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jeudi 10 septembre 2020

Film du jour: La voie lactée

Bunuel
s'attaque aux hérésies religieuses avec La voie lactée (1969), une satire souvent hilarante sur les dérives de deux pèlerins. Avec ce récit picaresque et blasphématoire, le maître du surréalisme passe 2000 ans d'histoire à la moulinette, faisant triompher le symbole et la parole, divine ou pas, à l'aide d'un long métrage parsemé de saynètes provocatrices. ****

dimanche 23 juin 2019

Film du jour: The Brute

Lors de son exode au Mexique, Luis Bunuel a accouché de plusieurs oeuvres étranges, dont le tordu The Brute (1952) qui mélange mélodrame, film noir et satire de société. Déjà il s'intéressait aux rapports malsains de pouvoirs en réunissant des antihéros peu recommandables et une femmes fatale particulièrement mémorable. Si le récit peu subtil écrit sommairement est loin de ses classiques tardifs, sa façon de composer les cadres force l'admiration, se rapprochant grandement des suspenses anglophones. ***1/2

samedi 28 octobre 2017

Film du jour: Journal d'une femme de chambre

Des trois versions cinématographiques de Journal d'une femme de chambre, celle de Luis Bunuel est certainement la plus intéressante. On retrouve son désir de brasser la cage à la bourgeoisie tout en rappelant comment l'homme vaut parfois moins qu'une bête. Entre tragédie, comédie et poésie, il donne un rôle ambiguë à Jeanne Moreau, qui semble constamment emprisonnée par la magnifique photographie en noir et blanc. ****

vendredi 8 juillet 2016

Film du jour: La mort en ce jardin

À travers le déroutant La mort en ce jardin, Luis Bunuel se plaît à filmer la condition humaine en déroute (capitalisme, religion, innocence) en suivant quelques fugitifs qui tentent de survivre dans la jungle. Surréaliste et symbolique à souhait, le récit qui prend parfois trop son temps à s'installer est d'un bon intérêt même si on ne peut pas parler de grand crû de la part du maître. Mais n'importe quelle oeuvre avec Simone Signoret mérite toujours le détour. ***1/2

jeudi 10 septembre 2015

Film du jour: Susana

Une jeune inconnue sème le trouble chez la famille qui l'accueille. Une prémisse qui fait penser, évidemment, à Pasolini. Mais également à Bunuel qui, avec Susana, se faisait la main en attendant ses classiques à venir. Sans posséder l'ironie glaçante de ses plus grandes fresques, cette charge contre la bourgeoisie est bien aiguisée et elle rappelle comment l'amour peut bousiller les plus belles relations entre les gens. Du cinéma mordant, bien réalisé et exécuté, où il manque seulement ce grain de folie qui fait toute la différence. ***1/2

lundi 25 mai 2015

Film du jour: The Young One

Bunuel parle de racisme et de pédophilie dans The Young One, une satire cinglante de la société américaine qui se déroule dans le Sud profond des États-Unis. Sans une psychologie fouillée, il est plutôt difficile de s'intéresser aux personnages et même s'ils demeurent en surface, le récit qui démarre très lentement surprend aisément dans sa seconde moitié, beaucoup plus maîtrisée et provocante. ***

mercredi 6 mai 2015

Film du jour: Gran Casino

Entre ses premiers classiques et ses derniers chefs-d'oeuvre, Luis Bunuel a un peu erré, n'étant pas toujours encouragé par ses producteurs. Pour Gran Casino, son premier long métrage mexicain, il offre une sorte de film noir musical et politique sous fond d'amour et de kidnapping. Le récit est loin de tenir toute ses promesses et le classicisme d’ensemble peut surprendre pour le cinéaste. Il n'en demeure pas moins que l'ensemble est plutôt distrayant. ***

dimanche 3 mai 2015

Film du jour: Robinson Crusoe

Luis Bunuel qui transpose Robinson Crusoe, c'est un peu David Lynch s'attaquer au Petit Prince. C'est tellement étrange et normal à la fois que l'on ne peut qu'en ressortir déboussolé. Surtout que le cinéaste utilise la couleur pour la première fois, envahissant l'écran d'animaux et se perdant dans la folie de son personnage principal. Le résultat, sans être marquant, s'avère plus que satisfaisant. ***1/2

mercredi 19 mars 2014

Film du jour: Los Olvidados

Los Olviados est un des films les plus durs de Luis Bunuel. Dans un bidonville près de Mexico, des enfants se battent pour survivre en faisant des mauvais coups. Ce qui n'aurait pu être qu'un banal mélo teinté de néoréalisme est amplifié par une charge poétique et surréaliste propre à son auteur, qui apporte au récit une certaine tendresse qui aide à mieux accepter la noirceur ambiante. Les magnifiques images en noir et blanc sont accompagnés de cauchemars hallucinants et de prestations exceptionnelles de tous les interprètes. Vraiment un grand crû de la part du cinéaste qui en a beaucoup à son actif. ****1/2

lundi 21 octobre 2013

Film du jour: Simon du désert

Devenu un moyen métrage par manque de budget, Simon du désert est une exploration de la foi et du catholicisme par le grand maître du surréalisme Luis Bunuel. Cela donne une oeuvre caustique et mordante  à souhait, qui n'hésite pas à se moquer de tout, jouant allègrement avec les notions de moralité et de modernité. Surtout que images en noir et blanc sont sublimes et que plusieurs scènes seront impossibles à oublier. ****

jeudi 14 mars 2013

Film du jour: Tristana

En apparence, Tristana n'est pas un «grand» film de la riche filmographie de Luis Bunuel. Ce drame de chambre sur une femme qui cherche à s'évader de son semblant de mari en partant aux bras d'un jeune amant ne semble pas marqué du même sceau qu'un Viridiana ou que Belle de jour (qui met également en vedette la glaçante Catherine Deneuve). Pourtant, une fois le visionnement terminé, le long métrage continue d'obséder et de fasciner. La structure est peut-être plus posée et classique que d'habitude, le soin apporté aux détails, aux thèmes et aux symboles surprend. Et il y a cette critique si sublime de la société espagnole, de la religion et des moeurs de ses habitants. De quoi vouloir y revenir plus d'une fois et que découvrir que finalement, la première impression n'était pas la bonne. ****1/2

jeudi 17 janvier 2013

Film du jour: Cet obscur objet du désir

Ultime film de Luis Bunuel, Cet obscur objet du désir est une oeuvre déstabilisante qui prend constamment de la valeur au fil des visionnements. L'histoire à la fois simple et complexe en est une d'amour et d'obsession d'un homme riche pour une femme pauvre qui le manipule. Avec son intrigue à tiroirs, ses ellipses, son passage de la réalité aux rêves, l'utilisation de deux comédiennes pour interpréter la même héroïne et ses sous-entendus à la fois politiques, économiques, sociologiques, psychologiques et sexuels, il y a de quoi s'amuser à tout analyser. Pourtant, il s'agit d'un long métrage qui se ressent jusque dans les tripes, et sans s'inscrire parmi les classiques de son auteur, cela s'en approche grandement. ****

samedi 12 janvier 2013

Film du jour: Le charme discret de la bourgeoisie

Tout au haut de la filmographie de Bunuel, il y a Le charme discret de la bourgeoisie. Difficile d'affirmer s'il s'agit de son meilleur film, mais cette hilarante histoire absurde est certainement une de ses plus jouissives. Ce qui ne devait qu'être de simples repas entre amis se compliquent lorsque des désagréments et le hasard viennent brouiller les cartes, obligeant les comparses à remettre leurs rencontres à plus tard. Complètement imprévisible tout en étant toujours engagée (socialement, politiquement, religieusement), cette satire se savoure encore et encore, étant riche de sens et de symboles. Il n'est donc pas surprenant de vouloir le revoir régulièrement, parce qu'il est impossible de le saisir entièrement la première fois. *****

jeudi 6 septembre 2012

Film du jour: L'ange exterminateur

Il y a de quoi follement s'amuser dans L'ange exterminateur de Bunuel. La prémisse, extrêmement originale, s'intéresse au sort d'une multitude de personnes bourgeoises qui n'arrivent pas à sortir d'une pièce ouverte! Du coup, ils finissent pratiquement par tous se détester et ils tentent même de se tuer!  C'est l'Enfer de Sartre à la sauce surréaliste, avec une énorme critique jouissive de la société, des classes sociales et de la religion. Le ton tragi-comique, l'interprétation appropriée et la très belle utilisation du noir et blanc confèrent à cette oeuvre un statut de film culte qui mérite d'être vu encore et encore. ****1/2

mercredi 22 août 2012

Film du jour: Belle de jour

On peut être populaire tout en faisant du grand cinéma. Luis Bunuel l'a prouvé avec Belle de jour, son plus important succès en carrière. Même si cet effort est un de ses plus accessibles, même s'il comporte des vedettes (ah, Catherine Deneuve!!!), on reconnaît tout de même son style dans chacun de ses plans. La réalité et les fantasmes se fusionnent, au plus grand plaisir des cinéphiles qui multiplieront les visionnements pour décortiquer cette fascinante analyse du couple et de la bourgeoisie. On en redemande et tout de suite de cette femme rangée qui décide d'explorer sa vie sexuelle! *****

lundi 2 juillet 2012

Film du jour: Un chien Andalou

C'est congé pour la plupart des gens, ce qui signifie une journée extrêmement occupée en famille et entre amis, auprès de la piscine et du barbecue. Pourtant, il est si facile de se trouver 16 petites minutes pour voir Un chien Andalou, ce chef-d'oeuvre surréaliste de Salvador Dali et Luis Buñuel qui change complètement sa perception du 7e art. Une succession de vignettes qui sont uniques et qui alimenteront n'importe quelle discussion tant la folie et l'imagination auront rarement été aussi fascinantes et sidérantes. *****

mercredi 18 avril 2012

Film du jour: L'Âge d'Or

Il y a des opus en avance sur leurs époques. C'est le cas du chef-d'oeuvre L'Âge d'Or, une fable surréaliste, ironique, sarcastique et politiquement engagée réalisée par Luis Bunuel et écrite par Salvador Dali. Une succession de vignettes éblouissantes qui s'attaquent à tout (religion, bourgeoisie, etc.) avec un mordant humour noir, un désir de choquer mais aussi de remettre les choses en perspective. Cela ne dure qu'une petite heure, mais l'expérience cinématographique est plus intense que 99% des autres films déjà sur le marché. ***** 

dimanche 11 décembre 2011

Film du jour: Viridiana


Gagnant d'une Palme d'Or en 1961 mais censuré en Espagne pour avoir critiqué le clergé et la bourgeoisie, Viridiana est une des fantaisies les plus réussies de Luis Bunuel. Conte moderne sur une femme qui transforme le château de son oncle afin d'aider des mendiants, le film multiplie les tableaux étonnants et ironiques sur la société, ses rouages et surtout ses travers. Le climat d'étrangeté qui en découle ne tarde pas de déboussoler, d'étonner et de ravir au plus haut point, au même titre que la photographie majestueuse et l'interprétation contrastée. S'y aventurer demeure donc essentiel pour tous les cinéphiles qui se respectent. ****1/2

lundi 6 juin 2011

Film du jour: Le fantôme de la liberté


Avant-dernier film de Luis Buñuel, Le fantôme de la liberté (1974) est une chronique surréaliste contre la bourgeoisie et les règles en place. Le récit, à la fois très drôle et critique, suit une dizaine de personnes qui s'échangent tour à tour le rôle principal. Le cheminement peut surprendre et même déconcerter, mais le maître met tout le monde dans sa poche en demeurant constamment imprévisible et pertinent. Un exercice intelligent et savoureux comme il s'en fait maintenant trop peu. ****