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vendredi 6 mars 2026

Film du jour: Benediction


Dans son ultime long métrage Benediction (2021), Terence Davies dresse un portrait éloquent du poète britannique Siegfried Sassoon. Il le fait évidemment sans tomber dans le biopic conventionnel, s'attardant au traumatise de la guerre et aux conventions de la société en usant de surprenantes ellipses. Son film, d'une belle beauté plastique, met le dialogue à l'avant-plan, offrant un rôle riche à Jack Lowden. La dernière séquence, particulièrement bouleversante, hantera le cinéphile pendant longtemps. ****

samedi 5 septembre 2020

Film du jour: Distant Voices, Still Lives

Un des plus grands films du cinéma britannique, Distant Voices, Still Lives (1988) est un fascinant premier long métrage de la part de Terence Davies. En utilisant ses souvenirs d'enfance, il médite à la fois sur le Liverpool des années 40 et 50 que sur l'action même de se plonger dans sa mémoire, créant une oeuvre poétique inestimable, sombre et destructrice dans sa première moitié, et plus lumineuse par la suite alors que les chansons semblent capables de raviver les morts. L'interprétation et la mise en scène sont évidemment de premier plan. ****1/2

mardi 8 août 2017

Nouveautés Blu-ray/dvd A Quiet Passion, The Dinner, King Arthur, Snatched, Dalida, Insperables

Une belle variété de longs métrages généralement intéressants sortent cette semaine en format DVD et Blu-ray.

A Quiet Passion: On retient surtout ce tour de force sur la poétesse Emily Dickinson, qui laisse béat avec ses dialogues ravageurs et sa mise en scène étudiée. ***1/2

The Dinner: Nouvelle adaptation d'un livre à succès, cette création un peu tendancieuse d'Oren Moverman permet à de très bons interprètes de se faire valoir. ***

King Arthur: Vilipendée par la critique, cette superproduction de Guy Ritchie demeure pourtant très divertissante, avec sa trame sonore d'enfer et ses moments complètement cinglés. ***

Snatched : Une fille et sa mère s'éclatent dans ce délire inégal mais souvent cocasse de Jonathan Levine, qui est parsemé de gags d'un mauvais goût assumé. ***

Dalida: Cette chanteuse mythique méritait un meilleur film que ce biopic poussiéreux et répétitif de Lisa Azuelos. Reste la musique, toujours aussi essentielle. **1/2

Inseparables: Ce remake argentin des Intouchables de la part de Marcos Carnevale peine à trouver sa personnalité. Reste une réinterprétation satisfaisante mais sans âme. **1/2

vendredi 5 mai 2017

Sorties au cinéma: Après la tempête, A Quiet Passion, I Daniel Blake, The Dinner

C'est Noël au mois de mai avec la sortie au cinéma de trois oeuvres fortes de cinéastes accomplis.

Suite indirecte de son chef-d'oeuvre Still Waking, Hirokazu Kore-ede propose avec Après la tempête une nouvelle exploration nécessaire de ce qui rapproche et éloigne les gens qui s'aiment. Rires et larmes sont au rendez-vous de ce grand petit film à ne manquer sous aucun prétexte. ****

Possiblement le plus important réalisateur britannique vivant, Terence Davies propose un biopic hors du commun avec A Quiet Passion alors qu'il s'intéresse à l'existence de la poétesse Emily Dickinson. L'opus bouleversant et magnifiquement interprété enchante avec sa faste mise en scène où l'ombre gruge peu à peu la lumière. ***1/2

Lauréat de la dernière Palme d'Or, I, Daniel Blake de Ken Loach est un récit enragé, peu subtil mais d'une efficacité légendaire, sur le désir de résistance d'une population trop souvent évacuée du discours social, politique et économique. Un cri du coeur qui ne laisse pas indifférent. ***1/2
Ma critique

Après le solide long métrage italien d'Ivano De Matteo, c'est au tour d'Oren Moverman d'adapter le livre à succès The Dinner. Lorsqu'il se concentre sur le huis-clos et sur sa distribution parfaite (Steve Coogan, Laura Linney, Richard Gere, Rebecca Hall), l'effort donne froid dans le dos. Dommage qu'il se perd un peu en route avec toutes ses ellipses. ***

mardi 23 août 2016

Nouveautés DVD/Blu-ray: Sunset Song, The Other Side, Papirosen, Maggie’s Plan, Ratchet and Clank, The Huntsman: Winter’s War, Superstore: Season One

Deux films d'exception prennent l'affiche cette semaine en format DVD et Blu-ray.

Superbe mélo où la photographie majestueuse est en phase avec l'interprétation puissante et la réalisation étudiée, Sunset Song de Terence Davies enchante malgré sa trop longue durée. ***1/2

Déstabilisant essai qui se trouve quelque part entre la fiction et le documentaire, The Other Side de Roberto Minervini montre cette autre Amérique qui est loin de vivre le rêve tant espérée. Bouleversant mais vraiment pas pour tout le monde. ***1/2

Composé à l'aide d'extraits vidéos recueillis pendant des décennies, Papirosen de Gaston Solnicki retrace le portrait d'une famille pas comme les autres. Sincère sans être aussi fort qu'espéré. ***

À force de copier le cinéma d'Allen et de Baumbach, Maggie's Plan de Rebecca Miller sent la formule. Les interprètes chaleureux ne peuvent sauver le résultat final des clichés les plus éculés. **1/2

Animations sans temps mort qui s'adresse d'abord et avant tout aux fans du jeu vidéo, Rachet and Clank de Kevin Munroe et Jerrica Cleland est distrayant à défaut d'être réellement intéressant. **1/2

Suite désastreuse d'une production qui était déjà exécrable, The Huntsman: Winter's War de Cedric Nicolas-Troyan offre une histoire embarrassante en parvenant à saboter une distribution cinq étoiles. Indigeste. *1/2

Pour ne pas finir sur une aussi mauvaise note, on pourra rire devant la première saison de Superstore, une série ludique et divertissante qui ne marque toutefois pas les esprits. Ou être comblé par par la quatrième saison (partie 1) de Vikings qui multiplie à nouveaux les combats sanglants et les intrigues pas possible.

vendredi 17 juin 2016

Sorties au cinéma : Sunset Song, Au nom de ma fille, Deprogrammed, Finding Dory, Chevalier, Central Intelligence, Genius, Our Last Tango

Le drame est à l'honneur cette semaine au niveau de la plupart des nouvelles sorties au cinéma.

C'est une fabuleuse adaptation d'un roman classique que propose le réputé Terence Davies avec Sunset Song, un mélo déchirant et visuellement magnifique sur les déboires d'une jeune femme d'un milieu rural. Le rythme lent embrasse un lyrisme que n'aurait pas renié Malick et malgré sa trop longue durée, la fresque romanesque et poétique un brin trop littéraire enchante grâce au jeu sensible de d'Agyness Deyn. ***1/2

Depuis son excellent Présumé coupable et son haletant L'enquête, le cinéaste Vincent Garenq est devenu le spécialiste des histoires vraies peuplées d'injustices où le système ne tourne pas rond et il récidive avec Au nom de ma fille sur l'obsession d'un père à faire accuser le potentiel tueur de son enfant. La technique n'est peut-être plus nouvelle, reste que Daniel Auteuil apparaît en grande forme. ***
Ma critique

Après Inside Lara Roxx, la réalisatrice Mia Donovan est de retour avec Deprogrammed, un autre documentaire sur l'âme humaine qui décortique le vrai et le faux. À partir d'une structure conventionnelle mais de témoignages éloquents et d'archives rares, elle fait part de ces gens qui se sont faits "déprogrammer" de sectes et des risques liés à ces techniques controversées. ***

Disney continue de vampiriser son catalogue avec Finding Dory d'Andrew Stanton, une suite qui n'a pas le charme de l'original (Finding Nemo) et qui prend un temps fou avant de captiver. L'histoire n'y est pourtant pas inintéressante, les personnages sont attachants, il y a de l'humour et de l'action, ainsi que des belles morales à la clé et une animation de qualité. Le tout est cependant sage, très lisse, trop politiquement correct. ***

La metteure en scène Athina Rachel Tsangari a déjà produit et scénarisé des films de Yorgos Lanthimos et cela paraît sur Chevalier où l'on retrouve ce même humour absurde et ce même concept original. Cette étude de la masculinité où six hommes jouent à un jeu pour déterminer qui est le meilleur dans la vie de tous les jours séduit lors de sa première demi-heure pour lasser par la suite par ses nombreuses redondances. **1/2

Central Intelligence de Rawson Marshall Thurber est une énième comédie d'action sous fond de camaraderie. Ce qui la distingue des autres efforts du genre, c'est l'éclatant et désopilant duo formé de Dwayne Johnson et de Kevin Hart. On a hâte de les voir dans quelque chose de moins inégal, bien que l'ensemble sait divertir avec légèreté. **1/2
Ma critique

Le monde de la création entre un écrivain et son éditeur a rarement été montré à l'écran et c'est ce qui passionne le plus dans Genius qui porte sur le romancier Thomas Wolfe. Dommage que le récit qui sombre dans l'anecdote est coulé par la mise en scène ennuyante de Michael Grandage qui aurait dû s'inspirer davantage des fines performances de Jude Law et de Colin Firth. **1/2

C'est un étrange documentaire que propose German Kral avec Our Last Tango. S'intéresser à l'histoire de deux danseurs réputés et ancien amoureux est une excellente idée et les numéros enivrent aisément. Mais pourquoi recourir à toutes ces récréations quelconques qui font juste noyer le poisson? Car en agissant ainsi, on finit par complètement annihiler l'intérêt. **

Film du jour: The House of Mirth

En attendant de découvrir le nouveau film de Terence Davies (le très bon Sunset Song qui prend l'affiche aujourd'hui au Québec), on ne se tanne pas de revoir son majestueux The House of Mirth, magistrale histoire d'amour et de classes sociales qui se déroule au début du 20e siècle. Un long métrage de grande classe, féministe et somptueux, qui prouve que Gillian Anderson pouvait être une immense actrice. ****

mercredi 5 mars 2014

Film du jour: The Long Day Closes

Un peu de la même façon qu'Alain Resnais, le cinéaste britannique Terence Davies propose avec The Long Day Closes (et pas mal tous ses films) une déconstruction de ses souvenirs d'enfance (le Liverpool des années 50). Cela donne un long métrage fascinant et déroutant, extrêmement soigné dans ses images et dans sa trame sonore, dont la mélancolie heurte et séduit tout à la fois. Un projet courageux et personnel, qui se bonifie encore et encore à chaque fois qu'on le regarde. ****

mardi 7 août 2012

DVD : The Deep Blue Sea, Marley, Toutes nos envies, The Lorax, Grimm Season 1

Les sorties DVD et Blu-ray se suivent sans nécessairement se ressembler. Pour une fois, cette semaine, les bons titres sont plus nombreux que les films à éviter. Il faudra en profiter!

Exquise histoire d'amour nocturne qui secoue par la noirceur de ses sentiments, sa réalisation extraordinaire de Terrence Davies et le jeu tout simplement exquis de Rachel Weisz, The Deep Blue Sea est à ne manquer sous aucun prétexte. ****

Très bon documentaire sur une légende de la musique, Marley de Kevin Macdonald offre un portrait complet (de 2h30!) de la situation, passant sur les bons et les mauvais moments de cet artiste accompli. Pour tout savoir - ou presque - à son sujet. ***1/2

Philippe Lioret fait des grands films (Welcome, Je vais bien ne t'en fais pas). Emmanuel Carrère est un des plus grands écrivains contemporains. C'est donc surprenant que Toutes nos envies ne soit pas meilleur. Bien que cette histoire de juges et de femme malade va droit au coeur, elle n'épargne pas non plus le mélo. ***1/2

Animation très colorée qui rappelle les beautés de l'originalité, The Lorax de Chris Renaud débute sur des chapeaux de roues avec de s'essouffler avant la fin. Les enfants risquent toutefois de beaucoup aimer. Et l'édition Blu-ray comporte de nombreux jeux et suppléments très intéressants. ***

Imaginez Twilight, mais en meilleur. D'accord, ce n'est pas très difficile. Ensuite, intégrez-y des éléments de contes classiques. Cela donne la première saison de Grimm qui intéressera une clientèle précise (adolescents et jeunes adultes) sans insulter les autres. Cela peut prendre quelques épisodes avant d'y adhérer totalement, sauf que la série comporte beaucoup plus de forces que de faiblesses. ***

dimanche 15 avril 2012

The Deep Blue Sea, The Cabin in the Woods, Keyhole, Intouchables, Bully, The Hunter, Lockout, Streetdance 2, The Three Stooges

Une très belle semaine est à prévoir avec la sortie d'au moins trois films recommandables.

Lorsqu'on pense au drame romantique, c'est impossible de ne pas évoquer le nom de Terence Davies. Le cinéaste anglais offre avec The Deep Blue Sea une méditation puissante et déchirante sur l'amour et le rejet alors qu'une femme est divisée entre son mari et son amant. Un sujet classique traité avec classe, bénéficiant d'une mise en scène soignée et d'une composition exceptionnelle de Rachel Weisz.

Les fans d'horreur seront au septième ciel avec The Cabin in the Woods de Drew Goddard qui arrive à renouveler le genre avec une prémisse à la Evil Dead. C'est que les surprises sont nombreuses dans ce projet hors norme qui fait rire aux larmes.

Le seul et unique Guy Maddin s'attaque à Homère dans son film noir Keyhole où son style bien à lui (noir et blanc, élans expressionnistes et surréalistes, thèmes familiaux) se métamorphose en un gros cauchemar pervers parfois incompréhensible mais toujours fascinant où les fantômes et les souvenirs ne forment plus qu'un.

Phénomène populaire en France, Intouchables d'Olivier Nakache et Éric Toledano est un feel good movie sympathique sur l'amitié entre deux personnes issues de classes sociales différentes. Rien pour marquer les esprits, mais les compositions de François Cluzet et Omar Sy sont touchantes.

S'attaquer à l'intimidation était une nécessité. Malgré tout, le documentaire Bully de Lee Hirsch n'est pas sans faute, car les éléments nouveaux manquent à l'appel et que la finale se veut plutôt évangélique. Mais bon, seulement pour son sujet incendiaire...

Willem Dafoe crève l'écran dans The Hunter de Daniel Nettheim, un drame peu vigoureux sur la quête d'un chasseur en région hostile. Bien que l'ensemble se suive avec un certain intérêt, il est aisé de décrocher avant la fin.

Les productions de Luc Besson se suivent et se ressemblent. C'est le cas de Lockout de James Matther et Stephen St. Leger, un film de science-fiction peu divertissant où un ancien agent doit secourir la fille du président des États-Unis qui est prisonnière d'une prison dans l'espace. Le scénario est nul, les effets spéciaux sont ridicules et ça ressemble à plein de choses, sauf que Guy Pearce demeure truculent dans le rôle principal.

Le pareil au même est également la base de Streetdance 2 de Max Giwa et Dania Pasquini qui offrent le même mélange de chorégraphies limitées, de musique infernale, d'histoire ridicule et de personnages schématisés. À quoi bon toujours voir la même chose?

Cela ne sert à rien de faire revivre tout et n'importe quoi du passé. Sinon cela donne quelque chose comme The Three Stooges des frères Farrelly, une comédie horripilante et beaucoup trop longue sur trois zigotos au coeur d'or. En court métrage, cela aurait été potable, mais pas en long. À éviter de toute urgence.

samedi 14 avril 2012

Entrevue Terence Davies pour The Deep Blue Sea

Terence Davies aime plonger les cinéphiles dans l'Angleterre de l'après-guerre, où les classes sociales s'érodent et sont sur le point d'imploser. C'est ce qu'il fait dans la magnifique histoire d'amour The Deep Blue Sea qui met en vedette la toujours magnifique Rachel Weisz.

J'ai pu parler avec l'important cinéaste anglais de sa fascination pour le passé, de cette période historique précise, de la pièce de théâtre dont est inspirée ce long métrage et de l'industrie cinématographique britannique.

Mon entrevue se trouve dans les pages du Métro Montréal.