Dès son premier film The Element of Crime (1984), Lars von Trier faisait preuve d'une immense originalité dans sa façon de traiter de l'Europe et de la condition humaine, développant un drame policier unique avec maîtrise et absurdité (et maints hommages à Tarkovski). L'histoire inutilement compliquée permet de mieux s'imbiber du fascinant processus de mise en scène, qui allait sans doute inspirer Guy Maddin. Une plongée renversante vers la folie où quelques images marqueront au fer blanc. ***1/2
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samedi 30 avril 2022
mercredi 28 novembre 2018
Film du jour: The House that Jack Built
C'est aujourd'hui la dernière journée pour pouvoir attraper sur grand écran The House that Jack Built de Lars von Trier, qui sera présenté sur iTunes à partir du 14 décembre. Sacrilège? Pas vraiment, parce qu'il s'agit du pire film en carrière de son auteur. Entre tentative désespérée de provoquer, métaphores primaires et humour inopérant, le cinéaste cherche à prouver plein de choses (notamment qu'il n'est pas misogyne... permettez-moi d'en rire), mais de façon si maladroite, tel cet écolier de secondaire 2 qui mélange les concepts philosophiques à deux sous et les clins d'oeil méta. Il y a bien encore quelques plans puissants, noyés dans une surenchère d'idées simplistes et narcissiques. Cela se veut gore et choquant, sauf que ça demeure totalement inoffensif et même pathétique. La Divine Comédie des pauvres? Tout à fait! **
jeudi 10 août 2017
Film du jour: Europa
La Cinémathèque québécoise présente ce soir Europa, le premier grand film de Lars von trier. Cette fresque puissante s'apparente à un cauchemar sans fin se déroulant dans un train à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Suspense et brio technique se fonde en un seul ensemble brillant qui ne cesse de hanter, même plus d'un quart de siècle après sa première projection. ****1/2
mardi 8 juillet 2014
Nouveautés en DVD : Saveurs indiennes, Jodorowsky’s Dune, Will You Still Love Me Tomorrow ?, Les beaux malaises : Saison 1, Nymphomaniac Volume 1 & II, Belle et Sébastien
Pour fuir la pluie et le vent, pourquoi ne pas regarder des films qui viennent tout juste de sorti en dvd et en blu-ray et risquent de mettre de bonne humeur ?
Saveurs indiennes de Ritesh Batra le fait en un clin d'oeil. En plus de donner incroyablement faim, cette très jolie amitié épistolaire entre un homme qui prendra bientôt sa retraite et une mère de famille malheureuse est peuplée de moments doux, drôles et émouvants. Très recommandable! ***1/2
Documentaire touchant, rigolo et fort intéressant sur un long métrage qui n'a jamais vu le jour, le Jodorowsky's Dune Frank Pavich est un objet de cinéma qui fait rêver. Et si le père d'El Topo avait eu le mandat et pas David Lynch? ***1/2
Comédie romantique légère mais sincère sur un père qui remet son existence en question, Will You Still Love Me Tomorrow? d'Arvin Chen fait fi de clichés et de stéréotypes pour instaurer des personnages attachants et des situations cocasses. ***
Belle petite surprise que cette première saison des Beaux malaises. Martin Matte arrive presque à se réinventer auprès de sa famille fictive où de sa langue bien pendue, il parle d'amour, de sexe et de maladie. Tout n'est pas parfait, mais au moins les textes osent aller loin dans l'humour qui dérange. ***
Avec ses deux volumes Nymphomaniac qui dressent le portrait d'une femme qui tente de prendre sa place dans un monde d'homme, Lars von Trier parle de cul comme jamais. Dommage que l'exposé, lourd et moralisateur (que de symboles!), s'apparente à la démarche d'un gamin qui cherche seulement à choquer. **1/2
Ma critique complète sera bientôt disponible
Transposition cinématographique d'une série à succès, Belle et Sébastien de Nicolas Vanier met effectivement en scène une amitié entre un garçon et un joli chien sous des paysages enchanteurs. Il n'y a cependant rien à soutirer de ce scénario inapte qui oublie que l'on est en 2014. **
lundi 24 mars 2014
Film du jour: The Boss of It All
Besoin de s'aérer l'esprit après le diptyque Nymphomaniac qui est loin d'être les meilleurs films de Lars von Trier? Le meilleur moyen d'y parvenir est de se replonger dans son oubliable mais cocasse The Boss of It All, cette comédie noire sur le monde du travail. Si son habituelle verve féroce est ici limitée à sa plus simple expression, on s'amuse à voir des gens se faire manipuler et humilier. Et on peut passer le temps à déceler tous ces problèmes de raccord intentionnels. ***
Critique
Critique
vendredi 21 mars 2014
Nouveautés au cinéma : The Grand Budapest Hotel, The Muppets Most Wanted, Divergent, Nymphomaniac Volume 1-2, Maïna
Quatre films très attendus de genre complètement différents prennent l'affiche cette semaine dans un cinéma près de chez vous.
Le plus réussi est certainement The Grand Budapest Hotel, un autre délire hallucinant de Wes Anderson qui plonge sa grande famille de cinéma dans l'Europe de l'entre deux guerres. La mise en scène d'une précision chirurgicale s'accorde parfaitement au rythme enlevé et à cet humour fécond qui rend le coeur plus léger et ce, même s'il aurait pu y avoir plus de profondeur. ****
Beaucoup moins frais et mémorable que son prédécesseur, The Muppets Most Wanted de James Bobin qui se déroule également en Europe et souvent dans un train (comme le Wes Anderson!) comporte suffisamment de situations cocasses, de chansons enlevées et de caméos pour vouloir qu'on s'y attarde. En espérant toutefois que la sauce ne s'étire pas davantage. ***
Aussi satisfaisant qu'un épisode de Hunger Games malgré un scénario qui sent le réchauffé (les héroïnes déterminées du futur sont nombreuses), Divergent de Neil Burger met assez bien la table à une future série conçue pour un public adolescent. On ne s'attend à rien de mémorable, sauf que confier le rôle principal à la toujours excellente Shailene Woodley est une idée du génie. **1/2
Mais que se passe-t-il avec Lars von Trier? Après avoir offert son brillant Melancholia, le voici de retour avec Nymphomaniac, un diptyque prétentieux et barbant sur l'émancipation sexuelle d'une femme. S'il y a un ton intriguant et de bons interprètes, le résultat demeure lourd et verbeux, alors que l'humour noir et le désir de provocation sont inopérants. Serait-ce la faute du montage qui est celui des producteurs? **1/2
Adapté d'un roman à succès, Maïna de Michel Poulette est une épopée visuellement et sonorement splendide sur la rencontre entre deux peuples amérindiens. Si le récit ponctué d'action, d'aventure et de romance finit par lasser par ses répétitions, ce n'est pas la faute des comédiens, généralement convaincus. **1/2
Libellés :
Anderson,
Sorties Cinéma de la semaine,
von Trier
Film du jour: Antichrist
Pour bien se préparer aux deux volets de Nymphomaniac qui prennent l'affiche aujourd'hui, il est bon de revoir Antichrist qui s'y rapproche fortement. Plus stylisé, terrifiant et au final satisfaisant, ce cauchemar signé Lars von Trier n'évite pas certains tics propre à son auteur (le symbolisme lourdaud, par exemple). Le cinéaste se rachète pourtant en signant une oeuvre brillante et hallucinante, campée par deux comédiens exceptionnels et mis en scène avec un rare talent pour l'atmosphère angoissante. C'est parfois trop violent, mais le voir plus d'une fois a ses vertus afin de découvrir de nombreux éléments insoupçonnés. ****
lundi 17 mars 2014
Film du jour: Epidemic
Le diptyque Nymphomaniac ne sortant pas avant quelques jours au Québec, il est encore temps de faire une razzia des films de Lars von Trier. Un de ses longs métrages les moins connus est Epidemic qui ressasse une épidémie en Europe... qui pourrait très bien venir de l'imagination d'un scénariste. À la fois une oeuvre sur la peur des pandémies, sur les affres de la création et sur le capitalisme qui détruit tout, l'essai regorge de thèmes fascinants, de flashs ingénieux (la fin, par exemple) et d'une atmosphère angoissante (le jeu sur l'image et le son est réellement intéressant). Pourtant, on sent que le cinéaste ne sait pas trop quoi faire de sa belle matière première, racolant son intrigue de peine et de misère. Entre prétention et l'humour noir, il est facile de passer continuellement de l'un à l'autre. ***
dimanche 15 septembre 2013
Film du jour: Dancer in the Dark
En compagnie de Breaking the Waves, Dancer in the Dark est certainement le meilleur film de l'enfant terrible Lars von Trier. Puissant mélodrame sur une femme qui économise de l'argent pour payer l'opération aux yeux de son fils, ce véritable chef-d'oeuvre ensorcelle avec ses mélodies mémorables, son émotion qui fait pleurer encore et encore et la performance plus grande que nature de Björk. S'en sortir indemne est impossible et c'est tant mieux ainsi. *****
mardi 13 mars 2012
DVD: Melancholia, Monsieur Lazhar, The Descendants, Les aventures de Tintin, Happy Feet 2, My Week With Marilyn, Ces amours-là, The Son of No One, Young Adult, The Three Musketeers, Un baiser papillon
De nouveautés extrêmement intéressantes sortent cette semaine en format DVD et Blu-ray.
Lars von Trier signe une nouvelle merveille avec Melancholia, un récit de fin du monde d'un esthétisme impressionnant où Kirsten Dunst se dépasse. ****
Critique
Grand succès à travers le monde, Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau est un film sensible et intelligent sur la perte, la tolérance et l'éducation. ****
Critique
George Clooney trouve un de ses meilleurs rôles en carrière dans The Descendants d'Alexander Payne, une comédie dramatique irrésistible. ***1/2
Critique
Les aventures de Tintin n'est pas le plus grand effort de Steven Spielberg et il ne respecte pas toujours la bande dessinées, mais les images sont formidables et il y a beaucoup d'action. ***
Critique
Entrevue 1 et 2 avec Jamie Bell
Suite encore plus réjouissante que l'original, Happy Feet 2 de George Miller est une ode à la solidarité et à l'entraide. Sucré mais très mignon. ***
Critique
Michelle Williams et Kenneth Branagh sont excellent dans My Week With Marilyn de Simon Curtis, un biopic prévisible mais sympathique. ***
Critique
À la fois kitch et romancé, Ces amours-là est véritablement un essai de Claude Lelouch qui synthétise 50 ans de travail à travers cette production élégante mais superficielle. ***
Critique
Une distribution d'enfer (Channing Tatum, Juliette Binoche, Al Pacino) trouve le temps long dans The Son of No One de Dito Montiel, un polar trop souvent invraisemblable. **1/2
Critique
Le tandem Charlize Theron et Jason Reitman ratent leur cible dans Young Adult, une chronique plus ou moins inspirée sur une femme qui vit constamment dans le passé. **
Critique
Aussi vide que spectaculaire, The Three Musketeers de Paul W.S. Anderson est un produit parfois amusant qui risque pourtant de donner mal à la tête assez rapidement. **
Critique
Film choral prétentieux et vide au possible, Un baiser papillon de Karine Silla Perez passe à côté de la majorité de ses thèmes importants. **
Entrevue avec Vincent Perez
Lars von Trier signe une nouvelle merveille avec Melancholia, un récit de fin du monde d'un esthétisme impressionnant où Kirsten Dunst se dépasse. ****
Critique
Grand succès à travers le monde, Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau est un film sensible et intelligent sur la perte, la tolérance et l'éducation. ****
Critique
George Clooney trouve un de ses meilleurs rôles en carrière dans The Descendants d'Alexander Payne, une comédie dramatique irrésistible. ***1/2
Critique
Les aventures de Tintin n'est pas le plus grand effort de Steven Spielberg et il ne respecte pas toujours la bande dessinées, mais les images sont formidables et il y a beaucoup d'action. ***
Critique
Entrevue 1 et 2 avec Jamie Bell
Suite encore plus réjouissante que l'original, Happy Feet 2 de George Miller est une ode à la solidarité et à l'entraide. Sucré mais très mignon. ***
Critique
Michelle Williams et Kenneth Branagh sont excellent dans My Week With Marilyn de Simon Curtis, un biopic prévisible mais sympathique. ***
Critique
À la fois kitch et romancé, Ces amours-là est véritablement un essai de Claude Lelouch qui synthétise 50 ans de travail à travers cette production élégante mais superficielle. ***
Critique
Une distribution d'enfer (Channing Tatum, Juliette Binoche, Al Pacino) trouve le temps long dans The Son of No One de Dito Montiel, un polar trop souvent invraisemblable. **1/2
Critique
Le tandem Charlize Theron et Jason Reitman ratent leur cible dans Young Adult, une chronique plus ou moins inspirée sur une femme qui vit constamment dans le passé. **
Critique
Aussi vide que spectaculaire, The Three Musketeers de Paul W.S. Anderson est un produit parfois amusant qui risque pourtant de donner mal à la tête assez rapidement. **
Critique
Film choral prétentieux et vide au possible, Un baiser papillon de Karine Silla Perez passe à côté de la majorité de ses thèmes importants. **
Entrevue avec Vincent Perez
dimanche 13 novembre 2011
Melancholia, Like Crazy, Le vendeur, Ma part du gâteau, J. Edgar, Immortals, Un baiser papillon, Jack and Jill

Noël arrive à grand pas et avec lui, les très bons films qui tenteront de se tailler une place dans les palmarès de fin d'année. Cela tombe bien, il y a trois nouveautés qui devraient y figurer.
Le tout débute en force avec Melancholia, le fascinant nouveau cauchemar de Lars von Trier qui traite de la fin du monde à travers la dépression d'une femme. Sans être un chef-d'oeuvre, l'opus est suffisant majestueux, techniquement au point et interprété par des comédiens au sommet de leur art qu'à peu près tous les cinéphiles voudront se laisser bercer par ces grands moments de cinéma.
Critique
Sur papier, Like Crazy de Drake Doremus ressemble à une romance quelconque, une amourette classique où l'amour à distance risque de séparer un couple. Mais le résultat est tout autre. La mise en scène maîtrisée qui évoque Un homme et une femme de Lelouch séduit les sens comme un premier béguin, alors que les chansons retenues et l'émotion qui s'y dégage font allègrement frissonner de plaisir. Rajoutons à cela une chimie irrésistible entre Anton Yelchin et Felicity Jones et nous obtenons un délice extrêmement mignon, à voir seul ou en couple.
Très bon film québécois sur l'aliénation de l'être humain face à son travail, Le vendeur de Sébastien Pilote superpose habilement le drame humain et les enjeux économiques actuels, offrant à Gilbert Sicotte le rôle de sa vie. Une chronique comme il s'en fait peu.
Critique
Cédric Klapisch s'attaque à la comédie engagée avec Ma part du gâteau, un long métrage qui relate une improbable rencontre entre deux individus qui se retrouvent aux antipodes des classes sociales. Malgré quelques gags efficaces et une belle chimie entre Karin Viard et Gilles Lellouche, l'effort s'éparpille rapidement, se terminant abruptement sans que le réalisateur ne prenne position.
Clint Eastwood semble avoir perdu la main depuis quelques années et ce n'est pas J. Edgar qui porte sur le fondateur du FBI qui redorera son blason. S'il peut compter sur une habile recréation d'époque et un excellent Leonardo DiCaprio, le résultat est lourd et interminable, plombé par un rythme inégal, une construction sans suspense et des enjeux mal développés.
Critique
Superficiel film choral qui traite de sujets importants (la vie, la mort, l'amour) en rappelant que le mensonge est souvent à la base de tout, Un baiser papillon de Karine Silla a peut-être une belle distribution à son actif (Valeria Golino, Vincent Perez, Elsa Zylberstein, Jalil Lespert), sauf les personnages ne sont jamais réellement très intéressants et leurs drames nous touchent peu.
Production aussi spectaculaire que vide de sens, Immortals de Tarsem Singh s'adresse d'abord et avant tout aux amateurs d'effets spéciaux. De gros combats qui séduisent la rétine les 15 premières minutes pour ennuyer par la suite.
Critique
Une belle semaine est toujours gâchée par un navet. Un des plus éclatants de 2011 est Jack and Jill de Dennis Dugan où Adam Sandler tient un double rôle et Al Pacino fait tout pour saboter sa carrière. Une comédie grasse qui n'est jamais drôle et qui fait pleurer tellement elle est mauvaise et insipide.
Critique
Libellés :
Eastwood,
Klapisch,
Sorties Cinéma de la semaine,
von Trier
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