jeudi 31 mars 2011

Film du jour: His Girl Friday


Une des meilleures comédies screwball hollywoodiennes, His Girl Friday que le vénérable cinéaste Howard Hawks a réalisé en 1940 est un film mordant sur les luttes des sexes alors qu'un éditeur cherche à convaincre sa réputée journaliste et ancienne femme de demeurer à ses côtés. Le rythme infernal, les dialogues truculents, les allusions savoureuses et la chimie impeccable entre Cary Grant et Rosalind Russell en font une véritable petite merveille du genre qui saura plaire aux oreilles les plus allumées tant les échanges se déroulent à la vitesse de l'éclair. ****1/2

mercredi 30 mars 2011

Entrevues Le colis


La comédie québécoise Le colis prend l'affiche ce vendredi. Premier film de la réalisatrice Gaël D'Ynglemare, le long métrage met en scène deux hommes (incarnés par Emmanuel Bilodeau et Gildor Roy) qui se mettent dans le pétrin en tentant de rembourser leurs dettes.

La semaine dernière je me suis entretenu avec les deux comédiens principaux et la cinéaste. Mes entrevues se retrouvent sur le site électronique Lecinema.ca.

Film du jour: La Strada


Le premier véritable chef-d'oeuvre de Fellini, La Strada (1954) est un mélo d'une puissance rare, où une jeune femme qui cherche sa place dans l'existence est condamnée à souffrir. Film d'errance où le méchant Anthony Quinn maltraite l'irrésistible Giulietta Masina, ce classique du 20e siècle parle à la fois au coeur et à l'âme, mélangeant parfaitement douloureux réalisme et magnifiques envolées lyriques. Le sublime noir et blanc et l'omniprésente partition musicale de Nino Rota renforcent le mythe accolé à ce projet, un des plus mémorables de son auteur. *****

mardi 29 mars 2011

DVD: Black Swan, À l'origine d'un cri, Fair Game, Tangled, Made in Dagenham, L'appât


Malgré un gros navet Made in Quebec, les sorties dvd et blu-ray de la semaine s'avèrent généralement intéressantes.

Gracieuseté surtout de Black Swan de Darren Aronofsky, ce magnifique film stylisé qui se déroule dans l'univers de la danse et qui a permis à Natalie Portman de mettre la main sur un Oscar d'interprétation. Les détracteurs du cinéaste auront de quoi grogner devant cette fausse série B maniérée. Les autres seront au septième ciel avec ce cauchemar hallucinant qui utilise tout ce qui est en son pouvoir pour fasciner et bouleverser tout à la fois.

Le meilleur film de Robin Aubert jusqu'à maintenant, À l'origine d'un cri est une grosse claque au visage dans sa façon de décrire la déroute de trois hommes d'une même famille. Réaliste et poétique, avec des dialogues poignants et des performances d'acteurs inoubliables, voilà un titre d'ici à voir malgré ses quelques imperfections.

À la fois très classique dans sa progression mais néanmoins captivant au final, Fair Game de Doug Liman retrace le quotidien d'une espionne dont l'identité a été dévoilée publiquement. Naomi Watts et Sean Penn sont les principales raisons de vouloir donner un coup d'oeil à cette production de qualité qui manque toutefois un peu de tonus pour marquer les esprits irrémédiablement.

Nouvelle animation de Disney, Tangled de Nathan Greno et Byron Howard est un dessin animé à l'ancienne avec ses nombreuses chansons et ses morales appuyées. Reste que cette histoire pour jeunes filles qui cherchent le prince charmant ne manque pas d'humour et de fantaisie.

Traditionnel long métrage britannique à connotation sociale, cette fois sur une grève de femmes qui est véritablement survenue, Made in Dagenham de Nigel Cole sent le pamphlet bien attentionné, malheureusement trop superficiel et anecdotique. Néanmoins la performance juste de Sally Hawkins n'est pas négligeable.

Un des pires navets financés par les institutions québécoises, L'appât d'Yves Simoneau qui met en vedette Guy A. Lepage et Rachid Badouri est une comédie jamais drôle qui insulte l'intelligence de son spectateur. Le public n'est plus dupe, l'effort s'est brisé le nez au box office. En voilà une bonne nouvelle!

Film du jour: All the Days Before Tomorrow


Film indépendant largement inconnu réalisé par François Dompierre en 2007, All the Days Before Tomorrow s'apparente au diptyque amoureux de Richard Linklater ou au récent et mésestimé Blue Valentine. Le film est déconstruit en différentes étapes importantes montrant le cheminement de deux amis de longue date et de leur romance qui n'arrive jamais à se matérialiser réellement. Montage fluide, photographie exemplaire, interprétation juste (de Joey Kern et Alexandra Holden), musique dans le ton (Belle and Sebastian) et séquences oniriques en noir et blanc font passer un très bon moment au sein de cette histoire mignonne comme tout qui se déroule à la fois à Tokyo, à Los Angeles, dans le désert de l'Utah et à Montréal. ***1/2

lundi 28 mars 2011

Film du jour: Twentynine Palms


Le cinéma de Bruno Dumont est un des plus dérangeant du septième art, surtout dans sa façon de mélanger naturalisme et comportements bestiaux. Sans être aussi réussis que ses excellents Flandres et L'humanité, Twentynine Palms qui a discrètement pris l'affiche en 2003 est un excellent exemple de sa façon de tourner qui est sa concession. Rien ne semble se passer dans ce road movie qui se déroule aux États-Unis. Il n'y a qu'un couple qui copule et qui s'engueule. Pourtant ce manque criant de communication risque de se retourner contre eux à travers deux finales impossibles à oublier qui se retrouvent certainement parmi les plus fortes des dernières décennies. Un électrochoc d'amour et de répulsion que les plus braves voudront essayer. ***1/2

dimanche 27 mars 2011

Entrevues Jaloux


Film largement inspiré par son réalisateur et ses trois comédiens, Jaloux de Patrick Demers qui met en vedette Maxime Denommée, Sophie Cadieux et Benoît Gouin a pris l'affiche vendredi dernier.

J'ai discuté avec le cinéaste et ses interprètes afin de les interroger sur cette façon particulière de tourner et pour avoir leurs opinions sur la jalousie.

Mes entrevues se trouvent sur le site électronique de Showbizz.net ou Lecinema.ca.

Film du jour: The Amityville Horror


Pour bien se préparer au surprenant Insidious de James Wan qui prend l'affiche vendredi prochain, il est conseillé de revoir la version originale de 1979 de The Amityville Horror de Stuart Rosenberg. Bien sûr, c'est loin d'être le meilleur film d'horreur de l'époque. Les fautes techniques sont multiples, les effets spéciaux peuvent faire rire et les vols à The Exorcist demeurent nombreux. Reste que cette histoire de maison hantée qui prend son temps à camper son atmosphère donne la trouille. Les ambiances sont tendues, la musique assez inquiétante, il y a plusieurs bons sursauts et la prestation de James Brolin donne la chair de poule. Efficace malgré tout. ***

samedi 26 mars 2011

Film du jour: No One Knows About Persian Cats


Le réalisateur Bahman Ghobadi (Un temps pour l'ivresse des chevaux, Les tortues volent aussi) ne fait jamais rien comme les autres. Dans No One Knows About Persian Cats qui a été présenté à Cannes en 2009, il s'intéresse à la cause de musiciens de Téhéran en filmant le tout - de façon illégale - comme un documentaire, ce qui renforce le réalisme de l'ouvrage. La charge n'est peut-être pas toujours subtile, mais elle éclaire grandement sur les combats entre art et censure qui se tiennent à tous les jours. Et la musique donnera seulement le goût de se procurer la trame sonore. ***1/2

Entrevue West is West


Suite d'un film anglais à succès de la fin des années 1990, West is West voit un adolescent britannique visiter le Pakistan pour connaître la famille et la culture de son père.

Il y a quelques semaines j'ai discuté avec son réalisateur Andy DeEmmony, qui a principalement oeuvré dans le domaine de la télévision.

Mon entrevue se trouve dans les pages (et le site électronique) du Métro.

vendredi 25 mars 2011

La régate, J'm'en va r'viendre, Hors-la-loi, Sucker Punch, Jaloux, Jane Eyre, West is West, Diary of a Wimpy Kid


Une semaine de cinéma chargée avec plusieurs longs métrages diamétralement différents.

Presque personne en a entendu parlé mais La régate de Bernard Bellefroid est un des meilleurs titres de la semaine. Cette histoire sur une relation père-fils qui tourne au désastre est brillamment défendu par des comédiens hors pairs, alors que plusieurs scènes glacent le sang. À découvrir.
Critique

Portrait sensible et révélateur du chanteur Stephen Faulkner, J’m’en va r'viendre de Sarah Fortin est porté par son magnifique noir et blanc et son ton intimiste, qui permet d'en savoir davantage sur une figure marquante de la musique d'ici. Inspirant.
Critique

Retenu à Cannes et aux Oscars mais souffrant d'une presse généralement mauvaise, Hors-la-loi de Rachid Bouchareb souffre de lourdeurs et d'un ton un peu didactique. Reste que cette révolte d'une minorité algérienne envers les politiques françaises s'avère assez pertinente, surtout grâce à la présence inspirée et inspirante de Jamel Debbouze, Sami Bouajila et Roschdy Zem.
Critique

Zack Snyder revient en mode 300 avec Sucker Punch, un divertissement exubérant et excitant, répétitif et vide, sur le désir d'évasion d'une jeune femme. Pour les amateurs de jeux vidéo, de vidéoclip et de mangas. Lorsque l'action, la musique pop et les effets spéciaux dictent le pas.
Critique

On aurait beaucoup voulu adhérer à Jaloux, une histoire improvisée qui se déroule dans le bois. Le cinéaste Patrick Demers maîtrise son médium, la construction de l'ouvrage est habile et les acteurs Sophie Cadieux, Maxime Denommée et Benoît Gouin demeurent très talentueux. Sauf que l'intrigue est laborieuse et les dialogues pas toujours crédibles font souvent distraction.
Critique

Autant la nouvelle version de Jane Eyre de Cary Joji Fukunaga captive la rétine avec ses beaux paysages, sa riche direction artistique et son utilisation impressionnante du clair obscur, autant l'intrigue manque de souffle et d'intérêt, étant handicapé par la chimie presque inexistante entre Mia Wasikowska et Michael Fassbender qui sont supposés jouer des amoureux maudits. Ennuyant.
Critique

Suite d'un film à succès anglais qui a vu le jour il y a plus de dix ans, West is West d'Andy de Emmony est une fable parsemée de clichés sur la nécessité de connaître ses origines afin de faire la paix avec sa famille. Cette odyssée d'un adolescent britannique qui visite le Parkistan séduit par son casting, mais rebute par sa mise en scène ordinaire, ses nombreux messages et son humour qui est rarement digne de mention.

Le premier volet de Diary of a Wimpy Kid était un navet pour enfants. Bien que meilleure, la suite concoctée par David Bowers énerve assez rapidement par ses situations éprouvées, ses interprètes mal dirigés et son ton moralisateur. Oui un petit gars va apprendre à aimer son méchant grand frère, mais pourquoi prendre le jeune spectateur pour un demeuré plutôt que de respecter son intelligence?

L'angle mort du scénariste


Une note reçue par Martin Girard, le «scénariste» d'Angle mort, qui montre que rien n'est simple au royaume de la création et de la mise en application d'un film.

***

Le 25 février 2011, à la suite d’un imposant battage publicitaire, sortait dans les salles de cinéma le long métrage Angle mort, qui raconte le cauchemar d’un couple de touristes québécois pourchassé par un tueur en série dans un pays d’Amérique du Sud. Le film est réalisé par Dominic James et produit par la compagnie Caramel Films. Mon nom apparaît au générique de ce thriller à titre de scénariste. Or, si Angle mort raconte dans ses grandes lignes une histoire proche de celle que j’ai écrite, j’ai tout de même eu peine à y reconnaître mon travail lorsqu’on m’a montré le film terminé, quelques jours seulement avant sa première présentation publique.

Pour commencer, le contexte social, économique et géographique du scénario n’a pas été respecté. Cela peut sembler anodin, mais lorsque sur papier une intrigue se déroule dans un parc national désertique d’un pays développé et qu’à l’écran le désert devient tour à tour un village fantôme et un abattoir de cochons dans un pays sous-développé, le résultat n’est pas le même d’un point de vue dramatique et esthétique. En outre, lorsqu’une scène de suspense est conçue pour tirer parti de l’habitacle feutré d’une berline de luxe, mais que la scène est transposée à l’écran dans une Lada décrépite, elle risque d’y perdre en vraisemblance.

Ensuite, le film contient des scènes que je n’ai jamais écrites, notamment celles de la location de voiture, de l’arrivée du couple à l’hôtel suivie d’une relation sexuelle ou encore la fuite des époux dans la porcherie. On retrouve même dans ce film des personnages qui n’ont jamais existé sur papier, comme ceux joués par Claire Pimparé et Sophie Cadieux. Quant aux dialogues, pratiquement aucun n’est vraiment fidèle à ceux du scénario, dont il ne reste à l’écran que quelques bribes.

Par ailleurs, plusieurs scènes du scénario ont tout simplement disparu, comme par exemple toutes celles qui expliquent le passé et les motivations du tueur. D’autres ont été profondément transformées ou dénaturées, au point où elles n’ont plus, à mon avis, l’impact dramatique ou l’authenticité que j’avais souhaités.

Il ne fait aucun doute dans mon esprit que certains de ces changements sont imputables à un manque de budget et à des conditions de tournage difficiles. De toute façon, il y a toujours des différences entre un scénario et le film qu’on en tire. Toutefois, les considérations budgétaires ou techniques ne peuvent pas tout expliquer, ni tout justifier. Réécrire au complet une scène de dialogue entre deux personnages attablés dans un restaurant, ça devient un choix créatif. Lorsque cette réécriture est faite sans en informer le scénariste et certainement sans obtenir son consentement, ça devient problématique. Surtout si le nouveau dialogue transforme les enjeux dramatiques prévus à l’origine dans le scénario.

Cette situation n’est pas la première du genre à survenir dans l’industrie du cinéma. Je crois pourtant nécessaire d’informer le public et mes pairs que ce film, peu importe ses qualités ou ses défauts, n’est pas celui que j’ai écrit.

Martin Girard
Scénariste

Film du jour: Rain Man


Redécouvrir Rain Man de Barry Levinson près de 23 ans après sa sortie, c'est se rendre compte que le cinéma hollywoodien bien attentionné peut effectivement fonctionner lorsqu'il est bien fait. Tout est une question de soigner son script, de ne pas trop sucrer la note avec les bons sentiments et de faire confiance aux comédiens. Lorsqu'on a dans son jeu un Dustin Hoffman tout simplement extraordinaire et un Tom Cruise qui, à l'époque, savait bien jouer, il est difficile de se tromper. ****

jeudi 24 mars 2011

Film du jour: Jane Eyre (1944)


En attendant le nouveau Jane Eyre qui prend l'affiche ce vendredi, il serait bon de revoir la meilleure version de ce classique indémodable: celle que Robert Stevenson a réalisé en 1944 et qui met en vedette Joan Fontaine et Orson Welles, d'après un scénario d'Aldous Huxley et sur les mélodies de Bernard Herrmann. Sans être parfaite (l'influence du théâtre est parfois un peu trop évidente), cette vision sombre et romancée des malheurs d'une jeune femme émeut par sa gravité, la chimie indéniable entre les deux protagonistes et le grand soin apporté aux ambiances et aux atmosphères. Qu'en est-il de sa énième reprise? Réponse demain au même endroit. ***1/2

mercredi 23 mars 2011

Film du jour: Chansons du deuxième étage


Le cinéphile qui a découvert un univers loufoque et irrésistible à travers le cinéma de Stéphane Lafleur devraient absolument remonter aux sources en s'initiant à la vision à la fois absurde mais si juste de Roy Andersonn. Son film le plus connu, Chansons du deuxième étage, qui a remporté le Prix du Jury à Cannes en 2000, est une succession de portraits fixes d'une société chaotique prête à imploser à chaque instant. Hilarant et complètement imprévisible, cet opus est certainement un des plus drôles de la dernière décennie, alors que ses thèmes intelligents et délicats sont continuellement traités avec une bonne dose d'humour noir. Inoubliable. ****

mardi 22 mars 2011

DVD: How do you Know, The Tourist, La meute, Yogi Bear, Skyline


Il y a tellement de bons films à l'affiche au cinéma, alors pourquoi perdre son temps avec un titre moyen en dvd et en blu-ray?

Les romantiques voudront jeter un coup d'oeil à How do you know de James L. Brooks qui met en vedette Reese Witherspoon, Paul Rudd, Owen Wilson et Jack Nicholson. Drôle, allumé mais un peu superficiel, ce récit sur des gens qui cherchent l'amour passe le temps à défaut de plus.

C'est déjà davantage que le remake The Tourist de Florian Henckel von Donnersmarck, un suspense humoristique en forme de carte postale avec Angelina Jolie et Johnny Depp qui trouvent parfois le temps long. Divertissant et trépidant, sauf qu'on repassera pour la rencontre au sommet.

Petit film d'horreur français efficace mais stupide et sans logique interne, La meute de Franck Richard surprend pas son casting hétéroclite (Émilie Dequenne, Yolande Moreau, Benjamin Biolay). Graphiquement bien fignolé, les frissons sont pourtant rares au sein de cette prémisse qui mélange vampires, zombies et personnages freaks.

En s'adressant aux enfants de 3 à 5 ans, Yogi Bear d'Eric Brevig ne pouvait pas être aussi satisfaisant que dans les souvenirs de leurs parents. Et avec raison. Le long métrage, infantilisant et moralisant, fait rarement rire avec ses protagonistes humains particulièrement agaçants. Reste les ours, mignons et attendrissants.

Un des pires essais de science-fiction du millénaire, Skyline de Colin et Greg Strause est une copie de tout ce que le genre a pu faire de bon, mais régurgité sans aucun talent ni vision. Les acteurs sont atroces, il n'y a aucune tension et les effets spéciaux demeurent très moyens. L'équivalent de Melrose Place croisé avec Independence Day.

Film du jour: Carlos version originale


La version présentée dans les salles de cinéma de Carlos d'Olivier Assayas souffrait d'un scénario parfois capricieux qui manquait de logique, d'une finale expédiée et de personnages pas toujours développés correctement. Afin d'apprécier cette histoire épique, il faut vraiment voir la version originale de 330 minutes qui prend son temps d'éclaircir - mais pas trop - les enjeux politiques et stratégiques, dévoilant un personnage principal particulièrement complexe et fascinant. ****

lundi 21 mars 2011

Film du jour: Le lieu du crime


Scénario écrit en compagnie d'Oliver Assayas et de Pascal Bonitzer, Le lieu du crime qu'André Téchiné a réalisé en 1986 semble parfois tiré par les cheveux dans sa façon de confronter le mal de vivre d'une mère et de son fils et le destin tragique d'évadés de prison. Reste que l'étude de personnages, probante, se fond plus que correctement à l'interprétation, dominée par la muse du cinéaste Catherine Deneuve. ***

dimanche 20 mars 2011

Entrevue avec Bradley Cooper pour Limitless


Limitless de Neil Burger s'annonce comme le film le plus populaire de la fin de semaine.

Afin de discuter de ce divertissement de qualité, je me suis entretenu avec son acteur principal Bradley Cooper, qui m'a parlé de son personnage, de la joie de côtoyer Robert De Niro, de ce qu'il recherche en jouant au cinéma et même du très attendu long métrage The Hangover II.

Mon entrevue se retrouve sur le site électronique du Métro.

Film du jour: The Illusionist


Film le plus connu et le plus intéressant du réalisateur Neil Burger (Limitless), The Illusionist (2006) parle de magie et surtout de tours de passe-passe. Le récit, qui est sorti à la même époque que The Prestige de Christopher Nolan, se concentre surtout sur son histoire, solide, et la performance juste de tous ses interprètes (dont Edward Norton et (Paul Giamatti). La surprise finale et l'excellente musique de Philip Glass rajoutent aux nombreux plaisirs rencontrés. ***1/2

samedi 19 mars 2011

Copie conforme, Jo pour Jonathan, La vérité, Godin, Limitless, I Love You Phillip Morris, Paul, The Lincoln Lawyer


Quatre excellents films d'auteurs vont se battre pour la même clientèle cette semaine, une des plus satisfaisantes de la cuvée 2011.

Jeu sur le vrai et le faux, Copie conforme d'Abbas Kiarostami parle de l'art, du mariage, de l'amour et du passage du temps avec une rare maestria. Mise en scène étudiée, abondance de dialogues et performances parfaites des protagonistes (dont Juliette Binoche qui s'est méritée un film à Cannes) sont au menu de cette oeuvre succulente, qui se regarde plus d'une fois.

Dans la même veine que son précédent Demain, Jo pour Jonathan de Maxime Giroux suit les déboires d'un adolescent dans une banlieue grise et déprimante. Décharge fulgurante séparée en deux temps, voici un long métrage corrosif qui brûle tout sur son passage, ne laissant personne indifférent.
Critique

Se rachetant après son inégal La lâcheté, Marc Bisaillon revient à la charge avec son excellent La vérité qui explore le pacte de silence de deux adolescents dans le pétrin. Avec sa caméra qui filme au plus près ses protagonistes et sa façon de ne jamais juger ses sujets, le récit captive et impressionne.
Critique

Fascinant documentaire sur un important poète et homme politique, Godin de Simon Beaulieu intéresse de la première à la dernière image, montrant des combats sans fin pour protéger une langue et pour reléguer aux oubliettes le marasme d'idées. Encore pleinement d'actualité.
Critique

Aussi divertissant que tape à l'oeil, Limitless de Neil Burger suit les tracas d'un homme qui se drogue pour accéder aux plus hauts échelons de la société. L'histoire, qui ne fait pas toujours de sens, est sauvée par le jeu charismatique de Bradley Cooper et celui sobre de Robert De Niro.
Critique

Attendu depuis plus de deux ans, I Love You Phillip Morris de Glenn Ficarra et de John Requa est une comédie légère sur un amour presque impossible entre deux prisonniers. L'interprétation piquante de Jim Carrey et celle, plus que parfaite d'Ewan McGregor, ne fait pas toujours oublier cette progression répétitive et ces gags qui ne touchent pas toujours la cible.
Critique

Scénarisé et interprété par le duo derrière Hot Fuzz et Shaun of the Dead, Paul du réalisateur Greg Mottola est une satire de tous les E.T. de la planète. Bien qu'hilarante, l'effort s'adresse d'abord et avant tout aux familles et à leurs enfants. Il faudra donc attendre à plus tard pour obtenir cette vraie comédie iconoclaste qui n'épargnera personne.
Critique

Banal drame judiciaire, The Lincoln Lawyer de Brad Furman est une copie des adaptations cinématographiques des livres de John Grisham dans sa façon de présenter un avocat mafioso qui est embarqué dans un procès qui le dépasse. Pas mal joué (Matthew McConaughey y trouve là un de ses meilleurs rôles depuis longtemps), l'intrigue captive difficilement, se terminant de façon prévisible, en queue de poisson.

Film du jour: Primal Fear


Le décevant The Lincoln Lawyer qui a pris l'affiche en salle cette semaine aurait voulu être le nouveau Primal Fear, l'excellent film d'avocats que Gregory Hoblit a réalisé en 1996. L'histoire, intelligemment menée, est pourtant très classique: un enfant de coeur est accusé d'avoir tué une populaire personnalité du clergé et son procès ne sera pas de tout repos. Avec ses dialogues riches, ses atmosphères tendues, sa musique onctueuse, l'épaisseur de ses personnages, les confrontations endiablées entre Richard Gere et Edward Norton (dans son rôle qui l'a fait connaître) et son punch final déroutant, il n'y a rien pour ennuyer, bien au contraire, au sein de ce divertissement de très grande qualité. ****

vendredi 18 mars 2011

Entrevues Jo pour Jonathan


Les films québécois sont nombreux cette semaine et ils sont tous intéressants. Afin de mieux connaître les artisans d'ici, je me suis entretenu avec Maxime Giroux et Raphaël Lacaille, respectivement réalisateur et acteur principal de Jo pour Jonathan, un récit obsédant se déroulant en banlieue dans l'univers de courses de voitures illégales.

Mon entrevue complète se trouve sur le site Lecinema.ca.

Film du jour: Demain


Premier long métrage de Maxime Giroux, Demain s'intéresse à une jeune femme forte qui cherche à se sortir de sa banlieue ennuyante en s'affranchissant de son père et de son copain. Sombre, âpre mais pas dénué d'espoir, cette histoire lente mais essentielle est portée par la performance magistrale d'Eugénie Beaudry. Une vraie lumière dans la nuit qui prépare la table pour l'aussi intéressant Jo pour Jonathan du même cinéaste. ***1/2

jeudi 17 mars 2011

Entrevue: La vérité


Pour son deuxième film La vérité, le cinéaste québécois Marc Bisaillon raconte les problèmes de conscience de deux adolescents qui se sont mis involontairement dans le pétrin.

J'ai discuté un bon moment avec le réalisateur du processus créatif, du choix de ses comédiens, des thèmes abordés et de la façon de le faire.

L'entrevue se trouve ici.

Film du jour: 24 mesures


En discutant avec la comédienne Lubna Azabel plus tôt cette semaine, cela donnait seulement le goût de revoir 24 mesures de l'acteur Jalil Lespert, qui mettait également en vedette Benoît Magimel et Sami Bouajila. Comme la majorité des premiers longs métrages, les défauts sont nombreux dans ce petit film choral. Pourtant le récit se suit comme une partition de jazz, avec de beaux personnages qui se répondent parfaitement et une ambiance feutrée, où rien n'est impossible. Un singulier film d'atmosphère, un peu âpres mais exquis et délicat. ***1/2

mercredi 16 mars 2011

Entrevue avec Freddie Higmore


Ayant collaboré avec Tim Burton, Ridley Scott et Jean-Jacques Annaud, le comédien britannique Freddie Higmore a déjà une bonne feuille de route malgré son très jeune âge.

C'est lui qui défend le rôle principal de la trilogie animée de Luc Besson, dont le dernier volet Arthur 3: La guerre des deux mondes vient tout juste de sortir sur les écrans québécois. C'est pour cette occasion que je me suis entretenu avec l'acteur pour parler de Minimoys, d'enfance et de carrière.

Mon entrevue se trouve sur le site électronique du Métro.

Film du jour: Gamines


Après son sympathique Brodeuses, la réalisatrice Éléonore Faucher redonne des nouvelles en explorant un autre univers presque exclusivement féminin. Adapté du roman de Sylvie Testud, Gamines s'intéresse aux destins de trois filles qui cherchent à revoir leur père. Sans être un grand film, le récit séduit par ses dialogues et la performance d'ensemble des interprètes. Dans le rôle de la mère, Amira Casar offre une prestation d'une subtilité exquise. ***

mardi 15 mars 2011

DVD: Incendies, Inside Hana's House, Carlos, The Fighter, Pierre Falardeau, Hereafter, Gardes du corps et assassins


Plusieurs oeuvres lauréates de distinctions débarquent cette semaine en format dvd et blu-ray.

Grand gagnant aux galas des Génie et des Jutra, Incendies de Denis Villeneuve est un récit bouleversant sur la quête identitaire en temps de guerre. Impossible de ne pas être hanté par la musique de Radiohead et l'interprétation de qualité supérieure.

Documentaire extrêmement touchant sur la Seconde Guerre Mondiale, Inside Hana's House de Larry Weinstein est un exposé à montrer dans tous les établissements scolaires. Seulement pour se rappeler ce qui est arrivé.

On n'a pas encore eu le temps de voir la version intégrale, mais la courte présentée au cinéma de Carlos d'Oliver Assayas s'avérait très intéressante, quoique inaboutie. Le meilleur serait à venir? Plus de détails dans les prochaines semaines.

Film un peu surestimé sur la boxe et la nécessité d'accepter sa famille, The Fighter de David O. Russell vaut beaucoup pour la qualité de sa distribution, qui comprend le sobre Mark Wahlberg et le «je veux mon oscar» Christian Bale.

Lauréat du prix du meilleur documentaire à la dernière cérémonie des Jutra, Falardeau de German Gutierrez et de Carmen Garcia est un effort honnête et chronologique qui rappelle l'apport essentiel du réalisateur. Instructif.

Clint Eastwood est en train de perdre la main, surtout avec Herefater, sa fable métaphysique appuyée et sentimentale sur la vie et la mort. S'il y a toujours un ou deux éléments de positifs qui ressortent du récit (la prestation de Matt Damon), l'effort n'est guère intéressant. Et il restera sans doute sur les tablettes avec ce qui se passe au Japon (le tout débute avec une scène de tsunami...).

Lourde propagande chinoise qui ressemble à un vague feuilleton romanesque, Gardes du corps et assassins de Teddy Chen a été une des grandes déceptions du dernier Festival de Fantasia. Manipulateur au possible.

Film du jour: Dial M for Murder


Film mineur mais extrêmement efficace d'Alfred Hitchcock, Dial M for Murder (1954) raconte les péripéties d'un homme qui cherche à faire assassiner son épouse. Sans jamais renier ses origines théâtrales, ce suspense mené tambour battant est intelligemment développé, avec un humour léger qui apparaît sans cesse aux bons endroits et une interprétation assurée, dominée par le jeu vigoureux de Ray Milland. Comme quoi il est possible de prendre beaucoup de plaisir à ce jeu simple et divertissant. ***1/2

lundi 14 mars 2011

Les gagnants des Jutra s'expriment


Petite soirée passée au gala des Jutra hier soir pour recueillir les commentaires des gagnants. On a eu le temps de parler à Denis Villeneuve, Lubna Azabal, Claude Legault, Jean Lapointe, Dorothée Berryman et quelques autres personnes.

Du coup, pourquoi ne pas demander à Michel Barrette et Patrick Hivon s'ils ne devaient pas être nominés pour À l'origine d'un cri? C'est fait!

Mes entrevues se trouvent ICI.

Film du jour: La famille Wolberg


Pour son premier long métrage de fiction, l'ancienne critique de cinéma Axelle Ropert aborde le drame de moeurs matinée d'humour par l'entremise de La famille Wolberg, un effort louable où des gens qui s'aiment se disent finalement leurs quatre vérités. Malgré une introduction qui traîne en longueur, la justesse des dialogues touchent leur cible (surtout à la toute fin), et la performance savoureuse de François Damiens jette un regard nouveau sur sa filmographie, ponctuée de titres beaucoup plus légers et humoristiques. ***

dimanche 13 mars 2011

Choix, prédictions et oubliés des Jutra


C'est ce soir que se déroule la cérémonie des Jutra. Si le film Incendies Denis Villeneuve est le grand favoris, d'autre titres pourront peut-être mêler les cartes.

Tout d'abord voici une liste personnelle de 13 oubliés de cette 13 édition. La liste se trouve sur le site électronique de Cinéplex.

Maintenant voici mes choix et mes prédictions pour les lauréats.

Meilleur film
Choix: Les signes vitaux
Prédiction: Incendies

Meilleure réalisation
Choix: Incendies
Prédiction: Incendies

Meilleure actrice
Choix: Guylaine Tremblay
Prédiction: Lubna Azabel

Meilleur acteur
Choix: Claude Legault
Prédiction: François Papineau

Meilleure actrice de soutien
Choix: Marie Brassard
Prédiction: Dorothée Berryman

Meilleur acteur de soutien
Choix: Alexis Martin
Prédiction: Jean Lapointe

Meilleur scénario
Choix: À l'origine d'un cri
Prédiction: Incendies

Meilleure musique
Choix: Route 132
Prédiction: Route 132

Meilleure direction de la photographie
Choix: Incendies
Prédiction: Incendies

Meilleure direction artistique
Choix: Incendies
Prédiction: Incendies

Meilleur son
Choix: Les sept jours du talion
Prédiction: Incendies

Meilleur montage
Choix: Incendies
Prédiction: Incendies

Meilleurs costumes
Choix: Incendies
Prédiction: Incendies

Meilleur maquillage
Choix: Les sept jours du talion
Prédiction: Barney's Version

Meilleure coiffure
Choix: Les amours imaginaires
Prédiction: Barney's Version

Meilleur documentaire
Choix: Les porteurs d'espoir
Prédiction: Vous n'aimez pas la vérité

Meilleur court/moyen métrage
Choix: Sophie Lavoie
Prédiction: Sophie Lavoie

Meilleur film d'animation
Choix: Mamori
Prédiction: Les journaux de Lipsett

Film du jour: Water


Nominé aux Oscars dans la catégorie du meilleur film étranger, le long métrage canadien Water de Deepa Mehta suit les tourments d'une petite fille en Inde. Avec son sujet brûlant, ses vibrants interprètes et ses magnifiques paysages, il est aisé d'être touché par ce titre. En revanche l'ensemble n'évite pas un certain didactisme, et il sombre plus souvent qu'autrement dans le mélodrame de cartes postales. Tout de même intéressant. ***

samedi 12 mars 2011

Film du jour: Old Partner (Amérasia)


De mémoire il n'y a pas eu un film aussi triste que Old Partner de Lee Chung-Ryoul. Le documentaire, simple et intimiste, raconte l'amitié entre un homme de 80 ans et son boeuf de 40 ans. Le portrait tout en douceur fait visiter un petit village de la Corée du Sud, des traditions ancestrales à la montée de la mondialisation, des liens qui peuvent exister entre un homme et sa femme et ceux, d'amitié, entre l'être humain et les animaux. L'essai séduit amplement, et il risque de faire couler un nombre incroyable de larmes. ****

Ce long métrage est présenté dans le cadre du Festival Amérasia. L'horaire se trouve ici.

Entrevues: French Kiss


Comédie romantique québécoise, French Kiss de Sylvain Archambault met en vedette les populaires Claude Legault et Céline Bonnier.

Voici mes entrevues réalisées dans un lit avec les comédiens et le réalisateur. On y parle notamment d'amour, de mensonges, de la pression de la société, de ce genre si spécifique et de la faculté à pouvoir réaliser trois films en trois ans.

vendredi 11 mars 2011

Bienvenue à Los Pereyra, Arthur 3, Mars Needs Moms, French Kiss, Red Riding Hood


Une semaine à oublier avec une multitude de films ordinaires ou tout simplement atroces. Pourtant il y a toujours un peu d'espoir à l'horizon...

C'est le cas du touchant documentaire Bienvenue à Los Pereyra d'Andres Livov-Macklin qui fait découvrir ce minuscule village de l'Argentine. Sobre dans son approche, privilégiant les images au détriment des mots, l'effort prend son temps mais il finit par séduire.
Critique

Après deux ratés Arthur et les minimoys, Luc Besson surprend avec un troisième épisode qui tient étonnamment bien la route. Sans être une animation réellement recommandable, Arthur 3: La guerre des deux mondes est un objet stupide mais agréable, une sorte de série B (ou Z) où des grosses bibittes et des minuscules troll se font la guerre. Psychotronique.
Critique

Belle animation pour un récit moralisateur au possible. C'est le meilleur moyen de décrire Mars Needs Moms de Simon Wells sur l'odyssée incroyable d'un garçon qui va sur la planète rouge pour secourir sa mère. Tant de pistes intéressantes qui ne sont jamais explorées, ça fait toujours mal à voir.
Critique

Banale comédie romantique québécoise qui reprend tous les clichés des productions américaines, French Kiss de Sylvain Archambault attirera les foules pour son couple d'amoureux: Claude Legault et Céline Bonnier. Pourtant presque personne ne sera touché par leur romance défaillante ou l'humour qui fait rarement mouche.
Critique

Variation sur Le petit chaperon rouge, Red Riding Hood de Catherine Hardwicke est une sorte de Twilight des pauvres, où des comédiens mal dirigés, des répliques stupides et des situations abrutissantes attendent le plus patient des spectateurs. Les images sont peut-être magnifiques, mais le reste devrait être interdit.
Critique

Film du jour: Equus


Probablement le film le plus étrange de la filmographie du grand cinéaste Sidney Lumet, Equus s'intéresse à un cas pathologique clinique: un psy qui suit un patient ayant crevé les yeux de plusieurs chevaux. L'intrigue, très cinématographique malgré un texte clairement théâtrale, explore en profondeur l'endoctrinement des deux hommes: un qui aimerait bien vivre sa vie et l'autre oublier son enfance. La joute psychologique, d'une intelligence redoutable, en fait un opus de grande qualité, certes un peu long, mais qui demeure en tête longtemps après son générique. ****

jeudi 10 mars 2011

Choix et prédictions Génie 2011


La 31e édition des prix Génie se déroule ce soir. Cet équivalent des Oscars canadiens sera une lutte à finir entre Incendies de Denis Villeneuve et Barney's Version de Richard J. Lewis. Voici nos choix et nos prédictions pour cette cérémonie qui, il faut espérer, ne fera pas bailler aux corneilles.

Meilleur film
Choix: Incendies
Prédiction: Incendie

Meilleur réalisation
Choix: Denis Villeneuve
Prédiction: Denis Villeneuve

Interprétation masculine dans un premier rôle
Choix: François Papineau
Prédiction: Paul Giamatti

Interprétation féminine dans un premier rôle
Choix: Lubna Azabel
Prédiction: Rosamund Pike

Interprétation masculine dans un rôle de soutien
Choix: Alexis Martin
Prédiction: Dustin Hoffman

Interprétation féminine dans un rôle de soutien
Choix: Mary Walsh
Prédiction: Minnie Driver

Meilleur scénario
Choix: Route 132
Prédiction: The Trotsky

Meilleure adaptation
Choix: Incendies
Prédiction: Incendies

Meilleur documentaire
Choix: Vous n'aimez pas la vérité, 4 jours à Guantanamo
Prédiction: Last Train Home

Film du jour: Le dernier tango à Paris


Interdit et censuré à son époque (en 1972, pourtant en pleine émancipation sexuelle), Le dernier tango à Paris de Bernando Bertolucci continue de séduire par son érotisme, sa sensualité parfois malsaine. Plusieurs scènes entre Marlon Brando et Maria Schneider sont impossibles à oublier, et ce n'est pas toujours pour des raisons heureuses. Le film a toutefois réussi à résister à l'usure du temps grâce à la richesse de sa trame narrative, où deux amants cherchent à s'extirper des difficultés extérieures en se créant un petit paradis dans un appartement. La richesse de la photographie et de la musique sont deux données supplémentaires qui donnent le goût d'aller se perdre périodiquement dans cette oeuvre un brin austère qui apporte une autre vision de Paris. ****1/2

mercredi 9 mars 2011

Film du jour: Baisers volés


François Truffaut a toujours été considéré comme un des cinéastes les plus romantiques du septième art. Et avec raison. Peu importe ses combats sociaux, l'homme tente de conquérir une femme, et ça ne sera pas de tout repos. C'est un peu le ciment du rafraîchissant Baisers volés (1968) où il retrouve son alter ego Antoine Doinel (joué par Jean-Pierre Léaud) qui sort de l'armée. Entre se trouver du boulot et séduire la fille de son enfance, rien ne sera simple. Derrière cette fantaisie légère et sans effet secondaire se dissimule un réalisateur qui adore ses personnages, et qui fera tout pour les faire bien paraître grâce à des dialogues étincelants. ****

mardi 8 mars 2011

DVD: Copacabana, The Next Three Days, Everyday, Jackass 3D


En voilà une petite semaine tranquille de sorties DVD et Blu-ray.

Les amateurs d'Isabelle Huppert seront heureux d'attraper Copacabana de Marc Fitoussi, une agréable comédie sociale sur l'emploi et la famille où la grande actrice joue avec sa propre fille. La fin est bâclée, mais le reste tient généralement la route.

C'est déjà plus que The Next Three Days de Paul Haggis, ce remake inégal de Pour elle, qui n'était pas déjà un grand film. Cette fois Russell Crowe transporte sa carcasse fatiguée à travers un récit éparpillé et superficiel sur l'obsession d'un homme pour innocenter sa femme.

Énièmes chroniques sur la difficulté de vieillir au sein d'un mariage routinier, Everyday de Richard Levine n'a pas de mal à ennuyer. Normal, les dialogues manquent de punch et la mise en scène n'est guère élaborée. Reste la distribution compétente, portée par les très bons Liev Schreiber et Helen Hunt.

Est-ce que le monde avait encore besoin d'un Jackass, en trois dimensions de surcroît? Jeff Tremaine pense que oui alors on retrouve la gang dans les mêmes gags qu'il y a 10 ans. Comme quoi l'être humain a tout sauf évolué.

Film du jour: Apocalypse Now


Il faudrait revoir le classique Apocalypse Now de Francis Ford Coppola à chaque année. Seulement pour se rappeler du génie de cette oeuvre singulière sur la guerre et le pouvoir. Le film se déroule tel un cauchemar effroyable, un mélange de bruits, de fureur et de sang. Il est porté par des images inoubliables, une trame sonore mémorable et une interprétation irréprochable. Un ou deux mauvais films sous la cravate? Ce n'est pas grave, on efface le tout avec ce sommet et on recommence. Tout simplement magistral. Surtout depuis la sortie récente de l'édition Blu-ray... *****

lundi 7 mars 2011

Film du jour: L'autre monde


L'autre monde de Gilles Marchand avait tout pour intéresser: une histoire intrigante qui mélange fiction et jeux vidéo, des acteurs plus que compétents (Grégoire Leprince-Ringuet, Louise Bourgoin, Melvil Poupaud), un scénario signé Dominik Moll (Harry un ami qui vous veut du bien, Lemming) et une superbe partition musicale de M83. Pourtant le récit ne captive qu'à moitié, cela doit prendre une heure avant de lever et au final, il ne se passe presque rien. C'est dans ce cas-là qu'il fallait jouer d'audace afin de surprendre le moindrement le cinéphile. **1/2

dimanche 6 mars 2011

Film du jour: A Brand New Life


Présenté aujourd'hui dans le cadre du Festival Amérasia, A Brand New Life (Une vie toute neuve) de Ounie Lecomte est une chronique d'une belle valeur sur une petite coréenne qui se retrouve dans un orphelinat. Attendant patiemment le retour de son père, elle fera tout pour ne pas être adoptée. Le récit, d'une simplicité classique sans être trop mélodramatique, compte beaucoup sur la présence lumineuse de la jeune héroïne, bouleversante dans le rôle principal. ***1/2

Détails sur le lieu et l'heure de la projection.

samedi 5 mars 2011

Entrevues The Year Dolly Parton Was My Mom


Chronique identitaire sur le destin d'une mère et d'une fille qui sont happées par leur époque, The Year Dolly Parton Was My Mom est un film de Tara Johns qui met en vedette Macha Grenon et Julia Stone.

Il y a quelques semaines je me suis entretenu avec ces trois êtres resplendissants.

Ma première entrevue parle principalement du rôle de la mère dans la famille et de cette époque - les années 1970 - où le féminisme était sur toutes les lèvres.

Ma seconde entrevue, un peu plus longue, revient sur les personnages, la naissance de l'idée originale et l'apport des comédiens.

Film du jour: The Mountain Thief


Parfois il faut bien choisir son médium et son genre, sinon l'impact peut en souffrir. C'est le cas de The Mountain Thief de Gerry Balasta qui se déroule dans une montagne de déchets en Philippine. En misant le tout sur le pouvoir évocateur de la fiction, le réalisateur pond un récit morcelé à la Inarritu, où la mise en scène soignée et le jeu de comédiens non professionnels n'arrivent pas à palier les sévères lacunes sur le plan du scénario. Pourtant si le tout avait adopté un schéma de documentaire, la force dramatique du sujet aurait été décuplé, à l'image de cette finale qui rend les yeux tristes. **1/2

Le film est diffusé aujourd'hui dans le cadre du Festival Amérasia. Détails

vendredi 4 mars 2011

Rango, The Adjustment Bureau, The Year Dolly Parton Was My Mom, Beastly


Seulement 4 films prennent l'affiche cette semaine, dont un qui vaut la peine de se déplacer en salle...

C'est Rango de Gore Verbinski, cette animation en forme de western dont le héros possède la voix de Johnny Depp. Bien que la bande-annonce laissait présager un petit film pour enfants, il s'agit plutôt d'un long métrage qui s'adresse aux adultes. Les enjeux dramatiques sont nombreux, l'humour surprend par sa vivacité, les personnages s'avèrent extrêmement sympathiques, la musique d'Hans Zimmer marquer les esprits, tout comme la qualité de l'animation.
Critique

Basé sur une nouvelle du célèbre écrivain Philip Dick, The Adjustment Bureau de George Nolfi confronte l'être humain à des individus mystérieux qui maintiennent que le hasard n'existe pas. Plus près de Sliding Doors que de Inception, ce suspense (ou cette comédie, la frontière était parfois floue) se mute rapidement en romance un peu appuyée. Néanmoins le tandem composé de Matt Damon et d'Emily Blunt fonctionne à plein régime.
Critique

Présenté en clôture des Rendez-vous du cinéma québécois, The Year Dolly Parton Was My Mom de Tara Johns se déroule pendant les années 1970 et il met en scène une mère et sa fille qui sont en pleine mutation identitaire. Bien joué (par Macha Grenon et la nouvelle venue Julia Stone) et réalisé, le long métrage souffre d'une écriture un peu chargée et d'un scénario qui ne fait pas toujours dans l'originalité. Cela demeure toutefois un premier essai intéressant.
Critique

Beastly est une relecture de Beauty and the Beast pour la génération Twilight. Une grosse producton superficielle qui pourfend... la superficialité, dont Montréal prend la forme de New York et où il est difficile de croire à la quête de rédemption de son héros (incarné par le très peu charismatique Alex Pettyfer). Même les petites filles de 10 ans risquent de s'ennuyer fortement.
Critique

Film du jour: A Flower in Hell (Amérasia)


Classique du cinéma sud-coréen de 1958, A Flower in Hell de Shin Sang-ok raconte les déboires amoureux d'une prostituée qui s'amourache à deux frères. L'ouvrage, s'il n'a pas nécessairement la même pertinence aujourd'hui qu'à l'époque de sa sortie, tient toujours la route, notamment grâce à son scénario ingénieux, ses quelques subtilités sociales et la beauté de son noir et blanc. ***1/2

En présentation aujourd'hui dans le cadre du Festival Amérasia. Détails

jeudi 3 mars 2011

Film du jour: The Clone Returns Home (Amérasia)


Pendant deux fins de semaine (du 3 mars au 6 mars, et du 11 mars au 13 mars), la 2e édition du Festival entièrement asiatique Amérasia battra son plein, où il est possible de découvrir une vingtaine d'oeuvres différentes.

Dans le lot il ne faut pas passer à côté de l'excellent The Clone Returns Home de Kanji Nakajima qui a déjà été présenté à Fantasia il y a quelques années. Ce récit futuriste, lent et contemplatif, sur le thème de la dualité, met en scène un homme qui se fait cloner deux fois. À la fois glacial, fascinant et d'une grande beauté esthétique, ce petit tour de force à la Solaris est une réflexion extrêmement pertinente sur le rapport au temps, à la mort et à l'amour. ****

Détails sur la programmation.