dimanche 10 juillet 2016

Les films préférés de... Podz

C'est le temps d'une nouvelle chronique! À chaque semaine, j'interroge une personnalité afin de connaître leurs films et réalisateurs préférés. 

Aujourd'hui, place à Daniel Grou, alias Podz (Les 7 jours du Talion, 10 1/2, L'affaire Dumont, Miraculum, 19-2...), que j'ai rencontré plus tôt cette semaine pour King Dave...

Quels sont tes films préférés?

Podz : Dans la dernière année?

Peu importe

Podz : Je n’en vois plus de films, c’est ça mon problème.

Les gens me nomment des films parfois très récents ou ceux qui ont pu les marquer. Comme Bergman par exemple…

Podz : C’est sûr que Bergman, c’est toujours mon favori. Ouin, je pense que ce sont les films de Bergman qui viennent le plus me chercher. Parce que justement, il y a quelque chose de profondément humain, quelque chose de fêlé dans ses films, dérangeant. Et c’est existentiel aussi. Ce sont ces qualités-là qui font en sorte que j’aime le cinéma. C’est un regard très puissant sur nous et c’est ça que j’essaye de faire finalement.

Il y a une période de sa filmographie que tu préfères?

Podz : Je pense que c’est Persona et Cris et chuchotements, ces films-là. Toi?

Persona a toujours été mon film préféré de lui. Sa phase entre Les fraises sauvages et Persona, ses films qui sont très austères…

Podz : Comme Le silence et À travers le miroir, oui. Mais Persona, il a vraiment quelque chose. C’est ça le cinéma. C’est un rêve, on va y aller là-dedans. Je ne pense pas que personne ne va comprendre Persona au complet, à moins d’écrire quatre thèses.

La façon qu’il joue avec sa forme…

Podz : Il joue avec tout. Il prend plaisir aux possibilités du cinéma. Et je trouve ça le fun de voir ça

Film du jour: L'honneur perdu de Katharina Blum

À mi-chemin entre Fassbinder et Kieslowski, l'adaptation du livre à succès L'honneur perdu de Katharina Blum par Volker Schlöndorff et Margarethe von Trotta est un film clé du cinéma paranoïaque des années 70 qui trouve encore sa raison d'être de nos jours avec toutes les détentions illégales survenues depuis le 11 septembre. Cinéma réaliste qui décrit les collisions troubles entre le pouvoir, la police et la presse, ce récit vigoureux et psychologiquement complexe où brille Angela Winkler hante par ses images austères qui font régner l'enfermement. ****

samedi 9 juillet 2016

Film du jour: The Killing of a Chinese Bookie

À voir préférablement dans sa version de 108 minutes (plutôt que celle de 135 minutes, originellement présentée dans les salles de cinéma), The Killing of a Chinese Bookie est une oeuvre à l'atmosphère exquise de la part de John Cassavetes, qui entraîne son héros mélancolique dans un film noir dont il ne sortira pas indemne. Impossible de ne pas être envoûtée par cette partition unique et même si on connaît la musique, Ben Gazzara y livre une prestation hors du commun. ****

vendredi 8 juillet 2016

Sorties au cinéma: Le goût des merveilles, Un Américain – Portrait de Raymond Luc Levasseur, Mike and Dave Need Wedding Dates

C'est une semaine très tranquille au niveau des sorties au cinéma. Surtout lorsqu'on se garde The Secret Life of Pets pour un autre jour. Qu'est-ce qu'on va voir alors?

Le goût des merveilles, ce charmant et joli petit film que propose Eric Besnard. Une oeuvre simple, éphémère et lumineuse sur l'entraide qui est portée par deux comédiens épatants (Virginie Efira et surtout Benjamin Lavernhe) et une trame sonore qui fait battre le coeur plus rapidement. ***
Ma critique

Plus éloquent encore est Un Américain - Portrait de Raymond Luc Levasseur de Pierre Marier, un documentaire globalement intéressant sur une figure complexe qui s'est dressée d'une drôle de manière contre les injustices sociale. ***

Comédie stupide que l'on a vu des dizaines de fois, Mike and Dave Need Weeding Dates de Jake Szymanski prétent à l'irrévérence alors qu'il demeure bien sage et conventionnelle. Tout ce qu'on retient, c'est le jeu survolté d'Aubrey Plaza. C'est insuffisant. *1/2
Ma critique

Film du jour: La mort en ce jardin

À travers le déroutant La mort en ce jardin, Luis Bunuel se plaît à filmer la condition humaine en déroute (capitalisme, religion, innocence) en suivant quelques fugitifs qui tentent de survivre dans la jungle. Surréaliste et symbolique à souhait, le récit qui prend parfois trop son temps à s'installer est d'un bon intérêt même si on ne peut pas parler de grand crû de la part du maître. Mais n'importe quelle oeuvre avec Simone Signoret mérite toujours le détour. ***1/2

jeudi 7 juillet 2016

Film du jour: Gloria

Gloria de John Cassavetes est une anomalie dans la filmographie du célèbre réalisateur américain. Comme si le roi du cinéma indépendant voulait prouver qu'il était capable de mettre en scène une histoire typiquement hollywoodienne. D'ailleurs le récit parsemé d'invraisemblances ne semble guère l'intéresser. Ce qui compte à ses yeux est cette ambiance vivante et ultra réaliste de New York, ce rythme rapide qui relève d'une partition jazz, ainsi que la performance vigoureuse de sa muse et épouse Gena Rowlands qui est extraordinaire dans le rôle principal. Une destruction des clichés qui ne peut que faire saliver. ***1/2

mercredi 6 juillet 2016

Film du jour: Independence Day: Resurgence

À la fois identique et plus gros que son modèle original, Independence Day: Resurgence du même Roland Emmerich est un film tellement mauvais qu'il en devient hilarant et très divertissant. On rit du début à la fin devant ce nanar de luxe qui est ponctué de symboles douteux et d'allusions sexuelles. Jeff Goldblum domine une prestigieuse distribution qui se plait à être mauvaise et si la production est trop longue et répétitive, il est difficile de s'y ennuyer. **1/2