vendredi 2 avril 2021

Sorties cinéma: Aswang, Shiva Baby, Quo vadis Aida? Ordinary Man, Club Viland, The Marksman


Le congé pascal + le lancement du Cinéma Public = l'idéal pour oublier momentanément la troisième vague.

Il y a des Aswang aux Philippines, ces monstres mythologiques terrifiants. Selon la cinéaste Alyx Ayn Arumpac, ils prennent la forme du gouvernement Duterte qui fait régner la répression, la pauvreté et les enlèvements. Ce film urbain nappé dans la pénombre terrifie allègrement mais pas constamment, gracieuseté d'une trame narrative qui ose se détourner momentanément des ténèbres afin de regarder la lumière provenant d'enfants et de survivants. Voilà une plongée qui risque d'épargner rien ni personne et qui s'est méritée le Grand prix de la compétition internationale longs métrages aux derniers RIDM. ***1/2

Shiva Baby: Se déroulant pratiquement en temps réel et dans une seule location (en excluant l'introduction et la conclusion), ce premier long métrage d'Emma Seligman provoque certainement les rires les plus francs de l'année. Impossible de résister à cette séance familiale qui tourne au cauchemar pour notre héroïne qui tombe sans cesse sur les mauvaises personnes! Si Woody Allen s'essayait au film d'horreur absurde, cela ressemblerait sans aucun doute à ce tour de force scénaristique, dont les répétitions sont compensées par la performance magnétique de Rachel Sennott. ***1/2

Quo vadis, Aida?: Sélectionné aux Oscars, ce puissant drame de Jasmila Zbanic relate le massacre de Srebenica par l'entremise d'une traductrice. Portée par la prestation bouillante de Jasna Djuricic, ce devoir de mémoire doublé d'une réflexion bouleversante sur l'impuissance ne manque pas d'ébranler malgré quelques détours plus démonstrateurs. ***1/2

Ordinary Man: Ce touchant et révélateur documentaire d'Aisling Chin-Yee et Chase Joynt utilise la figure publique du musicien de jazz Billy Tipton afin de parler de la culture trans. Rompant avec les archétypes liés au genre, le récit donne plutôt la parole à des gens en quête de modèles et ce sont leurs propos - plus que la technique, assez classique - qui questionnent les modèles d'hier à aujourd'hui. ***

Club Vinland: Un Dead Poet Society à la sauce québécoise? Pourquoi pas! Surtout si c'est pour valoriser l'importance des enseignants et pourfendre la grande noirceur ambiante. Sébastien Ricard s'acquitte d'ailleurs de la tâche avec brio. Dommage que le scénario chargé et éparpillé ne lui fasse pas davantage honneur, se révélant lourd et didactique. Subtile, la mise en scène de Benoit Pilon sait s'effacer devant ses (trop) nombreux personnages. **1/2

The Marksman: Producteur de la plupart des films de Clint Eastwood depuis 2002, Robert Lornez (Trouble With the Curve) propose ici un ersatz des efforts de l'Homme sans nom (et Gran Torino en tête), alors qu'un être solitaire (Liam Neeson) doit protéger un enfant Mexicain d'un cartel de la drogue. Ennuyeux, superficiel et pétri de clichés, cette série B sur un sauveur blanc fait l'apologie des armes à feu et elle donne seulement le goût de renouer avec le grand Clint. **

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