samedi 22 août 2026

Au cinéma: Hemela


Doux portrait de la propriétaire du mythique Byblos, Hemela de Pirouz Nemati alterne entre l'anecdotique et l'essentiel afin de cerner le parcours de cette femme d'exception. Si la forme classique ne casse rien, le retour vers le passé d'une Iran bien différente mérite le détours. C'est là que finit par jaillir l'émotion et l'âme du documentaire. ***

vendredi 21 août 2026

Au cinéma: Insidious: Out of the Further (critique)


Peut-être que les attentes n'étaient pas élevées, mais Insidious: Out of the Further est probablement le meilleur épisode de la série depuis l'original. Ce sixième épisode ne réinvente pas la route et il est parfois risible, mais le réalisateur Jacob Chase sait comment maîtriser les scènes d'épouvante et il ne se prend surtout pas au sérieux. Ma critique complète est à lire sur Cinoche. ***

jeudi 20 août 2026

Film du jour: Rosebush Pruning


Cela ne s'arrange pas pour Karim Aïnouz. Après ses décevants Motel Destino et Firebrand, le voici collaborer avec le scénariste de Yanthimos pour Rosebush Pruning, qui s'inspire librement du chef-d'oeuvre Les poings dans les poches de Bellochio. La famille consanguine qui se dévore comme des loups est à ce point déshumanisante, la charge satirique si lourde et appuyée que c'est la vacuité et la vulgarité qui mènent le bal (on retiendra à ce chapitre une séance de brossage de dents). Dommage... car l'interprétation d'ensemble était satisfaisante et la mise en scène élaborée, à la fois dans sa photographie soignée et ses choix musicaux (Pet Shop Boys!). À découvrir dès demain sur Mubi. **

mercredi 19 août 2026

Au cinéma: Teenage Sex and Death at Camp Miasma


Après deux drames marquants (dont le sommet est I Saw the TV Glow), Jane Schoenbrun se tourne vers la comédie avec Teenage Sex and Death at Camp Miasma, un délire méta queer horrifique qui propose de multiples registres de lectures. Se perdre dans ce labyrinthe que n'aurait pas renié David Lynch et Satoshi Kon est un immense plaisir intellectuel et si le rythme se veut parfois laborieux, l'originalité du discours et la présence de la trop rare Gillian Anderson en mystérieuse «final girl» ajoute au plaisir en place. L'art d'être ludique et profond à la fois. ****

mardi 18 août 2026

L'étranger (blu-ray)


François Ozon adapte le chef-d'oeuvre L'étranger (The Stranger en version originale) de Camus en l'adoptant au goût du jour. Benjamin Voisin est parfait dans le rôle-titre et si la transposition au rythme ankylosé n'est pas toujours subtile, la photographie en noir et blanc est sublime. Elle est rehaussée par les qualités techniques de cette édition Blu-ray de Music Box Films, qui comporte des entrevues avec le cinéaste, la vedette masculine et l'actrice Rebecca Marder, ainsi que des scènes coupées et ratées, un documentaire sur les costumes et la lumière, et des posters. Ma critique complète est à lire ici.

Au cinéma: Le château d'Arioka


À mi-chemin entre Le château de l'araignée d'Akira Kurosawa et un épisode de Colombo, Le château d'Arioka de Kiyoshi Kurosawa interroge la notion de pouvoir et de traditions dans un Japon féodal qui est tout aussi barbare que le nôtre. Dense et verbeux, doté d'un humour inédit chez le vétéran cinéaste, le récit est mené de main de maître avec ses multiples rebondissements et l'interprétation s'avère de premier ordre. ****

lundi 17 août 2026

Jeunes mères (dvd)


Prix du scénario à Cannes en 2025, Jeunes mères (Young Mothers en version anglaise) est un nouveau film touchant des frères Dardennes, qui suivent cette fois la maternité de quatre femmes. Dans leur style habituel, les frangins vont au coeur de l'émotion et si pour une rare fois une des histoires est moins forte que les autres, ce faux pas est racheté par le brio de l'interprétation et ce mélange de rigueur et de douceur qui va droit au coeur. L'édition dvd signée par Music Box Films contient un instructif questions/réponses avec Luc et Jean-Pierre Dardenne, ainsi qu'une bande-annonce et une galerie de photographies. ***1/2

Au cinéma: Spider-Man: Brand New Day


Après une série de Spider-Man léger et adolescent à l'intérêt limité, les aventures de l'homme-araignée sont enfin gratifiées d'un épisode de qualité. Brand New Day ne brille pas tant par son originalité que par le désir d'aborder des thèmes plus sombres et sérieux. Le mélange entre l'humour et l'action est au point, la réalisation dynamique de Destin Daniel Cretton de meilleure qualité que celle de son prédécesseur et même Tom Holland paraît inspiré en héros enfin torturé. ***1/2

dimanche 16 août 2026

Film du jour: Wuthering Heights


Sans doute l'adaptation cinématographique la plus clivante du chef-d'oeuvre d'Emily Bronté, le Wuthering Heights (2026) d'Emerald Fennell est un bonbon pop sucré et superficiel qui privilégie sa mise en scène fastueuse au détriment des thèmes abordés qui sont au mieux simplifiés et au pire sacrifiés. Si la chimie entre Margot Robbie et Jacob Elordi est palpable, le romantisme exacerbé finit par être sirupeux, noyant au passage l'émotion et l'intérêt du projet. **1/2

samedi 15 août 2026

Au cinéma: La bataille de Gaulle: résistance (critique)


Premier volet d'un diptyque consacré à l'immense homme politique français, La bataille de Gaulle: résistance d'Antonin Baudry est coincé entre l'hagiographie dégoulinante et le biopic amusant. L'ensemble ambitieux n'est pas toujours convaincant, mais Simon Abkarian s'avère brillant dans le rôle-titre. Ma critique est à lire sur Cinoche. ***

vendredi 14 août 2026

Au cinéma: Kika (critique)


Reprendre le contrôle

Des personnes en situation d'itinérance (Dormir, dormir dans les pierres) à celles qui sont victimes de viol (Sans frapper) en passant par la vocation de soignants (Sauve qui peut), les sujets des documentaires sociaux et humains d'Alexe Poukine sont toujours empreints d'empathie. Kika, son premier long métrage de fiction, ne fait pas exception. Après la mort de son compagnon, une assistante sociale (Manon Clavel) est happée par la précarité. Elle est enceinte, son compagnon vient de mourir et elle doit trouver un appartement convenable afin de prendre soin de sa fille née d'une précédente union.

Tous les ingrédients sont là pour un film lourd et manipulateur dans la lignée de ceux des frères Dardenne. Il n'y a toutefois pas de place pour le pathos dans cette oeuvre réaliste empreinte d'échappées magiques. Le tout débute par une romance qui s'annonce sans frapper, présentant une héroïne qui suit ses désirs au lieu de sa raison. Puis le récit se transforme en épreuves du quotidien, où les pulsions de vie sont souvent alimentées d'un humour désespéré. La mise en scène tonique aux ellipses puissantes et aux mélodies virevoltantes participent à ce sentiment que l'espoir est là, au bout du chemin.

Kika trouve son salut en s'aventurant dans le monde des travailleuses du sexe. Elle y pénètre sans doute trop facilement, curieuse de découvrir ce qui se cache derrière ces portes closes, finissant par y prendre part sans jamais dépasser ses propres limites. Cela donne des scènes insolites et d'autres d'anthologie, comme celle où elle vend ses culottes souillées. La cinéaste observe ses personnages sans les juger, développant une communauté féminine centrée sur l'écoute et l'entraide. La protagoniste est d'ailleurs bien entourée d'amis et de parents qui prennent soin d'elle, ce qui lui permet de ne pas sombrer ou d'éviter de se retirer de ce monde absurde et arbitraire.

Plus l'intrigue se développe et plus elle suit des chemins imprévisibles, insoupçonnés. Le scénario s'attarde aux fantasmes des clients vulnérables qui cherchent à s'échapper de leur solitude et de leur quotidien grâce à l'univers BDSM. S'il y a matière à rire comme chez Belle de jour de Luis Bunuel, les malaises en place sont plus près de ceux développés par Denis Côté qu'Ulrich Seidl. Lors d'une séquence chargée en émotions fortes, l'assistante sociale décide d'y participer. Le plan est long et il est intense. C'est là que l'héroïne peut finalement partager ses propres douleurs. Face à la mort et au sort qui s'acharne sur elle, elle arrive à reprendre le contrôle de son existence. Kika n'est plus une simple passagère sur une bicyclette comme dans la première scène du film, mais elle est dorénavant aux commandes.

Moins exubérante que la Kika de Pedro Almodovar, celle d'Alexe Poukine - une des plus belles héroïnes à voir le jour au cinéma depuis des lustres - s'avère tout aussi magnifique et la réussite du long métrage doit beaucoup à la performance magistrale de Manon Clavel, qui a été nommée pour ce rôle au César comme meilleur espoir féminin. Petite, frêle, avec son physique atypique et sa voix unique, l'actrice découverte dans La vérité d'Hirokazu Kore-eda est irrésistible. Elle semble porter le poids du monde sur ses épaules et son énergie demeure communicative. Que les émotions déployées soient fortes ou subtiles, rien n'est à son épreuve. Elle est à l'image de ce film tendre et casse-gueule - il faut du culot pour pondre une comédie dramatique sur la précarité - qui évolue et se redéfinit constamment, avec une sensibilité et une humanité qui l'honorent. Des destins qui déraillent comme celui de Kika, il y en a plein et privilégier la fiction au détriment du documentaire permet de traiter ce sujet triste d'une manière lumineuse et audacieuse.

4/5

jeudi 13 août 2026

Au cinéma: Un monde fragile et merveilleux


L'amour en temps de guerre n'est pas le plus neuf des sujets. Cyril Aris en propose pourtant une version touchante et énergique par l'entremise d'Un monde fragile et merveilleux, une comédie dramatique et mélancolique où brille l'incandescente Mounia Akl et un Liban résilient qui englobe tout de sa lumière unique. En salle dès demain. ***1/2

mercredi 12 août 2026

Au cinéma: Classe moyenne


L'éternelle lutte des classes se voit gratifiée d'un épisode rigolo mais dénué d'humanité dans Classe moyenne, où tout le monde cherche à s'en mettre plein les poches. Cet ersatz de Parasite ou du cinéma de Claude Chabrol bénéficie d'une distribution soignée et d'une réalisation de métier d'Antony Cordier, mais également d'un scénario superficiel qui verse rapidement dans l'outrance et la facilité. En salle dès vendredi. **1/2

mardi 11 août 2026

Film du jour: Farewell to Dream


77 minutes. Il n'en faut pas plus pour Keisuke Kinoshita pour traiter par l'entremise de son superbe Farewell to Dream (1956) de la fin des idéaux, de la transformation du Japon de l'après-guerre, de l'émergence du capitalisme et de cette génération sacrifiée. Tout cela par l'entremise d'un récit d'apprentissage d'une grande beauté plastique qui flirte avec le mélo sans jamais s'y engouffrer totalement. ****

lundi 10 août 2026

Au cinéma: Tissé serré


Inspiré d'une histoire vraie, Tissé serré d'Harrison Houde explore par l'entremise d'une relation père/fils l'enfer du fentanyl. Un sujet sensible et important qui prend la forme d'une comédie lourde et dingue. Emmanuel Bilodeau en fait des tonnes dans le rôle titre et sa sensibilité naturelle n'arrive pas à tirer le scénario inconséquent du bon bord, ni à faire oublier la mise en scène rudimentaire. **

dimanche 9 août 2026

Au cinéma: T'as pas changé


Énième comédie mélancolique façon The Big Chill et Les petits mouchoirs sur le temps qui passe, T'as pas changé de Jérôme Commandeur multiplie les clichés jusqu'à plus soif. Si la distribution affiche une belle cohésion (Laurent Lafitte finit toutefois par voler la vedette à Vanessa Paradis et François Damiens), la mise en scène demeure fonctionnelle et le rire pas aussi présent qu'espéré. **1/2

samedi 8 août 2026

Au cinéma: L'héritier des secrets (critique)


Éclairante coproduction québécoise sur la famille et l'identité, L'hériter des secrets de Mohamed Nadif se veut parfois trop littéraire et didactique, mais il parvient à éclairer des réalités complexes grâce à ses beaux personnages interprétés par ses excellents comédiens. Ma critique est à lire sur Cinoche. ***

vendredi 7 août 2026

Au cinéma: Le rire et le couteau


Remarqué à Cannes en 2025 et lauréat de la Louve d'Or au FNC l'année dernière, Le rire et le couteau est une oeuvre généreuse de la part de Pedro Pinho, autant dans sa durée (3h37 minutes) que dans les genres explorés. Si la venue d'un ingénieur portugais en Guinée-Bissau est le prétexte idéal pour parler de colonialisme à l'aide de brillants dialogues, la sensualité qui se dégage des corps en mouvement rapproche l'effort du cinéma de Kechiche et de Claire Denis. ****1/2

jeudi 6 août 2026

Au cinéma: Rose of Nevada


Après ses fascinants Bait et Enys Men, Mark Jenkin complète sa trilogie marine avec Rose of Nevada, une nouvelle oeuvre hypnotisante qui interroge la notion de mémoire et d'environnement à travers un étonnant voyage dans le temps. La splendide mise en scène issue d'une autre époque est en phase avec le sujet mélancolique et l'interprétation stoïque des talentueux comédiens. ****

mercredi 5 août 2026

Au cinéma: Sheep in the Box


17 ans après Air Doll, Hirokazu Kore-eda renoue avec la science-fiction par l'entremise de Sheep in the Box, où des parents accueillent un robot qui ressemble à leur garçon décédé. Plus doux et enveloppant que le  A.I de Spielberg, le récit interroge la notion d'humanité en proposant un retour à la nature. S'il ne s'agit pas du film le plus rythmé du réalisateur et que le dernier tiers qui embrasse le conte pourra surprendre, il s'agit d'une oeuvre lumineuse et sentimentale sur les bienfaits de l'intelligence artificielle. ***1/2

mardi 4 août 2026

Pressure (blu-ray)

Basé sur une pièce de théâtre qui est inspirée d'une histoire vraie, Pressure (2026) d'Anthony Maras relate les luttes de coulisses entre météorologistes et l'armée américaine afin de choisir la meilleure date permettant le jour J qui a permis de refouler les forces allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale. Souvent enlevant, ce drame de chambre est porté par la forte interprétation d'Andrew Scott et si l'ensemble conventionnel se dégonfle dans le dernier tiers, il ne manque pas d'intérêt, rappelant la nécessité de s'appuyer sur une information véridique. L'édition blu-ray d'Universal aux images soignées et aux pistes sonores de qualité peuvent compter sur un documentaire sur le tournage et un essai plus instructif sur ce moment important de l'Histoire. ***

Film du jour: Mercy


Sorti en début d'année, Mercy a mordu la poussière. Ce n'est pas surprenant pour ce suspense à l'ère de l'I.A. qui ressemble à plein de films (Minority Report, The Fugitive, RocoCop...). Mais à quoi fallait-il s'attendre de cette série B signée Timur Bekmambetov ? La mise en scène lourde et clinquante est en phase avec son sujet, et si Chris Pratt semble dépassé par les événements, le divertissement finit par opérer. Il faut seulement ne rien prendre au sérieux et laisser son cerveau au vestiaire. **

lundi 3 août 2026

Au cinéma: Her Private Hell


Her Private Hell est sans aucun doute le long métrage le plus original de l'année. Nicolas Winding Refn n'a que faire de la narrativité et de la profondeur. Tout ce qui l'intéresse est le style et l'ambiance. Il frappe un grand coup avec cette oeuvre d'une richesse visuelle et musicale hors norme. Entre le conte, le giallo et le film de yakuzas, il convoque les esprits de Lynch, Jodorowsky et Mandico pour un délire ludique complètement kitsch, impossible à prendre au sérieux. ***

dimanche 2 août 2026

Au cinéma: I Want Your Sex


Pour son premier long métrage en 12 ans, Gregg Araki s'intéresse aux relations de pouvoirs et aux préférences sexuelles de la jeune génération. Si I Want Your Sex fait amplement sourire et surprend constamment, la farce tourne court par sa superficialité et ses répétitions. L'interprétation est toutefois impeccable et le réalisateur soigne sa mise en scène même si l'ensemble s'avère bien mineur dans sa filmographie. ***

samedi 1 août 2026

Au cinéma: La vénus électrique


Pierre Salvadori devrait tourner plus souvent avec Pio Marmaïs. Après son sublime En liberté!, place à La vénus électrique, un nouveau film sur le mensonge qui est tout ce que La venue de l'avenir de Cédric Klapsich aurait dû être: drôle, coquin, romantique, coloré et souvent jouissif. Si le film traîne un peu en longueur, il est sublimé par sa mise en scène qui met sur un piédestal la beauté et ses exquis personnages féminins. ***1/2