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dimanche 20 octobre 2019

Films du jour: Perdrix, Zombi Child, The Halt, Liberté (FNC)

C'est un stimulant premier film que propose Erwann Le Duc avec Perdrix. Entre la comédie romantique mélancolique et le récit absurde à la Wes Anderson, le long métrage développe un ton qui lui est cher, s'y lovant à notre plus grand plaisir. Surtout que le duo formé de Swann Arlaud et Maud Wyler fonctionne à plein régime. Présenté aujourd'hui. ***1/2

Bertrand Bonello revient à un cinéma plus étrange et expérimental avec Zombi Child, où il développe deux histoires parallèles de zombi, de vaudou et d'amour déchu. Cette méditation sur l'esclavage ne sera pas pour tous les appétits, mais elle risque d'en méduser plus d'un avec ses conclusions politiques sur le monde d'hier et d'aujourd'hui. Présenté aujourd'hui. ***1/2

Un des plus essentiels réalisateurs de la planète, Lav Diaz poursuit et signe avec The Halt une oeuvre ambitieuse sur la dictature aux Philippines, cette époque de l'oubli où la plupart de ses membres ne voient pas ce qui se passe. Il le fait évidemment à l'aide d'une mise en scène somptueuse. Dommage que cette fois, le récit soit si lourd et didactique, embrassant parfois l'absurde la plus démesurée. ***

Prix spécial du jury dans la section Un certain regard du dernier Festival de Cannes, Liberté est un essai radical d'Albert Serra. Après son magnifique La mort de Louis IV, il continue à s'intéresser aux natures mortes à l'aide de magnifiques images claires obscures qui tendent de sucer toute trace de vie de ses personnages : des libertins qui, l'espace d'une nuit, tentent de jouir encore et encore. Entre perversion et voyeurisme, l'effort courageux mais vain fascine et irrite tout à la fois, reflétant cette décadence dont est plongé la société actuelle. Pour encore plus de plaisir, il faut s’asseoir dans le fond du cinéma et observer la salle se vider au rythme des envies des protagonistes! **1/2

samedi 19 octobre 2019

Entrevue La virgen de agosto (FNC)

On combat le froid et l'humidité par la chaleur de Madrid avec La virgen de agosto, un récit existentiel d'une grande beauté et profondeur. Je me suis entretenu avec son réalisateur Jonas Trueba et mon entrevue se trouve dans les pages du journal Métro. Aujourd'hui au Festival du nouveau cinéma.

Films du jour: Varda par Agnès, Lillian, Feral, And Then We Danced (FNC)

Dans son ultime documentaire Varda par Agnès, la grande cinéaste Agnès Varda commente son parcours et son existence unique en se tenant loin de la chronologie bon marché. Au contraire, le film suit ses seules envies et désirs, posant un regard différent et personnel sur les choses. Ce qu'elle va nous manquer! ***1/2

Inspiré d'une histoire, Lillian d'Andreas Horvath est un incroyable road movie sur une Russe qui parcoure les États-Unis à pied pour revenir chez elle. Porté par des images à couper le souffle et une héroïne investie, ce portrait probant d'une région immense séduit malgré sa trop longue durée. ***1/2

Oeuvre farouchement indépendante, Feral d'Andrew Wonder suit une jeune itinérante dans le New York souterrain. Entre noirceur et espoir, violence et résilience, le récit qui a tendance à s'éparpiller se dresse malgré tout face à l'adversité grâce à la merveilleuse composition d'Annapurna Sriram. ***

And Then We Danced du Georgien Levan Akin a tout du film de festival: un thème d'actualité qui est transgressif dans le pays où se déroule l'action, des interprètes dévoués, une mise en scène de type art et essai, etc. Bref, rien pour sortir du lot, bien que le résultat demeure de qualité malgré son immense prévisibilité. **1/2

vendredi 18 octobre 2019

Sorties au cinéma: Douleur et gloire, Zombieland: Double Tap, Apapacho: Une caresse pour l'âme

Une grande fresque prend l'affiche cette semaine au cinéma.

Douleur et gloire: Il s'agit du dernier opus de Pedro Almodovar, sans doute son plus personnel et autobiographique, qui offre le plus grand rôle en carrière à Antonio Banderas dans le rôle de l'alter ego du cinéaste. Un titre puissant et émouvant qui va directement dans le palmarès de fin d'année. ****

Zombieland: Double Tap: Cette suite du succès surprise et mérité de 2009 s'avère beaucoup moins original et surprenant, recyclant une formule usée sans aucun effort. Malgré le retour de la distribution originale et de son réalisateur Ruben Fleischer, le marasme n'est jamais bien loin. **1/2

Apapacho: Une caresse pour l'âme: Un sujet important ne fait pas un film réussi. C'est malheureusement le cas du dernier long métrage de Marquise Lepage qui traite du deuil avec sincérité mais maladresse. Rien n'est très crédible au sein de cette intrigue superficielle et anecdotique, qui sabote le talent de ses interprètes. **

Films du jour: To the Ends of the Earth, 1000 Kings (FNC)


Kiyoshi Kurosawa voyage jusqu'en Ouzbékistan pour son nouveau film To the Ends of the Earth, où il s'intéresse aux clashs des cultures et à la solitude humaine. Sympathique et mineur, ce récit un peu ténu est porté à bout de bras par la ravissante Atsuko Maeda. Il faut la voir chanter une chanson à une chèvre! ***

Beaucoup plus abstrait est 1000 Kings de Bidzina Kanchaveli, une animation sans parole sur l'origine de l'univers où il est question de boules emprisonnées, de classes sociales et de quatre gardiens. Un trip conceptuel et hallucinogène, poétique et fulgurant dans ses meilleurs moments, mais qui tend rapidement à s'éparpiller et à se répéter. **

jeudi 17 octobre 2019

Films du jour: The Physics of Sorrow, Monument (FNC)

Tout ce que touche Theodore Ushev se transforme en or. C'est le cas de The Physics of Sorrow (FNC), une touchante adaptation d'un roman sur le poids de l'exil et les relations père/fils. Les images merveilleuses en constante évolution rappellent le désir de vivre du protagoniste, qui se heurte à un monde mélancolique qui n'a que faire de lui. Puis il y a la narration poétique qui va droit au coeur. Présenté aujourd'hui. ****

Intriguant sans être totalement satisfaisant, Monument de Jagoda Szelc traite de la situation de l'emploi et, plus généralement, du quotidien sombre de la jeunesse polonaise par l'entremise d'un film de genre angoissant et malsain, un brin frustrant par ses nombreuses répétitions mais fascinant dans sa façon de créer des métaphores dantesques. Voilà une cinéaste à suivre de près. ***

mercredi 16 octobre 2019

Films du jour: Cancion Sin Nombre, Vitalina Varela (FNC)

Le Festival du nouveau cinéma regorge de trouvailles intéressantes. Une des plus nécessaires est certainement Cancion sin nombre (Song Without a Name) de Melina Leon, un douloureux film péruvien sur une femme qui s'est fait voler son bébé nouveau-né. Sa quête ne manque pas de happer, au même titre que la magnifique photographie en noir et blanc (rosée) qui rappelle de vieilles photographies. Dans un monde idéal, ce long métrage qui se perd quelque peu à mi-chemin rencontrerait le même succès que Roma. ***1/2

C'est également l'occasion d'attraper Vitalina Varela, la sublime nouvelle fresque de Pedro Costa qui s'est méritée le Léopard d'or. Fidèle à ses habitudes, le cinéaste portugais dessine le parcours sombre et austère de son protagoniste qui est prisonnier des griffes du post-colonialisme. Voilà un lent et prodigieux voyage au bout de la nuit que l'on se rappellera pendant longtemps, seulement pour l'immense qualité picturale de ses plans, qui évoquent des toiles de peinture. Présenté aujourd'hui et le 19. ****

mardi 15 octobre 2019

Films du jour: Bait, Children of the Sea (FNC)

Il faut voir Bait pour le croire. À partir d'un sujet universel (le clash entre des touristes et les habitants d'un village de pêcheurs), le cinéaste Mark Jenkin développe une allégorie fascinante qui utilise toutes les possibilités du cinéma: un traitement muet où l'on a rajouté des voix, une magnifique image en noir et blanc qui semble issue des années 30 et, surtout, un montage unique en son genre qui joue d'ellipses incroyables afin de rentrer dans la tête de ses personnages. On en ressort avec l'impression d'avoir vu un des meilleurs films de l'année. ****

Children of the Sea d'Ayumu Watanabe ne manque pas d'ambition dans sa façon de parler d'environnement, de lier l'eau aux étoiles et de se perdre dans des flux psychédéliques. Sa progression n'est toutefois pas sans heurt, surtout lors de sa première partie, quelconque et assez cliché symboliquement. Son animation luxueuse, les mélodies onctueuses de Joe Hisaishi et quelques scènes fortes viennent heureusement agrémenter le récit inutilement complexe, qui possédait toutes les munitions pour marquer davantage les esprits. Et dire que le résumé parlait d'une symbiose entre Kubrick, Malick et Miyazaki. Et quoi encore?! ***

lundi 14 octobre 2019

Film du jour: Jeanne (FNC)

Suite de son incompris et magistral Jeannette, l'enfance de Jeanne d'Arc, Bruno Dumont reprend avec Jeanne son concept - non acteurs qui récitent dans une langue unique, paysages enchanteurs, cadres somptueux - en l'épurant complètement. Il n'y a plus de danses et de musique lourde, mais de merveilleuses mélodies de Christophe qui apparaît même à l'écran! Devant la folie et la stupidité des hommes se dresse une jeune femme admirable qui permet à ce film féministe et austère de toucher régulièrement la grâce. Entre comédie hilare et tragédie particulièrement bouleversante... et radicale. ****

dimanche 13 octobre 2019

Entrevue The Twentieth Century (FNC)

Incroyable satire canadienne à la distribution québécoise particulièrement relevée, The Twentieth Century traite de politique avec un ludisme et un humour ravageur. Je me suis entretenu avec son créateur Matthew Rankin et mon entrevue se trouve dans les pages du journal Métro. Présenté aujourd'hui et le 17 octobre au FNC.

Film du jour: System Crasher (FNC)

Sélection de l'Allemagne à la prochaine cérémonie des Oscars, System Crasher de Nora Fingscheidt est un bouillant film sur un enfant «à problèmes», dont la mise en scène physique épouse ses différents états d'esprit. Prenant malgré une certaine distanciation, l'effort qui traîne un peu en longueur vaut d'abord et avant tout pour la performance criante de vérité de la jeune Helena Zengel.  On en ressort soufflé. Présenté aujourd'hui, ainsi que les 14 et 16 octobre. ***1/2

samedi 12 octobre 2019

Les films préférés de... Miryam Charles

Réalisatrice de quelques-uns des courts métrages les plus poétiques et énigmatiques des dernières années, Miryam Charles présentera demain au Festival du nouveau cinéma sa plus récente création Second Generation. Je l'ai rencontré récemment (avant le TIFF, mon entrevue) et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés...

« J'en ai trop. Comme réalisateurs, je dirais Marguerite Duras. Il y a 13 ans, j'avais gagné un concours au Festival du nouveau cinéma. Il fallait écrire un texte et quand tu gagnais, tu allais à Cannes. J'ai gagné, donc je suis allé à Cannes. Il y avait un film de Marguerite Duras, India Song, que je suis allé voir. Il y avait plein de gens qui sortaient de la salle. J'étais tellement émerveillée! Ah, il y a quelqu'un comme moi. Ça m'a vraiment rassuré. Ok, je peux faire les films que je veux. Il n'y a pas de problème. Je vais être correct.

Il y a aussi Ousmane Sembène. Mais je pense que les réalisateurs qui m'ont inspirés, ce sont les rétrospectives de films que j'allais voir à la Cinémathèque quand j'étais au cégep et à l'université. J'allais voir tous les films d'un même réalisateur, comme Tsai Ming-liang, Rafael Montero et Claire Denis que j'ai toujours aimée. »

Films du jour: Videophobia, Family Romance LLC, Aren't You Happy? (FNC)

Présenté ce soir en première mondiale, Videophobia est peut-être l'oeuvre qui propulsera la carrière du prolifique Daisuke Miyazaki. À partir d'un sujet délicat (l'exposition d'une vidéo intime sur le web), le cinéaste nippon propose une réflexion pertinente sur le regard et cette société saturée d'images, ensevelissant la banalité du quotidien sous une horde de tension et de paranoïa digne de suspenses horrifiques. La fascinante actrice Tomona Hirota s'occupe du reste, hypnotisant de son regard unique. ***1/2

Brouillant allègrement les pistes entre la fiction et le documentaire, le vénérable Werner Herzog propose avec Family Romance LLC une réflexion sur la solitude et les illusions du Japon, où le faux se veut souvent plus véridique que le vrai. Gentil et malsain à la fois, révélateur malgré sa trop longue durée, il s'agit d'un essai mineur qui réserve toutefois de belles surprises. Présenté aujourd'hui et le 19 octobre. ***

Véritable ovni, Aren't You Happy de Susanne Heinrich traite par l'entremise de 15 vignettes de l'image de la femme d'aujourd'hui. Une ingénieuse idée de départ qui est malheureusement sabotée par un traitement simpliste et répétitif, qui tourne très vite à l'exercice de style maniéré. Une demi-déception, surtout devant l'immense travail plastique qui rappelle les vieux opus de Godard et d'Akerman. Présenté aujourd'hui. **1/2

vendredi 11 octobre 2019

Films du jour: La virgen de agosto, Nail in the Coffin: The Fall and Rise of Vampiro (FNC)

En cette période froide et humide, on voudra se ressourcer auprès de la chaleur d'été de Madrid avec La virgen de agosto de Jonas Truebas,  une oeuvre existentielle enveloppante et sensible sur les aléas d'une jeune femme perdue qui multiplie les rencontres charnières. Impossible de ne pas vouloir suivre la magnifique Itsaso Arana au bout de son périple qui est, évidemment, un peu le notre aussi. Présenté aujourd'hui, demain et le 19 octobre. ***1/2

Faire un documentaire sur le lutteur Vampiro est un sujet en or. Dommage que celui de Michael Paszt, intitulé Nail in the Coffin: The Fall and Rise of Vampire, manque de punch dans sa conception, suivant le consensus (têtes parlantes, archives, importance de la relation père/fille) au lieu de faire comme son héros et de prendre des risques. Présenté aujourd'hui et demain. **

jeudi 10 octobre 2019

Films du jour: Little Joe, Angel of the North (FNC)

Disciple de Michael Haneke, Jessica Hausner propose avec Little Joe une satire du bonheur, un long métrage qui lorgne à la fois vers le film de genre (à la Body Snatcher) que le drame social. En fait, cette histoire saugrenue de plante qui change les gens rappelle à quelle point une société fasciste peut s'exécuter dans l'ombre afin d'absorber l'identité et l'empathie de sa population. Un procédé à l'esthétisme soigné (cette caméra qui ondule constamment de droite à gauche, ce vert omniprésent) et au rythme volontairement léthargique (qui joue sur l'ennui, comme le précédent Amour fou de la cinéaste), centré autour de l'excellente Emily Beecham - prix d'interprétation féminine à Cannes cette année - qui est dépassée en mère monoparentale qui sent son fils adolescent s'éloigner d'elle. Présenté aujourd'hui et le 20 octobre. ***1/2

En tentant de percer les mystères de la mythique peinture L'ange blessé d'Hugo Simberg, Jean Michel Roux propose avec Angel of the North un documentaire étonnant sur l'ADN de la Finlande, trop long mais parfois touché par la grâce, qui regroupe large en demeurant cinématographique. Quelques passages plus didactiques peuvent lasser, mais l'ensemble n'est pas dénué d'intérêt. Présenté ce soir et demain. ***

mercredi 9 octobre 2019

Plein feu sur le FNC!

La 48e édition du Festival du nouveau cinéma débute aujourd'hui! Pour le Métro, j'ai concocté un texte sur quelques films à voir et comment gérer son temps dans ce festin cinématographique. Mon article se trouve ici.