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mercredi 12 mars 2025

Film du jour: Marcello Mio


Fiction méta où Chira Mastroianni se prend pour son célèbre père Marcello, Marcello Mio débute comme un simple film sur le cinéma avant de devenir une réflexion mélancolique sur l'identité et la famille. Comme toujours chez Christophe Honoré, l'écriture minutieuse est au service des beaux personnages et la mise en scène vivante alterne les hommages (un peu trop évidents) et les chansons (du bonbon!). On en ressort de bonne humeur. En salle ce vendredi. ***1/2

dimanche 11 décembre 2022

Film du jour: Le lycéen


S'il a déjà traité la mort soudaine de son père par le biais de la littérature, c'est la première fois que Christophe Honoré l'aborde pas le cinéma. Il le fait d'une brillante façon par l'entremise de Le lycéen, filmant les répercussions tragiques de cette disparition sur un adolescent. Généreux (un peu trop, s'il faut se fier à la durée du récit), le film embrasse les thèmes et les humeurs avec volupté, se tenant du côté de la mélancolie plutôt que de la tragédie. La mise en scène souple qui se tient près des corps fait le reste, tout comme la dévotion des acteurs, d'une Juliette Binoche éplorée (clin d'oeil à Bleu) à Vincent Lacoste en grand frère protecteur, en passant par Paul Kircher, véritable âme et révélation du long métrage. ***1/2

vendredi 7 août 2020

Sorties au cinéma: Chambre 212, A Girl Missing, Peninsula, The Burnt Orange Heresy, Divorce Club

Lorsque le cinéma américain se retire des écrans, cela permet à d'autres pays - comme la France, le Japon et la Corée du Sud - de triompher dans des genres très différents.

Chambre 212: Christophe Honoré n'a pas perdu la main. En traitant comme souvent chez lui de sujets graves (l'usure des sentiments amoureux) par la légèreté, il propose un conte magique et fantaisiste parsemé de fantômes, constamment relevé par le brio de ses comédiens et la vivacité de sa mise en scène. Un grand crû, assurément. ****

A Girl Missing: Koji Fukada (Harmonium) aime les héros ambigus. Dans son plus récent opus, il confronte une infirmière dévouée à un drame qui risque de détruire sa réputation. Frustrant et fascinant tout à la fois, cette oeuvre fragmentée qui en dit long sur le Japon contemporain obsède par sa structure narrative éclatée et la forte prestation de Mariko Tsutsui.  ***1/2

Peninsula: Cette suite spirituelle à l'acclamé Train to Busan s'apparente à un Mad Max: Fury Road coréen chez les zombies. Une déflagration pleine d'action, de sang et de pathos, dont les sous-entendus sociaux (réfugiés, capitalisme sauve) sont atténués afin d'offrir encore plus de poursuites spectaculaires. Yeon Sang-ho reprend du service derrière la caméra et s'il n'a rien perdu de son savoir-faire technique, il devrait peut-être mieux utiliser son grand talent pour revenir au cinéma d'animation dont il était un des porte-étendards. ***

The Burnt Orange Heresy: Cette adaptation laborieuse du roman de Charles Willeford sur le vol d'une peinture souffre d'un rythme laborieux et d'une réalisation prétentieuse de Giuseppe Capotondi. Malgré une interprétation sentie (hormis celle de Mick Jagger, impossible à prendre au sérieux), le récit n'intéresse qu'à parcimonie, se concluant sur des coups de théâtre ridicules. **

Divorce Club: Quoi, cela se fait encore des comédies régressives et douteuses sur des hommes qui se croient tout permis - sur la vie, les femmes - lorsqu'ils sont déprimés et que l'alcool coule à flot? Bienvenue dans la nouvelle comédie poussive de Michaël Youn qui ne fait pratiquement jamais rire et qui traite par la superficialité et la banalité le moindre de ses thèmes importants. **

mercredi 5 août 2020

Entrevue Christophe Honoré (Chambre 212)

Christophe Honoré
a retrouvé la forme. Après son émouvant drame Plaire, aimer et courir vite, le voici de retour avec Chambre 212 (au cinéma ce vendredi), un conte fantaisiste profond et léger à la fois sur les tourments du coeur. Je me suis entretenu avec le cinéaste français et mon entrevue se trouve dans le journal Métro d'aujourd'hui.

vendredi 15 novembre 2019

Film du jour: Chambre 212 (Cinemania)

À travers son délicieux vaudeville Chambre 212, Christophe Honoré traite de l'usure du couple avec malin plaisir, appelant les fantômes de Resnais et Blier dans un exercice aussi savoureux que mélancolique, où Chiara Mastroianni trouve un de ses meilleurs rôles en carrière aux côtés de son ex Benjamin Biolay. ***1/2

Hier était présenté pour la dernière fois - le film n'a pas de distributeur - le long métrage Camille de Boris Lojkine, qui s'intéresse aux périples d'une photographe française dans les tumultes de la République centrafricaine. Porté par la lumineuse Nina Meurisse, ce projet qui peine parfois à sortir des sentiers battus est doté d'une sensibilité à fleur de peau qui fait toute la différence dans la façon de filmer ce sujet. ***

samedi 8 décembre 2018

Sorties au cinéma: Burning, Plaire aimer courir vite, At Eternity's Gate, Anna and the Apocalypse, L'échange des princesses, La course des tuques, Searching for Ingmar Bergman

Le cinéma intense et puissant fait sa place cette semaine parmi les nouveautés au cinéma.

Burning: Huit ans après son bouleversant Poetry, Lee Chang-dong est de retour avec cette fascinante adaptation d'une nouvelle d'Haruki Murakami, qui mêle avec maestria les genres et les états d'esprit. Une sorte d'Avventura qui brûle tout sur son passage et qui se retrouve à coup sûr dans notre palmarès de fin d'année. ****

Plaire, aimer et courir vite: Après une série de déceptions, Chistophe Honoré retrouve la forme des beaux jours avec cette romance triste et ensoleillée à la fois, qui se déroule en 1993 pendant l'épidémie du sida. Une oeuvre à fleur de peau, portée par ses excellents interprètes et sa réalisation minutieuse, gorgée de bleu. ***1/2
Ma critique

At Eternity's Gate: Willem Dafoe trouve un de ses plus beaux rôles en carrière dans cet antibiopic de Julian Schnabel sur le peintre Vincent van Gogh, dont la forme libre, poétique et immersive ravira le cinéphile qui aime sortir des sentiers battus. Dommage que quelques digressions finissent un peu par atténuer son éclat. ***1/2

Anna and the Apocalypse: On sourit amplement devant ce zombie musical de Noël de John McPhail, dont la capacité à divertir est sans doute plus élevée que celle à innover. Cela risque un jour de devenir culte. ***

L'échange des princesses: Les jeux de coulisses sont nombreux dans cette joute historique et féministe de Marc Dugain, qui laisse profondément indifférent malgré le faste apporté aux images et au casting. **1/2

La course des tuques: Délivré de son cahier de charges et de sa 3D consternante, cette animation agréable mais simpliste de François Brisson et Benoît Godbout peut enfin explorer de nouveaux aspects du film culte. Les enfants risquent de trouver leur compte, mais pas nécessairement les plus grands... **1/2

Searching for Ingmar Bergman: Les cinéphiles de Toronto de voudront pas manquer ce très intéressant documentaire de la réputé Margarethe von Trotta sur un des cinéastes les plus importants du septième art. Les fans n'apprendront rien de nouveau, mais les autres seront fascinés par le traitement toute en finesse et ils auront seulement le goût de revoir tous ses chefs-d'oeuvre. ***

dimanche 9 octobre 2016

Films du jour: After the Storm, The End, Déserts, Les malheurs de Sophie (FNC)


Il n'y a rien de plus réconfortant qu'un film d'Hirokazu Kore-eda. Dans After the Storm, il suit le quotidien désenchanté d'un romancier adepte de jeux qui tente de ne pas perdre l'estime de son fils et de sa famille. Le portrait est sensible, la mélancolie omniprésente et si le dernier quart d'heure se veut un peut trop moralisateur, un parfum doux-amer s'en dégage et il fait un bien fou. ***1/2
Mon entrevue avec le cinéaste lors de la rétrospective que la Cinémathèque québécoise lui a consacrée.

Après Valley of Love, Guillaume Nicloux renoue avec Gérard Depardieu pour une autre randonnée dans des grands espaces. Plus onirique et singulier, The End s'apparente à un rêve angoissant sur un homme qui est perdu en forêt et qui rencontre des gens étranges. La tension va à crescendo et l'intérêt ne disparaît pas malgré une finale décevante et des inspirations trop évidentes (Lynch, notamment). ***

Dans registre similaire, on voudra s'aventurer dans Déserts de Charles-André Coderre et Yann-Manuel Hernandez, un premier film fort intriguant. Revendiquant clairement son influence du cinéma de Philippe Grandrieux, cette expérience sensorielle qui en met constamment plein la vue et les oreilles séduit aisément bien que le fil narratif soit bien mince. ***

Christophe Honoré sera-t-il condamné à éternellement mettre des chansons dans ses films? C'est là où il excelle et ce sont les meilleurs moments des Malheurs de Sophie, un long métrage assez sombre qui s'adresse à toute la famille. S'il n'y a presque rien à redire de la fabuleuse direction artistique et de la musique d'Alex Beaupain, le récit comporte tous ses tics, il est souvent exaspérant et le talent des enfants varie entre le correct et l'exécrable. **

samedi 9 avril 2016

Film du jour: Les chansons d'amour

Alors que son nouveau film Les malheurs de Sophie prendra l'affiche dans les prochains jours en France, on se rend compte que l'irrésistible Les chansons d'amour de Christophe Honoré n'a pas pris une ride. Bien plus qu'une simple variation sur le cinéma de Jacques Demy, ce drame faussement léger distille un parfum de mélancolie qui prend aux tripes et qui enchante au plus haut point avec ses chansons inoubliables. ****

dimanche 19 octobre 2014

Films du jour: Maps to the Stars, Pasolini, Métamorphose (FNC)

Pour la dernière journée de FNC, place à trois réalisateurs réputés qui, sans offrir leurs meilleurs films, proposent des projets qui sortent des sentiers battus.

Le tout débute en force avec Maps to the Stars, la féroce satire sur Hollywood de David Cronenberg, qui débute de façon classique avant d'exposer la folie de ses personnages. Une fable malsaine sur les 1% de ce monde qui, sans autant marquer les esprits que Cosmpolis, est peuplé d'interprétations remarquables. ***1/2

Abel Ferrara qui s'attaque à Passolini, c'est l'évidence même. Étrangement, le cinéaste qui adore choquer manque un peu de nerfs dans son exploration des derniers mois du mythique cinéaste. Willem Dafoe est remarquable dans le rôle titre, mais l'ensemble laisse complètement indifférent malgré une mise en scène élégante. **1/2

C'est lorsqu'il s'adonne aux essais fauchés que Christophe Honoré est le moins convaincant. Après l'horrible Homme au bain il y a quelques années, le créateur de Les chansons d'amour déçoit avec Métamorphoses, où il jongle avec les mythes grecs sans convaincre totalement. Quelques idées intéressantes ressortent du lot, mais elles sont trop peu nombreuses pour mériter le détour. **

samedi 26 octobre 2013

Film du jour: La belle personne

Vous avez besoin de votre dose de Léa Seydoux après avoir vu La vie d'Adèle une douzaine de fois au cinéma? C'est le temps de ressortir l'exquis La belle personne de Christophe Honoré, faux film ludique où les déchirements amoureux pèseront lourd sur le dos de la jeunesse. Derrière les tics du cinéaste, il y a des dialogues qui sonnent justes, de belles interprétations de comédiens rayonnants et même un air chanté qui sera impossible à oublier. ***1/2
Critique

dimanche 13 janvier 2013

Film du jour: Non ma fille tu n'iras pas danser

Toujours inédit au Québec, Non ma fille tu n'iras pas danser est peut-être bien le film le plus le plus dramatique de Christophe Honoré. La façon dont les personnages ont à s'assassiner de mots donne des frissons dans le dos et même si l'identification à l'héroïne - une mère mal dans sa peau qui s'engueule constamment avec sa famille et qui hésite à abandonner ses enfants - n'est pas immédiatement, le cinéaste sait comment bien développer un climat triste et des personnages torturés. Comme toujours chez lui, sa direction de comédiens est impeccable et il offre à Chiara Mastroianni ce qui est probablement son meilleur rôle en carrière. ***1/2

jeudi 24 novembre 2011

Film du jour: Dans Paris


Pratiquement introuvable au Québec, Dans Paris de Christophe Honoré pose déjà les jalons de Les chansons d'amour: une obsession pour la Nouvelle Vague, des héros qui cherchent la quiétude en détruisant malheureusement les gens autours d'eux, un spleen qui semble sans fin, des choix sonore incroyables d'Alex Beaupain et même ici une chanson inoubliable, qui fait de Romain Duris un des héros les plus romantiques de la dernière décennie. Sans doute que le cinéaste a mis beaucoup d'eau dans son vin depuis son beaucoup plus dérangeant Ma mère, mais sa façon de filmer est toujours empreinte d'un amour sincère envers le septième art. ***1/2

vendredi 30 septembre 2011

Film du jour: Ma mère


Probablement le film le plus singulier de Christophe Honoré, Ma mère (2004) qui est une adaptation d'un roman de George Bataille raconte l'initiation d'un fils par sa mère au sexe et à la vie moderne. Dérangeant, pas pour tout le monde, mais puissant et inoubliable, cette histoire pénétrante qui semble émaner de la Nouvelle Vague peut compter sur d'excellents comédiens qui se dévouent complètement à la cause, dont Isabelle Huppert et Louis Garrel. De quoi en sortir soufflé, ébranlé et parfois même irrité. ***1/2

samedi 28 mai 2011

Les mains en l'air, Kung Fu Panda 2, The Hangover Part II, Forks Over Knives, L'homme au bain, The First Grader


Les films généralement sympathiques envahissent les écrans, et afin de ne rien manquer, il faudra faire les bons choix.

Il y a par exemple le très bon Les mains en l'air, le nouveau long métrage de Romain Goupil où des enfants réagissent fortement lorsqu'un de leurs collègues de classe, sans papier donc illégal selon le régime en place, se fait expulser de chez lui. Drôle et sensible, avec de très crédibles jeunes comédiens non professionnels, l'essai pose d'excellentes questions sur l'engagement et les joutes politiques.

Les jeunes familles voudront absolument voir Kung Fu Panda 2 de Jennifer Yuh qui est encore plus savoureux que le premier tome. Même si l'histoire aurait pu être beaucoup plus développée (notre panda et ses amis doivent enrayer une terrible menace), la beauté des images et la symbiose action et comédie sont de bonnes raisons d'adhérer à l'essai.
Critique

The Hangover Part II de Todd Phillips ne sera jamais aussi drôle et surprenant que l'original. Normal, le récit se veut volontairement une copie conforme du précédent épisode, mais cette fois en Thaïlande. Sauf que la bonne humeur des personnages et quelques scènes hilarantes sauront satisfaire les amateurs de la première heure.
Critique

Documentaire sur les mauvaises habitudes alimentaires, Forks Over Knives de Lee Fulkerson mérite davantage l'attention pour son sujet bien résumé et ses pistes de solutions que pour sa réalisation purement télévisuelle. Reste les messages, déjà connus mais importants, qu'il faut bien répéter à l'occasion.
Critique

Difficile de ne pas aimer Christophe Honoré. Le réalisateur français a offert de grands opus par le passé, dont Les chansons d'amour et Dans Paris. Dommage que sa touche magique est inexistante dans Homme au bain, un effort prétentieux, mal développé et interprété sommairement sur l'errance d'un homosexuel qui vient de se faire larguer. Quelques touches intéressantes au niveau de la mise en scène ne viennent jamais sauver l'ennui rencontré.

Histoire vraie célébrant les vertus de l'éducation, The First Grader de Justin Chadwick est une production moralisatrice, appuyée et superficielle sur le combat d'une jeune éducatrice qui cherche à enseigner à un vieil homme. Bien que les comédiens soient généralement très bons (surtout Naomie Harris et Oliver Litondo), la charge demeure lourde et maniérée.
Critique