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mardi 25 août 2026

Film du jour: La disparition de Josef Mengele


Expert des drames biographiques qui sortent de l'ordinaire, Kirill Serebrennikov surprend à nouveau avec La disparition de Josef Mengele, filmant l'exil de «l'ange de la mort». Sa mise en scène toujours éblouissante (superbe noir et blanc, combat sans cesse entre l'ombre et la lumière, montage hachuré) fait moins dans l’esbroufe que sur son précédent Limonov et elle est au service d'un récit hallucinant où l’antagoniste, défendu brillamment par August Diehl, semble errer tel un Nosferatu qui propage des fausses nouvelles. La seule escapade en couleur ne laissera personne indifférent, choquant par sa représentation graphique de l'horreur. ***1/2

lundi 24 août 2026

Film du jour: Petite solange


Héritière de Truffaut, Axelle Ropert se surpasse avec Petite Solange (prix Jean-Vigo en 2021), qui s'intéresse au quotidien d'une adolescente ayant maille à partir avec les disputes de ses parents. Les récits d'apprentissages sont nombreux, mais ils sont rarement aussi subtils, évocateurs et émouvants que celui-ci. Jade Springer est mémorable dans le rôle d'une âme blessée qui découvre que l'amour éternel n'existe pas. ****

jeudi 20 août 2026

Film du jour: Rosebush Pruning


Cela ne s'arrange pas pour Karim Aïnouz. Après ses décevants Motel Destino et Firebrand, le voici collaborer avec le scénariste de Yanthimos pour Rosebush Pruning, qui s'inspire librement du chef-d'oeuvre Les poings dans les poches de Bellochio. La famille consanguine qui se dévore comme des loups est à ce point déshumanisante, la charge satirique si lourde et appuyée que c'est la vacuité et la vulgarité qui mènent le bal (on retiendra à ce chapitre une séance de brossage de dents). Dommage... car l'interprétation d'ensemble était satisfaisante et la mise en scène élaborée, à la fois dans sa photographie soignée et ses choix musicaux (Pet Shop Boys!). À découvrir dès demain sur Mubi. **

dimanche 16 août 2026

Film du jour: Wuthering Heights


Sans doute l'adaptation cinématographique la plus clivante du chef-d'oeuvre d'Emily Bronté, le Wuthering Heights (2026) d'Emerald Fennell est un bonbon pop sucré et superficiel qui privilégie sa mise en scène fastueuse au détriment des thèmes abordés qui sont au mieux simplifiés et au pire sacrifiés. Si la chimie entre Margot Robbie et Jacob Elordi est palpable, le romantisme exacerbé finit par être sirupeux, noyant au passage l'émotion et l'intérêt du projet. **1/2

mardi 11 août 2026

Film du jour: Farewell to Dream


77 minutes. Il n'en faut pas plus pour Keisuke Kinoshita pour traiter par l'entremise de son superbe Farewell to Dream (1956) de la fin des idéaux, de la transformation du Japon de l'après-guerre, de l'émergence du capitalisme et de cette génération sacrifiée. Tout cela par l'entremise d'un récit d'apprentissage d'une grande beauté plastique qui flirte avec le mélo sans jamais s'y engouffrer totalement. ****

mardi 4 août 2026

Film du jour: Mercy


Sorti en début d'année, Mercy a mordu la poussière. Ce n'est pas surprenant pour ce suspense à l'ère de l'I.A. qui ressemble à plein de films (Minority Report, The Fugitive, RocoCop...). Mais à quoi fallait-il s'attendre de cette série B signée Timur Bekmambetov ? La mise en scène lourde et clinquante est en phase avec son sujet, et si Chris Pratt semble dépassé par les événements, le divertissement finit par opérer. Il faut seulement ne rien prendre au sérieux et laisser son cerveau au vestiaire. **

vendredi 31 juillet 2026

Film du jour: Mysterious Skin


La sortie du nouveau film de Gregg Araki est le prétexte idéal pour revisiter Mysterious Skin (2004), son grand chef-d'oeuvre. Rarement une production aura décrit avec autant d'acuité et de sensibilité la pédophilie. Émouvant, drôle et cynique, le récit réalisé avec une énergie brute est porté par ses vibrants interprètes, dont Joseph Gordon-Levitt qui livre la prestation de sa carrière. ****

jeudi 23 juillet 2026

Film du jour: Black Tea


Dix ans après Timbuktu, Abderrahmane Sissako est de retour avec un film bien différent. Se déroulant principalement en Chine, Black Tea (2024) est un conte sensuel sur le désir, l'amour, la famille et les nouveaux départs. Visuellement splendide (à tel point que la mise en scène à la Wong Kar-wai tourne à l’esbroufe), le récit bien intentionné manque malheureusement de souffle, se voulant trop didactique malgré les performances justes de ses interprètes. On en ressort toutefois avec le goût de prendre un bon thé chaud et réconfortant. **1/2

mercredi 22 juillet 2026

Film du jour: Butterfly Vision


Une soldate ukrainienne remise en liberté après deux mois de détention doit affronter les traumas du passé - et la réaction des gens - dans Butterfly Vision de Maksym Nakonechnyi. Douloureux, le récit se permet quelques échappées oniriques et il est porté par une interprète épatante. De quoi mieux accepter les errances du scénario et l'utilisation plus ou moins féconde de différentes sources vidéo. ***1/2

mercredi 15 juillet 2026

Film du jour: She Was Like a Wild Chrysanthenum


She Was Like a Wild Chrysanthenum (1955) est sans doute le film le plus pur de Keisuke Kinoshita. Il s'agit d'une histoire d'amour impossible qui séduit autant par la naïveté de ses sentiments que le désarroi de ses interprètes et la mise en scène mélancolique qui transforme le passé en réminiscences mémorielles rappelant de vieilles photographies. ****1/2

mardi 14 juillet 2026

Film du jour: Un fil à la patte


Michel Deville offre avec Un fil à la patte une relecture éclatée du classique de Feydeau, mêlant le neuf et l'ancien en rendant gloire à la plume de son auteur. La réalisation virevoltante est au service d'une distribution impeccable qui joue volontairement gros et le plaisir ludique qui en découle fait un bien fou entre deux propositions cinématographiques plus soutenues. ***1/2

lundi 13 juillet 2026

Film du jour: The Housemaid


L'intérêt relatif de The Housemaid est d'avoir pris la matière d'un livre extrêmement populaire (qui mêle suspense érotique et drame domestique) et d'en avoir fait un divertissement satirique. Le second degré du scénario est palpable et les comédiens s'amusent beaucoup (surtout Amanda Seyfried dans un rôle hystérique). Sauf que le récit kitsch et prévisible tourne rapidement en rond et l'ennui fait craquer le verni, surtout lors de la seconde partie explicative. Avec une mise en scène plus éclatée de Paul Feig (dans la lignée de suspenses sud-coréens à la Parasite ou Mademoiselle), cela aurait été complètement différent. Mais ce n'est pas le cas. Et dire qu'une suite est déjà en chantier... **1/2

dimanche 12 juillet 2026

Film du jour: Sisu: Road to Revenge


Encore plus cinglé que son prédécesseur, Sisu: Road to Revenge (2025) de Jalmari Helander élève les enjeux à la façon Mad Max, créant des scènes d'action spectaculaires mais ultimement redondantes, qui peinent malgré tout à renouveler le genre du film de vengeance. ***

mercredi 8 juillet 2026

Film du jour: Cairo Station


Youssef Chahine frappe fort avec Cairo Station (1958) en croisant le film noir et le néoréalisme italien. Non seulement il traite des laissés-pour-compte de la société égyptienne à la croisée des chemins, mais il le fait avec une assurance technique peu commune. Le cinéaste prouve même qu'il peut être un excellent acteur, campant avec verve l'antihéros face à la truculente Hind Rostom (la «Marilyn Monroe d'Arabie»). ****

mardi 7 juillet 2026

Film du jour: Broken Drum


Les enfants d'un riche chef d'entreprise cherchent à s'émanciper de leur père tyrannique dans Broken Drum (1949), une comédie dramatique de Keisuke Kinoshita. Libre et rebelle malgré sa prévisibilité et sa finale traditionnelle, le long métrage est capable de sauter de la prise de tête au burlesque en quelques secondes à peine. Tsumasaburo Bando est tout simplement parfait dans le rôle du vieil acariâtre. ***1/2

lundi 6 juillet 2026

Film du jour: The Last Stop in Yuma County


The Last Stop in Yuma County n'aurait pu qu'être un simple ersatz d'un film de Quentin Tarantino ou des frères Coen. Des étrangers sont réunis dans un diner et la tension finit par exploser. Mais grâce à un scénario joyeusement absurde, une mise en scène assurée de Francis Galluppi et une distribution réjouissante dominée par Jim Cummings, cela donne un divertissement exemplaire, drôle et violent à la fois. ***1/2

mardi 30 juin 2026

Film du jour: Mon père, mon ombre


Le récit d'apprentissage vu par un enfant où la figure paternelle forme la métaphore d'un pays instable est un genre à soi. Ce qui permet à Mon père, mon ombre d'Akinola Davies de sortir du lot est de faire le portrait de la ville Lagos au Nigeria avec un surplus de poésie et de sensibilité, ne lésinant ni sur l'émotions ni sur des images à couper le souffle qui évoquent à la fois Moonlight et Cité de Dieu. ****

lundi 29 juin 2026

Film du jour: Hidden in the Fog


Sorte de Laura à la sauce suédoise, Hidden in the Fog (1953) de Lars-Eric Kjellgreen est un élégant film noir sur une femme qui est accusée d'avoir tué son mari. Malgré sa facture classique, le récit captive par le grand soin apporté à ses images, sa distribution solide et cette façon de traiter l'intime par le suspense. ***1/2

dimanche 28 juin 2026

Film du jour: Beijing Watermelon


Réputé pour ses films complètement cinglés (House, Hanagatami), Nobuhiko Obayashi adopte une approche sobre avec Beijing Watermelon (1989), relatant l'histoire vraie entre un maraîcher japonais et des étudiants chinois. Le film bienveillant à la Capra rappelle l'importance des bons sentiments et s'il a de la difficulté à évoluer au fil de son long cheminement, sa conclusion politique rappelle à quel point le réel implacable bouleverse tout, à la fois le cinéma et les êtres humains. ***1/2

dimanche 21 juin 2026

Film du jour: Farewell to Spring


Keisuke Kinoshita filme mieux que personne le malheur qui s'abat sur des gens ordinaires. C'est le cas dans Farewell to Spring (1959) où une réunion de vieux amis tourne au vinaigre. Malgré une abondance de personnages et un récit qui s'éparpille, le film queer traite avec finesse et mélancolie des déceptions de la vie. Les images splendides ajoutent au charme certain à cette chronique que n'aurait pas reniée Nicholas Ray. ***1/2