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mardi 26 juin 2018

Nouveautés Blu-ray/dvd: Le bannissement/The Return, The Endless, Madame, Terminal

Devant la fadeur des nouveautés en blu-ray et dvd, on se retourne vers deux «classiques» contemporains qui bénéficient de nouvelles éditions.

The Endless: Présenté l'année dernière à Fantasia, ce nouveau long métrage des talentueux Justin Benson et Aaron Moorhead (Spring) sabote un scénario prometteur en se perdant dans les symboles appuyés et les métaphores attendues. Quel dommage! **1/2

Madame: Les clichés sur la France et les quiproquos douteux sont la norme dans cette comédie rarement drôle d'Amanda Sthers. Et dire qu'elle avait une superbe distribution entre ses doigts...

Terminal: C'est également le cas de Vaughn Stein dans ce film noir d'une affligeante banalité, qui ressemble à ce qui se faisait de bon à la fin des années 90 et au début du 21e siècle. *1/2

Le bannissement/The Return: On garde le moral parce que les excellents deux premiers opus d'Andreï Zviaguintsev refont surface, à notre plus grand bonheur. Dans Le retour (***1/2), des enfants sont confrontés au retour d'un père sévère, incroyable portrait de la rigidité de la société russe. Puis dans Le bannissement (****1/2), l'écho à Tarkovski est de chaque plan alors qu'une famille doit faire face à une terrible épreuve. Une odyssée magique et transcendante comme il s'en fait peur.

mardi 12 juin 2018

Nouveautés Blu-ray/dvd: Faute d'amour, Chien de garde, Téhéran Tabou, Tomb Raider, The Strangers: Prey at Night, Will & Grace (The Revival): Season One

Une belle variété de titres sortent aujourd'hui en format dvd et blu-ray, avec notamment un des meilleurs films de l'année.

Faute d'amour: La dernière fresque d'Andrei Zviaguintsev (Leviathan) est toujours aussi captivante et importante dans sa façon de transcrire à l'écran l'égoïsme humain, créant des parallèles ravageurs avec la politique russe. À ne pas manquer. ****

Chien de garde: Mommy rencontre We Own the Night dans ce premier long métrage extrêmement énergique de Sophie Dupuis. Au diable les stéréotypes et la finale décevante si la direction d'acteurs dans le tapis permet aux excellents comédiens de camper royalement leurs intenses personnages. ***
Téhéran Tabou: Les thèmes nécessaires se chevauchent dans cette animation moralisatrice et chargée d'Ali Soozandeh, qui aimerait tant être le Valse Bachir de son époque. Mais en vain. Reste une démarche qui est loin d'être banale. **1/2

Tomb Raider: Ce n'est pas tout remplacer Angelina Jolie par Alicia Vikander. Sans un désir de palper l'essence du jeu vidéo et d'offrir une histoire digne de ce nom, les aventures cinématographiques de Lara Croft ne seront jamais intéressantes. Ici, on ne fait qu'offrir un ersatz d'Indiana Jones. **

The Strangers: Prey at Night: À la fois suite et remake de son prédécesseur, cette série B fauchée compte quelques moments savoureux devant exister dans une mer de clichés et de banalités. Ce n'est évidemment rien pour aider. **

Will & Grace (The Revival): Season One: Avait-on vraiment besoin d'une variation sur cette série culte? Non. Dès les premiers épisodes, le seul désir qui existe est de tout arrêter et de se replonger dans nos souvenirs.

samedi 24 février 2018

Sorties au cinéma: Faute d'amour, Annihilation, Les gardiennes, Pour vivre ici, Mom & Dad, Every Day, Nelly & Simon: Mission Yéti

Les auteurs s'animent cette semaine dans un cinéma près de chez vous...

Faute d'amour/Loveless: Le maître russe Andreï Zviaguintsev est de retour avec une nouvelle et féroce parabole politique, dans la lignée de son grandiose Léviathan. Chaque petit détail est analysé au peigne fin et si la démarche pourra paraître maniérée, l'impact s'avère implacable, s’abattant à la fois sur la famille moderne que sur la Russie à la croisée des chemins. ****

Les gardiennes: Fait à l'ancienne avec ses images soignées, ses mélodies inspirantes de Michel Legrand et son doux rythme des saisons qui permettent de mieux saisir l'Histoire et l'essence des personnages, ce très beau film au féminin signé Xavier Beauvois permet de découvrir l'immense talent d'Iris Bry. Il y a quelques scènes (les mains sur la roche, la finale) qui ne finiront pas d'émouvoir. ***1/2

Annihilation: Après son surprenant Ex Machina, Alex Garland demeure dans la science-fiction avec cette oeuvre hypnotisante qui emprunte aux maîtres du genre (Tarkovski, Kubrick) tout en gardant sa propre personnalité. On en ressort fasciné par tant de métaphores. ***1/2

Pour vivre ici: Sans renouer avec ses meilleurs efforts, Bernard Émond parvient à faire oublier son pénible Le journal d'un vieil homme avec cette variation sur Voyage à Tokyo d'Ozu. C'est parfois trop lourd et littéraire, mais les propos sont nécessaires, la réalisation parsemée de lumière et encore une fois, Élise Guilbault se dépasse dans le rôle principal. ***

Mom & Dad: Cette série B d'exploitation sur des parents qui tentent d'éliminer leurs propres enfants fait sourire mais elle tient difficilement la route sur un film entier. Reste un Nicolas Cage en belle forme, dont la folie cadre enfin au récit. **1/2

Every Day: Même si elle est moins stupide que la moyenne du genre, cette romance pour adolescents signée Michael Sucsy croupit sous ses clichés et ses faibles risques. On en retient la performance délectable d'Angourie Riche et la jolie trame sonore. **1/2

Nelly & Simon: Mission Yéti: Ce rare long métrage animé québécois vise les enfants et les jeunes adolescents avec ses leçons de courage. C'est sans temps mort, amusant et plutôt divertissant mais au final bien mince et peu mémorable. **1/2

lundi 9 octobre 2017

Films du jour: Loveless, KFC (FNC)

Deux gros coups de poing très différents font mal aujourd'hui au FNC.

Après son majeur Leviathan, Andreï Zviaguintsev est de retour avec Loveless (prix du Jury à Cannes), une autre chronique éblouissante de la Russie qui a oublié son avenir au profit de besoins égoïstes. Cela s'exprime dans le cas de la disparition d'un enfant et le désarroi de ses parents séparés. Magnifiquement mis en scène, le récit qui alterne moments d'effrois et séquences plus absurdes tient en haleine et intéresse au plus haut point malgré un abus de métaphores pas toujours subtiles. On risque d'en entendre parler aux Oscars. ****

Rare film de cannibales vietnamiens, KFC est un premier long métrage assez déroutant/étonnant de Le Binh Giang. Si sur le plan narratif on n'est jamais très loin du brouillon avec toutes ces ellipses et transgressions, l'univers campé donne à la fois froid dans le dos tout en proposant de la poésie insoupçonnée. Un jeu de massacres d'une ironie totale où l'on revisite plusieurs maux de société à la sauce tartare! ***

mardi 19 mai 2015

Nouveautés en DVD/Blu-ray : Leviathan, D’où je viens, Bà Nôi, What We Do In the Shadows, Samba, American Sniper, Strange Magic

Entre Cannes et le nouveau Mad Max, les sorties en DVD et Blu-ray battent leur plein encore cette semaine avec un excellent film et plusieurs documentaires pertinents.

Superbe satire politique de la Russie contemporaine, Leviathan d'Andrey Zviaguintsev est un exercice fascinant, autant au niveau du scénario dantesque que de la mise en scène si soignée. ****

Effort personnel et magique sur Verdun, D'où je viens de Claude Demers enchante malgré une certaine naïveté et une technique qui laisse un peu à désirer. ***

Cela prend un peu de temps avant de percer Bà Nôi de Koha Lê. Mais lorsque c'est le cas, on ne peut qu'être hypnotisé par cet essai sur une grande-mère pas comme les autres. ***

On rit beaucoup devant What We Do In the Shadows de Jemaine Clement et Taika Waititi, un faux documentaire sous fond de vampires qui s'essouffle toutefois un peu avant la fin. ***

Moins mémorable qu'Intouchables, Samba d'Éric Toledano et Olivier Nakache demeure un conte social plus que potable, qui doit beaucoup à ses talentueux interprètes. *** 

Clint Eastwood mélange film d'action et réflexions pompeuses sur la guerre avec son American Sniper, qui a fracassé le box-office en début d'année. Bradley Cooper y est superbe, mais politiquement, c'est plus que douteux. **1/2

Strange Magic de Gary Rydstrom n'est pas une animation comme les autres. Il y a tellement de musique et de messages horripilants que toute la famille voudra aller voir ailleurs. *1/2

samedi 7 février 2015

Sorties au cinéma : Léviathan, L’amour au temps de la guerre civile, Brasserie romantique, Bob l’éponge, Outcast, Seventh Son

Il y a de tout cette semaine au sein des sorties au cinéma: des très bons longs métrages, des navets et des productions oubliables.

Prix du scénario à Cannes et celui du meilleur film en langue étrangère, Léviathan d'Andrey Zviaguintsev est une oeuvre à la fois tragique et absurde sur la Russie contemporaine. Du vrai cinéma à voir dans la plus grande salle possible. ****

Nouvel opus coup de poing de la part de Rodrigue Jean, L'amour au temps de la guerre civile suit un jeune toxicomane qui se prostitue dans sa quête de doses, d'amour et d'amitié. Un essai brûlant et dérangeant, magnifiquement interprété. ***1/2

Un 14 février qui ne tourne pas rond? Bienvenue dans Brasserie romantique de Joël Vanhoebrouck, un effort prévisible mais malgré tout charmant, dont le jeu honnête des comédiens et la mise en scène soignée rachètent les faux pas du scénario. ***

Une 3e aventure vers le grand écran pour Bob l'éponge, gracieuseté de Paul Tibbitt? Il n'y a encore rien de très convaincant ici, si ce n'est quelques flashs très drôles qui s'intègrent mal dans un ensemble beaucoup trop long et moralisateur. **1/2

De l'action. Il n'y a pratiquement que ça dans Outcast de Nick Powell. À tel point que le niveau de saturation est rapidement atteint. De toute façon, pourquoi proposer autre chose à cette propagande chinoise où Nicolas Cage joue les héros? *1/2

Tout aussi risible est Seventh Son de Sergei Bodrov, une épopée ratée et insignifiante sur un apprenti qui doit sauver l'humanité. Visuellement c'est laid, les acteurs carburent aux mimiques et si la fin annonce une suite, ce serait une bien mauvaise nouvelle pour le commun des mortels. *1/2

dimanche 9 septembre 2012

Film du jour: Le bannissement

Jamais sorti sur les écrans québécois mais présenté ce soir au Cinéma du Parc, Le bannissement est la seconde - et meilleure oeuvre- du cinéaste russe Andreï Zivaguintsev (Le retour, Elena). Sorte de conte biblique peuplée de métaphores éblouissantes, d'images inoubliables et de prestations époustouflantes, cette tragédie grecque doublée d'une enquête intrigue digne d'un film noir séduit par la pertinence de son propos, la qualité de sa mise en scène, ses silences angoissants, sa lenteur hypnotisante et sa façon de faire éclater le noyau familial alors qu'une femme annonce à son mari qu'elle est enceinte mais qu'il n'est pas le père de son enfant. Une construction dramatique hallucinante pour un opus qui l'est tout autant. ****1/2

vendredi 7 septembre 2012

Film du jour: Le retour

Lion d'Or à Venise en 2003, Le retour signe l'arrivée d'un grand cinéaste russe: Andreï Zviaguintsev. Avec cette oeuvre symbolique à la photographie exemplaire et à l'interprétation presque parfaite, il propose une odyssée  destructrice des racines familiales alors qu'un père réapparaît dans l'existence de leurs fils pour les amener pêcher. D'une nature sauvage et poétique, violent et angélique tout à la fois, ce passage de l'enfance à l'âge adulte embrasse le mystère pour mieux s'y perdre. Et l'exploration se voudra en plusieurs points fascinantes. ****

dimanche 2 septembre 2012

Elena, The Matchmaker, Karakara, Union Square

Les petits films - souvent présentés préalablement sans aucune projection de pression - sont nombreux à prendre l'affiche cette semaine.

Le long métrage à ne pas manquer est Elena d'Andrei Zviaguintsev qui porte sur les déboires d'une famille russe dont le père et la mère ne s'entendent pas sur la façon de prendre soin des enfants. Un drame intimiste d'une beauté opaque, qui rappelle Bergman de plusieurs façons. ***1/2

Un adolescent deviendra un homme dans The Matchmaker d'Avi Nesher, une comédie dramatique sous fond d'amour, de secrets et d'identité. Sans rien casser, l'essai séduit par ses personnages et ses situations sans nécessairement marquer les esprits outre mesure. ***

C'est également le cas de Karakara de Claude Gagnon, sorte de road movie sur deux âmes peinées. Le Japon s'affiche dans toute sa splendeur et les deux comédiens principaux sont excellents. Dommage que la réalisation manque de tonus et que l'humour vient maladroitement contrebalancer le drame. ***

On reconnaît une tranche du cinéma américain des années 1970 (celui de Cassavetes) derrière Union Square, le premier effort depuis des lustres de Nancy Savoca. Le verbe prend l'action sur la mise en scène dans cette confrontation entre deux soeurs. Pourtant, il est aisé de bailler aux corneilles et d'être horripilé devant ces personnages souvent superficiels et désagréables. **