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mercredi 26 avril 2023

Film du jour: Babylon


Film le plus ambitieux de la carrière du cinéaste Damien Chazelle, Babylon a été mal accueilli à sa sortie au cinéma. Est-ce que de le redécouvrir en blu-ray changera la donne?  (Paramount)

C'est quoi? Le cinéma change et il s'apprête de passer du muet au parlant.

C'est comment? Il s'agit d'un orgie cinématographique qui titille constamment les sens. La distribution opulente est dominée par Brad Pitt et Margot Robbie.

Et pourtant? Les trois heures mettront à l'épreuve bien des cinéphiles. L'intrigue demeure superficielle et l'émotion reste en retrait. Pourquoi avoir tout axé autour du personnage de Diego Calva tant il s'avère inintéressant?

Techniquement? L'immense soin esthétique se répercute à l'écran. Les images sont lustrées et colorées, dotées de milliers de détails. Puis il y a les mélodies omniprésentes qui s'accaparent aisément les enceintes.

Suppléments? Cette édition comprend deux blu-ray et une copie numérique. Les nombreux bonus réunissent des scènes supprimées et allongées, ainsi que des documentaires sur le tournage, les costumes, la musique...

Au final? À prendre ou à laisser, Babylon est une lettre d'amour au septième art qui verse dans les excès les plus outranciers. Une sorte de La La Land (du même créateur) satirique qui fascine et irrite tout à la fois.

jeudi 28 janvier 2021

Film du jour: Guy and Madeline on a Park Bench


Dès son premier film Guy and Madeline on a Park Bench (2009), on retrouvait déjà l'essence du cinéma de Damien Chazelle (La La Land), grand amateur de jazz et de comédies musicales, qui adore les classiques américains (Cassavetes et compagnie) et la Nouvelle Vague (principalement Godard). Cela donne une belle histoire d'amour enchantée, magnifiquement tournée en noir et blanc et montée avec style, qui n'est pas sans prétention et tics, mais qui impose un immense talent. ***1/2

mardi 22 janvier 2019

First Man (blu-ray)

Après son éclatant La La Land, Damien Chazelle change radicalement de registre avec First Man. (Universal)

C'est quoi? Les exploits de Neil Armstrong, le premier homme à avoir mis le pied sur la lune.

C'est comment? Quel fabuleux antibiopic, qui confronte l’infiniment grand à l’infiniment petit! L'émotion est immense, la mise en scène extraordinaire et les acteurs sont tous excellents.

Et pourtant? La prise de risque pourra en surprendre plus d'un. On est loin de l'oeuvre glamour, aimable et hollywoodienne.

Techniquement? Le travail sur le son est exceptionnel, pratiquement du jamais entendu.

Suppléments? Cette édition comprend un blu-ray, un dvd et une copie numérique. Les bonus regroupent une très intéressante piste de commentaires du réalisateur, du scénariste et du monteur, ainsi que deux scènes supprimées et huit trop courts documentaires sur le projet, la préparation, l'entraînement, le tournage à la NASA, etc.

Au final? Grand oublié des remises de prix, cet opus captive amplement. Un véritable tour de force cinématographique, qui mérite d'être redécouvert.

samedi 13 octobre 2018

Sorties au cinéma: First Man, The Sisters Brothers, Au poste!, The Old Man and the Gun, Free Solo, Bad Times at the El Royale, Birdboy: The Forgotten Children, Fireworks, Volontaire, Matangi Maya M.I.A., American Chaos, Bigger

Plusieurs cinéastes talentueux croisent le fer cette semaine dans un cinéma près de chez vous.

First Man: Suite au triomphe mérité de La La Land, Damien Chazelle pouvait tout se permettre. Contre toutes attentes, il débarque avec un anti-biopic sur Neil Armstrong qui n'a absolument rien de glamour. La solitude et la mort sont de tous les plans, alors que la caméra perpétuellement en mouvement rappelle au contraire la présence de la vie. D'une histoire universelle, il pond un drame familial extrêmement intime, dans la tradition d'Apollo 13 et, surtout, de Terrence Malick. Et si le grand public risque de détourner le regard, le cinéphile sera en orbite. ***1/2

The Sisters Brothers: Pour son premier film en anglais avec des vedettes hollywoodiennes, Jacques Audiard aurait pu se perdre. Au contraire, il propose un faux western bien personnel, parsemé d'éclats de rires et de violence, où l'on retrouve tous ses thèmes fétiches. Les fans de John C. Reilly ne le verront d'ailleurs plus du même oeil. ***1/2
Ma critique

Au poste!: Quentin Dupieux persiste et signe avec ce qui est à ce jour son meilleur opus. En se moquant de tout avec une intelligence féroce (le polar, les discussions sans fin, le septième art français), le maître de l'absurde multiplie les fantaisies insolites, rappelant que les meilleures farces sont souvent les plus courtes. Et l'effort se bonifie au fil des visionnements. Brillant! ***1/2

The Old Man and the Gun: Après son immense A Ghost Story, le réalisateur David Lowery revient à un cinéma plus ludique et accrocheur, toujours mélancolique mais où l'on rit et sourit allègrement Une première chez lui! Cette réflexion sur le temps qui passe est surtout l'occasion d'offrir un rôle en or à Robert Redford qui brille comme jamais. ***

Free Solo: Si leur précédent Meru était haletant, le tandem Elizabeth Chai Vasarhelyi et Jimmy Chin se surpasse avec leur nouveau documentaire, qui suit cette fois un homme qui aime gravir des sommets sans s'attacher! La tension est dans le tapis, faisant vite oublier la réalisation qui ne s'éloigne guère des standards télévisuels. ***

Bad Times at the El Royale: Autant le précédent et jouissif The Cabin in the Woods de Drew Goddard jouait adroitement avec les genres, autant son petit nouveau laisse un peu sur sa faim dans sa façon d'imiter Quentin Tarantino. Mais on finit par s'y amuser, gracieuseté d'une distribution à tout casser. ***
Ma critique

Birdboy: The Forgotten Children: À ne montrer à aucun enfant, cette fable d'Alberto Vazquez et Pedro Rivero que Fantasia a diffusée l'année dernière est une animation morbide sur de jeunes animaux qui tentent de survivre dans un monde inquiétant. Peuplé de visions alarmantes, ce dessin animé techniquement impressionnant séduit amplement même s'il a tendance à se perdre en chemin. ***

Fireworks: Tirée d'une célèbre série télévisée des années 90, cette création de Akiyuki Shinbo et Nobuyuki Takeuchi qui a été présentée l'été dernier à Fantasia est une animation japonaise extrêmement romancée sur les amourettes d'adolescents et cette possibilité de revenir dans le temps. Un bonbon sucré pas désagréable mais qui finit par peser et qui ne convainc pas totalement avec ses individus superficiels et son graphisme soigné dont les incursions 3D mal imbriquées sautent aux yeux. **1/2

Volontaire: En s'attaquant à la place des filles dans la marine, Hélène Fillières propose un long métrage bien attentionné mais un peu lisse, qui demeure trop loin des zones d'ombre. Reste la joie de revoir le trop rare Lambert Wilson dans un rôle sous-développé et la toujours pétillante Diane Rouxel. **1/2

Matangi/Maya/M.I.A: Réalisé par un vieil ami de la chanteuse, ce documentaire impressionniste prend la forme d'une hagiographie bien sage, où l'on n'apprend finalement presque rien de la star, si ce n'est son engagement social. La musique fait cependant son effet. **1/2

American Chaos: Pourquoi les gens ont-ils voté pour Trump? C'est ce que se demande James D. Stern dans ce documentaire partisan, éclairant mais parfois trop brouillon, qui n'est jamais sauvé par une facture visuelle assez terne. Dès le 15 octobre. **1/2

Bigger: Histoire vraie sur deux frères Montréalais qui se sont construits un véritable empire, ce téléfilm déguisé de la part de George Gallo prend tout au premier degré, oubliant du coup la profondeur de ses thèmes et la complexité de ses personnages. **

Du 16 au 19 octobre, le Musées des beaux-arts de Montréal accueille également le Festival de Film Au Contraire qui tente de briser les tabous sur la maladie mentale.