mercredi 29 mars 2017

Film du jour: L'effrontée

C'est L'effrontée de Claude Miller qui a lancé la carrière de Charlotte Gainsbourg. Voilà un film simple mais ô combien séduisant sur la jeunesse qui emprunte allègrement au cinéma de Truffaut tout en demeurant authentique. La jeune comédienne y est rayonnante et elle élève le long métrage qui ne manque pas de profondeur psychologique. ****

mardi 28 mars 2017

Nouveautés Blu-ray/dvd: Silence, A Monster Calls, Patriots Day, Fantastic Beasts and Where to Find Them, Why Him?, Monster High: Electrified

Les amateurs de cinéma à la maison se retrouvent cette semaine avec un excellent long métrage qui a passé en flèche au cinéma.

Silence: C'est dommage que Martin Scorsese a mordu la poussière au box-office/Oscars avec cette fresque sublime mais un peu pesante, parce qu'il s'agit d'une véritable expérience transcendante. ***1/2

A Monster Calls: La tristesse d'un enfant se matérialise dans ce conte sombre signé J.A. Bayona, qui a recours à de très bons interprètes pour palier un récit qui est loin d'être inédit. ***

Patriots Day: La propagande est lourde dans ce film choral sur les attendats pendant le marathon de Boston. C'est de Peter Berg, alors c'est tout à fait normal. **1/2

Fantastic Beasts and Where to Find Them: L'univers d'Harry Potter vise à nouveau les enfants avec cette décevante production de David Yates qui manque singulièrement de magie. **

Why Him?: La comédie stupide et indigeste a un nouveau nom, alors que le tâcheron John Hamburg sabote un casting de qualité. Minable. *

Monster High: Electrified: C'est du pareil au même, ce qui risque d'être une bonne nouvelle pour les fans. Pour les autres...

Film du jour: Good Will Hunting

Good Will Hunting a déjà 20 ans! Pourquoi ne pas le revoir au Centre Phi? L'occasion est idéale de redécouvrir le cinéma de Gus Van Sant dans sa forme la plus classique, avec ce mélange d'humour et de drame qui réconforte le spectateur. Rien de révolutionnaire au menu, si ce n'est un script très bien écrit (de Matt Damon et Ben Affleck), une réalisation sobre et une performance terriblement humaine de Robin Williams. ***1/2

lundi 27 mars 2017

Film du jour: La vie des autres

Le Centre Phi souligne le 10e anniversaire en repassant La vie des autres, cet excellent film de Florian Henckel von Donnersmarck sous fond d'espionnage et de guerre froide. Voici ma critique publiée à sa sortie...

« La perte d’intimité et la conscience du beau tourmentent les protagonistes de La Vie des autres (Das Leben der Anderen), le représentant de l’Allemagne comme « meilleur film étranger » aux prochains Oscars. Touchant.

La vie n’est guère aisée en République Démocratique de l’Allemagne au cours des années 1980. Pratiquement tout le monde est sur écoute et les gens plus subversifs sont rapidement interrogés. L’État soupçonne l’auteur Georges Dreyman (Sebastian Koch) et sa compagne l’actrice Christa-Maria Sieland (Martina Gedeck) d’avoir des liens avec des journaux de l’Ouest. Il décide donc de les espionner. Le projet est confié à l’expérimenté Wiesler (Ulrich Mühe), un professionnel de l’interrogation. Lorsque ce dernier découvre des preuves compromettantes, il n’avise pas immédiatement ses supérieurs. Il préfère prendre des notes, énigmatiquement, jusqu’au jour où ses patrons décident d’enrayer la situation…

Ce n’est guère un hasard si La Vie des autres a remporté une multitude de prix sur son passage. L’intrigue, qui peut préalablement rappeler celle de The Conversation, emprunte son propre fil tout en explorant plusieurs chemins intéressants. Il y a bien entendu ce pays divisé, renfermé sur lui-même, intransigeant aux critiques intérieures et fermant les yeux sur le nombre incroyablement élevé de suicides. Un arrière-plan décisif dans le destin des personnages, un climat de tension atteignant son paroxysme lors des séances de questions. À ce chapitre, le film démarre brusquement et brillamment pour poursuivre plus lentement, prenant tout son temps pour développer les différentes figures.

Cet opus de Florian Henckel von Donnersmarck est surtout pertinent pour son exploration de la psyché humaine et de l’espoir qui peut découler de la beauté lorsque les jours semblent si gris. Les arts et les discussions d’intellectuels bouleversent les mœurs préétablis, permettant un réajustement des valeurs. Des éléments profonds et tempérés qui font de Wiesler un symbole si important. Même s’il prend légèrement moins d’importance au milieu de l’intrigue, le rôle défendu avec brio par Ulrich Mühe séduit tout en intrigant. Ses motivations, multiples, ne sont pas immédiatement identifiables et l’acteur demeure discret au lieu d’épater la galerie. Il est appuyé par des très bonnes prestations de Sebastian Koch et de Martina Gedeck qui s’avèrent un couple crédible, entre bonheur et trahison.

L’implacable réalité les fera tous souffrir et le destin – arrangé ou non – ne pourra pas toujours les sauver. S’il faut être ravi par un retournement de situations, il est un peu dommage que l’intrigue peine à se terminer. Malgré trois ou quatre conclusions possibles, la finale s’étire à outrance, brûlant au passage les mérites passés. La trame narrative n’atteint pas toujours son rythme de croisière et lorsqu’un élément politisé apparaît, il est souvent laissé de côté pour mettre l’emphase sur ce couple qui se détruit à petit feu. Un choix compréhensible qui n’est pas toujours pour le mieux.

Avec des œuvres de très grandes qualités comme Good Bye, Lenin! et La Vie des autres, le cinéma allemand qui arrive sur les écrans québécois arrive largement à faire oublier des demi-succès (Sophie Scholl) et des échecs populistes (The Edukators). Pour sa réalisation touchante quoiqu’un peu académique, Florian Henckel von Donnersmarck a décidé de privilégier les émotions humaines au détriment du tape à l’œil propre au sujet (pesant La Chûte). Heureuse idée, son travail n’en est que meilleur. La perte d’intimité et la conscience du beau tourmentent les protagonistes de La Vie des autres (Das Leben der Anderen), le représentant de l’Allemagne comme « meilleur film étranger » aux prochains Oscars. Touchant.

La vie n’est guère aisée en République Démocratique de l’Allemagne au cours des années 1980. Pratiquement tout le monde est sur écoute et les gens plus subversifs sont rapidement interrogés. L’État soupçonne l’auteur Georges Dreyman (Sebastian Koch) et sa compagne l’actrice Christa-Maria Sieland (Martina Gedeck) d’avoir des liens avec des journaux de l’Ouest. Il décide donc de les espionner. Le projet est confié à l’expérimenté Wiesler (Ulrich Mühe), un professionnel de l’interrogation. Lorsque ce dernier découvre des preuves compromettantes, il n’avise pas immédiatement ses supérieurs. Il préfère prendre des notes, énigmatiquement, jusqu’au jour où ses patrons décident d’enrayer la situation…

Ce n’est guère un hasard si La Vie des autres a remporté une multitude de prix sur son passage. L’intrigue, qui peut préalablement rappeler celle de The Conversation, emprunte son propre fil tout en explorant plusieurs chemins intéressants. Il y a bien entendu ce pays divisé, renfermé sur lui-même, intransigeant aux critiques intérieures et fermant les yeux sur le nombre incroyablement élevé de suicides. Un arrière-plan décisif dans le destin des personnages, un climat de tension atteignant son paroxysme lors des séances de questions. À ce chapitre, le film démarre brusquement et brillamment pour poursuivre plus lentement, prenant tout son temps pour développer les différentes figures.

Cet opus de Florian Henckel von Donnersmarck est surtout pertinent pour son exploration de la psyché humaine et de l’espoir qui peut découler de la beauté lorsque les jours semblent si gris. Les arts et les discussions d’intellectuels bouleversent les mœurs préétablis, permettant un réajustement des valeurs. Des éléments profonds et tempérés qui font de Wiesler un symbole si important. Même s’il prend légèrement moins d’importance au milieu de l’intrigue, le rôle défendu avec brio par Ulrich Mühe séduit tout en intrigant. Ses motivations, multiples, ne sont pas immédiatement identifiables et l’acteur demeure discret au lieu d’épater la galerie. Il est appuyé par des très bonnes prestations de Sebastian Koch et de Martina Gedeck qui s’avèrent un couple crédible, entre bonheur et trahison.

L’implacable réalité les fera tous souffrir et le destin – arrangé ou non – ne pourra pas toujours les sauver. S’il faut être ravi par un retournement de situations, il est un peu dommage que l’intrigue peine à se terminer. Malgré trois ou quatre conclusions possibles, la finale s’étire à outrance, brûlant au passage les mérites passés. La trame narrative n’atteint pas toujours son rythme de croisière et lorsqu’un élément politisé apparaît, il est souvent laissé de côté pour mettre l’emphase sur ce couple qui se détruit à petit feu. Un choix compréhensible qui n’est pas toujours pour le mieux.

Avec des œuvres de très grandes qualités comme Good Bye, Lenin! et La Vie des autres, le cinéma allemand qui arrive sur les écrans québécois arrive largement à faire oublier des demi-succès (Sophie Scholl) et des échecs populistes (The Edukators). Pour sa réalisation touchante quoiqu’un peu académique, Florian Henckel von Donnersmarck a décidé de privilégier les émotions humaines au détriment du tape à l’œil propre au sujet (pesant La Chûte). Heureuse idée, son travail n’en est que meilleur. » ****

dimanche 26 mars 2017

Les films préférés de... Benoit Pilon

Cinéaste de l'humain, Benoit Pilon a débuté avec de très bons documentaires (Roger Toupin, Nestor et les oubliés, Des nouvelles du Nord) avant de plonger dans la fiction avec l'essentiel Ce qu'il faut pour vivre. Six années après Décharge, il est de retour avec son nouveau film Iqaluit. Je l'ai rencontré pour l'occasion (mon entrevue) et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés. Voici sa réponse...

« J'aime toute sorte de cinéma. Je ne suis pas quelqu'un qui est dogmatique dans un type de films. J'aime des choses qui me rejoignent, qui me touchent, que je trouve qui sont honnêtes et inspirées. Par exemple cette année, j'ai été extrêmement touché par Manchester by the Sea et je n'ai pas pantoute aimé La La Land. Il y a une profondeur dans Manchester by the Sea, il y a des scènes là-dedans que j'aurais tant aimé avoir écrit. Le scénario, c'est juste hallucinant. Comment il arrive à nous faire saisir le non-dit entre les personnages. C'est absolument magnifique. Pour moi, c'est l'exemple de films dont j'aimerais faire.

Au cours des dernières années, il y a eu plusieurs films comme ça. Du cinéma ancré dans une certaine réalité, une vérité des personnages, une grande écriture. J'ai aussi beaucoup aimé Moonlight que je trouve qui est une belle histoire, qui nous surprend. La fin de ce film-là est extraordinaire. Il y a des choses qui sont réussies de façon grandioses là-dedans.

J'aime bien les choses qui font preuve d'une grande sensibilité, d'inventivité, à la fois scénaristique et de mise en scène. Quelque chose qui n'est pas dans l'esbroufe ou dans quelque chose de grandiloquent, mais qui atteint un niveau de vérité et qui te va droit au coeur. Ça c'est quelque chose qui me touche beaucoup.

J'aime beaucoup par exemple le cinéma d'Andrea Arnold. Dans Fish Tank, il y a une espèce de vérité, qui est toujours ancrée dans un réalisme. Je pourrais te nommer plusieurs films. Et en même temps, je vais être très touché et surpris d'être touché par Toy Story 3 que j'ai vu avec mon fils. J'avais les larmes aux yeux. Comment ça, ça me fait brailler? J'aime quand les choses sont bien faites et bien écrite. Ça me touche. Je ne suis pas dogmatique, je n'ai pas peur de dire que j'ai pleuré devant Toy Story. » (rires)

Film du jour: Cameraperson

Cinema Politica de Concordia présente demain Cameraperson en présence de sa cinéaste Kirsten Johnson. Voilà un des plus beaux essais documentaires des dernières années, qui utilise différentes archives tournées par la cinéaste pour composer une symphonie humaine sur les beautés et les laideurs de l'existence. Le travail - de mémoire - au niveau du montage est phénoménal et l'hymne invite au recueillement et à l'élévation. ****

samedi 25 mars 2017

Film du jour: Pariente

Western colombien où les crises politiques et amoureuses se conjuguent au niveau familial, Pariente (Guilty Men) d'Ivan D. Gaona pique la curiosité avec sa formidable introduction avant de titiller la patience du cinéphile et de tout faire exploser à la fin avec sa tension insoutenable. Bien que le récit ne soit pas toujours limpide, la réalisation maîtrisée au montage élaboré fait ressortir un talentueux cinéaste, qui dirige adroitement des comédiens non professionnels. Au Centre Phi. ***1/2