samedi 22 novembre 2014

Sorties au cinéma : Diplomatie, Party Girl, Frank, Altman, Hit by Lightning, Hunger Games: Mockingjay Part 1

C'est une semaine bien remplie avec une sortie que tout le monde attend, deux très bons films français et deux nouveautés qui voient le jour sans la seule projection de presse. Verdict?

Adaptation précise et consciencieuse d'une pièce de théâtre, Diplomatie de Volker Schlöndorff (Le tambour) ne renie jamais ses origines. Au contraire, il utilise le huis clos pour maximiser ses enjeux (Paris risque d'être détruite à la fin de la Seconde Guerre mondiale) et il donne des rôles en or à André Dussollier et à Niels Arestrup. ***1/2

Entre le documentaire incroyable et la fiction naturaliste, il y a un certain Party Girl qui a été présenté il y a quelques jours à Cinemania et qui a remporté la Caméra d'Or au dernier Festival de Cannes. Une belle histoire de seconde chance où l'amour et les retrouvailles familiales attendent une femme de 60 ans. C'est très bien joué, émouvant et d'une rare finesse. ***1/2

Sorte d'avant-goût au très bon Whiplash qui prend l'affiche la semaine prochaine, Frank de Lenny Abrahamson est la rencontre entre un chanteur qui porte sans cesse un masque sur la tête et un apprenti musicien qui fera tout pour être célèbre. Il ne faut surtout pas se fier à la première partie, plus quelconque, car la suite captive de bout en bout en posant d'excellentes questions sur l'industrie musicale. ***

Bien que terriblement classique et conventionnel, le documentaire que consacre Ron Finn à Robert Altman est bien fait et toujours intéressant. On ressasse ses victoires, ses échecs, sa relation parfois difficile avec ses enfants et ses combats avec la maladie. Au final, une couple de classiques indémodables. C'est déjà plus que beaucoup de ses contemporains. ***

Le cinéma du Canada anglais est à la dérive, surtout lorsqu'il est question de comédie. Hit by Lightning de Ricky Blitt le prouve à nouveau. Déjà que la prémisse ne paye pas de mine (une femme demande à son amant d'éliminer son mari), mais si on rajoute à cela des gags puérils, des acteurs abonnés aux mimiques et une mise en scène de télévision, on obtient un objet endormant, lassant et irritant tout à la fois. *1/2

Le premier Hunger Games était un divertissement de qualité, le second sentait déjà la répétition. On avait bon espoir avec le Mockingjay Part 1 de Francis Lawrence qui rentre enfin dans le vif du sujet: la révolution, la propagande, la manipulation des images, etc. Malheureusement, cette superproduction déçoit sur toute la ligne. L'histoire est superficielle et inintéressante, les scènes d'action sont mal filmées et elles semblent manquer de budget (on n'est pourtant pas sur la chaîne spécialisée FX) et, pire encore, les excellents comédiens (Jennifer Lawrence, Philip Seymour Hoffman, Julianne Moore) sont complètement éteints dans des rôles unidimensionnels. Peut-être que l'ultime épisode va sauver la mise, mais ce ne sont pas toutes les séries populaires qui doivent scinder leur finale en deux pour faire plus d'argent. Cela a bien fonctionné avec Harry Potter, mais ici, c'est prendre le spectateur pour un abruti. **

Film du jour : Pulp : A Film About Life, Death and Supermarkets (RIDM)

Tout ce que vous avez voulu savoir sur l'un des meilleurs groupes anglais des dernières années. C'est un peu la mission du séduisant documentaire Pulp: A Film About Life, Death and Supermarkets d'Alex Boden, qui mise tout sur l'excellente musique de la formation, son dernier spectacle dans sa ville natale, les déhanchements de Jarvis Cocker, ses pensées les plus profondes et l'impact du band sur les common people. C'est drôle, ludique, sympathique, un brin superficiel mais toujours agréable à regarder et à écouter. ***

vendredi 21 novembre 2014

Film du jour: Charlie Wilson's War

Décédé hier à l'âge de 83 ans, Mike Nichols fut un immense cinéaste, que l'on pense seulement à The Graduate, Who's Afraid of Virginia Woolf? et Angels in America. Sans être aussi essentiel, Charlie Wilson's War demeure une délicieuse satire de la politique américaine, où un sénateur profite d'un conflit outre-mer pour maximiser le budget d'armements. Les dialogues fondent dans la bouge et le jeu admirable des comédiens (Tom Hanks, Julia Roberts et le regretté Philip Seymour Hoffman) font oublier les morales qui sont parfois douteuses. ***1/2

jeudi 20 novembre 2014

Début d'Image + Nation

Avec le FNC, Cinemania et les RIDM, on peut oublier Image + Nation, ce festival de cinéma lesbien, gai, bi et trans de Montréal qui en est cette année à sa 27e édition. Sa programmation est pourtant encore très intéressante et si aucun titre ne sort réellement du lot (comme celui de François Ozon, il y a quelques années), les belles découvertes seront nombreuses. Jusqu'au 30 novembre. Infos

Film du jour: Le temps perdu

Présenté aujourd'hui dans le cadre des Rencontres internationales du documentaire de Montréal, Le temps perdu de Pierre Schoeller (L'exercice de l'état) est un touchant et éclairant effort de 50 minutes qui porte sur les réfugiés syriens qui vivent dans des camps du Kurdistan irakien. Avec ses images qui disent tout et ses confessions bouleversantes, on ne ressort pas indemne de cette traversée au coeur de l'attente, où la résilience est pratiquement impossible. ***1/2 

mercredi 19 novembre 2014

Film du jour: Shadows

La Nouvelle Vague américaine est pas mal née avec le Shadows John Cassavetes, ce film largement improvisé et tourné à New York à l'aide de plusieurs comédiens non-professionnels. Si cette oeuvre libre et touchée par la grâce ne comporte ni réel début, milieu ou fin, son réalisme prend le dessus sur toute autre considération, surtout devant ce scénario qui aurait très bien pu être à thèse (un jeune homme hésite à s'engager avec une femme après la rencontre de ses frères noirs). Mais le cinéaste lui préfère une approche naturaliste qui est tout à son honneur et qui rend encore plus indémodable sa démarche et l'impact de cet opus. ****

mardi 18 novembre 2014

Nouveautés en DVD : Le vent se lève, Sin City: A Dame to Kill For, Le volcan, Into the Storm

Il n'y a pas grand-chose à se mettre la dent cette semaine au rayon des sorties dvd et blu-ray, si ce n'est le dernier classique d'un maître de l'animation.

Quelques années après son superbe Ponyo qui s'adressait aux plus jeunes, Hayao Miyazaki se tourne vers un public adulte avec son excellent Le vent se lève, une méditation puissante sur l'amour, la guerre, le temps et le rêve. C'est à la fois très différent de tout ce qu'il a pu faire auparavant, même si l'on retrouve pratiquement toutes ses obsessions. ****

Il était difficile de ne pas aimer le premier Sin City tant ses images, son traitement, son humour et sa distribution étaient à tout casser. Sa suite A Dame to Kill For, toujours réalisée par Robert Rodriguez et Frank Miller, ressort la même poutine, qui se veut ici indigeste. Le récit n'est guère captivant et il n'y a rien de bien nouveau depuis près d'une décennie. **

Deux comédiens qui s'engueulent pendant tout le film, ce n'est pas nouveau. Cela peut être drôle si les gags sont soignés et si les personnages ont une quelconque épaisseur. Comme ce n'est pas le cas avec Le volcan d'Alexandre Coffre, le cinéphile trouve le temps long terriblement long. **

Il n'y a presque rien de plus pathétique que les grosses productions américaines qui cherchent volontairement à faire de la série B. Into the Storm de Steven Quale fait tout pour être une production débile qu'il en fait pitié. On ne peut avoir de sympathie envers ce projet malhonnête qui ne sait même pas être un plaisir coupable. Dans le même genre, on lui préfère bien plus Twister. *1/2