samedi 30 juin 2012

Entrevues J'espère que tu vas bien

Composé entièrement d'improvisation et d'un seul plan-séquence, J'espère que tu vas bien est un film québécois financé sans l'aide des institutions et qui fait découvrir autrement les rues de Montréal.

Pour en savoir davantage sur ce projet atypique dans la Belle Province, j'ai rencontré les réalisateurs David La Haye et Jay Tremblay.

Mon entrevue se retrouve dans les pages de Métro Montréal.

Film du jour: Panique au village

C'est samedi, la fin de semaine commence, alors il faut se réveiller avec quelque chose en conséquence. Pourquoi ne pas opter pour une animation complètement folle qui porte le nom de Panique au village et qui met en vedette Cheval, Indien et Coboy? On s'amuse beaucoup dans la première demi-heure du projet cinématographique de Stéphane Aubier et Vincent Patar qui est complètement hallucinante et imprévisible. Par la suite, les répétitions et les redondances embarquent, freinant le plaisir rencontré. Oui, c'est très original et royalement impertinent. Mais cela aurait pu l'être encore davantage. ***

vendredi 29 juin 2012

Film du jour: The Gingerbread Man

Il y a des films qui devaient être majeurs mais qui ne le sont pas. The Gingerbread Man en est un excellent exemple. Réalisée par le grand Robert Altman, basée sur un scénario de John Grisham et mettant en vedette Kenneth Branagh, Robert Downey Jr., Tom Berenger, Daryl Hannah et Robert Duvall, cette histoire d'un avocat qui embarque dans une galère qui le dépasse n'arrive jamais à lever complètement. Malgré son suspense, ses éléments horrifiques, sa musique inquiétante, sa superbe photographie, sa mise en scène soignée et ses quelques touches humoristiques, l'intérêt n'apparaît qu'à moitié. Peut-être est-ce la faute qui régnait à l'époque entre le cinéaste et le studio qui souhaitait un film conventionnel... ***

Magic Mike, Ted, People Like Us, J’espère que tu vas bien


Cette semaine au niveau des sorties cinéma, l’irrévérencieux petit ours Ted se frotte aux hommes musclés de Magic Mike.

Sorte de Flashdance ou de Rock of Ages où les chansons sont remplacées par des numéros coquins de striptease masculin, Magic Mike porte indéniablement la marque de Steven Soderbergh, autant au niveau de la réalisation (les jeux avec la lumière et le montage) que du scénario (encore une fois, David cherchera à résister à Goliath). Léger et parfait pour l’été, l’ensemble manque volontairement de profondeur, ce qui n’empêche pas le cinéaste de bien cerner cette amitié masculine entre hommes, arrosant le tout de gags bien placés. Comme toujours chez lui, sa direction d’acteurs est irréprochable. Moins bon que Boogie Nights, mais nettement supérieur que 54. ***1/2

Comme la projection se déroulait au même moment que Ted, j’ai dû envoyer ma collaboratrice Karine Projean couvrir le premier long métrage de Seth MacFarlane. Voici son compte-rendu éclair: « On attendait Ted avec impatience. Le créateur de Family Guy, Mark Whalberg, Mila Kunis, un ours en peluche vicieux et politiquement incorrect, le tout ensemble, c’est alléchant! Dommage que la sauce s’étire trop longtemps, malgré quelques gags franchement réussis. On apprécie les blagues qui ont fait de Family Guy un must, mais il y avait peut-être un peu trop de vulgarité à notre goût. Et que dire de l’histoire d’amour? » **1/2

Dans un autre ordre d’idée, People Like Us est un mélo bien attentionné d’Alex Kurtzman qui porte sur des secrets de famille. La réalisation n’est guère nuancée, les choix musicaux sont douteux et la progression prévisible manque parfois de rythme. Malgré tout, on finit par embarquer tant les comédiens sont pétillants. Le duo formé de Chris Pine et d’Elizabeth Banks fait mouche grâce à leurs répliques bien arrosées. ***

J’espère que tu vas bien de David La Haye et Jay Tremblay est un concept intéressant dont les fruits manquent de goût à l’écran. Il s’agit d’un long plan-séquence improvisé entre La Haye et Marie-Chantal Perron qui déambulent dans les rues de Montréal. La fraîcheur du ton finit toutefois par tourner en rond tant l’exercice superficiel ne mène à rien, ce qui est toujours dommage. **1/2

jeudi 28 juin 2012

Film du jour: Exotica

Dans la longue et très intéressante carrière d'Atom Egoyan, Exotica a joué un rôle prépondérant. C'est grâce à ce film que le cinéaste est devenu un des plus acclamés de la planète. Déjà à l'époque, ce long métrage sur l’ambiguïté entre les êtres et le mensonge qui empêche de souffrir possédait tout ce qui faisait la marque de commerce de son auteur, ellipses temporelles et grande froideur clinique en prime. On y voit une faune de personnages déambuler autour d'un bar de danseuses, cherchant à remettre leur existence dans le droit chemin. Sans être son oeuvre maîtresse, ce travail s'avère extrêmement maîtrisé, déroutant longtemps avant la fin. ***1/2

mercredi 27 juin 2012

Entrevue Brave

La nouvelle animation du réputé studio Pixar, Brave, est championne au box office cette semaine.

Cela tombe bien, j'ai pu m'entretenir avec le Québécois Guillaume Chartier qui m'a parlé de son travail d'animateur sur cette référence américaine.

Mon entrevue se retrouve dans les pages du Métro Montréal.

Film du jour: Double Suicide

La surprise est grande en regardant Double Suicide, qui est probablement le meilleur film du cinéaste japonais Masahiro Shinoda. Cette pièce devenue film est incroyablement moderne sans pour autant renier ses origines théâtrales (les différents éléments de mise en scène sont sidérants), alors que le sujet - l'amour impossible entre un homme marié et une courtisane - est traité avec humanité mais distanciation. Il en ressort un magnifique poème lent qui hypnotise graduellement, laissant béant à la toute fin. ****1/2

mardi 26 juin 2012

DVD: Once Upon a Time in Anatolia, The Artist, Accident, Mirror Mirror, 21 Jump Street, La nuit des enfants rois, Wanderlust, Rendez-vous avec un ange, Wrath of the Titans, Gone, A Thousand Words

En ce mardi, journée fétiche de sorties dvd et blu-ray, les nouveautés sont nombreuses, alors il faut bien choisir pour ne pas perdre temps et argent.

Once Upon a Time in Anatolia: Film policier absurde du grand cinéaste Nuri Bilge Ceylan, pour un septième art qui sort de l'ordinaire. ****

The Artist: Le grand gagnant des derniers Oscars est un formidable pastiche en noir sur l'époque du muet. Un must. **** (critique)

Accident: Présentée à Fantasia il y a quelques années, cette production de Johnnie To est un récit intelligent et divertissant, à savoir si les accidents existent. ***1/2 (critique)

Mirror Mirror: L'histoire de Blanche-Neige est reprise et détournée à la façon de Shrek. Cela donne quelque chose d'extrêmement original. *** (critique)

21 Jump Street: Un long métrage rigolo comme tout, qui doit beaucoup à sa chimie entre Jonah Hill et Channing Tatum. ***

La nuit des enfants rois: Sans aller au fond de ses sujets dantesques, cette animation pour adolescents et pour adultes est suffisamment intrigante pour mériter le détour. *** (critique)

Wanderlust: Psychotropes, répliques cultes et légèreté font généralement bon ménage dans cette comédie très inégale qui met en vedette Paul Rudd et Jennifer Aniston. **1/2

Rendez-vous avec un ange: On aime beaucoup Isabelle Carré et Sergi Lopez. Ils ne sauvent toutefois pas cet essai trop précieux de la banalité. **1/2 (critique)

Wrath of the Titans: Une suite presque aussi décevante que l'originale, qui prouve que des belles images ne font pas un bon scénario. ***

Gone: Amanda Seyfried est une bonne actrice, mais elle devrait mieux choisir ses projets. Sinon cela donne quelque chose d'invraisemblable et de ridicule. **

A Thousand Words: Un autre navet de la part d'Eddie Murphy.

Film du jour: Near Dark

Au panthéon des meilleurs films de vampires, on oublie trop facilement Near Dark de Katherine Bigelow, cette formidable série B où le climat angoissant, l'ambiance érotique, l'atmosphère de fin du monde et la musique unique de Tangerine Dream se mélangent parfaitement pour offrir une oeuvre qui sort grandement de l'ordinaire. Le récit est centré sur l'amour et la famille  (comme Twilight), mais également sur la survie, alors que le héros suceur de sang est présenté comme un junkie en manque. Un essai amusant et fascinant, qui tranche avec presque tout ce qui se fait dans ce genre. ***1/2

lundi 25 juin 2012

Entrevue The Girl in the White Coat

Tenant le film sur ses épaules, Pascale Montpetit est extraordinaire dans The Girl in the White Coat, un mélodrame qui se déroule sous la neige et le froid de Montréal.

La semaine dernière, j'ai pu discuter avec l'actrice qui était très heureuse d'obtenir un si beau rôle au cinéma.

Mon entrevue se retrouve dans les pages du journal Métro.

Film du jour: Rechercher Victor Pellerin

Quelques années avant son brillant Les signes vitaux, Sophie Deraspe avait brisé la glace avec Rechercher Victor Pellerin, un faux documentaire incroyablement réaliste sur un peintre qui a disparu sans laisser de trace. Pour le retrouver, la cinéaste rencontre ses proches qui n'hésitent pas à jouer avec la véracité des faits. Essai sur le vrai et le faux qui semble sans cesse repartir sur un nouveau tracé lorsqu'il tombe à neutre, l'effort joue avec les codes du genre, s'avérant un véritable ovni en nos terres québécoises. ***1/2

dimanche 24 juin 2012

Films pour la Saint-Jean

En ce 24 juin, voici quelques propositions de films à voir pour la Saint-Jean.

Mes choix se retrouvent sur le site de Cineplex.

Bonne Fête nationale!

Film du jour: Réjeanne Padovani

S'il y a un film québécois qui mérite absolument un remake, c'est Réjeanne Padovani de Denys Arcand. Satire brillante sur la corruption des élites, le sujet n'aura jamais été aussi d'actualité en 2012. Malgré un rythme relâché et une interprétation volontairement théâtrale, le scénario est brillant et les répliques font rire aux larmes. Ce n'est pas subtil pour deux sous mais ce n'est pas grave. Il s'agit d'une oeuvre parfaite pour célébrer la Saint-Jean, pour se rendre compte - encore et toujours - que tout ne va vraiment pas bien dans la Belle Province. Le genre de long métrage culte qu'il faudrait revoir régulièrement. ****

samedi 23 juin 2012

Brave, Abraham Lincoln: Vampire Hunter, The Girl in the White Coat, Toi moi les autres

Cinéma, cinéma, qu'est-ce qu'il joue de bon dans les salles climatisées?

Sur le blog de MSN, je parle de Brave, Abraham Lincoln: Vampire Hunter, The Girl in the White Coat et Toi, moi, les autres.

Et les nouveautés dvd et blu-ray? J'en parle toujours au même endroitMais pour les amateurs d'étoiles...

Polisse: **** (j'espère, il y a tout de même une citation de Lecinema.ca sur le boîtier!)
Roméo Onze: ***1/2
L'empire Bossé: **1/2
Et soudain, tout le monde me manque: *** (critique)
Big Miracle: **1/2
Project X: ***

Film du jour: The Name of The Rose

En ce samedi collant, on voyage dans le temps et on revisite The Name of the Rose de Jean-Jacques Annaud, cette vigoureuse adaptation du roman d'Umberto Eco qui se déroule au 14e siècle. L'époque parfaite pour commettre des crimes bizarres entre moines et pour laisser le vénérable Sean Connery enquêter avec le jeune frêle Christian Slater. Le film, verbeux mais toujours très intéressant, captive autant pour son intrigue que par le grand soin apporté à ses magnifiques images. Si les nouveaux Sherlock Holmes pouvaient ressembler à ça... ****

vendredi 22 juin 2012

Film du jour: Stranger than Paradise

De  la neige, de la neige! C'est tout ce qu'on désire en cette période de canicule. Le premier long métrage de Jim Jarmusch, Stranger than Paradise, lauréat de la Caméra d'Or à Cannes, en propose. Mais il y a beaucoup plus que ça dans ce petit film d'art et d'essai tourné en noir et blanc et séparé en trois volets. Il y a l'absurdité du monde réel, des échanges cultes entre personnages paumés, des paysages magnifiques et une trame sonore inoubliable. Il y a aussi la naissance d'un grand cinéaste qui fait beaucoup avec peu, forgeant les premières pierres d'un univers décalé mais essentiel. ****

jeudi 21 juin 2012

Les meilleurs films de présidents américains

En attendant la sortie d'Abraham Lincoln: Vampire Hunter, voici mon top 5 des meilleurs films sur - ou autours - un président américain.

Pour mon palmarès se retrouve sur le site de Cineplex.

Film du jour: Young Mr. Lincoln

Abraham Lincoln n'est pas seulement un super président qui chasse les vampires. Il était également un avocat humaniste qui a défendu deux jeunes hommes accusés de meurtre dans le chef-d'oeuvre Young Mr. Lincoln de John Ford. Tourné en 1939, ce classique qui mélange à la perfection drame et comédie prend beaucoup de liberté avec les faits historiques. Cela n'empêche pas le film de marquer les esprits, et à Henry Fonda de briller dans le rôle principal. L'essayer c'est l'adopter, alors pourquoi y résister? ****1/2

mercredi 20 juin 2012

Film du jour: Rollerball

On oublie le terrible remake et on revient au premier Rollerball de Norman Jewison, ce film de science-fiction qui semblait tellement en avance sur son temps. Dans une société dystopique, la télévision est le centre d'intérêt de la vie et un jeu violent où des participants meurent en est la religion... Le sujet n'est plus nouveau en 2012, mais il l'était en 1975 avec ce drame d'action inusité qui, même s'il ne va jamais au bout de ses brillantes idées, en propose plusieurs. Dans le rôle principal, James Caan assure, comme toujours, donnant une crédibilité à ce qui n'aurait pu qu'être une vulgaire série B. ***

mardi 19 juin 2012

Film du jour: L'Éclipse

Dernier tome de sa trilogie italienne sur la solitude, la quête d'amour et la difficulté à communiquer, L'Éclipse de Michelangelo Antonioni est également son volet le plus ardu à regarder. Les contrastes du lent quotidien et de la vie parallèle mouvementée de la bourse se fracassent, rappelant que l'être humain est souvent seul sur Terre. Le cinéma du plus grand réalisateur italien (désolé Fellini) en est un de regards, d'introspection, autant la quête et l'errance de ses personnages que leur enfermement dans des superbes paysages, eux qui se trouvent toujours derrière des structures (portes, fenêtres, etc.) qui les empêchent de bien rentrer en relations. La marche est peut-être haute afin de bien absorber ce récit, de le saisir et de l'expliquer, mais le ressentir se fait automatiquement et un grand pouvoir de fascination s'exerce, surtout à la fin de ce qui est probablement la conclusion la plus audacieuse du septième art. ***** 

lundi 18 juin 2012

Film du jour: Sombre

Philippe Grandrieux est un cinéaste très particulier. Croisez Bruno Dumont avec David Lynch et on se rapproche graduellement de la bête. Ses longs métrages sont radicaux et il faut bien s'accrocher pour ne pas être largué. C'est le cas de Sombre sur les méfaits d'un tueur en série. Un slasher movie intellectuel, un film d'art et d'essai gothique et dérangeant? Bien sûr! Et si ce n'était que ça. Il s'agit plutôt d'un cauchemar malsain, volontairement lent et biscornu, qui fascine et rebute tout à la fois, où tous les éléments techniques (la caméra, le son) sont utilisés pour faire peur. À expérimenter avant de mourir. ***1/2

dimanche 17 juin 2012

Film du jour: Touchez pas au Grisbi

Les vieux films français s'arrangeaient toujours pour que l'atmosphère soit au moins aussi intéressante que l'histoire elle-même. C'est ce qui ressort du sublime Touchez pas au Grisbi, film noir de Jacques Becker où Jean Gabin et quelques potes cherchent à récupérer l'argent d'un important vol. L'intrigue pourrait paraître classique en 2012, mais elle demeure terriblement efficace. Surtout que le cinéaste développe l'ambiance à plein régime, préférant mettre l'emphase sur les dialogues et les relations avec les personnages plutôt que sur l'action et les rebondissements. Du coup, il est impossible de s'y ennuyer, et le désir d'y revenir est grand. ****1/2

samedi 16 juin 2012

Tout (ou presque) sur Rock of Ages

Pour accompagner la sortie de Rock of Ages, une comédie musicale qui peut agir comme plaisir coupable, voici un mini-dossier sur le sujet. Seulement pour se rafraîchir un peu la mémoire et apprendre une ou deux choses au passage.

Mon texte se trouve sur le site de Cineplex.

Film du jour: Les Acacias

Lauréat de la Caméra d'Or au Festival de Cannes en 2011, Les Acacias de Pablo Giorgelli est une sorte de road movie lent et dépouillé où les regards en coin et les sourires font toute la différence. L'histoire, extrêmement simple, est celle d'un camionneur qui décide d'embarquer une femme et son bébé pour les amener à Buenos Aires. Ils ne vont pratiquement rien se dire du trajet, mais chaque remarque permettra d'en savoir un peu plus sur les personnages. Une première oeuvre intimiste et rafraîchissante qui comporte un des bébés et les plus éveillés jamais vus au cinéma. ***1/2

vendredi 15 juin 2012

Les adieux à la reine, Moonrise Kingdom, Hors les murs, The Rock of Ages, The Beat Hotel, 388 Arletta Avenue

C'est l'invasion de films, autant au cinéma qu'en dvd. Pour ne rien manquer, suivez le guide!

Sur le blog de MSN, je parle des nouveautés de la semaine. Dans les titres à voir, il y a Les adieux à la reine et Moonrise Kingdom. Peut-être The Rock of Ages et Hors les murs, mais ce n'est pas essentiel non plus. Et on évite 388 Arletta Avenue et The Beat Hotel.

Je traite également ici des dernières sorties en format dvd et blu-ray. Pour les amateurs d'étoiles...

In Darkness: ***1/2 (critique)
Sherlock Holmes: A Game of Shadows: ***
Ghost Rider - Spirit of Vengeance: *
Mon père est femme de ménage: ***
Un jour mon père viendra: **1/2 (critique)

Film du jour: The Hunger

Tony Scott n'est pas le meilleur des réalisateurs. Il était tout de même prometteur avec son premier film, The Hunger, qui ressemble à un vidéoclip réalisé par David Lynch. Esthétiquement, il s'agit d'une oeuvre intrigante et foisonnante, avec son flux de chansons puissantes et d'images dérangeantes. Le récit vampirique n'a guère de sens et plusieurs enjeux dramatiques ne sont nullement développés. Cela n'empêche pas de demeurer au rendez-vous, seulement pour voir ce qu'il va arriver au pauvre David Bowie. En plus, il y a une scène de lesbienne entre Catherine Deneuve et Susan Sarandon. Seulement pour ça, il ne faudrait pas passer à côté. ***1/2

jeudi 14 juin 2012

Film du jour: C'est arrivé près de chez vous

Un des meilleurs documenteurs de l'histoire du 7e art moderne moderne, C'est arrivé près de chez vous de Rémy Belvaux et André Bonzel est un film très, très noir sur des cinéastes qui suivent un tueur. Entre ses crimes extrêmement violents et ses longs monologues existentiels, le climat d'étrangeté opère à plein régime et le spectateur s'avère à la fois fasciné et dégoûté par cet homme campé à la perfection par l'inquiétant Benoît Poelvoorde. En plus d'une satire des médias et du cinéma, le long métrage qui peut faire du surplace à mi-chemin est une comédie désespérée qui fera hurler de rire... ou qui bouleversera à jamais. Peut-être même les deux. ****

mercredi 13 juin 2012

Film du jour: Irma Vep

Les films sur le cinéma sont nombreux. Sans être dans la catégorie de pointe, Irma Vep d'Olivier Assayas s'avère une belle satire de ce milieu, où tout le monde semble fou et cinglé. En prenant comme point d'ancrage une actrice principale qui est plongée dans une petite production fauchée dont elle ignore même la langue, le cinéaste dresse un portrait vitriol et universel de cet art devenu divertissement. Il y a quelques moments d'égarement et l'anglais de Jean-Pierre Léaud est tout simplement incompréhensible. Mais la beauté de Maggie Cheung laisse pantois dans chaque scène et la finale complètement jouissive ne s'oubliera pas de sitôt. ***1/2

mardi 12 juin 2012

Film du jour: The Duellists

Ridley Scott n'a pas seulement réalisé deux grands films (Blade Runner et Alien). Il serait presque possible de rajouter The Duellists à cette catégorie. Même s'il consistait de son premier long métrage, il s'agit d'un effort impressionnant, autant sur un plan technique (les plans sont magnifiques et le montage est souvent hallucinant) que sur la tenue du récit (pendant plusieurs années, deux hommes se battront continuellement en duel). Les évènements s'emboîtent parfaitement et il n'y a aucune baisse de régime. Un exploit qu'il n'a carrément plus jamais exploité par la suite et qui lui a permis de mettre la main sur la prestigieuse Caméra d'Or de Cannes. ****

lundi 11 juin 2012

Top 5 des meilleurs animations avec des animaux

Depuis la nuit des temps, les animaux sont les héros des dessins animés et des animations. La sortie de Magascar 3 vient seulement confirmer cette tendance. Il y en a eu tellement, mais quelles sont les meilleures?

Voici mon palmarès personnel qui se retrouve sur le site de Cineplex.

Film du jour: M

C'est incroyable comment le chef-d'oeuvre M de Fritz Lang est toujours d'actualité. On croirait voir ce qui se passe dans les rues du Québec, alors que les forces de l'ordre arrêtent n'importe qui pour leur simple bon plaisir. Cette remarquable histoire de différentes classes sociales qui cherchent un tueur d'enfants était surtout annonciatrice du nazisme à venir... Un récit éblouissant, somptueusement mis en scène, avec une utilisation impressionnante du son (il s'agissait du premier film sonore de Lang) et du noir et blanc pour camper une des atmosphères les plus lourdes et suffocantes du septième art. *****

dimanche 10 juin 2012

Film du jour: Sansho

Le grand cinéma japonais ne se limite pas seulement à Kurosawa et à Ozu. Kenji Mizoguchi a pondu son lot de classiques, comme Sansho sur les tourments de deux enfants esclaves qui cherchent à s'émanciper et à retrouver leurs parents. Un mélo aussi magnifique à regarder qu'émouvant à ressentir. Chaque scène hante le cinéphile, le renvoyant vers un nouveau nirvana de sensations fortes. Surtout qu'il y a tellement de dialogues brillants que l'on peut sortir dans à peu près n'importe quelle situation. Une saga magistrale, parfaite pour s'initier à l'art d'un grand maître du septième art. *****

samedi 9 juin 2012

Madagascar 3 : encore plus fou


Les suites se suivent et se ressemblent. Une maxime qui n’est pas toujours péjorative, comme en fait foi le rigolo «Madagascar 3 : Europe’s Most Wanted» qui arrive encore une fois à mettre tout le monde dans sa poche.

Chez DreamWorks, «Madagascar» a toujours été une série de seconde catégorie. Surtout à côté des plus substantiels «Kung Fu Panda» et «Shrek». Mais après que les deux dernières aventures de l’ogre vert aient mordus la poussière, c’est au tour des animaux d’Afrique de prendre la relève et d’obtenir un beau succès aux guichets. Et ça ne serait pas surprenant que cette troisième aventure y arrive.

Pas à cause de son histoire qui est toujours aussi prévisible et moralisatrice. Cette fois, lion, zèbre, hippopotame, girafe, singes, pingouins et compagnie se joignent à une troupe de cirque pour pouvoir immigrer aux États-Unis. Un scénario passe-partout et parfaitement conventionnel, mais qui a la dent longue dans les excès de tout genre. Les calembours sont nombreux, le rythme est rapide et pendant qu’il y a un jeu de mot savoureux, il y a trois gags physiques qui se déroulent au même moment. De quoi en épuiser quelques-uns et de ravir la plupart. Surtout que derrière cette grande banalité qui a parfois la main lourde sur les clichés et les facilités se cache quelques allusions assez savoureuses (aux «french canadians», notamment) et un nombre incroyable d’hommages, autant à des œuvres récents («The Matrix», comme d’habitude) que passées (les animations de Tex Avery).

Il y a eu peu d’améliorations au niveau des dessins qui demeurent potables sans plus et des mélodies, très pop sucrées. Les effets en trois dimensions s’avèrent de ce côté superflus. Cela n’enlève rien au charme des personnages et des nouvelles bêtes qui vont s’apprécier immédiatement. Les comédiens embauchés pour donner vie (enfin, vocalement) à ces bêtes sauvages s’amusent follement et on imaginerait très bien les Ben Stiller, Chris Rock, Sacha Baron Cohen, Martin Short et Frances McDormand apparaître dans un véritable film et non une simple animation.

Fantaisie estivale dont plusieurs séquences hallucinantes semblent avoir été rédigées sous l’influence de psychotropes, «Madagascar 3 : Europe’s Most Wanted» est au moins aussi bon que ses prédécesseurs. Une belle folie éclatée berce l’effort, allant dans le corps comme une grosse dose de sucre. Les enfants se régaleront et leurs parents ne devraient pas trop s’ennuyer non plus.

3/5

vendredi 8 juin 2012

Prometheus : Les deux extrêmes


Dire que «Prometheus» était attendu est un euphémisme. Ridley Scott qui décide d’offrir un nouveau «Alien», c’est un rêve de cinéphile qui se réalise. Qui pourrait très bien se transformer en cauchemar parce que ce volet n’a que peu de choses à voir avec l’original. Une fois passée cette déception, il est tout de même possible de prendre son pied. Surtout si on est amateur de série B.

À la fois un antépisode et un remake du classique de 1986, «Prometheus» est le nom d’un vaisseau spatial qui transporte à son bord de nombreux passagers vers une planète inconnue. Cette dernière serait à l’origine de la vie sur Terre. Mais avant que les explorations scientifiques ne puissent se tenir correctement, une menace agit en sourdine, décimant un à un ces visiteurs…

«Alien» n’est pas un classique de science-fiction pour rien. Il a inventé un genre, laissant des centaines et des milliers d’imitateurs sur la touche. C’est également le long métrage qui a lancé la carrière de Ridley Scott, un des cinéastes les plus volubiles de notre époque. Après une série d’échecs, le créateur de «Thelma et Louise» a décidé de retourner à ses premiers amours.

Il a toutefois oublié de bien faire ses classes. Au lieu de tout cacher dans le noir, de dissimuler dans l’ombre, il montre ses bêtes dès les premières minutes. Le mystère n’a donc pas lieu, renforçant le mythe que «moins on en voit et mieux c’est». La peur et l’oppression qui caractérisaient son matériel source ne sont également plus au rendez-vous. Il s’agit davantage d’une odyssée épique à grand budget (le lien avec «Lawrence of Arabia » au commencement n’est pas fortuit même si la fresque de David Lean est de plus grande nature cinématographique) où la réalisation assurée, les fabuleux effets spéciaux et la formidable utilisation de la 3D compensent pour les véritables frissons et les moments d’angoisse qui font défaut.

L’essai embrasse également deux genres qui pourraient paraître aux antipodes l’un de l’autre. Le premier est la science-fiction à la limite prétentieuse, lente et faussement complexe. Comme si le père de «Gladiator» voulait faire son «2001» en exposant ses théories sur la vie, la mort et le cosmos. Du blabla qui se mute progressivement en grosse série B, ridicule et amusante où des corps se font déchiquetés dans l’hilarité la plus totale. Tout d’un coup, l’histoire ne se prend plus autant au sérieux, ce qui permet quelques poursuites impressionnantes, des combats à couper le souffle et des séquences joyeusement délirantes, à la fois absurdes et complètement invraisemblables.

Un grand soin a été apporté aux personnages. Charlize Theron fait oublier sa pénible prestation de «Snow White and the Huntsman», Noomi Rapace est extrêmement sexy (et oui, ça se peut) et Michael Fassbender éclipse encore une fois tous ses partenaires de jeu. Il possède l’être le mieux écrit, le plus insaisissable. Sorte de mélange entre le David Bowie de «The Man Who Fell to Earth», Hall 9000 de «2001» et «Wall-e», il est capable de faire le bien et le mal, suivant sa propre logique interne.

N’ayant finalement que peu de choses à voir avec «Alien» tout en ouvrant le bal d’une belle façon (mais pas de façon totalement satisfaisante, quelques liens font défauts si l’on regarde tout de suite après «Alien»), «Prometheus» s’apparente également au fossé qui séparait «Hannibal» (également de Scott) de son modèle «The Silence of the Lambs». La mécanique en fait cette fois beaucoup trop, s’avérant nettement plus lourde, tonitruante et grotesque. Ce n’est pas désagréable à voir, il y a quelques moments très impressionnants et les admirateurs du jeu vidéo «Super Metroid» reconnaîtront plein de similarités. Il faut seulement ne pas avoir d’attentes envers ce «Event Horizon» qui possède une âme, mais pas le souffle horrifique nécessaire pour vouloir y revenir outre mesure. En espérant que Ridley Scott ne sabote pas l’essence de «Blade Runner», lui qui a décidé d’en faire une trilogie…

3/5

jeudi 7 juin 2012

Le cheval de Turin : le testament d’un maître


De nos jours, les chefs-d’œuvre cinématographiques sont rares. L’année dernière, il y a eu «The Tree of Life», et possiblement «Shame» et «Une séparation». Trois films sur une possibilité de plusieurs centaines, presque un millier. Il faut maintenant rajouter à cette liste très restreinte l’inoubliable «Le cheval de Turin» du grand cinéaste hongrois Béla Tarr.

Présenté en octobre dernier au Festival du nouveau cinéma, «Le cheval de Turin» est le type de long métrage qui souffle tout sur son passage. Même si la prémisse s’approprie à nouveau le thème de la fin du monde, le résultat va beaucoup plus loin que tous les «Take Shelter» et «Melancholia» de ce monde. La pièce d’orfèvre se rapproche plutôt du travail d’un Andreï Tarkovski ou d’un Ingmar Bergman, prenant grand soin de posséder sa propre identité propre.

Au demeurant, il ne faut pas se décourager par la matière première qui pourrait paraître lourde, opaque et maniérée. «Le cheval de Turin» est un long film, de près de deux heures et trente minutes. Il est en noir et blanc, sous-titré, avec un style lent, un montage volontairement répétitif et très peu de dialogues. De quoi faire peur à tous les amateurs de «Battleship». Pourtant, en y laissant une chance, on en ressort avec une des plus belles expériences cinématographiques de tous les temps.

Dès les premières minutes, le cinéphile est fasciné et médusé par ce qui arrive à l’écran. La caméra suit pendant un très long plan séquence un cheval qui tire un chariot. La musique glace le sang, les yeux sont éberlués par la beauté de la photographie. Bienvenue dans l’univers unique de Béla Tarr. Son style est reconnaissable entre tous et même si les sujets de ses opus peuvent se ressembler, il vient de signer là la pièce maîtresse de sa filmographie (à égalité avec son mythique «Le tango de Satan» et ses sept heures sang longueur). Pas surprenant qu’il ait annoncé que ce sera son dernier film. Il est impossible et impensable d’accoucher de quelque chose de plus beau et de plus puissant.

L’histoire est simple comme l’eau qui coule mais complexe comme l’âme humaine. On y suit les derniers jours d’un couple qui s’est réfugié à la campagne. Les journées se suivent, entre l’errance dans la maison, quelques sorties à l’extérieur et le repas avec des patates. Cette redondance volontaire est sans cesse filmée d’une façon nouvelle, opérant à une logique propre et interne. Le cinéaste change constamment de cadres, jouant des contrastes, se rapprochant ou s’éloignant de ses personnages. Une démarche rigoureuse qui pourrait s’analyser dans une thèse universitaire, mais qui ne mérite pas nécessairement une intellectualisation à outrance pour y prendre son pied.

Comme chez Dostoïevski, le chemin de croix de ces êtres perdus en dit long sur le genre humain. Lorsqu’on est en mesure de cerner les intentions de l’auteur, il fait apparaître des séquences troublantes et déstabilisantes, seulement pour rappeler que la vie est insaisissable. Bien que le quotidien soit sombre, pour ne pas dire désespérant, la lumière n’a pas nécessairement dit son dernier mot face à la noirceur et ce, malgré cette finale apocalyptique – l’ombre de Nietzsche qui plane - qui est pratiquement sans espoir.

«Le cheval de Turin» est un véritable de tour de force. Visuellement et musicalement, il ne s’est pratiquement rien fait de plus beau depuis le début de la décennie. La réalisation est parfaitement maîtrisée, le scénario ne manque pas de profondeur et un climat de mystère plane sur l’effort, donnant le goût d’y revenir, encore et encore. L’intrigue pourrait paraître hermétique et le traitement mérite peut-être un bagage de cinéphile qui est supérieur à la moyenne, sauf qu’il est impossible de rester de marbre devant du cinéma à l’état pur qui rappelle que le septième art est loin d’être mort.

5/5

mercredi 6 juin 2012

Les 100 ans de Nikkatsu

Hier, Fantasia et le FNC annonçaient qu'ils mettaient leurs efforts en commun pour célébrer les 100 ans du studio japonais Nikkatsu.

Ils prévoient donc projeter 15 films importants de cette compagnie qui a marqué le septième art mondial, comme le long métrage d'action culte Tokyo Drifter et le trop peu vu Charisma de Kiyoshi Kurosawa.

Pour en savoir plus, mon article se retrouve sur le site de Cineplex.

Film du jour: Diva

Le cinéma de Jean-Jacques Beinex est un des plus emblématiques des années 1980, ayant instauré le style publicitaire extrêmement léché. Dans son fabuleux exercice de style Diva, il se prend parfois pour Antonioni, trouvant toutes les munitions nécessaires pour inspirer Quentin Tarantino avec ses répliques cultes, ses personnages qui semblent sortir d'une bande dessinée, son look unique et ses scènes d'action éblouissantes. Surtout que le long métrage demeure cruellement d'actualité, s'intéressant aux conséquences d'enregistrements pirates sur la vie et la carrière de musiciens. Une oeuvre hors du temps dont il fait du bien d'y revenir. ****

mardi 5 juin 2012

En rafale...

C'est mardi, le jour des nouveautés dvd et blu-ray!

Je parle des sorties de la semaine sur le blog de MSN.

Sinon, pour les amateurs d'étoiles...

La guerre est déclarée: ****

John Carter: ***

Safe House: **1/2

Machine Gun Preacher: **

Man on a Ledge: **

W.E.: **

Journey 2 - The Mysterious Island: **

Act of Valor: *1/2

Désolé de ne pas pouvoir inclure des liens vers les critiques longues, mais avec la fermeture de Lecinema.ca et de Showbizz.net par Rogers, les articles sont difficiles à retrouver...

Et pour les amateurs de documentaires indépendants made in Quebec, Fortune Son de Tony Asimakopoulos qui a joué à l'Excentris vendredi, samedi et dimanche dernier est reprogrammé - toujours à l'Excentris - du 8 au 14 juin. En voilà une bonne nouvelle!

Film du jour: Husbands

On aime ou on déteste Husbands de John Cassavetes. Basé sur une singulière technique d'improvisation, ce film qui semble parfois durer deux éternités et demi ressasse le désir de liberté de trois vieux amis. Ce n'est pas l'histoire qui est importante ici mais le jeu des comédiens, à tel point que le cinéaste n'hésite pas à étirer ses scènes pour faire triompher le réel. Si la tenue de quelques segments peut peser, la démarche mérite le détour. Surtout que les compositions de Ben Gazzara, de Peter Falk et de John Cassavetes sont terriblement impressionnantes. À expérimenter à ses risques et périls. ***1/2

lundi 4 juin 2012

Les meilleurs génériques de fin

Les génériques de fin sont un art en soi.

Depuis quelques années, on s'amuse à y cacher une multitude d'informations. Il peut s'agir d'un bêtisier, mais également de scènes coupées ou de segments qui annoncent une suite à venir.

C'est ce qu'on appelle la mode The Avengers (qui comporte justement quelque chose à la fin).

Dans cette optique, quels sont les meilleurs génériques de fin?

Film du jour: Key Largo

La collaboration entre l'acteur Humphrey Bogart et le cinéaste John Huston a été une des plus fructueuses du septième art. Même si Key Largo ne figure généralement pas dans le palmarès de leurs meilleures créations, il demeure tout de même un suspense de grande classe, avec beaucoup d'humour, des personnages forts et complexes. Cette histoire de prise d'otages dans un lieu exotique est à la fois alimentée d'une mise en scène experte que d'interprètes délectables, dont celle de Boogie en premier lieux. À recommander fortement. ****

dimanche 3 juin 2012

Entrevue: Érik Canuel pour Barrymore

Présenté sur les écrans pour une durée limitée, Barrymore d'Érik Canuel est la captation - de façon cinématographique - de la célèbre pièce de théâtre qui met en vedette le grand Christopher Plummer.

Je me suis entretenu avec le réalisateur québécois pour parler de ce projet hybride.

Mon entrevue se retrouve sur le site de Cineplex.

Film du jour: Family Business

Sidney Lumet n'a pas fait que des grandes oeuvres importantes. Même s'il se retrouve dans un registre léger qui alterne entre comédie et drame comme c'est le cas de Family Business, il prend tout de même son rôle au sérieux, décortiquant bien ses personnages sans se laisser aller à la facilité. Oui, cette histoire familiale est ponctuée d'invraisemblances et la trame musicale a un cachet souvent humoristique et ironique. Mais les thèmes que le cinéaste aborde sont pleinement inscrits dans son univers, et il est savoureux de voir Sean Connery, Dustin Hoffman et Matthew Broderick s'échanger la balle avec autant d'aisance et de bonne humeur. ***1/2

samedi 2 juin 2012

Entrevue Fortunate Son

Documentaire bien personnel qui emprunte le style du cinéma vérité, Fortunate Son parle du passé et de la famille du cinéaste Tony Asimakipoulos.

J'ai pu rencontrer le réalisateur montréalais plus tôt cette semaine pour lui parler de ce projet qui lui tenait énormément à coeur.

Mon entrevue se trouve dans les pages du Métro.

Film du jour: Casino Royale

Les amateurs de James Bond oublient généralement la première version de Casino Royale, une parodie bordélique réalisée par cinq cinéastes où de nombreux comédiens (dont Peter Sellers et Woody Allen) enfilent le costume de 007 pour mettre un terme au règne machiavélique d'Orson Welles! Un film fou, fou, fou, beaucoup trop long pour son propre bien, qui se veut possiblement l'ultime nanar psychotronique du genre, devançant Austin Powers et compagnie de plusieurs années lumières. L'histoire ne fait pas toujours de sens (comme ses modèles), mais la direction artistique est impeccable, la musique kitch reste longtemps en tête, les acteurs semblent beaucoup s'amuser et quelques situations irrésistibles feront sourire instantanément. ***

vendredi 1 juin 2012

Snow White and the Huntsman dans les bras de Morphée


Avait-on besoin d’une deuxième version de Blanche-Neige en moins de trois mois? Annoncé comme plus sombre, plus sérieux et plus violent que le charmant et rigolo «Mirror Mirror», «Snow White and the Huntsman» est d’un ennui profond. Même s’il se prend pour «Lord of the Rings», cette adaptation d’un conte classique a bien plus à voir avec le pénible «Red Riding Hood».

Le passé existe pour être pillé. À chaque année, on s’amuse avec les chefs-d’œuvres, les détournant à des fins souvent plus mercantiles qu’artistiques. 2012 sera marqué du sceau de Blanche-Neige. Quelques semaines à peine après le mésestimé «Mirror Mirror» de Tarsem Singh qui s’avérait un divertissement plus qu’exemplaire, voici que débarque «Snow White and the Huntsman» qui se prend terriblement au sérieux.

L’histoire est pratiquement la même si les changements sont nombreux. Pour mettre un terme au règne d’une reine diabolique (Charlize Theron), la fille de l’ancien roi (Kristen Stewart), un homme de main (Chris Hemsworth) et quelques nains incitent la population locale à se soulever.

On avait connu Blanche-Neige comme jeune héroïne fragile de Disney et comme petite fleur allumée dans quelques adaptations à saveur humoristiques et féeriques. Elle apparaît ici comme une combattante qui fera couler le sang et rouler les têtes pour récurer la couronne. À l’instar des derniers épisodes d’«Harry Potter», la noirceur s’est emparée de la lumière, ce qui en résulte un essai presque gothique, esthétiquement léché, qui n’a pas besoin d’effets en trois dimensions pour faire frissonner.

Tout ce potentiel graphique, cette ambiance soignée (la trame sonore de James Newton Howard fonctionne plutôt bien) et cette atmosphère suffocante ne se matérialisent pourtant jamais à l’écran. Le scénario accumule les clichés et les dialogues creux, les revirements à deux sous et les emprunts gênants à «Lord of the Rings». Ce n’est pas en utilisant une caméra aérienne et en multipliant les affrontements – spectaculaires mais interchangeables – que cela va donner quelque chose de proche des fresques de Peter Jackson. Bien au contraire. Il y a même un triangle amoureux digne de «Twilight»!

En fait, ce trop long métrage ressemble à un jeu de rôle de seconde catégorie, où l’on brasse les dés, déplaçant les personnages sur une grille, attendant impatiemment que les méchants arrivent pour mieux leur botter le cul. Ce schéma se veut rapidement redondant et lassant tant la construction dramatique ne comporte aucune surprise, noyant la moindre trace d’émotions et d’humour.

Les premiers à en souffrir sont évidemment les spectateurs qui s’ennuieront à mourir. Les seconds sont les pauvres comédiens talentueux qui n’ont rien à défendre dans cette mascarade. Charlize Theron en fait des tonnes pour rien, Chris Hemsworth était beaucoup plus à l’aise dans «The Avengers» et «The Cabin in the Woods», alors que ce n’est pas en jouant de façon complètement éteinte que Kristen Stewart se débarrassera de l’image de «Twilight» qui lui colle à la peau.

Mis en scène de façon approximative et sans personnalité par le nouveau venu Rupert Sanders qui oublie qu’une tonne d’effets spéciaux ne remplace pas une intrigue mal ficelée, «Snow White and the Huntsman» est une autre de ces superproductions transgéniques qui n'existent que pour faire de l'argent et engendrer des suites. On ne plaindra pas les cinéphiles qui vont préférer revoir «The Brother’s Grimm» de Terry Gilliam ou «Mirror Mirror» qui, malgré leurs imperfections, comportaient ce petit grain de folie qui fait tant défaut ici.

2/5