adams (American Hustle)

Meilleur acteur dans une comédie ou un musical
Choix: Triple égalité entre Leonardo DiCaprio (The Wolf of Wall Street), Oscar Isaac (Inside Llewyn Davis) et Bruce Dern (Nebraska)
Prédiction: Bruce Dern (Nebraska)

Meilleur film d'animation
Choix: Frozen
Prédiction: Despicable Me 2

Meilleur film étranger
Choix: La vie d'Adèle (Blue is the Warmest Color)
Prédiction: La vie d'Adèle (Blue is the Warmest Color)

Meilleure actrice dans un rôle secondaire
Choix: June Squibb (Nebraska)
Prédiction: Jennifer Lawrence (American Hustle)

Meilleur acteur dans un rôle secondaire
Choix: Michael Fassbender (12 Years a Slave)
Prédiction: Jared Leto (Dallas Buyers Club)

Meilleur réalisateur
Choix: Alfonso Cuaron (Gravity)
Prédiction: Steve McQueen (12 Years a Slave)

Meilleur scénario
Choix: Spike Jonze (Her)
Prédiction: Eric Warren Singer et David O. Russell (American Hustle)

Meilleure musique originale
Choix: Steven Price (Gravity)
Prédiction: Hans Zimmer (12 Years a Slave)

Meilleure chanson
Choix: Please Mr. Kennedy (Inside Llewyn Davis)
Prédiction: Please Mr. Kennedy (Inside Llewyn Davis)

Film du jour: Where the Sidewalk Ends

Le métier de flic est un des emplois les plus dangereux. Parlez-en au héros de Where the Sidewalk Ends qui se met dans le pétrin en interrogeant un homme accusé de meurtre. La réalisation solide d'Otto Preminger, le jeu intense des interprètes et le récit mené tambour battant font toute la différence lorsque la vraisemblance prend le bord à mi-chemin. Un film noir non sans défaut mais efficace, qui sait tenir en haleine et divertir. ***1/2

samedi 11 janvier 2014

Nouveautés au cinéma: A Touch of Sin, Her, Quelques heures de printemps, August – Osage County, Le séducteur : Un animal en voie de disparition?

Il y a des semaines comme ça où les bons films sont tellement nombreux qu'on ne sait pas quoi aller voir. Il faudra en profiter, surtout qu'il y a trois excellents longs métrages qui viennent de prendre l'affiche...

Lauréat du prix du scénario au dernier Festival de Cannes, A Touch of Sin est une véritable déflagration du cinéaste Jia Zhang-ke, qui montre la transformation hyper violente de la Chine au contact du capitalisme par l'entremise de quatre histoires qui s'entrecroisent. Une oeuvre brillante et inoubliable, à ne manquer sous aucun prétexte. ****

Superbe opus romantique qui va droit au coeur et qui chavire par sa mélancolie, Her de Spike Jonze est une histoire d'amour au temps de l'informatique entre un homme et sa machine. Drôle et émouvant, magnifiquement mis en image et en musique et défendu par des comédiens épatants (Joaquin Phoenix en tête), ce sommet de son auteur séduit malgré sa trop longue durée et son symbolisme un peu appuyé. ****

Fort de ses très bons Je ne suis pas là pour être aimé et Mademoiselle Chambon, le cinéaste Stéphane Brizé est de retour avec le déchirant Quelques heures de printemps qui dresse le portrait d'une vieille femme malade et de son fils qui ne sait pas comment communiquer. Un sujet bouleversant qui est élevé par la magnificence de la mise en scène (les plans sont longs et éloquents) et la solidité de l'interprétation. ***1/2

Derrière son côté trop théâtral et ses personnages caricaturaux, August - Osage County de John Wells dresse le portrait terrible d'une famille qui passe son temps à se flageller et à se détruire. On embarque principalement pour la qualité de la distribution, qui parvient à sauver presque tous les petits défauts. ***

Un documentaire qui porte sur la difficulté des hommes à séduire et qui suivent des cours de gourous spéciaux pour les aider? La prémisse est intéressante. Malheureusement le résultat, intitulé Le séducteur: Un animal en voie de disparition? et réalisé par Olivier Adam (non, pas l'excellent auteur français), est didactique et sexiste, ne ressemblant jamais à un objet cinématographique. La vie est trop courte pour ces deux heures vides, vides, vides. *1/2

Film du jour: Factotum

Lorsque l'univers de Bukowski rencontre celui du réalisateur norvégien Bent Hamer (Kitchen Stories, O'Horten), cela donne Factotum, une tragédie absurde sur un écrivain raté qui est malheureux en amour et qui est incapable de tenir plus que quelques jours un emploi alimentaire. Porté par le jeu admirable de Matt Dillon, cette farce existentialiste séduit amplement malgré ses quelques répétitions et son récit qui va dans tous les sens. ***1/2 

vendredi 10 janvier 2014

Film du jour: The Only Son

Premier film parlé de Yasujiro Ozu, The Only Son raconte la visite d'une mère chez son jeune fils dont le mode de vie ne peut que la décevoir. Parsemé de mélancolie et d'amertume, cette comédie dramatique sur le sacrifice ne possède peut-être pas la fouge humaniste des classiques de son auteur, mais il s'en approche par le soin apporté à la direction des comédiens. On en ressort charmé, le coeur plus léger et les larmes aux yeux. ****

jeudi 9 janvier 2014

Film du jour: Night and the City

Quintessence du film noir, Night and the City est le premier long métrage à l'étranger du cinéaste Jules Dassin qui parle d'ailleurs en filigrane de la chasse aux sorcières dans cette histoire extrêmement intéressante sur un petit malfrat qui se heurte le nez à un monopole lorsqu'il tente de développer ses propres combats de lutte. La mise en scène tendue, l'excellente de l'interprétation, la complexité des personnages et l'humour salvateur font de cet opus une référence du genre, qui devient encore meilleur à chaque nouveau visionnement. ****1/2

mercredi 8 janvier 2014

Les visages à surveiller en 2014

Qui sont les acteurs et actrice à surveiller en 2014? J'ai dressé une liste de 10 personnes qui risquent de marquer l'année cinématographique.

Mes choix se trouvent sur le site de Cineplex.

Film du jour: Sonate d'automne

Grande oeuvre trop souvent oubliée dans la large filmographie d'Ingmar Bergman, Sonate d'automne est un magnifique drame de chambre, où une fille règle ses comptes avec sa mère. Superbement mis en scène avec deux comédiennes au sommet de leur art (Ingrid Bergman et Liv Ullmann), cet opus aux dialogues ravageurs ne finit plus de hanter. On en ressort profondément ébranlé. ****1/2

mardi 7 janvier 2014

Nouveautés en DVD: Les amants passagers, Runner Runner, La marque des anges, Columbarium, Hitchcock

La nouvelle année débute très lentement au niveau des sorties DVD et Blu-ray, alors qu'il n'y a rien de très transcendant à se mettre sous la dent cette semaine.

Après des drames et des suspenses, Pedro Almodovar retourne aux comédies kitsch qui ont fait sa gloire. Assez oubliable et peuplé de personnages stéréotypés, Les amants passagers n'en demeure pas moins un plaisir coupable. **1/2

Un homme coincé entre son patron et les forces de l'ordre. Ce sujet n'est pas neuf et Runner Runner de Brad Furman peine à sortir des clichés malgré le talent de ses interprètes (Justin Timberlake, Ben Affleck). **1/2
Spécial Ben Affleck

Le duo dans les films de flic ne fait pas toujours la différence. Si c'était le cas, La marque des anges de Sylvain White où Gérard Depardieu fait équipe avec Joey Starr serait un bon film. Ce n'est pas le cas tant les fils blancs sont nombreux et le tension, inexistante. **

Le septième art québécois n'est pas très friand du cinéma de genre. Columbarium de Steve Kerr s'essaye en réunissant deux fils dans le chalet familial afin de remplir une ultime exigence du patriarche décédé. Tout tournera mal... à l'instar de cette production fauchée réalisée un peu n'importe comment, où les comédiens sont laissés à eux-même et où le scénario déficient provoque de nombreux rires involontaires. *1/2

Afin d'être un peu positif, j'ai vu - avec une année de retard - le Hitchcock de Sacha Gervasi, un biopic conventionnel mais sobre et bien fait qui relate l'accouchement difficile de son classique Psycho. Les interprètes sont parfaits et il y a toujours un peu d'humour et de clins d'oeil sur le cinéma pour passer le temps. *** 

Film du jour: Black Moon

Sorte de rêve qu aurait mal tourné, Black Moon est un délire de la part de Louis Malle, où il n'y a pas de véritable histoire, mais une horde de symboles sur une jeune fille qui devient une adolescente. Le climat est malsain, l'ambiance obsédante et si la prétention et l'illumination ne sont jamais bien loin, il est possible d'être hypnotisé par ce conte hors norme qui est aussi fascinant qu'irritant. ***

lundi 6 janvier 2014

Les cinq films québécois les plus attendus de 2014

Pour bien commencer l'année, place à quelques palmarès qui reviennent sur les titres dont on a le plus hâte de voir.

Celui d'aujourd'hui porte sur les cinq films québécois qui marqueront à coup sûr 2014.

Mes choix se trouvent sur le site de Cineplex.

Film du jour: Le mépris

Film le plus commercial de Jean-Luc Godard, Le mépris est - comme d'habitude chez le célèbre metteur en scène - une histoire à tiroirs: entre un scénariste qui perd sa copine au profit d'un producteur, entre le réalisateur qui exorcise sa propre romance, etc. Il s'agit surtout d'un superbe portrait du phénomène Bardot qui apparaît au sommet de sa beauté et d'un pensum sur le septième art, prisonnier d'impératifs économiques. Du coup, il faut regarder ailleurs pour être comblé et on ne peut, en aucun cas, accuser son auteur d'avoir vendu son âme au diable. Bien au contraire. ****

dimanche 5 janvier 2014

Film du jour: Broken Blossoms

Après une série de chefs-d'oeuvre à grand déploiement, D.W. Griffith a changé un peu son fusil d'épaule pour ce classique plus intimiste que d'habitude, qui raconte l'amour malheureux entre un immigrant chinois et une jeune adolescente anglaise. Avec sa réalisation raffinée en avance sur son époque, la pureté de ses interprètes et la magnificence de ses thèmes, il s'agit d'une très grande fresque, qui comprend notamment un des plus grands méchants de l'histoire du septième art. *****

samedi 4 janvier 2014

Film du jour: Tokyo Drifter

Film le plus culte de Seijun Suzuki, Tokyo Drifter est une jouissive satire des films de yakuzas, où tout le monde se bat pour des riens. L'intrigue, absurde et accessoire, est un prétexte à des combats imaginatifs, à une mise en scène élaborée et à des thèmes musicaux soignés, qui ont fortement exploré Tarantino. C'est beau à voir et très amusant à suivre. ***1/2

vendredi 3 janvier 2014

Nouveautés au cinéma cette semaine: Cutie and the Boxer, Paranormal Activity - The Marked Ones

2014 débute tranquillement avec la sortie cette semaine de seulement deux longs métrages.

Présenté dans trop peu de salle, Cutie and the Boxer est un très beau documentaire de Zachary Heinzerling qui parle du quotidien d'un couple d'artistes à New York. Visuellement soigné et s'intéressant aux sacrifices amoureux que demande l'art, cet essai séduit et finit par émouvoir avant la fin. Voilà déjà un titre qui se retrouvera probablement dans notre top 101 de fin d'année! ***1/2

Après un quatrième épisode assez quelconque, la série Paranormal Activity s'offre un tome qui n'a que peu à voir avec les précédents efforts, semblant surtout exister pour séduire la communauté hispanophone. Lorsqu'une marque mystérieuse apparaît sur le bras d'un jeune homme, ses amis feront l'impossible pour le secourir. Plein d'action mais mal joué et mal réalisé, jamais drôle ou épeurant, The Maked Ones de Chistopher Landon est une production pénible et ratée qui tente quelques tours de magie dans sa dernière ligne droite, pour mieux décevoir au final. On a vraiment hâte que la série s'arrête pour de bon. *1/2