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jeudi 9 janvier 2025

Critique: The Room Next Door


Pour son premier long métrage en langue anglaise, Pedro Almodovar convie Tilda Swinton et Julianne Moore dans un drame de chambre complexe autour de l'euthanasie. Sobre et tout en retenu, le mélo émeut même s'il se veut parfois verbeux. Ma critique est à lire sur Cinoche. ***1/2

vendredi 11 février 2022

Sorties au cinéma: Mères parallèles


On ne s'ennuie jamais chez Pedro Almodovar. Plus politisé et social que d'habitude, Mères parallèles raconte l'amitié incroyable entre deux femmes et comment le destin va sans cesse les réunir. Moins flamboyant que d'habitude, le film s'articule autour de Penélope Cruz qui trouve son meilleur rôle depuis longtemps. Ma critique est à lire sur Cinoche. ***1/2

vendredi 12 mars 2021

Sorties cinéma: La nuit des rois, Slalom, The Human Voice, Come True, La Marina


Le cinéma francophone se démarque cette semaine au sein des plus récentes nouveautés du septième art...

La nuit des rois: Cette superbe coproduction (québécoise!) signée Philippe Lacôte qui se déroule dans une prison de la Côte d'Ivoire a suscité l'intérêt partout sur son passage et ce n'est guère surprenant. À mi-chemin entre les 1001 nuits et Cité de Dieu, l'opus riche et foisonnant enivre par son énergie, sa beauté picturale et la profondeur de ses liens humains et politiques, rappelant que la meilleure échappatoire de l'existence passe par le fait de se raconter des histoires.  ****

SlalomÀ la fois drame sportif et récit d'initiation adolescent, ce premier long métrage de Charlène Favier arrive à se frayer un chemin entre les conventions grâce son grand soin esthétique (le travail sur l'ombre et la lumière force l'admiration) et la dévotion de ses interprètes, alors que le troublant Jérémie Renier tente d'avaler tout rond la dévouée Noée Abita qui ne se laisse évidemment pas faire en se réappropriant son corps et son identité. Si les risques et les obstacles sont nombreux, l'adresse de la mise en scène glacée et le sujet d'une importance capitale compense quelques largesses du scénario. ***1/2

The Human Voice: Ce n'est pas la première fois que Pedro Almodovar s'intéresse à cette pièce de Cocteau où une femme règle ses comptes au téléphone avec un ancien partenaire. Elle figurait à la fin de La loi du désir. Cette fois, il en offre une adaptation libre de 30 minutes, utilisant sa mise en scène colorée afin de renouer avec les racines théâtrales. Tilda Swinton fait le reste, brillamment, secondé d'un chien particulièrement expressif. Une démarche digne d'intérêt, même si le résultat demeure loin de Douleur et gloire. À la Cinémathèque québécoise.

Come True: Le cinéma horrifique a souvent exploré le monde des rêves. Anthony Scott Bruns en propose une variation glauque et mystérieuse, à l'ambiance soignées et aux effets visuels et musicaux plus qu'accomplis. Le traitement froid et cérébral n'est pas sans rappeler David Cronenberg, et si la seconde partie qui croule sous les symboles n'est pas aussi envoûtante que la première, elle se termine par une surprise qui donne le goût de tout revoir. ***

La Marina: Présentée dans quelques festivals en 2020 (dont Fantasia), cette création signée Étienne Galloy et Christophe Levac ressemble à plein d'efforts québécois dans sa façon de traiter de la jeunesse perdue, des rêves difficiles à atteindre et de l'effet du groupe. Rien ne ressort du lot et si la mise en scène ponctuée de longs plans fixes n'est pas sans intérêt, l'interprétation inégale, les dialogues vulgaires et le scénario à la fois simpliste et ténu font rapidement décrocher. Sur Crave. **

vendredi 18 octobre 2019

Sorties au cinéma: Douleur et gloire, Zombieland: Double Tap, Apapacho: Une caresse pour l'âme

Une grande fresque prend l'affiche cette semaine au cinéma.

Douleur et gloire: Il s'agit du dernier opus de Pedro Almodovar, sans doute son plus personnel et autobiographique, qui offre le plus grand rôle en carrière à Antonio Banderas dans le rôle de l'alter ego du cinéaste. Un titre puissant et émouvant qui va directement dans le palmarès de fin d'année. ****

Zombieland: Double Tap: Cette suite du succès surprise et mérité de 2009 s'avère beaucoup moins original et surprenant, recyclant une formule usée sans aucun effort. Malgré le retour de la distribution originale et de son réalisateur Ruben Fleischer, le marasme n'est jamais bien loin. **1/2

Apapacho: Une caresse pour l'âme: Un sujet important ne fait pas un film réussi. C'est malheureusement le cas du dernier long métrage de Marquise Lepage qui traite du deuil avec sincérité mais maladresse. Rien n'est très crédible au sein de cette intrigue superficielle et anecdotique, qui sabote le talent de ses interprètes. **

mardi 21 mars 2017

Nouveauté Blu-ray/dvd: Fuocoammare, Julieta, Tower, The Blackcoat's Daughter, Miss Sloane, Sing, Assassin's Creed, Live by Night, Bad Moms

Trois films de qualité supérieure se démarquent cette semaine au niveau des sorties DVD et Blu-ray...

Fuocoammare: Ce documentaire puissant de Gianfranco Rosie s'avère être l'essai ultime sur la crise des migrants, combinant parfaitement le social et le cinématographique. ****

Julieta: Pedro Almodovar revient en pleine forme avec cet opus testamentaire de toute beauté qui s'ouvre sur un nouveau cycle créatif. ****

Tower: Impossible de ne pas être foudroyé par ce documentaire qui arrive avec virtuosité à recréer une infernale histoire vraie - une tuerie sur un campus - à l'aide de témoignages vibrants. ****

The Blackcoat's Daughter: Renouveler le film d'exorciste n'est pas évident et sans y parvenir totalement, Oz Perkins propose une production tendue, un peu brouillonne mais inquiétante. ***

Miss Sloane: L'incroyable Jessica Chastain aurait sans doute mérité un meilleur long métrage que celui de John Madden qui traite du lobby des armes à feu avec efficacité mais superficialité. ***

Sing: Les jeunes enfants raffoleront de cette animation enchantée. Les autres se heurteront aux morales collantes, au récit très inégal et aux dessins qui manquent de souplesse. **1/2

Assassin's Creed: Malgré tout le talent en place (Fassbender, Cotillard, Kurzel à la réalisation), il s'agit d'une autre adaptation sans âme d'un jeu vidéo à succès. **

Live by Night: Ben Affleck se fourvoie dans cette chronique gangster lente, prévisible et dénuée de tension qui est indigne de son talent de cinéaste. **

Bad Moms: Grand succès commercial, cette comédie de Scott Moore et Jon Lucas accumule pourtant les clichés jusqu'à plus soif, ne faisant pratiquement jamais sourire. **

vendredi 27 janvier 2017

Sorties au cinéma: La tortue rouge, Julieta, Maudite poutine, Resident Evil: The Final Chapter

Les films magnifiques se succèdent cette semaine sur les écrans de cinéma.

Nommé aux Oscars, La tortue rouge est la nouvelle animation majestueuse de Studio Ghibli, qui a fait confiance pour la première fois à un cinéaste étranger (Michael Dudok de Wit). Cela donne une création merveilleuse de poésie et de beauté sur la résilience, l'amour et le cycle de la nature. Un chef-d'oeuvre moderne et muet qui saura faire pleurer encore et encore. ****1/2

Dans son magnifique Julieta, Pedro Almodovar adapte les écrits d'Alice Munro, ce qui lui permet de rendre hommage à ce qu'il a fait précédemment tout en développant un nouveau cycle créatif. Sa folie est toujours là, mais avec une couche supplémentaire de réserve et de complexité. Un récit de femmes à la Bergman qui s'avère terriblement émouvant. ****

Pour son premier long métrage Maudite poutine, Karl Lemieux demeure dans le cinéma expérimental, faisant ce qu'il sait faire de mieux (créer des ambiances et des atmosphères suffocantes, jouer avec les textures de sa magnifique photographie) tout en offrant un script un peu maladroit et des dialogues parfois plaqués. Reste que l'aventure mérite qu'on s'y attarde. ***

Sixième et ultime (on l'espère) volet d'une populaire franchise, Resident Evil: The Final Chapter de Paul W.S. Anderson troque l'humour pour l'ambition, ce qui n'est pas une bonne chose. Alors que le potentiel pour amuser y était, tout est saboté par des scènes d'action impossibles à regarder. *1/2

Film du jour: What Have I Done to Deserve This?

En attendant de découvrir son excellent nouveau film Julieta, on replonge dans la filmographie de Pedro Almodovar jusqu'à What Have I Done to Deserve This?, sa délicieuse comédie absurde qui emprunte à la fois aux classiques comiques italiens qu'à ceux de Fassbinder. Tout finit par arriver dans ce délire qui s'épuise rapidement mais qui surprend constamment. ***

vendredi 15 mai 2015

Film du jour: La loi du désir

Les gens qui ne connaissent Pedro Almodovar que pour ses derniers films seront scandalisés par La loi du désir, un film noir assez corrosif et sexuel sur les péripéties d'un réalisateur homosexuel. Les clichés sont revus et corrigés et si le récit capricieux sombre plus souvent qu'autrement dans la grosse farce kitsch, il y a amplement de quoi pour passer un bon moment. ***

mardi 7 avril 2015

Film du jour: Kika

Reconnu pour ses drames et ses suspenses, Pedro Almodovar a longtemps été reconnu comme le prince de la comédie tordue et sexuelle. Kika en est un bon exemple, plongeant ses personnages névrosés dans des quiproquos qui les dépassent. Avec sa réalisation volontairement kitsch, ses interprétations relevées et ce ton qui tire sur tout ce qui bouge (on note en passant la jouissive critique de la télévision à spectacle), le long métrage qui tourne parfois à vide fait sourire en plus d'une occasion. ***

samedi 4 octobre 2014

Film du jour: La mauvaise éducation

Présenté aujourd'hui à la Cinémathèque québécoise, La mauvaise éducation est la tentative de Pedro Almodovar d'aborder le suspense sulfureux à travers la rencontre de deux anciens amis. Sans parler d'opus (le cinéaste se perd parfois dans ses symboles et ses hommages - surtout à Hitchcock), il faut reconnaître que la réalisation et la direction d'acteurs s'avèrent impeccables et que l'intérêt se bonifie au fil des visionnements. ***1/2

jeudi 20 mars 2014

Film du jour: En chair et en os

Film de transition dans la carrière de Pedro Almodovar, En chair et en os (1997) allie son côté kitsch et absurde avec des préoccupations plus dramatiques, où la romance se mêle à la tragédie grecque et le sexe au mélo... mortel. Tout cela est possible à travers un triangle amoureux assez classique entre une femme et deux hommes où les morales, douteuses, sont emportées par une mise en scène sans temps mort et une interprétation assez intense. ***1/2

mercredi 5 février 2014

Film du jour: Femmes au bord de la crise de nerfs

Long métrage qui a permis à Pedro Almodovar d'être ce qu'il est maintenant, Femmes au bord de la crise de nerfs est un grand délire kitsch sur trois femmes qui feront tout ce qui est possible et inimaginable pour arriver à leurs fins. Drôle, fin et terriblement intelligent, ce vaudeville de grande classe à la réalisation soignée et à l'interprétation pétillante n'a pas volé son statut de film culte. ****

mardi 7 janvier 2014

Nouveautés en DVD: Les amants passagers, Runner Runner, La marque des anges, Columbarium, Hitchcock

La nouvelle année débute très lentement au niveau des sorties DVD et Blu-ray, alors qu'il n'y a rien de très transcendant à se mettre sous la dent cette semaine.

Après des drames et des suspenses, Pedro Almodovar retourne aux comédies kitsch qui ont fait sa gloire. Assez oubliable et peuplé de personnages stéréotypés, Les amants passagers n'en demeure pas moins un plaisir coupable. **1/2

Un homme coincé entre son patron et les forces de l'ordre. Ce sujet n'est pas neuf et Runner Runner de Brad Furman peine à sortir des clichés malgré le talent de ses interprètes (Justin Timberlake, Ben Affleck). **1/2
Spécial Ben Affleck

Le duo dans les films de flic ne fait pas toujours la différence. Si c'était le cas, La marque des anges de Sylvain White où Gérard Depardieu fait équipe avec Joey Starr serait un bon film. Ce n'est pas le cas tant les fils blancs sont nombreux et le tension, inexistante. **

Le septième art québécois n'est pas très friand du cinéma de genre. Columbarium de Steve Kerr s'essaye en réunissant deux fils dans le chalet familial afin de remplir une ultime exigence du patriarche décédé. Tout tournera mal... à l'instar de cette production fauchée réalisée un peu n'importe comment, où les comédiens sont laissés à eux-même et où le scénario déficient provoque de nombreux rires involontaires. *1/2

Afin d'être un peu positif, j'ai vu - avec une année de retard - le Hitchcock de Sacha Gervasi, un biopic conventionnel mais sobre et bien fait qui relate l'accouchement difficile de son classique Psycho. Les interprètes sont parfaits et il y a toujours un peu d'humour et de clins d'oeil sur le cinéma pour passer le temps. *** 

vendredi 19 juillet 2013

Nouveautés en salles: Only God Forgives, Turbo, The Way Way Back, Les amants passagers, R.I.P.D., Les seigneurs

Deux cinéastes très attendus offrent leur dernier film cette semaine dans une salle de cinéma près de chez vous.

Anti-Drive dont la beauté formelle de l'entreprise en met plein la vue et les oreilles, Only God Forgives de Nicolas Winding Refn est une méditation spirituelle sur la vengeance et la violence. La mise en scène en forme de rêve évoque Lynch et si le ton lancinant perdra ceux et celles qui ne jurent que pour «l'histoire», les autres seront comblés par cet objet hors norme, complaisant et fascinant tout à la fois. ***1/2

Meilleure animation à voir le jour depuis des lustres, Turbo de David Soren qui suit les lubies d'un escargot qui rêve de vitesse plaira autant aux jeunes avec ses thèmes gentils et rafraîchissants qu'aux adultes avec ses références savoureuses et sa propension à ne pas trop faire la morale. ***

Sorte de 1er amour à la sauce américaine, The Way, Way Back de Nat Faxon et Jim Rash s'intéresse à l'émancipation d'un adolescent lors de ses vacances estivales. Le manque d'originalité de l'ensemble est compensé par de bons interprètes et un humour qui fait souvent mouche. ***

Fable absurde sur l'Espagne contemporaine, Les amants passagers de Pedro Almodovar est une comédie burlesque et sexy qui donnera de l’urticaire aux fans de la section dramatique du réalisateur et qui ravira les cinéphiles qui préféraient ses élans kitsch de la première heure. **1/2

Croisement entre Men in Black et Ghostbusters, R.I.P.D de Robert Schwentke est une production complètement sautée sur des policiers de l'au-delà qui sont sur Terre pour arrêter des méchants monstres. Autant la section action épuise par son omniprésente, autant le côté humoristique fait amplement sourire, surtout avec un Jeff Bridges complètement déchaîné. **1/2

Effort nostalgique sur le soccer, l'amitié et les secondes chances, Les seigneurs d'Olivier Dahan bousille une distribution de classe (Garcia, Elmaleh, Dubosc, Starr, Sy, Marielle, Bel) au sein d'une intrigue au ras des pâquerettes qui n'arrive jamais réellement à faire sourire. **

mercredi 17 juillet 2013

En attendant Les amants passagers

C'est ce vendredi que prend l'affiche au Québec Les amants passagers, le nouveau film de Pedro Almodovar.

Pour se préparer à cette comédie iconoclaste aussi sexy que grivoise, je vous ai préparé un petit texte sur le sujet. 

Mon article est disponible sur le site de Cineplex.

mardi 6 mars 2012

DVD: Like Crazy, Senna, Le vendeur, La peau que j’habite, Oxygène, Footloose, Immortals, Sympathy for Delicious, Jack and Jill

Plusieurs longs métrages de grande qualité débarquent cette semaine en format DVD et Blu-ray.

Petit film américain qui a fait le bonheur des gens à Sundance en 2011, Like Crazy de Drake Doremus est une romance irrésistible qui évoque la Nouvelle Vague et le style de Claude Lelouch. ****

Documentaire époustouflant sur le célèbre coureur automobile, Senna d'Asif Kapadia est un essai admirable, à la fois fascinant et bouleversant. ****

Une des meilleurs oeuvres québécoises de l'année dernière, Le vendeur de Sébastien Pilote est le portrait humain et social d'un homme qui ne sait que vendre des voitures. Extrêmement touchant. ****

Qui n'aime pas Pedro Almodovar? Pourtant, dans La peau que j'habite sur les délires d'un père protecteur, il se laisse aller un peu à l'exercice de style, déroutant mais ultimement un peu vide. ***

Grand gagnant des principaux pris du Festival des films du monde il y a quelques années, Oxygène d'Hans Van Nuffel est un essai clinique et froid sur la maladie. Le charme finit toutefois par opérer. ***

Remake inutile mais pas désagréable d'un film à succès, la version de 2011 de Footloose de Craig Brewer est porté par des interprètes attachants et un scénario dépassé qui fait tout de même sourire. **1/2

Sorte de 300 encore plus puéril et répétitif, Immortals de Tarsem Singh est un effort impressionnant à regarder... mais dont il n'y a aucun réel scénario. Même le relatif plaisir de divertissement ne fonctionne guère. **1/2

Premier long métrage de l'acteur Mark Ruffalo, Sympathy for Delicious est un projet prétentieux et ennuyeux sur un homme handicapé qui est convaincu d'avoir des pouvoirs de guérison. **

Possiblement le pire film de l'année dernière, Jack and Jill de Dennis Dugan est une «comédie» atrocement ratée qui insulte l'intelligence de quiconque ose s'abaisser à regarder ce détritus. Mais que viennent faire Adam Sandler et surtout Al Pacino dans toute cette histoire? *

mardi 22 novembre 2011

La peau que j'habite, Happy Feet Two, Une vie meilleure, Twilight: Breaking Dawn: Part 1


C'est le moment de rattraper le temps perdu avec les traditionnelles sorties en salles...

Bien que mineur, tiré par les cheveux et se terminant en queue de poisson, La peau que j'habite montre un Pedro Almodovar au sommet de son art dans sa façon de mettre en scène et de diriger ses acteurs. Antonio Banderas y est d'ailleurs brillant et angoissant dans le rôle d'un savant qui cherche à restaurer l'image de sa jeune fille. Un exercice de style efficace mais ultimement vide, qui ne possède pas le panache des précédentes offrandes du créateur. Sauf que voir le tout avec le public de Cinémagique, cela n'a pas de prix.

Ayant profondément détesté l'original, la surprise est grande d'aimer la suite de Happy Feet, toujours réalisée par George Miller. C'est pourtant le cas avec ce récit mieux calibré, drôle et trépidant, qui compense ses chansons inégales par un surplus de bonne humeur et de personnages savoureux.

Cédric Kahn s'essaye au long métrage à saveur sociale avec Une vie meilleure, un drame réaliste sur un homme qui s'endette en voulant réaliser son rêve. L'essai implacable et très bien défendu (Guillaume Canet trouve un de ses meilleurs rôles en carrière) finit peut-être par être invraisemblable, mais il sait comment tenir en haleine tout en divertissant.

C'est également le cas de Twilight: Breaking Dawn: Part 1, l'avant-dernière production du vampire le plus populaire du 21e siècle qui se fera passer la bague au doigt! En acceptant les conventions liées au genre (des dialogues parfois bêtes à pleurer, des acteurs très inégaux, de grosses morales appuyées), il est possible de s'amuser avec ces nombreux clins d'oeil en coin et ces spectaculaires scènes de combat. Surtout que la réalisation, gracieuseté de Bill Condon, n'aura jamais été aussi assurée.

dimanche 17 janvier 2010

Traduction de...


En temps normal, il serait logique de parler des Golden Globes qui se déroulent ce soir, mais devant les nominations qui laissent terriblement à désirer (sauf pour ce qui est de l'excellent (500) Days of Summer... et peut-être le dernier Tarantino), passons à autre chose.

Pourquoi ne pas revenir sur le dernier film de Pedro Almodovar? Sans être un grand ou important long métrage, Étreintes brisées (critique) demeure un intrigant objet de cinéma, peut-être plus beau que bon, mais très fluide et solide, peu original quoique toujours fascinant, avec un nombre incalculable de mises en abyme et quelques moments d'une rare force dramatique.

Pourtant, deux éléments font sourciller. Pourquoi lorsque les médias parlent du film, ils l'illustrent toujours avec la photo de Penélope Cruz avec sa perruque blonde évoquant Marilyn Monroe? L'oeuvre est loin de se limiter à ça, surtout que la comédienne - qui joue également présentement dans le mésestimé Nine - est loin d'être la personne qui offre la meilleure performance, au contraire de Lluis Homar et de Blanca Portillo. Mais bon, elle est connue, et pourquoi chercher une autre photo à une époque où la concentration de la presse et des idées semble normale et acceptée?

Après avoir assisté au récit une première fois en projection de presse en version originale avec des sous-titres anglais, je suis retourné le voir. Malheureusement en version traduite en France. Non seulement la version laisse grandement à désirer, mais elle joue également pour beaucoup dans le (dé)plaisir rencontré tant l'évocation perd tout son sens. De quoi être frustré par ces dialogues qui sonnent parfois faux et cette poésie très importante chez Almodovar qui fait cruellement défaut. Peut-être que la mémoire fait défaut, sauf que les traductions de Tout sur ma mère, Parle avec elle et Volver semblaient moins problématiques. S'il faut chercher longtemps dans une ville comme Montréal pour la version originale, la situation doit être encore pire à l'extérieur de ce grand centre urbain. Et après on se demande pourquoi le cinéphile préfère attendre la version sur le DVD plutôt que de se déplacer en salles.