On pourra revoir ce soir The Taste of Tea au Cinéma Moderne, le formidable film culte de Katsuhito Ishii dans une très belle copie 4K. Retour sur cette oeuvre d'exception qui a notamment séduit Cannes et Fantasia...
Les Haruno sont une famille qui vit tranquillement au Japon. Leurs membres, gentils et inoffensifs, sont occupés par des mini-obsessions quotidiennes. Dans le lot, il y a notamment la petite Sachiko (Maya Banno) qui voit son ombre géante partout, son frère Hajime (Takahiro Sato) plus habile sur sa bicyclette qu’à nouer des liens d’amitié, la mère (Satomi Tezuka) qui a déjà travaillé dans le domaine de l’animation, le père (Tomokazu Miura) qui agit toujours en tant qu’hypnotiseur, deux oncles (Ikki Todoroki et Tadanobu Asano) aux comportements insolites et le très excentrique grand-père (Tatsuya Gasuyin). Ensemble, ils vont apprendre à vaincre leurs peurs tout en découvrant le monde qui les entoure.
Il ne faut pas réellement se fier à ce synopsis qui sent le déjà vu tant "The Taste of Tea" est un ovni insolite qui transporte le spectateur sur une autre planète. L’exubérance et la folie sont presque de tous les plans. En apparence, le long métrage est verbeux, répétitif, trop long (143 minutes) et décousu. Pourtant, il est d’une inventivité à toute épreuve. Les dialogues, largement improvisés, font hurler de rire, navigant souvent à des endroits insoupçonnés. Les situations partent du réel pour extrapoler vers les possibilités de l’imaginaire. Ainsi, tout au long de l’aventure, les protagonistes seront transportés dans des combats de robots, dans une animation primaire et dans des histoires rocambolesques qui frôlent le mauvais goût. La parole cédera le pas à la danse, au chant (un moment d’anthologie) et à la course. Le soleil troquera sa place à des doubles géants poétiques et à des trains qui sortent des esprits pour aller ailleurs.
Résumer une telle œuvre est impossible et c’est tant mieux. Contrairement à son excellent "Funky Forest : The First Contact", le cinéaste Katsuhito Ishii n’a pas transformé "The Taste of Tea" en une succession de sketchs. Les liens sont toujours tangibles et tout passe par cette famille, à la fois uniquement et irrémédiablement sympathique. Même si l’acteur le plus connu s’avère être Tadanobu Asano, le comédien notamment vu dans "Ichi the Killer" ne vole pas la vedette. Au contraire, chacun des personnages est important et ils forment un tout nécessaire dans cet équilibre entre la campagne et la ville, entre le quotidien et l’évasion vers les rêves.
Ravissement complètement imprévisible, "The Taste of Tea" est une œuvre lente qui mérite réellement d’être découverte. Les situations font sourire, il y a plusieurs gags totalement réussis et la famille n’aura plus le même sens après que les Haruno aient fait partager leurs péripéties. Une tasse de thé avec ça ?







