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vendredi 19 mars 2021

Sorties cinéma: The Father, Rose Plays Julie, Effacer l'historique, Crisis, Passage, Terrible Jungle, Death of a Ladies' Man



La famille se retrouve au coeur des plus récentes sorties cinématographiques...

The Father: En adaptant sa propre pièce, Florian Zeller confie à Anthony Hopkins un rôle immense en patriarche souffrant de démence. À tel point qu'on ne voit que lui dans cet exercice plutôt glacial qui révèle quelques surprises et coups de théâtre ingénieux. Ma critique. ***1/2

Rose Plays Julie: Une femme part à la recherche de ses parents biologiques dans ce suspense bien de son époque de Joe Lawlor et Christine Molloy qui explose lentement mais sûrement vers une conclusion tordue, prévisible mais d'une grande maîtrise esthétique et psychologique. On pense parfois à Revanche, l'immense drame autrichien de Götz Spielmann. ***1/2

Effacer l'historique: Cela fait quelques films déjà que le mordant de Gustave Kerven et Benoît Delépine n'agit plus comme avant. C'est le cas de cette farce hilarante mais plutôt lourde sur les réseaux sociaux où d'excellents acteurs s'en donnent à coeur joie. À une autre époque, cela aurait été mémorable. Là, ce n'est que marrant... ce qui est tout de même beaucoup. ***

Crisis: Tourné en partie à Montréal, le nouveau long métrage de Nicholas Jarecki (qui n'a rien fait depuis son très réussi Arbitrage en 2012) s'intéresse à la crise des opiacés. Une thématique forte qui ressemble malheureusement trop à un ersatz de Traffic dans sa façon d'agencer ses histoires chorales. La réalisation demeure toutefois efficace à défaut d'être personnalisée et le prestigieux casting (qui comprend Armie Hammer, Gary Oldman et Greg Kinnear) est dominé par la prestation colorée de notre Guy Nadon national. **1/2

Passage: La fin de l'adolescence est l'épicentre même de ce documentaire sincère de Sarah Baril Gaudet, qui bénéficie d'une photographie soignée et de mélodies toujours adaptées. Dommage que l'anecdote et les redites s'accaparent la part du lion, transcendant difficilement un sujet aussi éprouvé. **1/2

Terrible Jungle: C'est une comédie complètement disjonctée que proposent Hugo Benamozig et David Caviglioli, amenant Catherine Deneuve sur la piste de son fils disparu. Les situations et l'humour forcément inégaux finissent difficilement à faire sourire et c'est à se demander à quoi aurait ressemblé l'ensemble en étant poussé encore plus loin. Sans doute à l'excellent et largement supérieur La loi de la jungle d'Antonin Peretjatko, qui n'a jamais été distribué au Québec. **

Death of a Ladies' Man: Matt Bissonnette adore Leonard Cohen. 18 ans après son charmant Looking for Leonard, il renoue avec ce mythe montréalais par l'entremise d'un coureur de jupon condamné par la maladie. Malgré une distribution relevée (Gabriel Byrne en mène large) et quelques effets heureux de mise en scène (fantômes, l'apport de la musique), le scénario superficiel verse rapidement dans les clichés et la facilités, rappelant de façon insistante comment la famille est au centre de tout. **

mercredi 30 janvier 2019

Film du jour: I Feel Good

Présenté au FNC à l'automne dernier et toujours orphelin d'un distributeur québécois, I Feel Good du mordant tandem Benoît Delépine et Gustave Kervern est une comédie sociale qui débute sur des chapeaux de roues avant de perdre graduellement de la vitesse et de finir dans la fable un peu molle où le collectif prend le dessus sur l'individu. C'est surtout l'occasion de revoir un Jean Dujardin en pleine possession de ses moyens, plus allumé que jamais. ***

vendredi 9 septembre 2016

Sorties au cinéma : Saint Amour, Sully, Les Ardennes, Au pays de la muraille enneigée, L’île en folie, 9 - Le film

Il y a vraiment des films pour tous les goûts et de tous les genres qui prennent l'affiche cette semaine au Québec.

Désopilante comédie du tandem Delépine/Kerven (Louise-Michel, Mammuth), Saint Amour est un road-movie au masculin qui sait même émouvoir au tournant. Gérard Depardieu y est immense et d'une fragilité à fleur de peau. ***1/2

Meilleure réalisation de Clint Eastwood depuis des lustres, Sully est un biopic assez efficace sur un pilote d'avion qui est parvenu à secourir son entourage. Tom Hanks apparaît en grande forme et il n'y a que la finale plus appuyée qui laisse à désirer. ***

Les Ardennes est un drame familial assez éclatant de la part de Robin Pront. La première partie et la plus satisfaisante tourne autour d'une famille dysfonctionnelle dont les frères s'amourachent de la même fille. Le tout finit par se régler dans le sang, la farce et un cinéma de genre jouissif quoique beaucoup moins soutenu. Plus que l'histoire prévisible d'inspiration biblique, on retient le brio de la mise en scène, quelques combats incroyables et une trame sonore plus qu'appropriée. ***

Sensible documentaire sur une femme qui décide de retourner chez elle, Au pays de la muraille enneigée de Marilu Mallet est porté par des images somptueuses et une démarche qui l'honore. De quoi faire oublier cette narration qui semble parfois ampoulée. ***

Variation sur Robinson Crusoé en mettant à l'avant-plan les animaux qui se dressent devant lui, L'île en folie de Vincent Kesteloot et Ben Stassen est une animation puérile pour très jeunes enfants avec une 3D qui finit par donner mal à la tête. **

Les films à sketchs sont souvent inégaux. Pas 9 - Le film qui regroupe neuf cinéastes très connus. Car mis à part les segments de Marc Labrèche et d'Érik Canuel, ils sont tous mauvais. Parler de communication avec humour est une chose, mais en oubliant l'émotion c'est transformer les personnages en êtres unidimensionnels. Surtout que les réalisations sont souvent très accessoires. *1/2

vendredi 17 octobre 2014

Films du jour : The Tale of Princess Kaguya, Near Death Experience (FNC)

C'est déjà la dernière fin de semaine de films pour le FNC et il y a encore beaucoup d'oeuvres intéressantes à voir.

À ne rater sous aucun prétexte est la dernière animation d'Isao Takahata (Le tombeau des lucioles), The Tale of Princess Kaguya, qui suit les aventures incroyables d'une fille qui grandit extrêmement vite. Malgré quelques longueurs et répétitions, il s'agit d'un conte lumineux, mélancolique et à saveur féministe, qui est porté par une finale incroyablement triste et des dessins animés à couper le souffle. Un nouveau classique des mythiques Studios Ghibli. ****

Moins éclaté que les précédentes missives de ses créateurs (Benoît Delépine et Gustave Kerven qui ont offert les jouissifs Louise-Michel et Mammuth), Near Death Experience demeure un gentil pensum existentiel et souvent absurde où Michel Houellebecq ère dans la forêt, la mort dans l'âme. ***