vendredi 16 octobre 2026

Au FNC: Butterfly Jam


Pour son premier film en anglais Butterfly Jam, Kantemir Balagov (à qui l'on doit l'extraordinaire Beanpole) s'intéresse au quotidien d'une famille de la diaspora tcherkesse du New Jersey. La première partie qui n'est pas sans rappeler le cinéma de James Gray traite de la parentalité et de la masculinité avec une certaine efficacité, jusqu'au moment où une surprise narrative transporte le récit ailleurs. C'est là que le long métrage s'effondre, car il ne fait que survoler les enjeux au lieu de s'y consacrer entièrement. La mise en scène assurée et le jeu survolté de Barry Keoghan ne sauve pas entièrement la mise de cette demi-déception. **1/2

jeudi 15 octobre 2026

Au cinéma: Whalefall


Whalefall n'a pas peur du ridicule. Dans cette relecture à peine déguisée du Livre de Jonas, un homme se retrouve prisonnier dans le ventre d'une baleine! Si le mélange de suspense horrifique et de récit de survie offre une série B spectaculaire (gracieuseté d'une mise en scène adéquate de Brian Duffield), le scénario sans queue ni tête sous fond de relation père/fils houleuse finit par prendre la tangente du long métrage biblique sur la nécessité de prendre soin de la nature, de panser ses plaies et de faire la paix avec la figure paternelle (qui représente Dieu). Austin Abrams fait ce qu'il veut dans le rôle principal, devant un Josh Brolin en roue libre. **

mercredi 14 octobre 2026

Film du jour: Michael


Michael d'Antoine Fuqua n'est pas tant un film de fiction sur le roi de la pop qu'une hagiographie à son effigie, qui raconte une seule partie de l'histoire en excusant constamment le principal intéressé. S'il a grandi comme ça, c'est uniquement la faute de son père... Mais on ne verra jamais les défauts de Jackson tant le long métrage lave plus blanc que blanc. Si sa musique demeure éternelle, le récit, lui, est prévisible et médiocre, à l'image de la performance de Jaafar Jackson. *1/2

mardi 13 octobre 2026

Disclosure Day (blu-ray)


Steven Spielberg renoue avec la science-fiction par l'entremise de Disclosure Day, un récit en forme de best of qui utilise le suspense afin de parler de la foi en l'humanité. Si le propos - tout comme le dernier acte - peut paraître naïf, la machine est particulièrement bien huilée et sa vision réchauffe le coeur, lui qui n'a toujours pas perdu son désir d'émerveillement en reconstituant un divertissement à l'ancienne. Cette blu-ray édition de collection aux images vertigineuses et aux pistes sonores puissantes comprennent un documentaire étoffé sur le tournage et un segment relatant la longue collaboration entre Spielberg et le compositeur John Williams. (Universal) ***1/2


Film du jour: A Japanese Tragedy


Un fossé générationnel sépare la famille et le Japon tout entier de l'après-guerre dans A Japanese Tragedy (1953), un film sombre et violent signé Keisuke Kinoshita. Malgré quelques lourdeurs, les thèmes (sacrifice, mal-être, etc.) résonnent plus que jamais et la mise en scène inspirée du néoréalisme est marquée par quelques ingénieux flashs mémoriels. Comme toujours chez le cinéaste nippon, sa direction d'acteurs s'avère impeccable. ***1/2 

lundi 12 octobre 2026

Au FNC: The Dreamed Adventure


Neuf années après son fabuleux Western, Valeska Grisebach retourne aux frontières de la Bulgarie et de la Grèce afin d'explorer les notions de territoire et de genre, en détournant notamment le film de gangsters. Sa proposition radicale et féministe, où la longue durée du récit permet de prendre le poids du passé afin de mieux l'inscrire dans le présent, met l'errance et les dialogues aux premiers plans, faisant de The Dreamed Adventure l'un des longs métrages les plus stimulants et fascinants de l'année. ****1/2

dimanche 11 octobre 2026

Au FNC: Le journal d'une femme de chambre


Rien n'est à l'épreuve de Radu Jude. En s'abreuvant au chef-d'oeuvre Le journal d'une femme de chambre d'Octave Mirbeau, l'iconoclaste cinéaste roumain en souligne l'inégalité des rapports de classes et l'époque politique trouble par l'entremise d'un humour noir plongé dans le vitriol et d'une recherche esthétique constante. À savourer aujourd'hui et le 15 octobre. ****