samedi 1 août 2015

Film du jour: H. (Fantasia)

Les visions de l'apocalypse se suivent et ne se ressemblent vraiment pas. Dans l'élégant H. de Rania Attieh, il y a des phénomènes inexpliqués, des disparitions, des yeux rouges qui apparaissent et des bébés qui se tiennent dans l'ombre. Tout cela sous fond de statues grecques qui vont et viennent dans des décors magnifiques. Porté par une trame sonore enveloppante et une mise en scène alerte, le récit séparé en deux tronçons n'est malheureusement pas du même calibre. Tout ce qui touche cette vieille femme aux lubies laisse grandement à désirer, alors que l'intérêt est foudroyant lorsqu'il est question de ces deux artistes au bord de la séparation. On en ressort donc étonné et un peu déçu de ne pas avoir assisté à quelque chose de plus probant. ***

vendredi 31 juillet 2015

Sorties au cinéma : La prochaine fois je viserai le cœur, Mission : Impossible – Rogue Nation, Tangerine, Tristesse Club

Juillet tire à sa fin et il y a toujours ce même mélange de grands films populaires et de petites productions indépendantes. Tout ce qu'on demande, c'est de la qualité et elle est au rendez-vous cette semaine.

Même si on n'aime pas Guillaume Canet, il faut le voir dans La prochaine fois je viserai le coeur de Cédric Anger où il incarne à la fois le diable assassin et l'ange qui veut l'arrêter. Une histoire vraie qui donne froid dans le dos et qui rappelle que oui, monsieur Cotillard peut avoir du talent. ***1/2

Après l'excellence du précédent épisode, Mission: Impossible - Rogue Nation déçoit un peu. Pas que les scènes d'action ne soient pas spectaculaires et Tom Cruise est toujours parfait dans le rôle principal. C'est seulement que la série se transforme peu à peu en parodie, que le cinéaste Christophe McQuarrie est incapable d'apporter son sceau (autrement que lors des spectaculaires poursuites) et que le scénario n'exploite pas suffisamment ses nombreux thèmes (sur le contrôle, par exemple). Reste un long feu d'artifice généralement divertissant. ***

Comédie dramatique branchée sur le 8000 volts qui a été entièrement tournée avec un IPhone, Tangerine de Sean Baker procure rapidement un sentiment d'ivresse avec ces travestis attendrissants qui hurlent sans cesse en déambulant dans les rues de Los Angeles. À 90 minutes, le film est trop long et répétitif pour son - et notre - propre bien, mais il donne des idées de ce que ressemblerait un Cassavetes (papa) plein de lumières et d'excès. ***

Drôle et mélancolique, frais en étant vitaminé aux années 80, Tristesse Club de Vincent Mariette amène trois excellents comédiens - Laurent Lafitte, Vincent Macaigne et Ludivine Sagnier - sur la route de leur père récemment décédé. Sans provoquer l'hilarité constante, l'effort séduit par sa finesse et son absurdité. ***

Film du jour: Crumbs (Fantasia)

Véritable ovni se déroulant dans une société post-apocalyptique, Crumbs de Miguel Llanso est à la fois rétro, kitsch, fascinant et frustrant tant il n'utilise jamais complètement l'immense potentiel qu'il a entre les mains. Reste que comme divagation, il n'y a presque rien d'aussi original. Et ce n'est pas tous les jours que le cinéma éthiopien se rend jusqu'à nos écrans. ***

jeudi 30 juillet 2015

Laurent Lafitte nous parle de Tristesse Club

Un mois ne passe sans qu’un film mettant en vedette Laurent Lafitte ne prenne l’affiche au cinéma au Québec. Plus tôt cette année, il y a eu L’art de la fugue, Papa ou maman, Elle l’adore et Incompatibles (De l’autre côté du périph).


Véritable acteur caméléon, celui qui est également humoriste à ses heures se retrouve dans la comédie dramatique Tristesse Club de Vincent Mariette, où il partage la vedette avec Ludivine Sagnier et Vincent Macaigne. Un trio de choc qui tente d’éclaircir la mort soudaine et inespérée de leur père.

Pour en savoir davantage, je me suis entretenu avec le polyvalent interprète.

Qu’est-ce qui vous intéressait dans Tristesse Club?
« Il y a un humour sobre, nostalgique et mélancolique, assez référencé années 80, qui n’est pas écrit que pour faire rire. C’est une histoire intime et le réalisateur a choisi de la raconter sous l’angle de la comédie pour la rendre digeste. J’aime beaucoup ce film parce qu’il est très tendre et très touchant, très pudique aussi. »

Il est très imprévisible, aussi…
« Oui, c’est vrai. Et le trio fonctionne très bien. Le réalisateur a réuni des acteurs qui sont tous très différents. Et les personnages aussi sont très différents. Ils sont tous réunis par cette quête du père. C’est un peu le cas dans la vie. On était tous très différents, mais on était là par notre amour de ce scénario. »

Ludivine et Vincent ont l’air d’occuper presque tout l’écran. Est-ce que vous arrivez également à prendre votre place?
« Je ne sais pas. Dans le travail, oui. Je suis bon camarade, mais je ne suis pas effacé. Si des choses ne me conviennent pas ou si j’ai l’impression de ne pas avoir assez de place, je le dis. Là, je n’ai pas eu le besoin de dire ça. Ils sont un peu plus jeunes que moi. Grosso modo, ce sont des acteurs de la même génération. On n’est pas dans un combat d’ego. Surtout pour un petit film comme ça qui a été tourné très vite, en cinq semaines, sans argent. Quand on est là, c’est parce qu’on a envie de faire un film qu’on aime. On est tous là pour les bonnes raisons. »

Je crois que Tristesse Club s’inscrit dans la nouvelle forme du cinéma français…
« Oui, un nouveau mouvement avec Tonnerre, La fille du 14 juillet et Les combattants. Il y a toute une génération de cinéastes du cinéma d’auteur qui arrivent et qui font différemment de ce que la génération précédente faisait, à part quelques exceptions comme Desplechin ou Jacquot. C’est un nouveau cinéma d’auteur français qui a beaucoup digéré le cinéma américain et le cinéma anglo-saxon et du coup, il y a une forme d’efficacité dans la structure du récit qui est un peu nouvelle. Mais avec une profondeur, une psychologie, une retenue typique de l’écriture du cinéma d’auteur français. Je pense que c’est ce mélange-là qui est un peu nouveau. »


En espérant que ce mouvement puisse durer et porter ses fruits…
« Oui. J’espère juste qu’ils ne vont pas s’enfermer et qu’il ne va pas y avoir un nouveau snobisme du nouveau cinéma français. C’est pour ça que je suis content qu’un réalisateur comme Vincent Mariette fasse appel à des comédiens comme moi qui fait aussi des films populaires. Je ne suis pas vraiment dans le sérail du cinéma d’auteur. Ça serait dommage que ce cinéma-là s’enferme sur lui-même. Mais je n’ai pas l’impression que c’est ça qui est en train de se passer. Il faut aussi que les acteurs qui font des films plus populaires acceptent d’aller ailleurs. Il y en a plein qui sont prêts à le faire, mais ils ne reçoivent pas les scénarios. »

Papa ou maman, Elle l’adore, Tristesse Club… Vous travaillez beaucoup avec des nouveaux réalisateurs. Leurs visions apportent une certaine fraîcheur?
« Oui. J’aime bien, parce que le réalisateur est toujours celui qui connaît le mieux son film. Et le fait d’être un réalisateur qui n’a pas beaucoup tourné et d’être avec un acteur comme moi qui a beaucoup tourné, ça crée un point d’équilibre que je trouve intéressant. Moi je fais une confiance totale parce qu’il connaît le film mieux que moi et lui il me fait confiance car j’ai plus tourné que lui. »

Pourquoi lorsqu’un comédien vient de la Comédie Française, on le mentionne automatiquement à l’écran lorsque son nom apparaît?
« C’est contractuel. Quand on rentre à la Comédie Française, on signe un contrat et quand on travaille, il faut spécifier que tout le travail qu’on fait à l’extérieur, il doit avoir cette mention pour rappeler qu’on fait parti de la troupe. C’est une manière de faire parler de la troupe. Et ça marche plutôt bien. »

Le cinéma québécois, vous connaissez?
« Très peu. Mais il est peu ou voir pas du tout distribué en France, sauf deux ou trois réalisateurs. C’est dommage, d’ailleurs. Il y a Dolan, évidemment. Disons que sauf pour les films qui ne sont pas dans le circuit des festivals internationaux, on ne les reçoit pas. Ici, je sais que vous, vous intéressez au cinéma français, mais la réciprocité est moins évidente. Ce n’est pas très poli, en plus."

Film du jour: Valerie and her Week of Wonders

Faisons une petite pause de Fantasia avec Valerie and her Week of Wonders de Jaromil Jires, l'ultime film de genre. Sorte de cauchemar fantasmé où une adolescente de 13 ans est plongée dans des aventures sous fond d'hallucinogènes, de vampires et de sorcières, cette curiosité fascine à chaque nouveau visionnement, amenant le spectateur à un endroit qu'il n'a encore jamais vu. Pour les amateurs d'odyssées incroyables, où le sexe et l'hémoglobine sont les meilleurs amis de tous et de toutes. **** 

mercredi 29 juillet 2015

Film du jour: Big Match (Fantasia)

La Corée du Sud est la championne pour combiner les genres les plus insolites et lorsque l'amalgame ne prend pas, c'est la consternation. C'est le cas de Big Match de Choi Hoi qui mélange la comédie légère, le film d'action et la satire de la télé-réalité avec un résultat décevant tant l'alliage s'avère mou et inopérant. Cette histoire folle d'un type détenu par les policiers qui est "contrôlé" par un riche hommes d'affaires aurait pu donner un excellent long métrage... qui reste cependant à faire. **

mardi 28 juillet 2015

Nouveautés en Blu-ray/Dvd: Clouds of Sils Maria, Corbo, The Water Diviner

Avec Fantasia qui bat encore son plein pour une semaine, on ne se plaindra pas trop que les sorties DVD et Blu-ray soient si rares. Il y a toutefois deux titres à ne pas manquer.

Très intéressante réflexion sur les actrices, Clouds of Sils Maria d'Olivier Assayas donne des rôles en or à Juliette Binoche et Kristen Stewart. Un duel au sommet qui est tout simplement savoureux. ***1/2

Un des meilleurs films québécois de l'année, Corbo de Mathieu Denis s'intéresse à un fait moins connu du FLQ en soignant autant son sujet et ses personnage que sa mise en scène. Instructif. ***1/2
Ma critique du DVD sera bientôt disponible

Russell Crowe a encore des croûtes à manger en tant que cinéaste et si The Water Diviner ne manque pas d'ambition (un père part à la recherche de son fils pour l'enterrer), le résultat est pompeux, romancé, superficiel, kitsch et assez risible. **