L'art d'Angela Schanelec est un des plus précieux du cinéma contemporain. L'Allemande fait à nouveau mouche avec Ma femme pleure, où un accident de la route modifie complètement le quotidien d'un couple. Un sujet minimaliste qui permet de tâter l'existence dans ce qu'il a de plus concret et authentique. La mise en scène minutieuse, statique ou en mouvement, fondé sur l'observation et les dialogues, force l'admiration, tandis que Agathe Bonitzer livre probablement la plus belle performance de sa carrière. Un petit film miracle qui fait un bien fou à l'âme, qui donne le goût de danser et, surtout, de profiter pleinement de la vie. ****1/2
Véritable fresque organique se déroulant lors d'un mariage et d'un enterrement, Dao d'Alain Gomis fait dialoguer la fiction et le documentaire, le présent et le passé, au sein de deux continents. La mise en scène vertigineuse au montage souple permet aux cinéphiles de prendre part au quotidien des nombreux personnages et de vivre à leurs côtés des milliers d'émotions. On ressort transporté de ce pari de plus de trois heures. ****
Sorte de suite à son précédent Magellan, Let Us Through, Dear Ancestors permet à Lav Diaz de confronter la colonisation religieuse espagnole aux croyances chamaniques locales. Plus que son intrigue qui va droit au bout (le film de 151 minutes est l'un des plus courts de son auteur) et son interprétation parfois caricaturale, le récit vaut surtout son pensant d'or par son dépaysement total qui passe par une utilisation totale du son et la beauté de sa photographie en noir et blanc. ***1/2









