dimanche 31 mars 2019

Les films préférés de... Stacy Martin

Découverte dans le Nymphomaniac de Lars von Trier, Stacy Martin s'amuse à jouer autant en anglais qu'en français, prenant part à des productions singulières comme The Childhood of a Leader, High-Rise, Le redoutable et Vox Lux. Je l'ai rencontré pour la sortie d'Amanda (mon entrevue) et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés...

« La question difficile. Je ne vais pas souvent au cinéma, mais je vais souvent à un cinéma à Londres qui s'appelle Close Up. C'est un des seuls cinémas indépendants à Londres qui montrent les films en pellicule. Ils montrent des Cassavetes, des Antonioni, des courts métrages. Et c'est là que je suis tombée amoureuse de Gena Rowlands. J'ai vu mes premiers Cassavetes là-bas et ça m'a bouleversés... En Angleterre, on va dans des cinémas où il y a des films nouveaux. Du coup, je vais souvent là, où les films sont plus anciens. C'est un peu mon quartier général.

Film du jour: América

Récemment présenté à Montréal dans le cadre des RIDM+, América d'Erick Stoll et Chase Whiteside est un émouvant documentaire sur des hommes qui font l'impossible pour prendre soin de leur grand-mère. Filmé tendrement, l'essai est transcendé par des moments d'humanité. C'est la vraie vie qui ressort de ce portrait timide et modeste qui aurait mérité une plus grande visibilité. ***1/2

samedi 30 mars 2019

Sorties au cinéma: The Beach Bum, Une femme en guerre, The Mustang, Nous sommes Gold, Sauver ou périr, Dumbo, Hotel Mumbai, The Aftermath

Mars se termine sur une belle note, avec la sortie de longs métrages singuliers.

The Beach Bum: Après Spring Breakers, Harmony Korine demeure dans le film complètement cinglé avec une nouvelle satire de la vie américaine. À prendre ou à laisser. ***1/2
Mon entrevue avec le cinéaste sera bientôt publiée

Une femme en guerre: Malgré sa superficialité, cette fable écologique islandaise de Benedikt Erlingsson s'avère assez savoureuse. ***

The Mustang: Ce proche cousin de Lean on Pete de Laure de Clermont-Tonerre confronte classiquement mais avec un certain souffle épique l'homme-bête en quête de rédemption. ***

Nous sommes Gold: Éric Morin continue à traiter de la notion du territoire en s'empreignant de musique rock. L'énergie est contagieuse, bien que tout ne soit pas d'égale valeur. ***

Sauver ou périr: De très bons comédiens n'empêchent pas totalement ce drame de pompiers de Frédéric Tellier de se vautrer dans un sentimentalisme dégoulinant. **1/2

Dumbo: Tim Burton continue à s'enfoncer avec cette relecture sans âme d'un héros d'enfance, lui préférant ses humains insignifiants. Pourtant, c'est l'éléphant qui vaut son pesant d'or. **

Hotel Mumbai: Une effroyable histoire vraie sous fond d'attentats meurtriers devient l'objet d'un inexcusable récit d'exploitation de la part d'Anthony Maras, qui ne s'intéresse qu'à sa violence. **

The Aftermath: Difficile d'être passionné par cette indigeste bluette de James Kent qui mélange histoire et politique tant tout ce qu'elle avance est pétrie de clichés. **

Film du jour: Harlan County USA

Le rêve américain en prend pour son rhume dans Harlan County USA, le fantastique documentaire de Barbara Kopple qui porte sur une grève de miniers. Fort en gueule dans sa description d'injustices chroniques, la caméra va au plus près des gens pour montrer leur résistance face à l'adversité. Ainsi autant le résultat est révoltant (avec ses crimes fortuits et son climat de désillusion), autant l'union séduit, tout comme cette transcription d'une autre communauté, qui passe par ses femmes et ses mélodies. ****1/2

vendredi 29 mars 2019

Entrevue Sauver ou périr

Pour la sortie québécoise de Sauver ou périr, un film de pompier mettant en vedette Pierre Niney et Anaïs Demoustier, je me suis entretenu avec son réalisateur Frédéric Tellier (L'affaire SK1). Mon entrevue se trouve dans les pages du journal Métro.

Film du jour: Firecrackers

C'est un sensible premier long métrage de fiction que propose la Canadienne Jasmin Mozaffari avec Firecrackers. Bien que cette soif de liberté de deux adolescentes ne sorte guère des sentiers battus et que plusieurs développements s'avèrent brouillons, une réelle fougue lyrique s'échappe des images et de la réalisation. Surtout que les jeunes interprètes se dépassent dans des rôles qui sont loin d'être évidents. Une intéressante entrée en matière qui promet de belles choses pour l'avenir. ***

jeudi 28 mars 2019

Film du jour: The Pajama Game

Basé sur une pièce musicale présentée sur Broadway, The Pajama Game de George Abbott et Stanley Donen n'est parfois qu'un prétexte pour accumuler les joyeuses mélodies et les chorégraphies soignées, gracieuseté de Bob Fosse. L'histoire qui parle d'amour et d'union n'est guère développée, mais elle possède suffisamment de charme et de fantaisie pour séduire. Surtout qu'on peut compter sur la présence lumineuse de Doris Day. ***1/2

mercredi 27 mars 2019

Film du jour: The Family Fang

L'art et la famille font-ils bon ménage? C'est ce qu'on découvre dans The Family Fang, la seconde réalisation de l'acteur Jason Bateman, qui tient la vedette aux côtés de Nicole Kidman. Les comédiens, très solides, peinent parfois à élever le scénario qui comporte d'excellents flashs mais qui n'arrive pas toujours à former un tout cohérent. Reste de très belles idées, où le drame prend la mesure de la comédie. ***

mardi 26 mars 2019

La lune des coiffeurs

La lune des coiffeurs. Le titre fait rêver. À l'image de ce joli livre posthume de la regrettée Michka Saäl. Entre fiction et souvenirs, passé et présent, la réalisatrice tisse une toile poétique et enveloppante de sensations familières, reliées à l'enfance et l'identité. Très personnels, ces courts récits se dévorent rapidement, laissant une impression de chaleur et de béatitude. Que l'on ait vu ou pas son cinéma, voilà des mots qui font voyager, inspirant 1000 images, dont celle, primordiale, de profiter de chaque instant.

Film du jour: Aquaman

C'est au tour d'Aquaman d'obtenir son film en solo. (Warner)

C'est quoi? Les origines d'un homme mi-humain, mi-Atlantéen, qui doit retrouver une arme mythique lui permettant d'être roi.

C'est comment? Un peu de Jules Verne par ici, du Roi Arthur par là et on obtient une superproduction chargée d'action et d'explosions. Dans le rôle titre, Jason Momoa assure avec son humour singulier.

Et pourtant? Le reste de la prestigieuse distribution (Nicole Kidman, Patrick Wilson, Willem Dafoe, Dolph Lundgren) n'est pas aussi à l'aise et James Wan peine à trouver ses repères derrière la caméra. Peut-être est-ce la faute du scénario, complètement stupide, ou de la qualité des effets spéciaux, assez inégaux.

Techniquement? Le riche soin esthétique et sonore se fait rapidement ressentir à l'écran.

Suppléments? Cette édition comprend un blu-ray, un dvd et une copie numérique. Les bonus généralement intéressants comprennent plus d'une heure de matériel. Il est donc possible d'en savoir davantage sur cet univers aquatique, son casting, son metteur en scène, ses personnages, ses moments les plus spectaculaires et la création de son environnement visuel. On retrouve également des scènes inédites de Shazam! qui prendra bientôt l'affiche.

Au final? Entre le spectaculaire jeu vidéo et la parodie du film de super-héros, cette production luxueuse ne sait pas toujours sur quel pied danser. Surtout qu'il n'y a pas de 3D pour venir à sa rescousse comme ce fut le cas au cinéma. Après le triomphe de Wonder Woman, c'est triste que l'univers de DC Comics croupisse encore une fois au fond de l'océan.

lundi 25 mars 2019

If Beale Street Could Talk (blu-ray)

Le réalisateur de Moonlight remet ça avec le presque aussi éblouissant If Beale Street Could Talk. (Les Films Séville/ eOne)

C'est quoi? Une jeune femme enceinte cherche une façon de faire libérer son amoureux, emprisonné à tort.

C'est comment? Quelle jolie histoire d'amour, pleine de lyrisme et de poésie, inspirée d'un roman social de James Baldwin. L'interprétation est excellente et la mise en scène recèle de nombreuses trouvailles ingénieuses.

Et pourtant? C'est parfois naïf et la conclusion peut laisser à désirer.

Techniquement? La photographie lumineuse ressort avantageusement au sein d'images magnifiques. C'est également le cas des sublimes mélodies.

Suppléments? Cette édition comprend un blu-ray, un dvd et une copie numérique. Les bonus comportent de très intéressantes scènes supprimées, un pertinent documentaire sur le tournage et une galerie de photographies. Il ne faut surtout pas rater la fascinante piste de commentaires du cinéaste Barry Jenkins.

Au final? Il s'agit d'un des meilleurs films de 2018, l'un des plus puissants et des plus beaux. Lauréat de l'Oscar de la meilleure actrice de soutien (pour la vibrante Regina King), le long métrage aurait dû remporter plus de distinctions.

Mon entrevue avec l'acteur principal

Film du jour: Peindre ou faire l'amour

Fable bucolique sur les vieux couples et la retraite, Peindre ou faire l’amour s’envole sur le vent de la légèreté et de la bonne humeur. Une œuvre bohème tout simplement irrésistible qui mérite amplement le détour.

Au Festival de Cannes de 2005, il n’y avait que des poids lourds. Jarmusch, Egoyan, Cronenberg, Von Trier, Dardenne et bien plus encore. Voilà peut-être ce qui explique le peu d’intérêt porté à l'essai des frères (eh oui, encore) Arnaud et Jean-Marie Larrieu. En apparence ludique, Peindre ou faire l’amour pose des questions très pertinentes sur la lassitude et le passage du temps qui guettent les amoureux.
William (Daniel Auteuil) vient de prendre sa retraite. Cet ancien météorologue se laisse convaincre par son épouse Madeleine (Sabine Azema), une passionnée de la peinture, d’acheter une vieille maison isolée. Tout va à la merveille chez ces deux êtres unis. Au fil des rencontres, ils deviennent de plus en plus fascinés par leurs nouveaux voisins : un aveugle sympathique (Sergi Lopez) et sa jeune compagne (Amira Casar). À un tel point que les inhibitions risquent de disparaître, ce qui pourrait laisser plusieurs personnes mal à l’aise.

Nombreux sont les films qui parlent du démon du midi, mais rares sont ceux qui s’intéressent à la problématique du couple. Même si celui-ci est fidèle, un certain essoufflement peut survenir après des dizaines années de mariage. L’amour, toujours présent, prend souvent une autre forme, plus près de la tendresse que de la fusion. C’est cette délicate thématique que traite cette œuvre très jolie et souvent fort drôle, qui surprend à de multiples occasions. À commencer par la présence de maintes métaphores. Les allusions à la température par un ancien professionnel du temps, la maison qui demeure belle même si elle est vielle porte un écho sincère et virulent à ce magnifique duo principal qui mûri incroyablement bien.

Au passage, difficile de ne pas être ravi par la fraîcheur des interprètes. Sabine Azema resplendit de tous ses charmes avec son merveilleux sourire. Daniel Auteuil est égal à lui-même (c'est-à-dire convaincant) pendant qu’Amira Casar parvient généralement à faire oublier ce gros nanar qu’était Anatomie de l’enfer. Même Sergi Lopez, habitué au rôle de salaud depuis le mémorable Harry, un ami qui vous veut du bien, arrive à étonner par sa gentillesse qui se dévoile très progressivement. Un quatuor jouant des cordes, se séduisant au passage pour mieux revenir à la réalité qui n’est, finalement, qu’un exutoire des fantasmes.

Le tout est entouré de vieux succès très bien intégrés (Jacques Brel, Léo Ferré sur des vers d’Aragon, la pièce Nature Boy) et d’une fine trame sonore instrumentale de Philippe Katerine, qui défend également un personnage secondaire. Cette musique simple crée rapidement des effets secondaires jouissifs et comme ce chanteur d’exception avait déjà travaillé sur Un Homme, un vrai, la première fiction du duo Larrieu, il était tout à fait à l’aise dans leur univers. L’utilisation fort appropriée des différents haut-parleurs est également révélatrice de la nature des liens complexes entre les protagonistes. Le vent, des hiboux, des flammes : il est tout à fait possible de se fermer les yeux et de « voir » ces êtres évoluer. Ce son toujours à la hauteur se dérobe au contact des voix, très bien calibrées. Film de dialogues, les mots prennent toute la place. La présence de sous-titres anglophones blancs ne rend pas toujours hommage à cette belle langue, surtout que l’écriture n’est guère évidente à déchiffrer.

Au même tire que les deux couples, les images sont une base primordiale du récit. Les paysages extérieurs sont resplendissants, les Alpes affichant une source d’inspiration sans borne au personnage de Madeleine, une peintre qui ne montrera finalement aucune de ses créations. La vieille maison tombant en ruine est également séduisante et englobante, figure de solidité nécessitant des soins attentifs pour perdurer. Le rôle de la noirceur est vital pour alimenter certaines scènes. Non seulement le parallèle au non-voyant est évident, mais cette obscurité envahis physiquement et mentalement les différents individus. Cette pénombre aurait pu faire soupirer, elle finit par être drôle et même nécessaire. Ce noir ambiant ressort convenablement. Les couleurs ne sont jamais trop sombres, les contrastes sont tout à fait pertinents. Il faut également noter ce jeu sur les ombres, le recourt au crépuscule, baignant des séquences dans l’onirisme. Un visuel séduisant qui n’est pourtant pas parfait.

En évitant de trop surcharger les émotions ou même la réalisation, Arnaud et Jean-Marie Larrieu ont pris le pari de garder le récit au niveau de la simplicité. Les doutes, les instants de bonheur, le cynisme est relégué aux oubliettes pour laisser transcender la pureté, la vérité. Sans rien laisser présager, Peindre ou faire l’amour est un pari irrésistible sur la vie, qui risque de faire discuter énormément dans les chaumières par ses propositions anticonformistes. ***1/2

Ce soir à la Cinémathèque québécoise.

dimanche 24 mars 2019

Les films préférés de... Florian Henckel von Donnersmarck

De l'Oscar du meilleur film en langue étrangère (La vie des autres) à un immense succès planétaire (The Tourist), le cinéaste allemand Florian Henckel von Donnersmarck a touché aux deux extrêmes très tôt dans sa carrière. J'ai pu lui parler pour la sortie de son troisième long métrage Never Look Away (mon entrevue) et je lui ai demandé quels étaient ses films favoris...

« To Be or Not to Be de Lubitsch est un de mes films préférés. Je l'ai montré à mes enfants récemment et j'étais encore bouleversé par la force énorme, l'humour incroyable et la profondeur de ce film. Il a été fait il y a 80 ans, mais en même temps, il est complètement moderne. Ce n'est pas facile de faire mieux.

J'aime beaucoup The Talented Mr. Ripley d'Anthony Minghella.

J'aime aussi des films populaires comme... Groundhog Day. C'est un film qui, chaque fois, m'impressionne. C'est un film très populaire mais aussi profondément philosophique.

Il me semble que j'ai un nouveau film préféré à chaque année. Ça change un peu chaque année.

Je prends un film, je le montre à mes enfants et je leur dit "Voilà, c'est un film qui m'a vraiment impressionné quand j'étais jeune". Je le revois et je suis très déçu! Et parfois, il y a des films je n'avais pas compris à l'époque comment ils étaient bons.

Je me souviens, à ma première année à l'académie du cinéma, toute notre classe est allé voir Titanic. Ça ne nous avait pas tellement plu. Je l'ai revu très récemment. Je terminais le mixage de mon film et mes enfants avaient juste commencé à le voir. J'étais très fatigué, c'était une longue journée. En temps normal, je leur aurait dit "Allez maintenant au lit, car il était tard". Et j'étais captivé par ce film. À l'époque, je n'étais pas encore quelqu'un qui savait exactement comment faire des films et je n'avais pas vu le niveau incroyable de maîtrise de ce médium de cinéma, de comment il racontait cette histoire. J'étais épaté par ce film et par sa qualité.

On change et les films préférés changent avec nous. »

Film du jour: Hook

Souvent considéré comme la tache noire dans la filmographie de Steven Spielberg, Hook demeure un agréable divertissement enfantin. Vrai que l'ensemble brouillon ne remplit pas toutes ses promesses et que le scénario appuyé cherche seulement à faire pleurer. Sauf qu'il y a suffisamment de magie et d'effets spéciaux old school pour susciter l'adhésion. Robin Williams s'amuse comme un petit fou, aux côtés d'un Dustion Hoffman cabotin à souhait. ***

samedi 23 mars 2019

Sorties au cinéma: Les éternels, Amanda, Us, Ca$h Nexu$, Gloria Bell, The Hummingbird Project, Tenir tête

Les grands cinéastes se donnent rendez-vous cette semaine, dans un cinéma près de chez vous.

Les éternels: C'est un condensé de sa carrière que propose ici Jia Zhangke. Entre lettre d'amour à sa femme et au cinéma, le film ensorcelle instantanément. **** 

Amanda: De la noirceur naît la lumière. C'est la maxime derrière le bouleversant nouveau long métrage de Mikhaël Hers, un des créateurs les plus sensibles de sa génération. ****

Us: Après Get Out, Jordan Peele confirme qu'il est le nouveau maître de l'horreur mâtinée de satire sociale.  La conclusion est décevante, mais l'ensemble ne manque pas de virtuosité. ***1/2

Ca$h Nexu$: À prendre ou à laisser, le dernier opus de François Delisle ose l'ambition, la surabondance d'éléments aussi fascinants qu'énervants. On n'en ressort pas indemne. ***

Gloria Bell: Sebastian Lelio refait son Gloria presque plan par plan, conférant à Julianne Moore un rôle majestueux, surtout lorsqu'elle danse en solitaire. Tonique à défaut d'être unique. ***

The Hummingbird Project: Pour son premier film «hollywoodien», Kim Nguyen la joue ludique et énergique, traitant avec absurdité et une certaine superficialité le système financier. ***

Tenir tête: Ce documentaire bien attentionné de Mathieu Arsenault sur les psychoses s'avère instructif sur le plan social, mais chiche au niveau cinématographique, alors qu'on force sans cesse l'émotion afin de soutirer des larmes. **1/2

Film du jour: Night and Day

Se déroulant à Paris, Night and Day est un film assez fantaisiste de la part de Hong Sang-soo, qui prend son temps - parfois trop - pour rappeler que l'herbe est souvient bien plus verte chez le voisin. Parfaitement inscrit dans son univers unique tout en se permettant des évasions vers le rêve, l'ensemble réserve des surprises tout en déployant cette musique qui fait amplement sourire. Ce qu'on peut s'y sentir à notre aise! ***1/2

vendredi 22 mars 2019

Entrevue Ca$h Nexu$

Le cinéma québécois continue de surprendre en 2019. Place cette fois au radical Ca$h Nexu$ de François Delisle. Je me suis entretenu avec le cinéaste singulier et mon entrevue se trouve dans le journal Métro d'aujourd'hui.

L'amour (dvd)

Marc Bisaillon conclut sa trilogie sur le silence coupable avec L'amour (Filmoption International/TVA Films).

C'est quoi? Sans prévenir sa mère, Alex part rejoindre son père dans le Maine où il prépare un plan particulier...

C'est comment? Le sujet est puissant et les acteurs sont excellents, surtout Pierre-Luc Lafontaine dans le rôle principal. La mise en scène demeure sensible et attentive

Et pourtant? Pourquoi jouer de suspense alors que l'histoire est connue et prévisible? Le montage inutilement compliqué sent l’esbroufe.

Techniquement? La photographie soignée est bien mise à l'avant au sein de ces images précises et détaillées.

Suppléments? Il y a cinq courtes capsules vidéo regroupant des entrevues avec les comédiens et le cinéaste. Il est question de fait vécu, de relation père/fils, du silence des victimes, du sentiment de culpabilité et de thriller.

Au final? Plus marquant que La lâcheté mais un tantinet en-dessous de La vérité, L'amour s'avère un effort solide de Marc Bisaillon. En voilà un que l'on aimerait définitivement voir plus souvent derrière la caméra.

Ma critique

Film du jour: Lenny

Parmi les meilleurs rôles en carrière de Dustin Hoffman, on oublie trop souvent sa performance inoubliable dans Lenny (1974) de Bob Fosse. Il est pourtant parfait dans le rôle de cet important comique qui a souvent dû affronter les préjugés de son pays. La structure du récit, d'une fluidité impressionnante, mélange au sein d'une élégante photographie en noir et blanc et d'un montage sidérant le faux documentaire et une dramaturgie à peine plus classique. L'ensemble ne tarde pas à ensorceler. ****

jeudi 21 mars 2019

Entrevue The Hummingbird Project

Pour la sortie de son amusant The Hummingbird, Project, je me suis entretenu avec le cinéaste québécois Kim Nguyen. Le fruit de ma rencontre se trouve sur le site du Voir.

Film du jour: Demain et tous les autres jours

Toujours inédit au Québec, Demain et tous les autres jours est la dernière réalisation de Noémie Lvosky, qui campe une mère qui a beaucoup de difficulté à s'occuper de sa fille de 12 ans. Naviguant entre fantaisie et réalisme, ce petit film sincère est dominé par la présence naturelle de la jeune Luce Rodriguez. Bien qu'appuyé et superficiel, l'ensemble séduit, surtout lors de sa conclusion particulièrement émouvante. ***

mercredi 20 mars 2019

Entrevue Amanda

Émouvant film sur le deuil, Paris et la nécessité de se relever, Amanda prend l'affiche ce vendredi au Québec. Je me suis entretenu avec son réalisateur Mikhaël Hers et son actrice Stacy Martin et mon entrevue se trouve dans les pages du journal Métro.

Film du jour: The Shape of Things

Ce qu'on peut s'ennuyer de la fouge des premiers films de Neil LaBute, dont The Shape of Things (2003) demeure son dernier long métrage satisfaisant en carrière. Même s'il s'agit d'une variation sur son sommet In the Company of Men, difficile de résister à ce scénario tordu aux répliques assassines, livré par des comédiens délectables dont une Rachel Weisz en pleine possession de ses moyens. Conçu pour le théâtre, ce passage bien que répétitif et trop peu cinématographique demeure fort agréable. ***

mardi 19 mars 2019

Mary Poppins Returns (blu-ray)

Au rayon des suites les plus improbables de l'histoire, place à Mary Poppins Returns (Disney).

C'est quoi? Mary Poppins revient aider la famille Banks qui a bien besoin d'elle.

C'est comment? Quelle audace de replonger dans cet univers unique et intemporel! Contre toutes attentes, Emily Blunt assure dans le rôle principal.

Et pourtant? Il s'agit d'une énième suite-remake qui ne fait que reprendre des éléments connus. Les chansons et les chorégraphies ne sont pas marquantes, alors que les morales s'avèrent assez douteuses (l'argent qui sauve la famille? Vraiment?!).

Techniquement? Le brio est total, s'échappant à la fois des enceintes sonores que de l'écran, qui regorge de couleurs et de saisissants éléments visuels.

Suppléments? Cette édition comprend un blu-ray, un dvd et une copie numérique. Les bonus totalisant plus d'une heure d'informations regroupent du matériel inédit (chanson, scènes), un bêtisier, des numéros musicaux différents, un segment sur le retour de Dick Van Dyke et un documentaire en quatre parties sur le tournage.

Au final? Difficile de capitaliser sur le passé et le cinéaste Rob Marshall l'apprend à ses dépends avec ce long métrage appliqué mais sans âme, qui donne seulement le goût de revoir l'original.

Film du jour: Jubal

Parmi les nombreux westerns qu'a pu réaliser Delmer Daves (3:10 to Yuma, Broken Arrow), Jubal (1956) s'avère un de ses meilleurs. Si l'intrigue s'apparente à une variation d'Othello, son traitement simple et efficace puise dans le mélo pour faire ressortir l'humanité des personnages (la seule exception étant le diabolique méchant campé par un Rod Steiger en roue libre). Puis il y a la composition des plans, magnifique, qui utilise à bon escient les superbes paysages sauvages. ***1/2

lundi 18 mars 2019

Mademoiselle de Joncquières (dvd)

Emmanuel Mouret signe un de ses meilleurs avec le jouissif Mademoiselle de Joncquières. (K-Films Amérique)

C'est quoi? Une femme décide de venger son honneur dérobé par un ami et ancien amoureux.

C'est comment? Les dialogues savoureux fondent dans la bouche. L'interprétation est royale et la mise en scène, de toute beauté.

Et pourtant? Quelques passages sont plus appuyés, ampoulés et répétitifs.

Techniquement? Le soin apporté aux images maximise la richesse de la photographie. Les enceintes de qualité mettent de l'avant les nombreux dialogues et les mélodies classiques.

Suppléments? Cette jolie édition réunit les bandes-annonces des précédentes oeuvres de son créateur.

Au final? À une époque où les films ne sortent pratiquement plus en format dvd, on ne peut que louanger l’initiative de ce distributeur québécois qui fait rayonner le meilleur du cinéma étranger.

Ma critique

Mon entrevue avec Emmanuel Mouret

Film du jour: Women in Love

Ken Russell qui transpose Women in Love de D.H. Lawrence, c'est le match parfait pour de la sensualité, de la provocation et des tabous. Outre l'excellent quatuor qui comprend Alan Bates, Oliver Reed et Glenda Jackson qui s'est méritée un Oscar, c'est le grand travail cinématographique qui mérite l'attention, surtout cette façon de pervertir ce qui aurait pu être si classique et basique. ***1/2

dimanche 17 mars 2019

Les films préférés de... Élodie Bouchez

Ayant rencontrée le succès tôt avec Les roseaux sauvages et La vie rêvée des anges, l'actrice Élodie Bouchez a un peu disparu du cinéma, avant de resurgir dernièrement dans des productions atypiques (Réalité, Gaspard va au mariage, Guy). Je l'ai rencontré pour la sortie de Pupille (mon entrevue) et je lui ai demandé quels étaient ses films et réalisateurs préférés...

« J'adore The Red Shoes. Les films de Cassavetes, bien sûr. J'aime beaucoup le cinéma de Kechiche. Je trouve que c'est un cinéma important. »

Film du jour: Memories of Underdevelopment

Possiblement le plus important film cubain, Memories of Underdevelopment (1968) de Tomas Gutierrez Alea suit les aléas d'un intellectuel bourgeois lors du changement de régime. Finement interprété et écrit avec ses métaphores puissantes où le domestique et le politique ne forment qu'un, cette fresque intimiste sur l'aliénation est également un immense morceau de cinéma, naviguant au sein d'une forme libre qui surprend constamment. Il y a tellement de nuances et de sous-textes qu'on voudra le revoir en de nombreuses occasions. ****1/2

samedi 16 mars 2019

Sorties au cinéma: Miraï ma petite soeur, Genèse, Ruben Brandt Collector, Ziva Postec: La monteuse derrière le film Shoah

Le dessin animé triomphe cette semaine parmi les sorties au cinéma.

Miraï ma petite soeur: Digne successeur de Miyazaki, Mamoru Hosoda propose un nouvel opus familial magique peuplé de personnages savoureux et d'évasions salvatrices. Moralisateur à ses heures, l'ensemble n'en demeure pas moins très agréable. ***1/2

Genèse: En l'espace de quelques films, Philippe Lesage est devenu un des cinéastes les plus prometteurs du Québec. Il confirme ces espoirs avec ce brillant film sur la jeunesse, où un vieux sujet est renouvelé par la vigueur de ses interprètes et de son traitement cinématographique. ***1/2

Ruben Brandt, Collector: C'est un premier long métrage animé hors norme que propose Milorad Krstic, qui rend hommage à la peinture et au cinéma avec vigueur, brio et originalité. Ce sera peut-être trop pour certains, mais c'est justement cette générosité qui ravit tant. ***1/2

Ziva Postec: La monteuse derrière le film Shoah: Bien que classique, ce documentaire minutieux de Catherine Hébert permet de voir différemment l'art en création et ses conséquences sur les gens. Puis il y a un travail de mémoire sur le montage qui est loin d'être négligeable. ***

Film du jour: Like You Know It All

Ces jours-ci, la Cinémathèque québécoise consacre une rétrospective au cinéaste coréen Hong Sang-soo. Dans le met succulent proposé se retrouve Like You Know It All (2009), un de ses films les plus drôles en carrière. En poussant la carte de l'absurde, le réalisateur continue son exploration de l'homme raté et de ces femmes fantasmés, en poussant des leviers inédits chez lui. C'est un peu long mais surtout irrésistible. ***1/2

vendredi 15 mars 2019

Film du jour: To Dust

Inoubliable protagoniste du Fils de Saul, Géza Röhring est de retour au cinéma dans To Dust de Shawn Snyder, où il interprète un père de famille juif qui s'intéresse à la décomposition des corps depuis le décès de son épouse. Entre drame et comédie, le film s'enlise au sein de séquences répétitives, ne poussant pas assez loin la morbidité du sujet. Au moins l'interprétation demeure de qualité, surtout lorsque le héros noue une amitié avec Matthew Broderick. **1/2

jeudi 14 mars 2019

Film du jour: Fury

Avant de s'être commis sur les misérables Bright et Suicide Squad, David Ayer a réalisé Fury, un film de guerre à l'ancienne où la violence coule à flot. Classique, le récit s'apparente parfois à un western crépusculaire aux ramifications douteuses, qui est heureusement dominé par un casting solide (Brad Pitt en tête) et un immense soin technique qui maximise le son et la lumière. ***

mercredi 13 mars 2019

Green Book (blu-ray)

Green Book de Peter Farrelly reprend la formule que Driving Mr. Daisy avait popularisé il y a déjà trois décennies. Résultat: l'Oscar du meilleur film! (Universal)

C'est quoi? Dans l'Amérique raciste de 1962, un chauffeur blanc doit transporter à bon port un musicien noir et homosexuel.

C'est comment? Le duo formé de Viggo Mortensen et de Mahershala Ali fonctionne parfaitement. Les leçons de tolérance sont nombreuses.

Et pourtant? Le scénario douteux et manipulateur n'a que faire des thèmes importants. En effet, le racisme est instrumentalisé pour donner bonne conscience aux Blancs qui ont des amis de couleurs...

Techniquement? Le soin apporté aux images ne manque pas de nuance, alors que les pistes sonores discrètes laissent parfaitement filtrer les airs jazz.

Suppléments? Cette édition comprend un blu-ray, un dvd et une copie numérique. Les rares bonus - notamment sur les interprètes et l'amitié entre les personnages - sont abordés dans des segments beaucoup trop courts et superficiels.

Au final? Même s'il a triomphé partout sur son passage (au TIFF, aux Golden Globes, aux Oscars...), il est difficile d'accorder de la moindre importance à ce feel good movie, sensible en apparence mais hypocrite en réalité.

Film du jour: Tron

Alors qu'on espère toujours que Disney revienne sur sa décision en donnant le feu vert à un troisième épisode, renouer avec le Tron original se fait toujours avec plaisir. Sans doute que les effets spéciaux paraissent datés en 2019. Sauf qu'ils s'agencent parfaitement à ce récit électronique, plein d'effets lumineux et de mélodies imparables. À tel point qu'on ne se fait pas prier pour y retourner. Qui ne voudrait pas faire de la moto à toute allure en compagnie de Jeff Bridges? ***1/2

mardi 12 mars 2019

Fantastic Beasts: The Crimes of Grindelwald (blu-ray)

Après un premier tome plus ou moins convaincant, les fans d'Harry Potter voudront tout de même s'intéresser à Fantastic Beasts: The Crimes of Grindelwald.

C'est quoi? Norbert Dragonneau se lance à la poursuite d'un puissant mage noir qui s'est évadé.

C'est comment? Les effets spéciaux sont spectaculaires et les personnages s'avèrent attachants. Mention spéciale à la distribution, particulièrement relevée.

Et pourtant? Il faut avoir de bonnes connaissances de cet univers pour ne pas se sentir larguer. Le scénario possède une noirceur et une résonance qui ne sont jamais vraiment explorées.

Techniquement? Visuellement, le film en jette avec son immense soin esthétique. Même son de cloche pour l'apport sonore et musical, assez fondamental.

Suppléments? Cette édition comprend un blu-ray, un dvd et une copie numérique. Étrangement, le montage prolongé se retrouve uniquement sur la version numérique... Les suppléments plutôt intéressants comprennent dix scènes retranchées, ainsi que des documentaires sur la vision de J.K. Rowling, une discussion entre sorciers, l'apport du jeune Dumbledore et une plongée dans les secrets de cette histoire.

Au final? Est-ce normal de largement préférer Harry Potter à ces antépisodes qui manquent parfois de charme et de magie? Peut-être que le troisième changera finalement la donne...

Ma critique

Film du jour: In Order of Disappearance

Autant le remake américain mettant en vedette Liam Neeson ressemblait à une absurde comédie noire et violente, autant l'original d'In Order of Disappearance de Hans Petter Moland amenait une certaine émotion et subtilité à ce récit de justice qui emprunte autant au cinéma de Tarantino qu'à celui des frères Coen. Pour le reste, les changements sont cosmétiques, la réalisation tout à fait adéquate et Stellan Skarsgard assure comme toujours dans le rôle principal. ***

lundi 11 mars 2019

Mortal Engines (blu-ray)

Peter Jackson adapte et produit Mortal Engines - une transposition des livres à succès de Philip Reeve - en espérant se retrouver avec un nouveau Lord of the Rings. (Universal)

C'est quoi? Une jeune rebelle menace l'équilibre d'une ville super puissante montée sur roues.

C'est comment? Les effets spéciaux sont spectaculaires et les combats en mettent plein la vue.

Et pourtant? Cela se gâche dès qu'une personne se met à parler. Les personnages manquent de charisme et l'intrigue, d'intérêt.

Techniquement? Tout est très soigné, autant la précision chirurgicale accordée aux contrastes que la profondeur des enceintes audio.

Suppléments? Cette édition comprend un blu-ray, un dvd et une copie numérique. Les bonus assez satisfaisants comportent un documentaire en cinq parties sur l'univers, quelques segments explicatifs (sur les personnages, les Ancients, les technologies volantes, la Nouvelle-Zélande comme lieu de tournage) et une piste de commentaires narrée par le réalisateur Christian Rivers.

Au final? Capable de beaucoup mieux, Peter Jackson se fourvoie avec ce Star Wars des pauvres, dont la fin laissée grande ouverte pour des suites n'en obtiendra probablement aucune puisque la production a mordu la poussière au box-office.

Ma critique

Film du jour: An Actor's Revenge

Dans ce remake d'un film des années 30, Kon Ichikawa brouille avec maestria la frontière entre théâtre et cinéma, pulvérisant les genres avec humour et gravité. Plus que pour son intrigue foisonnante mais relâchée, on demeure captivé par ses images d'une immense beauté, qui utilise autrement les possibilités de son médium pour surprendre constamment. Il faut le voir pour le croire. ****

dimanche 10 mars 2019

Les films préférés de... Larissa Corriveau

Entre théâtre, télévision et poésie, Larissa Corriveau a décidé de toucher à tout avec brio, réalisant même quelques courts métrages. Au cinéma on a pu la voir dans Polytechnique, Le banquet, Ville-Marie et Nelly. Je l'ai rencontré pour la sortie de Répertoire des villes disparues (mon entrevue) et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés... 

« J'en ai beaucoup. Je suis une grande fan de Tarkovski. Pour moi Le miroir a été ma grande révélation cinématographique. J'ai vu ça adolescente et c'est comme s'il y avait une espèce de porte qui s'ouvrait sur ce que pouvait être le cinéma.

Un film qui a marqué mon enfance est Mazeppa de Bartabas. C'est un film qui est moins connu, qui est très particulier et qui parle du peintre Géricault qui s'est mis à peindre des chevaux. C'est un univers très étrange.

J'aime beaucoup David Lynch aussi. Mais il y en a tellement.

Un film québécois plus récent qui m'a rentré dedans, c'est À l'origine d'un cri. C'est un film qui a une puissance émotive hallucinante et qui n'est jamais complaisant. »

Film du jour: The Hero

Récit sur la conscience, la corruption de l'âme et le septième art, The Hero se classe dans une case à part au sein de la filmographie de Satyajit Ray, alors que ses évasions vers le rêve rappellent beaucoup Fellini. Et si ce récit n'est pas son plus subtil, sa démonstration implacable captive allègrement. Surtout que l'ensemble est dominé par l'immense star Uttam Kumar, parfait dans un rôle miroir. ***1/2

samedi 9 mars 2019

Sorties au cinéma: Trois visages, Never Look Away, Dérive, La fin des terres

Le drame se démarque clairement cette semaine, du moins parmi les nouveautés au cinéma.

Trois visages: Malgré son interdiction de tourner, Jafar Panahi continue à dresser des portraits importants de son pays. Cette fois, il mélange hommage aux femmes et au septième art pour une grande leçon de cinéma. ****

Never Look Away: Suite à son échec The Tourist, le cinéaste allemand Florian Henckel von Donnersmarck retourne au sujet historique qui a fait la gloire de son oscarisé La vie des autres. Plus  lisse et romanesque, cette fresque de trois heures a tôt fait de captiver malgré quelques passages moins relevés. ***1/2

Dérive: Pour leur premier long métrage, David Uloth et sa collaboratrice Chloë Cinq-Mars proposent un beau portrait de femmes en deuil mais résilientes. Si l'on s'ennuie de leur folie habituelle, le trio d'interprètes s'avère épatant. ***

La fin des terres: En utilisant une succession de voix-off différentes dont on ne verra jamais les visages, Loïc Darses dresse le portrait de la jeunesse post référendaire (1995). Une lumineuse idée qui ne donne pas les fruits escomptés. Souvent simpliste et chiche en idées nouvelles, le discours est agrémenté de lourds effets stylisés qui ne font que répéter ce qu'on voit déjà. Dès le 12 mars. **1/2

Film du jour: La fille du Nil

Film de transition d'Hou Hsaio-hsien, La fille du Nil comportait déjà tous ses thèmes fétiches: l'aliénation de la jeunesse urbaine, la violence tragique qui peut survenir à chaque moment et le mutisme silencieux de ses personnages. Le tout inséré dans une mise en scène modeste mais implacable, dégoulinant de néons et de couleurs criardes qui séduisent instantanément la rétine. Derrière ses intentions de départ de rejoindre un plus grand nombre de gens (il s'agit d'une adaptation d'un manga et l'emphase est mise sur l'héroïne qui est également une vedette de la chanson pop), c'est le cinéma qui y gagne au change. ***1/2 

vendredi 8 mars 2019

Entrevue Never Look Away

Acclamé pour son oscarisé La vie des autres et vilipendé par la critique pour The Tourist, le cinéaste allemand Florian Henckel von Donnersmarck est de retour avec Never Look Away, une nouvelle fresque historique qui s'était retrouvée aux Oscars plutôt cette année. J'ai pu discuter avec le réalisateur et mon entrevue se trouve dans les pages du journal Métro.

Film du jour: Captain Marvel

À chaque nouveau film de Marvel, la même question se pose. À quand un retour en force après tant de longs métrages anonymes, ordinaires, conventionnels et moyens. Ce n'est malheureusement pas Captain Marvel qui renversera la vapeur. Bien que divertissant et porté par une Brie Larson en pleine forme, il s'agit toujours de la même histoire déguisée, cette fois à une sauce féministe tellement appuyée et martelée qu'elle en devient inopérante. Le talent des cinéastes - ici Ryan Fleck et Anna Boden - semble avoir été absorbé par un flux qui rend les productions interchangeables. Sans doute que celle-ci est un peu mieux réalisée que les précédentes, sauf que les effets spéciaux s'avèrent loin d'être impeccables et on se plaît à penser ce qui pourrait arriver à la licence si elle arrêtait de toujours la jouer sécuritaire. Évidemment que si l'intrigue se déroule dans les années 90, il faut sauter tête première dans la nostalgie de bon étage et multiplier les succès musicaux les plus évidents. Un peu d'humour, beaucoup d'action, quelques clins d'oeil et hop, on remballe le tout jusqu'au prochain Avengers. Au moins le chat est irrésistible... **1/2

jeudi 7 mars 2019

Film du jour: Adrift in Tokyo

Récit doux-amer sur la famille et la solitude, Adrift in Tokyo (2007) apaise l’âme par sa longue promenade à travers la métropole du Japon. Original et décalé, à l’image de cet humour qui baigne la majorité des situations.


Fumiya (Joe Odagiri) doit de l’argent à Fukuhara (Tomokazu Miura). Ce dernier lui propose de régler sa dette en marchant en sa compagnie dans les rues de Tokyo au gré de ses envies. Cette errance dans des sites pas nécessairement touristiques va rapprocher les deux hommes, qui se trouveront une famille de substitution. Il doit bien y avoir une raison à tous ces pas qui semblent sans fin?

Ce road-movie est issu de l’imaginaire du talentueux cinéaste nippon Satoshi Miki. Lors de l’édition de 2009 du Festival Fantasia, il ravissait le public avec son extrêmement imaginatif Instant Swamp. Il reste ici sur le plancher des vaches, traitant des thèmes universels et essentiels, dont la filiation, l’amitié et le sens de l’existence. Il utilise cette capitale tant arpentée pour décrire la solitude et la mondialisation effrénée qui remplace ce qui est et ce qui n’est plus.

Cette mélancolie des souvenirs est traitée sur un mode absurde à travers des dialogues décalés et des situations complètement imprévisibles. Il ne faut surtout pas prendre au premier degré cet humour en apparence vulgaire et primaire. L’étrangeté et la bizarrerie des lieux et des personnages restent en tête, ce qui tranche avec la majorité des longs-métrages qui prennent régulièrement l’affiche. Surtout que l’interprétation décontractée détonne au sein de sujets plus lourds et profonds, où le visage ensoleillé d’Odagiri se frotte à celui plus perplexe et rigide de Miura.

Adrift in Tokyo est une œuvre singulière, drôle et subtile, qui cache sa complexité derrière des gags limites qui surprennent avant de faire rire ou sourire. Il s’agit surtout d’une quête existentielle comme il s’en fait peu, fine et méditative, qui permet de voir l’univers un peu autrement. Cela fait du bien. ***1/2

Ce soir à la Cinémathèque.

mercredi 6 mars 2019

La course des tuques (dvd)

La guerre des tuques a tellement marqué l'imaginaire québécois qu'on est déjà rendu à la deuxième animation sur le sujet, intitulée La course des tuques. (Séville)

C'est quoi? Une compétition entre deux clans d'enfants risque d'avoir des conséquences néfastes sur tout le monde.

C'est comment? C'est bien meilleur que le précédent dessin animé. Enfin on travaille sur du matériel original!

Et pourtant? Les personnages ne sont pas tous intéressants et les morales appuyées ressortent allègrement.

Techniquement? La piste sonore de qualité maximise les heureux choix musicaux. Un soin particulier a été apporté au rendu visuel.

Suppléments? Il n'y a aucun supplément sur la version dvd.

Au final? Malgré un budget limité pour ce style animé, La course des tuques a fait son lot de spectateurs pendant la période des Fêtes. Évidemment, le long métrage s'adresse davantage aux enfants qu'aux parents, mais le résultat est loin d'être négligeable.

Film du jour: Sour Grapes

Réalisé il y a plus de 20 ans par un Larry David qui était encore porté par l'univers créatif de Seinfeld, Sour Grapes comporte des moments rigolos d'humour noir soutenus par des comédiens qui s'expriment tous comme David. Cependant, on a ici affaire à de la télévision et non pas à du cinéma, avec une mise en scène inexistante et des ponts musicaux qui viennent tout surligner. Déjà que l'histoire est terriblement mince, le contenant sans attrait n'est pas là pour aider. **1/2

mardi 5 mars 2019

Creed II (blu-ray)

Après le triomphe critique et public du premier film, place à un retour dans le ring pour Creed II. (Warner)

C'est quoi? Adonis Creed se bat contre le fils de l'homme qui a tué son père.

C'est comment? L'interprétation est à nouveau rigoureuse, surtout du côté de Michael B. Jordan.

Et pourtant? Le scénario en mode recyclage donne peu de moments de gloire à ses personnages. Le changement de réalisateur offre un rendu beaucoup plus quelconque.

Techniquement? La piste sonore s'en donne à coeur joie, surtout lors des moments d'action. Le soin graphique est également de très haut niveau.

Suppléments? Cette édition comprend un blu-ray, un dvd et une copie numérique. Les bonus réunissent quatre documentaires (sur les thèmes filiaux, les personnages féminins, le méchant et la légende de Rocky) et quelques scènes supprimées.

Au final? On se trouve parfois plus devant Rocky IV partie 2 que devant Creed II. C'est bien beau d'explorer les liens parentaux, mais espérons que le troisième tome ne donne pas naissance à une confrontation entre Adonis et les héritiers de Mister T.

Ma critique

Film du jour: Father Figures

Vilipendé à sa sortie, Father Figures de Lawrence Sher demeure une comédie classique sur deux frères qui partent à la recherche de leur père. Malgré une intrigue prévisible et des gags qui tombent à plat, une part d'ombre s'échappe du scénario qui aurait dû mieux exploiter ce côté dramatique. Puis il y a ce duo attendrissant formé de Ed Helms et Owen Wilson qui fait sourire. **1/2