dimanche 18 novembre 2018

Les films préférés de... Gilles Lellouche

Depuis sa percée en 2006 dans Ma vie en l'air, Gilles Lellouche est devenu un inconditionnel du cinéma français, apparaissant dans plus de 50 productions, dont Les petits mouchoirs, Thérèse Desqueyroux, La French, Le sens de la fête et Plonger. Je l'ai rencontré lors de son récent passage à Montréal où il est venu présenter sa première réalisation en solo, le très populaire Le grand bain, et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés...

« Il y en a énormément. Je suis très, très cinéphile. Ça va dans tous les sens. J'ai construit ma cinéphilie quand j'étais ado, avec les vhs. Je suis un pur produit des années 80. J'adore les blockbusters, comme tous les Spielberg de ces années-là. Comme je suis dingue de Kubrick, de Cimino, Il était une fois en Amérique, Shining, Godfellas, tout récemment Foxcatcher que j'ai trouvé formidable.

En France, les films d'Audiard. Mathieu Kassovitz m'a donné envie de faire du cinéma quand j'ai vu La haine.

En même temps, j'aime aussi les comédies agressives de Will Ferrell, comme Step Brothers qui me fait hurler de rire.

J'aime vraiment tous, tous, tous les cinémas, tous les genres. Je serais bien incapable de vous en donner un ou deux. J'en ai trop en tête. »

Film du jour: Woman is the Future of Man

Renouer avec les «vieux» films de Hong Sang-soo est toujours un plaisir, car on y note déjà un cinéaste en pleine possession de ses moyens, plus sombre et sexué qu'aujourd'hui. C'est le cas sur Woman is the Future of Man où deux amis décident de payer une visite à une ancienne amoureuse. En apparence léger, l'ouvrage ne manque cependant pas de noirceur dans sa façon d'exposer le désarroi amoureux, jouant constamment de discrétion, autant dans les dialogues savoureux qu'au niveau de la mise en scène minimaliste. Pourtant l'effet se fait ressentir, surtout lors de la finale assez brute. ***1/2

samedi 17 novembre 2018

Sorties au cinéma: Transit, Mademoiselle de Joncquières, A Private War, L'amour, Fantastic Beasts: The Crimes of Grindelwald

Le drame est à l'honneur cette semaine au sein des nouveautés au cinéma, avec des dérivés plus comiques/romanesques ou carrément fantastiques.

Transit: Après Barbara et Phoenix, Christian Petzold continue à traiter de la solitude et de la condition humaine à travers ce récit prenant d'âmes coincées littéralement hors du temps. Très construit (peut-être trop), le long métrage qui peut se dérouler pendant la Seconde Guerre mondiale ou lors de la crise actuelle des migrants fascine malgré son traitement littéraire. ***1/2

Mademoiselle de Joncquières: Emmanuel Mouret offre un de ses grands crus avec cette adaptation savoureuse d'un roman de Diderot, où il est question de désirs et de jalousie. Les comédiens s'amusent autant que le public, alors que la mise en scène soignée - quoique parfois artificielle - atteint des sommets dans sa façon de maximiser les dialogues truculents. ***1/2

A Private War: La reporter Marie Colvin reçoit un film en son honneur, respectueux et généralement intéressant, mais aussi très sage et appuyé. Pour sa première fiction, le travail de Matthew Heineman se veut appliqué mais loin de son virtuose documentaire Cartel Land. Au moins il y a Rosamund Pike qui assure, bien qu'elle en fasse parfois trop. ***

L'amour: Marc Bisaillon termine sa trilogie sur le silence coupable avec ce suspense quelque peu brouillon, qui se démarque principalement par sa sincérité et le dévouement de ses interprètes. En voilà un qu'on aimerait voir plus souvent derrière la caméra. ***

Fantastic Beasts: The Crimes of Grindelwald: Autant on a aimé Harry Potter, autant ces antépisodes donnent le cafard tant les effets spéciaux prennent le dessus sur les personnages. L'ensemble a beau être trépidant et spectaculaire, le traitement télévisuel (pourquoi avoir une histoire forte quand on peut multiplier les sous-intrigues sans intérêt à l'infini?) n'est là que pour assurer le maximum de suite. Il y en a encore trois autres en gestation... **1/2

Film du jour: Les âmes mortes (RIDM)

Plus grand documentariste en activité, Wang Bing est de retour avec Les âmes mortes, une nouvelle fresque colossale - de 495 minutes - où des survivants du camps de rééducation de Jiabiangou se livrent à la caméra. D'abord un cinéma de paroles, puis d'errance (la finale glace le sang), ce Shoah chinois est un hallucinant condensé historique, qui donne la place qui leur revient aux êtres, à leur mémoire et aux fantômes. Douloureuse, l'odyssée est néanmoins essentielle, étant renforcée par ses répétitions qui permettent de mieux saisir l'horreur. En deux parties, aujourd'hui et demain. ****1/2

vendredi 16 novembre 2018

Entrevue Mademoiselle de Joncquières

De tous les films qui prennent l'affiche cette semaine au Québec, Mademoiselle de Joncquières est certainement le plus savoureux. Je me suis entretenu avec son cinéaste Emmanuel Mouret et mon entrevue se trouve dans les pages du journal Métro.

Film du jour: Casper

Vilipendé lors de sa sortie en 1995, il est temps de réhabiliter Casper de Brad Silberling. Pas parce qu'il s'agit d'un grand film, loin de là, mais comme divertissement familial pour l'Halloween, il n'y a pratiquement rien de mieux. Entre rires, romance, frissons, gags puérils et clins d'oeil cinématographiques, il y a de tout pour tous. Sans doute que Devon Sawa a marqué les esprits (impossible de savoir pourquoi en revoyant la fin), mais c'est surtout Christina Ricci qui s'est imposée, aux côtés du truculent Bill Pullman. ***

jeudi 15 novembre 2018

Entrevue Le grand bain (#2)

Et hop, comme cadeau surprise, voici une seconde entrevue que j'ai réalisée avec Gilles Lellouche pour son film Le grand bain, qui rencontre un franc succès en France et au Québec. Mon texte se trouve sur le site de Cineplex.