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dimanche 19 octobre 2014

Films du jour: Maps to the Stars, Pasolini, Métamorphose (FNC)

Pour la dernière journée de FNC, place à trois réalisateurs réputés qui, sans offrir leurs meilleurs films, proposent des projets qui sortent des sentiers battus.

Le tout débute en force avec Maps to the Stars, la féroce satire sur Hollywood de David Cronenberg, qui débute de façon classique avant d'exposer la folie de ses personnages. Une fable malsaine sur les 1% de ce monde qui, sans autant marquer les esprits que Cosmpolis, est peuplé d'interprétations remarquables. ***1/2

Abel Ferrara qui s'attaque à Passolini, c'est l'évidence même. Étrangement, le cinéaste qui adore choquer manque un peu de nerfs dans son exploration des derniers mois du mythique cinéaste. Willem Dafoe est remarquable dans le rôle titre, mais l'ensemble laisse complètement indifférent malgré une mise en scène élégante. **1/2

C'est lorsqu'il s'adonne aux essais fauchés que Christophe Honoré est le moins convaincant. Après l'horrible Homme au bain il y a quelques années, le créateur de Les chansons d'amour déçoit avec Métamorphoses, où il jongle avec les mythes grecs sans convaincre totalement. Quelques idées intéressantes ressortent du lot, mais elles sont trop peu nombreuses pour mériter le détour. **

samedi 18 octobre 2014

Films du jour: Hard to be a God, Force majeure, Les règles du jeu, Baal (FNC)

De tous les films intéressants qui sont présentés aujourd'hui au Festival du nouveau cinéma, au moins quatre méritent l'attention...

Fascinante fresque de près de trois heures, sous-titrée et en noir et blanc, Hard to be God d'Aleksei German se demande comment la société aurait tourné sans la Renaissance. Les Barbares sont partout et il se frappent pour des riens... Avec ses images d'une hallucinante beauté et sa réalisation très imaginative, ce pensum un peu brouillon et trop long séduit malgré - ou grâce - à ses explosions de violence. ***1/2

Sélection de la Suède à la prochaine cérémonie des Oscars, Force majeure de Ruben Östlund est une histoire douce, amère et parfois absurde sur une famille qui se déchire devant le comportement répréhensible d'un père face à une avalanche. Aki Kaurismäki aurait certainement aimé cet effort intelligent et superbement photographié, qui fait oublier ses quelques longueurs par une finale époustouflante. ***1/2

Documentaire évocateur sur la jeunesse qui refuse parfois de se prendre en main et d'intégrer le monde du travail, Les règles du jeu de Claudine Bories et Patrice Chagnard suit avec tendresse et une légère ironie trois personnages colorés et attachants. Ce qui ressort n'est pas toujours beau à voir, mais comme étude sociologique, l'ensemble est plus que satisfaisant. ***

En guise de curiosité, il se fait rien de mieux que Baal, ce téléfilm "maudit" réalisé par Volker Schlöndorff en 1969 et qui est adapté d'une pièce de Brecht. Cette oeuvre bizarre séparée en chapitres qui porte sur les déboires d'un poète qui ne jure que par le sexe et le Schnaps n'est pas toujours réussie et l'intérêt vacille constamment. Mais elle est à l'image de son héros, interprété avec verve par Fassbinder: d'une liberté et d'une fraîcheur incommensurables. 

vendredi 17 octobre 2014

Entrevues Love Projet

Film choral se déroulant dans le monde de la danse et de la chanson, Love Projet de Carole Laure qui met en scène plusieurs personnages qui se trouvent dans la vingtaine et la jeune trentaine est présenté aujourd'hui et dimanche dans le cadre du FNC, avant de prendre l'affiche la semaine prochaine.

Pour tout savoir sur le sujet, je me suis entretenu avec sa réalisatrice et deux de ses talentueuses comédiennes. Mon entrevue se trouve dans les pages du Journal Métro.

Films du jour : The Tale of Princess Kaguya, Near Death Experience (FNC)

C'est déjà la dernière fin de semaine de films pour le FNC et il y a encore beaucoup d'oeuvres intéressantes à voir.

À ne rater sous aucun prétexte est la dernière animation d'Isao Takahata (Le tombeau des lucioles), The Tale of Princess Kaguya, qui suit les aventures incroyables d'une fille qui grandit extrêmement vite. Malgré quelques longueurs et répétitions, il s'agit d'un conte lumineux, mélancolique et à saveur féministe, qui est porté par une finale incroyablement triste et des dessins animés à couper le souffle. Un nouveau classique des mythiques Studios Ghibli. ****

Moins éclaté que les précédentes missives de ses créateurs (Benoît Delépine et Gustave Kerven qui ont offert les jouissifs Louise-Michel et Mammuth), Near Death Experience demeure un gentil pensum existentiel et souvent absurde où Michel Houellebecq ère dans la forêt, la mort dans l'âme. ***

jeudi 16 octobre 2014

Film du jour: Dominique A, la mémoire vive (FNC)

Des documentaires sur Dominique A, il peut en avoir 20, complètement différents. Avec La mémoire vive, le réalisateur Thomas Bartel propose une approche originale: exposer les influences et les obsessions d'un des plus grands chanteurs de la francophonie, mettant en relief ses premières oeuvres par rapport à ses derniers classiques. Cela donne un essai incomplet et un peu frustrant, mais riche et révélateur, qui laisse beaucoup de place à sa musique et à sa poésie. ***

mercredi 15 octobre 2014

Film du jour: Le militaire (FNC)

La démarche du cinéaste québécois Noël Mitrani est difficile à saisir. Après un séduisant premier film (Sur la trace d'Igor Rizzi), il s'est enfargé les pieds dans les fleurs du tapis avec la très ratée série B The Kate Logan Affair. Le voici de retour avec Le militaire, un long métrage à très petit budget sur les déboires d'un militaire de retour au pays. Malgré une prestation assurée de Laurent Lucas, l'effort se perd dans le vide de son sujet, ne brillant ni par ses dialogues ni par sa mise en scène. Comme quoi parfois 80 minutes peut être trop long et, ironiquement, ne pratiquement rien dire de tangible. **

mardi 14 octobre 2014

Films du jour: La tribu, Past Present (FNC)

C'est possiblement le film choc de 2014 (désolé, Mommy) et il est possible de l’attraper au FNC avant qu'il ne prenne l'affiche en 2015. Il s'agit évidemment de The Tribe de Myroslav Slaboshpytskiy, ce long métrage ukrainien de plus de deux heures qui est offert sans dialogue. Les personnages s'expriment en langage de signes (il n'y a pas de sous-titre) et après une brève acclimatation, on suit avec passion ce destin tragique de personnages qui tentent d'échapper à leur sort. Mêlant le style qu'affectionne Cristian Mungiu et celui Bruno Dumont, il s'agit d'un opus féroce et inoubliable, doté d'une réalisation exemplaire qui fait frissonner de plaisir. Du très, très grand cinéma. ****

Plus conventionnel mais néanmoins intéressant est le documentaire Past Present de Tiong Guan Saw qui porte sur le grand cinéaste Tsai Ming-Liang. Entre exploration de son parcours, de ses influences et de son enfance, il y a en filigrane une réflexion mélancolique sur le septième art et les vieilles salles de cinéma qui finissent par disparaître. L'émotion est vive, donnant seulement le goût de se replonger dans sa riche et importante filmographie. ***

lundi 13 octobre 2014

Film du jour: Layover (FNC)

Tourné avec un budget de 6 000$, Layover est un premier long métrage imparfait mais souvent séduisant de la part de Joshua Caldwell, qui suit une jeune femme en transit à Los Angeles. Les thèmes ne sortent guère des conventions du genre (l'errance, la quête identitaire, la peur de se poser) et les dialogues ne sont pas toujours édifiants, mais la direction d'acteurs demeure satisfaisante et la réalisation plastique offre quelques détours surprenants. **1/2

dimanche 12 octobre 2014

Film du jour: Still the Water (FNC)

Un des plus beaux films à être présenté au FNC cette année (et même au cinéma en 2014), Still the Water de Naomi Kawase est une sorte de croisement entre Tree of Life et Uncle Boonmee, alors qu'un cadavre retrouvé trouble les habitants d'une île japonaise. Opus magnifique qui séduit par son onirisme, sa poésie intrinsèque et son rythme contemplatif, cette oeuvre unique parfois trop symbolique compense pour tous les navets qui prennent régulièrement l'affiche sur les écrans. ****

samedi 11 octobre 2014

Films du jour: Test et Fires on the Plain (FNC)

Incroyable mais vrai. C'est la meilleure façon de décrire les films présentés aujourd'hui au Festival du nouveau cinéma.

Fresque tragique sur un triangle amoureux tourné sans aucun dialogue, Test d'Alexander Kott est un opus sidérant de beauté, qui en met plein la vue malgré son petit côté précieux. C'est passionnant, c'est puissant et c'est inoubliable. ****

Plus que la nouvelle version de Fires on the Plain. Malgré tout le talent du cinéaste Shinya Tsukamoto à développer ce drame de guerre malsain, la démonstration tombe un peu à plat à force de toujours montrer les atrocités au lieu de les suggérer. De quoi y préférer la vision d'Ichikawa, nettement supérieure. **1/2

vendredi 10 octobre 2014

Films du jour: Tokyo Tribe et Réalité (FNC)

L'absurde est à l'honneur aujourd'hui au Festival du nouveau cinéma.

Tout d'abord par l'entremise de Sion Sono qui s'éclate complètement avec Tokyo Tribe, une orgie de combats apocalyptiques, de décors kitsch et de sang sous fond de musique hip hop qui est chantée presque du début à la fin. Oui, ce délire est beaucoup trop long et extrêmement répétitif. Mais pour atteindre le nirvana et l'extase en peu de temps (ah, ce superbes plans séquences d'ouverture...), il n'y a presque rien de mieux. ***

Il y a aussi Quentin Dupieux (alias Mr. Oizo) qui s'offre avec Réalité son meilleur film en carrière (après les quelconques Rubber, Wrong et Wrong Cops). Cette histoire tordue d'un réalisateur quoi doit imiter un cri d'effroi n'est pas totalement satisfaisante (pour la profondeur, il faudra repasser). Sauf que cette façon de combiner le réel, des rêves et le cinéma évoque dans la farce totale le travail de David Lynch et ça, cela fait un grand bien. ***

jeudi 9 octobre 2014

Film du jour: In the Basement (FNC)

Après le film d'ouverture présenté hier soir (le dernier Philippe Falardeau qui prendra l'affiche sous peu), le Festival du nouveau cinéma se met véritablement en branle aujourd'hui. Les curieux ne voudront pas manquer la nouvelle offrande d'Ulrich Seidl, In the Basement, qui est un retour au documentaire pour le cinéaste autrichien. Ce qui débute comme le portrait simple et conventionnel de gens qui passent leur quotidien dans leurs sous-sols se mutent peu à peu en une expérience drôle, touchante mais surtout traumatisante des dérivés de la nature humaine, où les questions de sexe, de contrôle et de politique n'ont plus de limite. Le tout étant magnifiquement tourné à l'aide de cadrages élégants à la Ozu, ce qui décuple les frissons et le malaise. ***1/2

mercredi 24 septembre 2014

En attendant le Festival du nouveau cinéma

C'est hier qu'était dévoilée la programmation de la prochaine édition du Festival du nouveau cinéma. De nombreux films intéressants seront projetés, dont les derniers opus de Dumont, Miike, Sono, Honoré, Takahata, Godard, Gitai et Falardeau.

Pour tout savoir sur l'événement, place à mon texte sur le sujet

On reviendra évidement sur ce festival d'exception en temps et en lieu...