La sortie de The Turning est une raison suffisante de revisiter The Others, qui s'inspire également de la nouvelle Le Tour d'écrou d'Henry James. À l'époque (en 2001), le film d'Alejandro Amenabar avait été comparé défavorablement à The Sixth Sense pour sa surprise finale. Sauf qu'avec le recul, il s'agit d'une grande fresque mélancolique sur la condition humaine et ce mal qui rôde sans cesse. L'effort fonctionne à tous les plans (politiques, psychologiques, métaphysiques) et comme objet de cinéma, il atteint des sommets grâce à sa réalisation maîtrisée et la performance impeccable de Nicole Kidman. ****
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samedi 25 janvier 2020
mardi 14 juin 2016
Nouveautés en DVD et Blu-ray : Boris sans Béatrice, 10 Cloverfield Lane, 45 Years, Regression, The Legend of Barney Thomson, London Has Fallen, Jem and the Holograms
Les sorties peu nombreuses cette semaine de nouveaux DVD et Blu-ray nous poussent à se concentrer sur l'essentiel... et à revisiter un vieux titre qui ne mérite aucune attention.
Présenté à Berlin en début d'année, Boris sans Béatrice est une agréable comédie satirique de la part de Denis Côté, dont le scénario pas toujours subtil se fait éclipser par une superbe mise en scène. Dans le rôle principal, James Hyndman offre une prestation haute en couleur. ***
Sorte de suite qui ne reprend ni les mêmes personnages ni la technique de caméra retrouvée, 10 Cloverfield Lane de Dan Trachtenberg évoque également une catastrophe en sourdine alors que trois individus tentent de survivre dans un bunker. Un suspense efficace et bien calibré, trop long mais campé avec jubilation par John Goodman. Pour les amateurs de Cabin in the Woods. ***
Ma critique
Ma critique
Des acteurs au somet de leur art revitalisent 45 Years d'Andrew Haigh, un drame classique parfois trop littéraire et symbolique sur un anniversaire de mariage qui risque de mal tourner. Mais lorsqu'il y a Charlotte Rampling, tout va. ***
Sans nouvelle d'Alejandro Amenabar depuis Agora en 2008, le voilà rappliquer avec Regression, un drame horrifique qui ressemble davantage à une série B où Ethan Hawke enquête sur ce qui est arrivé à Emma Watson. Un retour décevant pour cet ancien grand cinéaste qui signe un scénario mécanique, prévisible et parsemé de fils blancs. **
Mon entrevue avec le cinéaste
Critique
Comédie anglaise qui regorge d'humour noir, The Legend of Barney Thomson de et avec Robert Carlyle fait amplement sourire dans sa première demi-heure. Le récit est toutefois très répétitif, ennuyant avant la fin malgré une Emma Thompson déchaînée et une réalisation assez alerte. **
Suite d'un succès surprise qui n'était qu'un film d'action formaté, London Has Fallen de Babak Najafi devient une embarrassante et ultra violente production de propagande qui se prend terriblement au sérieux et où il faut recourir au sang et à la vengeance pour demeurer vivant. Immonde! *1/2
Héroïnes de jeunesse de plusieurs personnes, Jem and the Holograms est transposé de façon catastrophique au cinéma par Jon Chu, qui n'a conservé que les morales collantes pour y rajouter des chansons indigestes et une vision attardée de l'industrie musicale. *1/2
vendredi 15 avril 2016
Sorties au cinéma : Avant les rues, Sleeping Giant, Dark Horse, Les chevaliers blancs, Mon roi, Made in France, Miles Ahead, Regression
Deux très intéressants premiers films retiennent notre attention dans les sorties de la semaine, qui comprennent également les derniers efforts de Maïwenn et Alejandro Amenabar.
Drame poétique sur les difficultés d'un jeune atikamekw, Avant les rues de Chloe Leriche bénéficie d'une histoire sensible et d'une interprétation solide. Espérons seulement que la prochaine fois, il y ait moins de clichés et que le montage soit un peu plus resserré. ***
Ma critique
Drame poétique sur les difficultés d'un jeune atikamekw, Avant les rues de Chloe Leriche bénéficie d'une histoire sensible et d'une interprétation solide. Espérons seulement que la prochaine fois, il y ait moins de clichés et que le montage soit un peu plus resserré. ***
Ma critique
Chronique implacable d'une jeunesse qui risque de mal tourner, Sleeping Giant d'Andrew Cividino sent la vérité à plein nez. La mise en scène est solide et le drame nourri même si les conventions du genre ne sont jamais bien loin. Enfin un bon film du Canada anglais! ***
Tentant de se tenir loin des stéréotypes de "l'enseignant qui donne de l'espoir à des jeunes désœuvrés", Dark Horse de James Napier Robertson vaut le coup d'oeil. Oui c'est trop long et prévisible, mais le personnage principal est vraiment très intéressant et la réalisation bien mouvementée. ***
Les chevaliers blancs est une nouvelle oeuvre empreinte d'ambiguïté de la part de Joachim Lafosse qui porte sur de drôles de sauveurs d'enfants dans un pays africain. Naviguant constamment entre les zones grises, le long métrage ne se laisse pas amadouer facilement et s'il comporte de très bons interprètes et quelques scènes marquantes, l'ensemble n'est pas totalement abouti et il ne fait pas le poids aux côtés de Nue propriété, Élève libre et surtout À perdre la raison du même cinéaste. ***
Tentant de se tenir loin des stéréotypes de "l'enseignant qui donne de l'espoir à des jeunes désœuvrés", Dark Horse de James Napier Robertson vaut le coup d'oeil. Oui c'est trop long et prévisible, mais le personnage principal est vraiment très intéressant et la réalisation bien mouvementée. ***
Les chevaliers blancs est une nouvelle oeuvre empreinte d'ambiguïté de la part de Joachim Lafosse qui porte sur de drôles de sauveurs d'enfants dans un pays africain. Naviguant constamment entre les zones grises, le long métrage ne se laisse pas amadouer facilement et s'il comporte de très bons interprètes et quelques scènes marquantes, l'ensemble n'est pas totalement abouti et il ne fait pas le poids aux côtés de Nue propriété, Élève libre et surtout À perdre la raison du même cinéaste. ***
Bien qu'Emmanuelle Bercot ait remporté un prix d'interprétation à Cannes, elle demeure insupportable dans Mon roi où elle passe son temps à se chamailler avec Vincent Cassel. Le nouveau Maïwenn est peut-être parsemé de qualités (réalisation, soin apporté aux personnages), ses tics ressortent aisément et l'exaspération se fait ressentir au sein de ces deux heures. **1/2
Impossible de trouver un film plus d'actualité que Made in France de Nicolas Boukhrief, qui traite d'endoctrinement religieux et dont la sortie a été annulé dans l'Hexagone suite aux attentats du 13 novembre. Il ne faut toutefois pas s'attendre à quelque chose d'aussi fort que La désintégration de Philippe Faucon. Ce récit d'infiltration est parsemé de lourdes ficelles qui ne font pas dans la subtilité et la mise en scène manque cruellement de cinéma. **1/2
À force de vouloir à tout prix éviter les pièges du biopic classique, Miles Ahead de et avec Don Cheadle ne rend pas honneur au mythe de Miles Davis, perdant le grand musicien dans une intrigue à deux sous où tous les clichés du genre (drogue, amour malheureux, déchéance, etc.) se retrouve à nouveau de la partie. L'interprétation est intense et le montage brutal, ce n'est pas suffisant pour sauver un scénario qui laisse terriblement à désirer. **
Sans nouvelle d'Alejandro Amenabar (The Others, La mer intérieure) depuis Agora en 2008, le voilà rappliquer avec Regression, un drame horrifique qui ressemble davantage à une série B et où Ethan Hawke enquête sur ce qui est arrivé à Emma Watson. Un retour décevant pour un ancien grand cinéaste, qui signe un scénario mécanique, prévisible et parsemé de fils blancs. **
Mon entrevue avec le réalisateur
Ma critique
À force de vouloir à tout prix éviter les pièges du biopic classique, Miles Ahead de et avec Don Cheadle ne rend pas honneur au mythe de Miles Davis, perdant le grand musicien dans une intrigue à deux sous où tous les clichés du genre (drogue, amour malheureux, déchéance, etc.) se retrouve à nouveau de la partie. L'interprétation est intense et le montage brutal, ce n'est pas suffisant pour sauver un scénario qui laisse terriblement à désirer. **
Sans nouvelle d'Alejandro Amenabar (The Others, La mer intérieure) depuis Agora en 2008, le voilà rappliquer avec Regression, un drame horrifique qui ressemble davantage à une série B et où Ethan Hawke enquête sur ce qui est arrivé à Emma Watson. Un retour décevant pour un ancien grand cinéaste, qui signe un scénario mécanique, prévisible et parsemé de fils blancs. **
Mon entrevue avec le réalisateur
Ma critique
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mercredi 13 avril 2016
Alejandro Amenabar nous parle de Regression
Le téléphone sonne. C’est Alejandro Amenabar au bout du fil. Oui,
le cinéaste espagnol d’origine chilienne qui a offert quelques-unes des œuvres
les plus libératrices du 21e siècle avec The Others et La mer intérieure.
Il m’appelle de l’endroit où il
écrit et les aboiements d’un chien se font parfois ressentir pendant la
conversion. L’entrevue porte principalement sur Regression, un suspense psychologique qui prend l’affiche ce
vendredi et où Ethan Hawke enquête sur un crime satanique qui implique Emma
Watson.
Évidemment, l’occasion est belle
de lui parler de sa carrière et de cette dernière décennie où il s’est fait
plus rare…
Quels cheminements sont survenus jusqu’à la création de Regression?
Je voulais faire un film
d’horreur sur les cultes. J’ai commencé à lire et à me renseigner sur le sujet,
surtout sur l’idée du diable. J’ai lu des bibles sataniques. Je n’arrivais pas
à trouver une approche intéressante. J’ai donc mis ce projet de côté et un
jour, par chance, j’ai eu connaissance des rituels d’abus sataniques qui sont
survenus dans l’état du Minnesota en 1990. Je me suis mis à lire sur ce dossier
et j’ai décidé de faire un film sur le diable mais également sur l’esprit
humain.
Dans tous vos longs métrages il y a des combats entre le vrai et le
faux, la réalité et le rêve, la science et la foi ou la religion…
Oui, j’aime parler des rêves. À
chaque soir, quand je vais au lit, je rêve beaucoup. Je rêve d’une autre
réalité et quand je me réveille, je réalise que c’était un rêve. Cela nous
rappelle comment notre cerveau peut nous jouer des tours. C’est une des idées
du film.
J’ai exploré l’idée de religion
dans mes précédents films et dans celui-ci, je voulais confronter deux pôles.
Celui de la foi à celui de la science qui s’exprime par une psychothérapie.
Comment ces deux pôles tentent de travailler ensemble pour résoudre le
casse-tête. Que des erreurs peuvent s’en échapper et qu’elles sont une des clés
pour obtenir des réponses.
Avec Regression, vous semblez
revenir aux films de genre comme dans Tesis
et The Others…
Le mystère et le suspense me
viennent naturellement. C’est un genre que j’ai toujours aimé quand j’étais
enfant. Peut-être que c’est parce que j’étais un garçon sinistre et que
j’adorais avoir peur devant un film. En voyant des films d’horreur et en
apprenant à faire des films et à jouer avec l’audience, cela m’a aidé à
exorcisé mes propres peurs. Ça ne veut pas dire que je ne ferais pas d’autres
genres de films, mais je suis plus intéressé par ce style que par des comédies.
Avec The Others et La mer intérieure, vous étiez au sommet
de votre popularité. Pourquoi est-ce qu’il n’y a eu que deux films (Agora et Regression) dans la dernière décennies?
C’est le genre de question que ma
mère me demande! (rires) Pourquoi je n’écrivais pas de script plus tôt. Ces
temps-ci j’écris beaucoup et j’espère avoir quelque chose de prêt dans les
prochains mois.
À ma défense, lorsque j’ai
commencé à faire des films, je me disais innocemment à l’université que j’allais
accepter n’importe quoi pour vivre de ce métier. Maintenant, c’est vraiment
important que j’aie quelque chose d’important à dire pour faire un film. Il
faut que je sois passionné. Dans le cas de Regression,
ça m’a pris un certain temps pour trouver l’idée de départ. Lorsque je crée, je
ne sens pas l’urgence. Il faut laisser l’espace à l’histoire pour qu’elle
arrive jusqu’à ma tête.
Que ce soit Tesis, Ouvre tes yeux, The Others et La mer
intérieure, vous avez toujours eu un appui critique presque unanime. Il ne
semble pourtant plus aussi inconditionnel avec Agora et Régression…
Lorsque tu fais des films, tu
t’exposes et l’auditoire va toujours avoir en tête ton travail précédent. Il
faut que tu demeures ouvert à ce que les gens disent. Parfois tu crois avoir fait
ton meilleur film et les autres personnes ne sont pas d’accord avec toi. Tu ne le sais jamais. Agora n’était pas un film facile, tout comme Regression. Ce sont des films qui sortent du lot, de la boîte. Regression fonctionne sur un anti climatic
climax et je sais que c’est risqué
pour les spectateurs.
Mais j’essaye toujours de faire
le film que je dois faire et de le raconter de la façon qui m’est propre. Le
reste c’est de la loterie. Des gens peuvent aimer et d’autres non, il peut
avoir un grand succès commercial ou pas. Après, tu dois te concentrer sur le
prochain film, sinon tu risques d’être démoralisé.
En terminant, quels sont les cinéastes ou les films qui ont fait de vous
le réalisateur que vous êtes?
Quand j’étais jeune, j’aimais beaucoup
les suspenses d’Alfred Hitchcock. Bien sûr, Steven Spielberg est mon
réalisateur préféré et il y a aussi Stanley Kubrick. C’est un beau trio,
n’est-ce pas?
vendredi 31 juillet 2015
Sorties au cinéma : La prochaine fois je viserai le cœur, Mission : Impossible – Rogue Nation, Tangerine, Tristesse Club
Juillet tire à sa fin et il y a toujours ce même mélange de grands films populaires et de petites productions indépendantes. Tout ce qu'on demande, c'est de la qualité et elle est au rendez-vous cette semaine.
Même si on n'aime pas Guillaume Canet, il faut le voir dans La prochaine fois je viserai le coeur de Cédric Anger où il incarne à la fois le diable assassin et l'ange qui veut l'arrêter. Une histoire vraie qui donne froid dans le dos et qui rappelle que oui, monsieur Cotillard peut avoir du talent. ***1/2
Après l'excellence du précédent épisode, Mission: Impossible - Rogue Nation déçoit un peu. Pas que les scènes d'action ne soient pas spectaculaires et Tom Cruise est toujours parfait dans le rôle principal. C'est seulement que la série se transforme peu à peu en parodie, que le cinéaste Christophe McQuarrie est incapable d'apporter son sceau (autrement que lors des spectaculaires poursuites) et que le scénario n'exploite pas suffisamment ses nombreux thèmes (sur le contrôle, par exemple). Reste un long feu d'artifice généralement divertissant. ***
Comédie dramatique branchée sur le 8000 volts qui a été entièrement tournée avec un IPhone, Tangerine de Sean Baker procure rapidement un sentiment d'ivresse avec ces travestis attendrissants qui hurlent sans cesse en déambulant dans les rues de Los Angeles. À 90 minutes, le film est trop long et répétitif pour son - et notre - propre bien, mais il donne des idées de ce que ressemblerait un Cassavetes (papa) plein de lumières et d'excès. ***
Drôle et mélancolique, frais en étant vitaminé aux années 80, Tristesse Club de Vincent Mariette amène trois excellents comédiens - Laurent Lafitte, Vincent Macaigne et Ludivine Sagnier - sur la route de leur père récemment décédé. Sans provoquer l'hilarité constante, l'effort séduit par sa finesse et son absurdité. ***
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jeudi 27 décembre 2012
Film du jour: Open Your Eyes
Film qui a lancé la carrière internationale du cinéaste Alejandro Amenabar, Open Your Eyes est un long métrage extrêmement original où le rêve n'est jamais bien loin de la réalité. Cette onirique histoire d'un play-boy défiguré fascine par son aura de mystère et sa propension à complexifier son intrigue. Pas surprenant que Hollywood a décidé d'en tirer leur propre version, ce qui a donné le décevant Vanilla Sky. Bien entendu, l'original est bien meilleur, autant au niveau du scénario, de la mise en scène et de l'interprétation, et comme il est assez facile à trouver sur le marché, il ne faut surtout pas le rater. ****
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