En faisant une fiction sur l'incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris, Jean-Jacques Annaud s'offre un véritable trip technique, soufflant tout avec ses flammes spectaculaires. À tel point qu'il en oublie complètement sa trame narrative (simple prétexte qui part rapidement en fumée) et ses pauvres personnages schématisés, limités à multiplier les répliques risibles. Il y a évidemment plein d'accents québécois qui font terriblement mal aux oreilles tant ils sont exagérés. En salle ce vendredi. **1/2
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vendredi 15 avril 2022
mardi 15 décembre 2015
Nouveautés en DVD/Blu-ray : Mission Impossible - Rogue Nation, Ted 2, Antoine et Marie, Le journal d’un vieil homme, Paul à Québec, Wolf Totem, Fantastic Four
Le cinéma hollywoodien et québécois s'affronte cette semaine au sein des nouvelles sorties en Blu-ray et en DVD.
Même s'il est moins bon que le précédent épisode, Mission: Impossible - Rogue Nation de Christopher McQuarrie n'en demeure pas moins un divertissement haletant avec ses spectaculaires morceaux de bravoure. ***
Aussi insignifiant qu'hilarant, Ted 2 de Ted MacFarlane fait beaucoup rire, bien que l'effet de surprise n'y est plus. L'exemple parfait du plaisir coupable. ***
Plus abouti que La cicatrice, Antoine et Marie de Jimmy Larouche manque cependant un peu de subtilité et de finition dans sa façon de traiter d'un sujet important. L'interprétation y est toutefois remarquable. **1/2
Journal d'un vieil homme est peut-être le film de trop de Bernard Émond qui revisite tous ses thèmes fétiches mais sans sa grâce habituelle. **1/2
Énorme succès au box-office de la Belle Province, Paul à Québec de François Bouvier est un gros mélo manipulateur qui parle de la mort et de la famille. **1/2
Visuellement spectaculaire mais au final assez vide, Wolf Totem de Jean-Jacques Annaud est un conte édulcorée qui n'intéresse qu'à parcimonie. **1/2
Au lieu de marquer les esprits et de lancer une franchise, Fantastic Four de Josh Trank s'avérait rien de moins qu'une des pires productions américaines de l'année. *1/2
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samedi 12 septembre 2015
Sorties au cinéma : Court : Un procès indien, Anton Tchekhov 1890, Je suis à toi, Wolf Totem, The Visit, The Perfect Guy
Pour ceux et celles qui ne sont pas à Toronto pour suivre cet énorme festival, il y a les traditionnelles sorties au cinéma qui réservent bien des surprises.
Très intéressante fiction sur un système judiciaire complètement déconnecté de la réalité (comme dans l'étonnant Gett qui a pris l'affiche plus tôt cette année), Court: Un procès indien de Chaitanya Tamhane est un fascinant exposé doux-amer qui séduit par ses plans volontairement statiques et la patience de son rythme. Il y a du Kafka là-dedans! ***1/2
Élégant biopic qui fait beaucoup avec peu, Anton Tchekhov 1890 de René Féret s'intéresse à quelques moments fondamentales dans l'existence de l'écrivain. Sans être inoubliable, le résultat est plus intéressant que les récents Gurov et Anna et Journal d'un vieil homme qui parlaient également de cette figure d'exception. ***
Après la déception de Hors les murs, le cinéaste David Lambert se reprend d'une belle façon avec Je suis à toi où il s'intéresse encore au mal de vivre de ses personnages. Avec ses individus soignés et ses quelques ruptures au niveau des genres, il y a de quoi piquer la curiosité et ce, même si tout n'est pas toujours au point. ***
Magnifique mais vide et naïve. C'est la meilleure façon de résumer cette fable humaine et écologique sur un jeune homme qui devient ami avec les loups. On reconnaît évidemment la touche magique de Jean-Jacques Annaud dans Wolf Totem, sauf qu'il n'y a rien d'unique ou d'essentiel, contrairement à son toujours superbe L'ours. **1/2
Pour sauver ce qui lui reste de carrière, M. Night Shyamalan retourne au suspense avec The Visit, une oeuvre bancale qui a plus à voir avec la série B qu'avec le thriller de qualité. Entre horreur, comédie et drame, le long métrage ne sait pas toujours sur quel pied danser et s'il offre une conclusion assez satisfaisante, c'est une fois passée cette "révélation" qui se devine au bout de cinq minutes. **1/2
Impossible de prendre au sérieux The Perfect Guy de David M. Rosenthal qui rappelle que notre ancien amoureux peut être un dangereux psychopathe. Tous les clichés y passent et c'est hilarant involontairement. Là où cela devient moins drôle, c'est dans cette conclusion qui vante l'auto-justice et les armes qui font toute la différence lorsque les forces de l'ordre ne peuvent rien faire. C'est Trump qui doit être content. *1/2
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vendredi 11 septembre 2015
Entrevue avec Jean-Jacques Annaud pour Wolf Totem
De tous les
cinéastes qui sont venus faire leur tour à la dernière édition du Festival des
films du monde de Montréal, Jean-Jacques
Annaud était certainement le plus prestigieux. Avec une filmographie qui comporte
son lot d’opus (La guerre du feu, Le nom de la rose, L’ours et même L’amant),
voilà une entrevue qu’il ne fallait pas rater.
Le réalisateur
français était présent pour accompagner Wolf Totem (Le dernier loup), une superproduction chinoise - c’est la sélection
de la Chine aux
Oscars - sur un homme qui découvre les loups et la Mongolie. Une création
esthétiquement impressionnante, surtout lorsqu’on la découvre en format IMAX.
Pourquoi avoir décidé de réaliser Le
dernier loup?
Parce que c’est un de ces livres
qui réunis plein de thèmes qui sont familiers. Le thème du jeune homme dont la
vie va être transformée par l’immersion d’une société/civilisation différente
est un thème constant dans mes films. L’attrait pour les cultures autre que la
mienne aussi. Bien entendu, le rapport chaleureux entre l’homme et l’animal a
occupé un certain nombre de mes films. Et la très grande envie de connaître la Chine de l’intérieur.
L’envie de passer plusieurs années à comprendre la civilisation chinoise,
mongole, la civilisation des loups est appétissante. Et après avoir eu
conscience de ce livre rare, le fait que des gens viennent de Pékin jusqu’à
Paris pour me demander de le faire m’a énormément séduit. Vous savez, pour moi,
un film est plus qu’un film. C’est une tranche de vie.
Il n’y a pas eu une réticence de votre part ou de leur part? Car la Chine avait bannie Sept ans au Tibet lors de sa sortie au
milieu des années 90…
C’est ça qui fait partie des
choses extraordinaires. J’ai associé ça à des expériences de vie. Parmi mes
meilleurs amis, ça a commencé avec une engueulade. Et des engueulades violentes…
Je crois qu’on peut fonder des amitiés très intéressantes lorsqu’on a fait
table rase. Ce qui a joué en ma faveur, c’est que c’est une histoire d’un jeune
homme qui fait partie d’une majorité et qu’il va découvrir deux minorités. La
minorité mongole et la minorité des loups. Et que le fait d’avoir eu beaucoup
de sympathie pour les habitants du Tibet qui font partie de la Chine , c’était une garantie
sans doute que j’allais probablement aimer les Mongoles. Et aimer les loups.
Vous avez réalisé un film avec des ours, un autre avec des tigres (Deux frères) et maintenant avec des
loups…
J’ai aussi fait des films avec
des stars américaines, des femmes, des jeunes filles. Vous savez, la nature
instinctive n’est pas seulement réservée aux quadrupèdes. Les bipèdes sont
parfois aussi violents et dangereux que les quadrupèdes prédateurs.
Donc vous n’avez pas de préférence?
Non. Ce que je peux vous dire,
c’est que c’est du matériau vivant. À chaque fois que je tourne avec ces
animaux, j’apprends, je crois, à mieux diriger les acteurs humains. Parce que
je comprends à quel point, quoi qu’on fasse, la première chose qui doit être
juste, c’est de mettre l’acteur dans une situation qu’il comprend et qu’il va
aimer. Si vous choisissez le mauvais costume, le mauvais partenaire, le mauvais
dialogue, la mauvaise lumière, le mauvais décors, comment voulez-vous que
l’acteur se sente bien? Il pourrait être excellent acteur, avoir fait 10 ans de
cours de comédie, eh bien il ne pourra pas être bon. Parce que son instinct lui
dit le contraire… Il faut bien choisir ce que vous faites. C’est là l’art de la
mise en scène. Eh bien, c’est pareil avec une star hollywoodienne ou un loup.
Peu importe qu’on aime ou pas vos films, on sait qu’ils seront
visuellement magnifiques. Avec Le dernier
loup, on n’est pas déçu. Avec des images aussi puissantes, des combats
aussi enragés, est-ce difficile que le reste du long métrage, lorsqu’il faut
faire avancer l’histoire, les dialogues et tout, soit aussi fort et
intéressant?
Les scènes d’adrénaline doivent
être au service de l’histoire. Du coup, vous allez réagir émotionnellement
d’une manière différée, c'est-à-dire que la scène d’adrénaline va vous faire
palpiter le cœur, mais le moment d’émotion qui va vous plaire, c’est la
conclusion qui doit être généralement, à mon avis, fait comme la musique. Si
vous faites tout rapide tout le temps, ça ne fonctionne pas. Il faut des
moments de calme, surtout pour que les moments rapides semblent rapides. On a
besoin de souffler… C’est intéressant comme question, car on me la pose
rarement. Effectivement, vous récupérez dans la scène calme ce que vous avez
accumulez pendant la scène vivace.
Sentez-vous que l’on peut diviser votre filmographie en deux parties?
Ce qu’il y a eu avant Sept ans au Tibet
et ce qu’il y a eu après?
Je ne me pose pas la question.
Les films sont tels que je les vis moi. Je sens la continuité et je les fais
avec la même passion, le même désir. Ceci étant, le cinéma a changé. Ce serait
sans doute difficile de faire aujourd’hui un film comme La victoire en chantant (qui a remporté l’Oscar du meilleur film en
langue étrangère). C’est comme chez les peintres. Ils ont des évolutions de
tonalité, des changements de sujets parfois. Il y a certainement ça qui rentre
en jeu.
Ce que je crois, c’est que ça
dépend des personnes et ça dépend des lieux. En Chine, un de mes films qui
marchent le mieux et qui est le préféré est L’ennemi
aux portes. C’est un film de sniper, comme Le dernier des loups, car les loups sont des snipers, avec ce même
regard, cette même patience. Sept ans au
Tibet, par exemple dans des pays comme l’Italie et la Hollande , c’est un film
qui est plus populaire que La guerre du
feu et L’ours. La réaction des
gens est très variée. Et c’est bien ainsi. Je n’aime pas faire des films
formatés. Selon sa culture, son âge, son éducation, des gens préfèrent ceci ou
cela et ça me va.
Film du jour: L'amant
Pour accompagner la sortie de Wolf Totem, on se replonge dans un autre film de Jean-Jacques Annaud, L'amant. Librement inspiré du livre culte de Marguerite Duras, cette adaptation particulièrement érotique sur une histoire d'amour interdite traduit bien les rapports de classe sociale et ce sentiment d'ennui qui pousse les âmes à passer à l'acte. Le ton littéraire a été conservé, les images sont comme toujours superbes chez ce cinéaste et l'interprétation juste amène une fougue aux propos. ***1/2
samedi 29 août 2015
Film du jour: Wolf Totem (FFM)
Wolf Totem de Jean-Jacques Annaud est un des films les plus attendus du FFM et la sélection de la Chine pour la prochaine cérémonie des Oscars. Il s'agit d'un spectaculaire conte sur un étudiant de Beijing qui apprend les beautés de la nature et des loups lors d'un long séjour en Mongolie. Autant les images sont superbes et les scènes d'action électrisantes, autant l'histoire naïve et le jeu des comédiens ont du mal à convaincre. On est bien loin de L'ours du même cinéaste ou du grandiose Dersu Uzala d'Akira Kurosawa. **1/2
mardi 2 décembre 2014
Film du jour: L'ours
Les fictions animalières construites comme des documentaires ont la cote depuis quelques années, mais la meilleure du lot est certainement leur ancêtre, L'ours, que Jean-Jacques Annaud a réalisé en 1988. Des paysages magnifiques aux superbes bêtes sauvages en passant par le récit simple mais ô combien efficace à la Bambi, ce film universel et pour toute la famille malgré quelques passages un tantinet plus violents demeure un classique du genre. Personne ne pourra résister à ces bêtes sauvages si attendrissantes. ****
jeudi 1 mai 2014
Film du jour: La guerre du feu
Il en fallait du courage pour croire aux chances de La guerre du feu, un film pratiquement sans parole qui suit une tribu préhistorique qui cherche du feu pour pouvoir survivre. Il y a de la violence explicite, des longs moments d'errances et d'autres où l'intrigue n'est pas claire. Pourtant, le triomphe critique et public fut incontestable à sa sortie au cinéma en 1981. Normal: le long métrage est certes différent, mais il est toujours intéressant et trépidant. Et sur les simples aspects techniques, le réalisateur Jean-Jacques Annaud est parvenu à soigner adroitement ses images et sa trame sonore pour offrir une riche odyssée qui sort de l'ordinaire. On remarquera aussi que dans un rôle pivot, Ron Perlman en assure en brute au grand coeur. ****
mardi 9 juillet 2013
Nouveautés DVD: Spring Breakers, The Gatekeepers, New World, Admission, My Awkward Sexual Advance, Dead Man Down, Temptation – Confessions of a Marriage Counselor, Black Gold
C'est ça. Après la semaine dernière qui était chiche en sorties dvd et blu-ray, les distributeurs se vengent avec une tonne de nouveautés!
La meilleure du lot est certainement Spring Breakers d'Harmony Korine, superbe satire du rêve américain traitée à la sauce trash et sexy. Rien n'est à prendre au premier degré dans ce très beau long-métrage mis en scène avec virtuosité. ****
Solide documentaire sur le pouvoir secret en Israël, The
Gatekeepers de Dror Moreh arrive à éviter l'objet de propagande pour s'avérer une oeuvre puissante et exemplaire qui fascine du début à la fin. ***1/2
Suspense de classe qui évoque Scorsese et To, New World de Park Hoon-jung est un surprenant effort entourant un syndicat de crimes. Malgré un scénario prévisible, certaines scènes (celle de l'ascenseur) marquent les esprits. ***1/2
Les critiques n'ont pas été tendre envers Admission de Paul Weitz. Pourtant, il s'agit d'une très intéressante comédie douce-amère sur la famille, les valeurs et l'éducation. Le duo formé de Tina Fey et de Paul Rudd fonctionne parfaitement. **
Lorsque le cinéma canadien joue dans les plate-bandes américaines, cela donne My Awkward Sexual Advance de Sean Garrity, une fantaisie inconséquente sur un homme qui tente de reconquérir sa blonde. Mou et plat tout à la fois. **
Derrière un casting musclé (Colin Farrell, Noomi Rapace, Dominic Cooper, Isabelle Huppert), Dead Man Down d'Arden Oplev n'est qu'un thriller mécanique et conventionnel sous fond de vengeance. **
Tyler Perry. Un seul nom et on sait qu'on se retrouve avec mélodrame moralisateur, prévisible et racoleur. Temptation – Confessions of a Marriage Counselor est tout ça, ni plus ni moins. *1/2
On aime beaucoup le cinéaste Jean-Jacques Annaud. Mais pourquoi diable s'est-il commis dans Black Gold, une fresque ratée qui évoque le cinéma de David Lean, mais sans le talent et les enjeux dramatiques? Cette fois, la beauté des décors ne suffit plus, surtout pas avec une intrigue aussi rachitique et des interprètes pas toujours crédibles. *1/2
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samedi 23 juin 2012
Film du jour: The Name of The Rose
En ce samedi collant, on voyage dans le temps et on revisite The Name of the Rose de Jean-Jacques Annaud, cette vigoureuse adaptation du roman d'Umberto Eco qui se déroule au 14e siècle. L'époque parfaite pour commettre des crimes bizarres entre moines et pour laisser le vénérable Sean Connery enquêter avec le jeune frêle Christian Slater. Le film, verbeux mais toujours très intéressant, captive autant pour son intrigue que par le grand soin apporté à ses magnifiques images. Si les nouveaux Sherlock Holmes pouvaient ressembler à ça... ****
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