Cela ne s'arrange pas pour Karim Aïnouz. Après ses décevants Motel Destino et Firebrand, le voici collaborer avec le scénariste de Yanthimos pour Rosebush Pruning, qui s'inspire librement du chef-d'oeuvre Les poings dans les poches de Bellochio. La famille consanguine qui se dévore comme des loups est à ce point déshumanisante, la charge satirique si lourde et appuyée que c'est la vacuité et la vulgarité qui mènent le bal (on retiendra à ce chapitre une séance de brossage de dents). Dommage... car l'interprétation d'ensemble était satisfaisante et la mise en scène élaborée, à la fois dans sa photographie soignée et ses choix musicaux (Pet Shop Boys!). À découvrir dès demain sur Mubi. **
jeudi 20 août 2026
mercredi 19 août 2026
Au cinéma: Teenage Sex and Death at Camp Miasma
Après deux drames marquants (dont le sommet est I Saw the TV Glow), Jane Schoenbrun se tourne vers la comédie avec Teenage Sex and Death at Camp Miasma, un délire méta queer horrifique qui propose de multiples registres de lectures. Se perdre dans ce labyrinthe que n'aurait pas renié David Lynch et Satoshi Kon est un immense plaisir intellectuel et si le rythme se veut parfois laborieux, l'originalité du discours et la présence de la trop rare Gillian Anderson en mystérieuse «final girl» ajoute au plaisir en place. L'art d'être ludique et profond à la fois. ****
mardi 18 août 2026
L'étranger (blu-ray)
François Ozon adapte le chef-d'oeuvre L'étranger (The Stranger en version originale) de Camus en l'adoptant au goût du jour. Benjamin Voisin est parfait dans le rôle-titre et si la transposition au rythme ankylosé n'est pas toujours subtile, la photographie en noir et blanc est sublime. Elle est rehaussée par les qualités techniques de cette édition Blu-ray de Music Box Films, qui comporte des entrevues avec le cinéaste, la vedette masculine et l'actrice Rebecca Marder, ainsi que des scènes coupées et ratées, un documentaire sur les costumes et la lumière, et des posters. Ma critique complète est à lire ici.
Au cinéma: Le château d'Arioka
À mi-chemin entre Le château de l'araignée d'Akira Kurosawa et un épisode de Colombo, Le château d'Arioka de Kiyoshi Kurosawa interroge la notion de pouvoir et de traditions dans un Japon féodal qui est tout aussi barbare que le nôtre. Dense et verbeux, doté d'un humour inédit chez le vétéran cinéaste, le récit est mené de main de maître avec ses multiples rebondissements et l'interprétation s'avère de premier ordre. ****
Libellés :
Kiyoshi Kurosawa,
Sorties Cinéma de la semaine
lundi 17 août 2026
Jeunes mères (dvd)
Prix du scénario à Cannes en 2025, Jeunes mères (Young Mothers en version anglaise) est un nouveau film touchant des frères Dardennes, qui suivent cette fois la maternité de quatre femmes. Dans leur style habituel, les frangins vont au coeur de l'émotion et si pour une rare fois une des histoires est moins forte que les autres, ce faux pas est racheté par le brio de l'interprétation et ce mélange de rigueur et de douceur qui va droit au coeur. L'édition dvd signée par Music Box Films contient un instructif questions/réponses avec Luc et Jean-Pierre Dardenne, ainsi qu'une bande-annonce et une galerie de photographies. ***1/2
Au cinéma: Spider-Man: Brand New Day
Après une série de Spider-Man léger et adolescent à l'intérêt limité, les aventures de l'homme-araignée sont enfin gratifiées d'un épisode de qualité. Brand New Day ne brille pas tant par son originalité que par le désir d'aborder des thèmes plus sombres et sérieux. Le mélange entre l'humour et l'action est au point, la réalisation dynamique de Destin Daniel Cretton de meilleure qualité que celle de son prédécesseur et même Tom Holland paraît inspiré en héros enfin torturé. ***1/2
dimanche 16 août 2026
Film du jour: Wuthering Heights
Sans doute l'adaptation cinématographique la plus clivante du chef-d'oeuvre d'Emily Bronté, le Wuthering Heights (2026) d'Emerald Fennell est un bonbon pop sucré et superficiel qui privilégie sa mise en scène fastueuse au détriment des thèmes abordés qui sont au mieux simplifiés et au pire sacrifiés. Si la chimie entre Margot Robbie et Jacob Elordi est palpable, le romantisme exacerbé finit par être sirupeux, noyant au passage l'émotion et l'intérêt du projet. **1/2
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