S'il y a un cinéaste qui est difficile à cerner, c'est bien Jacques Audiard, tant le réalisateur s'amuse à changer de genres et de registres. Que l'on apprécie ou pas sa démarche, il a mis en scène de grands films, son meilleur étant certainement Un héros très discret (1996). Dans cette fabuleuse comédie dramatique qui n'est pas sans rappeler Zelig de Woody Allen, un arriviste ne fait que mentir afin d'inscrire son destin anonyme dans la marche du Temps. En résulte une oeuvre fascinante et brillante sur la façon dont on construit les gens et l'histoire. La mise en scène inventive et la performance parfaite de Mathieu Kassovitz en font une oeuvre indémodable. ****1/2
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samedi 15 mars 2025
jeudi 31 octobre 2024
Film du jour: Emilia Pérez
Doublement récompensé à Cannes, Emilia Pérez est sans doute le film le plus original de toute la carrière de Jacques Audiard. Il s'agit d'une drame musical tourné en espagnol sur le chef d'un cartel mexicain qui souhaite changer de sexe! Avec ses séduisants numéros chantés et dansés, sa réalisation soignée et la dévotion de ses interprètes, il est plutôt difficile de s'ennuyer. Dommage que l'ensemble se transforme rapidement en exercice de style, tenant de la bande dessinée avec ses personnages superficiels et ses situations tirées par les cheveux, qui se concluent dans un mélo romantico-kitsch digne d'Almodovar. ***1/2
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samedi 16 avril 2022
Film du jour: Les Olympiades
Jacques Audiard débarque toujours là où personne ne l'attend. Avec Les Olympiades, il propose une oeuvre légère et sentimentale d'une grande beauté plastique (la photographie en noir et blanc est sublime), prétentieuse et superficielle à ses heures, mais dont le magnétisme de ses interprètes fait battre le coeur plus rapidement. On en ressort envoûté. Ma critique complète sera à lire dans le numéro d'été de Ciné-Bulles. ***1/2
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vendredi 8 octobre 2021
Film du jour: Les olympiades (FNC)
Du western picaresque de The Sisters Brothers, Jacques Audiard passe au drame de moeurs parisien avec Les olympiades, suivant le quotidien d'une jeunesse qui cherche à troquer la solitude pour l'amour. Magnifiquement filmé en noir et blanc et interprété par un trio d'excellents comédiens (Lucie Zhang est une véritable révélation), le long métrage coscénarisé par Céline Sciamma et Léa Mysius à partir des bandes dessinées d'Adrian Tomine semble marquer toutes les cases (métaphores omniprésentes, poésie urbaine, ralentis évocateurs, décors qui en disent longs, musique intrigante, etc.) afin de devenir un «grand film». Pourtant, à force de toujours privilégier les thèmes sociaux, l'essence de l'effort finit par se dissoudre. À l'Impérial. ***1/2
samedi 19 janvier 2019
The Sisters Brothers (blu-ray)
Le grand cinéaste Jacques Audiard propose avec The Sisters Brothers son premier film américain. (Entract Films / Elevation Pictures)
C'est quoi? Deux frères tentent de mettre la main sur un prospecteur qui a dérobé son patron.
C'est comment? Le mélange de genres (action, aventure, comédie, western, drame) est parfaitement au point et l'interprétation d'ensemble demeure excellente. Mention spéciale à John C. Reilly qui trouve son meilleur rôle en carrière.
Et pourtant? Le rythme n'est pas sans faille avec sa tension vacillante à mi-chemin.
Techniquement? Les pistes sonores sont explosives et les magnifiques images utilisent des éclairages complexes que viennent toujours soutenir les contrastes appropriés.
Suppléments? Cette édition comprend un blu-ray une copie numérique. Trois documentaires sont disponibles, mais ils sont tellement courts et superficiels qu'on peut facilement les oublier.
Au final? C'est un flamboyant récit personnel qu'offre le créateur d'Un prophète avec ce long métrage riche et passionnant. À découvrir.
Mon entrevue avec le cinéaste
Ma critique complète
Mon entrevue avec le cinéaste
Ma critique complète
samedi 13 octobre 2018
Sorties au cinéma: First Man, The Sisters Brothers, Au poste!, The Old Man and the Gun, Free Solo, Bad Times at the El Royale, Birdboy: The Forgotten Children, Fireworks, Volontaire, Matangi Maya M.I.A., American Chaos, Bigger
Plusieurs cinéastes talentueux croisent le fer cette semaine dans un cinéma près de chez vous.
First Man: Suite au triomphe mérité de La La Land, Damien Chazelle pouvait tout se permettre. Contre toutes attentes, il débarque avec un anti-biopic sur Neil Armstrong qui n'a absolument rien de glamour. La solitude et la mort sont de tous les plans, alors que la caméra perpétuellement en mouvement rappelle au contraire la présence de la vie. D'une histoire universelle, il pond un drame familial extrêmement intime, dans la tradition d'Apollo 13 et, surtout, de Terrence Malick. Et si le grand public risque de détourner le regard, le cinéphile sera en orbite. ***1/2
The Sisters Brothers: Pour son premier film en anglais avec des vedettes hollywoodiennes, Jacques Audiard aurait pu se perdre. Au contraire, il propose un faux western bien personnel, parsemé d'éclats de rires et de violence, où l'on retrouve tous ses thèmes fétiches. Les fans de John C. Reilly ne le verront d'ailleurs plus du même oeil. ***1/2
Ma critique
Au poste!: Quentin Dupieux persiste et signe avec ce qui est à ce jour son meilleur opus. En se moquant de tout avec une intelligence féroce (le polar, les discussions sans fin, le septième art français), le maître de l'absurde multiplie les fantaisies insolites, rappelant que les meilleures farces sont souvent les plus courtes. Et l'effort se bonifie au fil des visionnements. Brillant! ***1/2
The Old Man and the Gun: Après son immense A Ghost Story, le réalisateur David Lowery revient à un cinéma plus ludique et accrocheur, toujours mélancolique mais où l'on rit et sourit allègrement Une première chez lui! Cette réflexion sur le temps qui passe est surtout l'occasion d'offrir un rôle en or à Robert Redford qui brille comme jamais. ***
Free Solo: Si leur précédent Meru était haletant, le tandem Elizabeth Chai Vasarhelyi et Jimmy Chin se surpasse avec leur nouveau documentaire, qui suit cette fois un homme qui aime gravir des sommets sans s'attacher! La tension est dans le tapis, faisant vite oublier la réalisation qui ne s'éloigne guère des standards télévisuels. ***
Bad Times at the El Royale: Autant le précédent et jouissif The Cabin in the Woods de Drew Goddard jouait adroitement avec les genres, autant son petit nouveau laisse un peu sur sa faim dans sa façon d'imiter Quentin Tarantino. Mais on finit par s'y amuser, gracieuseté d'une distribution à tout casser. ***
Ma critique
Birdboy: The Forgotten Children: À ne montrer à aucun enfant, cette fable d'Alberto Vazquez et Pedro Rivero que Fantasia a diffusée l'année dernière est une animation morbide sur de jeunes animaux qui tentent de survivre dans un monde inquiétant. Peuplé de visions alarmantes, ce dessin animé techniquement impressionnant séduit amplement même s'il a tendance à se perdre en chemin. ***
Fireworks: Tirée d'une célèbre série télévisée des années 90, cette création de Akiyuki Shinbo et Nobuyuki Takeuchi qui a été présentée l'été dernier à Fantasia est une animation japonaise extrêmement romancée sur les amourettes d'adolescents et cette possibilité de revenir dans le temps. Un bonbon sucré pas désagréable mais qui finit par peser et qui ne convainc pas totalement avec ses individus superficiels et son graphisme soigné dont les incursions 3D mal imbriquées sautent aux yeux. **1/2
Volontaire: En s'attaquant à la place des filles dans la marine, Hélène Fillières propose un long métrage bien attentionné mais un peu lisse, qui demeure trop loin des zones d'ombre. Reste la joie de revoir le trop rare Lambert Wilson dans un rôle sous-développé et la toujours pétillante Diane Rouxel. **1/2
Matangi/Maya/M.I.A: Réalisé par un vieil ami de la chanteuse, ce documentaire impressionniste prend la forme d'une hagiographie bien sage, où l'on n'apprend finalement presque rien de la star, si ce n'est son engagement social. La musique fait cependant son effet. **1/2
American Chaos: Pourquoi les gens ont-ils voté pour Trump? C'est ce que se demande James D. Stern dans ce documentaire partisan, éclairant mais parfois trop brouillon, qui n'est jamais sauvé par une facture visuelle assez terne. Dès le 15 octobre. **1/2
Bigger: Histoire vraie sur deux frères Montréalais qui se sont construits un véritable empire, ce téléfilm déguisé de la part de George Gallo prend tout au premier degré, oubliant du coup la profondeur de ses thèmes et la complexité de ses personnages. **
Du 16 au 19 octobre, le Musées des beaux-arts de Montréal accueille également le Festival de Film Au Contraire qui tente de briser les tabous sur la maladie mentale.
The Sisters Brothers: Pour son premier film en anglais avec des vedettes hollywoodiennes, Jacques Audiard aurait pu se perdre. Au contraire, il propose un faux western bien personnel, parsemé d'éclats de rires et de violence, où l'on retrouve tous ses thèmes fétiches. Les fans de John C. Reilly ne le verront d'ailleurs plus du même oeil. ***1/2
Ma critique
Au poste!: Quentin Dupieux persiste et signe avec ce qui est à ce jour son meilleur opus. En se moquant de tout avec une intelligence féroce (le polar, les discussions sans fin, le septième art français), le maître de l'absurde multiplie les fantaisies insolites, rappelant que les meilleures farces sont souvent les plus courtes. Et l'effort se bonifie au fil des visionnements. Brillant! ***1/2
The Old Man and the Gun: Après son immense A Ghost Story, le réalisateur David Lowery revient à un cinéma plus ludique et accrocheur, toujours mélancolique mais où l'on rit et sourit allègrement Une première chez lui! Cette réflexion sur le temps qui passe est surtout l'occasion d'offrir un rôle en or à Robert Redford qui brille comme jamais. ***
Free Solo: Si leur précédent Meru était haletant, le tandem Elizabeth Chai Vasarhelyi et Jimmy Chin se surpasse avec leur nouveau documentaire, qui suit cette fois un homme qui aime gravir des sommets sans s'attacher! La tension est dans le tapis, faisant vite oublier la réalisation qui ne s'éloigne guère des standards télévisuels. ***
Bad Times at the El Royale: Autant le précédent et jouissif The Cabin in the Woods de Drew Goddard jouait adroitement avec les genres, autant son petit nouveau laisse un peu sur sa faim dans sa façon d'imiter Quentin Tarantino. Mais on finit par s'y amuser, gracieuseté d'une distribution à tout casser. ***
Ma critique
Birdboy: The Forgotten Children: À ne montrer à aucun enfant, cette fable d'Alberto Vazquez et Pedro Rivero que Fantasia a diffusée l'année dernière est une animation morbide sur de jeunes animaux qui tentent de survivre dans un monde inquiétant. Peuplé de visions alarmantes, ce dessin animé techniquement impressionnant séduit amplement même s'il a tendance à se perdre en chemin. ***
Fireworks: Tirée d'une célèbre série télévisée des années 90, cette création de Akiyuki Shinbo et Nobuyuki Takeuchi qui a été présentée l'été dernier à Fantasia est une animation japonaise extrêmement romancée sur les amourettes d'adolescents et cette possibilité de revenir dans le temps. Un bonbon sucré pas désagréable mais qui finit par peser et qui ne convainc pas totalement avec ses individus superficiels et son graphisme soigné dont les incursions 3D mal imbriquées sautent aux yeux. **1/2
Volontaire: En s'attaquant à la place des filles dans la marine, Hélène Fillières propose un long métrage bien attentionné mais un peu lisse, qui demeure trop loin des zones d'ombre. Reste la joie de revoir le trop rare Lambert Wilson dans un rôle sous-développé et la toujours pétillante Diane Rouxel. **1/2
Matangi/Maya/M.I.A: Réalisé par un vieil ami de la chanteuse, ce documentaire impressionniste prend la forme d'une hagiographie bien sage, où l'on n'apprend finalement presque rien de la star, si ce n'est son engagement social. La musique fait cependant son effet. **1/2
American Chaos: Pourquoi les gens ont-ils voté pour Trump? C'est ce que se demande James D. Stern dans ce documentaire partisan, éclairant mais parfois trop brouillon, qui n'est jamais sauvé par une facture visuelle assez terne. Dès le 15 octobre. **1/2
Bigger: Histoire vraie sur deux frères Montréalais qui se sont construits un véritable empire, ce téléfilm déguisé de la part de George Gallo prend tout au premier degré, oubliant du coup la profondeur de ses thèmes et la complexité de ses personnages. **
Du 16 au 19 octobre, le Musées des beaux-arts de Montréal accueille également le Festival de Film Au Contraire qui tente de briser les tabous sur la maladie mentale.
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samedi 6 octobre 2018
Entrevue Jacques Audiard (The Sisters Brothers)
Présenté aujourd'hui au FNC et prenant l'affiche la semaine prochaine, The Sisters Brothers est le premier film américain de Jacques Audiard. J'ai pu échanger avec le grand cinéaste français et mon entrevue se trouve dans les pages du journal Métro.
mardi 9 août 2016
Sorties DVD/Blu-ray: Dheepan, Montréal la blanche, Demolition, The First Monday in May, Keanu, A Hologram for the King, Les Visiteurs – La révolution
Lorsque le cinéma d'auteur mène le bal, cela donne des sorties intéressantes en DVD et en Blu-ray.
Palme d'Or de 2015, Dheepan est un film courageux de la part de Jacques Audiard qui maîtrise totalement son sujet... jusqu'à une conclusion qui laisse à désirer. C'était pourtant immense jusque-là. ***1/2
Autre long métrage social sur la difficulté de l'immigration, Montréal la blanche de Bachir Bensaddek est porté par deux excellents comédiens qui compensent pour des faiblesses scénaristes. ***
Une oeuvre de Jean-Marc Vallée qui ne se prend pas trop la tête, cela donne Demolition, une crise existentielle teintée de comédie d'où ressort le talent de grands acteurs. Ça fait du bien. ***
Documentaire en forme de publicité déguisée, The First Monday in May d'Andrew Rossi s'adresse principalement aux amateurs de musée et de mode. **1/2
Satire des productions de gangsters, Keanu de Peter Atencio fait rire ici et là en demeurant bien trop sage et convenu. Au moins il y a un chat mignon et une scène d'anthologie avec Anna Faris. **1/2
Tom Tykwer (Cours, Lola, cours) se perd un peu plus dans A Hologram for the King, le récit d'une renaissance avec Tom Hanks dans un rôle qu'il connaît par coeur. Mièvre et sans surprise. **
Avait-on réellement besoin des Visiteurs - La révolution? Toujours réalisé par Jean-Marie Poiré, ce supplice pour l'intelligence est un des pires navets de l'année. Vous serez prévenu. *
vendredi 12 février 2016
Sorties au cinéma : Dheepan, Un + une, Le Petit Prince, How to Be Single, Deadpool
Entre romance et violence, la Saint-Valentin sera fêtée de drôles de façons cette année au cinéma.
Jacques Audiard l'a finalement eu sa Palme d'Or et si ce n'est pas pour son meilleur film, Dheepan est tout de même une oeuvre très solide sur la difficile acclimatation d'un immigrant et sa famille de reconstitution à son nouveau pays. Dommage que la dernière partie moins convaincante verse gratuitement dans le cinéma de genre. ***1/2
Claude Lelouch retrouve finalement la forme dans Un + une, une histoire d'amour extrêmement mince mais absolument charmante sur les déboires sentimentaux d'un suave Jean Dujardin en Inde. Du soleil plein la tête et le coeur. ***
Adaptation sans finesse ni personnalité du fameux classique littéraire, Le Petit Prince de Mark Osborne fera surtout rêver les enfants avec ses morales appuyées et ses personnages unidimensionnels. **1/2
Tout le monde semble vouloir recréer le style Apatow et How to Be Single de Christian Ditter en est le dernier émule. Il s'agit d'une comédie inégale qui réserve de bons moments mais qui se sabote en voulant jouer du côté du drame sirupeux. **1/2
Il y a tellement de longs métrages de superhéros qu'il faut se démarquer. Deadpool de Tim Miller le fait en cherchant désespérément à être irrévérencieux, vulgaire et badass qu'il en devient faussaire, banal et affligeant. Mieux vaut alors revoir le premier Kick-Ass, Kingsman, Super et le Darkman de Sam Raimi qui reprend la même histoire de façon beaucoup plus supportable. **
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jeudi 5 novembre 2015
Films du jour : Dheepan et Aferim!
Deux films se démarquent aujourd'hui...
Il y a Dheepan, le film d'ouverture de Cinemania qui s'avère le choix sécuritaire. Une Palme d'Or forte en gueule de Jacques Audiard sur un problème criant d'actualité (le sort des sans-papiers), mais dont les 30 dernières minutes plus faibles l'empêchent d'être grandiose. Mais comme il rejoue le 15 novembre... ***1/2
... on peut être tenté d'aller voir Aferim! au Centre Phi. C'est le choix de la Roumanie aux prochains Oscars et un incroyable western en noir et blanc sur des hommes qui tentent de retrouver un tzigane. Une oeuvre tordue et insolite, un peu mince par endroits mais qui fait rire aux larmes avant de remuer lors de sa finale. En espérant qu'un distributeur d'ici prenne un risque avec ce titre qui sort des sentiers battus... ***1/2
mardi 19 mars 2013
DVD : À perdre la raison, Zero Dark Thirty, De rouille et d’Os, L’enfant d’en haut, This is 40, Hemel, Le fils de l’autre, Mars & Avril, Les Misérables, The Hobbit, Et si on vivait tous ensemble ?
Les excellents films sont nombreux cette semaine avec la sortie de trois très grandes fresques.
Il y a tout d'abord le bouleversant À perdre la raison de Joachim Lafosse qui fera pleurer encore et encore. Émilie Dequenne hante dans ce rôle d'une mère dépassée par les évènements. ****
Puis il y a l'excellent Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow qui demeure un des meilleurs films américains de la dernière année. Plombée par une fausse polémique sur la torture, ce récit incendiaire est à voir absolument tant sa maîtrise formelle est immense. ****
Il y a finalement De rouille et d'os qui, sans être un grand Jacques Audiard comme l'était Un prophète, demeure un mélo à l'américaine de grande qualité. Oui, Marion Cotillard s'est fait voler un Oscar. ****
Un brin moins essentiel mais tout de même très intéressant est L'enfant d'en haut d'Ursula Meier qui, à l'instar de son Home, explore à nouveau les relations familiales ambigus. Les interprètes sont excellents. ***1/2
On s'amuse beaucoup devant This is 40 de Judd Apatow qui analyse l'effritement chez le couple. C'est trop long et moralisateur, mais on y rit parfois aux larmes. Et l'édition Blu-ray ne manque pas de pertinents suppléments. ***
Les amateurs du cinéma de Pialat voudront jeter un coup d'oeil à Hemel de Sacha Polak, un récit à part sur une jeune femme qui se définit par le sexe. Un premier film pas toujours au point mais très particulier. ***
Il y a de belles intentions derrière Le fils de l'autre de Lorraine Lévy qui cherche à créer un discours entre Israël et les territoires occupés. Les ficelles sont grosses, sauf qu'on finit tout de même par embarquer. ***
Plus que dans Mars & Avril de Martin Villeneuve, un essai de science-fiction qui est aussi magnifique visuellement que pauvre sur le plan du scénario. On sent toutefois un réel talent au niveau des idées. **1/2
C'est un peu la même histoire pour Les Misérables de Tom Hooper qui en met plein la vue mais qui déçoit par sa redondance, ses effets kitchs et appuyés. Et dire qu'Anne Hathaway a remporté un Oscar alors qu'elle ne fait que pleurer... **1/2
On avait bien aimé Lord of the Rings. Cela explique notre déception devant The Hobbit de Peter Jackson qui est presque la même chose, mais sans le soin apporté aux personnages. Un gros jeu vidéo sans grand intérêt. **
La principale déception de la semaine se nomme toutefois Et si on vivait tous ensemble? de Stéphane Robelin, un film de «vieux» où plein de comédiens connus sabotent leur talent dans une histoire superficielle aux enjeux mal définis. **
samedi 15 décembre 2012
De rouille et d’os, The End of Time, La mise à l’aveugle, Le Hobbit – An Unexpected Journey, Joy ! Portrait of a Nun
Deux films qui sont aux antipodes l'un de l'autre vont beaucoup plaire au grand public et aux cinéphiles. Dommage qu'un des deux ne soient vraiment pas à la hauteur des attentes...
Il ne s'agit pas De rouille et d'os, bien au contraire. Bien que le nouveau film de Jacques Audiard se rapproche davantage de Sur mes lèvres que d'Un prophète, il redonne les lettres de noblesse au mélodrame dans sa façon de présenter le destin de deux êtres humains qui ne sont pas épargnés par le sort. L'histoire réserve peu de surprises et la finale est plutôt décevante, mais ce sont les deux seuls défauts de cette oeuvre à voir absolument, qui enflamme par la perfection éblouissante de ses comédiens. ****
Les amateurs d'une forme de cinéma plus expérimentale ne voudront pas manquer le fascinant The End of Time de Peter Mettler qui questionne le temps en envahissant le spectateur d'images à couper le souffle et d'une fine partition musicale. De quoi être hypnotisé et rivé à l'écran du début à la fin. ***1/2
Nettement plus au point que son précédent Nuages sur la ville, Simon Galiero propose avec La mise à l'aveugle une plongée réjouissante dans le quotidien d'une femme qui multiplie les va-et-vient entre différentes classes sociales. La machine n'est peut-être pas parfaitement rodée, sauf qu'on sourit amplement. ***
Sans être le fan numéro numéro 1 de la trilogie cinématographique portant sur The Lord of the Rings (le 3e épisode est interminable), il faut avouer que Peter Jackson y avait fait un très bon travail. Pour faire de l'argent, il étire inutilement Le Hobbit - Un voyage inattendu qui devient un véritable jeu vidéo extrêmement répétitif et beaucoup trop explicatif. Plusieurs personnes chialeront sur le choix de tourner en 48 images secondes au lieu du traditionnel 24 (ce qui, ultimement, ajoute un peu de charme à l'entreprise). Mais ce qui est véritablement offensent c'est qu'un cinéaste de ce calibre offre un matériel si peu inspirant et inspiré. **
C'est tout de même moins pire que Joy! - Portrait of a Nun de Joe Balass, un documentaire insupportable sur des hommes qui se déguisent en nonne. Le sujet n'est pas banal, mais le traitement est assez abject, autant au niveau de la réalisation terne que des «personnages» qui laissent complètement indifférents. Surtout que l'essai tourne en rond au bout de 15 minutes. *1/2
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jeudi 1 novembre 2012
Film du jour: De rouille et d'os
Cinemania lance ses festivités en grand avec la présentation de De rouille et d'os, l'excellent nouveau film de Jacques Audiard. Sans atteinte le sommet d'Un prophète, ce grand admirateur du cinéma américain propose un mélodrame réglé au quart de tour, avec son émotion à l'avant-plan et des prestations d'acteurs incroyables (Marion Cotillard et Matthias Schoenaerts crèvent l'écran). Le récit révèle peut-être peu de surprises et la finale est sirupeuse à souhait, cela n'empêche pas d'être rivé à l'écran. ****
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