samedi 18 avril 2026

Au cinéma: Lee Cronin's The Mummy (critique)


Lee Cronin ressuscite The Mummy et cela ressemble à un épisode d'Evil Dead. C'est sadique, stupide, répugnant, divertissant et à moitié convaincant. Ma critique est à lire sur Cinoche. **1/2

vendredi 17 avril 2026

Au cinéma: Météors


Après avoir traité du mal-être du monde agricole avec son magistral Petit paysan, Hubert Charuel s'attaque cette fois aux espoirs ténus de la jeunesse avec Météors. Entre amitié, addiction et prise de conscience tardive, le film ne manque pas de sujets importants. Et s'il n'est pas le plus subtil, sa mise en scène précise et son trio d'acteurs épatants (dominé par la révélation Idir Azougli) en font un drame social au-dessus de la moyenne. ***1/2

jeudi 16 avril 2026

Au cinéma: Mile End Kicks


Se déroulant pendant la merveilleuse scène musicale indépendante montréalaise de 2011, Mile End Kicks Chandler Levack mélange la comédie romantique classique au discours féministe post #MeToo. L'amalgame au demeurant charmant croule cependant vite sous les clichés les plus éculés, et si Barbie Ferreira est excellente dans le rôle principal, le scénario laborieux et superficiel déçoit. En salle ce vendredi. **1/2

mercredi 15 avril 2026

Au cinéma: Cap Farewell


Cap Farewell de Vanja D'Alcantara relate le parcours difficile d'une jeune mère en probation. Sans être très originale, la prémisse ne manque pas de subtilité, lorgnant parfois dans les plates-bandes de James Gray. Et si quelques invraisemblances s'invitent dans la dernière ligne droite, ce n'est rien qu'arrive à faire accepter la toujours excellente Noée Abita. En salle ce vendredi. ***

mardi 14 avril 2026

Au cinéma: Exit 8


Exit 8 de Genki Kawamura serait-elle la meilleure adaptation cinématographique d'un jeu vidéo? Il s'agit sans doute du long métrage qui parvient le mieux à transposer son matériel source dans la façon de varier les perspectives (première et troisième personne), de jouer avec les «vies» et les répétitions, etc. Cette boucle temporelle existentielle à la Lost Highway ne manque pas d'intriguer et si la réflexion sur la paternité demeure limitée et même rétrograde, l'ensemble captive amplement. ***1/2

lundi 13 avril 2026

Au cinéma: Hunting Matthew Nichols


Il est difficile de réinventer le film de «found footage». Hunting Matthew Nichols de Marikian Tarasiuk en offre une variation satisfaisante. Cela est possible grâce au jeu convaincu de Miranda MacDougall, qui fera tout pour retrouver son frère disparu, et la mise en scène qui fait monter graduellement le suspense en reprenant les codes des documentaires d'Errol Morris. Cela ne sauve peut-être pas le milieu du récit, mou et répétitif, mais l'ensemble ne manque pas d'intérêt. ***

dimanche 12 avril 2026

Au cinéma: Palestine 36


Sélection de la Palestine à la dernière cérémonie des Oscars, Palestine 36 d'Annemarie Jacir relate le soulèvement de villages contre la domination coloniale britannique. Le sujet important éclaire les luttes à venir et si le traitement didactique n'est pas le plus subtil, le récit choral ne manque ni d'ampleur ni d'ambition. À découvrir afin de mieux comprendre ce qui se passe aujourd'hui. ***

samedi 11 avril 2026

Au cinéma: Le faux-monnayeur: L'affaire Bojarski (critique)


Divertissant à défaut d'être marquant, Le faux-monnayeur: L'affaire Bojarski de Jean-Paul Salomé utilise le cadre du biopic afin de parler d'intégration, de la valeur du travail et de la France, d'hier et d'aujourd'hui. Huilée, la production démonstrative ronronne allègrement et elle est portée par la performance touchante de Reda Kateb dans le rôle d'un gentil escroc qui cherche seulement à être reconnu. Ma critique est à lire sur Cinoche. ***

vendredi 10 avril 2026

Au cinéma: Les voyages de Tereza


Grand prix du jury à la Berlinale en 2025, Les voyages de Tereza (O Ultimo Azul) permet à son cinéaste Gabriel Mascaro (Divino AmorBoi Neon) de continuer à filmer autrement son pays le Brésil. Face aux absurdités en place, le scénario se met du côté des marginaux et si la fable s'essouffle à mi-chemin, elle est mise en scène avec un sens raffiné du détail et interprétée subtilement par tous ses comédiens. ***1/2

jeudi 9 avril 2026

Au cinéma: Mon amour c'est pour le restant de tes jours


Mon amour c'est pour le restant de tes jours n'est pas seulement un documentaire sur le grand cinéaste québécois Robert Morin. Son amoureuse André-Line Beauparlant pose également une réflexion sur l'art et l'engagement amoureux au détour d'une oeuvre intimiste, pas aussi révélatrice qu'attendue (son sujet ne se livre pas facilement) mais belle et touchante. ***

mercredi 8 avril 2026

Film du jour: Thus Another Day


Parmi les oeuvres les plus sombres de Keisuke Kinoshita figure Thus Another Day (1959) qui traite des conséquences de la guerre sur un homme et, métaphoriquement, de la société japonaise. Méticuleux, le récit s'articule autour de ses beaux personnages et s'il a tendance à s'éparpiller lorsqu'il traite de la jeunesse et des yakuzas, la finale magistrale coupe littéralement le souffle. ***1/2

mardi 7 avril 2026

Au cinéma: Pompei, Sotto le Nuvole


Gianfranco Rosi (Fuocoammare, Sacro GRA) propose avec son nouveau documentaire Pompei, Sotto le Nuvole une plongée dans l'ADN de la mythique cité romaine, rappelant à quel point le passé continue de forger le présent. Son récit sans narration fait exploser le temps afin d'épouser une voix du ressentie où la poésie a le dernier mot. Cela donne des moments stupéfiants de beauté, où les mélodies pénétrantes de Daniel Blumberg (The Brutalist) épousent à la perfection la magnifique photographie en noir et blanc. Présenté aujourd'hui au Cinéma du Musée. ****

lundi 6 avril 2026

Au cinéma: Living the Land (Le temps des moissons)


Récompensé à la Berlinale en 2025 pour la qualité exceptionnelle de sa réalisation, Living the Land (Le temps des moissons) est un superbe long métrage de la part de Huo Meng. En suivant le rythme des saisons et celui de la vie (avec ses naissances, ses mariages et ses morts), le récit d'apprentissage traite en filigrane du rugueux milieu rural chinois. Critique, le scénario contemplatif met les minutieuses observations à l'avant-plan, ce qui permet de se laisser happer par la beauté des images et la virtuosité de la mise en scène. À découvrir dans quelques salles via Film Movement. ****



dimanche 5 avril 2026

Au cinéma: J'ai perdu de vue le paysage


Sophie Bédard Marcotte (L.A. Tea Time, Claire L'hiver) ne fait jamais rien comme les autres. Ses documentaires/essais/ovnis sont à la fois ludiques et profonds, libres et conceptuels, personnels et universels. C'est encore le cas sur J'ai perdu de vue le paysage où elle suit son voisin qui est en train d'imaginer sa nouvelle pièce théâtrale. Cette réflexion sur la création adopte une approche philosophique qui évoque le mythe de Sisyphe, les lubies de Chris Marker et les visées de Chantal Akerman, se perdant en chemin pour mieux se retrouver à la fin. On en ressort le sourire aux lèvres. ****

samedi 4 avril 2026

Au cinéma: Le rêve américain


Histoire vraie qui ne réserve aucune surprise, Le rêve américain d'Anthony Marciano qui suit l'ascension de deux agents sportifs est relevé par la chimie irrésistible entre Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard. Ma critique complète est à lire sur Cinoche. ***

vendredi 3 avril 2026

DVD: Hors du temps


Inédit au Québec, Hors du temps (Suspended Time) est le film de pandémie d'Olivier Assayas. Narcissique pour les uns, philosophique pour les autres, il s'agit de l'oeuvre la plus personnelle de son auteur, où il englobe ses obsessions à travers la culture et la nature. Vincent Macaigne domine une distribution exemplaire et l'édition dvd offerte par Music Box Films propose en suppléments des entrevues avec les artisans, une séance radio avec son créateur, une galerie d'images et une bande-annonce. ***1/2

Au cinéma: The Drama


Le passé de son partenaire définit-il qui il est aujourd'hui? C'est cette réflexion qui se trouve au coeur de The Drama de Kristoffer Borgli (Dream Scenario), une délicieuse comédie noire à la mise en scène fragmentée entre le présent et le passé. Si le scénario manque parfois de profondeur, il a le mérité de faire imploser l'hypocrisie qui existe au sein du couple et de la société. Celle-là même qui est fondée sur le mensonge est les non-dits. Le duo formé de Zendaya et de Robert Pattinson fait des flammèches et le film risque de beaucoup faire jaser dans les chaumières. ***1/2 

jeudi 2 avril 2026

Au cinéma: Fantasy Island


Inspiré par Noah Baumbach et Woody Allen, Fantasy Life raconte l'amitié entre deux êtres qui sont mal dans leur peau. Ce premier long métrage de l'acteur Matthew Shear ne se démarque pas par sa mise en scène rudimentaire mais plutôt par son scénario doux-amer et ses répliques qui font mouche. Après une décennie passée loin du cinéma, Amanda Peet y retourne en trouvant un de ses rôles les plus intéressants. En salle ce vendredi. ***

mercredi 1 avril 2026

Ciné-Bulles printemps 2026


Le nouveau Ciné-Bulles se révèle et non, ce n'est pas un poisson d'avril. Pour le numéro de printemps, je signe un hommage à Béla Tarr, ainsi que des critiques de Magellan de Lav Diaz et Deux pianos d'Arnaud Desplechin. Détails

Film du jour: Spring Dreams


On pense au classique My Man Godfrey en regardant Spring Dreams (1960) de Keisuke Kinoshita. Le film traite d'amour, de classes sociales et d'argent par l'entremise d'une famille aisée dont les jeunes cherchent à s'émanciper des plus vieux. Si le ton léger est à la farce, la mélancolie a tôt fait de se pointer le nez à l'horizon. Le traitement théâtral illumine les stéréotypes (l'interprétation est délectable) afin de les rendre encore plus ridicules. ***

mardi 31 mars 2026

Les meilleurs films de... mars 2026


Deux procureurs de Sergueï Loznitsa

Miroirs No 3 de Christian Petzold

Ce que cette nature te dit de Hong Sang-soo

Dossier 137 de Dominik Moll

Alpha de Julia Ducournau

The Things You Kill de Alireza Khatami

Au cinéma: Alpha


Mais pourquoi autant de haine envers Alpha? S'il y a une oeuvre qui embrasse totalement son sujet (l'épidémie du sida), c'est bien le plus récent long métrage de Julia Ducournau (Grave, Titane). Entre horreur et mélo, le film est surtout une bouleversante lettre d'amour à la famille. Sa mise en scène volontairement symbolique souffle tout sur son passage (avec une utilisation exquise de pièces de Nick Cave et de Portishead) et ses interprètes sont tous criants de vérité (il sera impossible d'oublier Tahar Rahim). ****

lundi 30 mars 2026

Film du jour: The Eternal Rainbow


L'introduction de The Eternal Rainbow (1958) surprend, utilisant le registre documentaire afin de parler d'usines d'acier japonaises et des gens qui y travaillent. Le reste demeure dans ce que Keisuke Kinoshita fait de mieux depuis longtemps, où les rêves déchus, des mariages avortés et des conflits à la fois générationnels et de classes sociales parsèment d'amertume le quotidien des individus. Si le film tarde à prendre forme, sa position métaphorique ne fait aucun doute et sa conclusion se révèle particulièrement crève-coeur. ***1/2

dimanche 29 mars 2026

Au cinéma: Il était une fois à Gaza


Deux amis montent un trafic de drogue dans Il était une fois à Gaza, une comédie satirique signée par Arab et Tarzan Nasser. Si la première partie ne paye pas de mine, la seconde se révèle plus convaincante. L'intrigue prend de l'ampleur, à l'image de la mise en scène et de l'interprétation. Le plus incroyable dans cette histoire, c'est à quel point l'ensemble s'avère complètement déconnecté de ce qui se déroule en Palestine. ***

samedi 28 mars 2026

Au cinéma: They Will Kill You (critique)


Si Sam Raimi de l'époque d'Evil Dead refaisait Kill Bill, cela ressemblerait sûrement à They Will Kill You, le disjoncté nouveau film de Kirill Sokolov. Ma critique est à lire sur Cinoche. ***1/2

vendredi 27 mars 2026

Au cinéma: Deux procureurs


Pour comprendre l'âme russe, il faut absolument voir Deux procureurs de Sergueï Loznitsa qui se déroule pendant les Grandes Purges staliniennes. D'un côté, il y a tous les mécanismes de terreur et le climat d'oppression imposé par les lieux clos (le format carré de l'image n'est pas étranger à tout cela), la caméra fixe et les couleurs ternes qui enferment le cinéphile dans une véritable prison. De l'autre, il y a ce sentiment d'un système kafkaïen où l'absurdité chronique rappelle le cinéma de Tati. Le tout mélangé, cela donne une oeuvre puissante et d'une saisissante beauté esthétique, portée par la performance sans faille d'Alexandre Kouznetsov, qui parle autant d'hier que d'aujourd'hui. À découvrir au Cinéma Moderne et au Cinéma Public. ****1/2

jeudi 26 mars 2026

Au cinéma: Jeunes mères


Jeunes mères, le nouveau long métrage des frères Dardenne, s'est mérité le Prix du scénario au dernier Festival de Cannes. Dans ce film choral, quatre jeunes femmes tentent de trouver le bonheur dans la maternité. Émouvant sans être mélodramatique, le récit va droit au coeur même si un des destins s'avère moins convaincant que les autres. L'ensemble demeure toutefois plus lumineux que les précédentes offrandes des frangins. En salles demain au Québec. ***1/2

mercredi 25 mars 2026

Au cinéma: Ma fille tu seras libre


Une mère afghane qui réside au Québec tente de briser le cycle de violence et de traditions patriarcales dans Ma fille tu seras libre. Le scénario de Marie Vien ne fait pas dans la dentelle, étant à la fois démonstratif, appuyé et parsemé d’invraisemblances. À tel point qu'il fait de l'ombre aux interprètes généralement justes et à la mise en scène incendiaire de Bachir Bensaddek. **

mardi 24 mars 2026

Au cinéma: Bushido


Un homme trop honnête finit par se mettre dans le pétrin dans Bushido (aussi connu sous le titre «Le joueur de go») de Kazuya Shiraisihi. Réalisé avec soin et bénéficiant de solides interprètes, le récit prévisible s'étire toutefois un peu en longueur, ne passionnant pas autant qu'il devait. Si les amateurs d'action seront déçus, ceux qui privilégient les mots aux sabres devraient être comblés. Dans quelques salles via Film Movement. ***

Film du jour: L'intrus


Un homme part à la recherche de son fils dans L'intrus (2004). À partir de cette prémisse classique, Claire Denis pond une oeuvre hors norme, pleine d'ellipses et de voyages intérieurs. Non seulement la cinéaste s'amuse à cultiver le mystère, mais elle filme mieux que quiconque ses personnages en pleine mutation, laissant toujours la belle part à leur animalité. Le récit peut s'avérer frustrant par moment, mais il demeure toujours fascinant. ***1/2

lundi 23 mars 2026

Film du jour: The Girl I Love


Oeuvre de jeunesse de Keisuke Kinoshita qui n'aurait pas déplu à un Emmanuel Mouret, The Girl I Love (1946) traite du sentiment amoureux avec candeur, tendresse et mélancolie. La pureté du geste n'égale que la justesse du regard et la musique, comme toujours chez le cinéaste japonais, s'occupe du reste. ***1/2

dimanche 22 mars 2026

Au cinéma: Maigret et le mort amoureux


En adaptant Simenon avec Maigret et le mort amoureux, Pascal Bonitzer propose une réflexion sur le vieillissement en se faisant rencontrer le vieux et le nouveau monde. D'une autre époque, sa mise en scène subtile est dévouée aux dialogues savoureux et Denis Podalydès s'avère parfait dans le rôle-titre. Un divertissement comme il s'en fait plus, où l'ambiance compte plus que l'intrigue. ***1/2

samedi 21 mars 2026

Au cinéma: Miroirs No. 3


Le spectre est une figure centrale du cinéma de Christian Petzold et Miroirs No. 3 ne fait pas exception. De facture minimaliste, le récit ne manque pourtant pas d'émotion, rappelant à quel point une présence peut ressouder une famille. Et si l'ensemble apparaît (faussement) mineur dans la filmographie de son auteur, son parfum de liberté confère aux images et aux personnages un charme indéniable. ****

vendredi 20 mars 2026

Au cinéma: Dossier 137


Après son excellent La nuit du 12, Dominik Moll continue de s'inspirer de faits véridiques avec Dossier 137, où il suit une inspectrice de police qui enquête sur d'autres corps policiers. Avec son traitement documentaire et son scénario minutieux, le film passionne et fera réagir. Si les dialogues s'avèrent parfois didactiques, la prestation de Léa Drucker - qui vient tout juste de remporter le César de la meilleure actrice - n'est rien de moins que brillante. Ma critique est à lire sur Cinoche. **** 

jeudi 19 mars 2026

Au cinéma: Ce que cette nature te dit


Il n'y a rien de mieux qu'un long métrage de Hong Sang-soo pour célébrer le printemps. Dans Ce que cette nature te dit, le cinéaste coréen convie un jeune poète dans sa belle-famille. Entre humour pince-sans-rire et crises acerbes, le récit en dit long sur la nature tout en demeurant modeste, rappelant que les plus beaux films sont fragiles comme celui-ci. ****

mercredi 18 mars 2026

Au cinéma: Project Hail Mary


Basé sur le populaire roman d'Andy Weir (The Martian), Project Hail Mary de Phil Lord et Christopher Miller raconte la quête d'un homme envoyé dans l'espace afin de sauver la Terre. Si la prémisse rappelle Interstellar, le récit s’apparente plutôt à un luxueux film pour enfant à la E.T. où l'humour et l'amitié (une sympathique matière extra-terrestre devient le copain du héros) prennent le dessus. Sur le plan technique et sonore, le long métrage en jette. Mais sa trop longue durée (156 minutes!), ses sévères répétitions, son absence de logique et son manque chronique de rythme rend l'expérience assez somnolente. Également producteur, Ryan Gosling prend beaucoup de place à l'écran, jusqu'à éclipser les enjeux du récit. **1/2

mardi 17 mars 2026

Film du jour: Locked


Série B efficace mais stérile, Locked (2025) de David Yarovesky suit les péripéties d'un homme enfermé dans une voiture de luxe. Cela se transforme rapidement en confrontation entre classes sociales qui se terminera évidemment dans le sang et les bons sentiments. Un discours manipulateur qui est au service d'un exercice de style tape-à-l’œil desservit par de talentueux interprètes (Anthony Hopkins semble beaucoup plus s'amuser que le pauvre Bill Skarsgard). **1/2 

lundi 16 mars 2026

Film du jour: La ciénaga


Dès son premier long métrage La ciénaga (2001), Lucrecia Martel affichait un goût marqué pour les ellipses, l’ambiguïté et les univers en décrépitude. Cette chronique d'une famille qui s'enlise est bien celle d'une société toute entière qui n'a que faire du danger, trop encline à profiter de ses privilèges que de se soucier des autres. En misant sur les micro-événements et les non-dits, en épousant le chaos ambiant, la cinéaste argentine signe une oeuvre immense que l'on voudra revoir plus d'une fois. ****

dimanche 15 mars 2026

Prédictions Oscars 2026


Sinners croise le fer avec One Battle Another ce soir aux Oscars. Qui aura le dernier mot? Mes prédictions et mes choix personnels sont à lire sur Cinoche.

Film du jour: Agent Zero (Badh)


Une ancienne agente secrète se retrouve dans le pétrin lorsqu'elle tente de venger son mari. La prémisse de Badh (Agent Zero en version anglaise) qui surfe sur le succès de Salt et autres Jason Bourne n'est qu'un prétexte pour multiplier les scènes d'action. Si elles sont spectaculaires (le talentueux Québécois Guillaume De Fontenay signe la réalisation mouvementée), l'intrigue s'enlise rapidement et la distribution de renom - Marine Vacth, Emmanuelle Bercot, Niels Schneider, Grégoire Colin - s'avère sous-utilisée. À découvrir en vidéo sur demande via Saban Films. **

samedi 14 mars 2026

Au cinéma: Invisibles


Pour son premier long métrage, Junna Chif s'intéresse à la sexualité des personnes en situation de handicap. Si la fiction Invisibles ne manque pas de sensibilité et que Nadia Essadiqi crève l'écran en artiste burlesque et travailleuse du sexe, le film maladroit ne convainc qu'à moitié. En cause: un ton parfois trop didactique, des dialogues appuyés qui sonnent faux et une conclusion qui laisse grandement à désirer. **1/2

Film du jour: The Good Fairy


(Re)Trouver son humanité dans un univers dominé par le pouvoir et l'argent ne se fait pas sans heurt au sein de The Good Fairy (1951) de Keisuke Kinoshita. Bouleversant, le récit traite de sentiments amoureux et de journalisme avec une grande lucidité, offrant à ses interprètes habités des rôles particulièrement étoffés. ****

vendredi 13 mars 2026

Au cinéma: The Things You Kill


Représentant du Canada aux Oscars, The Thing You Kill d'Alireza Khatami est un puissant film noir sous fond de peur, de violence, de parentalité et de parricide. Prenant la forme d'un mystère à la Lost Highway, le récit à la réalisation implacable ne lésine pas sur le symbolisme afin de parler de la Turquie d'hier à aujourd'hui. Tous les interprètes livrent des performances impeccables. ****

Film du jour: Apartment 7A


Avions-nous besoin d'un antépisode au classique Rosemary's Baby? Bien sûr que non. Cela n'empêche pas Apartment 7A de parler du rêve américain à travers le destin d'une danseuse qui rêve de gloire. Prévisible, rarement effrayant ou captivant, le récit s'avère plus ennuyant que passionnant malgré la performance convaincue de Julia Garner et la mise en scène sensible de Natalie Erika James. **1/2

jeudi 12 mars 2026

Au cinéma: L'inconnu de la Grande Arche (critique)


Inspiré d'une histoire vraie, L'inconnu de la Grande Arche de Stéphane Demoustier ressasse la construction d'un immense cube à Paris. Minutieux, le récit rappelle tous les sacrifices qui sont amenés dans l'art (pour le meilleur comme pour le pire) et si le film marque moins les esprits que The Brutalist, il est porté par une distribution étincelante qui en fait un objet d'une curiosité certaine. Ma critique est à lire sur Cinoche. ***1/2

Film du jour: L'empreinte de l'ange


Inspiré d'une histoire vraie, L'empreinte (de l'ange) de Safy Nebbou suit une mère qui est convaincue que la fillette d'une connaissance est bel et bien sa fille décédée. Construit comme un suspense, le récit fait fi de ses invraisemblances pour faire monter la tension. Dans un rôle à contre-emploi, Catherine Fort n'est rien de moins que prodigieuse. ***1/2 

mercredi 11 mars 2026

Film du jour: Wedding Ring


Dans la lignée de Brief Encounter se trouve Wedding Ring (1950) de Keisuke  Kinoshita, qui relate l'attirance réciproque entre une femme et le médecin qui doit soigner son époux malade. Très symbolique (la bague, le chemin de fer qui sépare les gens qui s'aiment), la romance demeure mélancolique malgré quelques échappées ludiques (et séquences plus ou moins utiles à la trame narrative). Difficile de trouver un plus beau couple que Kinuyo Tanaka et Toshiro Mifune. ***1/2

mardi 10 mars 2026

Film du jour: Sorcerer


Remake du classique Le salaire de la peur, Sorcerer est une oeuvre mésestimée lors de sa sortie en 1977, qui est heureusement devenue culte par la suite. Tant mieux, parce que la vision de William Friedkin dépasse l'entendement, touchant l'apothéose lors de la dernière partie qui en fera halluciner plus d'un avec ses images incroyables et les mélodies imparables de Tangerine Dream. ****

lundi 9 mars 2026

Film du jour: Danger Stalks Near


Tout est une transaction financière dans Danger Stalks Near (1957) de Keisuke Kinoshita, une comédie noire sur une famille qui tire le diable par la queue. Alors que des voleurs rôdent à l'extérieur, les membres à l'intérieur de la maison usent souvent de coups bas pour arriver à leurs fins. Le cinéaste nippon multiplie les personnages, créant des situations hilarantes qui ne sont pas dénuées de profondeur (le clash entre les générations, les conséquences de la guerre). ***1/2