mardi 31 mai 2016

Nouveautés en DVD/Blu-ray: War ad Peace, Race, Early Winter, Pride and Prejudice and Zombies, Triple 9, Jane Got a Gun, Gods of Egypt

Avec la température chaude qui commence à s'installer, il peut déjà être bénéfique de s'installer au frais avec une nouveauté en Blu-ray et DVD. Dommage que cette semaine, peu de titres méritent vraiment le détour.

Il y a évidemment des exceptions. Comme la très jolie mini-série War and Peace de Tom Hooper qui s'attaque au classique de Tolstoï avec une élégance rare. Esthétiquement c'est renversant, et l'histoire n'a rien perdu de son pouvoir d'évocation. ***1/2

Beaucoup plus classique est Race de Stephan Hopkins qui retrace les exploits d'un coureur afro-américain qui a participé aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936. Un long métrage solide à défaut d'être conventionnel. ***

Early Winter de Michael Rowe prend davantage de risques sur le plan formel. Paul Doucet y trouve d'ailleurs son plus beau rôle en carrière. Reste que le récit s'avère beaucoup trop étudié. **1/2 

Même s'il ne se prend jamais au sérieux, Pride and Prejudice and Zombies de Burr Steers aurait dû être plus jouissif. Parce que le film n'est jamais aussi délirant que son titre. **1/2

D'une efficacité à toute épreuve et doté d'un casting explosif, Triple 9 de John Hill demeure malgré tout un banal ersatz de Heat, étant plus convaincant lors de ses scènes d'action. **1/2 

Cela fait des années que Natalie Portman porte Jane Got a Gun en elle et après un changement de cinéastes et de comédiens, cela donne un western soporifique, à la romance envahissante. **

Alex Proyas a peut-être réalisé son lot d'opus renversants (The Crow, Dark City), il vient d'accoucher avec Gods of Egypt d'un navet tellement mauvais qu'il en devient drôle. Trop d'effets spéciaux, c'est comme pas assez. *1/2 

Film du jour: La grève

Un des plus impressionnants premiers films de l'histoire du cinéma, La grève montre tout le génie d'Eisenstein, que ce soit au niveau des cadrages, du montage et des mouvements de masse. En décrivant un désir de résistance qui tourne mal, c'est pratiquement le septième art moderne qui prend racine. Plusieurs séquences formidables marqueront au fer blanc le cinéphile et avec une musique relevée, il y a tout pour être soufflé pendant longtemps. *****

lundi 30 mai 2016

Film du jour: The Stranger

Ultime film du grand Satyajit Ray, The Stranger possède tout ce qui caractérise les dernières créations du maître indien: un ton dominé par la beauté du verbe, une réalisation attentive aux personnages et une plongée dans la moralité et l'humanité des êtres. Ici il est question d'une famille bourgeoise qui reçoit à contrecœur un oncle disparu dans la nature depuis 35 ans qui pourrait bien être un imposteur. La joute oratoire qui en ressort est riche et bénéfique, traitant de nombreux thèmes primordiaux avec une économie de moyens. L'interprétation est évidemment de premier ordre et l'intérêt soutenu. **** 

dimanche 29 mai 2016

Retour sur l'effet Dolan à Cannes

Une semaine plus tard, je me permets de revenir sur l'affaire "Xavier Dolan" dont le dernier film Juste la fin du monde a été vilipendé au Festival de Cannes avant de recevoir le prestigieux Grand Prix. Petit article pour le site de Cineplex sur une carrière qui fait bien des jaloux d'un intouchable qui ne l'est peut-être plus autant.

Film du jour: Les cousins

Film miroir de son précédent et supérieur Le beau serge, Les cousins de Claude Chabrol qui a remporté le Lion d'Or à Venise est une satire à la fois drôle, touchante et tristounette de la vie en ville, où la chance a souvent plus d'importance que le réel talent. Le récit qui prend son temps à prendre son envol dans la première partie plus atmosphérique passionne par la suite. On sent que c'est là que le cinéaste a vraiment trouvé sa signature et la magnifique Juliette Mayniel brille aux côtés de Gérard Blain et Jean-Claude Brialy. ***1/2

samedi 28 mai 2016

Film du jour: Still Life

En attendant de découvrir Au-delà des montagnes qui est présentement à l'affiche et qui mérite le détour, on se plait à revoir l'excellent Still Life, un des meilleurs films de Jia Zhang-ke. Il y a de tout dans cette fresque immense d'une Chine en pleine mutation: deux destins à la croisée des chemins, des plans séquences impressionnants, un aspect documentaire qui n'est pas négligeable, des interprètes épatants et de la mélancolie à la tonne. De quoi est touché et transporté en moins de deux. ****

vendredi 27 mai 2016

Sorties au cinéma : Le garçon et la bête, Au-delà des montagnes, Demain, High-Rise, X-Men : Apocalypse, Mr. Right, Alice Through the Looking Glass

Pendant que deux immenses longs métrages américains s'affrontent pour dominer le box-office, ce sont deux récits asiatiques qui risquent de ravir le plus les cinéphiles.

Digne successeur de Satoshi Kon et de Hayao Miyazaki, Mamoru Hosoda propose avec Le garçon et la bête une animation riche, complexe et intelligente sur la famille et la nature humaine. Moins poétique que son précédent Les enfants loups mais plus divertissant et mouvementé, il s'agit d'un triomphe qui rend les yeux tristes malgré des morales qui manquent parfois de subtilité. C'est tout ce qu'aurait souhaité être Kung Fu Panda. ****
Ma critique

Présenté en compétition officielle à Cannes l'année dernière, Au-delà des montages est le film le plus ambitieux de la part de Jia Zhang-ke. Chronique mélancolique se déroulant sur trois époques distinctes, cette réflexion riche sur la mondialisation et la mémoire va droit au coeur avec ses élans plus mélodramatiques, tout en séduisant par son immense maîtrise formelle. Une oeuvre qui symbolise parfaitement la Chine et qui finit par grandir sur le spectateur qui se prête à l'effort (oui, c'est parfois long, lent et appuyé). ***1/2

César du meilleur documentaire, Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent aborde les principaux enjeux mondiaux (alimentation, recyclage, éducation, actions civiles, etc.) d'un oeil optimiste en donnant des solutions pour construire un monde meilleur. La charge engagée a beau paraître simpliste et naïve, son espoir est communicatif. ***1/2

Lorsque Ben Wheatley adapte High-Rise de J.G. Ballard, cela donne un objet techniquement impressionnant mais dont la riche prémisse ne transparaît pas toujours dans le chiche scénario. On demeure tout de même scotché devant sa force d'impact et la vigueur de ses interprètes. ***
Critique 

Terminant la trilogie en beauté après un second épisode beaucoup plus faible, X-Men: Apocalypse de Bryan Singer réunit une tonne de mutants pour de nouveaux affrontements spectaculaires. Rien de nouveau au menu, si ce n'est du travail bien fait, des effets spéciaux renversants et des personnages généralement intéressants. ****
Critique

Hybride entre la comédie romantique et le film d'action, Mr.Right de Paco Cabezas ne fonctionne qu'à moitié, permettant à Sam Rockwell, Anna Kendrick et Tim Roth de s'amuser ferme au sein d'un scénario paresseux qui tente d'être branché mais qui ne l'est jamais. **1/2

Suite d'une production qui a remporté un succès fou,  Alice Through the Looking Glass de James Bobin (l'homme derrière les deux récents Muppets) n'a pas seulement perdu Tim Burton au change. Le charme n'y est plus et la magie a été remplacé par une tonne d'effets visuels qui finissent par assommer le spectateur. Vide comme ça, c'est plutôt rare. **