vendredi 1 juin 2012

Snow White and the Huntsman dans les bras de Morphée


Avait-on besoin d’une deuxième version de Blanche-Neige en moins de trois mois? Annoncé comme plus sombre, plus sérieux et plus violent que le charmant et rigolo «Mirror Mirror», «Snow White and the Huntsman» est d’un ennui profond. Même s’il se prend pour «Lord of the Rings», cette adaptation d’un conte classique a bien plus à voir avec le pénible «Red Riding Hood».

Le passé existe pour être pillé. À chaque année, on s’amuse avec les chefs-d’œuvres, les détournant à des fins souvent plus mercantiles qu’artistiques. 2012 sera marqué du sceau de Blanche-Neige. Quelques semaines à peine après le mésestimé «Mirror Mirror» de Tarsem Singh qui s’avérait un divertissement plus qu’exemplaire, voici que débarque «Snow White and the Huntsman» qui se prend terriblement au sérieux.

L’histoire est pratiquement la même si les changements sont nombreux. Pour mettre un terme au règne d’une reine diabolique (Charlize Theron), la fille de l’ancien roi (Kristen Stewart), un homme de main (Chris Hemsworth) et quelques nains incitent la population locale à se soulever.

On avait connu Blanche-Neige comme jeune héroïne fragile de Disney et comme petite fleur allumée dans quelques adaptations à saveur humoristiques et féeriques. Elle apparaît ici comme une combattante qui fera couler le sang et rouler les têtes pour récurer la couronne. À l’instar des derniers épisodes d’«Harry Potter», la noirceur s’est emparée de la lumière, ce qui en résulte un essai presque gothique, esthétiquement léché, qui n’a pas besoin d’effets en trois dimensions pour faire frissonner.

Tout ce potentiel graphique, cette ambiance soignée (la trame sonore de James Newton Howard fonctionne plutôt bien) et cette atmosphère suffocante ne se matérialisent pourtant jamais à l’écran. Le scénario accumule les clichés et les dialogues creux, les revirements à deux sous et les emprunts gênants à «Lord of the Rings». Ce n’est pas en utilisant une caméra aérienne et en multipliant les affrontements – spectaculaires mais interchangeables – que cela va donner quelque chose de proche des fresques de Peter Jackson. Bien au contraire. Il y a même un triangle amoureux digne de «Twilight»!

En fait, ce trop long métrage ressemble à un jeu de rôle de seconde catégorie, où l’on brasse les dés, déplaçant les personnages sur une grille, attendant impatiemment que les méchants arrivent pour mieux leur botter le cul. Ce schéma se veut rapidement redondant et lassant tant la construction dramatique ne comporte aucune surprise, noyant la moindre trace d’émotions et d’humour.

Les premiers à en souffrir sont évidemment les spectateurs qui s’ennuieront à mourir. Les seconds sont les pauvres comédiens talentueux qui n’ont rien à défendre dans cette mascarade. Charlize Theron en fait des tonnes pour rien, Chris Hemsworth était beaucoup plus à l’aise dans «The Avengers» et «The Cabin in the Woods», alors que ce n’est pas en jouant de façon complètement éteinte que Kristen Stewart se débarrassera de l’image de «Twilight» qui lui colle à la peau.

Mis en scène de façon approximative et sans personnalité par le nouveau venu Rupert Sanders qui oublie qu’une tonne d’effets spéciaux ne remplace pas une intrigue mal ficelée, «Snow White and the Huntsman» est une autre de ces superproductions transgéniques qui n'existent que pour faire de l'argent et engendrer des suites. On ne plaindra pas les cinéphiles qui vont préférer revoir «The Brother’s Grimm» de Terry Gilliam ou «Mirror Mirror» qui, malgré leurs imperfections, comportaient ce petit grain de folie qui fait tant défaut ici.

2/5

2 commentaires:

  1. Je ne suis pas de ton avis. Tu vois ce film d'un mauvais œil ><

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  2. Peut-être que vous pouvez m'éclairer à savoir ce que j'ai manqué. Merci d'avance!

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