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mardi 13 mai 2025

Film du jour: Bananas


Renouer avec les premiers films de Woody Allen, c'est constater à quel point le cinéaste américain était fasciné par le cinéma muet. Malgré sa structure lâche, Bananas (1971) s'avère souvent d'une drôlerie inouïe tant les gags osent en allant loin. Tout n'est peut-être d'égale mesure, mais il y a des moments cultes qui n'ont pas pris une ride. ***1/2

mardi 11 mars 2025

Film du jour: Annie Hall


Annie Hall représente la quintessence du cinéma de Woody Allen. Des répliques hilarantes qui font mouche à chaque fois, un scénario brillant qui alterne légèreté et gravité, des acteurs parfaits dans leur rôles, etc. On ajoute à cela ici une mise en scène d'une rare inventivité et on obtient un classique instantané, toujours aussi drôle aujourd'hui qu'à sa sortie en 1977. *****

mardi 17 septembre 2024

Film du jour: Coup de chance


Ce n'est pas parce que les films de Woody Allen n'arrivent plus sur nos écrans de cinéma que le réalisateur a pris sa retraite. Pour Coup de chance, son 50e long métrage, il retrouve la ville de Paris afin de mener une nouvelle réflexion sur l'amour et le hasard. Tirée par les cheveux, l'intrigue s'enlise rapidement et les dialogues ne sont pas aussi spirituels ou amusants qu'avant. Les comédiens (Lou de Laâge, Melvil Poupaud, Valérie Lemercier, Niels Schneider...) n'ont cependant rien à se reprocher et sa mise en scène ponctuée de longs plans demeure plutôt agréable à regarder. **1/2

lundi 11 mars 2024

Film du jour: Zelig


Zelig est sans aucun doute le film le plus original de Woody Allen. Une magnifique oeuvre de montage où son héros change constamment de personnalité, se greffant aux faits historiques près de 10 ans avant Forrest Gump. Outre ses exploits techniques, on retient ses situations hilarantes et cette façon de combiner psychanalyse et romantisme. ****1/2

mardi 6 mars 2018

Nouveautés Blu-ray/dvd: Lady Bird, 120 battements par minute, Visages villages, Thor: Ragnarok, The Breadwinner, Novitiate, Bullet Head, The Man Who Invented Christmas, Wonder Wheel, Radius, Aliens Ate My Homework

Trois immenses fresques se retrouvent cette semaine en format Blu-ray et dvd...

Lady Bird: Étant ressorti bredouille des Oscars, ce premier film de Greta Gerwig n'en demeure pas moins essentiel dans sa façon de parler de l'adolescence et des rapports mère/fille. Saoirse Ronan y trouve d'ailleurs son meilleur rôle en carrière. ****

120 battements par minute: Ce n'est pas surprenant que cet immense opus de Robin Campillo a triomphé aux Césars. Il traite d'un sujet important sans oublier d'offrir la totale sur le plan cinématographique et de l'interprétation. Une autre raison de célébrer? L'édition américaine permet de mettre la main sur le dvd, tout le contraire du vidéo sur demande du distributeur québécois...

Visages, villages: C'est malheureusement en vsd qu'abouti cet excellent documentaire de la part d'Agnès Varda et J.R., qui célèbre l'art et la beauté, autant celle des gens que des lieux. À voir plus d'une fois pour enrayer les jours gris. ****

Thor: Ragnarok: Aucun long métrage de Marvel n'aura été aussi drôle que cette troisième aventure en solo du fils d'Odin. Taika Waititi y insuffle un humour incroyable, des scènes d'action délirantes et une trame sonore d'enfer. Surtout que l'édition Blu-ray comporte plein de suppléments intéressants. ***

The Breadwinner: Cette animation de Nora Twomey séduit par ses dessins soignés et ses thèmes pour adultes. Si seulement le ton moralisateur ne prenait pas toute la place... ***

Novitiate: Cette création de classe prend le temps pour aller au coeur de son sujet: la remise en question de sa foi par une nonne. Bien que rien de véritablement essentiel en ressorte, son traitement honorable rend le tout recommandable. ***

Bullet Head: Voilà une série B satisfaisante de la part de Paul Sollet, qui fait toutefois soupirer lorsqu'elle tente de se prendre au sérieux ou de jouer sur le plan émotif. **1/2

The Man Who Invented Christmas: Hormis la prestation de Christopher Plummer en Scrooge, cette production sur la réalisation du chef-d'oeuvre de Dickens sent trop la poussière et le banal téléfilm pour convaincre réellement. **

Wonder Wheel: Autant la photographie du dernier Woody Allen est sidérante de beauté, autant son propos se répète royalement, copiant allègrement les thèmes de Tennessee Williams. Même sa direction de comédiens laisse à désirer. **

Radius: Malgré une ingénieuse idée de départ, cet effort de Caroline Labrèche et Steeve Leonard s'apparente à un mauvais épisode d'Au-delà du réel. L'interprétation y est rigide et les surprises qui ponctuent le script sont plus affligeantes les unes que les autres. En terme de film de genre, c'est le jour et la nuit avec Les affamés. *1/2

Aliens Ate My Homework: Vulgaire copie des Guardians of the Galaxy et autres superproductions de super-héros, ce désastre de Sean McNamara n’attirera pas plus de cinq minutes l'attention d'un jeune public. Imaginez le plus vieux! *

samedi 16 décembre 2017

Sorties au cinéma: The Shape of Water, Star Wars: The Last Jedi, Le sens de la fête, Darkest Hour, Wonder Wheel

Le cinéma fantaisiste est à l'honneur cette semaine dans les salles avec deux poids lourds.

The Shape of Water: Après quelques échecs, Guillermo del Toro refait une nouvelle version de son mythique Labyrinthe de Pan avec cette oeuvre poétique et visuellement splendide, mais consensuelle et qui cherche peut-être trop à remporter des prix. ***1/2

Star Wars: The Last Jedi: Oubliez l'épisode VII et Rogue One. Voici enfin un Star Wars satisfaisant. Même si elle est trop longue, l'oeuvre de Rian Johnson regorge de surprises, de scènes d'action spectaculaires et de moments délirants. ***1/2

Le sens de la fête: Les réalisateurs d'Intouchables reviennent au film 100% comique avec cette farce au casting hallucinant qui aurait toutefois pu être plus drôle et profonde. Les gags amusants côtoient constamment ceux moyennement au point. **1/2

Darkest Hour: Énième long métrage sur Churchill, celui de Joe Wright privilégie l'humour en temps de guerre, démolissant du coup son suspense. La progression classique est au moins relevée d'une mise en scène assurée, et Gary Oldman s'amuse sous son maquillage et ses facéties grotesques. **1/2

Wonder Wheel: À la fois un des plus beaux efforts de Woody Allen sur le plan visuel et un de ses moins intéressants, ce Tennessee Williams des pauvres provoque l'ennui. On a déjà vu tout ça des dizaines de fois. Et si en plus le charme habituel de son auteur n'y est plus, à quoi ça sert? **

mardi 18 octobre 2016

Nouveautés DVD/Blu-ray: The King of Pigs, The Fake, Café Society, Independence Day: Resurgence, Kingsglaive, Our Kind of Traitor, The Legend of Tarzan, Alice Through the Looking Glass

Le Festival du nouveau cinéma étant chose du passée, on se permet de souffler un peu avec les nouveautés DVD et Blu-ray.

C'est surtout le meilleur moment de s'initier à Yeon Sang-ho, un cinéaste coréen d'animation qui fait des dessins animés réalistes à portée sociale. Autant The King of Pigs que The Fake fascinent dans leur refus de suivre un code moral en déstabilisant le cinéphile. ***1/2

Beaucoup plus gentil est Café Society, le nouveau long métrage de Woody Allen. Une comédie ludique, oubliable et très agréable, qui charme et amuse sans marquer les esprits outre mesure. ***

Suite inutile d'un colossal succès de 1996, Independence Day: Resurgence de Roland Emmerich est tellement stupide qu'il finit par amuser et faire rire aux larmes. Un nanar de luxe. **1/2

Produit dérivé pour annoncer le jeu vidéo Final Fantasy XV, Kingsglaive de Takeshi Nozue est une producton musclée mais vide qui s'adresse uniquement aux fans de la série culte. **1/2

Our Kind of Traitor de Susanne White réussit l'exploit de saboter un casting de rêve et un livre de John le Carré au fil d'un récit invraisemblable et même risible. **

Lorsque les effets spéciaux mènent le bal, l'histoire et les personnages prennent le bord. C'est ce qui arrive à Tarzan de David Yates et Alice Through the Looking Glass de James Bobin qui sont visuellement fantastiques et d'une vacuité affligeante. Au moins les éditions Blu-ray méritent le détour avec leurs suppléments et un immense grand soin technique. **

vendredi 29 juillet 2016

Sorties au cinéma : La Belladonna de la tristesse, Café Society, Closet Monster

On tente de survivre à Fantasia en sacrifiant plusieurs des sorties régulières au cinéma. Si je me promets de revoir le nouveau Jason Bourne dans un proche avenir, les autres nouveautés peuvent attendre un peu. Il était toutefois impensable de passer à côté de trois films intéressants et très différents.

C'est une superbe animation japonaise que la Cinémathèque québécoise présente à partir d'aujourd'hui. Classique de 1973, La Belladone de la tristesse d'Eichi Yamamoto est un mélange de dessins animés et d'images fixes sur une femme accusée de sorcellerie qui décide de faire un pacte avec le Diable pour se venger. Psychédélique à souhait, plongé dans un état presque constant de souffrance, de sexe et de violence, ce conte féministe demeure d'une poésie sans nom où l'on veut s'y lover à jamais. ****

Après quelques efforts oubliables, Woody Allen revient avec Café Society, une romance drôle et très sympathique sur le Hollywood des années 30. Tout a déjà été vu précédemment, ce qui n'est pas une raison de bouder son plaisir. La distribution est parfaite et que dire de la photographie, une de ses plus soignées depuis des lustres. ***
Critique

Lauréat du prix du meilleur film canadien au TIFF l'année dernière, Closet Monster est un séduisant premier long métrage de la part de Stephen Dunn, qui emprunte beaucoup à l'univers de Xavier Dolan (mais également Araki et Cronenberg) dans sa façon de montrer son jeune héros à la croisée des chemins. Malgré des tics de mise en scène et une superficialité des personnages, on retient principalement ce talent certain derrière la caméra et des interprètes convaincus. ***
Critique

mardi 12 janvier 2016

Nouveautés en DVD/Blu-ray: The Look of Silence, Cruel, Life, The Gambler, Pan, Irrational Man, The Barefoot Artist, Hotel Transylvania 2, Sinister 2, La mante religieuse, Mr. Robot: Season One, Svengali

Plein de nouveaux films en DVD et Blu-ray sortent cette semaine en prévision des chûtes de la température.

Le plus essentiel est The Look of Silence, cet important documentaire de Joshua Oppenheimer qui fait suite au déjà impressionnant The Act of Killing et qui va encore plus loin dans son exposé des traumatismes de guerre d'un pays. ****

Très satisfaisant long métrage sur un tueur en série pas comme les autres, Cruel d'Eric Cherrière va contre les clichés ambiants avec un grand soin apporté à son atmosphère et à son interprétation. ***1/2

Le mythique James Dean revit devant la caméra de l'ingénieux Anton Corbijn dans Life, un anti-biopic verbeux et atmosphérique qui fascine plus souvent qu'autrement. ***
Ma critique

Sélection de la Lituanie (!) aux Oscars l'année dernière, The Gambler d'Ignas Jonynas est une satisfaisante comédie noire sur un ambulancier en manque d'argent qui s'invente un jeu qui risque de mal tourner. ***

Antépisode qui a été détruit par la critique et qui s'est échoué au box-office, Pan de Joe Wright est pourtant un divertissant assez réussi sous fond de psychotropes. Visuellement, c'est la totale. ***

Irrational Man est certainement le long métrage le plus faible de Woody Allen depuis des lustres malgré la présence au générique de Joaquin Phoenix et Emma Stone. **1/2

Effort moyennement intéressant sur une artiste d'exception, The Barefoot Artist de Glenn Holsten et Daniel Traub épouse deux fils narratifs de valeur très inégale. **1/2 

Hotel Transylvania 2 de Genndy Tartakovsky est aussi futile que son prédécesseur. Un dessin animé prédigéré qui ne sort nullement des sentiers battus. **1/2

Autant l'original donnait froid dans le dos, autant Sinister 2 de Ciaran Foy se perd dans les clichés usuels de la production horrifique. **

Ridicule suspense sur une séductrice qui tente de corrompre un jeune prêtre, La mante religieuse de Natalie Saracco fait hurler de rire en se prenant tant au sérieux. *1/2

Surprise que personne n'attendait, Mr. Robot Season One est une des meilleures émissions de télévision de la dernière saison. Un intelligent drame cruellement d'actualité qui rend accro en un rien de temps. ****

Aussi disponible aujourd'hui sur VOD, Svengali de John Hardwick est une comédie satirique qui tombe à l'eau plus souvent qu'autrement sur un Anglais qui aimerait tant signer un grand groupe de musique. **

vendredi 7 août 2015

Sorties au cinéma : The Tribe, Shaun the Sheep, The Gift, Irrational Man, Ricki and the Flash, Le dep, Dark Places, Fantastic Four, Mirage

La folie de Fantasia étant chose du passée, on peut se concentrer sur les sorties régulières en salles. Cela tombe, il y a cette semaine une oeuvre extraordinaire à ne manquer sous aucun prétexte.

Elle se nomme The Tribe de Miroslav Slaboshpitzky, un film ukrainien entièrement tourné en langage de signes sur un adolescent qui rejoint une bande de garçons qui sont loin d'être des enfants de choeur. Magistralement mis en scène avec un scénario qui s'échelonne comme un cauchemar de plus en plus troublant et brutal, il s'agit là certainement d'un des longs métrages qui se retrouvera à coup sûr dans notre palmarès de fin d'année. ****

Gentille animation issue du studio qui a donné Chicken Run et Wallace and Gromit, Shaun the Sheep de Mark Burton et Richard Starzak est un autre ingénieux dessin animé en pâte à modeler sur des moutons qui vont dans la grande ville pour secourir leur propriétaire. C'est ludique, mignon et charmant comme tout même si l'ensemble aurait pu être encore plus mémorable. ***1/2

Première réalisation de l'acteur Joel Edgerton qui y tient un rôle important, The Gift est un suspense sur le passé qui revient hanter un couple en apparence modèle et sans histoire. Mélangeant adroitement les genres sans être totalement au point, l'effort emprunte beaucoup à Caché, Old Boy et le superbe effort allemand Revanche en demeurant tout de même recommandable. ***

Irrational Man est certainement le film le plus faible de Woody Allen depuis des lustres. Ni drame, comédie, suspense ou romance, cette production sur un prof en crise existentielle laisse complètement indifférent malgré sa photographie somptueuse et la présence de Joaquin Phoenix. **1/2

Meryl Streep est encore une caricature d'elle-même dans Ricki and the Flash de Jonathan Demme, un mélo comique qui tombe souvent à plat sur une chanteuse qui tente de renouer avec sa famille. C'est conventionnel et inoffensif malgré un ou deux moments plus relevés. **

Il y a beaucoup de sincérité derrière Le dep, le premier long métrage de Sonia Bonspille Boileau qui traite d'un vol qui tourne mal. Les sujets abordés sont nécessaires et Eve Ringuette livre une judicieuse interprétation. Sauf qu'il est impossible de passer sous silence les nombreuses faiblesses - le scénario est parfois manipulateur, les dialogues moralisateurs, les comédiens secondaires laissés à eux-mêmes, la musique insistante - de cet essai fait avec un micro budget. **

L'auteure de Gone Girl voit un autre de ses romans être transposé au cinéma. Le résultat est toutefois loin d'être heureux tant Dark Places de Gilles Paquet-Brenner qui oblige une femme à replonger dans le massacre de sa famille est inopérant. L'aspect thriller ne fonctionne pas, la description des crimes est terriblement soft, Charlize Theron manque de crédibilité et il y a tellement d'invraisemblances que l'ennui ne tarde pas à apparaître. **

Dans un marché saturé par les adaptations de bandes dessinées, Fantastic Four ne fait pas bonne figure. Surtout que l'ouvrage concocté par Josh Trank est une des pires à voir le jour depuis longtemps. La première partie beaucoup trop longue et monotone sabote le solide casting en place, alors que la seconde s'avère risible dans l'élaboration de ses affrontements. Lorsque l'émerveillement laisse la place aux rires involontaires, c'est qu'il y a un fâcheux problème. Aussi navrant que les versions qui ont pris l'affiche il y a déjà 10 ans. *1/2

Ego Trip a mis la barre tellement basse cette année qu'aucun film québécois ne pourra être pire. Mirage de Ricardo Trogi passe pourtant bien près de le faire. Pour la première fois, l'efficace metteur en scène travaille sur un scénario qui n'est pas le sien et c'est ça le problème. La prémisse en place - la fin des illusions d'un père de famille qui se rend compte que l'existence ne se résume pas seulement à l'argent et aux gros seins - est parsemé des clichés les plus gros et les plus stupides possibles. Comme si on venait seulement de découvrir American Beauty ou qu'on voulait faire un remake encore plus grotesque du Règne de la beauté. Entre la talentueuse distribution qui est mal utilisée, l'humour répétitif qui ne fait jamais rire et les pointes dramatiques bâclées, la déception est grande. Pour tenter de faire oublier ce gros vide dégueulasse et cynique, le cinéaste multiplie les plans séquences superficiels. *1/2

mardi 16 décembre 2014

Nouveautés en DVD : The Immigrant, Magic in the Moonlight, This is Where I Leave You, Maïna, Horns, Dans sa bulle, Supercondriaque, Agent Hamilton 2

Deux grands cinéastes américains s'affrontent cette semaine, entre deux tonnes de navets et une comédie louable.

Poursuivant un parcours sans faute, James Gray signe avec The Immigrant une fresque ambitieuse sur l'Amérique. Ce n'est pas son meilleur film, mais certainement son plus beau. ***1/2

Woody Allen se la joue à nouveau ludique dans Magic in the Moonlight, une comédie spirituelle sur un magicien et une jolie demoiselle. C'est gentil, cocasse et complètement oubliable. ***

Le deuil peut être source de rapprochement familial. C'est le postulat qui ressort du sympathique This is Where I Leave You de Shawn Levy, qui peut compter sur de très bons comédiens. ***

Un sujet fort (un conte inspiré de légendes amérindiennes) pour un traitement qui laisse à désirer et qui tend vers le téléfilm. C'est ce que propose le Maïna de Michel Poulette. **1/2

Comédie d'horreur qui n'est ni drôle ni effrayante, Horns d'Alexandre Aja s'apparente à du gros n'importe quoi. Mais qu'est-ce que Daniel Radcliffe est venu faire dans ce Twin Peaks des pauvres? **

Long métrage français parsemé de clichés et de personnages stéréotypés, Dans sa bulle de Pierre-Loup Rajot explore l'éternel triangle amoureux, cette fois en copiant Truffaut et Mouret. **

Dany Boon a déjà eu du talent devant et derrière la caméra. Cela fait longtemps, surtout si on se fie au navrant Supercondriaque qui insulte l'intelligence du spectateur. **

Croisement entre un ersatz de Jason Bourne et une version cheap de Taken (qui était déjà une production risible), Agent Hamilton 2 de Tobias Falk est un clone sans personnalité ni intérêt. À éviter. *1/2

dimanche 10 août 2014

Film du jour: Magic in the Moonlight

Après le grand succès (mérité) de Blue Jasmine, il était normal que le nouveau film de Woody Allen déçoive un peu. Plus léger et candide que son prédécesseur, Magic in the Moonlight n'est pourtant pas un mauvais long métrage. Au contrairement, on s'amuse beaucoup en Provence à suivre Colin Firth qui cherche à démasquer Emma Stone qui aurait des dons de voyante. Le scénario est ponctuée de moments très drôles et la chimie entre les deux comédiens est palpable. Oui, l'ensemble manque de profondeur et la mise en scène demeure un peu accessoire, mais cela n'est pas important tant que la bonne humeur y est . Et c'est tout à fait le cas ici. ***

mardi 21 janvier 2014

Nouveautés en DVD: Blue Jasmine, The Spectacular Now, Captain Phillips, In a World, We are What We Are, Amsterdam, Machete Kills, Carrie

Il y a de belles choses qui sortent cette semaine en format DVD et Blu-ray. Et comme les temps sont tranquilles, on se permet même un peu de rattrapage...

Cate Blanchet gagnera probablement un Oscar pour le rôle titre de Blue Jasmine de Woody Allen où elle incarne une femme un peu névrosée qui débarque chez sa soeur après avoir rompu avec son mari. Les dialogues sont brillantes, les acteurs excellents et la mise en scène de grande qualité (surtout si on la compare aux derniers efforts du cinéaste). ***1/2

Un des plus beaux films sur l'adolescence à voir le jour depuis des années, The Spectacular Now de James Ponsoldt est le récit de deux jeunes qui vont apprendre à s'aimer. Les comédiens sont touchants et la réalisation qui verse dans le réalisme réserve plusieurs bonnes surprises. ***1/2

Mouvementée histoire vraie sur une prise d'otage en haute mer, Captain Phillips utilise bien le style nerveux de Paul Greengrass et la présence magistrale de Tom Hanks. Reste que le discours devient avant la fin américanisé et patriotique, ce qui est un peu décevant. ***

Percer dans l'univers des voix off de bandes-annonces est difficile, encore davantage si on est une femme. C'est ce que raconte cette jolie comédie douce-amère In a World de Lake Bell qui possède une distribution qui fait souvent toute la différence. ***

Remake assez réussi d'un film d'horreur mexicain, We are What We Are de Jim Mickle prend son temps dans sa façon de montrer une famille dysfonctionnelle qui est loin d'être comme les autres. À défaut de verser dans l'originalité, l'ambiance y est angoissante à souhait. *** 

Premier long métrage de Stefan Miljevic, Amsterdam suit les conséquences d'une virée entre amis qui tourne mal. Le scénario pas toujours satisfaisant et quelques répliques involontairement hilarantes heurtent grandement cet effort en quête de crédibilité, dont le casting était tout de même potable. **

Autant le premier volet était très drôle, autant le second Machete Kills sent le recyclage, n'arrivant pratiquement jamais à faire sourire. Lorsque la satire d'un film d'exploitation devient... un simple film d'exploitation. Au moins, il y a quelques caméos savoureux... **

Qui a eu l'idée de faire une nouvelle version de Carrie? Car malgré la présence des très bonnes Julianne Moore et Chloë Grace Mortez, cet ersatz réalisé par Kimberley Peirce n'intéresse réellement jamais. La technique est grosse, les effets spéciaux très moyens et la tension, carrément absente. **

vendredi 30 août 2013

En salles: Blue Jasmine, Cherchez Hortense, Carré rouge sur fond noir, Le grand maître, One Direction: This is Us, Getaway

Plusieurs cinéastes réputés offrent leurs dernières offrandes cette semaine... et elles ne sont pas toutes excellentes!

Ce n'est heureusement pas le cas de Woody Allen qui propose, avec Blue Jasmine, un de ses meilleurs films depuis des lustres. En suivant les délires d'une femme récemment séparée de son mari, il donne à Cate Blanchett son plus grand rôle en carrière. C'est drôle et intelligent à la fois, sensible et dramatique. Irrésistible... et même la mise en scène est très intéressante! ***1/2

Grinçant drame social qui révolte et fait rire aux larmes tout à la fois, Cherchez Hortense est un très bon opus de Pascal Bonitzer qui arrive à faire oublier les lieux communs grâce à la maîtrise de ses dialogues. Comme toujours (ou presque), Jean-Pierre Bacri est parfait. ***1/2

Documentaire sur la dernière crise étudiante, Carré rouge sur fond noir de Santiago Bertolino et et Hugo Samson fait le tour de son sujet sans nécessairement creuser très en profondeur. Quelques répliques font beaucoup sourire, mais pourquoi avoir ajouté de la musique humoristique pour discréditer si facilement un politicien peu populaire? ***

Wong Kar-wai semble se parodier dans Le grand maître où il fait des liens forcés à tous ses films tout en tentant de réunir ce qui a fait sa marque de commerce (les ralentis, la fumée de cigarettes, les amours impossibles, etc.). Visuellement, l'oeuvre est superbe, sauf que le scénario est incompréhensible dû à un montage chaotique et c'est beaucoup trop long pour son - notre - propre bien. **1/2

Le documentariste Morgan Spurlock a toujours eu un don pour explorer ses sujets avec humour. Dommage qu'il soit totalement au neutre dans One Direction: This is Us où il ne fait que suivre une des formations musicales les plus populaires de la planète, s'avérant pratiquement une simple infopub. Pourquoi? POURQUOI MORGAN? **

Mélange indigeste de Speed, de Die Hard 3 et de Taken qui porte sur un homme qui cherche à retrouver sa femme qui a été kidnappée, Getaway de Courtney Solomon est une production d'action poussive peuplée de scènes d'action qui donnent mal à tête, d'interprètes laissés à eux-mêmes et d'une histoire parsemée d’invraisemblances. Ce que ça fait pitié à voir. *1/2

mardi 15 janvier 2013

DVD : Les adieux à la reine, L’affaire Dumont, Samsara, The Possession, To Rome With Love, Won’t Back Down, Taken 2

Il n'y a pas seulement d'excellents films au cinéma (Amour, Zero Dark Thirty). Plusieurs titres extrêmement intéressants viennent de sortir en format DVD et Blu-ray.

C'est le cas de Les adieux à la reine de Benoît Jacquot, cette fascinante fiction sur quatre journées importantes dans la vie de Marie-Antoinette. Tout, de la mise en scène somptueuse à l'interprétation vibrante, mérite l'attention. Surtout que l'édition comporte de nombreuses entrevues très détaillées avec son cinéaste. ****

Un des meilleurs longs métrages québécois de 2012, L'affaire Dumont retrace avec sensibilité un fait divers qui a marqué la province. Réalisé avec minutie par Podz et bénéficiant d'excellents acteurs, cet opus va droit au coeur. ***1/2

Après le somptueux Baraka, le réalisateur Ron Fricke propose avec Samsara un autre magnifique documentaire hypnotisant qui fait voyager. On repassera pour l'originalité, sauf que le résultat est toujours aussi merveilleux. ***1/2

Une autre production mettant en vedette un exorciste? Oui, mais cela n'empêche pas The Possession d'Ole Bornedal de captiver. Peut-être pas pour sa fin un peu bâclée et sa structure narrative prévisible, mais pour l'efficacité de sa mise en scène, la force de sa musique et de ses comédiens. ***

Woody Allen ne change guère. Même s'il revient en petite forme avec To Rome With Love où il regroupe plusieurs histoires amoureuses sous le soleil de l'Italie, sa touche magique séduit autant. En voilà un dont on ne se tanne pas. ***

Peu importe que Won't Back Down de Daniel Barnz s'inspire de faits authentiques et qu'il décrit le combat d'une communauté pour mieux prendre soin de ses enfants. Son traitement mélodramatique et son discours de droit puent au nez, donnant le goût de prendre ses jambes à son cou. **

Aussi mauvais que son prédécesseur, Taken 2 d'Olivier Megaton est un autre effort raciste et abrutissant d'un père qui est prêt à tuer 100 personnes pour secourir sa femme et sa fille. Si seulement les scènes d'action étaient divertissantes et que Liam Neeson n'était pas seulement là pour encaisser son chèque... *1/2

mercredi 24 octobre 2012

Film du jour: The Purple Rose of Cairo

Quel est le meilleur film de Woody Allen? Habituellement, Annie Hall et Manhattan sont cités. Pourtant, il ne faudrait pas négliger The Purple Rose of Cairo, cette formidable fable où la vie et le cinéma ne forment qu'un. Rarement un Allen aura été aussi original et romantique que celui-ci dans sa façon de rappeler que l'amour et le septième art sont compatibles. En fait, tout y est sublime. Autant la mise en scène que le jeu des comédiens, les répliques mordantes et les nombreux thèmes sous-jacent. Même les détracteurs du cinéaste risque d'y trouver leur compte, ce qui en dit long sur la grande qualité de cet opus. ***** 

mardi 16 octobre 2012

Film du jour: Love and Death

Une formidable rétrospective de TOUS les films de Woody Allen se tient au Cinéma du Parc et ce, pendant plusieurs semaines. Sans nécessairement revenir sur chacune des productions du cinéaste à lunettes, quelques-uns de mes «films du jour» seront en son hommage. Dont Love and Death qui est une de ses créations les plus hilarantes en carrière. En faisant une parodie de la culture et de la littérature russe avec son lot de délicieuses anachronismes, le réalisateur offre ici un tour de force magistral, explorant tous ses thèmes fétiches mais d'une façon inédite. Un peu d'air frais dans une filmographie qui se suit et se ressemble beaucoup. ****

mardi 31 juillet 2012

À voir (ou pas): Laurentie, I'm Yours, Servitude, Les géants, To Rome With Love, Step Revolution

En congé mais Fantasia n'est pas dans vos goût? Voici quelques films à voir ou à éviter pour bien profiter de la climatisation, loin de la chaleur ambiante.

Laurentie: Un petit film indépendant qui brasse toutes les questions du Québec moderne. Une importe oeuvre coup de poing à ne pas manquer. Radical, peut-être trop, même. ***1/2 (DVD)

Les géants: La fragilité de l'été de trois adolescents qui passeront à l'âge adulte au fil de leurs rencontres. Lent, inspirant, d'une grande beauté: ce road-movie fait du bien malgré quelques baisse de régime. ***1/2 (en salles)

To Rome With Love: Un Woody Allen satirique, plus comique que dramatique, qui met de bonne humeur et ce, même si on connaît la formule par coeur. Pourquoi pas? *** (en salles)

I'm Yours: Un autre road-movie, bavard et parsemé d'invraisemblances celui-là, que la radieuse Karine Vanasse n'arrive pas à sauver. ** (DVD)

Servitude: Un long métrage sur le service à restauration qui tombe rapidement à plat. Une comédie plus ou moins inspirée malgré quelques scènes rigolotes. ** (DVD)

Step Up Revolution: Un 4e épisode de Step Up, toujours avec aucune histoire, des comédiens mal dirigés et des dialogues indigestes. Les séquences dansées sont potables, mais il ne s'agit toujours pas de cinéma. *1/2 (en salles)

mardi 17 janvier 2012

Film du jour: Cassandra's Dream

Et si le meilleur film de Woody Allen du 21e siècle n'était pas Match Point ou Midnight in Paris, mais Cassandra's Dream, ce suspense angoissant maculé d'humour noir où la musique de Philip Glass devient un personnage à part entière? Oui, cette oeuvre est beaucoup moins aimable, sauf qu'on sent que le réalisateur à lunettes amène enfin quelque chose de nouveau à sa signature, qui est ici pleinement reconnaissable et si différente. Un titre à redécouvrir, qui sort des préoccupations habituelles de son auteur. ***1/2

Critique

mardi 20 décembre 2011

DVD: Project Nim, 13 films, Midnight in Paris, Détective Dee, Warrior, La conquête, Circumstance, Straw Dogs, De vrais mensonges, Dolphin Tale, Colombiana

Cinq jours avant Noël, il y a encore plusieurs DVD et Blu-ray qui peuvent s'offrir comme cadeaux de dernière minute.

Nouvel essai de James Marsh (Man on Wire), Project Nim ressasse l'histoire véritable d'un chimpanzé élevé comme un humain. Un documentaire extrêmement touchant qui est parfait pour toute la famille.

Très intéressante compilation de courts métrages québécois, 13 Films qui est distribué par Les Films du 3 Mars est l'occasion idéale de découvrir le talent de jeunes metteurs d'ici par l'entremise d'efforts souvent engagés mais toujours pertinents.

Il n'y a rien qui ressemble davantage à un film de Woody Allen qu'un autre film de Woody Allen. Midnight in Paris s'inscrit dans la continuité de ces dernières années (c'est drôle, mais sans émotion) dans sa façon d'explorer cet amour qui est toujours plus beau chez le voisin... ou dans le passé.

Canalisé par Hollywood, Tsui Hark a décidé de retourner chez lui pour pondre Détective Dee, un spectaculaire divertissement un peu vide mais terriblement décoiffant sur la soif de vérité d'un héros hors norme.

Tragédie grecque sur la réunion de deux frères dans le ring de leur existence, Warrior de Gavin O'Connor traîne parfois en longueur. Sauf que le trio d'interprètes (Tom Hardy, Joel Edgerton et Nick Nolte) y est excellent.

Sorte de W. à la sauce française, La conquête de Xavier Durringer qui porte sur l'ascension de Nicolas Sarkozy est une sympathique oeuvre mineure. Cela sent le téléfilm à plein nez, mais la distribution demeure de qualité.

La jeunesse iranienne tente de s'éclater dans Circumstance de Maryam Keshavarz, un long métrage nécessaire et très bien filmé mais parfois trop démonstrateur et moralisateur dans sa façon d'accumuler tous les maux de la société.

Remake d'un film culte des années 1970, Straw Dogs de Rod Lurie respecte l'histoire en place (un couple qui se fait harceler) mais en aseptisant le climat malsain qui en découle. Cela donne quelque chose de beaucoup moins mémorable.

Malgré la présence au générique des très bons Audrey Tautou, Nathalie Baye et Sami Bouajila, De vrais mensonges de Pierre Salvadori est une comédie romantique convenue et prédigérée sur des personnages peu attachants.

Avec ses messages à faire saigner les oreilles et sa tonne de bons sentiments, Dolphin Tale de Charles Martin Smith fera hurler les enfants qui risquent de s'ennuyer à mourir. Alors imaginez les pauvres parents qui doivent subir ça?

Le producteur Luc Besson déballe à nouveau sa salade vieille de presque 20 ans dans Colombiana d'Olivier Megaton, une autre histoire de vengeance au féminin qui n'arrive jamais à divertir correctement. Lorsque l'action se transforme en véritable marasme.