Deux colocs plongent dans une réalité incroyable après avoir assisté à un événement inusité. Pour son second long métrage Sour Minnows, Harrison Atkins convie l'esprit du film noir, du stoner se déroulant à Los Angeles et des oeuvres paranoïaques en l'arrosant d'une bonne dose d'humour satirique. Dommage que le récit labyrinthique s'éparpille et ne se veuille jamais satisfaisant, singeant trop l'univers de David Lynch au lieu de développer quelque chose de personnel. L'interprétation d'ensemble se veut toutefois satisfaisante, amenant un peu d'humanité à ce cauchemar ennuyant. **
mercredi 29 juillet 2026
mardi 28 juillet 2026
Ciné-Bulles été 2026
L'été est loin d'être terminé. Afin de continuer son plaisir, pourquoi ne pas découvrir le numéro estival de Ciné-Bulles? J'y signe d'ailleurs des critiques de deux films québécois: Kaïros de Jennifer Alleyn et Rédemptions de Luc Picard. Bonne lecture!
Au cinéma: The Odyssey
Meilleure superproduction hollywoodienne de 2026 jusqu'à maintenant, The Odyssey permet à Christopher Nolan de ressasser ses obsessions en adaptant le texte le plus mythique de la littérature occidentale. Il en résulte un poème de grande beauté sur la nature humaine qui prise dans la guerre et la violence, aspire à la quiétude et la rédemption. La mise en scène éblouissante en met plein les yeux et les oreilles (les scènes chez Hadès et Circé ne s'oublieront pas de sitôt), tandis que Matt Damon domine une distribution imposante où presque chaque acteur et actrice ont leur heure de gloire. ****
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Nolan,
Sorties Cinéma de la semaine
lundi 27 juillet 2026
Au cinéma: La danse des renards
Le récit d'apprentissage adolescent a offert de beaux films cette année. Quelque part entre Météors et The Plague se tient La danse des renards de Valéry Carnoy qui traite de masculinité toxique et d'identité au détour d'un agréable récit sur l'amitié qui, s'il n'évite pas les lieux communs, ne cesse de convaincre grâce à la dévotion de ses interprètes. ***1/2
dimanche 26 juillet 2026
Vu à Fantasia: When You Open the Door
Film de lycanthropie minimaliste, When You Open the Door d'Eriko Katagiri fait lentement monter l'attention et l'intérêt dans la première partie avant de (trop) dévoiler dans la seconde. Si les brillantes idées ne se matérialisent pas toutes à l'écran, plusieurs surprennent et enchantent, apportant poésie et sensibilité. Motola Serena porte le long métrage sur ses épaules et son jeu s'avère d'une grande finesse. ***
samedi 25 juillet 2026
Fantasia: We're Nothing at All
Inspiré d'une histoire vraie, We're Nothing At All du vétéran Herman Yau relate l'enquête autour de l'explosion d'un autobus qui a provoqué plusieurs décès. Prenant l'allure du film choral qui navigue entre le présent et le passé, le récit social sous fond d'homophobie manque de finesse. Les dialogues sont tellement appuyés et les thèmes parfois si misérabilistes que l'ensemble finit par faire rire au lieu de susciter l'émotion et la réflexion. **1/2
vendredi 24 juillet 2026
Vu à Fantasia: Idols
Une jeune femme qui rêve de gloire se pointe chez une actrice célèbre dans Idols, un court métrage d'une redoutable efficacité de Matt Halsall. Maîtrisé, le récit tient en haleine même s'il ne brille pas par son originalité (on dirait une relecture du classique Perfect Blue) et Hojo Shin fait grande impression dans un double-rôle. ***
jeudi 23 juillet 2026
Film du jour: Black Tea
Dix ans après Timbuktu, Abderrahmane Sissako est de retour avec un film bien différent. Se déroulant principalement en Chine, Black Tea (2024) est un conte sensuel sur le désir, l'amour, la famille et les nouveaux départs. Visuellement splendide (à tel point que la mise en scène à la Wong Kar-wai tourne à l’esbroufe), le récit bien intentionné manque malheureusement de souffle, se voulant trop didactique malgré les performances justes de ses interprètes. On en ressort toutefois avec le goût de prendre un bon thé chaud et réconfortant. **1/2
mercredi 22 juillet 2026
Film du jour: Butterfly Vision
Une soldate ukrainienne remise en liberté après deux mois de détention doit affronter les traumas du passé - et la réaction des gens - dans Butterfly Vision de Maksym Nakonechnyi. Douloureux, le récit se permet quelques échappées oniriques et il est porté par une interprète épatante. De quoi mieux accepter les errances du scénario et l'utilisation plus ou moins féconde de différentes sources vidéo. ***1/2
mardi 21 juillet 2026
Au cinéma: Romeria
Une jeune femme découvre le secret de ses parents décédés dans Romeria, une fiction largement autobiographique de Carla Simon (Nos soleils). Spécialisée dans le récit familial, la talentueuse cinéaste espagnole ouvre son cinéma jusqu'à l'onirisme sans jamais sacrifier l'intimité de ses beaux personnages. La nouvelle venue Llucia Garcia porte le film sur ses épaules, éclairant cette oeuvre sensible et lumineuse sur la mémoire. ****
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lundi 20 juillet 2026
Au cinéma: Oublie pas le gruau
L'iconoclaste Olivier Godin est de retour avec Oublie pas le gruau, une nouvelle oeuvre hors norme où les dialogues pétillants fondent dans la bouche. Plus absurde, slapstick et coquin que jamais, l'effort s'abreuve également aux eaux romanesques et mélancoliques. Le mélange n'est peut-être pas toujours au point, mais quelle folie créative émane de l'écran! Si Godin n'existait pas, il faudrait l'inventer tant le cinéma québécois a besoin de sa vision unique et ludique. ***1/2
dimanche 19 juillet 2026
Fantasia: Blades of the Guardians
Basé sur une série de bandes dessinées, Blades of the Guadians du vieux routier Yuen Woo-ping (à qui l'on doit les mémorables scènes d'arts martiaux de The Matrix, Kill Bill et Tigre et dragon) est un wuxia luxueux qui sacrifie son intrigue simpliste et tapageuse au détriment de ses séquences d'action spectaculaires. Si le divertissement est si amusant, c'est grâce aux personnages attachants qui n'hésitent pas à verser le sang pour se venger et à ces affrontements qui sortent des sentiers battus. Plusieurs moments - dont la confrontation dans la tempête de sable - risque de marquer l'amateur du genre au fer blanc. ***
samedi 18 juillet 2026
Au cinéma: Planètes
Les film d'animation se suivent et se ressemblent? Il faudrait jeter un coup d'oeil à Planètes de Momoko Seto pour se convaincre du contraire. Dans cette odyssée incroyable de quatre akènes de pissenlit, la rigueur scientifique rencontre le trip psychédélique au profit d'un récit muet à la Flow qui plaira aux jeunes enfants (par son humour et ses péripéties) tout en fascinant les plus grands, pas tant par sa trame narrative écologique attendue que son trip esthétique où les échelles de grandeur variées et l'enrobage sonore apportent une personnalité certaine au projet. ***1/2
vendredi 17 juillet 2026
The Office: Complete Series
La série culte The Office débarque dans une édition complète gracieuseté d'Universal. Cela représente neuf saisons répertoriées sur 30 blu-ray, 194 épisodes allongés et plus de 25 heures de matériaux inédits! De quoi combler tous les fans de l'excellente émission américaine qui a permis à Steve Carell, John Krasinski et compagnie de faire rire aux larmes de leur humour parsemé de malaises. Il y a eu plusieurs imitations par le passé, mais aucune n'arrive à la hauteur de ce chef-d'oeuvre.
Fantasia: Tunnels - Sun in the Dark
Rare film vietnamien revenant sur un épisode de la guerre du Vietnam, Tunnels - Sun in the Dark de Chuyen Bui Thac équilibre drame et action, suspense de l'attente et conséquences sur la psyché humaine. Sobrement écrit, le scénario s'avère tout de même prévisible et redondant à ses heures. C'est surtout sa mise en scène qui marque les esprits, à la fois tous ces tunnels qui semblent étouffer les personnages que l'ambiance sonore anxiogène. Présenté aujourd'hui à 10h45 à la salle J.A. De Sève. ***
jeudi 16 juillet 2026
Fantasia: Kung Fu
Fantasia débute aujourd'hui. Jusqu'au 2 août, le cinéphile pourra découvrir des centaines de films de genres. Cela commence avec Kung Fu, un projet ambitieux du cinéaste et romancier taïwanais Giddens Ko. Autant les scènes d'action soufflent tout sur leur passage, autant l'histoire peine à captiver, alors qu'un maître déchu enseigne les arts martiaux à deux jeunes hommes. Cela n'aide pas que le récit tourne rapidement à la farce, avec son humour lourdingue qui fait rarement mouche et son interprétation outrancière. Qui n'est pas Kung Fu Hustle qui veut. **1/2
mercredi 15 juillet 2026
Film du jour: She Was Like a Wild Chrysanthenum
She Was Like a Wild Chrysanthenum (1955) est sans doute le film le plus pur de Keisuke Kinoshita. Il s'agit d'une histoire d'amour impossible qui séduit autant par la naïveté de ses sentiments que le désarroi de ses interprètes et la mise en scène mélancolique qui transforme le passé en réminiscences mémorielles rappelant de vieilles photographies. ****1/2
mardi 14 juillet 2026
Obsession (blu-ray)
Bien qu'il soit encore à l'affiche, le succès surprise Obsession débarque dans une élégante édition blu-ray, où le soin apporté à l'image et au son permet d’asseoir la vision du nouveau venu Curry Barker, qui mélange romance et horreur avec maestria. Inde Navarrette fait sensation en femme contrôlée malgré elle, apportant humanité et nuances à une oeuvre qui en manquait jusque-là . En prime: un documentaire sur le tournage et une piste de commentaires du cinéaste. (Universal) ***1/2
Film du jour: Un fil à la patte
Michel Deville offre avec Un fil à la patte une relecture éclatée du classique de Feydeau, mêlant le neuf et l'ancien en rendant gloire à la plume de son auteur. La réalisation virevoltante est au service d'une distribution impeccable qui joue volontairement gros et le plaisir ludique qui en découle fait un bien fou entre deux propositions cinématographiques plus soutenues. ***1/2
lundi 13 juillet 2026
Film du jour: The Housemaid
L'intérêt relatif de The Housemaid est d'avoir pris la matière d'un livre extrêmement populaire (qui mêle suspense érotique et drame domestique) et d'en avoir fait un divertissement satirique. Le second degré du scénario est palpable et les comédiens s'amusent beaucoup (surtout Amanda Seyfried dans un rôle hystérique). Sauf que le récit kitsch et prévisible tourne rapidement en rond et l'ennui fait craquer le verni, surtout lors de la seconde partie explicative. Avec une mise en scène plus éclatée de Paul Feig (dans la lignée de suspenses sud-coréens à la Parasite ou Mademoiselle), cela aurait été complètement différent. Mais ce n'est pas le cas. Et dire qu'une suite est déjà en chantier... **1/2
dimanche 12 juillet 2026
Film du jour: Sisu: Road to Revenge
Encore plus cinglé que son prédécesseur, Sisu: Road to Revenge (2025) de Jalmari Helander élève les enjeux à la façon Mad Max, créant des scènes d'action spectaculaires mais ultimement redondantes, qui peinent malgré tout à renouveler le genre du film de vengeance. ***
samedi 11 juillet 2026
Au cinéma: Evil Dead Burn
Plus diabolique que jamais, Evil Dead Burn de Sébastien Vanicek multiplie le gore mais oublie le plaisir, ce qui en fait l'épisode le plus oubliable du lot. Ma critique est à lire sur Cinoche. **1/2
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vendredi 10 juillet 2026
Au cinéma: Sourde
Bouleversant drame familial sous fond de surdité, Sourde d'Eva Libertad évite les écueils du film à thèses pour se concentrer sur ses beaux personnages. Non seulement le récit sensible quoique prévisible ne verse jamais dans le mélo, mais il use sans cesse de finesse afin de se rapprocher de ses êtres imparfaits, gracieuseté d'une réalisation immersive qui travaille le son avec une rare acuité. ***1/2
jeudi 9 juillet 2026
Au cinéma: Vivaldi et moi
Pour son premier film, le metteur en scène Damiano Michieletto propose Vivaldi et moi, croisant le parcours de création du célèbre compositeur italien au désir d'émancipation d'une orpheline. Un scénario quelque peu didactique qui est transcendé par la mise en scène vivante, la soif de liberté de Tecla Insolia qui irradie l'écran et, évidemment, la magnifique musique qui agit comme un baume sur les plaies. ***
mercredi 8 juillet 2026
Film du jour: Cairo Station
Youssef Chahine frappe fort avec Cairo Station (1958) en croisant le film noir et le néoréalisme italien. Non seulement il traite des laissés-pour-compte de la société égyptienne à la croisée des chemins, mais il le fait avec une assurance technique peu commune. Le cinéaste prouve même qu'il peut être un excellent acteur, campant avec verve l'antihéros face à la truculente Hind Rostom (la «Marilyn Monroe d'Arabie»). ****
mardi 7 juillet 2026
Film du jour: Broken Drum
Les enfants d'un riche chef d'entreprise cherchent à s'émanciper de leur père tyrannique dans Broken Drum (1949), une comédie dramatique de Keisuke Kinoshita. Libre et rebelle malgré sa prévisibilité et sa finale traditionnelle, le long métrage est capable de sauter de la prise de tête au burlesque en quelques secondes à peine. Tsumasaburo Bando est tout simplement parfait dans le rôle du vieil acariâtre. ***1/2
lundi 6 juillet 2026
Film du jour: The Last Stop in Yuma County
The Last Stop in Yuma County n'aurait pu qu'être un simple ersatz d'un film de Quentin Tarantino ou des frères Coen. Des étrangers sont réunis dans un diner et la tension finit par exploser. Mais grâce à un scénario joyeusement absurde, une mise en scène assurée de Francis Galluppi et une distribution réjouissante dominée par Jim Cummings, cela donne un divertissement exemplaire, drôle et violent à la fois. ***1/2
dimanche 5 juillet 2026
Au cinéma: Disclosure Day
Steven Spielberg renoue avec la science-fiction par l'entremise de Disclosure Day, un récit en forme de best of qui utilise le suspense afin de parler de la foi en l'humanité. Si le propos - tout comme le dernier acte - peut paraître naïf, la machine est particulièrement bien huilée et sa vision réchauffe le coeur, lui qui n'a toujours pas perdu son désir d'émerveillement en reconstituant un divertissement à l'ancienne. ***1/2
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samedi 4 juillet 2026
Au cinéma: The Invite
Remake d'un film espagnol, The Invite relate un souper entre voisins qui tourne au vinaigre. Hilarant lorsque les personnages sont en roue libre, plus lassant lorsque les conventions dramatiques apparaissent (les 20 dernières minutes), le long métrage à la réalisation vitaminée d'Olivia Wilde (l'idéal pour faire oublier les racines théâtrales du sujet) permet à son délicieux casting de délirer. Que l'on adhère ou pas à la proposition, le résultat est nettement plus satisfaisant que son remake français Et plus si affinités. ***
vendredi 3 juillet 2026
Au cinéma: Connemara
Nouvelle adaptation d'un roman de Nicolas Mathieu, Connemara ravive la flamme entre deux amis d'enfance. De la chimie palpable entre Mélanie Thierry et Bastien Bouillon à la mise en scène sensorielle d'Alex Lutz (le travail sur le montage est loin d'être banal), le long métrage fait tout pour faire oublier son scénario banal où le passage du temps et les classes sociales peuvent terrasser n'importe quel destin. De la poudre aux yeux? Tout à fait! **1/2
jeudi 2 juillet 2026
Au cinéma: Bouchra
Bouchra d'Orian Barki et Meriem Bennani est une animation qui sort du lot. Naviguant entre fiction et documentaire, entre confessions et recréations, le récit queer entraîne notre héroïne sur le parcours de son passé, tentant d'apaiser sa conscience envers sa mère. Mâtiné d'humour et de romance, bénéficiant d'images étonnantes, de mélodies entêtantes et d'un climat mélancolique à la Wong Kar-wai, l'effort séduit amplement malgré la confusion de son intrigue. ****
mercredi 1 juillet 2026
Au cinéma: François.e
Un scénariste cisgenre (interprété par Louis Morissette) se fait passer pour une femme trans afin de toucher des subventions. Telle est la prémisse de cette comédie québécoise superficielle et moralisatrice qui ne manque pas de clichés. Rarement drôle malgré ses clins d'oeil à Madame Doubtfire et Pretty Women, le récit simpliste est peuplé de personnages mal définis (à l'exception de l'excellente Pascale Drevillon) et d'une réalisation télévisuelle de la part de Jean-François Asselin. L'art de passer à côté de son sujet. **
mardi 30 juin 2026
Film du jour: Mon père, mon ombre
Le récit d'apprentissage vu par un enfant où la figure paternelle forme la métaphore d'un pays instable est un genre à soi. Ce qui permet à Mon père, mon ombre d'Akinola Davies de sortir du lot est de faire le portrait de la ville Lagos au Nigeria avec un surplus de poésie et de sensibilité, ne lésinant ni sur l'émotions ni sur des images à couper le souffle qui évoquent à la fois Moonlight et Cité de Dieu. ****
lundi 29 juin 2026
Film du jour: Hidden in the Fog
Sorte de Laura à la sauce suédoise, Hidden in the Fog (1953) de Lars-Eric Kjellgreen est un élégant film noir sur une femme qui est accusée d'avoir tué son mari. Malgré sa facture classique, le récit captive par le grand soin apporté à ses images, sa distribution solide et cette façon de traiter l'intime par le suspense. ***1/2
dimanche 28 juin 2026
You, Me & Tuscany (blu-ray)
Difficile de faire une comédie romantique plus générique que You, Me & Tuscany, alors qu'une Américaine de passage en Italie tombe finalement amoureuse d'un homme après s'être chamaillé avec lui pendant tout le film. Le scénario nage dans les clichés, la réalisation de Kat Coiro est particulièrement soporifique et la présentation du pays évoque les cartes postales les plus éculées. Il y a pourtant une chimie indéniable qui émane entre Halle Bailey et Regé-Jean Page qui en fait - presque - un plaisir coupable. L'édition blu-ray présentée par Universal ne manque pas de tonus sur le plan technique (soin apporté aux images et aux pistes sonores) et des suppléments (nombreux documentaires sur le tournage, piste de commentaire du cinéaste). **
Film du jour: Beijing Watermelon
Réputé pour ses films complètement cinglés (House, Hanagatami), Nobuhiko Obayashi adopte une approche sobre avec Beijing Watermelon (1989), relatant l'histoire vraie entre un maraîcher japonais et des étudiants chinois. Le film bienveillant à la Capra rappelle l'importance des bons sentiments et s'il a de la difficulté à évoluer au fil de son long cheminement, sa conclusion politique rappelle à quel point le réel implacable bouleverse tout, à la fois le cinéma et les êtres humains. ***1/2
samedi 27 juin 2026
Au cinéma: Coutures
Cinéaste au parcours sans faute, Alice Winocour (Revoir Paris) se fourvoie avec Coutures, un film choral conjugué au féminin où la vie doit primer en temps de guerre et de maladie. Superficiel, le récit multiplie les plans léchés et si le casting (qui comprend notamment Angelina Jolie, Louis Garrel et Vincent Lindon) impressionne, l'émotion manque dans ce mélo scolaire qui aimerait tant être ce qu'il n'est pas. **1/2
vendredi 26 juin 2026
Au cinéma: Promis le ciel
Le quotidien de trois immigrantes ivoiriennes est mise à rude épreuve dans une Tunisie fermée sur elle-même. Telle est la prémisse de Promis le ciel, le joli nouveau long métrage d'Erige Sehiri (Sous les figues) qui célèbre l'espoir, la sororité et la survie. Mise en scène soignée et interprètes énergiques suffisent à secouer ce drame un brin schématisé qui s'avère à la fois triste et attachant. ***1/2
jeudi 25 juin 2026
Au cinéma: Baise-en-ville
Martin Fauvat possède un don inné pour la comédie. Il faut le voir multiplier les séquences hilarantes dans Baise-en-ville tout en formant un duo irrésistible avec Emmanuelle Bercot. Si le film finit un peu par tourner en rond et que la mise en scène aurait pu être encore plus éclatée, son écriture riche promet le meilleur pour l'avenir. ****
mercredi 24 juin 2026
Au cinéma: The Furious
Peut-être bien le meilleur film d'action du siècle (désolé Mad Max: Fury Road et le diptyque The Raid), The Furious de Kenji Tanigaki est un feu roulant de cascades spectaculaires, de combats à couper le souffle, d’affrontements hors du commun et de sang versé. Les chorégraphies complètement folles laissent béat d'admiration et l'histoire volontairement simpliste n'a pas la prétention de se prendre au sérieux. John Wick peut aller se rhabiller. ****1/2
mardi 23 juin 2026
The Super Mario Galaxy Movie (blu-ray)
Suite du succès de 2023, The Super Mario Galaxy Movie est un film qui s'adresse presque exclusivement aux fans du jeu vidéo. Il n'y a pas tant d'histoire dans cette galère: qu'une succession de clins d'oeil qui font certes sourire, mais qui donne surtout l'impression d'étirer inutilement la sauce. En revanche, le blu-ray offre une qualité visuelle et sonore impressionnante, alors que cette édition offerte par Universal comprend une tonne de suppléments amusants (des documentaires, une liste des personnages, des oeufs de Pâques, etc.). **
Au cinéma: Victor comme tout le monde
Écrit par la regrettée Sophie Fillières et réalisé par Pascal Bonitzer, Victor comme tout le monde confronte Fabrice Luchini au mythe de l'auteur des Misérables, y intégrant même des passages de son spectacle théâtral. Si le film marqué du sceau #metoo ne manque ni d'humour ni de piquant, l'intrigue principale sous fond de paternité s'avère plaquée et ne lève qu'à moitié. **1/2
lundi 22 juin 2026
Au cinéma: Le chant des forêts
Vincent Munier (La panthère des neiges) est l'un des meilleurs documentaristes en activité. Il se surpasse avec Le chant des forêts, créant une réflexion personnelle et nécessaire sur la nature. S'il invite à se rapprocher de ce qui se passe sous nos yeux, il le fait en utilisant toutes les possibilités de son médium: en multipliant les images à couper le souffle et en remettant le son au coeur des enjeux. Voilà du cinéma poétique et d'un grand pouvoir d'évocation comme il s'en fait si peu. ****
dimanche 21 juin 2026
Au cinéma: Best Boy
C'est un véritable jeu de massacre que propose Jesse Noah Klein avec son nouveau film Best Boy, alors qu'une fratrie se dispute l'héritage de leur père décédé. Violent et hilarant, le récit qui n'est pas sans rappeler les vieux longs métrages de Yorgos Lanthimos séduit par sa mise en scène mais laisse quelque peu de glace avec son scénario superficiel et ses personnages déshumanisés. Ils sont cependant défendus par d'excellents comédiens. ***
Film du jour: Farewell to Spring
Keisuke Kinoshita filme mieux que personne le malheur qui s'abat sur des gens ordinaires. C'est le cas dans Farewell to Spring (1959) où une réunion de vieux amis tourne au vinaigre. Malgré une abondance de personnages et un récit qui s'éparpille, le film queer traite avec finesse et mélancolie des déceptions de la vie. Les images splendides ajoutent au charme certain à cette chronique que n'aurait pas reniée Nicholas Ray. ***1/2
samedi 20 juin 2026
Au cinéma: The Death of Robin Hood
Empruntant les codes du western crépusculaire, The Death of Robin Hood de Michael Sarnoski (Pig) est une réflexion mélancolique sur la vie et la mort. Sombre comme la violence qui y règne et le coeur de son antihéros (campé sobrement par Hugh Jackman), le récit fascinant et ennuyant à la fois est d'abord un trip esthétique tant ce sont les images uniques qui demeurent avec le spectateur longtemps après la tombée du générique. ***
vendredi 19 juin 2026
Au cinéma: Leviticus
Leviticus pourrait bien être le prochain It Follows. Un sentiment amoureux interdit dans une communauté religieuse australienne prend la forme d'une métaphore horrifique au sein de ce premier long métrage qui mélange romance, angoisse et commentaires sociaux. La réalisation d'Adrian Chiarella est efficace et poétique à la fois, tandis que Joe Bird (Talk to Me) domine une distribution sans fausse note. ****
jeudi 18 juin 2026
Au cinéma: Un été en hiver
La douceur est au coeur d'Un été en hiver, le plus récent film de Sho Miyake (All the Long Nights) qui s'est mérité le Léopard d'Or à Locarno en 2025. Deux histoires touchantes et mélancoliques se déroulent dans des décors majestueux où la beauté du quotidien se mélange à la solitude en place. Le rythme contemplatif ponctué de quelques mises en abyme et l'interprétation aérée en font une oeuvre délicate qui enivre longtemps avant la fin. ***1/2
mercredi 17 juin 2026
Au cinéma: Love Letter
Qui dit que les films sirupeux ne sont pas, parfois mais rarement, succulents? C'est le cas de Love Letter qui est présenté ces jours-ci au cinéma dans une superbe restauration 4K. Ce classique japonais de 1995 débute comme du Kieslowski avec une réflexion sur le hasard, avant de se muter en drame adolescents sentimentaux et de se terminer en mélo. Malgré les nombreuses variations, le cinéaste Shunji Iwai filme mieux que personne les tourments de l'âge ingrat et il offre de superbes plans enneigés où mélancolie et espoir de beaux lendemains ne font qu'un. Au Cinéma Moderne. ****
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