lundi 18 décembre 2017

Film du jour: Shin Godzilla

On s'amuse beaucoup devant Shin Godzilla, la nouvelle version japonaise du classique nippon. Malgré une abondance de dialogues, une intrigue qui tourne en rond et une trop longue durée, la satire fonctionne allègrement grâce à une réalisation musclée, quelques détails savoureux et surtout des scènes d'action foudroyantes, où la bête faite à l'ancienne en met plein la vue et les oreilles. Pas de quoi aller chercher de nouveaux fans, mais de ravir les anciens. ***1/2

dimanche 17 décembre 2017

Les films préférés de... Jérémie Renier

Découvert à l'adolescence dans La Promesse des frères Dardenne où il est devenu un de leur acteur fétiche, Jérémie Renier a tourné avec les plus grands (Bonello, Lafosse, Wright), nouant une collaboration fructueuse avec François Ozon. C'est d'ailleurs pour la sortie de L'amant double que j'ai rencontré l'acteur belge (mon entrevue) et que je lui ai demandé quels étaient ses films favoris. Voici sa réponse...

« J'aime énormément de choses, comme en musique. J'ai toujours dévoré des films. J'ai eu la chance d'avoir un père qui était cinéphile, qui avait une cinéphilie sans que ça soit pesant ou écrasant pour moi. Il enregistrait tous les films qui passaient à la télé et lorsque j'étais malade, j'allais puiser dans sa vidéothèque. Très vite, j'ai vu des Cassavetes, L'odeur de la papaye verte, un tas de films qui m'ont permis d'avoir envie de pleins de choses.

Le dernier film que j'ai vu, c'est Lady Macbeth. C'est un huis clos simple, super précis, avec des acteurs incroyables. J'aime la prouesse des petites choses. Après, je peux prendre une claque monumentale en allant voir autre chose. Blade Runner 2049, j'ai été un peu déçu, mais j'avais très envie de le voir. J'aime les propositions au cinéma, l'émotion.

Pour moi, un des chefs-d'oeuvres est Paris, Texas de Wim Wenders. Il y a de la poésie, la vérité et le rêve, des propositions, du fantasme, un côté onirique, de la sexualité. Il y a tout dans le film. Tout est fait avec goût sans être prétentieux. Un chef-d'oeuvre pour moi.

Mais j'adore Let the Right One In qui est génial, visuellement sublime. Je n'ai pas un cinéma en particulier. J'aime tout. Les premiers films de Lelouch, Bresson, La maman et la putain, Star Wars, les Goonies... »

Film du jour: Design for Living

Sans être un «classique» d'Ernst Lubitsch, Designg for Living n'en demeure pas moins une comédie féministe bien en avance sur son époque, alors qu'une femme se partage l'amour de deux amis soupirants. Le long métrage au casting imparable est rapide, sexy, orchestré avec soin et souvent hilarant, offrant un jeu de séduction comme rien d'autre dans les années 30... jusqu'à aujourd'hui. ****

samedi 16 décembre 2017

Sorties au cinéma: The Shape of Water, Star Wars: The Last Jedi, Le sens de la fête, Darkest Hour, Wonder Wheel

Le cinéma fantaisiste est à l'honneur cette semaine dans les salles avec deux poids lourds.

The Shape of Water: Après quelques échecs, Guillermo del Toro refait une nouvelle version de son mythique Labyrinthe de Pan avec cette oeuvre poétique et visuellement splendide, mais consensuelle et qui cherche peut-être trop à remporter des prix. ***1/2

Star Wars: The Last Jedi: Oubliez l'épisode VII et Rogue One. Voici enfin un Star Wars satisfaisant. Même si elle est trop longue, l'oeuvre de Rian Johnson regorge de surprises, de scènes d'action spectaculaires et de moments délirants. ***1/2

Le sens de la fête: Les réalisateurs d'Intouchables reviennent au film 100% comique avec cette farce au casting hallucinant qui aurait toutefois pu être plus drôle et profonde. Les gags amusants côtoient constamment ceux moyennement au point. **1/2

Darkest Hour: Énième long métrage sur Churchill, celui de Joe Wright privilégie l'humour en temps de guerre, démolissant du coup son suspense. La progression classique est au moins relevée d'une mise en scène assurée, et Gary Oldman s'amuse sous son maquillage et ses facéties grotesques. **1/2

Wonder Wheel: À la fois un des plus beaux efforts de Woody Allen sur le plan visuel et un de ses moins intéressants, ce Tennessee Williams des pauvres provoque l'ennui. On a déjà vu tout ça des dizaines de fois. Et si en plus le charme habituel de son auteur n'y est plus, à quoi ça sert? **

Film du jour: In This Corner of the World

Après un séjour éclair au cinéma, In This Corner of the World de Sunao Katabuchi risque de se faire des adeptes auprès des gens qui le découvriront dans le confort de leur maison. Il s'agit d'une très jolie animation japonaise dans la lignée du Tombeau des lucioles, où la guerre transformera à jamais le quotidien d'une jeune âme. Alternant moments de gravité et de légèreté, prenant son temps pour bien soigner ses personnages, l'ensemble captive malgré une certaine errance du scénario. Les dessins y sont vraiment somptueux. ***1/2

vendredi 15 décembre 2017

Film du jour: Ma saison préférée

Ma saison préférée est un des meilleurs films d'André Téchiné. Une oeuvre ample, forte et maîtrisée sur la famille, où Catherine Deneuve et Daniel Auteuil campent des progénitures d'une rare complexité. Très bien écrit, le long métrage navigue avec aisance au sein d'une multitude de thèmes et il y a toujours une image ou une parole qui restera gravée longtemps après la tombée du générique. ****

jeudi 14 décembre 2017

Film du jour: Pour le meilleur et pour le pire

Froidement accueilli à son époque (1975), Pour le meilleur et pour le pire de Claude Jutra livre difficilement ses charmes quatre décennies plus tard. Bien que le drame qui se joue dans l'ombre est terrible et qu'il est atténué par quelques moments poétiques et musicaux, la trame narrative n'est guère enlevante. Les engueulades sonnent faux, l'interprétation y est forcée (ou théâtrale) et le mélange de satire et d'absurde ne forment pas un ensemble convaincant. Il y a pourtant une matière nécessaire à récolter, alors qu'elle est timidement abordée ici à la façon d'un Lelouch plutôt que d'un Bergman. **1/2