Oeuvre importante de la nouvelle vague coréenne, Peppermint Candy (1999) a permis à Lee Chang-dong d'être le grand cinéaste qu'il est aujourd'hui. En retournant vers le passé afin de mieux expliquer ce qui a amené son héros à s'enlever la vie, le long métrage dresse un portrait sans concession de son pays. Les bonbons du titre agissent comme les madeleines de Proust et le scénario magnifique, secondé d'une mise en scène précise et d'une performance irréprochable de Seol Kyeong-gu, en font un film important. ****
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dimanche 22 décembre 2024
mercredi 15 mai 2024
Film du jour: Green Fish
Premier long métrage de Lee Chang-dong, Green Fish (1997) traite de la jeunesse coréenne avec sincérité et brutalité. Reprenant à son compte de film de gangsters à la Scorsese, le récit l'humanise en épaississant la psychologie de ses personnages. Han Suk-kyu s'occupe du reste en offrant une performance assez mémorable. ***1/2
samedi 8 décembre 2018
Sorties au cinéma: Burning, Plaire aimer courir vite, At Eternity's Gate, Anna and the Apocalypse, L'échange des princesses, La course des tuques, Searching for Ingmar Bergman
Le cinéma intense et puissant fait sa place cette semaine parmi les nouveautés au cinéma.
Burning: Huit ans après son bouleversant Poetry, Lee Chang-dong est de retour avec cette fascinante adaptation d'une nouvelle d'Haruki Murakami, qui mêle avec maestria les genres et les états d'esprit. Une sorte d'Avventura qui brûle tout sur son passage et qui se retrouve à coup sûr dans notre palmarès de fin d'année. ****
Plaire, aimer et courir vite: Après une série de déceptions, Chistophe Honoré retrouve la forme des beaux jours avec cette romance triste et ensoleillée à la fois, qui se déroule en 1993 pendant l'épidémie du sida. Une oeuvre à fleur de peau, portée par ses excellents interprètes et sa réalisation minutieuse, gorgée de bleu. ***1/2
Ma critique
Plaire, aimer et courir vite: Après une série de déceptions, Chistophe Honoré retrouve la forme des beaux jours avec cette romance triste et ensoleillée à la fois, qui se déroule en 1993 pendant l'épidémie du sida. Une oeuvre à fleur de peau, portée par ses excellents interprètes et sa réalisation minutieuse, gorgée de bleu. ***1/2
Ma critique
At Eternity's Gate: Willem Dafoe trouve un de ses plus beaux rôles en carrière dans cet antibiopic de Julian Schnabel sur le peintre Vincent van Gogh, dont la forme libre, poétique et immersive ravira le cinéphile qui aime sortir des sentiers battus. Dommage que quelques digressions finissent un peu par atténuer son éclat. ***1/2
Anna and the Apocalypse: On sourit amplement devant ce zombie musical de Noël de John McPhail, dont la capacité à divertir est sans doute plus élevée que celle à innover. Cela risque un jour de devenir culte. ***
L'échange des princesses: Les jeux de coulisses sont nombreux dans cette joute historique et féministe de Marc Dugain, qui laisse profondément indifférent malgré le faste apporté aux images et au casting. **1/2
La course des tuques: Délivré de son cahier de charges et de sa 3D consternante, cette animation agréable mais simpliste de François Brisson et Benoît Godbout peut enfin explorer de nouveaux aspects du film culte. Les enfants risquent de trouver leur compte, mais pas nécessairement les plus grands... **1/2
Searching for Ingmar Bergman: Les cinéphiles de Toronto de voudront pas manquer ce très intéressant documentaire de la réputé Margarethe von Trotta sur un des cinéastes les plus importants du septième art. Les fans n'apprendront rien de nouveau, mais les autres seront fascinés par le traitement toute en finesse et ils auront seulement le goût de revoir tous ses chefs-d'oeuvre. ***
La course des tuques: Délivré de son cahier de charges et de sa 3D consternante, cette animation agréable mais simpliste de François Brisson et Benoît Godbout peut enfin explorer de nouveaux aspects du film culte. Les enfants risquent de trouver leur compte, mais pas nécessairement les plus grands... **1/2
Searching for Ingmar Bergman: Les cinéphiles de Toronto de voudront pas manquer ce très intéressant documentaire de la réputé Margarethe von Trotta sur un des cinéastes les plus importants du septième art. Les fans n'apprendront rien de nouveau, mais les autres seront fascinés par le traitement toute en finesse et ils auront seulement le goût de revoir tous ses chefs-d'oeuvre. ***
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dimanche 14 octobre 2018
Films du jour: An Elephant Sitting Still, Burning, Vision, The Gentle Indifference of the World (FNC)
Premier et dernier film du jeune cinéaste Hu Bo qui est décédé l'année dernière, An Elephant Sitting Still est une fresque colossale de près de 4 heures qui suit quatre personnages l'espace d'une journée. Impressionnant de maîtrise tant la mise en scène éblouit par sa fluidité et ses longs plans statiques ou en mouvements, l'ensemble implacable laisse pantois par ses thèmes déchirants et ses acteurs, tous excellents. ****
Huit ans après son magnifique Poetry, Lee Chang-dong est de retour avec Burning, une adaptation éblouissante d'une nouvelle d'Haruki Murakami. Ce qui n'aurait pu être qu'un film noir sous fond de triangle amoureux devient vite un objet fascinant et insalissable qui passe constamment du personnel au politique, du social au tragique, en franchissant allègrement cette frontière qui va du réel à la chimère, qu'elle soit littéraire ou cauchemardesque. Une oeuvre magnifiquement réalisée et interprétée qui fera date. ****
Il y a des longs métrages qui apaisent l'âme. Vision de Naomi Kawase en est un de ceux-là avec ses plans éblouissants de forêt, de soleil et du visage délicat de Juliette Binoche. À tel point qu'on aurait voulu l'oeuvre sans mots, car c'est là que ça se gâche un peu. La vision (hé, hé) a beau être empreinte d'un sentimentalisme et d'une naïveté, enfin une création qui célèbre les vertus de la nature, de la vie et de l'amour, au détour d'une narration qui flirte avec le mystique dans la seconde partie. Mais pour tout saisir, les clés sont dans l'introduction: la mélancolie sera reine, et on ne saura jamais si on se trouve dans le passé, le présent ou le futur. ***1/2
Beaucoup plus oubliable mais pas désagréable pour autant, The Gentle Indifference of the World d'Adilkhan Yerzhanov est un conte sur un duo dépareillé qui va de déception en déception. Un peu trop inspiré par le cinéma de Kaurismäki, l'effort réserve malgré tout des plans extrêmement soignés et des morales qui sont loin d'être négligeables. ***
Huit ans après son magnifique Poetry, Lee Chang-dong est de retour avec Burning, une adaptation éblouissante d'une nouvelle d'Haruki Murakami. Ce qui n'aurait pu être qu'un film noir sous fond de triangle amoureux devient vite un objet fascinant et insalissable qui passe constamment du personnel au politique, du social au tragique, en franchissant allègrement cette frontière qui va du réel à la chimère, qu'elle soit littéraire ou cauchemardesque. Une oeuvre magnifiquement réalisée et interprétée qui fera date. ****
Il y a des longs métrages qui apaisent l'âme. Vision de Naomi Kawase en est un de ceux-là avec ses plans éblouissants de forêt, de soleil et du visage délicat de Juliette Binoche. À tel point qu'on aurait voulu l'oeuvre sans mots, car c'est là que ça se gâche un peu. La vision (hé, hé) a beau être empreinte d'un sentimentalisme et d'une naïveté, enfin une création qui célèbre les vertus de la nature, de la vie et de l'amour, au détour d'une narration qui flirte avec le mystique dans la seconde partie. Mais pour tout saisir, les clés sont dans l'introduction: la mélancolie sera reine, et on ne saura jamais si on se trouve dans le passé, le présent ou le futur. ***1/2
Beaucoup plus oubliable mais pas désagréable pour autant, The Gentle Indifference of the World d'Adilkhan Yerzhanov est un conte sur un duo dépareillé qui va de déception en déception. Un peu trop inspiré par le cinéma de Kaurismäki, l'effort réserve malgré tout des plans extrêmement soignés et des morales qui sont loin d'être négligeables. ***
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vendredi 16 novembre 2012
Film du jour: Secret Sunshine
Moins flamboyant que ses compatriotes coréens, Lee Chang-dong construit néanmoins une filmographie nécessaire et exemplaire. Avec Secret Sunshine, superbe mélodrame sur la nécessité de se raccrocher au monde des vivants par n'importe quel moyen, il dessine avec beaucoup d'habileté le destin d'une mère épeurée. D'une belle lenteur, parsemée de symboles qui ne sont pas trop lourds et s'amusant à jouer avec la prévisibilité de son récit, cette oeuvre froide se réchauffe progressivement grâce aux thèmes déployés et à la performance de haut vol de son héroïne. Le chaînon manquant entre Oasis et Poetry, c'est bien ce film-là. ****
jeudi 12 avril 2012
Film du jour: Oasis
Lee Chang-dong est vraiment un cinéaste fascinant. Bien avant Le poème, il avait mis en scène le beaucoup plus étrange et malsain Oasis, une histoire d'amour entre deux jeunes gens mis au bas de la société par leur famille respective. La démonstration, brillante, explore le sujet à fond, se retenant pourtant de faire la morale ou d'embrasser le conte. Loin d'être maniérée, sa mise en scène se veut brute, appuyant parfaitement le jeu incroyable de ses deux héros. Il s'agit donc d'un film qui ne s'oubliera pas de sitôt tant plusieurs scènes sont fortes et déstabilisantes. ****
mardi 17 janvier 2012
DVD: Le poème, Ides of March, Le bonheur des autres, Abduction
Puisqu'il annonce de la neige toute la semaine, l'idée est bonne de faire le plein de cinéma maison et de demeurer... chez soi. Les nouveautés du jour ressemblent à...
Lee Chang-dong est un réalisateur qui pond des oeuvres nécessaires. C'est toujours le cas avec Le poème, un opus renversant sur une mère qui ferait n'importe quoi pour sauver son fils. Dans la tradition du mythique Mother, avec une psychologie tout aussi fouillée de l'esprit humain. ****
Nouvelle réalisation de George Clooney, The Ides of March est un suspense politique un peu daté mais très intelligent, où la qualité des dialogues, du scénario et de l'interprétation rachètent une seconde partie un peu moins forte. Un exercice fascinant qui prouve que l'Homme n'est pas incorruptible. ***1/2
Premier long métrage sympathique malgré ses nombreuses imperfections, Le bonheur des autres de Jean-Philippe Pearson parle des joies et des peines d'avoir des enfants et de vivre dans des familles reconstituées. La réalisation est faible et les retours dans le temps sont ratés, mais les comédiens sauvent la mise. ***
Taylor Lautner n'est pas un bon acteur. Il le prouve à nouveau dans Abduction de John Singleton, un invraisemblable récit où la souris réussit constamment à mettre en échec les chats qui le pourchassent. Un film d'action ennuyant et sans réel rebondissement. **
samedi 13 août 2011
Le poème, The Help, The Whistleblower, The Devil's Double, 30 Minutes or Less, Sur le rythme, Final Destination 5, Glee 3D
Ce sera une semaine de cinéma variée avec la sortie d'un excellent ouvrage, de quelques oeuvres intéressantes et de titres à éviter.
Dans la première catégorie se retrouve Le poème de Lee Chang-dong, une célébration lente et émouvante de l'existence d'une grand-mère qui apprend la poésie. Contemplatif à souhait, le récit mélange les genres à la perfection, dressant le portrait à la fois personnel et social d'une héroïne et du milieu dans lequel elle vit. Dans le rôle principal, Yun Jeong-hie est tout simplement inoubliable.
Critique
The Help de Tate Taylor aurait pu être un gros mélo collant et moralisateur. Ce n'est pas le cas. Oui, ce long métrage ne s'éloigne pas des conventions du genre en racontant les destins difficiles de femmes noires aux États-Unis pendant les années 1960. Mais le jeu délicieux de toutes les interprètes (Emma Stone, Viola Davis, Bryce Dallas Howard, etc.) étonne et charme en même temps.
Critique
Pour son premier long métrage, la cinéaste canadienne Larysa Kondracki s'approprie avec The Whistlebower un fait divers véridique: le combat d'une femme qui découvre que les troupes des Nations Unies en Bosnie sont mêlées au trafic de jeunes femmes. La prémisse forte évite de donner un effort conventionnel (quoique...), car la mise en scène est bien appliquée et l'interprétation, dominée par le jeu de haut niveau de Rachel Weisz, convainc totalement.
Critique
Dominic Cooper épate la galerie dans The Devil's Double de Lee Tamahori où il incarne un double rôle: celui du fils fou de Saddam Hussein et celui qui devra incarner sa doublure. Cet ouvrage tiré d'une histoire vraie, plus intéressé à en mettre plein la vue avec sa réalisation stylisée qu'à soigner la psychologie de ses personnages, décoiffe rapidement. La direction artistique est exquise et le glamour coule de source.
Le précédent Zombieland de Ruben Fleischer était inoubliable. Ce ne sera pas le cas de son décevant 30 Minutes or Less qui raconte une journée infernale d'un livreur de pizza. Le récit grossier qui traîne en longueur, les gags inégaux, la mise en scène anonyme et le manque de soin apporté aux situations ont tôt fait de mettre k.o. les quelques bons gags et le jeu souvent hilarant de Jesse Eisenberg.
Critique
Il était légitime que le Québec s'essaye au film de danse. Dommage que cela donne quelque chose comme Sur le rythme qui est composé d'un scénario épouvantable racontant le désir d'émancipation d'une jeune fille. Tous les dialogues servent à faire la morale, alors que les personnages des parents font partis des plus grands stéréotypes de la Belle Province. Reste la réalisation tout à fait dans le ton de Charles-Olivier Michaud et le charmant duo composé de Mylène St-Sauveur et de Nico Archambault.
Critique
Le réalisateur Steven Quale remet ça pour un cinquième épisode d'une série horrifique qui refuse de mourir. Du pareil au même, Final Destination 5 relate l'affrontement d'une poignée d'humains et de la Grande Faucheuse. On aurait aimé s'amuser follement dans ce délire de série B, sauf que les pièges mortels manquent tellement d'originalité qu'on attend que le tout lève, se retrouvant rapidement avec le générique de fin.
Critique
Le tout se termine avec un beau gros produit dérivé inutile: un spectacle des amis de Glee de Kevin Tancharoen qui est entrecoupé de témoignages de fans qui racontent comme cette émission leur a sauvé la vie. À éviter à moins d'être un irréductible... ou d'aimer les belles valeurs sucrées, la 3D rudimentaire et les reprises inégales de chansons à succès.
Critique
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