Cinéma et quête identitaire se confondent dans The Blackout (1997) d'Abel Ferrara, une oeuvre mystérieuse qui se veut fascinante à ses heures même si le résultat n'est pas toujours à la hauteur. En suivant un amnésique dans son délire, le récit se promène parfois sur le chemin de David Lynch, la grâce en moins. Reste le plaisir assez bordélique de sortir des sentiers battus. ***
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dimanche 17 mars 2024
lundi 17 janvier 2022
Film du jour: Zeros and Ones
Cinéaste prolifique, Abel Ferrara propose avec Zeros and Ones son film de pandémie, qui est aussi fascinant qu'exaspérant. L'intérêt de la production ne réside pas tant dans son scénario obscur et répétitif où Ethan Hawke incarne un soldat et son propre frère emprisonné. Mais dans la manière, justement, dont le réalisateur décrit l'isolement, la dérive psychologique et la perte de repère (la foi en prend pour son rhume), faisant errer son héros dans le noir, gracieuseté d'une photographiée étudiée de Sean Price Williams. Comme quoi la compréhension du monde est bien secondaire lorsqu'il faut la vivre réellement. Une émotion tacite et cinématographique qui se conclut sur une note d'espoir que l'on a bien hâte de se voir concrétiser dans la vie réelle. Disponible en vidéo sur demande dès demain. ***
dimanche 4 avril 2021
Film du jour: King of New York
Vilipendé à sa sortie en 1990, King of New York demeure la quintessence de ce qu'allait ressembler le cinéma d'Abel Ferrara: un antihéros torturé, une ville en décrépitude, une amoralité grotesque, etc. Tout cela est au service d'un récit qui alterne les scènes d'action trépidantes où la violence coule à flot et un sentiment mélancolique de fin du monde. Christopher Walken y trouve un de ses rôles les emblématiques, dominant une distribution relevée qui comprend Laurence (Larry!) Fishburne, David Caruso, Wesley Snipes et Steve Buscemi. ***1/2
samedi 10 octobre 2020
FNC: Last and First Men, Siberia
En adaptant le roman d'Olaf Stapledon, le regretté compositeur Johann Johannsson propose avec Last and First Men une odyssée de science-fiction libre et philosophique, qui utilise des images sidérantes et une trame sonore renversante afin de créer un vortex hypnotique. À tel point que la narration de Tilda Swinton en devient vite superflue et redondante. Tout ce qu'on a besoin est d'embarquer et de se laisser porter par tant de stimulus. L'expérience en devient alors plus significative. ***1/2
Le réalisateur Abel Ferrara peut tout se permettre. En retravaillant à nouveau avec son alter-ego Willem Dafoe, il pousse la machine encore plus loin, jusqu'à la faire - volontairement? - dérailler. Quelques mois à peine après son joli et terre-à-terre Tommasso, on peut découvrir Siberia, un projet encore plus ambitieux qui peut se lire comme un pensum psychanalytique sur l'existence. Lourd et prétentieux avec son symbolisme de bas étage, assez navrant dans sa façon de représenter le féminin à l'écran, l'ensemble peut s'avérer vain s'il est pris au premier degré. Pourtant c'est bien l'oeuvre d'un cinéaste rebelle qui est présentée, celui-là même qui fait fi des conventions en exigeant un abandon complet du spectateur. Rien ne dit que ce dernier y trouvera une totale satisfaction, sauf qu'il sera happé d'images fantasmagoriques et d'une vision unique à la limite cauchemardesque qui aurait cependant dû être poussée davantage. **1/2
vendredi 12 juin 2020
Film du jour: Tommaso
Abel Ferrara raffole des antihéros torturés. C'est encore le cas dans Tommaso, son meilleur film depuis des lustres, où un cinéaste qui tente de se relever grâce à sa famille se voit emporter par sa jalousie. Entre autoportrait du réalisateur, lettre d'amour à Rome et sombre psychose où il est impossible de distinguer le vrai du faux, il y a amplement de quoi captiver les cinéphiles. Malgré quelques passages à vide, le récit se révèle dans la durée et il offre une autre performance truculente à Willem Dafoe, parfait en alter ego de Ferrara. Disponible à la location sur le site de Cinéma du Parc. ***
dimanche 1 octobre 2017
Film du jour: The Driller Killer
Quelque part entre l'Oeuvre de Zola et une série B maculée de sang, The Driller Killer a permis à Abel Ferrara d'établir sa réputation dans le mauvais goût et la provocation. Si cette histoire malsaine sur un peintre qui trucide des gens avec sa perceuse s'avère ultimement digeste, c'est par l'utilisation ingénieuse des moyens cinématographique et une grande liberté de ton. À vivre à la Cinémathèque québécoise. ***
mardi 11 août 2015
Nouveautés en DVD et Blu-ray: Welcome to New York, Far From the Madding Crowd, Unfriended, Mille fois bonne nuit, A Little Chaos, La French, Les gazelles, Dig: Saison 1
Rien de vraiment exceptionnel et nécessaire est disponible cette semaine en format DVD et Blu-ray, si ce ne sont quelques curiosités généralement potables.
Film à scandale du festival de Cannes de 2014, Welcome to New York d'Abel Ferrara est une satire jouissive du monde du pouvoir, avec un Gérard Depardieu plus énorme que d'habitude. ***
Lorsque Thomas Vinterberg se calme les ardeurs, cela donne Far From the Madding Crowd, une romance un peu poussiéreuse mais généralement satisfaisante qui est inspirée d'un classique littéraire. ***
Histoire horrifique à l'ère d'Internet et des nouvelles technologies, Unfriended de Levan Gabriadze arrive à provoquer quelques frissons sans se prendre la tête inutilement. ***
Juliette Binoche dans une histoire sur le quatrième pouvoir? Cela donne Mille fois bonne nuit d'Erik Poppe, un récit un brin superficiel mais assez puissant qui traite également des répercussions de la guerre. ***
Alan Rickman se tourne vers la réalisation avec A Little Chaos, une chronique féministe inégale sur une femme - Kate Winslet - qui a influencé Louis IX. Souvent plus beau que bon. **1/2
Avec ses clichés à la tonne et sa trop longue durée, La french de Cédric Jimenez ne fait pas dans la demi-mesure et il n'arrive pas à être le grand polar auquel il aspire tant. **
Changez de vie, qu'il disait. D'accord, mais en autant que ça donne un résultat moins moralisateur que Les gazelles de Mona Achache qui irrite plus qu'autre chose. **
On se remonte le moral avec la première saison de Dig, une série assez divertissante où le suspense tient en haleine malgré ses conventions.
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Vinterberg
vendredi 6 février 2015
Film du jour: Body Snatchers
La version de Body Snatchers d'Abel Ferrara est certainement la plus originale du lot. Faisant des liens entre l'armée et la perte d'identité, ce film d'horreur psychologique sur des gens qui se transforment pour devenir "conforme" est subversive à souhait et parsemée de flashs géniaux (et de séquences dérangeantes, comme celles sur le jeune garçon). La concrétisation n'est peut-être pas toujours parfaite et les scènes d'épouvantes sont au final assez rares, mais enfin un cinéaste qui prend des risques dans un genre balisé. ***
dimanche 19 octobre 2014
Films du jour: Maps to the Stars, Pasolini, Métamorphose (FNC)
Pour la dernière journée de FNC, place à trois réalisateurs réputés qui, sans offrir leurs meilleurs films, proposent des projets qui sortent des sentiers battus.
Le tout débute en force avec Maps to the Stars, la féroce satire sur Hollywood de David Cronenberg, qui débute de façon classique avant d'exposer la folie de ses personnages. Une fable malsaine sur les 1% de ce monde qui, sans autant marquer les esprits que Cosmpolis, est peuplé d'interprétations remarquables. ***1/2
Abel Ferrara qui s'attaque à Passolini, c'est l'évidence même. Étrangement, le cinéaste qui adore choquer manque un peu de nerfs dans son exploration des derniers mois du mythique cinéaste. Willem Dafoe est remarquable dans le rôle titre, mais l'ensemble laisse complètement indifférent malgré une mise en scène élégante. **1/2
C'est lorsqu'il s'adonne aux essais fauchés que Christophe Honoré est le moins convaincant. Après l'horrible Homme au bain il y a quelques années, le créateur de Les chansons d'amour déçoit avec Métamorphoses, où il jongle avec les mythes grecs sans convaincre totalement. Quelques idées intéressantes ressortent du lot, mais elles sont trop peu nombreuses pour mériter le détour. **
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samedi 16 août 2014
Nouveautés au cinéma : Welcome to New York, Yves Saint Laurent, Le monde nous appartient, La fleur de l’âge, Let’s Be Cops
Il s'agit d'une semaine relativement décevante au niveau des sorties au cinéma, alors qu'aucun titre ne se démarque réellement du lot et que la qualité va du passable à l'oubliable.
Vilipendé à Cannes et partout sur son passage, Welcome to New York d'Abel Ferrara n'est pas tant une recréation de l'affaire DSK qu'une réflexion absurde et fictive sur le pouvoir, la corruption, le sexe et la politique. Dès qu'on accepte de se retrouver devant un objet volontairement grotesque, pathétique et abject (sûrement au second visionnement), on s'amuse beaucoup devant ce cauchemar où Gérard Depardieu passe son temps à grogner comme un porc. Non, il n'y a pas grand-chose qui se rapproche de cette satire hallucinante du déclin de la société où les vices sont rois. ***
Biopic extrêmement conventionnel, Yves Saint Laurent de Jalil Lespert demeure constamment dans l'anecdote. La direction artistique est impressionnante et le duo entre Pierre Niney et Guillaume Gallienne fonctionne parfaitement, mais l'ensemble manque de passion, d'intérêt. Cela ressemble à une publicité déguisé à Pierre Bergé, l'ancien compagnon de YSL, qui a donné son accord à cette version. **1/2
Récit extrêmement ambitieux sur les choix de vie et les relations père/fils, Le monde nous appartient de Stephen Streker passe malheureusement à côté de ses sujets. Les interprètes talentueux ne peuvent rien devant la fadeur des personnages et la mise en scène qui fait dans l’esbroufe, se prenant parfois trop pour Magnolia. **1/2
Vieillir, ce n'est pas évident. Ce n'est pourtant pas une raison pour pondre un long métrage plein de clichés comme La fleur de l'âge de Nick Quinn, dont la réalisation morribonde est sauvée par le jeu cabotin et amusé de Jean-Pierre Marielle et de Pierre Arditi. Mais ce que ça ne vole pas haut! **1/2
Deux amis se prennent pour des policiers dans Let's Be Cops de Luke Greeenfield, une comédie grossière qui ne fait pratiquement jamais sourire. À tel point qu'on se demande si les gens qui riaient aux larmes lors de la projection spéciale étaient payés par le distributeur... **
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Sorties Cinéma de la semaine
mardi 13 août 2013
DVD: 4:44 Last Day on Earth, Reality, Possessions, Angel’s Share, The Company You Keep, Olympus Has Fallen
Il y a du choix en masse cette semaine au niveau des nouveautés DVD et Blu-ray, dont plusieurs titres de grande qualité.
Le tout commence pourtant avec du rattrapage avec le très intéressant 4:44 Last Days on Earth d'Abel Ferrara, un récit apocalyptique fauché mais parsemé d'idées brillantes, où le ton verbeux est accompagné d'un flux considérable de sons et d'images fascinantes, et où la chimie entre Willem Dafoe et Shanyn Leigh fait des merveilles. Profondément humain. ***1/2
Parler du culte du vedettariat n'est pas nouveau, mais Matteo Garrone le fait avec intelligence avec Reality, où sa superbe mise en scène est complètement au service de ses comédiens épatants et de son sujet, abordé de façon humoristique et avec une certaine mélancolie. ***1/2
On tremble beaucoup devant Possessions d'Éric Guirado, un drame viscéral inspiré d'une histoire vraie où un couple de la classe moyenne se sent humilier par des propriétaires qui les baladent d'endroits en endroits en attendant que leur chalet soit rénové. La tension est palpable et le jeu de Jérémie Renier, hallucinant. ***1/2
Ken Loach s'offre avec Angel's Share une comédie drôle et touchante sur le chômage. Ce qui débute comme une chronique douloureuse se mute peu à peu en conte, plus quelconque mais tout de même assez divertissant. ***
Suspense politique racé sur l'engagement, The Company You Keep de Robert Redford tient généralement bien la route, jusqu'à un dernier acte invraisemblable et décevant, qui porte ombrage à ce titre de qualité à la distribution irréprochable. ***
Olympus Has Fallen d'Antoine Fuqua, c'est un peu un Died Hard cheap à la Maison-Blanche. Le scénario raciste n'est prétexte qu'à des scènes d'action, efficaces mais déjà-vu. Les amateurs du genre y trouveront peut-être leur compte, les autres se détourneront de cette production qui aurait pu voir le jour il y un quart de siècle. **
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