mardi 21 octobre 2014

Nouveautés en dvd : Snowpiercer, Cannibal, Earth to Echo, The Purge : Anarchy, Casse-tête chinois, Pour une femme, Chimères

Afin de passer à travers la semaine qui s'annonce humide et pluvieuse, quelques nouveautés en DVD et Blu-ray intéressants s'offrent à nous.

Superbe fable sociale sur des gens enfermés dans un train qui cherchent à changer de castes, Snowpiercer de Bong Joon-ho est également la superproduction la plus excitante de l'année. Un opus de science-fiction brillant, mis en scène et interprété à la perfection, qui décoiffe et fascine tout à la fois. ****

Parfait pour l'Halloween qui cogne à la porte, Cannibal de Manuel Martin Cuenca est un surprenant drame contemplatif sur un tailleur qui est également adepte de chair humaine. Avec sa terreur suggérée, il s'agit d'une oeuvre froide et chirurgicale qui arrive à repousser les conventions du genre. ***1/2

Sorte de E.T. à la sauce Blair Witch Project, Earth to Echo de Dave Green est un conte familial inspirant et mélancolique, qui rappelle les vertus de l'amitié et de l'unité. ***

Suite d'un long métrage à succès, The Purge: Anarchy de James DeMonarco élargit son sujet à une ville tout entière, où pendant une nuit, des gens peuvent se défouler comme ils le désirent. Un thème en or qui sent ici un peu le réchauffé malgré quelques bonnes idées. **1/2 

Troisième et plus faible épisode du lot, Casse-tête chinois de Cédric Klapisch amène cette fois Romain Duris à New York, à la recherche du bonheur et de l'inspiration. Outre un casting sympathique, la réalisation affiche rapidement ses limites et le ton moralisateur peut exaspérer. **1/2

Mélo très classique sur les secrets familiaux qui volent au grand jour, Pour une femme de Diane Kurys passe à côté de la grande histoire (les effets de la guerre, la montée du communisme, etc.) pour s'intéresser à une romance plus usuelle, sabotant du coup un peu sa distribution exemplaire. **1/2

Reprenant le thème du vampirisme à une sauce de budget fauché, Chimères d'Olivier Beguin regorge d'idées intéressantes, qui ne se manifestent toutefois pas toutes à l'écran. Il y a cette hésitation qui fait défaut, entre spleen salvateur et gore trop cliché. **

Film du jour: The Green Prince

Documentaire traité sous une forme très cinématographique dont le sujet semble parfois passer près de flirter avec la fiction, The Green Prince de Nadav Schirman garde en haleine jusqu'à la fin, alors qu'on suit un homme qui pourrait bien être une taupe pour le Hamas ou un espion à la solde d'Israël. C'est cette ambiguïté fondée sur le mensonge qui fait la puissance de cette oeuvre puissante, dont le discours propagandiste n'est toutefois jamais très loin. En attendant de voir la version hollywoodienne qui est en chantier... ***1/2

lundi 20 octobre 2014

Film du jour : Seth’s Dominion

Présenté jusqu'à jeudi au Cinéma du Parc, Seth's Dominion de Luc Chamberland est un très intéressant film où le style unique du dessinateur Seth prend vie grâce à la fabuleuse technique d'animation de l'ONF. Plus qu'un biopic conventionnel, l'effort est une entrée presque psychanalytique dans son univers de génie, où ses obsessions et son enfance ont cimenté son oeuvre. Entre art, désir de filiation et finalité, on en apprend finalement presque autant sur nous que sur lui. ***1/2

dimanche 19 octobre 2014

Entrevue L'amour est un crime parfait

Film le plus intéressant à prendre l'affiche cette semaine au Québec, L'amour est un crime parfait est un suspense décalé, où l'humour noir et les magnifiques paysages en mettent plein la vue.

L'année dernière dans le cadre du Festival du nouveau cinéma, je me suis entretenu avec son coréalisateur Jean-Marie Larrieu, qui a offert avec son frangin des longs métrages bien marrants (Peindre ou faire l'amour et Le voyage aux Pyrénées. Mon entretien se trouve sur le site de Cineplex.

Films du jour: Maps to the Stars, Pasolini, Métamorphose (FNC)

Pour la dernière journée de FNC, place à trois réalisateurs réputés qui, sans offrir leurs meilleurs films, proposent des projets qui sortent des sentiers battus.

Le tout débute en force avec Maps to the Stars, la féroce satire sur Hollywood de David Cronenberg, qui débute de façon classique avant d'exposer la folie de ses personnages. Une fable malsaine sur les 1% de ce monde qui, sans autant marquer les esprits que Cosmpolis, est peuplé d'interprétations remarquables. ***1/2

Abel Ferrara qui s'attaque à Passolini, c'est l'évidence même. Étrangement, le cinéaste qui adore choquer manque un peu de nerfs dans son exploration des derniers mois du mythique cinéaste. Willem Dafoe est remarquable dans le rôle titre, mais l'ensemble laisse complètement indifférent malgré une mise en scène élégante. **1/2

C'est lorsqu'il s'adonne aux essais fauchés que Christophe Honoré est le moins convaincant. Après l'horrible Homme au bain il y a quelques années, le créateur de Les chansons d'amour déçoit avec Métamorphoses, où il jongle avec les mythes grecs sans convaincre totalement. Quelques idées intéressantes ressortent du lot, mais elles sont trop peu nombreuses pour mériter le détour. **

samedi 18 octobre 2014

Sorties au cinéma : L’amour est un crime parfait, The Book of Life, Le dernier diamant, Dirty Weekend

Comme le Festival du nouveau cinéma se termine ce dimanche, il faut avoir un plan B pour ne pas manquer de bons films. Cela tombe bien, il y en a quelques-uns qui prennent l'affiche cette semaines en salles au Québec.

Féroce farce noire sur un professeur qui est suspecté d'avoir fait disparaître une de ses étudiante, L'amour est un crime parfait des frères Arnaud et Jean-Marie Larrieu offre des dialogues souvent hilarants et des interprètes qui jouent la carte à la perfection. C'est ludique et c'est oubliable, mais c'est également très divertissant. ***

Produit par un certain Guillermo del Toro, The Book of Life de Jorge R. Guetierrez est une animation assez cocasse qui utilise la culture mexicaine afin de pondre un conte enchanteur sur un triangle amoureux. Des morales lourdes et appuyées viennent toutefois plomber le tout. ***

Hommage inoffensif aux films de cambriolage, Le dernier diamant d'Éric Barbier accumule tous les clichés du genre. Les comédiens s'amusent fermement, sauf que l'ensemble manque de surprise, la fin est complètement bâclée et la réalisation n'a pas la finesse souhaitée. **1/2

Offert sur vidéo sur demande, Dirty Weekend de Christopher Granier-Deferre est un long métrage très léger sur deux amis qui se retrouvent en Normandie pendant qu'un tueur en série sévit dans la région. Passé une agréable introduction, l'effort tourne en rond, cherchant ardemment des blagues qui font mouche. **  

Films du jour: Hard to be a God, Force majeure, Les règles du jeu, Baal (FNC)

De tous les films intéressants qui sont présentés aujourd'hui au Festival du nouveau cinéma, au moins quatre méritent l'attention...

Fascinante fresque de près de trois heures, sous-titrée et en noir et blanc, Hard to be God d'Aleksei German se demande comment la société aurait tourné sans la Renaissance. Les Barbares sont partout et il se frappent pour des riens... Avec ses images d'une hallucinante beauté et sa réalisation très imaginative, ce pensum un peu brouillon et trop long séduit malgré - ou grâce - à ses explosions de violence. ***1/2

Sélection de la Suède à la prochaine cérémonie des Oscars, Force majeure de Ruben Östlund est une histoire douce, amère et parfois absurde sur une famille qui se déchire devant le comportement répréhensible d'un père face à une avalanche. Aki Kaurismäki aurait certainement aimé cet effort intelligent et superbement photographié, qui fait oublier ses quelques longueurs par une finale époustouflante. ***1/2

Documentaire évocateur sur la jeunesse qui refuse parfois de se prendre en main et d'intégrer le monde du travail, Les règles du jeu de Claudine Bories et Patrice Chagnard suit avec tendresse et une légère ironie trois personnages colorés et attachants. Ce qui ressort n'est pas toujours beau à voir, mais comme étude sociologique, l'ensemble est plus que satisfaisant. ***

En guise de curiosité, il se fait rien de mieux que Baal, ce téléfilm "maudit" réalisé par Volker Schlöndorff en 1969 et qui est adapté d'une pièce de Brecht. Cette oeuvre bizarre séparée en chapitres qui porte sur les déboires d'un poète qui ne jure que par le sexe et le Schnaps n'est pas toujours réussie et l'intérêt vacille constamment. Mais elle est à l'image de son héros, interprété avec verve par Fassbinder: d'une liberté et d'une fraîcheur incommensurables.