samedi 20 septembre 2025
Film du jour: Mille secrets mille dangers
jeudi 24 juin 2021
Film: C'est pas moi, je le jure!
Philippe Falardeau est un des réalisateurs les plus talentueux du cinéma québécois. Ses opus La moitié gauche du frigo et Congorama ont fait la joie des cinéphiles partout sur leur passage, tout en remportant de nombreux prix importants. Ses premiers films, aussi géniaux soient-ils, sont toutefois restés des succès confidentiels. Cela explique peut-être pourquoi le cinéaste a voulu davantage se tourner vers le public avec le plus accessible C’est pas moi, je le jure ! (2008).
L’été 1968 ne sera pas de tout repos pour les Doré. Le jeune Léon (Antoine L’Écuyer), 10 ans, multiplie les mauvais coups et les suicides ratés afin d’attirer l’attention de ses parents. Cela ne fonctionne guère, car maman (Suzanne Clément) décide de déménager ses pénates en Grèce, laissant seul son mari (Daniel Brière) et ses deux enfants. Antoine a pourtant plus d’un tour dans son sac pour faire signifier sa présence, et il pourrait même être une mauvaise influence envers une jeune amie (Catherine Faucher) qui semble avoir autant de problèmes que lui.
Ce n’est pas un hasard si l’histoire ressemble à s’y méprendre au récent Maman est chez le coiffeur. La poésie de Léa Pool est cette fois remplacée par une charge plus cérébrale, mais le scénario provient de la même famille Hébert. Dans son troisième long-métrage, le metteur en scène a décidé d’adapter les romans C’est pas moi, je le jure ! et Alice court avec René de Bruno Hébert en se gardant bien de ne pas trop faire peur aux spectateurs. Si le personnage de Léon est doté d’un féroce humour noir, sa folie paraît moins palpable, plus contrôlée.
Le succès du récit, très bien réalisé avec une trame narrative plus que satisfaisante (hormis peut-être cette finale qui croule sous les symboles et les morales), découle de cette infinie tendresse et de ce sensible mélange de drames et de moments rigolos qui arrivent au tournant. Le tout ne serait cependant pareil sans la présence des excellents comédiens. Antoine L’Écuyer porte le film sur ses épaules et il s’en sort avec les lauriers grâce à son énorme charisme. Il n’éclipse toutefois pas ses jeunes partenaires de jeu, dont Catherine Faucher et Gabriel Maillé (l’autre frère) qui montrent beaucoup de talent. Chez les adultes, Suzanne Clément fait feu de tout bois, avant de s’éclipser pour donner toute la latitude à Daniel Brière qui évite aisément les stéréotypes d’usage.
La récréation d’époque est assez soignée et elle explore des thèmes universels (familles éclatées, rôle du clergé, mal de vivre quotidien, etc.) qui, en 1968, pouvaient être tabous. La jolie photographie d’André Turpin offre une superbe luminosité et de très beaux plans. La musique, efficace à défaut d’être surprenante, juxtapose à nouveau un tube extrêmement émotif de Sigur Ros aux chaudes mélodies de Patrick Watson.
Sans avoir le même charme et la même inventivité que ses précédents et excellents deux premiers films, Philippe Falardeau a réussi à mettre à sa main un projet plus charnel comme C’est pas moi, je le jure !. C’est toutefois la prestance des acteurs –le jeune L’Écuyer en tête – qui donne tout le cachet à cette œuvre plus grand public qui comporte néanmoins le sceau de son auteur. ***1/2
vendredi 5 mars 2021
Sorties cinéma: Martin Eden, Stray, Sophie Jones, My Salinger Year, The Orphanage, Underplayed, La daronne, Festival Filministes
Martin Eden: En adaptant le roman de Jack London, Pietro Marcello pond à la fois un puissant récit initiatique sur l'art et l'amour ainsi qu'une fascinante chronique de l'Italie qui embrasse le libéralisme avec décadence. La photographie de grande beauté, les choix sonores surprenants, les ellipses étonnantes, la mise en scène étourdissante qui alterne réalisme documentaire et fantaisie et, surtout, l'interprétation plus grande que nature de l'excellent Luca Marinelli (récompensé à Venise devant le Joker de Joaquin Phoenix) en font un opus à ne pas manquer. ****
Stray: Istanbul possède une relation particulière avec ses animaux. Après les chats du surestimé documentaire Kedi, place aux chiens de ce magnifique essai d'Elizabeth Lo, qui utilise une caméra immersive afin de se rapprocher au plus près des bêtes, des gens et de la ville afin de faire triompher leur humanité. Le tout sans réel dialogue, porté par quelques mélodies vibrantes et des intertitres de Diogène et Orhan Pamuk. ***1/2
Produit par Nicole Holofcener (Please Give), Sophie Jones est un premier long métrage d'une belle sensibilité de la part de Jessie Barr. Sans être particulièrement original, ce récit d'initiation sur une adolescente de 16 ans qui tente d'entrer en relation avec les autres suite au décès de sa mère est parsemé de trouvailles sincères, rigolotes et émouvantes à la fois. Le charme opère malgré un certain relâchement à mi-chemin, et Jessica Barr livre une prestation attendrissante, s'avérant la bougie d'allumage de cette jolie surprise issue du cinéma indépendant américain. Présenté virtuellement depuis le 2 mars et au Cinéma du Parc dès le 26 mars. ***
My Salinger Year: Philippe Falardeau continue ses projets anglophones avec cette comédie dramatique divertissante mais plutôt oubliable sur une aspirante écrivaine qui a la tâche de répondre aux courriers du mythique J.D. Salinger. Interprétée plus que correctement (Sigourney Weaver demeure évidemment truculente), cette création ludique et enjouée n'a pas toujours l'ambition nécessaires afin de s'échapper des conventions. ***
The Orphanage: Avec cette suite de son propre Wolf and Sleep (récompensé à Cannes en 2016), la réalisatrice Shahrbanno Sadat continue sa pentalogie sur l'Afghanistan, suivant cette fois son jeune héros adolescent à la fin des années 80. Entre le faux documentaire révélateur à la Kiarostami et le récit d'apprentissage plus classique teinté d’échappatoires vers les productions bollywoodiennes, l'équilibre se veut plutôt instable. Et même s'il s'éparpille allègrement, l'effort ne manque pas d'intérêt, surtout que la conclusion annonce un troisième tome particulièrement prenant... ***
Underplayed: S'intéressant à la sous-représentation des femmes dans la musique électronique, ce documentaire de Stacey Lee touche une corde sensible, levant le voile sur ce qui est généralement relégué dans l'ombre. Le tout sous fond de bonne musique et d'intervenantes de qualité. Dommage que la mise en scène académique et le traitement un brin manipulateur empêchent l'ensemble de réellement sortir des sentiers battus. Dès le 8 mars via Amazon Prime et Crave. **1/2
La daronne: Isabelle Huppert gère un trafic de stupéfiants dans ce polar comique guère convaincant ou amusant de Jean-Paul Salomé, où la star française semble plus à l'aise à converser avec Hippolyte Girardot qu'à faire avancer l'histoire parsemée de fils blancs et d'invraisemblances. Mon entrevue avec Isabelle Huppert. **
Jusqu'au 12 mars se déroule le Festival Filministes, alors que le public pourra visionner gratuitement 50 courts métrages et cinq long métrages, dont le joli Traversées de Caroline Côté et Florence Pelletier.
mercredi 24 juin 2020
Film du jour: Congorama
vendredi 19 mai 2017
Sorties au cinéma: La mort de Louis XIV, The Wall, Robert Doisneau: Le révolté du mer-veilleux, Chuck, Alien: Convenant
On s'amuse beaucoup devant The Wall de Doug Liman, un drame de guerre qui renvoie à la figure de l'Amérique sa suffisance en Irak. Ce huis clos sur un soldat qui est tenu en joue par un sniper fascine par son exécution. Une fois qu'on accepte les invraisemblances du scénario, on embarque allègrement dans ce qui aurait très bien pu être un suspense de genre. Et il y a cette finale, jouissive... ***
Ma critique
Ce n'est pas avec Chuck que Philippe Falardeau va percer outre mesure aux États-Unis. Malgré une mise en scène sentie et une performance truculente de Liev Schreiber, ce biopic sur l'homme qui a inspiré le personnage de Rocky reprend un schéma éprouvé en se perdant dans les clichés et l'anecdote. **1/2
Ma critique
vendredi 12 mai 2017
Film du jour: La moitié gauche du frigo
mercredi 1 mars 2017
Film du jour: Pâté chinois
mardi 19 janvier 2016
Nouveautés en DVD/Blu-ray: Caprice, Guibord s’en va-t-en guerre, The Diary of a Teenage Girl, Eden, Learning to Drive, Straight Outta Compton, Maestro, Everest, Beeba Boys
vendredi 2 octobre 2015
Nouveautés au cinéma: Coming Home et Guibord s’en va-t-en guerre
Mon entrevue avec le réalisateur et l'acteur principal
jeudi 1 octobre 2015
Entrevues Guibord s'en va-t-en guerre
mardi 6 janvier 2015
Nouveautés en DVD: Boyhood, The Guest, The Skeleton Twins, Get On Up, Salvo, Dark Valley, The Good Lie, The Scorpion King 4, Left Behind
mardi 13 mars 2012
DVD: Melancholia, Monsieur Lazhar, The Descendants, Les aventures de Tintin, Happy Feet 2, My Week With Marilyn, Ces amours-là, The Son of No One, Young Adult, The Three Musketeers, Un baiser papillon
Lars von Trier signe une nouvelle merveille avec Melancholia, un récit de fin du monde d'un esthétisme impressionnant où Kirsten Dunst se dépasse. ****
Critique
Grand succès à travers le monde, Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau est un film sensible et intelligent sur la perte, la tolérance et l'éducation. ****
Critique
George Clooney trouve un de ses meilleurs rôles en carrière dans The Descendants d'Alexander Payne, une comédie dramatique irrésistible. ***1/2
Critique
Les aventures de Tintin n'est pas le plus grand effort de Steven Spielberg et il ne respecte pas toujours la bande dessinées, mais les images sont formidables et il y a beaucoup d'action. ***
Critique
Entrevue 1 et 2 avec Jamie Bell
Suite encore plus réjouissante que l'original, Happy Feet 2 de George Miller est une ode à la solidarité et à l'entraide. Sucré mais très mignon. ***
Critique
Michelle Williams et Kenneth Branagh sont excellent dans My Week With Marilyn de Simon Curtis, un biopic prévisible mais sympathique. ***
Critique
À la fois kitch et romancé, Ces amours-là est véritablement un essai de Claude Lelouch qui synthétise 50 ans de travail à travers cette production élégante mais superficielle. ***
Critique
Une distribution d'enfer (Channing Tatum, Juliette Binoche, Al Pacino) trouve le temps long dans The Son of No One de Dito Montiel, un polar trop souvent invraisemblable. **1/2
Critique
Le tandem Charlize Theron et Jason Reitman ratent leur cible dans Young Adult, une chronique plus ou moins inspirée sur une femme qui vit constamment dans le passé. **
Critique
Aussi vide que spectaculaire, The Three Musketeers de Paul W.S. Anderson est un produit parfois amusant qui risque pourtant de donner mal à la tête assez rapidement. **
Critique
Film choral prétentieux et vide au possible, Un baiser papillon de Karine Silla Perez passe à côté de la majorité de ses thèmes importants. **
Entrevue avec Vincent Perez
samedi 29 octobre 2011
Monsieur Lazhar, Laurentie, The Rum Diary, Puss in Boots, Anonymous, In Time, Planète yoga, Sophie

La variété est à l'honneur cette semaine dans les cinémas.
Sélection du Québec aux Oscars, Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau est un très bel effort sur le deuil, l'enseignement et l'immigration, alors qu'un nouveau professeur cherche à faire oublier le récent choc subit par ses élèves du primaire. Une oeuvre délicate, sensible et intelligente, portée par de très bons acteurs.
Critique
Film âpre et ambitieux du tandem Mathieu L. Denis et Simon Lavoie, Laurentie s'intéresse à la perte de repère d'une certaine jeunesse, au même titre d'une province en mal d'indépendance. L'effort ne manque pas de couille et de courage, et si certaines scènes s'étirent inutilement et que le mélange entre la beauté et la noirceur n'est pas toujours au point, il s'agit tout de même d'un titre essentiel, qui en dérangera plus d'un.
Adaptation d'un livre de Hunter S. Thompson par le metteur en scène Bruce Robinson, The Rum Diary manque parfois l'âme du mythique écrivain dans sa façon de montrer cette dégradation du rêve américain. Sauf que le résultat n'est tout de même pas mal. Les dialogues sont vifs, l'humour y est omniprésent et tous les comédiens jouent dans le ton.
Critique
Le chat de Shrek a son propre film avec Puss in Boots de Chris Mills, une animation flamboyante mais un peu vide qui s'adresse d'abord aux enfants, mais également à leurs parents. Il y a de l'humour, de l'action, de l'aventure, de la romance, mais finalement très peu de substance.
Critique
Et si Shakespeare n'était pas Shakespeare? C'est ce postulat qu'exploite Roland Emmerich (Independence Day) avec Anonymous, un drame historique brouillon et peu captivant. Pourtant la recréation d'époque était spectaculaire, tout comme la distribution...
Critique
L'espoir était grand pour In Time où le génial cinéaste Andrew Niccol (Gattaca) retourne à la science-fiction pour un sujet fascinant où des gens n'ont aucune autre choix d'échanger leur espérance de la vie pour se payer des biens et des services. Dommage que le résultat, parsemé de poursuites et de gags douteux, ne soit vraiment pas à la hauteur.
Critique
Le précédent documentaire Adagio pour un gars de bicyle de Carlos Ferrand était vraiment excellent, mais ce n'est pas le cas de Planète Yoga qui explore la passion des gens pour cette activité de plus en plus répandue. La forme volontairement kitch laisse grandement à désirer, tout comme la qualité des sources, peu nuancées.
L'amitié entre une adolescente et un éléphant prend des proportions inespérées dans Sophie de Leif Bristow, une sorte de téléfilm qui se déroule dans l'univers d'un cirque. Malgré la fraîcheur des interprètes, le scénario routinier aux dialogues moralisateurs n'est pas réellement transcendant, bien au contraire.












