jeudi 8 octobre 2020

FNC: Red Post on Escher Street


Entre ses séries télévisées et son film avec Nicolas Cage, Sion Sono avait besoin de souffler et de retrouver son essence. C'est ce qu'il fait avec Red Post on Escher Street, une comédie existentielle féministe sur le monde du cinéma qui s'avère également son long métrage le plus personnel et touchant depuis des lustres. Il convie son chaos coutumier au service d'une lettre d'amour pour le métier de figurant, multipliant un peu longuement les personnages et les sous-intrigues pour rappeler l'infini pouvoir du septième art et celui des individus, appelés à prendre le contrôle de leur existence. Une belle et mélancolique folie, comme il s'en fait peu. ***1/2

Film du jour: The Informer

Taupes, opérations qui tournent mal, corruption policière: The Informer d'Andrea Di Stefano recycle tous les clichés du genre, avec une vigueur technique et une distribution solide, mais sans rien apporter de nouveau en échange. À tel point que le film se laisse regarder sans ennui, avec la conviction toutefois que le tout sera oublié au bout de quelques minutes. **1/2

mercredi 7 octobre 2020

FNC: There is No Evil


Le Festival du nouveau cinéma débute aujourd'hui! Jusqu'au 31 octobre, au moins un film sera évalué quotidiennement. Aujourd'hui, place à...

Interdit de quitter le pays et étroitement surveillé, cela n'a pas empêché l'Iranien Mohammad Rasoulof (Un homme intègre) de réaliser There is No Evil, Ours d'Or à Berlin plus tôt cette année. Il s'agit d'un film magistral sur la peine de mort, décuplé en quatre récits qui épousent autant de courants cinématographiques différents. Complexe sans être toujours très subtil, le procédé tâte au plus profond de l'âme ce code de moralité qui sépare l'être humain de la bête sauvage, se lovant dans une noirceur éclairante. On en ressort évidemment pas indemne. ****

Film du jour: The Kid

Pour sa seconde réalisation The Kid (2019), l'acteur Vincent D'Onofrio ressuscite la mythique confrontation entre Billy the Kid et Pat Garrett. Malheureusement, il ne possède pas l'étoffe de Sam Peckinpah, et si sa mise en scène demeure soignée, son scénario, lui, croule sous les clichés, n'offrant que le minimum requis, transformant cette rencontre au sommet en un western anonyme et rarement excitant. Cela est d'autant plus dommage que le casting (Dane DeHaan, Ethan Hawke, Chris Pratt) s'avérait de qualité. **

mardi 6 octobre 2020

Quoi voir au FNC?


Le Festival du nouveau cinéma débute demain. À cause de la fermeture injustifiée des salles de cinéma, de gros morceaux - comme les plus récents opus de Hong Sang-soo et Tsai Ming-liang - ne pourront être présentés. Il reste toutefois des titres que l'on attend avec impatience. Voici sept propositions que l'on pourra attraper virtuellement d'ici le 31 octobre...

Desterro: Maria Clara Escobar. Retenez-bien ce nom, car la poétesse vient d'offrir un des meilleurs films de l'année.

Il n'y a pas de faux métier: Que serait un FNC sans un nouveau Olivier Godin?

Last and First Men: Une odyssée visuelle et musicale du regretté compositeur Johann Johannsson.

Moving On: Ce qui est bien avec la section Panorama international, c'est de pouvoir découvrir les grand(e)s cinéastes de demain.

Red Post on Escher Street: S'il y a quelqu'un capable de faire oublier la pandémie, c'est bien Sion Sono.

There Is No Evil: Le dernier Ours d'Or, gracieuseté d'un réalisateur assigné à résidence.

Undine: Christian Petzold se met en mode romantique et ça marche!

Film du jour: Disconnect

L'Internet est source de danger. C'est ce qui ressort de Disconnect d'Henry-Alex Rubin, un film choral faussement branché où le manque de communication donne des maux de tête aux humains. Le solide casting n'arrive pas toujours à prendre le dessus du récit superficiel et manipulateur, que vient appuyer une mise en scène pas toujours subtile (la finale qui mélange les ralentis à une mélodie de Max Richter n'est pas particulièrement convaincante). Mais comme Crash des pauvres, il s'est fait bien pire. **1/2

lundi 5 octobre 2020

Film du jour: The Art of Racing in the Rain

Dans sa longue et respectable carrière, Kevin Costner n'avait jamais doublé ou prêté sa voix. Jusqu'à maintenant. Mais qu'est-ce qui l'a motivé à devenir la «conscience» du chien de The Art of Racing in the Rain, un mélo imbuvable plein de sirop, de guimauves et de leçons moralisatrices? Au lieu d'être ému, le cinéphile finit par rire devant les situations manipulatrices et appuyées qui défilent devant lui. Ce n'est pas le jeu limité des comédiens et la réalisation aseptisée de Simon Curtis qui sont là pour aider. *1/2