mardi 19 juin 2018

Film du jour: Bowling for Columbine

Disponible à partir d'aujourd'hui dans la prestigieuse collection Criterion, Bowling for Columbine est le documentaire définitif de Michael Moore. Un brûlot sombre, humaniste et hilarant qui met le doigt sur d'importantes racines du mal qui grugent les États-Unis. La manière, brillante et discutable, à fait date, sauf qu'il faut absolument s'y replonger afin de découvrir que le problème est toujours entier. ****

lundi 18 juin 2018

Va où il est impossible d'aller

Costa-Gavras vient de publier aux éditions Seuil ses mémoires sous le titre Va où il est impossible d'aller. Un recueil de 500 pages extrêmement intéressant où le cinéaste grec ressasse sa migration en France, sa carrière cinématographique et ses engagements personnels. Dans un style simple et direct, il raconte la seconde partie du 20e siècle et la première du 21e, liant constamment son art à l'actualité politique. Il le fait de manière authentique, sans tomber dans les détails techniques et les digressions, en rappelant ces grandes rencontres humaines qui changent une existence à jamais. On en ressort avec le désir ardent de replonger dans ses classiques, notamment L'aveu et Missing.

Z représente son ultime chef-d'oeuvre. C'est le film qui me revient constamment en tête lorsque je repense à Costa-Gavras. Surtout à l'époque où j'ai pu m'entretenir avec le mythique cinéaste lors de sa venue à Montréal en 2009, dans le cadre de Cinemania. Rencontré pendant une quinzaine de minutes dans la suite d'un hôtel, l'homme m'apparaissait bienveillant, allumé, un peu distant mais attentif. Une discussion que j'aurais évidemment voulu poursuivre plus longuement... Par nostalgie, voici cette entrevue, qui a été publiée dans les pages du journal Métro.

Film du jour: The Great Silence

Principale source d’inspiration de Hateful Eight, The Great Silence de Sergio Corbucci est un western enneigé violent et désespéré qui glace le sang. Une oeuvre sombre et cynique où Jean-Louis Trintignant et Klaus Kinski cherchent à se faire la peau sur la musique de Morricone. Un divertissement stylisé et fort satisfaisant à ne pas manquer. Surtout que la nouvelle édition blu-ray en 2k est particulièrement élégante. ****

dimanche 17 juin 2018

Les films préférés de... Patrick Demers

De Jaloux à Origami, on a toujours droit à des univers entiers et singuliers. Je me suis récemment entretenu avec le réalisateur et scénariste Patrick Demers (mon entrevue) et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés. Voici sa réponse.

« J'ai plein de films préférés. J'ai de la misère à cette question-là. L'avventura d'Antonioni qui est un chef-d'oeuvre. Blue Velvet de David Lynch: ce n'est pas son meilleur mais c'est celui qui m'a fait le plus d'effet. Chansons du deuxième étage de Roy Andersson. Je peux t'en nommer plein: The Shining de Kubrick, Un zoo la nuit de Jean-Claude Lauzon, Pour la suite du monde de Pierrault. Je consomme beaucoup de films. J'ai adoré Dogtooth et The Lobster...

Récemment, j'ai beaucoup trippé sur Mother d'Aronofsky. Des gens l'aiment ou le détestent. Mais je n'ai pas besoin d'explications et de tout comprendre. Je ne suis pas comme ça comme spectateur. J'ai besoin d'être renversé, de ne pas voir venir l'affaire, d'être surpris. Ça me fait penser à Love Exposure de Sion Sono. C'est débile ce film-là! Ce n'est pas toujours beau, c'est drôlement tourné. Mais je m'en fou. J'ai seulement besoin qu'on me surprenne. On voit tellement tout le temps la même affaire que moi, quand c'est différent, je suis satisfaisait. »

Film du jour: The Lost World: Jurassic Park

On se prépare pour la sortie de Jurassic World: Fallen Kingdom en revoyant The Lost World, la suite que Steven Spielberg a pondu à son classique de 1993. Il s'agit d'une série B assez divertissante, inutile mais excitante avec encore plus d'action, de rires et de dinosaures. Un plaisir coupable qui assure au quart de tour avec ses nombreux hommages cinématographiques. ***

samedi 16 juin 2018

Sorties au cinéma: Un beau soleil intérieur, Quand l'amour se creuse un trou, The Incredibles 2, Beast, Ôtez-moi d'un doute

Le cinéma francophone sort du lot cette semaine au sein de toutes les nouvelles sorties au cinéma.

Un beau soleil intérieur: C'est une comédie mélancolique de toute beauté que signe Claire Denis avec ce film solaire, où Juliette Binoche cherche l'amour et le bonheur. Un opus écrit avec délicatesse, utilisant à son avantage de nombreux plans séquences. À consommer sans modération. ****

Quand l'amour se creuse un trou: L'amour peut-il exister malgré une différence d'âge de 56 ans? Oui ose ce premier long métrage d'Ara Ball, qui ressemble à de véritables montagnes russes avec son changement constant de genres et ses dialogues appuyés. Mais on finit par embarquer tant la proposition sort constamment de ce qui se fait au Québec. ***

The Incredibles 2: Cela a pris 14 ans à Brad Bird pour pondre une suite à ce grand succès de Pixar. Malgré tout ce temps, le scénario déçoit par ses rebondissements télécommandés, ses nouveaux personnages sans personnalité et l'absence totale de psychologie, qui n'a pas évoluée d'un iota. Au moins il y a un bébé hilarant, qui mériterait à lui seul un dérivé, ainsi qu'une animation soignée. **1/2

Beast: Dès la seconde scène, on devine exactement où ira ce drame psychologique de Michael Pearce sur la bête qui sommeille au plus profond de nous. Malgré une interprétation intense et de beaux paysages, il faut se farcir des individus unidimensionnels et une seconde partie interminable qui tarde à se terminer. **1/2

Ôtez-moi d'un doute: Voilà l'exemple typique de la comédie dramatique qui veut devenir populaire. On fait appel à de bons comédiens et à un script sensible, sauf qu'on oublie d'y aller en profondeur et d'offrir une réalisation digne de ce nom. Rien ne dépasse de cette création de Carine Tardieu et c'est justement ce qui la rend un peu beige. **1/2

Film du jour: Babe

Aujourd'hui et demain, le Cinéma du Parc présente Babe de Chris Noonan, ce magnifique film familial sur les tribulations d'un cochon qui rêve d'être un chien. Plein de fantaisie, le long métrage va droit au coeur avec ses personnages attendrissants et ses situations incroyables. Surtout, il ne simplifie en rien le grand cycle de la vie, alternant moments vivifiants et ceux beaucoup plus angoissants. ****