Faire revivre les corps gelée. Voilà l'objectif de 21 nuits avec Pattie, une comédie de moeurs intrigante et souvent hilarante des frères Larrieu. Une distribution d'enfer erre dans un lieu incroyable, parlant de désirs et de sexe sans retenue. Une invitation au plaisir, ludique et délectable. ***1/2
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mercredi 21 mai 2025
vendredi 22 novembre 2024
Film du jour: Le roman de Jim
Les frères Larrieu délaissent leur folie habituelle pour embrasser le mélo bouleversant dans Le roman de Jim, traitant d'amour, de résilience et de parentalité. Les ellipses mènent le bal et si le récit paraît un peu sage, il permet à Karim Leklou de briller. Mon avant-plan sera publié dans le prochain numéro de Ciné-Bulles. ***1/2
dimanche 17 octobre 2021
Film du jour: Tralala (FNC)
Avec Tralala, les frères Larrieu signent probablement leur meilleur film en carrière. Une oeuvre enchantée, magique et romanesque sur un vagabond qui usurpe l'identité d'un homme disparu. Mathieu Amalric prête ses traits à ce personnage unique, qui reprend vie grâce aux miracles du cinéma et les superbes partitions musicales signées notamment par Katerine, Bertrand Bélin, Dominique A, Étienne Daho et Jeanne Cherhal. Présenté aujourd'hui au Cinéma du Musée et en ligne. ****
lundi 25 mars 2019
Film du jour: Peindre ou faire l'amour
Fable bucolique sur les vieux couples et la retraite, Peindre ou
faire l’amour s’envole sur le vent de la légèreté et de la bonne humeur. Une
œuvre bohème tout simplement irrésistible qui mérite amplement le détour.
Au Festival de Cannes de 2005, il n’y avait que des poids lourds.
Jarmusch, Egoyan, Cronenberg, Von Trier, Dardenne et bien plus encore. Voilà
peut-être ce qui explique le peu d’intérêt porté à l'essai des frères (eh oui,
encore) Arnaud et Jean-Marie Larrieu. En apparence ludique, Peindre ou faire l’amour pose des questions très pertinentes sur la lassitude et le
passage du temps qui guettent les amoureux.
William (Daniel Auteuil) vient de prendre sa
retraite. Cet ancien météorologue se laisse convaincre par son épouse Madeleine
(Sabine Azema), une passionnée de la peinture, d’acheter une vieille maison
isolée. Tout va à la merveille chez ces deux êtres unis. Au fil des rencontres,
ils deviennent de plus en plus fascinés par leurs nouveaux voisins : un
aveugle sympathique (Sergi Lopez) et sa jeune compagne (Amira Casar). À un tel
point que les inhibitions risquent de disparaître, ce qui pourrait laisser
plusieurs personnes mal à l’aise.
Nombreux sont les films qui parlent du démon du midi, mais rares sont ceux qui s’intéressent à
la problématique du couple. Même si celui-ci est fidèle, un certain
essoufflement peut survenir après des dizaines années de mariage. L’amour,
toujours présent, prend souvent une autre forme, plus près de la tendresse que
de la fusion. C’est cette délicate thématique que traite cette œuvre très jolie
et souvent fort drôle, qui surprend à de multiples occasions. À commencer par
la présence de maintes métaphores. Les allusions à la température par un ancien
professionnel du temps, la maison qui demeure belle même si elle est vielle
porte un écho sincère et virulent à ce magnifique duo principal qui mûri
incroyablement bien.
Au passage, difficile de ne pas être ravi par la fraîcheur des
interprètes. Sabine Azema resplendit de tous ses charmes avec son merveilleux sourire.
Daniel Auteuil est égal à lui-même (c'est-à-dire convaincant) pendant qu’Amira
Casar parvient généralement à faire oublier ce gros nanar qu’était Anatomie de l’enfer. Même Sergi Lopez,
habitué au rôle de salaud depuis le mémorable Harry, un ami qui vous veut du bien, arrive à étonner par sa
gentillesse qui se dévoile très progressivement. Un quatuor jouant des cordes,
se séduisant au passage pour mieux revenir à la réalité qui n’est, finalement,
qu’un exutoire des fantasmes.
Le tout est entouré de vieux succès très bien intégrés (Jacques Brel, Léo
Ferré sur des vers d’Aragon, la pièce Nature Boy) et d’une fine trame sonore instrumentale
de Philippe Katerine, qui défend également un personnage secondaire. Cette
musique simple crée rapidement des effets secondaires jouissifs et comme ce
chanteur d’exception avait déjà travaillé sur Un Homme, un vrai, la première fiction du duo Larrieu, il était
tout à fait à l’aise dans leur univers. L’utilisation fort appropriée des
différents haut-parleurs est également révélatrice de la nature des liens
complexes entre les protagonistes. Le vent, des hiboux, des flammes : il
est tout à fait possible de se fermer les yeux et de « voir » ces
êtres évoluer. Ce son toujours à la hauteur se dérobe au contact des voix, très
bien calibrées. Film de dialogues, les mots prennent toute la place. La
présence de sous-titres anglophones blancs ne rend pas toujours hommage à cette
belle langue, surtout que l’écriture n’est guère évidente à déchiffrer.
Au même tire que les deux couples, les images sont une base primordiale
du récit. Les paysages extérieurs sont resplendissants, les Alpes affichant une
source d’inspiration sans borne au personnage de Madeleine, une peintre qui ne
montrera finalement aucune de ses créations. La vieille maison tombant en ruine
est également séduisante et englobante, figure de solidité nécessitant des
soins attentifs pour perdurer. Le rôle de la noirceur est vital pour alimenter
certaines scènes. Non seulement le parallèle au non-voyant est évident, mais
cette obscurité envahis physiquement et mentalement les différents individus.
Cette pénombre aurait pu faire soupirer, elle finit par être drôle et même
nécessaire. Ce noir ambiant ressort convenablement. Les couleurs ne sont jamais
trop sombres, les contrastes sont tout à fait pertinents. Il faut également
noter ce jeu sur les ombres, le recourt au crépuscule, baignant des séquences
dans l’onirisme. Un visuel séduisant qui n’est pourtant pas parfait.
En évitant de trop surcharger les émotions ou même la réalisation,
Arnaud et Jean-Marie Larrieu ont pris le pari de garder le récit au niveau de
la simplicité. Les doutes, les instants de bonheur, le cynisme est relégué aux
oubliettes pour laisser transcender la pureté, la vérité. Sans rien laisser
présager, Peindre ou faire l’amour
est un pari irrésistible sur la vie, qui risque de faire discuter énormément
dans les chaumières par ses propositions anticonformistes. ***1/2
Ce soir à la Cinémathèque québécoise.
mardi 27 janvier 2015
Nouveautés en DVD: Tu dors Nicole, Why Don’t You Play in Hell?, L’amour est un crime parfait, The Book of Life, The Kingdom of Dreams and Madness, The Judge, Open Windows
L'humour mène le pas cette semaine au rayon des sorties dvd et blu-ray.
Il est absurde et mélancolique chez Stéphane Lafleur, qui offre avec Tu dors Nicole une superbe hallucination en noir et blanc sur une femme qui est peut-être en train de rêver son été. Du bonbon. ****
Il est complètement fou chez Sion Sono qui propose avec Why Don't You Play in Hell? un délirant et sanglant opus mince comme un fil qui se savoure à petite dose. ***
Plus ironique et sarcastique, L'amour est un crime parfait des frères Larrieu s'apparente à une satire des films policiers parsemés d'invraisemblances. Et dans l'ensemble, ça fonctionne! ***
Il y a également beaucoup d'humour derrière le satisfaisant The Book of Life de Jorge R. Gutierrez, cette animation qui offre le mythe d'Orphée mais à la sauce mexicaine! ***
Ma critique complète
Ma critique complète
Beaucoup plus tendre et instructif est le documentaire The Kingdom of Dreams and Madness de Mami Sunada qui raconte le processus de création du grandiose Le vent se lève d'Hayao Miyazaki. ***
Au niveau des déceptions, il y a de The Judge de David Dobkin, cet interminable récit sur une famille dysfonctionnelle. C'est lourd, moralisateur et appuyé malgré la présence de bons comédiens. **1/2
C'est tout de même moins ennuyant que Open Windows de Nacho Vigalondo, un thriller informatique boursouflé qui sabote en un rien de temps son intrigante prémisse. **
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dimanche 19 octobre 2014
Entrevue L'amour est un crime parfait
Film le plus intéressant à prendre l'affiche cette semaine au Québec, L'amour est un crime parfait est un suspense décalé, où l'humour noir et les magnifiques paysages en mettent plein la vue.
L'année dernière dans le cadre du Festival du nouveau cinéma, je me suis entretenu avec son coréalisateur Jean-Marie Larrieu, qui a offert avec son frangin des longs métrages bien marrants (Peindre ou faire l'amour et Le voyage aux Pyrénées. Mon entretien se trouve sur le site de Cineplex.
samedi 18 octobre 2014
Sorties au cinéma : L’amour est un crime parfait, The Book of Life, Le dernier diamant, Dirty Weekend
Comme le Festival du nouveau cinéma se termine ce dimanche, il faut avoir un plan B pour ne pas manquer de bons films. Cela tombe bien, il y en a quelques-uns qui prennent l'affiche cette semaines en salles au Québec.
Féroce farce noire sur un professeur qui est suspecté d'avoir fait disparaître une de ses étudiante, L'amour est un crime parfait des frères Arnaud et Jean-Marie Larrieu offre des dialogues souvent hilarants et des interprètes qui jouent la carte à la perfection. C'est ludique et c'est oubliable, mais c'est également très divertissant. ***
Produit par un certain Guillermo del Toro, The Book of Life de Jorge R. Guetierrez est une animation assez cocasse qui utilise la culture mexicaine afin de pondre un conte enchanteur sur un triangle amoureux. Des morales lourdes et appuyées viennent toutefois plomber le tout. ***
Hommage inoffensif aux films de cambriolage, Le dernier diamant d'Éric Barbier accumule tous les clichés du genre. Les comédiens s'amusent fermement, sauf que l'ensemble manque de surprise, la fin est complètement bâclée et la réalisation n'a pas la finesse souhaitée. **1/2
Offert sur vidéo sur demande, Dirty Weekend de Christopher Granier-Deferre est un long métrage très léger sur deux amis qui se retrouvent en Normandie pendant qu'un tueur en série sévit dans la région. Passé une agréable introduction, l'effort tourne en rond, cherchant ardemment des blagues qui font mouche. **
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samedi 19 octobre 2013
Entrevue avec Jean-Marie Larrieu pour L'amour est un crime parfait (FNC)
Le très divertissant polar L'amour est un crime parfait est présenté ce dimanche au Festival du nouveau cinéma. Comme c'est une oeuvre des frères Larrieu et que les frangins font généralement des films intéressants, j'ai bien voulu discuter avec Jean-Marie Larrieu qui était de passage à Montréal pour l'occasion.
Mon entrevue avec le coréalisateur se trouve sur le site de Cineplex.
Films du jour: La danse de la réalité, L'amour est un crime parfait, Gonzo mode d'emploi (FNC)
Plus qu'une journée de FNC! Encore aujourd'hui, on retrouve d'excellents longs métrages que l'on ne reverra pas dans nos salles de cinéma avant quelques mois (et encore, c'est pour être généreux).
Film de clôture, La danse de la réalité est le nouveau projet d'Alejandro Jodorowsky, qui s'était fait discret sur les écrans ces dernières décennies. Le voici revenir en force avec une oeuvre très personnelle, clinquante et profonde, qui emprunte autant à Fellini qu'à Bunuel dans sa façon de raconter son enfance auprès d'un père intransigeant. Si quelques longueurs apparaissent ici et là, renouer avec son imaginaire n'a pas de prix. ***1/2
On s'amuse également beaucoup devant L'amour est un crime parfait d'Arnaud et Jean-Marie Larrieu, polar rondement mené sur un prof séducteur qui est suspecté d'avoir fait disparaître une de ses étudiantes. Avec ses répliques mordantes, ses magnifiques paysages, ses ellipses d'enfer et la prestation délectable de Mathieu Amalric, on remarque pratiquement pas les quelques fils blancs qui parsèment l'intrigue. ***1/2
Instructif, aguichant mais un peu superficiel, Gonzo Mode d'emploi de John B. Root s'intéresse à l'envers du décors d'un film porno, alors que les acteurs et actrices parlent de leur métier et des conditions de tournage. Sans nécessairement être représentatif de ce qui se passe sur tous les terrains de jeu (ici, cela semble un peu l'idéal), l'effort risque d'en faire rougir plus d'un... ou une. ***
Instructif, aguichant mais un peu superficiel, Gonzo Mode d'emploi de John B. Root s'intéresse à l'envers du décors d'un film porno, alors que les acteurs et actrices parlent de leur métier et des conditions de tournage. Sans nécessairement être représentatif de ce qui se passe sur tous les terrains de jeu (ici, cela semble un peu l'idéal), l'effort risque d'en faire rougir plus d'un... ou une. ***
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