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dimanche 20 juin 2010

La manière Lumet


Étrange comment quelques cinéastes deviennent des références, alors que leurs collègues croupissent dans l'ombre. Que l'on pense à Francis Coppola qui n'a pas fait un très bon film depuis des décennies, ou Woody Allen qui est cité dans presque chaque article traitant de cinéma.

Sydney Lumet, qui aura 86 ans dans quelques jours, n'a pas cet honneur. Une véritable honte. Pourtant, il a réalisé des oeuvres qui ont marqué le septième art américain, dont 12 Angry Man, Serpico, Dog Day Afternoon et Netwook. Et il a réussi de nombreux essais magistraux qui sont malheureusement oubliés, tels Long Day's Journey Into Night et The Pawnbroker.

Son thème de prédilection a toujours porté sur la corruption, souvent en milieu policier, et en revoyant son excellent Prince of the City, probablement le meilleur effort fait sur le genre, il est difficile de savoir pourquoi ses efforts sont peu mentionnés lorsqu'il est question du dernier âge d'or du cinéma étasunien. Peut-être est-ce son style qui ne fait pas dans la surenchère, ou ses succès limités au box-office.

Encore aujourd'hui, le metteur en scène demeure pertinent, tout le contraire de la majorité de ses contemporains. En 2007 sortait l'haletant Before the Devil Knows You're Dead qui a malheureusement été diffusé dans trop peu de salles. Pas besoins d'impressionnants effets spéciaux ou de la trois dimensions pour intéresser. Il ne faut qu'une bonne histoire, des dialogues intelligents et des comédiens admirablement dirigés.

Un jour, il faudrait remettre à César ce qui lui revient et se souvenir de papy qui n'a, espérons-le, pas encore dit son dernier mot.

lundi 5 avril 2010

Le déclin du cinéma sud-coréen... au Québec


Un petit tour de quelques jours vers New York permet toujours de se rappeler comment, sur le plan cinématographique, Montréal, et surtout le Québec, n'est tout simplement pas dans le coup.

Prenez simplement un film assez populaire et tout de même médiatisé, qui a débuté son «baptême» en compétition officielle à Cannes, avant de prendre le chemin du festival. Tout le monde n'en avait que pour les derniers Tarantino, Audiard ou Haneke, mais le formidable Mother de Bong Joon-ho est une oeuvre dantesque, complètement imprévisible et souvent manipulatrice, concernant une mère qui cherche à sauver son fils d'une peine de prison. Du grand cinéma, à la fois dramatique et absurde, qui a été diffusé l'été dernier à Fantasia avant de disparaître complètement des radars.

À quand sa sortie en terres québécoises? Car voilà un titre qui serait parfait à l'AMC et au Cinéma du Parc, en plus de faire son chemin jusqu'à Sherbrooke et à Trois-Rivières, ce qui donnerait une alternative en ces temps fades dominés Clash of the Titans.

Il y a quelques années à peine, le cinéma de la Corée du Sud était sur toutes les lèvres, célébrant des cinéastes majeurs comme Park Chan-wook qui venait à peine d'offrir son sublime Old Boy. Maintenant, il est pratiquement absent sur les écrans, et il faut chercher très fort pour les trouver en DVD.

Grand admirateur du réalisateur Kim Jee-woon depuis son inoubliable A Tale of Two Sisters, les mauvaises nouvelles se multipliaient à son sujet. Ses longs métrages sortaient à peu près partout (France, États-Unis, etc.), mais jamais ici. J'ai pu rattrapper le temps perdu en me procurant ses deux derniers ouvrages, qui sont supérieurs à 75% de ce qui prend l'affiche à chaque fin de semaine.

Stylisé et élégant à souhait, A Bittersweet Life est une plongée attendue mais tout de même fascinante sur le crime organisé, où un ancien garde du corps est désapprouvé par son ancien patron. La mise en scène maîtrisée et les nombreuses scènes d'anthologie en font une bombe à retardement qui, contrairement à d'autres productions du coin, n'est pas trop bizarre pour un public nord-américain.

Il en va presque tout autant pour The Good, The Bad, The Weird, un western parodique et ultra kitch avec de l'action à plus finir, des poursuites et des confrontations musclées, mais également un soin de tous les instants consacrés à la caméra et au son, en plus d'enrouler quelques quiproquos politiques à ce qui n'était, finalement, qu'un gros divertissement d'été. Et cela fonctionne la plupart du temps malgré sa trop longue durée!

Mais pour attraper ces titres - et plusieurs autres -, faut-il nécessairement aller se balader dans la Grosse Pomme? Ou tout plaquer pour devenir distributeur comme les courageuses personnes d'Evokative Films? Il y a toujours Internet, ce qui, ironiquement, est probablement l'endroit le plus aux antipodes du septième art. Mais un simple refuge devant la passivité des propriétaires de salles d'ici qui ne prennent aucun risque devant des productions qui pourraient pourtant leur attirer une nouvelle clientèle.

jeudi 11 février 2010

Ne pas vouloir être là


Ah, la traditionnelle projection publique pour les longs métrages des majors hollywoodiens. Cela peut être drôle ou non, tout dépendant du film... et des gens présents. Pour un titre sérieux, on espère ne pas être trop dérangé. Pour un essai plus quelconque, cela n'est pas grave.

Même si les journalistes ont généralement des places réservées, cela peut arriver que quelques-uns soient là uniquement pour le boulot, rouspétant avant même que l'oeuvre soit commencée. D'un côté, c'est normal, il y a de plus en plus de récits douteux qui prennent l'affiche. Cependant, pourquoi ne pas donner une chance au coureur? Le premier surpris pourrait être le critique de cinéma.

L'histoire s'est répétée avec l'adaptation de Percy Jackson & the Olympians: The Lightning Thief. Le générique n'avait même pas débuté que déjà, les soupirs s'entendaient. Et c'était encore plus prononcé pendant le visionnement. À quoi bon exercer le métier si le texte est pratiquement écrit à l'avance, si l'opinion est connue en attendant que les lumières de la salle se baissent?

Bien sûr, ce n'est pas un grand film. C'est même tellement ridicule que cela en devient hilarant (j'en parlera plus en détails ce samedi). Mais il s'est fait pire, bien pire. Peut-être que la projection n'est tout simplement pas tombée la bonne journée...

lundi 8 février 2010

Aux calendes grecques


Cela m'a sauté aux yeux ces dernières semaines en revoyant des vieux films de cinéastes estimés dont les dernières missives ne sont jamais arrivées sur les écrans. Cela sert à quoi à des grosses pointures comme Kim Ki-duk, Beat Takeshi Kitano ou Kim Jee-woon de soulever la passion de fans à travers le monde si personne n'ose distribuer leurs oeuvres?

Être à Cannes ou à Toronto n'est plus un indicatif. Parlez-en à Jia Zhang Ke et à Johnny To qui attendent longuement que leurs essais atteignent le public canadien. Et la situation n'est pas seulement propre à l'Asie. Depuis l'excellent La vie est un miracle, combien de films de Kusturica ont été édité ici? Et les récits d'Amos Gitai? Surtout qu'ils ne sont même pas trouvables en DVD normaux Zone 1!

Et la liste peut-être très longue. Autant de cousins français (Chéreau, Honoré, Jeunet) que des voisins américains (Todd Solondz qui a tout de même marqué les cinéphiles, The Messenger d'Oren Moverman).

Le seul moyen de remédier à la situation est de tout abandonner pour devenir distributeur. De ce côté, il faut bien entendu beaucoup de contacts, de chance... et d'argent.

Ou encore faire l'acquisition d'un DVD multizone et commander les titres en Zone 2. Sauf que le vrai amateur de cinéma qui préfère assouvir sa passion dans les salles de cinéma, il fait quoi? Il pleure devant la centaine d'écran accordé à Avatar alors qu'il n'y en aura qu'un seul pour Revanche? Déjà qu'il a attendu longtemps pour voir Le ruban blanc et Le petit Nicolas (déjà disponible en DVD en France, mais sur les écrans québécois à la fin du mois).
L'expérience cinématographique se tient en communion, dans une salle sombre. Sans cela, le plaisir est tronqué. Encore plus si le matériel ne se rend pas ici, petit pays inconnu collé sur le plus influent (du moins, pour l'instant) de la planète. Et dire que là-bas aussi, ils attendent autre chose que des Dear John et des Legion.

jeudi 4 février 2010

Pierre Morel déteste la France


Douloureux visionnement de presse cette semaine avec l'insignifiant From Paris With Love. En sortant de la salle, il est difficile de ne pas placer le nom de Pierre Morel sur la liste des «pires réalisateurs» du moment.

À l'époque, ce n'était pas si pire. Sans être un grand film, Banlieue 13 n'avait aucune autre prétention que de divertir. Déjà, avec l'horrible Taken en 2009, les choses ont radicalement changées. Même si ce titre a fait explosé le box office, il ne s'agissait que d'un long métrage barbare et stupide, ventant les idées de l'extrême droite, de l'auto-justice et de la torture. Aucune subtilité dans ce discours affligeant et pompeux, si ce n'est un metteur en scène qui passe son temps à détruire sa ville, demandant aux sauveurs américains de la libérer des méchants envahisseurs étrangers. Eh oui, comme pendant la Seconde Guerre mondiale...

L'histoire se répète avec From Paris With Love où deux agents font tout sauter dans la Ville Lumière, multipliant les cadavres toutes les 5 minutes. Encore une fois, le message est le même, demeurant raciste et sexiste. Les êtres diaboliques ne sont pas blancs, mais noirs, arabes et chinois. Les filles ne sont que des prostituées, des caricatures ambulantes ou des êtres facilement manipulables qui sont capables des pires vices de la planète.

N'importe qui peut rigoler en regardant un vieux film des années 1980 décrivant avec ironie le régime de Reagan et le climat de l'époque. Mais sans charge politisée ou d'humour qui fonctionne réellement, il est normal d'être intellectuellement frustré devant tant de stupidités. Peut-être que pour se défendre, celui qui se prépare à actualiser le classique littéraire de science-fiction Dune (catastrophe à prévoir) ne s'inspire finalement que de la société de Sarkozy...

jeudi 28 janvier 2010

Touche pas à ma fille


Les films se suivent et se ressemblent. 2010 est marqué par des thèmes morbides où les pères prennent les armes pour venger la mort violente de leurs filles.

Ce sujet, vieux comme le monde, ramène l'auto-justice sur la place publique, après des titres aussi intéressants que le Crossing Guard de Sean Penn et la fameuse trilogie de Park Chan-wook... mais également des longs métrages plus racoleurs tels Eye for an Eye de John Schlesinger et The Brave One de Neil Jordan.

Dans The Lovely Bones, Peter Jackson rappelle qu'il y a une justice (divine ou pas), et que l'amour que porte une famille à leurs proches est plus fort que tout. Pour le reste, il faut faire confiance au hasard et aux morts qui viennent rôder.

C'est également le cas de Edge of Darkness de Martin Campbell. Sauf que le traitement, manipulateur au possible, montre un Mel Gibson abandonner toute logique pour seulement avoir la peau des malfrats.

C'est justement ces sentiments barbares et simplistes que voulait éviter Podz avec son excellent Les sept jours du Talion qui prendra bientôt l'affiche dans les salles québécoises. Il est normal de vouloir se venger, sauf que la violence ne sert à rien, transformant l'homme en simple bête.

Dans tous les cas, il faudrait se questionner sur le rôle de l'au-delà qui vient sans cesse faire sentir sa présence dans le réel, influençant les choix des vivants, dictant leur conduite à suivre. Un passage qui semble obligé, du moins sur le plan cinématographique.

mercredi 27 janvier 2010

Janvier catastrophique


De mémoire, c'est la première fois que cela arrive. Aussi durement on s'entend. Généralement, pendant le mois de janvier, le cinéphile prend cela relaxe, digérant tout ce qu'il a pu absorber en décembre. C'est pourquoi le premier mois de l'année est souvent pauvre en sorties intéressantes. Cependant, il y a toujours les restants des Oscars (comment oublier les géniaux Revolutionary Road et There Will Be Blood ces dernières années) et d'excellents films étrangers récompensés à Cannes ou ailleurs.

2010 semble être l'exception. Depuis le 1er janvier, il n'y a eu aucun titre réellement pertinent. Et ce n'est pas ce vendredi qui viendra sauver les meubles. Que des productions moyennes ou ignobles, qui déçoivent (Crazy Heart malgré la performance électrisante de Jeff Bridges) ou ne remplissent pas les attentes (The Lovely Bones). Peut-être que les distributeurs sont encore en mode Avatar, gardant le meilleur pour la fin. Mais après 31 jours de sevrage, le cinéphile a très peu de raisons d'aller au cinéma, si ce n'est pour rattraper ce qu'il a manqué précédemment.

Quelle chance que février arrive à grand pas! Déjà, le premier vendredi, deux oeuvres vont surpasser tout ce qui a pris l'affiche. Avec Le ruban blanc de Michael Haneke et Les sept jours du Talion de PODZ, quelque chose de pertinent est enfin offert aux spectateurs. Et c'est sans parler de The Last Station, Fish Tank, Shutter Island, La dernière fugue et Un prophète qui sortiront au cours des prochaines semaines.

Au lieu de tout distribuer en même temps et que les petits essais obscurs se fassent compétition, pourquoi ne pas les échelonner pendant toute l'année? Ainsi ils resteront suffisamment longtemps à l'affiche et il y aura toujours quelque chose de potable à aller voir en salles.

lundi 25 janvier 2010

Pas pour vous!


Le temps enterre tout, même les traditions.

Il est de mise qu'un film reçoive une projection, de presse ou avec public, pour que les journalistes puissent préparer leur article. Généralement, cela se déroule le matin ou le soir, quelques semaines à l'avance ou la semaine même de la sortie. De plus en plus, cela se passe à la dernière minute, le mercredi ou le jeudi, pour empêcher les hebdomadaires de sortir leur texte à temps.

Devant la guerre de l'Internet, quelques studios (toujours les mêmes) refusent de montrer leurs films aux critiques et journalistes. Pas par peur de se faire pirater (il y a tout de même des visionnements s'adressant au public), mais pour empêcher les mauvais mots de se propager. Pourtant, le même film a été vu par des centaines de collègues aux États-Unis et un résumé de leur appréciation se retrouve sur le site Rottent Tomatoes.

Ces studios sont dans leurs droits. Sauf que la mauvaise foi règne vis-à-vis une presse spécialisée et électronique. Comme si le pouvoir du critique était si influent. Si ça serait le cas, 2012 n'aurait jamais fonctionné au box-office. Cela empêche seulement les lecteurs de se renseigner correctement et aux gens d'exercer leur métier convenablement.

De toute façon, ces décisions reflètent généralement la qualité de l'ouvrage. Il y a quelques exceptions (comme Rock'n'Rolla de Guy Ritchie et Doomsday de Neil Marshall), mais dans l'ensemble, ce ne sont pas des oeuvres qui se retrouveront aux Oscars ou dans des palmarès d'appréciation.

Heureusement, ce ne sont pas tous les studios qui agissent ainsi. Cela peut arriver de se retrouver avec un citron, mais même un citron mérite une projection. Ça paraît toujours mieux un studio qui semble soutenir son film qu'un autre studio qui cherche à enrayer les opinions en ne le présentant pas à tout le monde. Simple question de transparence.

jeudi 21 janvier 2010

Où sont les films pour enfants?


La question mérite d'être posée tant ils se font de moins en moins nombreux. Hormis par le format de l'animation (avec les Coraline, Ponyo et autres Mary & Max), le cinéma est loin d'être le lieu pour les jeunes âmes, et encore moins leurs parents, qui ne veulent surtout pas qu'ils s'abrutissent avec tous les Chipmunks en puissance. Pourtant, il n'y a aucune alternative au rendez-vous.

Récemment, Jackie Chan faisait un Arnold de lui-même dans The Spy Next Door, une comédie ni drôle ni intéressante ni pertinente. Du grand vent à la puissance 1000 qui ne s'avère même pas un bon divertissement. Cette semaine, c'est encore pire avec la sortie de Tooth Fairy, un ratage spectaculaire et presque total mettant en vedette l'ineffable Dwayne Johnson. Ce ne sont pas tous les films drôles qui fonctionnent, et celui-ci, en plus de s'aplatir comme une roche, insulte littéralement l'intelligence du spectateur.

Une famille avec des enfants en bas âge n'aura aucun autre choix que d'accepter cette poutine froide ou de rester à la maison et revoir de vieux longs métrages. Pour une éducation cinématographique, cette solution s'impose.

Il y a quelques semaines, je me rappelle être retombé en enfance et en amour avec le Mary Poppins de Robert Stevenson. Les effets spéciaux ne sont plus très jeunes, mais quelle magie, quelle fantaisie infinie! Une oeuvre toute simple, gentille et douce tout en étant engagée, avec des numéros musicaux irrésistibles et des comédiens en or. Il s'agit surtout d'un récit qui encourage le rêve. Même si on y aborde les symptômes d'un crise économique (tiens, tiens), l'ouvrage traite avec intelligence de thèmes sensibles, sans trop faire la morale et en s'arrangeant continuellement pour mettre de bonne humeur. Un véritable vent de fraîcheur pour ce début de 2010.

jeudi 7 janvier 2010

On s'en fout du texte, on veut des étoiles


Les cotes. Les évaluations. Les étoiles. Sauf de rares exceptions, une critique de film ne se passe pas de chiffres. Il faut montrer, mesurer, simplifier. Et après on se demande pourquoi le lecteur regarde seulement la note au lieu de lire le texte au complet. Surtout qu'il y a des échelles sur 4, sur 5, des médias qui n'utilisent pas la plus haute note, qui vont dans la demi-mesure. Pour faire original, il est possible de mettre le tout sur 10, sur 100, sur A+, le fameux 1 à 7 de Médiafilm, etc. Ainsi le 4/5 d'un quotidien équivaut au 3,5/4 (en réalité sur 5, mais qui ne dépasse jamais la note de 4) d'un hebdomadaire. Il y a même de profondes divergences d'opinions au sein du même médium. De quoi être déconcerté. Surtout en apprenant qu'un chef-d'oeuvre comme Le voyage de Chihiro obtient seulement 3/5 dans La Presse. Si tout le monde utilise un principe d'étoiles, la pression est forte de les imiter. Cela attire l'oeil, ça empêche de penser, c'est ce qu'on retient... et c'est bien dommage.

Silence!


Entre la projection publique et le visionnement de presse, le critique préfère généralement le deuxième choix, plus calme, plus clément, sans odeur nauséabonde de popcorn. Pourtant, trop souvent, des «intrus» sont de la partie, riant à gorge déployée pendant Le Bonheur de Pierre, ronflant sur Étreintes brisées de Pedro Almodovar. Un peu de respect serait-il trop demandé?