Depuis La jalousie en 2013, le cinéma de Philippe Garrel effectue une renaissance, qui passe par l'intimité entre ses personnages, une magnifique photographie en noir et blanc et de délicates partitions musicales de Jean-Louis Aubert. Sans parler de révolution, Le sel des larmes (2020) s'inscrit dans cette continuité, lui permettant à nouveau d'explorer l'égoïsme de la jeunesse par un héros qui change constamment de partenaires. Le ton volontairement vieillot évoque Truffaut, une magnifique scène de danse vient cimenter le rapport à l'autre et le cinéaste se permet même des digressions éminemment personnelles, déviant d'un sujet classique pour aborder avec une rare émotion une relation père/fils qui était loin d'être au diapason. À découvrir en dvd via le distributeur américain (!) Icarus Films. ***1/2
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jeudi 29 avril 2021
dimanche 19 avril 2020
Film du jour: L'amant d'un jour
Le cinéma de Philippe Garrel est tombé dans la fontaine de jouvence depuis La jalousie et L'ombre des femmes. Le voilà se surpasser avec L'amant d'un jour, l'histoire belle à pleurer d'un professeur qui s'amourache d'une étudiante qui a exactement le même âge que sa fille... Entre récit sur l'amour, chronique œdipienne et quête de bonheur, le récit d'une simplicité et d'une vitalité absolue opte pour l'épure, une magnifique photographie en noir et blanc et des acteurs épatants qui font vibrer un texte poétique qui ne s'oubliera pas de sitôt. À découvrir de toute urgence, surtout que c'est possible de le faire en soutenant le Cinéma Moderne. ****
vendredi 4 août 2017
Film du jour: Sauvage innocence
Véritable film sur le septième art, Sauvage innocence de Philippe Garrel confronte son passé (le décès de Nico, ses obsessions personnelles) à des fantasmes de metteur en scène. Cela donne un long métrage décalé sous fond de dualité, où la superbe photographie permet aux personnages de s'y plonger. Une oeuvre à part et totale dans sa filmographie déjà riche de sens. ***1/2
vendredi 7 juillet 2017
Film du jour: La naissance de l'amour
Il y a d'abord le titre, magnifique: La naissance de l'amour. Puis la manière de Philippe Garrel d'entremêler les grands et les petits événements. En traitant du malaise de vieillir et de voir le désir filer entre les mains de la routine grâce aux relations illicites, le grand cinéaste touche juste. Cette oeuvre, belle et douloureuse à la fois, une de ses plus essentielles, captive et chavire, d'abord grâce aux mots de Jean-Pierre Léaud, puis aux regards de Lou Castel et enfin les mélodies de John Cale. ****
mardi 4 juillet 2017
Film du jour: Liberté, la nuit
La Guerre d'Algérie plane comme une épée de Damoclès sur Liberté, la nuit de Philippe Garrel. Séparé en deux actes un peu inégaux (le premier est plus puissant que le second), ce très beau film au rythme méditatif trouve sa richesse dans ses moments d'errance, où la caméra prend un malin plaisir à scruter le regard en attente de ses personnages. On retrouve là toute l'essence de l'art du cinéaste, qui utilise le noir et blanc mieux que quiconque chez ses contemporains. ***1/2
vendredi 13 novembre 2015
Sorties au cinéma : L’ombre des femmes, Valley of Love, Heist, The 33, La guerre des tuques 3D, Love the Coopers
Le cinéma français est à l'honneur cette semaine avec les deux meilleures nouveautés cinématographiques.
Il y a dans le coin droit L'ombre des femmes de Philippe Garrel, ce joli film en noir et blanc sur un homme qui est divisé entre deux amours et sur le mensonge qui cimente de plus en plus de relations. ***
Puis il y a dans le coin gauche Valley of Love de Guillaume Nicloux, cette rencontre très attendue entre Gérard Depardieu et Isabelle Huppert qui méditent sur leur fils disparus et surtout sur le cinéma français. ***
Série B qui croise Casino, Heat et Speed, Heist de Scott Mann est un plaisir coupable un peu consternant où Robert De Niro s'en prend aux hommes qui ont volé son argent. **
En recréant cette tragédie sur des hommes qui sont demeurés coincés pendant des jours dans une mine du Chili, The 33 de Patricia Riggen en fait un long métrage très hollywoodien et assez peu intéressant. **
La guerre des tuques 3D de Jean-François Pouliot détruit le classique original avec une animation rudimentaire, un langage horripilant, des chansons consternantes et un ton moralisateur qui plaira uniquement aux enfants de moins de six ans. Et encore là, rien n'est moins sûr. **
Love the Coopers de Jessie Nelson est certainement une des pires productions de Noël: un navet consternant à la mise en scène douteuse qui sabote une prestigieuse distribution. *
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vendredi 16 octobre 2015
Films du jour : L’ombre des femmes, Everything Will Be Fine, Les deux amis (FNC)
Le dernier droit du FNC se met en branle avec trois films très attendus.
Dans L'ombre des femmes, Philippe Garrel continue avec maestria de parler des couples qui sont tentés de sauter la clôture, filmant le tout d'une superbe image en noir et blanc. D'un classicisme qui fait un bien fou même si son précédent La jalousie s'avérait supérieur. ***
Autant Wim Wenders excelle dans ses derniers documentaire, autant ses fictions laissent à désirer. Everything Will Be Fine ne fait pas exception avec cette histoire un peu léthargique d'un romancier traumatisé par un accident de la route. Le récit mou et sans envergure n'utilise pas toujours parfaitement son casting de rêve, ses paysages formidables (très québécois) et sa 3D quelconque. **1/2
Premier tour de piste de Louis Garrel derrière la caméra qui s'est inspiré d'un scénario de Christophe Honoré, Les deux amis ressemblent à une comédie américaine des années 80 ponctuées de nombreux clins d'oeil à la Nouvelle Vague. Un récit léger, superficiel et très oubliable, qui irrite plus d'une fois. **
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dimanche 13 avril 2014
Film du jour: La frontière de l'aube
Suite à son excellent Les amants réguliers, Philippe Garrel a déçu un peu tout le monde avec La frontière de l'aube, cette histoire d'amour impossible entre une star et un photographe. Pas que ce film ne soit pas intéressant ou exempt de qualité (la photographie y est superbe, les aléas métaphysiques ne manquent pas de séduire, tout comme le jeu de Clémentine Poidatz). Reste que Laura Smet est une bien piètre actrice et que la finale, plutôt ridicule, fait hurler de rire. ***
samedi 12 avril 2014
Film du jour: Les amants réguliers
Notre «festival» Philippe Garrel se poursuit jusqu'à demain et aujourd'hui, on revoit son colossal Les amants réguliers, une de ses meilleures fresques en carrière. Dans ce récit à la fois ambitieux et intimiste qui se déroule pendant les événements de 1968, un homme vivra une histoire d'amour avec une femme. On retrouve tous les thèmes de son auteur à la puissance V, au sein d'un traitement sans concession, volontairement long (le tout s'étend sur près de trois heures) et abstrait, où la beauté des images et la précision de la direction d'acteurs ne forment qu'un. Un très beau film à vivre intensément. ****
vendredi 11 avril 2014
Nouveautés au cinéma: Tel père, tel fils, La jalousie, 3 histoires d’Indiens, Oculus, La marche
Même si j'ai manqué les grosses sorties de la semaine (Rio 2, Draft Day, The Raid 2 que je me promets de rattraper avant sa sortie en Blu-ray/DVD), j'ai pu voir d'excellents films cette semaine...
Le meilleur du lot est facilement Tel père, tel fils d'Hirokazu Kore-eda (Nobody Knows, Still Walking), portrait sensible et émouvant de deux enfants échangés à la naissance. C'est totalement maîtrisé et superbement bien joué. ****
Avec La jalousie, Philippe Garrel offre son meilleur film depuis longtemps, alors qu'il s'intéresse - comme toujours chez lui - à une histoire d'amour qui tourne mal,. Ses images sont superbes, sa direction d'acteurs est impeccable et on sent que son désir de simplicité est tout à son avantage. ***1/2
Nouveau conte où il entrecroise trois récits de vie, 3 histoires d'Indiens de Robert Morin frappe dans le mille lorsqu'il n'y a aucun dialogue et lorsque la musique ne fait qu'un avec les images. Le récit s'égare ici et là, mais la démonstration demeure révélatrice. ***
Sorte de croisement entre The Shining et Insidious, Oculus de Mike Flanagan suit un frère et une soeur qui cherchent à prouver l'implication d'un miroir dans la mort de leurs parents. Le suspense plus psychologique qu'effrayant propose plusieurs moments de tensions malgré une mécanique qui tourne parfois à vide. ***
Le sujet inspiré d'une histoire vrai est important (une manifestation contre le racisme et l'intolérance), la distribution est dans le ton. Qu'est-ce qui cloche dans La marche de Nabil Ben Yadir? Les clichés qui sont nombreux, les personnages qui demeurent des caricatures ambulantes et la mise en scène plutôt limitée. **1/2
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Film du jour: J'entends plus la guitare
Le cinéma de Philippe Garrel peut sembler opaque et inaccessible. S'il faut parfois être alerte pour y pénétrer, c'est tout à l'avantage du spectateur qui parvient à voguer entre ici et ailleurs, entre la réalité et la fiction, avec de l'émotions et des dialogues extrêmement réels. C'est également le cas de J'entends plus la guitare, le film que le cinéaste a dédié à la regrettée chanteuse - et ancienne compagne de vie - Nico. Bluffant. ***1/2
jeudi 10 avril 2014
Film du jour: Les baisers de secours
En attendant la sortie québécoise de La jalousie, place à un mini festival Philippe Garrel. Cela commence avec Les baisers de secours, une fiction à saveur biographique sur un cinéaste qui décide de recourir à une actrice pour incarner dans son film sa femme... au détriment de cette dernière! On sent la mélancolie du temps passé et celui des amours brisés émaner de cette oeuvre lente et délicate, abstraite et pas toujours évidente, mais dont la mise en scène en furie contenue fait beaucoup vibrer. ***1/2
vendredi 18 octobre 2013
Films du jour: La jalousie et Closed Curtain (FNC)
Les cinéphiles qui fréquent le Festival du nouveau cinéma pourront découvrir deux très bons longs métrages aujourd'hui qui ne vont peut-être jamais sortir dans les salles régulières.
Après deux essais décevants, Philippe Garrel revient en grande forme avec La jalousie, une histoire toute simple où il brouille les pistes entre la fiction et la réalité. Dans cette histoire d'amour qui arrive à émouvoir tout en mettant plein la vue (le noir et blanc est superbe, la trame sonore donne des frissons), son fils Louis Garrel aura rarement été aussi bien dirigé et Anna Mouglalis est tout simplement suave. ***1/2
Toujours assigné en résidence et dans l'interdit de tourné, Jafar Panahi vient de pondre, à l'aide de Kamboziya Partovi, l'honorable essai Closed Curtain. Après une première partie qui flirte avec la série B grotesque qui est une insulte aux talents en place, l'intrigue prend enfin son envol, s'avérant tout simplement brillante dans sa façon de multiplier les symboles sur la nécessité d'écrire et de survivre. De quoi demeurer attentif jusqu'à la fin. ***1/2
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lundi 26 août 2013
Film du jour: Un été brûlant
Il n'y a rien qui ressemble plus à un film de Philippe Garrel qu'un autre film de Philippe Garrel. Un été brûlant n'est pas en reste, parlant d'histoires d'amour vouées à l'échec en l'arrosant de fantômes et de propos sur l'art, le cinéma et la politique. La démarche n'est pas neuve, l'émotion a du mal à ressortir, Louis Garrel est un acteur extrêmement limité et on sent parfois que le traitement hautain tourne à vide. Pourtant, il y a quelques aspects intéressants qui évitent le naufrage, dont ce superbe plan de danse, le jeu sur les couleurs et la performance tout à fait appropriée de Monica Bellucci. Cela demeure tout de même mineur dans la filmographie du cinéaste. **1/2
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