C'est un véritable jeu de massacre que propose Jesse Noah Klein avec son nouveau film Best Boy, alors qu'une fratrie se dispute l'héritage de leur père décédé. Violent et hilarant, le récit qui n'est pas sans rappeler les vieux longs métrages de Yorgos Lanthimos séduit par sa mise en scène mais laisse quelque peu de glace avec son scénario superficiel et ses personnages déshumanisés. Ils sont cependant défendus par d'excellents comédiens. ***
dimanche 21 juin 2026
Film du jour: Farewell to Spring
Keisuke Kinoshita filme mieux que personne le malheur qui s'abat sur des gens ordinaires. C'est le cas dans Farewell to Spring (1959) où une réunion de vieux amis tourne au vinaigre. Malgré une abondance de personnages et un récit qui s'éparpille, le film queer traite avec finesse et mélancolie des déceptions de la vie. Les images splendides ajoutent au charme certain à cette chronique que n'aurait pas reniée Nicholas Ray. ***1/2
samedi 20 juin 2026
Au cinéma: The Death of Robin Hood
Empruntant les codes du western crépusculaire, The Death of Robin Hood de Michael Sarnoski (Pig) est une réflexion mélancolique sur la vie et la mort. Sombre comme la violence qui y règne et le coeur de son antihéros (campé sobrement par Hugh Jackman), le récit fascinant et ennuyant à la fois est d'abord un trip esthétique tant ce sont les images uniques qui demeurent avec le spectateur longtemps après la tombée du générique. ***
vendredi 19 juin 2026
Au cinéma: Leviticus
Leviticus pourrait bien être le prochain It Follows. Un sentiment amoureux interdit dans une communauté religieuse australienne prend la forme d'une métaphore horrifique au sein de ce premier long métrage qui mélange romance, angoisse et commentaires sociaux. La réalisation d'Adrian Chiarella est efficace et poétique à la fois, tandis que Joe Bird (Talk to Me) domine une distribution sans fausse note. ****
jeudi 18 juin 2026
Au cinéma: Un été en hiver
La douceur est au coeur d'Un été en hiver, le plus récent film de Sho Miyake (All the Long Nights) qui s'est mérité le Léopard d'Or à Locarno en 2025. Deux histoires touchantes et mélancoliques se déroulent dans des décors majestueux où la beauté du quotidien se mélange à la solitude en place. Le rythme contemplatif ponctué de quelques mises en abyme et l'interprétation aérée en font une oeuvre délicate qui enivre longtemps avant la fin. ***1/2
mercredi 17 juin 2026
Au cinéma: Love Letter
Qui dit que les films sirupeux ne sont pas, parfois mais rarement, succulents? C'est le cas de Love Letter qui est présenté ces jours-ci au cinéma dans une superbe restauration 4K. Ce classique japonais de 1995 débute comme du Kieslowski avec une réflexion sur le hasard, avant de se muter en drame adolescents sentimentaux et de se terminer en mélo. Malgré les nombreuses variations, le cinéaste Shunji Iwai filme mieux que personne les tourments de l'âge ingrat et il offre de superbes plans enneigés où mélancolie et espoir de beaux lendemains ne font qu'un. Au Cinéma Moderne. ****
mardi 16 juin 2026
Film du jour: The Garden of Women
Film profondément féministe sur le désir de liberté d'étudiantes japonaises, The Garden of Women (1954) ne manque pas de complexité dans la multiplication de ses intrigues. Si l'ensemble traîne quelque peu en longueur, la tension mélodramatique va à crescendo et Hideko Takamine campe l'une des plus belles héroïnes de l'univers de Keisuke Kinoshita. ***1/2
lundi 15 juin 2026
Film du jour: Obsession
Véritable phénomène, Obsession de Curry Barker croise romance et épouvante avec une efficacité indéniable. Malgré des moyens limités, ce premier long métrage arrive à glacer le sang - et à provoquer de nombreux fous rires - dans sa façon de confronter sa victime masculine aux horreurs quotidiennes de victimes - généralement féminines - prisonnières de relations toxiques. La mise en scène sèche provoque les sursauts requis et Inde Navarrette livre une prestation inoubliable. ***1/2
dimanche 14 juin 2026
Au cinéma: Carolina Caroline
Reprenant le canevas de Bonnie & Clyde et de Badlands, Carolina Caroline d'Adam Carter Rehmeier privilégie la romance à la violence en tentant de permettre l'émancipation d'une jeune femme dans une Amérique dénuée d'espoirs. Le récit prévisible fait rapidement du surplace, mais il est alimenté d'une mise en scène dynamique très seventies et d'un duo particulièrement convaincant formé de Samara Weaving et de Kyle Gallner. ***
samedi 13 juin 2026
Au cinéma: Nervures (critique)
Rare film d'horreur québécois à la sauce écologique, Nervures de Raymond St-Jean convainc davantage par son trip esthétique et sonore que son intrigue tirée par les cheveux. Les deux têtes d'affiche se donnent toutefois sans compter, alors que les maquillages et effets spéciaux rendent efficaces les scènes de body horror. Ma critique complète est à lire sur Cinoche. ***
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vendredi 12 juin 2026
Au cinéma: Renoir
Présenté en compétition officielle à Cannes en 2025, Renoir de Chie Hayakawa (Plan 75) est un récit d'apprentissage mélancolique sur le désir de connexion d'une enfant aux autres et à elle-même. Se déroulant sur cette fine ligne entre le visible et l'invisible que permet le monde de l'enfance, le film classique à ses heures se démarque par sa riche palette de couleurs, ses acteurs justes et ce désir de s'affranchir des conventions afin de tâter un peu de poésie. On pense à Mon voisin Totoro qui serait refait par Kore-eda. Présenté dans quelques salles via Film Movement. ***1/2
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jeudi 11 juin 2026
Au cinéma: Stop! That! Train!
La comédie folle-dingue est de retour en force. Après le nouveau Scary Movie la semaine dernière, place à Stop! That! Train! d'Adam Shankman. Ici, on se contente de copier Airplane! et si le résultat se veut kitsch et délirant, il ne fait malheureusement jamais rire, éprouvant même la patience du spectateur. **
Film du jour: Taipei Story
Edward Yang a filmé mieux que personne Taïwan dans son passage vers la modernité. Dans Taipei Story (1985), il s'intéresse au quotidien de quelques personnages aliénés par la société qui aspirent seulement à un peu de bonheur. Le scénario riche de couches se pose comme observateur des changements, au même titre que ses êtres mélancoliques dont la mise en scène méthodique relève sans cesse leur solitude. ****
mercredi 10 juin 2026
Au cinéma: Qui brille au combat
Le quotidien d'une famille qui se serre les coudes face à l'handicap de leur fille cadette est la source de Qui brille au combat, la première réalisation de l'actrice Joséphine Japy. Le sujet bienveillant touche une corde sensible même s'il s'égare dans des sous-intrigues et si la réalisation se veut parfois trop discrète, la distribution forte est menée par Mélanie Laurent et Angelina Woreth. ***
mardi 9 juin 2026
Film du jour: Affection
Jessica Rothe brûle l'écran dans Affection, où elle incarne une femme qui souffre de pertes de mémoire. Le film de BT Meza alterne entre le bon (toute la première partie, sous fond de traumatismes et de violence domestique) et le mauvais (la seconde partie qui flirte avec la science-fiction et le body horror est beaucoup moins convaincante), ce qui rend l'expérience à la fois intéressante et un peu pénible. En vidéo sur demande. **1/2
lundi 8 juin 2026
Film du jour: The Rose on His Arm
Un fils s'éloigne de plus en plus de sa famille et finit par frayer avec des racailles dans The Rose on His Arm (1956). C'est principalement le fossé entre les générations qui intéresse Keisuke Kinoshita avec ce mélo qui prend son temps avant de se mettre en branle. Derrière ses limites flirtent des personnages - et un récit - qui aspirent à un peu de liberté, ce que vient contrecarrer la cruelle conclusion. ***
dimanche 7 juin 2026
Au cinéma: Scary Movie (critique)
Le cinéma horrifique se porte tellement bien qu'un autre Scary Movie (le 6e, mais le premier depuis 2013) voit le jour, écrit par les frères Wayans. Mauvaise idée. Non seulement on ne rit pratiquement jamais, mais le film conservateur au possible multiplie les séquences transphobes et homophobes. Ma critique complète est à lire sur Cinoche. *1/2
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samedi 6 juin 2026
Au cinéma: La maison des femmes
Le quotidien de travailleurs oeuvrant dans un refuge qui accompagne des femmes victimes de violence est au centre de La maison des femmes, une fiction bien attentionnée mais didactique de la part de Melisa Godet. D'excellentes actrices compensent une mise en scène trop sage (on est loin de Polisse) et si l'émotion tarde à survenir, elle se pointe le bout du nez dans cette façon de faire triompher la sororité. ***
Film du jour: Omaha
Un père part avec ses deux filles et leur chien sur la route dans Omaha, un premier long métrage sensible de Cole Webley qui est estampillé du sceau Sundance. Émotions à fleur de peau, paysages spectaculaires, mélancolie dans le tapis: difficile de ne pas être ému par ce road movie qui flirte parfois trop avec le cinéma de Kelly Reichardt et de Chloé Zhao. Si les ficelles sentimentales sont un peu grosses et le symbolisme élémentaire (il faut pousser la voiture ensemble et non pas seul), John Magaro livre une vibrante performance en patriarche dépassé par les événements. En vidéo sur demande. ***1/2
vendredi 5 juin 2026
Au cinéma: Power Ballad
Le cinéaste John Carney (Once) a toujours privilégié la sincérité à l'originalité dans ses projets. C'est à nouveau le cas de son sympatrique Power Ballad où un chanteur de noces se fait ravir un tube planétaire par une ancien star d'un boys band. Les sujets inspirants ne sont traités qu'en surface et le ton est à la mièvrerie. Paul Rudd insuffle toutefois une vulnérabilité qui est la bienvenue, ne faisant qu'une bouché du pauvre Nick Jonas. ***
jeudi 4 juin 2026
Au cinéma: Lire Lolita à Téhéran
Littérature et sororité féminine forment un cocon d'espoir dans Lire Lolita à Téhéran, l'adaptation du livre à succès d'Azar Nafisi. Si l'ensemble souffre de quelques lourdeurs et que l'on a connu le réalisateur Eran Riklis (La fiancée syrienne, Les citronniers) plus inspiré sur le plan de la mise en scène, le propos résonne aisément dans le monde d'aujourd'hui. La toujours excellente Golshifteh Farahani domine une distribution exemplaire de son jeu sensible et rassembleur. ***
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mercredi 3 juin 2026
Film du jour: L'Eden
Récompensé à Cannes en 2022, L'Éden (La Jauria) est un intriguant premier long métrage de la part d'Andrés Ramirez Pulido, où il est question de jeunesse perdue, de désir, de masculinité et de la jungle colombienne. Plus le récit avance et plus il devient dense et mystérieux, développant une fable poétique qui séduit grâce à sa rigueur formelle qui finit par tout étouffer, même l'émotion. ***1/2
mardi 2 juin 2026
Film du jour: The River Fuefuki
Pamphlet anti-guerre qui traîne quelque peu en longueur, The River Fuefuki (1960) ressemble à une expérimentation de la part de Keisuke Kinoshita, qui valorise un traitement volontairement répétitif et un ton statique théâtral. C'est surtout sa façon de mélanger le noir et blanc à certaines couleurs qui étonne, emprisonnant littéralement ses personnages à l'écran en leur rappelant que l'avenir ne sera pas un long fleuve tranquille. ***
lundi 1 juin 2026
Au cinéma: Tuner
Baby Driver rencontre De battre mon coeur s'est arrêté dans Tuner, le premier long métrage de fiction de Daniel Roher (oscarisé pour Navalny). Classique, le long métrage divertit haut la main grâce à son mélange d'humour et de pathos, ses personnages en trois dimensions interprétés par de solides comédiens et une mise en scène à la fois rythmée et ludique, dont l'immersion sonore est en phase avec l'état de son héros. ***1/2
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