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mardi 27 février 2024

Film du jour: Moi capitaine


Le cinéma ne manque pas de films sur les migrants. Moi capitaine de Matteo Garone a la particularité de mélanger néoréalisme et conte onirique, au détour d'un spectacle accessible et bien-pensant, violent et émouvant. L'odyssée de ces deux jeunes Sénégalais vers l'Europe va droit au coeur et si le parcours est loin d'être parfait (quelques détours font sourciller et la fin laisse sur sa faim), il a le mérite de rappeler ce pénible chemin de croix. ***1/2

vendredi 11 juin 2021

Sorties cinéma: Ainsi soient-elles, Akilla's Escape, Pinocchio, La Dosis


Petite semaine de cinéma... surtout lorsqu'on n'a pu attraper In the Heights et Peter Rabbit 2.  

Ainsi soient-elles: Impossible de ne pas être inspiré par les religieuses actives et engagées de ce documentaire de Maxime Faure. La communauté des Soeurs Auxiliatrices va peut-être disparaître, mais son héritage demeure profond, comme en fait foi cette oeuvre touchante et attendrissante. La technique n'est pas exempte de fautes (musique poussive, traitement télévisuel), mais elle est compensée par le charisme de ses attachants sujets. **

Akilla's Escape: Nommé aux Prix Écrans Canadiens, ce long métrage de Charles Officer cherche à confronter le cycle de violence générationnel par l'entremise d'un film noir classique mais très solide techniquement (immersions sonores et visuelles impeccables), dont les errances scénaristiques et didactiques sont compensées par des comédiens convaincus et une finale émouvante. ***

Pinocchio: Mais à qui s'adresse cette nouvelle adaptation du célèbre conte italien, cette fois signée Matteo Garrone (Gomorra, Dogman)? Aux enfants qui trembleront de peur devant la noirceur ambiante ? Ou aux adultes qui devront affronter plein de gags infantiles et répétitifs? Au moins l'oeuvre en met plein les yeux, fascinant par la complexité de ses détails. Ma critique ***

Des infirmiers jouent à Dieu dans La Dosis, le solide premier film de Martin Kraupt qui traite dans un style clinique de la mort et de la masculinité toxique. Lent et verbeux, le récit composé dans des tons de bleus est interprété avec assurance et si le scénario ambigu peut paraître sinueux, c'est pour mieux refléter les enjeux moraux qui en découlent. En vidéo sur demande. ***

samedi 22 juin 2019

Sorties au cinéma: Dogman, Nuestro Tiempo, Halston, Child's Play, L'extraordinaire voyage du fakir, Anna

L'excellence et la médiocrité doivent se côtoyer cette semaine dans les salles de cinéma.

Dogman: Primé à Cannes en 2018 (son interprète Marcello Fonte y est sublime), ce nouveau long métrage de Matteo Garrone explore la bête qui sommeille en nous, multipliant les immenses plans de cinéma qui se graveront longtemps dans la mémoire du cinéphile. ****

Nuestro Tiempo: Carlos Reygadas ne fait rien comme les autres et il le rappelle avec cette création âpre et parfois malsaine de trois heures, sublime et irritante à la fois, qui prend son temps pour décortiquer les rouages du couple. ***1/2

Halston: Ce fascinant et important designer de mode méritait sûrement un documentaire plus profond que cet essai de Frédéric Tcheng qui, amusant et divertissant soit-il, n'explore pratiquement jamais les zones sombres de son sujet. ***

Child's Play: Moins intéressé à piller son essence qu'à lui rendre hommage, ce reboot signé Lars Klevbeg amuse dans ses délires mais laisse de glace lorsqu'il tente de tout psychologiser. Mieux vaut y aller en groupe, afin de rire un bon coup. **1/2

L'extraordinaire voyage du fakir: Ken Scott s'essaye à la fable humaniste avec ce conte qui sonne terriblement faux. Peut-être est-ce la faute du livre original, mais le traitement de thèmes importants par la comédie à deux sous et le romantisme plaqué est plus une insulte qu'autre chose. *1/2

Anna: Les amateurs de navets seront aux anges avec le nouveau Luc Besson, qui ferait passer Nikita pour Citizen Kane. Tout est horriblement consternant et surligné dans cette production d'action qui pourrait très bien être la plus grande comédie involontaire des dernières années. *

vendredi 13 mai 2016

Sorties au cinéma : La loi du marché, Tale of Tales, Nous autres les autres, Retour à Cuba, Se tenir debout, The Meddler, How to Plan an Orgy in a Small Town

Pendant que les festivités du Festival de Cannes sont lancées, les deux sorties cinéma les plus intéressantes cette semaine au Québec sont... deux films étaient en compétition officielle à Cannes l'année dernière!

La loi du marché est un opus criant d'actualité de la part de Stéphane Brizé (Quelques heures de printemps, Mademoiselle Chambon) où un homme comme les autres part à la recherche d'un emploi. Une oeuvre riche pleine de malaises avec un Vincent Lindon au sommet de son art, judicieusement récompensé à Cannes. ****

Après ses très bons Gomorra et Reality, Matteo Garrone continue à parler des problèmes de classes sociales et de l'illusion du bonheur à travers Tale of Tales, une fantaisie visuellement splendide qui regroupe trois contes différents à la même enseigne. Si le montage laisse parfois à désirer, l'ensemble ne manque pas de charmer et d'impressionner. ***1/2
Ma critique

Fascinant essai sur la culture québécoise, l'identité et l'immigration, Nous autres, les autres de Jean-Claude Coulbois parle de sujets fondamentaux sous le filtre théâtral. Si les initiés trouveront plus de plaisir à ces plongées dans des oeuvres d'artistes d'ici, les thèmes sont suffisamment forts pour intéresser n'importe qui. ***

Documentaire ensoleillant sur une femme qui retourne vivre à Cuba après quelques années passées en Italie, Retour à Cuba de David Fabrega est un portrait sensible et coloré d'un pays à la croisée des chemins, dont la fraîcheur des personnages enivre davantage que les répétitifs propos qui tendent vers une certaine simplicité. ***

Objet retraçant les luttes des Inuits contre Hydro-Québec et le gouvernement québécois pendant les années 70, Se tenir debout d'Olé Gjerstad traite d'un sujet important mais sans aucun apport cinématographique. On attendra donc de le voir à la télévision. **1/2

The Meddler de Lorene Scafaria est un projet pour permettre à Susan Sarandon de briller. C'est d'ailleurs le seul élément de cette comédie molle sur les nouveaux départs et la nécessité de renforcer les liens familiaux. La mise en scène inexistante et le script moralisateur empêchent d'ailleurs l'ensemble d'être aussi drôle et émouvant qu'il devait l'être. **
Ma critique

Disponible en Vidéo sur demande, How to Plan an Orgy in a Small Town de Jeremy LaLonde est un modeste film canadien sur des villageois qui tentent de mettre du piquant dans leur existence. Trop long et conservateur, le récit arrive malgré tout à soutirer quelques sourires, ce qui était loin d'être le cas à la simple lecture du synopsis. **

lundi 27 mai 2013

En salles: Reality, Un nuage dans un verre d'eau

Bon... Je n'ai vu ni The Hangover III ni Epic et encore moins Pour le meilleur et pour le pire de Susanne Bier. Au sein des grosses sorties, je n'ai pu attraper que l'ennuyant Fast & Furious 6 dont j'ai parlé dans un post précédent. Cela n'empêche pas que je peux vous parler de quelques films qui ont pris l'affiche cette semaine.

Le meilleur est certainement Reality de Matteo Garrone, Grand prix au Festival de Cannes de 2012. Le réalisateur ne fait pas seulement s'attaquer à la téléréalité et aux vedettes instantanées. Il pond une comédie irrésistible en forme de conte, où la fine mise en scène et la performance convaincante et convaincues de ses comédiens excusent quelques largesses au niveau de la trop longue durée et de sa prévisibilité. ***1/2

Présenté au dernier Festival du nouveau cinéma et débarqué sur les écrans québécois sans aucune projection  de presse, Un nuage dans un verre d'eau de Srinath c. Samarasinghe est un effort décevant. La première partie, pas inintéressante, s'intéresse à l'amitié entre un vieil homme et une voisine prostituée. Le bat blesse lorsque l'intrigue vire au suspense surréaliste qui s'avère particulièrement moralisateur et décevant. **