lundi 19 octobre 2026

Films vus au FNC: Ma femme pleure, Dao, Let Us Through, Dear Ancestors


L'art d'Angela Schanelec est un des plus précieux du cinéma contemporain. L'Allemande fait à nouveau mouche avec Ma femme pleure, où un accident de la route modifie complètement le quotidien d'un couple. Un sujet minimaliste qui permet de tâter l'existence dans ce qu'il a de plus concret et authentique. La mise en scène minutieuse, statique ou en mouvement, fondé sur l'observation et les dialogues, force l'admiration, tandis que Agathe Bonitzer livre probablement la plus belle performance de sa carrière. Un petit film miracle qui fait un bien fou à l'âme, qui donne le goût de danser et, surtout, de profiter pleinement de la vie. ****1/2


Véritable fresque organique se déroulant lors d'un mariage et d'un enterrement, Dao d'Alain Gomis fait dialoguer la fiction et le documentaire, le présent et le passé, au sein de deux continents. La mise en scène vertigineuse au montage souple permet aux cinéphiles de prendre part au quotidien des nombreux personnages et de vivre à leurs côtés des milliers d'émotions. On ressort transporté de ce pari de plus de trois heures. ****


Sorte de suite à son précédent Magellan, Let Us Through, Dear Ancestors permet à Lav Diaz de confronter la colonisation religieuse espagnole aux croyances chamaniques locales. Plus que son intrigue qui va droit au bout (le film de 151 minutes est l'un des plus courts de son auteur) et son interprétation parfois caricaturale, le récit vaut surtout son pensant d'or par son dépaysement total qui passe par une utilisation totale du son et la beauté de sa photographie en noir et blanc. ***1/2

Au cinéma: We're Nothing at All


Inspiré d'une histoire vraie, We're Nothing At All du vétéran Herman Yau relate l'enquête autour de l'explosion d'un autobus qui a provoqué plusieurs décès. Prenant l'allure du film choral qui navigue entre le présent et le passé, le récit social sous fond d'homophobie manque de finesse. Les dialogues sont tellement appuyés et les thèmes parfois si misérabilistes que l'ensemble finit par faire rire au lieu de susciter l'émotion et la réflexion. **1/2

dimanche 18 octobre 2026

Au FNC: Look Back


Le Festival du nouveau cinéma se termine aujourd'hui avec notamment la présentation du délicat Look Back, le deuxième film de 2026 de d'Hirokazu Kore-eda. Cette adaptation d'un manga prend la forme d'un joli récit d'apprentissage - sur la famille, l'amitié, etc. - qui souligne l'apport de la création afin d'enjoliver notre existence. Ainsi, l'importance du travail est constamment souligné et ce sont ces répétitions qui amènent nos héroïnes vers la beauté: celle de la nature et de l'humanité. Malgré une dernière partie moins convaincante et une musique parfois insistante, le long métrage ne manque ni de lyrisme ni de poésie dans sa mise en scène et il n'a aucune difficulté à se lover près du coeur. ***1/2

samedi 17 octobre 2026

Au cinéma: C'est quoi l'amour?


Difficile de faire plus sympathique que C'est quoi l'amour?, alors qu'un ex couple doit prouver qu'ils n'ont jamais été heureux ensemble! La distribution qui comprend Laure Calamy et Vincent Macaigne s'amuse beaucoup, tandis que le message n'est jamais trop appuyé. Il n'y a que la réalisation de Fabien Gorgeat qui manque de piquant (c'est à se demander ce que Sophie Letourneur aurait fait avec un tel matériel), rendant parfois le récit bien trop mou. ***

vendredi 16 octobre 2026

Au FNC: Butterfly Jam


Pour son premier film en anglais Butterfly Jam, Kantemir Balagov (à qui l'on doit l'extraordinaire Beanpole) s'intéresse au quotidien d'une famille de la diaspora tcherkesse du New Jersey. La première partie qui n'est pas sans rappeler le cinéma de James Gray traite de la parentalité et de la masculinité avec une certaine efficacité, jusqu'au moment où une surprise narrative transporte le récit ailleurs. C'est là que le long métrage s'effondre, car il ne fait que survoler les enjeux au lieu de s'y consacrer entièrement. La mise en scène assurée et le jeu survolté de Barry Keoghan ne sauve pas entièrement la mise de cette demi-déception. **1/2

jeudi 15 octobre 2026

Au cinéma: Whalefall


Whalefall n'a pas peur du ridicule. Dans cette relecture à peine déguisée du Livre de Jonas, un homme se retrouve prisonnier dans le ventre d'une baleine! Si le mélange de suspense horrifique et de récit de survie offre une série B spectaculaire (gracieuseté d'une mise en scène adéquate de Brian Duffield), le scénario sans queue ni tête sous fond de relation père/fils houleuse finit par prendre la tangente du long métrage biblique sur la nécessité de prendre soin de la nature, de panser ses plaies et de faire la paix avec la figure paternelle (qui représente Dieu). Austin Abrams fait ce qu'il veut dans le rôle principal, devant un Josh Brolin en roue libre. **

mercredi 14 octobre 2026

Film du jour: Michael


Michael d'Antoine Fuqua n'est pas tant un film de fiction sur le roi de la pop qu'une hagiographie à son effigie, qui raconte une seule partie de l'histoire en excusant constamment le principal intéressé. S'il a grandi comme ça, c'est uniquement la faute de son père... Mais on ne verra jamais les défauts de Jackson tant le long métrage lave plus blanc que blanc. Si sa musique demeure éternelle, le récit, lui, est prévisible et médiocre, à l'image de la performance de Jaafar Jackson. *1/2