Après son décevant film de commande Peter Pan & Wendy, David Lowery se reprend avec Mother Mary, un délire qui ne fera pas l'unanimité. À la fois psychodrame, musical et long métrage de sorcières, le récit fascine allègrement, débutant dans le huis clos verbeux pour mieux épouser le fantastique symbolique. S'il est question des affres de la création et de liens brisés entre deux âmes errantes, la production énigmatique à souhait compense ses faiblesses scénaristiques pour en mettre plein la vue et les oreilles. Anne Hathaway et Michaela Coel offrent des performances dantesques dans ce qui se révèle un mélange entre Sonate d'automne et Suspiria. ***1/2
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mercredi 29 avril 2026
dimanche 26 septembre 2021
Film du jour: The Year of the Everlasting Storm
Films à sketchs tournés pendant la pandémie (et ayant souvent comme sujet l'isolement), The Year of the Everlasting Storm s'échappe du cliché habituel - «c'est toujours un peu inégal» - pour embrasser une multitude de visions uniques. Cela commence en trombe par une citation de Bresson, puis le magnifique varan de Jafar Panahi et les familles fragiles d'Anthony Chen et Malik Vitthal, avant d'opter pour l'errance de Dominga Sotomayor et le mystère de David Lowery. De son côté, Laura Poitras continue d'explorer les méandres des écoutes illicites, avant que Apichatpong Weerasethakul conclut le tout avec des moustiques qui passent leur temps à errer sur un lit! Comme expérience transcendante, cela en est toute une. ***
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jeudi 29 juillet 2021
Film du jour: The Green Knight
David Lowery est un des meilleurs cinéastes américains en activité. Qu'il touche au cinéma intimiste (Ain't Them Bodies Saint, A Ghost Story) ou plus ludique (Pete's Dragon, The Old Man & the Gun), il le fait avec le même talent, le même amour du médium. Dans The Green Knight, il adapte un poème arthurien avec ferveur et virtuosité (le spectre de Kubrick n'est pas loin), continuant sa réflexion sur le temps et la vie/mortalité qui lui est si importante. Le film en impose techniquement, et s'il tarde quelque peu à démarrer, la présence impériale de Dev Patel marquera les esprits. Définitivement un des grands opus de l'année. ****
dimanche 28 octobre 2018
Les films préférés de... David Lowery
En l'espace de quelques longs métrages seulement (pensons à Ain't Them Bodies Saint et A Ghost Story), David Lowery est devenu un des cinéastes américains les plus importants de la présente décennie. J'ai pu lui parler pour la sortie de son jubilatoire The Old Man & the Gun (mon entrevue) et je lui ai demandé quels étaient ses films fétiches...
« McCabe & Mrs. Miller a toujours été un de mes films préférés. J'ai
grandi avec des posters de ce film sur mes murs. Il y a aussi Buffalo '66 de Vincent Gallo.
Habituellement, j'y vais avec Barry Lyndon. Mais puisque j'ai vu une
nouvelle copie, je dirais que 2001
est mon film favori de Kubrick! (rires) Je passe de l'un à l'autre régulièrement.
Comme 2001 est un des premiers films
que j'ai vu aussi, il demeure très important pour moi.
Quoi d'autre... There Will Be Blood est un des films récents qui se retrouvent
parmi mes oeuvres préférées. Je suis également un grand fan de Claire Denis.
J'ai revu Beau travail récemment et
je l'adore. Mon préféré d'elle est toutefois 35 rhums. Je dois voir High
Life très bientôt et j'ai bien hâte.
Il y a aussi Step Brothers, le film avec Will Ferrell. C'est un de mes
favoris. Ça surprend toujours tout le monde lorsque je le dis! (rires) »
samedi 13 octobre 2018
Sorties au cinéma: First Man, The Sisters Brothers, Au poste!, The Old Man and the Gun, Free Solo, Bad Times at the El Royale, Birdboy: The Forgotten Children, Fireworks, Volontaire, Matangi Maya M.I.A., American Chaos, Bigger
Plusieurs cinéastes talentueux croisent le fer cette semaine dans un cinéma près de chez vous.
First Man: Suite au triomphe mérité de La La Land, Damien Chazelle pouvait tout se permettre. Contre toutes attentes, il débarque avec un anti-biopic sur Neil Armstrong qui n'a absolument rien de glamour. La solitude et la mort sont de tous les plans, alors que la caméra perpétuellement en mouvement rappelle au contraire la présence de la vie. D'une histoire universelle, il pond un drame familial extrêmement intime, dans la tradition d'Apollo 13 et, surtout, de Terrence Malick. Et si le grand public risque de détourner le regard, le cinéphile sera en orbite. ***1/2
The Sisters Brothers: Pour son premier film en anglais avec des vedettes hollywoodiennes, Jacques Audiard aurait pu se perdre. Au contraire, il propose un faux western bien personnel, parsemé d'éclats de rires et de violence, où l'on retrouve tous ses thèmes fétiches. Les fans de John C. Reilly ne le verront d'ailleurs plus du même oeil. ***1/2
Ma critique
Au poste!: Quentin Dupieux persiste et signe avec ce qui est à ce jour son meilleur opus. En se moquant de tout avec une intelligence féroce (le polar, les discussions sans fin, le septième art français), le maître de l'absurde multiplie les fantaisies insolites, rappelant que les meilleures farces sont souvent les plus courtes. Et l'effort se bonifie au fil des visionnements. Brillant! ***1/2
The Old Man and the Gun: Après son immense A Ghost Story, le réalisateur David Lowery revient à un cinéma plus ludique et accrocheur, toujours mélancolique mais où l'on rit et sourit allègrement Une première chez lui! Cette réflexion sur le temps qui passe est surtout l'occasion d'offrir un rôle en or à Robert Redford qui brille comme jamais. ***
Free Solo: Si leur précédent Meru était haletant, le tandem Elizabeth Chai Vasarhelyi et Jimmy Chin se surpasse avec leur nouveau documentaire, qui suit cette fois un homme qui aime gravir des sommets sans s'attacher! La tension est dans le tapis, faisant vite oublier la réalisation qui ne s'éloigne guère des standards télévisuels. ***
Bad Times at the El Royale: Autant le précédent et jouissif The Cabin in the Woods de Drew Goddard jouait adroitement avec les genres, autant son petit nouveau laisse un peu sur sa faim dans sa façon d'imiter Quentin Tarantino. Mais on finit par s'y amuser, gracieuseté d'une distribution à tout casser. ***
Ma critique
Birdboy: The Forgotten Children: À ne montrer à aucun enfant, cette fable d'Alberto Vazquez et Pedro Rivero que Fantasia a diffusée l'année dernière est une animation morbide sur de jeunes animaux qui tentent de survivre dans un monde inquiétant. Peuplé de visions alarmantes, ce dessin animé techniquement impressionnant séduit amplement même s'il a tendance à se perdre en chemin. ***
Fireworks: Tirée d'une célèbre série télévisée des années 90, cette création de Akiyuki Shinbo et Nobuyuki Takeuchi qui a été présentée l'été dernier à Fantasia est une animation japonaise extrêmement romancée sur les amourettes d'adolescents et cette possibilité de revenir dans le temps. Un bonbon sucré pas désagréable mais qui finit par peser et qui ne convainc pas totalement avec ses individus superficiels et son graphisme soigné dont les incursions 3D mal imbriquées sautent aux yeux. **1/2
Volontaire: En s'attaquant à la place des filles dans la marine, Hélène Fillières propose un long métrage bien attentionné mais un peu lisse, qui demeure trop loin des zones d'ombre. Reste la joie de revoir le trop rare Lambert Wilson dans un rôle sous-développé et la toujours pétillante Diane Rouxel. **1/2
Matangi/Maya/M.I.A: Réalisé par un vieil ami de la chanteuse, ce documentaire impressionniste prend la forme d'une hagiographie bien sage, où l'on n'apprend finalement presque rien de la star, si ce n'est son engagement social. La musique fait cependant son effet. **1/2
American Chaos: Pourquoi les gens ont-ils voté pour Trump? C'est ce que se demande James D. Stern dans ce documentaire partisan, éclairant mais parfois trop brouillon, qui n'est jamais sauvé par une facture visuelle assez terne. Dès le 15 octobre. **1/2
Bigger: Histoire vraie sur deux frères Montréalais qui se sont construits un véritable empire, ce téléfilm déguisé de la part de George Gallo prend tout au premier degré, oubliant du coup la profondeur de ses thèmes et la complexité de ses personnages. **
Du 16 au 19 octobre, le Musées des beaux-arts de Montréal accueille également le Festival de Film Au Contraire qui tente de briser les tabous sur la maladie mentale.
The Sisters Brothers: Pour son premier film en anglais avec des vedettes hollywoodiennes, Jacques Audiard aurait pu se perdre. Au contraire, il propose un faux western bien personnel, parsemé d'éclats de rires et de violence, où l'on retrouve tous ses thèmes fétiches. Les fans de John C. Reilly ne le verront d'ailleurs plus du même oeil. ***1/2
Ma critique
Au poste!: Quentin Dupieux persiste et signe avec ce qui est à ce jour son meilleur opus. En se moquant de tout avec une intelligence féroce (le polar, les discussions sans fin, le septième art français), le maître de l'absurde multiplie les fantaisies insolites, rappelant que les meilleures farces sont souvent les plus courtes. Et l'effort se bonifie au fil des visionnements. Brillant! ***1/2
The Old Man and the Gun: Après son immense A Ghost Story, le réalisateur David Lowery revient à un cinéma plus ludique et accrocheur, toujours mélancolique mais où l'on rit et sourit allègrement Une première chez lui! Cette réflexion sur le temps qui passe est surtout l'occasion d'offrir un rôle en or à Robert Redford qui brille comme jamais. ***
Free Solo: Si leur précédent Meru était haletant, le tandem Elizabeth Chai Vasarhelyi et Jimmy Chin se surpasse avec leur nouveau documentaire, qui suit cette fois un homme qui aime gravir des sommets sans s'attacher! La tension est dans le tapis, faisant vite oublier la réalisation qui ne s'éloigne guère des standards télévisuels. ***
Bad Times at the El Royale: Autant le précédent et jouissif The Cabin in the Woods de Drew Goddard jouait adroitement avec les genres, autant son petit nouveau laisse un peu sur sa faim dans sa façon d'imiter Quentin Tarantino. Mais on finit par s'y amuser, gracieuseté d'une distribution à tout casser. ***
Ma critique
Birdboy: The Forgotten Children: À ne montrer à aucun enfant, cette fable d'Alberto Vazquez et Pedro Rivero que Fantasia a diffusée l'année dernière est une animation morbide sur de jeunes animaux qui tentent de survivre dans un monde inquiétant. Peuplé de visions alarmantes, ce dessin animé techniquement impressionnant séduit amplement même s'il a tendance à se perdre en chemin. ***
Fireworks: Tirée d'une célèbre série télévisée des années 90, cette création de Akiyuki Shinbo et Nobuyuki Takeuchi qui a été présentée l'été dernier à Fantasia est une animation japonaise extrêmement romancée sur les amourettes d'adolescents et cette possibilité de revenir dans le temps. Un bonbon sucré pas désagréable mais qui finit par peser et qui ne convainc pas totalement avec ses individus superficiels et son graphisme soigné dont les incursions 3D mal imbriquées sautent aux yeux. **1/2
Volontaire: En s'attaquant à la place des filles dans la marine, Hélène Fillières propose un long métrage bien attentionné mais un peu lisse, qui demeure trop loin des zones d'ombre. Reste la joie de revoir le trop rare Lambert Wilson dans un rôle sous-développé et la toujours pétillante Diane Rouxel. **1/2
Matangi/Maya/M.I.A: Réalisé par un vieil ami de la chanteuse, ce documentaire impressionniste prend la forme d'une hagiographie bien sage, où l'on n'apprend finalement presque rien de la star, si ce n'est son engagement social. La musique fait cependant son effet. **1/2
American Chaos: Pourquoi les gens ont-ils voté pour Trump? C'est ce que se demande James D. Stern dans ce documentaire partisan, éclairant mais parfois trop brouillon, qui n'est jamais sauvé par une facture visuelle assez terne. Dès le 15 octobre. **1/2
Bigger: Histoire vraie sur deux frères Montréalais qui se sont construits un véritable empire, ce téléfilm déguisé de la part de George Gallo prend tout au premier degré, oubliant du coup la profondeur de ses thèmes et la complexité de ses personnages. **
Du 16 au 19 octobre, le Musées des beaux-arts de Montréal accueille également le Festival de Film Au Contraire qui tente de briser les tabous sur la maladie mentale.
Libellés :
Audiard,
Chazelle,
Critiques,
Dupieux,
Fantasia 2018,
FNC 2018,
Lowery,
Sorties Cinéma de la semaine
jeudi 6 mars 2014
Film du jour: St. Nick
Premier long métrage de David Lowery (Ain't Them Bodies Saint), St. Nick est la croisade de deux enfants qui errent dans le bois et dans des lieux abandonnés. À partir d'une prémisse extrêmement mince, le cinéaste offre une oeuvre visuellement et musicalement impressionnante, où les magnifiques paysages ne font qu'un avec le silence ambiant. L'exercice atteint rapidement ses limites, mais il s'agit tout de même une belle carte de visite où l'on sent déjà un véritable style. ***
dimanche 2 mars 2014
Film du jour: Ain't Them Bodies Saints
David Lowery. Retenez bien ce nom, car monsieur sera bientôt un grand cinéaste. Du moins si l'on peut se fier à son dernier film Ain't Them Bodies Saints qui aurait facilement eu sa place aux Oscars et qui raconte l'histoire d'amour maudite entre une mère de famille et son époux en prison qui trouve le moyen de s'évader. Malgré une histoire conventionnelle et quelques longueurs, le réalisateur insuffle un souffle romanesque à son récit, évoquant allègrement le cinéma de Malick et celui des années 70. À ce chapitre, les images sont à couper le souffle et le duo formé de Casey Affleck et de Rooney Mara fonctionne plutôt bien. Lorsque l'atmosphère prend le dessus sur le reste. ***1/2
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