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dimanche 26 octobre 2025

Un simple accident (critique)


Jafar Panahi frappe fort avec Un simple accident, où il interroge le désir de vengeance de victimes face au régime. Une Palme d'Or qui ne laissera personne indifférent. Ma critique est à lire sur Cinoche. ****1/2

dimanche 22 janvier 2023

Film du jour: Aucun ours


Arrêté peu avant la sortie du film, Jafar Panahi se fait plus sombre et même tragique avec Aucun ours, croisant les récits au sein de toiles d’araignées qui semblent emprisonner les personnages. Encore une fois, fiction et réalité ne forment qu'une seule ligne directrice dans cette exposition d'un système gangrené qui laisse peu de place à la liberté. ****

samedi 15 octobre 2022

Films du jour: No Bears, The Novelist's Film (FNC)


Arrêté peu avant la sortie du film, Jafar Panahi se fait plus sombre et même tragique avec No Bears, croisant les récits au sein de toiles d’araignées qui semblent emprisonner les personnages. Encore une fois, fiction et réalité ne forment qu'une seule ligne directrice dans cette exposition d'un système gangrené qui laisse peu de place à la liberté. Présenté aujourd'hui. ****

Grand prix du jury de la dernière Berlinale, The Novelist's Film permet à Hong Sang-soo de parler de cinéma à travers une oeuvre savoureuse et mélancolique. Ponctué de longs plans, le récit font littéralement dans la bouche, traitant de la création tout en disant long sur son cinéaste et les choix qui s'offrent à chaque jour au commun des mortels. Présenté aujourd'hui. ****

dimanche 26 septembre 2021

Film du jour: The Year of the Everlasting Storm


Films à sketchs tournés pendant la pandémie (et ayant souvent comme sujet l'isolement), The Year of the Everlasting Storm s'échappe du cliché habituel - «c'est toujours un peu inégal» - pour embrasser une multitude de visions uniques. Cela commence en trombe par une citation de Bresson, puis le magnifique  varan de Jafar Panahi et les familles fragiles d'Anthony Chen et Malik Vitthal, avant d'opter pour l'errance de Dominga Sotomayor et le mystère de David Lowery. De son côté, Laura Poitras continue d'explorer les méandres des écoutes illicites, avant que Apichatpong Weerasethakul conclut le tout avec des moustiques qui passent leur temps à errer sur un lit! Comme expérience transcendante, cela en est toute une. ***

samedi 9 mars 2019

Sorties au cinéma: Trois visages, Never Look Away, Dérive, La fin des terres

Le drame se démarque clairement cette semaine, du moins parmi les nouveautés au cinéma.

Trois visages: Malgré son interdiction de tourner, Jafar Panahi continue à dresser des portraits importants de son pays. Cette fois, il mélange hommage aux femmes et au septième art pour une grande leçon de cinéma. ****

Never Look Away: Suite à son échec The Tourist, le cinéaste allemand Florian Henckel von Donnersmarck retourne au sujet historique qui a fait la gloire de son oscarisé La vie des autres. Plus  lisse et romanesque, cette fresque de trois heures a tôt fait de captiver malgré quelques passages moins relevés. ***1/2

Dérive: Pour leur premier long métrage, David Uloth et sa collaboratrice Chloë Cinq-Mars proposent un beau portrait de femmes en deuil mais résilientes. Si l'on s'ennuie de leur folie habituelle, le trio d'interprètes s'avère épatant. ***

La fin des terres: En utilisant une succession de voix-off différentes dont on ne verra jamais les visages, Loïc Darses dresse le portrait de la jeunesse post référendaire (1995). Une lumineuse idée qui ne donne pas les fruits escomptés. Souvent simpliste et chiche en idées nouvelles, le discours est agrémenté de lourds effets stylisés qui ne font que répéter ce qu'on voit déjà. Dès le 12 mars. **1/2

mardi 15 mars 2016

Nouveautés en DVD et Blu-ray : Carol, Jafar Panahi’s Taxi, Les nuits avec Théodore, Youth, Sisters, Brooklyn, Le garagiste, Miss You Already, Finding Gaston, Sucker

Il y a une belle variété de longs métrages qui sortent aujourd'hui en format DVD et Blu-ray.

S'il y en a un seul à voir, c'est véritablement Carol de Todd Haynes, un opus magnifique sur un amour impossible dans les années 50. Facilement un des meilleurs films de 2015. ****1/2

Mêlant la mince ligne entre fiction et documentaire, Jafar Panahi's Taxi donne des nouvelles de l'illustre cinéaste iranien avec un heureux mélange de douceur et de mélancolie. ***1/2

Intriguant essai français sur un couple qui est attiré par une forêt parisienne, Les nuits avec Théodore de Sébastien Betbeder possède un magnétisme et un puissant pouvoir de fascination. ***1/2

Suite à son merveilleux La grande beauté, Paolo Sorrentino est de retour avec Youth, un récit moins abouti et parfois misogyne sur la vieillesse. Techniquement c'est toutefois très impressionnant. ***

Sisters de Jason Moore est loin d'être la comédie la plus subtile et la plus intelligence, mais on y rit énormément. Le tandem Amy Poehler et Fina Fey fait encore mouche. ***

Coproduction avec le Canada, Brooklyn de John Crowley est le récit beaucoup trop sage d'une jeune immigrante irlandaise. C'est gentil, niais et dépaysant. ***

Dans un registre plus grave est le Le garagiste de Renée Beaulieu, une oeuvre courageuse mais parfois maladroite et sans grande originalité où Normand D'Amour crève littéralement l'écran. **1/2

Mélo manipulateur qui arrive à soutirer quelques larmes, Miss You Already de Catherine Hardwicke vaut surtout pour la chimie entre Drew Barrymore et Toni Collette. **1/2

Documentaire sur un chef qui cherche à changer son pays par la nourriture, Finding Gaston de Patricia Perez n'explore jamais en profondeur son captivant sujet. **1/2

Croisement remâché entre 21 et Maverick, Sucker de Ben Chessell est une production anonyme et assez ennuyante sur le mensonge que l'on oublie en trois micro secondes. **

samedi 17 octobre 2015

Nouveautés au cinéma : Trois souvenirs de ma jeunesse, Jafar Panahi’s Taxi, Steve Jobs, Bridge of Spies, Le labyrinthe du silence, Crimson Peak, Beeba Boys

Plein de grands cinéastes sortent leur nouveau film cette semaine et comme c'est impossible de tout voir, il faut faire des choix déchirants.

Il ne faudra toutefois pas manquer Trois souvenirs de ma jeunesse d'Arnaud Desplechin, un opus vibrant sur l'amour et la façon dont les souvenirs revivent à l'écran. ***1/2

Tout aussi essentiel est Jafar Panahi's Taxi, un long métrage tourné dans la clandestinité qui en dit long sur la société iranienne. ***1/2

Ce biopic sur Steve Jobs en forme d'opéra qui reprend la structure du Mishima de Paul Schrader aurait été immense si le scénario ne portait pas autant sur les dimensions familiales du sujet, si Danny Boyle ne faisait pas tout pour distraire le spectateur avec sa mise en scène tape à l'oeil et si la finale n'était pas aussi ratée. Reste une oeuvre très intéressantes, dominée par des dialogues forts et d'excellents comédiens. ***
Ma critique

Autant le Bridge of Spies de Steven Spielberg fascine dans sa première partie complexe et haletante, autant elle déçoit par la suite en épousant pratiquement toutes les conventions hollywoodiennes. ***

Sélection de l'Allemagne pour la prochaine cérémonie des Oscars, Le labyrinthe du silence du nouveau venu Giulio Ricciarelli ressasse de façon classique mais élégante un événement oublié des conséquences de la Seconde Guerre mondiale. ***

Il y a des années que Guillermo del Toro n'avait pas pondu un effort aussi oubliable que Crimson Peak, un conte gothique très peu effrayant qui se termine dans la série B grotesque. **1/2

Deepa Metha s'essaye au film de gangsters avec Beeba Boys et le résultat déçoit tant le scénario ne s'éloigne jamais des sentiers battus. **

samedi 10 octobre 2015

Films du jour : Jafar Panahi’s Taxi, Afternoon, Louder Than Bombs (FNC)

La première fin de semaine du FNC s'annonce chargée et il y a aujourd'hui trois titres très attendus...

Tourné dans la clandestinité, Taxi de Jafar Panahi s'est mérité l'Ours d'Or au dernier Festival de Berlin. Un prix amplement mérité pour cet essai courageux, drôle et triste à la fois, où le cinéaste conduit un taxi qui reçoit des clients bien spéciaux. Un acte de résistance essentiel. ***1/

Les cinéphiles invétérés vont se délecter de ces 137 minutes de conversations filmées (à l'aide de très peu de plans, toujours fixes) entre le grand réalisateur Tsai Ming-liang et son acteur fétiche Lee Kang-sheng. Pendant que le premier passe son à temps à parler de tout et de rien, le second l'écoute attentivement. Et si le verbe est roi, Afternoon en dit long sur ces hommes, leurs arts et également notre propre condition d'humain. ***1/2

Escapade américaine plutôt réussie pour Joachim Trier qui cristallise son montage et une famille déchirée par le deuil à l'aide d'une oeuvre souvent émouvante et prenante. Louder Than Bombs n'a peut-être pas la charge de son précédent Oslo, 31 août et il se veut appuyé et brouillon par endroits, ce qui ne l'empêche pas de séduire avec son casting de luxe qui comprend Isabelle Huppert, Jesse Eisenberg et Gabriel Byrne. ***

vendredi 18 octobre 2013

Films du jour: La jalousie et Closed Curtain (FNC)

Les cinéphiles qui fréquent le Festival du nouveau cinéma pourront découvrir deux très bons longs métrages aujourd'hui qui ne vont peut-être jamais sortir dans les salles régulières.

Après deux essais décevants, Philippe Garrel revient en grande forme avec La jalousie, une histoire toute simple où il brouille les pistes entre la fiction et la réalité. Dans cette histoire d'amour qui arrive à émouvoir tout en mettant plein la vue (le noir et blanc est superbe, la trame sonore donne des frissons), son fils Louis Garrel aura rarement été aussi bien dirigé et Anna Mouglalis est tout simplement suave. ***1/2

Toujours assigné en résidence et dans l'interdit de tourné, Jafar Panahi vient de pondre, à l'aide de Kamboziya Partovi, l'honorable essai Closed Curtain. Après une première partie qui flirte avec la série B grotesque qui est une insulte aux talents en place, l'intrigue prend enfin son envol, s'avérant tout simplement brillante dans sa façon de multiplier les symboles sur la nécessité d'écrire et de survivre. De quoi demeurer attentif jusqu'à la fin. ***1/2

samedi 1 octobre 2011

Film du jour: Offside


Dernier véritable film de fiction de Jafar Panahi, Offside (2006) reprend ses thèmes fétiches - société coercitive envers les femmes qui sont prisonnières entre les traditions et la modernité, un milieu bordélique où le respect de l'ordre est plus important que sa compréhension - et sa façon de tourner (longs plans séquences, mélange entre fiction et documentaire) à travers le regard de quelques femmes qui cherchent à assister à un match de soccer. Le résultat n'est peut-être pas aussi hallucinant que dans Le cercle, mais il captive tout de même, simplement dans le dévouement de ses comédiens et la prise de risques de tenir un tel discours en Iran. ****

dimanche 11 septembre 2011

Film du jour: Sang et or


Avec Sang et jour (2003), le cinéaste Jafar Panahi continue de s'intéresser aux inégalités sociales en Iran mais en changeant un peu son fusil d'épaule. Ses personnages principaux sont des hommes et la construction du récit demeure plus classique qu'à ses habitudes. Reste que cette plongée dans l'humiliation quotidienne possède quelques séquences d'une rare émotion tout en jouant à des jeux de comparaisons qui font sourire, mais pas nécessairement pour les bonnes raisons. ***1/2

samedi 10 septembre 2011

Film du jour: Le cercle


Certainement le plus beau film de Jafar Panahi, Le cercle (2000) suit une journée dans l'existence de quelques femmes qui cherchent à s'échapper de leurs conditions. À partir d'un sujet qu'il connaît comme sa main, le cinéaste offre une oeuvre extrêmement maîtrisée, tout en spirales et en subtilité, qui passe d'une héroïne à une autre héroïne sans que la mise en scène soit artificielle. Au contraire, l'émotion ne tarde pas à survenir et le spectateur ne peut que s'identifier aux protagonistes, toutes bouleversantes. Un très grand opus. ****1/2

mercredi 7 septembre 2011

Film du jour: Ceci n'est pas un film


Réalisé à l'aide d'un ami cinéaste alors qu'il était en résidence, Ceci n'est pas un film de Jafar Panahi montre le triste destin du célèbre réalisateur iranien, contraint à demeurer chez lui sans exercer son métier. Le documentaire, modeste dans sa production mais certainement pas sur le plan des idées, est une lettre d'amour au septième art et à la création. Le metteur en scène évoque ses scénarios qui n'ont pas été autorisé par les autorités tout en cherchant à se désennuyer, attendant impatiemment que quelqu'un éclaire sa lanterne. Une journée dans sa vie qui donne le goût de réagir et de se révolter même si, ironiquement, le comportement du principal intéressé est plutôt serein. ***1/2

lundi 5 septembre 2011

Film du jour: Ayneh


Réalisé en 1997 par Jafar Panahi, Ayneh est construit en deux actes. Dans le premier, une petite fille cherche sa mère afin de retourner à la maison. Par la suite, cette même demoiselle en a marre du long métrage de Panahi et elle décide de tout abandonner, rentrant chez elle à la course, en oubliant préalablement d'enlever son micro! Alors que la fiction rivalise sans cesse avec le documentaire, le cinéaste expose un portrait critique de son pays, où la zizanie de la route et l'obsession du foot font en sorte que la population locale oublie les siens. Un exposé étonnant et original qui peut rappeler l'ovni Citadelle d'Atom Egoyan. Et la performance déchirante de l'héroïne ne s'oubliera pas de sitôt. ****