jeudi 23 mai 2013

Film du jour: The Heroic Trio

Véritable film culte de Johnny To qui est plus une curiosité qu'autre chose, The Heroic Trio est une sorte de pastiche des longs métrages de superhéros, alors que trois femmes décident de s'allier pour venir à bout d'un dangereux kidnappeur de bébés. L'intrigue sans queue ni tête et la progression extrêmement répétitive viennent parfois heurter ce bonheur relatif de se retrouver devant un produit incroyablement kitch, où la musique sirupeuse, le casting étonnant et les combats spectaculaires font amplement sourire. L'idée était bonne et même si les défauts sont nombreux, il y a tout pour passer un moment jubilatoire. De la grosse série B comme on l'aime. ***

mercredi 22 mai 2013

Film du jour: Laura

Un des films noirs les plus marquants du cinéma hollywoodien, Laura d'Otto Preminger est une révélation, pas seulement pour la qualité de son intrigue (un policier tombe amoureux d'une femme qui vient de mourir), mais également pour le soin apporté à l'ambiance, à l'atmosphère, à la photographie extrêmement soignée et à la musique jazz. La réalisation forte ne prend jamais le dessus sur le développement des personnages et les thèmes sont explorés en profondeur, à l'aide de dialogues brillants. Souvent imité, jamais dépassé, il s'agit d'une oeuvre à ne pas manquer. ****

mardi 21 mai 2013

DVD: Stories We Tell, Side Effects, J’enrage de son absence, The Last Stand, Yossi, Beautiful Creatures, Open Road

Même si le monde cinéma est à Cannes, la Terre continue de tourner et avec elle, les sorties DVD et Blu-ray.

La sélection la plus intéressante de la semaine est certainement Stories We Tell où Sarah Polley raconte l'histoire de sa famille. Bluffant et extrêmement intéressant, ce documentaire rappelle que le cinéma est l'art du mensonge. ****

Annonçant sa révérence avec Side Effects, un suspense bien réglé et incroyablement divertissement sur une femme qui souffre de dépression, Steven Soderbergh termine sa carrière sur une bonne note. On lui souhaite toutefois de sortir de sa retraite le plus rapidement possible! ***1/2

Première réalisation de fiction pour l'actrice Sandrine Bonnaire, J'enrage de son absence est un drame puissant sur l'amitié entre un homme et un jeune enfant. Malgré une finale bâclée, l'effort tient en haleine et il bénéficie de solides comédiens. ***1/2

Pour son premier film américain, The Last Stand, Kim Jee-woon embrasse la série B et le western avec beaucoup d'action, d'humour et un Arnold Schwarzenegger en grande forme. Jouissif... à condition, bien sûr, de ne rien prendre au sérieux. ***1/2
Critique

Le deuil et la quête amoureuse après une blessure vive sont au coeur de Yossi, un long métrage de qualité signé Eytan Fox. Pas transcendant pour deux sous, mais sympathique comme tout. ***

Beautiful Creatures de Richard LaGravenese cherche tellement à être le prochain Twilight que cela en devient pathétique. Pourtant, cette histoire de sorciers a bien plus à voir avec le récent et raté Dark Shadows de Tim Burton. Dans les deux cas, ça ne vole pas haut. **1/2

Il y a pire, évidemment. Comme Open Road de Marcio Garcia, où une jeune femme part aux États-Unis pour retrouver son pire. Malgré une prémisse prometteuse, l'effort s'écrase à cause d'un scénario capricieux, de dialogues déficients et d'une interprétation inégale, qu'Andy Garcia n'arrive pas à sauver. **

Film du jour: Gentleman's Agreement

Abordant la question de l'antisémitisme dans la société américaine de l'après Deuxième Guerre mondiale, Gentleman's Agreement d'Elia Kazan le fait avec tact et respect, non sans être moralisateur à ses heures, mais avec suffisamment de finesse et d'intelligence. Il faut avouer que la prémisse ne manque pas d'impact dramatique, que la prestation de Gregory Peck (et des autres comédiens) est excellente et que la mise en scène de Kazan est parfaitement adaptée au sujet. Suffisamment pour avoir remporté des Oscars comme meilleur film et pour sa réalisation. ****

lundi 20 mai 2013

Film du jour: The Lost Weekend

Vous avez l'impression n'avoir rien foutu de votre longue fin de semaine? Ce n'est rien à côté du héros de The Lost Weekend, ce fabuleux film «oublié» de Billy Wilder qui a tout de même remporté quatre Oscars (meilleur film, réalisation, scénario, acteur) et la prestigieuse Palme d'Or (ainsi que le prix d'interprétation masculine). Dans ce classique en puissance, l'individu campé avec force par l'éblouissant Ray Milland est un écrivain raté qui cherche l'inspiration dans la boisson. Avec sa musique qui hante, son traitement sans morale et son rythme qui saute allègrement du rire au drame, il est impossible de s'y ennuyer. Au contraire, on en ressort soufflé, avec l'impression d'avoir vu quelque chose de marquant. ****1/2

dimanche 19 mai 2013

Film du jour: Plaisirs inconnus

En attendant de pouvoir découvrir le nouveau film de Jia Zhang Ke qui est en compétition à Cannes cette année, on revoit avec délectation Plaisirs inconnus, cette fiction à la façon d'un documentaire qui interroge le rôle de l'individu dans la société, la Chine dans le monde et ces valeurs qui viennent se briser le nez sur la modernité de la vie. Avec sa construction libre façon Godard et ses dialogues mordants à la Tarantino, le film surprend et captive. Oui, le rythme est lent et l'intrigue semble manquer d'enjeux, mais en prenant son temps et en cherchant bien, on y découvre un fabuleux microcosme de l'existence. ***1/2

samedi 18 mai 2013

En salles: La nouvelle Rupert, The Iceman, La vérité si je mens 3

Il y a des semaines comme ça où tous les films qui semblent intéressants (Mud, The Hunt, Les gamins) ne tombent pas dans notre horaire et qu'on se fait plaisir de bouder le dernier Star Trek. Alors, qu'est-ce qu'on va voir?

Bonne question. Peut-être La nouvelle Rupert de Nicolas Renaud, un documentaire élégant sur le sort de la rivière Rupert depuis qu'elle a été altérée par un projet hydroélectrique. Avec son ton posé, ses jolies images et sa trame sonore recherchée, il est aisé de vouloir s'intéresser à ce projet. Dommage qu'il s'éparpille autant, arrivant difficilement à maintenir l'attention jusqu'à la fin. **1/2

C'est également le cas de The Iceman d'Ariel Vromen, un biopic superficiel et anecdotique sur un tueur en série dont sa famille ignorait tout de sa profession. Oui, l'histoire avait beaucoup de potentiel et Michael Shannon est excellent dans le rôle-titre. Mais le traitement est tellement quelconque que cela en devient ronflant. **1/2

De mémoire, les deux premiers épisodes de La vérité si je mens de Thomas Gilou étaient sympathiques. Le troisième tome s'enfarge les pieds dans le tapis, carburant aux gags moyens et aux situations douteuses. C'est franchement dommage pour les interprètes qui semblent beaucoup s'amuser. **