vendredi 31 octobre 2014

Sorties au cinéma: Birdman, Maps to the Stars, Why Don't You Play in Hell?, Le pas de la porte, Laggies, Before I Go To Sleep

Ça sent les Oscars cette semaine avec la sortie de ce qui est probablement du meilleur film américain de 2014.

Il s'agit du Birdman d'Alejandro G. Innaritu qui s'intéresse au star system hollywoodien et aux longs métrages de super-héros. Avec sa mise en scène brillante ponctuée de faux plans séquences, son scénario démentiel et la performance électrisante de ses comédiens (surtout Michael Keaton et Edward Norton), on a entre les mains un futur classique. ****1/2

Nageant dans les mêmes eaux que son supérieur Cosmopolis tout en demeurant plus accessible, Maps to the Stars de David Cronenberg est une satire féroce des vedettes de Los Angeles, alors qu'une horde de personnages campés par d'excellents comédiens se donnent rendez-vous pour une conclusion particulièrement sanglante. Du bonbon acidulé qui marque les esprits. ***1/2

Présenté au Festival du nouveau cinéma en 2013, Why Don't You Play in Hell? est un foutoir grandiloquent signé Sion Sono, qui utilise l'ironie et l'absurde pour poser une réflexion pertinente sur le septième art. Oui, c'est trop long et trop répétitif, mais plusieurs moments jouissifs font hurler de rire. ***

Parler de la mort n'est pas un sujet très divertissant. Le documentaire Le pas de la porte d'Iphigénie Marcoux-Fortier et de Karine van Ameringen le fait pourtant avec un beau mélange de gravité et de légèreté. La réalisation ne casse rien, sauf que le propos demeure nécessaire. ***

En s'intéressant à une femme adolescente qui refuse de vieillir, Laggies ne renouvelle en rien le cinéma de Lynn Shelton. Au contraire, en faisant appel à des stars et en ayant plus de budget, on perd un peu son côté artisanal et authentique qui faisant tant de charme. **1/2

Sorte de Memento des pauvres sur une femme qui ne se rappelle jamais ce qui s'est passé, Before I Go To Sleep de Rowan Joffé privilégie le suspense à deux sous au lieu du drame psychologique mélancolique. D'ailleurs, plus le récit avance et plus il devient ridicule. De quoi plaindre Nicole Kidman qui s'est embarquée là-dedans. **

Film du jour: Sisters

Pour l'Halloween, on revoit avec bonheur le jouissif Sisters, la première excursion de Brian De Palma dans le suspense. Hommage démentiel aux classiques d'Hitchcock (il y a même le vénérable Bernard Herrmann qui assure la trame sonore), ce thriller sordide et très divertissant sur une journaliste qui assiste à un crime étrange est un grand plaisir presque coupable, qui surprend constamment par son humour, son montage étudié et sa musique lugubre. ***1/2

jeudi 30 octobre 2014

Le festival AMÉRASIA commence aujourd'hui!

C'est du 30 octobre au 2 novembre que se tient la quatrième édition du Festival AMÉRASIA. Contrairement aux années précédentes, ce nouveau crû est davantage porté vers la relève, avec une horde de courts métrages et d'animations, d'ici et d'ailleurs. Entre un documentaire éclairant sur la Nouvelle Vague des Philippines et la possibilité de revoir le très bon The Lunchbox, il y a vraiment tout pour découvrir et passer de bons moments. Infos

Film du jour: Foreign Letters

Récit bien attentionné sur l'amitié entre deux adolescentes - une juive, l'autre vietnamienne - qui résident aux États-Unis, Foreign Letters d'Ela Thier est doté de belles morales et d'une démarche noble (c'est inspiré d'une histoire vraie), mais également d'une mise en scène qui ne casse rien et d'une interprétation trop souvent figée. **1/2

mercredi 29 octobre 2014

Film du jour: Exils

Possiblement le meilleur film de Tony Gatlif, Exils qui s'est mérité le prix de la mise en scène à Cannes est une oeuvre incendiaires sur deux jeunes gens qui décident de retourner en Algérie, la terre de leur jeunesse. Avec sa caméra à fleur de peau, ses paysages magnifiques, sa trame sonore qui fait danser et les performances désinvoltes de Romain Duris et de Lubna Azabel, on embarque aisément dans ce voyage au bout des origines, qui ravit par sa sensualité et sa subtilité. ****

mardi 28 octobre 2014

Nouveautés en DVD : Begin Again, Alex marche à l’amour, Deliver Us From Evil, Wish I Was Here, Life of Crime, Zulu, Barbecue, Le règne de la beauté

Bof. C'est la semaine où pratiquement toutes les nouveautés en dvd et en blu-ray flirtent avec le moyen, le quelconque et le à peine passages.

La seule exception au tableau est Begin Again de John Carney, ce récit enchanté sur deux âmes en peine qui décident d'enregistrer un album dans les rues de New York. L'ensemble manque de profondeur, mais quelle charme et quelle trame sonore! ***
Ma critique complète

Documentaire sur un homme qui marche en récitant des poèmes de Gaston Miron, Alex marche à l'amour de Dominic Leduc et Alexandre Castonguay est porté par une belle cause et de jolies images. Sauf que le tout tourne en rond et la mise en scène ne casse rien. **1/2

Drame d'épouvante qui ne comporte aucun réel frisson, Deliver Us From Evil de Scott Derrickson sent la recette malgré son récit bien huilé et ses interprètes convaincus. **1/2

De lourdes leçons de vie, il y en a à la tonne dans Wish I Was Here, le nouveau projet de Zach Braff qui a été entièrement financé par le public. On est cependant très loin de Garden State, ce qui est vraiment dommage. **1/2

Pauvre Elmore Leonard! Le metteur en scène Daniel Schechter a adapté un peu n'importe comment son Life of Crime, ce qui donne une oeuvre brouillonne, comique mais qui n'atteint jamais son véritable potentiel. **1/2

Lorsqu'on privilégie le suspense et l'action dans un film qui se déroule pendant l'Apartheid, c'est passer à côté de son sujet et c'est ce qui arrive avec le Zulu de Jérôme Salle. C'est triste, car les acteurs livrent de solides prestations. **1/2

Ah, ces longs métrages français sur des amis et amoureux qui se remettent en question après tant d'années. Il y en a eu plein et le Barbecue d'Éric Lavaine n'amène rien de nouveau. Le casting n'est pas mauvais et le rire se fait ressentir, sauf que le tout s'oublie assez rapidement. **1/2

Vilipendé à sa sortie, Le règne de la beauté de Denys Arcand est une production vide de type télévisuelle sur le vide de notre société. Autant la photographie est luxueuse, autant l'ensemble est d'un ennui morte. **
Ma critique complète

Film du jour: Moebius

Il n'y a rien de plus malsain qu'un film de Kim Ki-duk. Le maître coréen se déchaîne avec Moebius en analysant les rouages d'une famille dysfonctionnelle qui arrive à palper des ombres de bonheur par le sexe. Oeuvre cauchemardesque et grotesque teintée d'humour noir, cette réflexion sur la violence, la jalousie, les tabous et les désirs traumatise par ses scènes fortes et son ton pratiquement muet. À essayer à ses risques et périls. ***1/2