mercredi 8 juillet 2026

Film du jour: Cairo Station


Youssef Chahine frappe fort avec Cairo Station (1958) en croisant le film noir et le néoréalisme italien. Non seulement il traite des laissés-pour-compte de la société égyptienne à la croisée des chemins, mais il le fait avec une assurance technique peu commune. Le cinéaste prouve même qu'il peut être un excellent acteur, campant avec verve l'antihéros face à la truculente Hind Rostom (la «Marilyn Monroe d'Arabie»). ****

mardi 7 juillet 2026

Film du jour: Broken Drum


Les enfants d'un riche chef d'entreprise cherchent à s'émanciper de leur père tyrannique dans Broken Drum (1949), une comédie dramatique de Keisuke Kinoshita. Libre et rebelle malgré sa prévisibilité et sa finale traditionnelle, le long métrage est capable de sauter de la prise de tête au burlesque en quelques secondes à peine. Tsumasaburo Bando est tout simplement parfait dans le rôle du vieil acariâtre. ***1/2

lundi 6 juillet 2026

Film du jour: The Last Stop in Yuma County


The Last Stop in Yuma County n'aurait pu qu'être un simple ersatz d'un film de Quentin Tarantino ou des frères Coen. Des étrangers sont réunis dans un diner et la tension finit par exploser. Mais grâce à un scénario joyeusement absurde, une mise en scène assurée de Francis Galluppi et une distribution réjouissante dominée par Jim Cummings, cela donne un divertissement exemplaire, drôle et violent à la fois. ***1/2

dimanche 5 juillet 2026

Au cinéma: Disclosure Day


Steven Spielberg renoue avec la science-fiction par l'entremise de Disclosure Day, un récit en forme de best of qui utilise le suspense afin de parler de la foi en l'humanité. Si le propos - tout comme le dernier acte - peut paraître naïf, la machine est particulièrement bien huilée et sa vision réchauffe le coeur, lui qui n'a toujours pas perdu son désir d'émerveillement en reconstituant un divertissement à l'ancienne. ***1/2

samedi 4 juillet 2026

Au cinéma: The Invite


Remake d'un film espagnol, The Invite relate un souper entre voisins qui tourne au vinaigre. Hilarant lorsque les personnages sont en roue libre, plus lassant lorsque les conventions dramatiques apparaissent (les 20 dernières minutes), le long métrage à la réalisation vitaminée d'Olivia Wilde (l'idéal pour faire oublier les racines théâtrales du sujet) permet à son délicieux casting de délirer. Que l'on adhère ou pas à la proposition, le résultat est nettement plus satisfaisant que son remake français Et plus si affinités. ***

vendredi 3 juillet 2026

Au cinéma: Connemara


Nouvelle adaptation d'un roman de Nicolas Mathieu, Connemara ravive la flamme entre deux amis d'enfance. De la chimie palpable entre Mélanie Thierry et Bastien Bouillon à la mise en scène sensorielle d'Alex Lutz (le travail sur le montage est loin d'être banal), le long métrage fait tout pour faire oublier son scénario banal où le passage du temps et les classes sociales peuvent terrasser n'importe quel destin. De la poudre aux yeux? Tout à fait! **1/2


jeudi 2 juillet 2026

Au cinéma: Bouchra


Bouchra d'Orian Barki et Meriem Bennani est une animation qui sort du lot. Naviguant entre fiction et documentaire, entre confessions et recréations, le récit queer entraîne notre héroïne sur le parcours de son passé, tentant d'apaiser sa conscience envers sa mère. Mâtiné d'humour et de romance, bénéficiant d'images étonnantes, de mélodies entêtantes et d'un climat mélancolique à la Wong Kar-wai, l'effort séduit amplement malgré la confusion de son intrigue. ****

mercredi 1 juillet 2026

Au cinéma: François.e


Un scénariste cisgenre (interprété par Louis Morissette) se fait passer pour une femme trans afin de toucher des subventions. Telle est la prémisse de cette comédie québécoise superficielle et moralisatrice qui ne manque pas de clichés. Rarement drôle malgré ses clins d'oeil à Madame Doubtfire et Pretty Women, le récit simpliste est peuplé de personnages mal définis (à l'exception de l'excellente Pascale Drevillon) et d'une réalisation télévisuelle de la part de Jean-François Asselin. L'art de passer à côté de son sujet. **

mardi 30 juin 2026

Les meilleurs films de... juin 2026


The Furious de Kenji Tanigaki

Le chant des forêts de Vincent Munier

Leviticus de Adrian Chiarelli

Film du jour: Mon père, mon ombre


Le récit d'apprentissage vu par un enfant où la figure paternelle forme la métaphore d'un pays instable est un genre à soi. Ce qui permet à Mon père, mon ombre d'Akinola Davies de sortir du lot est de faire le portrait de la ville Lagos au Nigeria avec un surplus de poésie et de sensibilité, ne lésinant ni sur l'émotions ni sur des images à couper le souffle qui évoquent à la fois Moonlight et Cité de Dieu. ****

lundi 29 juin 2026

Film du jour: Hidden in the Fog


Sorte de Laura à la sauce suédoise, Hidden in the Fog (1953) de Lars-Eric Kjellgreen est un élégant film noir sur une femme qui est accusée d'avoir tué son mari. Malgré sa facture classique, le récit captive par le grand soin apporté à ses images, sa distribution solide et cette façon de traiter l'intime par le suspense. ***1/2

dimanche 28 juin 2026

You, Me & Tuscany (blu-ray)


Difficile de faire une comédie romantique plus générique que You, Me & Tuscany, alors qu'une Américaine de passage en Italie tombe finalement amoureuse d'un homme après s'être chamaillé avec lui pendant tout le film. Le scénario nage dans les clichés, la réalisation de Kat Coiro est particulièrement soporifique et la présentation du pays évoque les cartes postales les plus éculées. Il y a pourtant une chimie indéniable qui émane entre Halle Bailey et Regé-Jean Page qui en fait - presque - un plaisir coupable. L'édition blu-ray présentée par Universal ne manque pas de tonus sur le plan technique (soin apporté aux images et aux pistes sonores) et des suppléments (nombreux documentaires sur le tournage, piste de commentaire du cinéaste). **

Film du jour: Beijing Watermelon


Réputé pour ses films complètement cinglés (House, Hanagatami), Nobuhiko Obayashi adopte une approche sobre avec Beijing Watermelon (1989), relatant l'histoire vraie entre un maraîcher japonais et des étudiants chinois. Le film bienveillant à la Capra rappelle l'importance des bons sentiments et s'il a de la difficulté à évoluer au fil de son long cheminement, sa conclusion politique rappelle à quel point le réel implacable bouleverse tout, à la fois le cinéma et les êtres humains. ***1/2

samedi 27 juin 2026

Au cinéma: Coutures


Cinéaste au parcours sans faute, Alice Winocour (Revoir Paris) se fourvoie avec Coutures, un film choral conjugué au féminin où la vie doit primer en temps de guerre et de maladie. Superficiel, le récit multiplie les plans léchés et si le casting (qui comprend notamment Angelina Jolie, Louis Garrel et Vincent Lindon) impressionne, l'émotion manque dans ce mélo scolaire qui aimerait tant être ce qu'il n'est pas. **1/2

vendredi 26 juin 2026

Au cinéma: Promis le ciel


Le quotidien de trois immigrantes ivoiriennes est mise à rude épreuve dans une Tunisie fermée sur elle-même. Telle est la prémisse de Promis le ciel, le joli nouveau long métrage d'Erige Sehiri (Sous les figues) qui célèbre l'espoir, la sororité et la survie. Mise en scène soignée et interprètes énergiques suffisent à secouer ce drame un brin schématisé qui s'avère à la fois triste et attachant. ***1/2

jeudi 25 juin 2026

Au cinéma: Baise-en-ville


Martin Fauvat possède un don inné pour la comédie. Il faut le voir multiplier les séquences hilarantes dans Baise-en-ville tout en formant un duo irrésistible avec Emmanuelle Bercot. Si le film finit un peu par tourner en rond et que la mise en scène aurait pu être encore plus éclatée, son écriture riche promet le meilleur pour l'avenir. ****

mercredi 24 juin 2026

Au cinéma: The Furious


Peut-être bien le meilleur film d'action du siècle (désolé Mad Max: Fury Road et le diptyque The Raid), The Furious de Kenji Tanigaki est un feu roulant de cascades spectaculaires, de combats à couper le souffle, d’affrontements hors du commun et de sang versé. Les chorégraphies complètement folles laissent béat d'admiration et l'histoire volontairement simpliste n'a pas la prétention de se prendre au sérieux. John Wick peut aller se rhabiller. ****1/2

mardi 23 juin 2026

The Super Mario Galaxy Movie (blu-ray)


Suite du succès de 2023, The Super Mario Galaxy Movie est un film qui s'adresse presque exclusivement aux fans du jeu vidéo. Il n'y a pas tant d'histoire dans cette galère: qu'une succession de clins d'oeil qui font certes sourire, mais qui donne surtout l'impression d'étirer inutilement la sauce. En revanche, le blu-ray offre une qualité visuelle et sonore impressionnante, alors que cette édition offerte par Universal comprend une tonne de suppléments amusants (des documentaires, une liste des personnages, des oeufs de Pâques, etc.). **

Au cinéma: Victor comme tout le monde


Écrit par la regrettée Sophie Fillières et réalisé par Pascal Bonitzer, Victor comme tout le monde confronte Fabrice Luchini au mythe de l'auteur des Misérables, y intégrant même des passages de son spectacle théâtral. Si le film marqué du sceau #metoo ne manque ni d'humour ni de piquant, l'intrigue principale sous fond de paternité s'avère plaquée et ne lève qu'à moitié. **1/2

lundi 22 juin 2026

Au cinéma: Le chant des forêts


Vincent Munier (La panthère des neiges) est l'un des meilleurs documentaristes en activité. Il se surpasse avec Le chant des forêts, créant une réflexion personnelle et nécessaire sur la nature. S'il invite à se rapprocher de ce qui se passe sous nos yeux, il le fait en utilisant toutes les possibilités de son médium: en multipliant les images à couper le souffle et en remettant le son au coeur des enjeux. Voilà du cinéma poétique et d'un grand pouvoir d'évocation comme il s'en fait si peu. ****

dimanche 21 juin 2026

Au cinéma: Best Boy


C'est un véritable jeu de massacre que propose Jesse Noah Klein avec son nouveau film Best Boy, alors qu'une fratrie se dispute l'héritage de leur père décédé. Violent et hilarant, le récit qui n'est pas sans rappeler les vieux longs métrages de Yorgos Lanthimos séduit par sa mise en scène mais laisse quelque peu de glace avec son scénario superficiel et ses personnages déshumanisés. Ils sont cependant défendus par d'excellents comédiens. ***

Film du jour: Farewell to Spring


Keisuke Kinoshita filme mieux que personne le malheur qui s'abat sur des gens ordinaires. C'est le cas dans Farewell to Spring (1959) où une réunion de vieux amis tourne au vinaigre. Malgré une abondance de personnages et un récit qui s'éparpille, le film queer traite avec finesse et mélancolie des déceptions de la vie. Les images splendides ajoutent au charme certain à cette chronique que n'aurait pas reniée Nicholas Ray. ***1/2

samedi 20 juin 2026

Au cinéma: The Death of Robin Hood


Empruntant les codes du western crépusculaire, The Death of Robin Hood de Michael Sarnoski (Pig) est une réflexion mélancolique sur la vie et la mort. Sombre comme la violence qui y règne et le coeur de son antihéros (campé sobrement par Hugh Jackman), le récit fascinant et ennuyant à la fois est d'abord un trip esthétique tant ce sont les images uniques qui demeurent avec le spectateur longtemps après la tombée du générique. ***

vendredi 19 juin 2026

Au cinéma: Leviticus


Leviticus pourrait bien être le prochain It Follows. Un sentiment amoureux interdit dans une communauté religieuse australienne prend la forme d'une métaphore horrifique au sein de ce premier long métrage qui mélange romance, angoisse et commentaires sociaux. La réalisation d'Adrian Chiarella est efficace et poétique à la fois, tandis que Joe Bird (Talk to Me) domine une distribution sans fausse note. ****

jeudi 18 juin 2026

Au cinéma: Un été en hiver


La douceur est au coeur d'Un été en hiver, le plus récent film de Sho Miyake (All the Long Nights) qui s'est mérité le Léopard d'Or à Locarno en 2025. Deux histoires touchantes et mélancoliques se déroulent dans des décors majestueux où la beauté du quotidien se mélange à la solitude en place. Le rythme contemplatif ponctué de quelques mises en abyme et l'interprétation aérée en font une oeuvre délicate qui enivre longtemps avant la fin. ***1/2

mercredi 17 juin 2026

Au cinéma: Love Letter


Qui dit que les films sirupeux ne sont pas, parfois mais rarement, succulents? C'est le cas de Love Letter qui est présenté ces jours-ci au cinéma dans une superbe restauration 4K. Ce classique japonais de 1995 débute comme du Kieslowski avec une réflexion sur le hasard, avant de se muter en drame adolescents sentimentaux et de se terminer en mélo. Malgré les nombreuses variations, le cinéaste Shunji Iwai filme mieux que personne les tourments de l'âge ingrat et il offre de superbes plans enneigés où mélancolie et espoir de beaux lendemains ne font qu'un. Au Cinéma Moderne. ****

mardi 16 juin 2026

Film du jour: The Garden of Women


Film profondément féministe sur le désir de liberté d'étudiantes japonaises, The Garden of Women (1954) ne manque pas de complexité dans la multiplication de ses intrigues. Si l'ensemble traîne quelque peu en longueur, la tension mélodramatique va à crescendo et Hideko Takamine campe l'une des plus belles héroïnes de l'univers de Keisuke Kinoshita. ***1/2

lundi 15 juin 2026

Film du jour: Obsession


Véritable phénomène, Obsession de Curry Barker croise romance et épouvante avec une efficacité indéniable. Malgré des moyens limités, ce premier long métrage arrive à glacer le sang - et à provoquer de nombreux fous rires - dans sa façon de confronter sa victime masculine aux horreurs quotidiennes de victimes - généralement féminines - prisonnières de relations toxiques. La mise en scène sèche provoque les sursauts requis et Inde Navarrette livre une prestation inoubliable. ***1/2

dimanche 14 juin 2026

Au cinéma: Carolina Caroline


Reprenant le canevas de Bonnie & Clyde et de Badlands, Carolina Caroline d'Adam Carter Rehmeier privilégie la romance à la violence en tentant de permettre l'émancipation d'une jeune femme dans une Amérique dénuée d'espoirs. Le récit prévisible fait rapidement du surplace, mais il est alimenté d'une mise en scène dynamique très seventies et d'un duo particulièrement convaincant formé de Samara Weaving et de Kyle Gallner. ***

samedi 13 juin 2026

Au cinéma: Nervures (critique)


Rare film d'horreur québécois à la sauce écologique, Nervures de Raymond St-Jean convainc davantage par son trip esthétique et sonore que son intrigue tirée par les cheveux. Les deux têtes d'affiche se donnent toutefois sans compter, alors que les maquillages et effets spéciaux rendent efficaces les scènes de body horror. Ma critique complète est à lire sur Cinoche. ***

vendredi 12 juin 2026

Au cinéma: Renoir


Présenté en compétition officielle à Cannes en 2025, Renoir de Chie Hayakawa (Plan 75) est un récit d'apprentissage mélancolique sur le désir de connexion d'une enfant aux autres et à elle-même. Se déroulant sur cette fine ligne entre le visible et l'invisible que permet le monde de l'enfance, le film classique à ses heures se démarque par sa riche palette de couleurs, ses acteurs justes et ce désir de s'affranchir des conventions afin de tâter un peu de poésie. On pense à Mon voisin Totoro qui serait refait par Kore-eda. Présenté dans quelques salles via Film Movement. ***1/2

jeudi 11 juin 2026

Au cinéma: Stop! That! Train!


La comédie folle-dingue est de retour en force. Après le nouveau Scary Movie la semaine dernière, place à Stop! That! Train! d'Adam Shankman. Ici, on se contente de copier Airplane! et si le résultat se veut kitsch et délirant, il ne fait malheureusement jamais rire, éprouvant même la patience du spectateur. **

Film du jour: Taipei Story


Edward Yang a filmé mieux que personne Taïwan dans son passage vers la modernité. Dans Taipei Story (1985), il s'intéresse au quotidien de quelques personnages aliénés par la société qui aspirent seulement à un peu de bonheur. Le scénario riche de couches se pose comme observateur des changements, au même titre que ses êtres mélancoliques dont la mise en scène méthodique relève sans cesse leur solitude. ****

mercredi 10 juin 2026

Au cinéma: Qui brille au combat


Le quotidien d'une famille qui se serre les coudes face à l'handicap de leur fille cadette est la source de Qui brille au combat, la première réalisation de l'actrice Joséphine Japy. Le sujet bienveillant touche une corde sensible même s'il s'égare dans des sous-intrigues et si la réalisation se veut parfois trop discrète, la distribution forte est menée par Mélanie Laurent et Angelina Woreth. ***

mardi 9 juin 2026

Film du jour: Affection


Jessica Rothe brûle l'écran dans Affection, où elle incarne une femme qui souffre de pertes de mémoire. Le film de BT Meza alterne entre le bon (toute la première partie, sous fond de traumatismes et de violence domestique) et le mauvais (la seconde partie qui flirte avec la science-fiction et le body horror est beaucoup moins convaincante), ce qui rend l'expérience à la fois intéressante et un peu pénible. En vidéo sur demande. **1/2

lundi 8 juin 2026

Film du jour: The Rose on His Arm


Un fils s'éloigne de plus en plus de sa famille et finit par frayer avec des racailles dans The Rose on His Arm (1956). C'est principalement le fossé entre les générations qui intéresse Keisuke Kinoshita avec ce mélo qui prend son temps avant de se mettre en branle. Derrière ses limites flirtent des personnages - et un récit - qui aspirent à un peu de liberté, ce que vient contrecarrer la cruelle conclusion. ***

dimanche 7 juin 2026

Au cinéma: Scary Movie (critique)


Le cinéma horrifique se porte tellement bien qu'un autre Scary Movie (le 6e, mais le premier depuis 2013) voit le jour, écrit par les frères Wayans. Mauvaise idée. Non seulement on ne rit pratiquement jamais, mais le film conservateur au possible multiplie les séquences transphobes et homophobes. Ma critique complète est à lire sur Cinoche. *1/2

samedi 6 juin 2026

Au cinéma: La maison des femmes


Le quotidien de travailleurs oeuvrant dans un refuge qui accompagne des femmes victimes de violence est au centre de La maison des femmes, une fiction bien attentionnée mais didactique de la part de Melisa Godet. D'excellentes actrices compensent une mise en scène trop sage (on est loin de Polisse) et si l'émotion tarde à survenir, elle se pointe le bout du nez dans cette façon de faire triompher la sororité. ***

Film du jour: Omaha


Un père part avec ses deux filles et leur chien sur la route dans Omaha, un premier long métrage sensible de Cole Webley qui est estampillé du sceau Sundance. Émotions à fleur de peau, paysages spectaculaires, mélancolie dans le tapis: difficile de ne pas être ému par ce road movie qui flirte parfois trop avec le cinéma de Kelly Reichardt et de Chloé Zhao. Si les ficelles sentimentales sont un peu grosses et le symbolisme élémentaire (il faut pousser la voiture ensemble et non pas seul), John Magaro livre une vibrante performance en patriarche dépassé par les événements. En vidéo sur demande. ***1/2

vendredi 5 juin 2026

Au cinéma: Power Ballad


Le cinéaste John Carney (Once) a toujours privilégié la sincérité à l'originalité dans ses projets. C'est à nouveau le cas de son sympatrique Power Ballad où un chanteur de noces se fait ravir un tube planétaire par une ancien star d'un boys band. Les sujets inspirants ne sont traités qu'en surface et le ton est à la mièvrerie. Paul Rudd insuffle toutefois une vulnérabilité qui est la bienvenue, ne faisant qu'une bouché du pauvre Nick Jonas. ***

jeudi 4 juin 2026

Au cinéma: Lire Lolita à Téhéran


Littérature et sororité féminine forment un cocon d'espoir dans Lire Lolita à Téhéran, l'adaptation du livre à succès d'Azar Nafisi. Si l'ensemble souffre de quelques lourdeurs et que l'on a connu le réalisateur Eran Riklis (La fiancée syrienne, Les citronniers) plus inspiré sur le plan de la mise en scène, le propos résonne aisément dans le monde d'aujourd'hui. La toujours excellente Golshifteh Farahani domine une distribution exemplaire de son jeu sensible et rassembleur. ***

mercredi 3 juin 2026

Film du jour: L'Eden


Récompensé à Cannes en 2022, L'Éden (La Jauria) est un intriguant premier long métrage de la part d'Andrés Ramirez Pulido, où il est question de jeunesse perdue, de désir, de masculinité et de la jungle colombienne. Plus le récit avance et plus il devient dense et mystérieux, développant une fable poétique qui séduit grâce à sa rigueur formelle qui finit par tout étouffer, même l'émotion. ***1/2

mardi 2 juin 2026

Film du jour: The River Fuefuki


Pamphlet anti-guerre qui traîne quelque peu en longueur, The River Fuefuki (1960) ressemble à une expérimentation de la part de Keisuke Kinoshita, qui valorise un traitement volontairement répétitif et un ton statique théâtral. C'est surtout sa façon de mélanger le noir et blanc à certaines couleurs qui étonne, emprisonnant littéralement ses personnages à l'écran en leur rappelant que l'avenir ne sera pas un long fleuve tranquille. ***

lundi 1 juin 2026

Au cinéma: Tuner


Baby Driver rencontre De battre mon coeur s'est arrêté dans Tuner, le premier long métrage de fiction de Daniel Roher (oscarisé pour Navalny). Classique, le long métrage divertit haut la main grâce à son mélange d'humour et de pathos, ses personnages en trois dimensions interprétés par de solides comédiens et une mise en scène à la fois rythmée et ludique, dont l'immersion sonore est en phase avec l'état de son héros. ***1/2

dimanche 31 mai 2026

Les meilleurs films de... mai 2026


Blue Heron de Sophy Romvari

I Love Boosters de Boots Riley

Une amie silencieuse de Ildiko Enyedi

Kaïros de Jennifer Alleyn

Film du jour: A Big Bold Beautiful Journey


A Big Bold Beautiful Journey fut un échec lors de sa sortie en septembre dernier. Dommage... car il faut remonter à loin pour trouver un film romantique aussi charmant et original que celui-ci, où deux inconnus peuvent revivre des moments marquants de leur vie. Même s'il n'a pas écrit le scénario qui sent parfois la guimauve, le talentueux Kogonada offre une oeuvre existentielle colorée et d'une fine mélancolie, à l'image de ceux de Jacques Demy. ***

samedi 30 mai 2026

Au cinéma: L'enfant bélier


La route d'une famille de migrants croise celle de flics dans L'enfant bélier de Marta Bergman. Le film débute avec un superbe plan où des amoureux se retrouvent dans un cocon. Puis le long métrage prend de l'expansion, la mise en scène fait beaucoup avec rien... et le récit cogne un mur à mi-chemin. C'est là qu'on remarque que les personnages n'ont aucune profondeur, que l'ensemble ne comporte aucun point de vue et que l'émotion n'apparaît pratiquement jamais. **1/2

vendredi 29 mai 2026

Au cinéma: Backrooms


Le jeune prodige Kane Parsons adapte sa série web Backrooms avec succès, croisant l'horreur et la psychanalyse à la Lynch avec un savoir-faire évident. L'ensemble pique constamment la curiosité malgré une finale trop explicative, la réalisation expressive fait beaucoup avec peu et le duo formé de Chiwetel Ejiofor et Renate Reinsve mènent ce jeu mystérieux jusqu'au plus profond de soi. ***1/2

jeudi 28 mai 2026

Au cinéma: La mécanique des frontières


Le talentueux cinéaste Hubert Caron-Guay (Destierros) fait le saut à la fiction avec La mécanique des frontières, une oeuvre aride sur le mal-être d'un frère et de sa grande soeur. Transposant la solitude de ses sujets dans les grands espaces américains, le récit à la mise en scène assurée compense ses personnages hermétiques en misant sur deux excellents comédiens peu connus (Dylan Walsh, Sophie Fekete). De quoi toutefois rester en retrait du périple qui s'il avance en ligne droite, finit un peu par tourner en rond. ***

mercredi 27 mai 2026

Au cinéma: I Love Boosters


Si Michel Gondry proposait un croisement entre Ocean's Eleven et Everything, Everywhere, All at Once, cela ressemblerait sûrement à I Love Boosters, le nouveau délire de Boots Riley (à qui l'on doit le délicieux Sorry to Bother You). À la fois charge contre le capitalisme et ode à la sororité, cette comédie décapante brille par son originalité et ses personnages colorés. L'ensemble part peut-être dans tous les sens, mais la mise en scène extrêmement fignolée, l'interprétation décontractée et la musique rythmée en font un objet clinquant et déjà culte. ****