jeudi 20 août 2026

Film du jour: Rosebush Pruning


Cela ne s'arrange pas pour Karim Aïnouz. Après ses décevants Motel Destino et Firebrand, le voici collaborer avec le scénariste de Yanthimous pour Rosebush Pruning, qui s'inspire librement du chef-d'oeuvre Les poings dans les poches de Bellochio. La famille consanguine qui se dévore comme des loups est à ce point déshumanisante, la charge satirique si lourde et appuyée que c'est la vacuité et la vulgarité qui mènent le bal. Dommage... car l'interprétation d'ensemble était satisfaisante et la mise en scène élaborée, à la fois dans sa photographie soignée et ses choix musicaux (Pet Shop Boys!). À découvrir dès demain sur Mubi. **

mercredi 19 août 2026

Au cinéma: Teenage Sex and Death at Camp Miasma


Après deux drames marquants (dont le sommet est I Saw the TV Glow), Jane Schoenbrun se tourne vers la comédie avec Teenage Sex and Death at Camp Miasma, un délire méta queer horrifique qui propose de multiples registres de lectures. Se perdre dans ce labyrinthe que n'aurait pas renié David Lynch et Satoshi Kon est un immense plaisir intellectuel et si le rythme se veut parfois laborieux, l'originalité du discours et la présence de la trop rare Gillian Anderson en mystérieuse «final girl» ajoute au plaisir en place. L'art d'être ludique et profond à la fois. ****

mardi 18 août 2026

L'étranger (blu-ray)


François Ozon adapte le chef-d'oeuvre L'étranger (The Stranger en version originale) de Camus en l'adoptant au goût du jour. Benjamin Voisin est parfait dans le rôle-titre et si la transposition au rythme ankylosé n'est pas toujours subtile, la photographie en noir et blanc est sublime. Elle est rehaussée par les qualités techniques de cette édition Blu-ray de Music Box Films, qui comporte des entrevues avec le cinéaste, la vedette masculine et l'actrice Rebecca Marder, ainsi que des scènes coupées et ratées, un documentaire sur les costumes et la lumière, et des posters. Ma critique complète est à lire ici.

Au cinéma: Le château d'Arioka


À mi-chemin entre Le château de l'araignée d'Akira Kurosawa et un épisode de Colombo, Le château d'Arioka de Kiyoshi Kurosawa interroge la notion de pouvoir et de traditions dans un Japon féodal qui est tout aussi barbare que le nôtre. Dense et verbeux, doté d'un humour inédit chez le vétéran cinéaste, le récit est mené de main de maître avec ses multiples rebondissements et l'interprétation s'avère de premier ordre. ****

lundi 17 août 2026

Jeunes mères (dvd)


Prix du scénario à Cannes en 2025, Jeunes mères (Young Mothers en version anglaise) est un nouveau film touchant des frères Dardennes, qui suivent cette fois la maternité de quatre femmes. Dans leur style habituel, les frangins vont au coeur de l'émotion et si pour une rare fois une des histoires est moins forte que les autres, ce faux pas est racheté par le brio de l'interprétation et ce mélange de rigueur et de douceur qui va droit au coeur. L'édition dvd signée par Music Box Films contient un instructif questions/réponses avec Luc et Jean-Pierre Dardenne, ainsi qu'une bande-annonce et une galerie de photographies. ***1/2

Au cinéma: Spider-Man: Brand New Day


Après une série de Spider-Man léger et adolescent à l'intérêt limité, les aventures de l'homme-araignée sont enfin gratifiées d'un épisode de qualité. Brand New Day ne brille pas tant par son originalité que par le désir d'aborder des thèmes plus sombres et sérieux. Le mélange entre l'humour et l'action est au point, la réalisation dynamique de Destin Daniel Cretton de meilleure qualité que celle de son prédécesseur et même Tom Holland paraît inspiré en héros enfin torturé. ***1/2

dimanche 16 août 2026

Film du jour: Wuthering Heights


Sans doute l'adaptation cinématographique la plus clivante du chef-d'oeuvre d'Emily Bronté, le Wuthering Heights (2026) d'Emerald Fennell est un bonbon pop sucré et superficiel qui privilégie sa mise en scène fastueuse au détriment des thèmes abordés qui sont au mieux simplifiés et au pire sacrifiés. Si la chimie entre Margot Robbie et Jacob Elordi est palpable, le romantisme exacerbé finit par être sirupeux, noyant au passage l'émotion et l'intérêt du projet. **1/2

samedi 15 août 2026

Au cinéma: La bataille de Gaulle: résistance (critique)


Premier volet d'un diptyque consacré à l'immense homme politique français, La bataille de Gaulle: résistance d'Antonin Baudry est coincé entre l'hagiographie dégoulinante et le biopic amusant. L'ensemble ambitieux n'est pas toujours convaincant, mais Simon Abkarian s'avère brillant dans le rôle-titre. Ma critique est à lire sur Cinoche. ***

vendredi 14 août 2026

Au cinéma: Kika (critique)


Reprendre le contrôle

Des personnes en situation d'itinérance (Dormir, dormir dans les pierres) à celles qui sont victimes de viol (Sans frapper) en passant par la vocation de soignants (Sauve qui peut), les sujets des documentaires sociaux et humains d'Alexe Poukine sont toujours empreints d'empathie. Kika, son premier long métrage de fiction, ne fait pas exception. Après la mort de son compagnon, une assistante sociale (Manon Clavel) est happée par la précarité. Elle est enceinte, son compagnon vient de mourir et elle doit trouver un appartement convenable afin de prendre soin de sa fille née d'une précédente union.

Tous les ingrédients sont là pour un film lourd et manipulateur dans la lignée de ceux des frères Dardenne. Il n'y a toutefois pas de place pour le pathos dans cette oeuvre réaliste empreinte d'échappées magiques. Le tout débute par une romance qui s'annonce sans frapper, présentant une héroïne qui suit ses désirs au lieu de sa raison. Puis le récit se transforme en épreuves du quotidien, où les pulsions de vie sont souvent alimentées d'un humour désespéré. La mise en scène tonique aux ellipses puissantes et aux mélodies virevoltantes participent à ce sentiment que l'espoir est là, au bout du chemin.

Kika trouve son salut en s'aventurant dans le monde des travailleuses du sexe. Elle y pénètre sans doute trop facilement, curieuse de découvrir ce qui se cache derrière ces portes closes, finissant par y prendre part sans jamais dépasser ses propres limites. Cela donne des scènes insolites et d'autres d'anthologie, comme celle où elle vend ses culottes souillées. La cinéaste observe ses personnages sans les juger, développant une communauté féminine centrée sur l'écoute et l'entraide. La protagoniste est d'ailleurs bien entourée d'amis et de parents qui prennent soin d'elle, ce qui lui permet de ne pas sombrer ou d'éviter de se retirer de ce monde absurde et arbitraire.

Plus l'intrigue se développe et plus elle suit des chemins imprévisibles, insoupçonnés. Le scénario s'attarde aux fantasmes des clients vulnérables qui cherchent à s'échapper de leur solitude et de leur quotidien grâce à l'univers BDSM. S'il y a matière à rire comme chez Belle de jour de Luis Bunuel, les malaises en place sont plus près de ceux développés par Denis Côté qu'Ulrich Seidl. Lors d'une séquence chargée en émotions fortes, l'assistante sociale décide d'y participer. Le plan est long et il est intense. C'est là que l'héroïne peut finalement partager ses propres douleurs. Face à la mort et au sort qui s'acharne sur elle, elle arrive à reprendre le contrôle de son existence. Kika n'est plus une simple passagère sur une bicyclette comme dans la première scène du film, mais elle est dorénavant aux commandes.

Moins exubérante que la Kika de Pedro Almodovar, celle d'Alexe Poukine - une des plus belles héroïnes à voir le jour au cinéma depuis des lustres - s'avère tout aussi magnifique et la réussite du long métrage doit beaucoup à la performance magistrale de Manon Clavel, qui a été nommée pour ce rôle au César comme meilleur espoir féminin. Petite, frêle, avec son physique atypique et sa voix unique, l'actrice découverte dans La vérité d'Hirokazu Kore-eda est irrésistible. Elle semble porter le poids du monde sur ses épaules et son énergie demeure communicative. Que les émotions déployées soient fortes ou subtiles, rien n'est à son épreuve. Elle est à l'image de ce film tendre et casse-gueule - il faut du culot pour pondre une comédie dramatique sur la précarité - qui évolue et se redéfinit constamment, avec une sensibilité et une humanité qui l'honorent. Des destins qui déraillent comme celui de Kika, il y en a plein et privilégier la fiction au détriment du documentaire permet de traiter ce sujet triste d'une manière lumineuse et audacieuse.

4/5

jeudi 13 août 2026

Au cinéma: Un monde fragile et merveilleux


L'amour en temps de guerre n'est pas le plus neuf des sujets. Cyril Aris en propose pourtant une version touchante et énergique par l'entremise d'Un monde fragile et merveilleux, une comédie dramatique et mélancolique où brille l'incandescente Mounia Akl et un Liban résilient qui englobe tout de sa lumière unique. En salle dès demain. ***1/2

mercredi 12 août 2026

Au cinéma: Classe moyenne


L'éternelle lutte des classes se voit gratifiée d'un épisode rigolo mais dénué d'humanité dans Classe moyenne, où tout le monde cherche à s'en mettre plein les poches. Cet ersatz de Parasite ou du cinéma de Claude Chabrol bénéficie d'une distribution soignée et d'une réalisation de métier d'Antony Cordier, mais également d'un scénario superficiel qui verse rapidement dans l'outrance et la facilité. En salle dès vendredi. **1/2

mardi 11 août 2026

Film du jour: Farewell to Dream


77 minutes. Il n'en faut pas plus pour Keisuke Kinoshita pour traiter par l'entremise de son superbe Farewell to Dream (1956) de la fin des idéaux, de la transformation du Japon de l'après-guerre, de l'émergence du capitalisme et de cette génération sacrifiée. Tout cela par l'entremise d'un récit d'apprentissage d'une grande beauté plastique qui flirte avec le mélo sans jamais s'y engouffrer totalement. ****

lundi 10 août 2026

Au cinéma: Tissé serré


Inspiré d'une histoire vraie, Tissé serré d'Harrison Houde explore par l'entremise d'une relation père/fils l'enfer du fentanyl. Un sujet sensible et important qui prend la forme d'une comédie lourde et dingue. Emmanuel Bilodeau en fait des tonnes dans le rôle titre et sa sensibilité naturelle n'arrive pas à tirer le scénario inconséquent du bon bord, ni à faire oublier la mise en scène rudimentaire. **

dimanche 9 août 2026

Au cinéma: T'as pas changé


Énième comédie mélancolique façon The Big Chill et Les petits mouchoirs sur le temps qui passe, T'as pas changé de Jérôme Commandeur multiplie les clichés jusqu'à plus soif. Si la distribution affiche une belle cohésion (Laurent Lafitte finit toutefois par voler la vedette à Vanessa Paradis et François Damiens), la mise en scène demeure fonctionnelle et le rire pas aussi présent qu'espéré. **1/2

samedi 8 août 2026

Au cinéma: L'héritier des secrets (critique)


Éclairante coproduction québécoise sur la famille et l'identité, L'hériter des secrets de Mohamed Nadif se veut parfois trop littéraire et didactique, mais il parvient à éclairer des réalités complexes grâce à ses beaux personnages interprétés par ses excellents comédiens. Ma critique est à lire sur Cinoche. ***

vendredi 7 août 2026

Au cinéma: Le rire et le couteau


Remarqué à Cannes en 2025 et lauréat de la Louve d'Or au FNC l'année dernière, Le rire et le couteau est une oeuvre généreuse de la part de Pedro Pinho, autant dans sa durée (3h37 minutes) que dans les genres explorés. Si la venue d'un ingénieur portugais en Guinée-Bissau est le prétexte idéal pour parler de colonialisme à l'aide de brillants dialogues, la sensualité qui se dégage des corps en mouvement rapproche l'effort du cinéma de Kechiche et de Claire Denis. ****1/2

jeudi 6 août 2026

Au cinéma: Rose of Nevada


Après ses fascinants Bait et Enys Men, Mark Jenkin complète sa trilogie marine avec Rose of Nevada, une nouvelle oeuvre hypnotisante qui interroge la notion de mémoire et d'environnement à travers un étonnant voyage dans le temps. La splendide mise en scène issue d'une autre époque est en phase avec le sujet mélancolique et l'interprétation stoïque des talentueux comédiens. ****

mercredi 5 août 2026

Au cinéma: Sheep in the Box


17 ans après Air Doll, Hirokazu Kore-eda renoue avec la science-fiction par l'entremise de Sheep in the Box, où des parents accueillent un robot qui ressemble à leur garçon décédé. Plus doux et enveloppant que le  A.I de Spielberg, le récit interroge la notion d'humanité en proposant un retour à la nature. S'il ne s'agit pas du film le plus rythmé du réalisateur et que le dernier tiers qui embrasse le conte pourra surprendre, il s'agit d'une oeuvre lumineuse et sentimentale sur les bienfaits de l'intelligence artificielle. ***1/2

mardi 4 août 2026

Pressure (blu-ray)

Basé sur une pièce de théâtre qui est inspirée d'une histoire vraie, Pressure (2026) d'Anthony Maras relate les luttes de coulisses entre météorologistes et l'armée américaine afin de choisir la meilleure date permettant le jour J qui a permis de refouler les forces allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale. Souvent enlevant, ce drame de chambre est porté par la forte interprétation d'Andrew Scott et si l'ensemble conventionnel se dégonfle dans le dernier tiers, il ne manque pas d'intérêt, rappelant la nécessité de s'appuyer sur une information véridique. L'édition blu-ray d'Universal aux images soignées et aux pistes sonores de qualité peuvent compter sur un documentaire sur le tournage et un essai plus instructif sur ce moment important de l'Histoire. ***

Film du jour: Mercy


Sorti en début d'année, Mercy a mordu la poussière. Ce n'est pas surprenant pour ce suspense à l'ère de l'I.A. qui ressemble à plein de films (Minority Report, The Fugitive, RocoCop...). Mais à quoi fallait-il s'attendre de cette série B signée Timur Bekmambetov ? La mise en scène lourde et clinquante est en phase avec son sujet, et si Chris Pratt semble dépassé par les événements, le divertissement finit par opérer. Il faut seulement ne rien prendre au sérieux et laisser son cerveau au vestiaire. **

lundi 3 août 2026

Au cinéma: Her Private Hell


Her Private Hell est sans aucun doute le long métrage le plus original de l'année. Nicolas Winding Refn n'a que faire de la narrativité et de la profondeur. Tout ce qui l'intéresse est le style et l'ambiance. Il frappe un grand coup avec cette oeuvre d'une richesse visuelle et musicale hors norme. Entre le conte, le giallo et le film de yakuzas, il convoque les esprits de Lynch, Jodorowsky et Mandico pour un délire ludique complètement kitsch, impossible à prendre au sérieux. ***

dimanche 2 août 2026

Au cinéma: I Want Your Sex


Pour son premier long métrage en 12 ans, Gregg Araki s'intéresse aux relations de pouvoirs et aux préférences sexuelles de la jeune génération. Si I Want Your Sex fait amplement sourire et surprend constamment, la farce tourne court par sa superficialité et ses répétitions. L'interprétation est toutefois impeccable et le réalisateur soigne sa mise en scène même si l'ensemble s'avère bien mineur dans sa filmographie. ***

samedi 1 août 2026

Au cinéma: La vénus électrique


Pierre Salvadori devrait tourner plus souvent avec Pio Marmaïs. Après son sublime En liberté!, place à La vénus électrique, un nouveau film sur le mensonge qui est tout ce que La venue de l'avenir de Cédric Klapsich aurait dû être: drôle, coquin, romantique, coloré et souvent jouissif. Si le film traîne un peu en longueur, il est sublimé par sa mise en scène qui met sur un piédestal la beauté et ses exquis personnages féminins. ***1/2

vendredi 31 juillet 2026

Les meilleurs films de... juillet 2026


Romeria de Carla Simon

The Odyssey de Christopher Nolan

Film du jour: Mysterious Skin


La sortie du nouveau film de Gregg Araki est le prétexte idéal pour revisiter Mysterious Skin (2004), son grand chef-d'oeuvre. Rarement une production aura décrit avec autant d'acuité et de sensibilité la pédophilie. Émouvant, drôle et cynique, le récit réalisé avec une énergie brute est porté par ses vibrants interprètes, dont Joseph Gordon-Levitt qui livre la prestation de sa carrière. ****

jeudi 30 juillet 2026

Au cinéma: Rédemptions


Pour son sixième long métrage qui n'est pas sans rappeler son premier (Audition), Luc Picard s'essaye au film choral avec plus ou moins de succès. S'il offre sur Rédemptions sa mise en scène la plus élégante et élaborée à ce jour, le récit lourdement appuyé par la musique d'Alex Nevsky demeure superficiel tant les destin s'éparpillent. L'acteur fait toutefois bonne impression dans le rôle principal. Ma critique complète est à lire dans le numéro d'été de Ciné-Bulles.

mercredi 29 juillet 2026

Fantasia: Sour Minnows


Deux colocs plongent dans une réalité incroyable après avoir assisté à un événement inusité. Pour son second long métrage Sour Minnows, Harrison Atkins convie l'esprit du film noir, du stoner se déroulant à Los Angeles et des oeuvres paranoïaques en l'arrosant d'une bonne dose d'humour satirique. Dommage que le récit labyrinthique s'éparpille et ne se veuille jamais satisfaisant, singeant trop l'univers de David Lynch au lieu de développer quelque chose de personnel. L'interprétation d'ensemble se veut toutefois satisfaisante, amenant un peu d'humanité à ce cauchemar ennuyant. **

mardi 28 juillet 2026

Ciné-Bulles été 2026


L'été est loin d'être terminé. Afin de continuer son plaisir, pourquoi ne pas découvrir le numéro estival de Ciné-Bulles? J'y signe d'ailleurs des critiques de deux films québécois: Kaïros de Jennifer Alleyn et Rédemptions de Luc Picard. Bonne lecture!

Au cinéma: The Odyssey


Meilleure superproduction hollywoodienne de 2026 jusqu'à maintenant, The Odyssey permet à Christopher Nolan de ressasser ses obsessions en adaptant le texte le plus mythique de la littérature occidentale. Il en résulte un poème de grande beauté sur la nature humaine qui prise dans la guerre et la violence, aspire à la quiétude et la rédemption. La mise en scène éblouissante en met plein les yeux et les oreilles (les scènes chez Hadès et Circé ne s'oublieront pas de sitôt), tandis que Matt Damon domine une distribution imposante où presque chaque acteur et actrice ont leur heure de gloire. ****

lundi 27 juillet 2026

Au cinéma: La danse des renards


Le récit d'apprentissage adolescent a offert de beaux films cette année. Quelque part entre Météors et The Plague se tient La danse des renards de Valéry Carnoy qui traite de masculinité toxique et d'identité au détour d'un agréable récit sur l'amitié qui, s'il n'évite pas les lieux communs, ne cesse de convaincre grâce à la dévotion de ses interprètes. ***1/2

dimanche 26 juillet 2026

Vu à Fantasia: When You Open the Door


Film de lycanthropie minimaliste, When You Open the Door d'Eriko Katagiri fait lentement monter l'attention et l'intérêt dans la première partie avant de (trop) dévoiler dans la seconde. Si les brillantes idées ne se matérialisent pas toutes à l'écran, plusieurs surprennent et enchantent, apportant poésie et sensibilité. Motola Serena porte le long métrage sur ses épaules et son jeu s'avère d'une grande finesse. ***

samedi 25 juillet 2026

Fantasia: We're Nothing at All


Inspiré d'une histoire vraie, We're Nothing At All du vétéran Herman Yau relate l'enquête autour de l'explosion d'un autobus qui a provoqué plusieurs décès. Prenant l'allure du film choral qui navigue entre le présent et le passé, le récit social sous fond d'homophobie manque de finesse. Les dialogues sont tellement appuyés et les thèmes parfois si misérabilistes que l'ensemble finit par faire rire au lieu de susciter l'émotion et la réflexion. **1/2

vendredi 24 juillet 2026

Vu à Fantasia: Idols


Une jeune femme qui rêve de gloire se pointe chez une actrice célèbre dans Idols, un court métrage d'une redoutable efficacité de Matt Halsall. Maîtrisé, le récit tient en haleine même s'il ne brille pas par son originalité (on dirait une relecture du classique Perfect Blue) et Hojo Shin fait grande impression dans un double-rôle. ***

jeudi 23 juillet 2026

Film du jour: Black Tea


Dix ans après Timbuktu, Abderrahmane Sissako est de retour avec un film bien différent. Se déroulant principalement en Chine, Black Tea (2024) est un conte sensuel sur le désir, l'amour, la famille et les nouveaux départs. Visuellement splendide (à tel point que la mise en scène à la Wong Kar-wai tourne à l’esbroufe), le récit bien intentionné manque malheureusement de souffle, se voulant trop didactique malgré les performances justes de ses interprètes. On en ressort toutefois avec le goût de prendre un bon thé chaud et réconfortant. **1/2

mercredi 22 juillet 2026

Film du jour: Butterfly Vision


Une soldate ukrainienne remise en liberté après deux mois de détention doit affronter les traumas du passé - et la réaction des gens - dans Butterfly Vision de Maksym Nakonechnyi. Douloureux, le récit se permet quelques échappées oniriques et il est porté par une interprète épatante. De quoi mieux accepter les errances du scénario et l'utilisation plus ou moins féconde de différentes sources vidéo. ***1/2

mardi 21 juillet 2026

Au cinéma: Romeria


Une jeune femme découvre le secret de ses parents décédés dans Romeria, une fiction largement autobiographique de Carla Simon (Nos soleils). Spécialisée dans le récit familial, la talentueuse cinéaste espagnole ouvre son cinéma jusqu'à l'onirisme sans jamais sacrifier l'intimité de ses beaux personnages. La nouvelle venue Llucia Garcia porte le film sur ses épaules, éclairant cette oeuvre sensible et lumineuse sur la mémoire. ****

lundi 20 juillet 2026

Au cinéma: Oublie pas le gruau


L'iconoclaste Olivier Godin est de retour avec Oublie pas le gruau, une nouvelle oeuvre hors norme où les dialogues pétillants fondent dans la bouche. Plus absurde, slapstick et coquin que jamais, l'effort s'abreuve également aux eaux romanesques et mélancoliques. Le mélange n'est peut-être pas toujours au point, mais quelle folie créative émane de l'écran! Si Godin n'existait pas, il faudrait l'inventer tant le cinéma québécois a besoin de sa vision unique et ludique. ***1/2

dimanche 19 juillet 2026

Fantasia: Blades of the Guardians


Basé sur une série de bandes dessinées, Blades of the Guadians du vieux routier Yuen Woo-ping (à qui l'on doit les mémorables scènes d'arts martiaux de The MatrixKill Bill et Tigre et dragon) est un wuxia luxueux qui sacrifie son intrigue simpliste et tapageuse au détriment de ses séquences d'action spectaculaires. Si le divertissement est si amusant, c'est grâce aux personnages attachants qui n'hésitent pas à verser le sang pour se venger et à ces affrontements qui sortent des sentiers battus. Plusieurs moments - dont la confrontation dans la tempête de sable - risque de marquer l'amateur du genre au fer blanc. ***

samedi 18 juillet 2026

Au cinéma: Planètes


Les film d'animation se suivent et se ressemblent? Il faudrait jeter un coup d'oeil à Planètes de Momoko Seto pour se convaincre du contraire. Dans cette odyssée incroyable de quatre akènes de pissenlit, la rigueur scientifique rencontre le trip psychédélique au profit d'un récit muet à la Flow qui plaira aux jeunes enfants (par son humour et ses péripéties) tout en fascinant les plus grands, pas tant par sa trame narrative écologique attendue que son trip esthétique où les échelles de grandeur variées et l'enrobage sonore apportent une personnalité certaine au projet. ***1/2

vendredi 17 juillet 2026

The Office: Complete Series


La série culte The Office débarque dans une édition complète gracieuseté d'Universal. Cela représente neuf saisons répertoriées sur 30 blu-ray, 194 épisodes allongés et plus de 25 heures de matériaux inédits! De quoi combler tous les fans de l'excellente émission américaine qui a permis à Steve Carell, John Krasinski et compagnie de faire rire aux larmes de leur humour parsemé de malaises. Il y a eu plusieurs imitations par le passé, mais aucune n'arrive à la hauteur de ce chef-d'oeuvre.

Fantasia: Tunnels - Sun in the Dark


Rare film vietnamien revenant sur un épisode de la guerre du Vietnam, Tunnels - Sun in the Dark de Chuyen Bui Thac équilibre drame et action, suspense de l'attente et conséquences sur la psyché humaine. Sobrement écrit, le scénario s'avère tout de même prévisible et redondant à ses heures. C'est surtout sa mise en scène qui marque les esprits, à la fois tous ces tunnels qui semblent étouffer les personnages que l'ambiance sonore anxiogène. Présenté aujourd'hui à 10h45 à la salle J.A. De Sève. ***

jeudi 16 juillet 2026

Fantasia: Kung Fu


Fantasia débute aujourd'hui. Jusqu'au 2 août, le cinéphile pourra découvrir des centaines de films de genres. Cela commence avec Kung Fu, un projet ambitieux du cinéaste et romancier taïwanais Giddens Ko. Autant les scènes d'action soufflent tout sur leur passage, autant l'histoire peine à captiver, alors qu'un maître déchu enseigne les arts martiaux à deux jeunes hommes. Cela n'aide pas que le récit tourne rapidement à la farce, avec son humour lourdingue qui fait rarement mouche et son interprétation outrancière. Qui n'est pas Kung Fu Hustle qui veut. **1/2

mercredi 15 juillet 2026

Film du jour: She Was Like a Wild Chrysanthenum


She Was Like a Wild Chrysanthenum (1955) est sans doute le film le plus pur de Keisuke Kinoshita. Il s'agit d'une histoire d'amour impossible qui séduit autant par la naïveté de ses sentiments que le désarroi de ses interprètes et la mise en scène mélancolique qui transforme le passé en réminiscences mémorielles rappelant de vieilles photographies. ****1/2

mardi 14 juillet 2026

Obsession (blu-ray)


Bien qu'il soit encore à l'affiche, le succès surprise Obsession débarque dans une élégante édition blu-ray, où le soin apporté à l'image et au son permet d’asseoir la vision du nouveau venu Curry Barker, qui mélange romance et horreur avec maestria. Inde Navarrette fait sensation en femme contrôlée malgré elle, apportant humanité et nuances à une oeuvre qui en manquait jusque-là . En prime: un documentaire sur le tournage et une piste de commentaires du cinéaste. (Universal) ***1/2

Film du jour: Un fil à la patte


Michel Deville offre avec Un fil à la patte une relecture éclatée du classique de Feydeau, mêlant le neuf et l'ancien en rendant gloire à la plume de son auteur. La réalisation virevoltante est au service d'une distribution impeccable qui joue volontairement gros et le plaisir ludique qui en découle fait un bien fou entre deux propositions cinématographiques plus soutenues. ***1/2

lundi 13 juillet 2026

Film du jour: The Housemaid


L'intérêt relatif de The Housemaid est d'avoir pris la matière d'un livre extrêmement populaire (qui mêle suspense érotique et drame domestique) et d'en avoir fait un divertissement satirique. Le second degré du scénario est palpable et les comédiens s'amusent beaucoup (surtout Amanda Seyfried dans un rôle hystérique). Sauf que le récit kitsch et prévisible tourne rapidement en rond et l'ennui fait craquer le verni, surtout lors de la seconde partie explicative. Avec une mise en scène plus éclatée de Paul Feig (dans la lignée de suspenses sud-coréens à la Parasite ou Mademoiselle), cela aurait été complètement différent. Mais ce n'est pas le cas. Et dire qu'une suite est déjà en chantier... **1/2

dimanche 12 juillet 2026

Film du jour: Sisu: Road to Revenge


Encore plus cinglé que son prédécesseur, Sisu: Road to Revenge (2025) de Jalmari Helander élève les enjeux à la façon Mad Max, créant des scènes d'action spectaculaires mais ultimement redondantes, qui peinent malgré tout à renouveler le genre du film de vengeance. ***

samedi 11 juillet 2026

Au cinéma: Evil Dead Burn


Plus diabolique que jamais, Evil Dead Burn de Sébastien Vanicek multiplie le gore mais oublie le plaisir, ce qui en fait l'épisode le plus oubliable du lot. Ma critique est à lire sur Cinoche. **1/2

vendredi 10 juillet 2026

Au cinéma: Sourde


Bouleversant drame familial sous fond de surdité, Sourde d'Eva Libertad évite les écueils du film à thèses pour se concentrer sur ses beaux personnages. Non seulement le récit sensible quoique prévisible ne verse jamais dans le mélo, mais il use sans cesse de finesse afin de se rapprocher de ses êtres imparfaits, gracieuseté d'une réalisation immersive qui travaille le son avec une rare acuité. ***1/2

jeudi 9 juillet 2026

Au cinéma: Vivaldi et moi


Pour son premier film, le metteur en scène Damiano Michieletto propose Vivaldi et moi, croisant le parcours de création du célèbre compositeur italien au désir d'émancipation d'une orpheline. Un scénario quelque peu didactique qui est transcendé par la mise en scène vivante, la soif de liberté de Tecla Insolia qui irradie l'écran et, évidemment, la magnifique musique qui agit comme un baume sur les plaies. ***