lundi 16 juillet 2018

Film du jour: Being Natural (Fantasia)

Entre satire sociale et slapstick, Being Natural de Tadashi Nagayama est une oeuvre bien curieuse. En confrontant les valeurs de la ville à celles des régions, le film ne se révèle pas des plus subtils. Mais il ose explorer le genre avec mélancolie, d'abord ses conventions et ses clichés, puis avec une explosion de sensations inattendues. Et si ce mélange peut sembler laborieux, l'humour fait amplement sourire, tout comme les performances des comédiens. ***

dimanche 15 juillet 2018

Les films préférés de... Jean-Marc Vallée

Entre le cinéma (CRAZY, Dallas Buyers Club, Wild) et la télévision (Big Little Lies, Sharp Objects), Jean-Marc Vallée mène une carrière plus qu'enviable, ici comme à Hollywood. J'ai récemment pu m'entretenir avec le cinéaste québécois (mon entrevue) et je lui ai demandé quels étaient quelques-uns de ses films préférés...

« J'ai de la misère à répondre à cette question. C'est comme mes chansons préférées. Je n'y parviens jamais. Mais du côté des réalisateurs, ça ressemble à Jacques Audiard. Habituellement, j'aime ça. C'est rare que j'ai des bémols. J'ai eu ma phase Scorsese pendant longtemps. Le grand Martin Scorsese. J'ai hâte de voir son prochain. »

Film du jour: Microhabitat (Fantasia)

Poignante comédie dramatique sur les valeurs et la marginalité, Microhabitat de Jeon Go-woon débute tout doucement, de façon candide et ludique, avant d'élever les enjeux, de resserrer la tension et de happer par sa nécessité. Cette quête d'un logement d'une trentenaire n'est qu'un prétexte à analyser les moeurs humains, ses classes et ses rêves. Un voyage doux-amer qui porte fruit. ***1/2

samedi 14 juillet 2018

Sorties au cinéma: Sorry to Bother You, Leave No Trace, Pendule, Have a Nice Day, Ni juge ni soumise, Skyscraper, Boundaries

Alors que Fantasia vient de prendre son envol, trois nouvelles sorties au cinéma méritent notre attention cette semaine

Sorry to Bother You: Quelle claque qu'offre le rappeur Boots Riley avec son premier long métrage! Il s'agit d'une satire irrésistible, ludique et frontale sur le rapport de classes entre riches et pauvres, entre Blancs et Noirs. Une fantaisie complètement imprévisible, aussi inoubliable qu'un certain Get Out. ****

Leave No Trace: Après son excellent Winter's Bone, Debra Granik confirme qu'elle est une des plus importantes réalisatrices américaines. Son nouveau film aussi lové en forêt confronte le noyau familial à l'implacable monde extérieur. En résulte un opus lent mais fort en gueule, interprété brillamment par deux comédiens dévoués. ****

Pendule: Il y a de bien belles choses qui émanent de cette création de Julia Murat: une sensibilité intrinsèque, un érotisme latent et de superbes numéros dansés qui donnent de l'étoffe à ce La La Land brésilien, étonnamment physique, symbolique et raffiné, quoiqu'un peu chiche sur le plan psychologique. ***1/2

Have a Nice Day: Censurée par la Chine et présentée à Fantasia l'été dernier, cette animation joyeusement absurde et violente de Liu Jian convie le Pulp Fiction de Tarantino à une réflexion sur le capitalisme et la condition humaine. Intéressant à défaut d'être totalement convaincant tant le scénario cherche un peu trop à semer le bisbille. ***

Ni juge ni soumise: Ce documentaire sur une juge particulièrement colorée de la part de Jean Libon et Yves Hinant sort constamment le spectateur des sentiers battus, utilisant l'humour comme liant à des sujets parfois scabreux. Dommage que l'ensemble ne reste pas en tête plus longtemps ***

Skyscraper: Il y a des scènes complètement stupides qui font hurler de rire dans ce nanar. Elles ne sont toutefois pas suffisamment nombreuses pour qu'on veuille s'y investir complètement. À moins d'être le fan numéro 1 de The Rock, qui exerce sa loi de façon familiale, dont Général, sans faire couler trop de sang. **1/2

Boundaries: Vera Farmiga et Christopher Plummer sont incapables de sauver ce road-movie de Shana Feste de l'insignifiance, de la superficialité crasse. Le Little Miss Sunshine des pauvres? Certainement! **

Film du jour: La nuit a dévoré le monde (Fantasia)

Fantasia présentait hier La nuit a dévoré le monde, un intriguant film de zombies de Dominique Rocher, qui traite davantage de la solitude humaine et du désir de créer des liens. Une allégorie minimaliste et riche de sens malgré quelques errances, qui est portée par le toujours excellent Anders Danielsen Lie, l'éloquente Golshifteh Farahani et l'inquiétant Denis Lavant. Une jolie découverte qui méritait plus d'une représentation. *** 

vendredi 13 juillet 2018

Entrevue Leave No Trace

C'est une magnifique histoire humaine, intime et révélatrice, que propose la réalisatrice Debra Granik (Winter's Bone) avec son nouveau film Leave No Trace. J'ai pu lui parler et mon entrevue se trouve dans les pages du journal Métro d'aujourd'hui.

Film du jour: Big

30 ans de Big, ça se fête en grand alors que le «classique» de Penny Marshall retourne toute la semaine dans quelles salles Cineplex. C'est l'occasion de renouer avec ces comédies qui ont marqué une génération de cinéphiles, un Tom Hanks charismatique à souhait et un immense piano qui donne seulement le goût de se déhancher. C'est simple, léger et tout à fait bénéfique. ***1/2