vendredi 25 mai 2012

Men in Black III : Retour vers le futur


Personne n’y croyait vraiment. Dans l’esprit de la majorité des cinéphiles, il était impossible de faire revivre une série comme «Men in Black» qui est morte et enterrée depuis la déconfiture du deuxième épisode. Un défi colossal qu’a réussi à remplir avec succès l’équipe de la première heure. Pas que cette troisième aventure soit réellement transcendante. Non. Mais elle est suffisamment drôle et mouvementée pour faire passer un bon moment.

Ah, l’été 1997 ! De toutes les superproductions, «Men in Black» était une des plus inattendues. Un petit film sympathique qui, à l’instar des «Indiana Jones», mélangeait adroitement action et rires. Un succès sur toute la ligne pour Will Smith, Tommy Lee Jones et le cinéaste Barry Sonnenfeld qui, depuis cette époque charnière, n’a offert que ses plus mauvais films en carrière (le désolant «Big Trouble» et le navet des navets «RV»).

Dix années après l’échec mérité de l’assommant «Men In Black II», une suite sort des boules à mite. Le concept semble peut-être faible et désuet à côté de tous ces longs métrages de super héros, cela ne l’empêche pas de fonctionner. Surtout que cette fois-ci, il est question d’un voyage dans le temps. Pour sauver l’agent K (Tommy Lee Jones) et, accessoirement, le monde, l’agent J (Will Smith) retourne en 1969. L’objectif est de tuer un vilain au rire diabolique. Pour y parvenir, il fait équipe avec un agent K tout jeune (maintenant interprété par Josh Brolin) qui n’a pas encore mal viré…

La première idée de génie est d’avoir pensé utiliser Josh Brolin pour incarner Tommy Lee Jones en bas âge. Ses mimiques sont parfaites, on y croit totalement. La seconde est d’avoir convaincue Will Smith d’arrêter de prétendre d’être un grand acteur (ce qu’il n’est pas), mais d’utiliser son charisme d’enfer pour faire ce qu’il sait le mieux (donc jouer du Will Smith). Ce qu’il fait avec un malin plaisir. Les meilleures scènes du récit sont ces longues engueulades entre les agents, ces quiproquos mordants et ces échanges savoureux. «Men in Black» a toujours été une grosse comédie et ce nouveau tome revient à la base en multipliant les clins d’œil à la culture populaire, ne se prenant jamais au sérieux et plongeant tête première dans son absurdité. En acceptant de jouer le jeu, on se retrouve avec un divertissement pas piqué des vers, pas toujours honorable et intelligible mais pas désagréable non plus, qui s’oubliera de la même façon que ce gadget qui efface la mémoire de témoins gênants.

Bien sûr, plus le récit avance et plus ses spectaculaires scènes d’action commencent à lasser. Les effets en 3D n’ont encore que très peu de raison d’être, sauf que cette fois-ci le mal de tête est évité. C’est déjà ça de pris. La dernière demi-heure étire malencontreusement la sauce, versant allègrement dans le mélo et le sentimentalisme éprouvé. À force de vouloir trop expliquer les enjeux, on intellectualise un scénario en deux dimensions en lui donnant des couches supplémentaires qui lui sont totalement inutiles. L’exercice n’est heureusement pas trop poussé et la dérision côtoie sans cesse ce désir de bien faire, de rendre parfait ces héros en carton-pâte.

Revenant adroitement à l’essence du succès surprise de 1997, «Men in Black III» ravira les fans de la première heure. C’est souvent hilarant, mouvementé et la chimie entre les comédiens est palpable. Si les réserves sont nombreuses par rapport au scénario, il est aisé de prendre le tout comme un simple et candide plaisir coupable et de rire pratiquement du début à la fin.

3/5

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