Bernard Émond retrouve la forme d'antan avec Une femme respectable, filmant avec beauté ses magnifiques personnages et les lieux où ils interagissent. Son style ne change pas, mais on va s'ennuyer de sa façon de questionner l'âme humaine. Ma critique est à lire sur Cinoche. ***1/2
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vendredi 18 août 2023
mercredi 16 août 2023
Entrevue: Bernard Émond (Une femme respectable)
Bernard Émond revient en force avec Une femme respectable, qui devrait être son dernier film. J'en discute avec le principal intéressé pour un entretien qui est publié sur Cinoche.
mercredi 21 février 2018
Entrevues Pour vivre ici
Film d'ouverture des Rendez-vous Québec Cinéma, Pour vivre ici permet à Bernard Émond d'explorer davantage son oeuvre utile. J'ai rencontré le cinéaste québécois et les actrices Élise Guilbault et Sophie Desmarais et mes entrevues se trouvent dans le journal Métro.
dimanche 11 juin 2017
Les films préférés de... Bernard Émond
Cinéaste de l'essentiel, Bernard Émond mène une carrière enviable, d'abord en documentaire puis en fiction. Son film La neuvaine est d'ailleurs régulièrement cité comme un des meilleurs longs métrages québécois du millénaire. Je l'ai rencontré dans les derniers mois pour la sortie de son nouveau livre (mon entrevue) et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés. Voici sa réponse...
Bernard Émond: Je suis un amoureux de Rossellini. Je pense que Europe 51, c'est pas loin d'être mon
film préféré. Il porte un jugement formidable sur l'Europe de l'immédiate après
guerre. Il y a Ingrid Bergman...
Moi: Qui est magnifique...
B.E.: Elle est plus que magnifique. Vous savez que c'est le film
qui a inspiré La neuvaine?
Moi: Non.
B.E.: Il y a aussi Kurosawa et Barberousse.
C'est un peu le thème de La donation:
le médecin qui arrive dans une place. Pour moi, ce sont plutôt des films de
cette époque-là, les années 40, 50 et 60. Après, il y a des films formidables,
mais ce n'est pas ce qui me parle le plus...
B.E.: Ah oui, aussi Ozu.
Moi: C'est drôle, je regardais Early Summer récemment et c'est vraiment génial.
B.E.: C'est tellement bon! Et cette magnifique comédienne, comment
elle s'appelle encore?
Moi: Setsuko Hara!
B.E.: Oui! Haaaaaa! Elle est morte récemment, d'ailleurs. Elle n'a
plus tourné après Ozu, elle est entrée au monastère. C'est la beauté incarnée.
Cette espèce de beauté de réserve. Ah, câline. Mais c'est ça qui est le fun avec les comédiens et les
comédiennes. Quand il y a quelque chose qui émane d'eux. Je trouve qu'il y a
quelque chose de formidable qui émane d'Élise Guilbault ou d'Ingrid Bergman.
Quand tu peux être témoin de ça et quand tu peux entrer ça dans le kodak, c'est
un grand bonheur.
dimanche 1 janvier 2017
Film du jour: La neuvaine
On débute cette nouvelle année avec La neuvaine de Bernard Émond, qui est probablement le meilleur film québécois du 21e siècle. Une oeuvre profonde, austère mais ultimement lumineuse sur la vie et la mort, où la nature se sublime aux états psychologiques des personnages. Un opus totalement maîtrisé, réalisé avec minutie et campé à la perfection par une Élise Guilbault impériale, qui donne foi envers le cinéma d'ici. En espérant que 2017 soit à la hauteur. ****1/2
mardi 27 décembre 2016
Film du jour: L'épreuve du feu
C'est un documentaire essentiel que propose Bernard Émond avec L'épreuve du feu. En s'attardant aux pompiers et aux victimes d'incendie, le cinéaste palpe la perte en choisissant de s'approcher de la lumière. Sa réalisation est au plus près des gens et une aura semble guider l'effort malgré quelques passages plus redondants. ***1/2
mardi 15 décembre 2015
Nouveautés en DVD/Blu-ray : Mission Impossible - Rogue Nation, Ted 2, Antoine et Marie, Le journal d’un vieil homme, Paul à Québec, Wolf Totem, Fantastic Four
Le cinéma hollywoodien et québécois s'affronte cette semaine au sein des nouvelles sorties en Blu-ray et en DVD.
Même s'il est moins bon que le précédent épisode, Mission: Impossible - Rogue Nation de Christopher McQuarrie n'en demeure pas moins un divertissement haletant avec ses spectaculaires morceaux de bravoure. ***
Aussi insignifiant qu'hilarant, Ted 2 de Ted MacFarlane fait beaucoup rire, bien que l'effet de surprise n'y est plus. L'exemple parfait du plaisir coupable. ***
Plus abouti que La cicatrice, Antoine et Marie de Jimmy Larouche manque cependant un peu de subtilité et de finition dans sa façon de traiter d'un sujet important. L'interprétation y est toutefois remarquable. **1/2
Journal d'un vieil homme est peut-être le film de trop de Bernard Émond qui revisite tous ses thèmes fétiches mais sans sa grâce habituelle. **1/2
Énorme succès au box-office de la Belle Province, Paul à Québec de François Bouvier est un gros mélo manipulateur qui parle de la mort et de la famille. **1/2
Visuellement spectaculaire mais au final assez vide, Wolf Totem de Jean-Jacques Annaud est un conte édulcorée qui n'intéresse qu'à parcimonie. **1/2
Au lieu de marquer les esprits et de lancer une franchise, Fantastic Four de Josh Trank s'avérait rien de moins qu'une des pires productions américaines de l'année. *1/2
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vendredi 21 août 2015
Sorties au cinéma: Fort Tilden, Melody, Sugar Coated, Le journal d’un vieil homme, What We Did On Our Holiday, Sinister 2, How to Make Love Like an Englishman
Même en ayant passé à côté des deux plus grosses sorties de la semaine (Hitman: Agent 47 et American Ultra), j'ai vu pratiquement toutes les autres nouveautés (désolé Bang Bang Baby) qui prennent l'affiche ce vendredi.
Dans le lot, Fort Tilden de Sarah-Violet Bliss et Charles Roger est le plus sympathique. Un petit film libre comme le vent, savoureux dans sa façon de décrire le quotidien de deux jeunes femmes de Brooklyn qui tentent de donner un sens à leur existence. Un peu comme si le Noah Baumbach de Frances Ha se permettait de refaire Tu dors Nicole, en moins essentiel toutefois. ***
Plus lourd et tendu mais tout aussi nécessaire est Melody de Bernard Bellefroid, un drame sur un pacte qui lie deux femmes d'âge et de conditions sociales différentes. Un projet un brin trop écrit dont les têtes d'affiche maintiennent constamment l'intérêt. ***
Documentaire fort louable mais pas toujours cinématographique sur l'industrie du sucre poison qui est présent partout, Sugar Coated de Michèle Hozer en fera réfléchir plus d'un. ***
Bien qu'on aime beaucoup le cinéma de Bernard Émond, Le journal d'un vieil homme se veut son projet le moins abouti, renforçant ses tics en présentant deux êtres qui sont incapables d'être heureux. **1/2
Énorme succès dans ses terres natales, What We Did On Our Holiday d'Andy Hamilton et Guy Jenkins demeure seulement une comédie moralisatrice sur la famille, une sorte de Gone Girl pour enfants croisé avec Death at the Funeral. **1/2
Suite d'une production moyenne mais efficace, Sinister 2 de Ciaran Foy ne procure aucun réel frisson et il ne dit rien de nouveau sur ce concept d'enfants méchants. **
Pierce Brosnan en fait des tonnes dans How to Make Love Like an Englishman de Tom Vaughan, une comédie lourde et assommante sur un séducteur qui se voit servir sa propre médecine. On ne voit plus souvent Salma Hayek au cinéma et ce n'est guère surprenant... **
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mercredi 19 août 2015
Entrevue Le journal d'un vieil homme
Mettant en vedette Paul Savoie et Marie Eve Pelletier, Le journal d'un vieil homme est le nouveau film de Bernard Émond, qui raconte le désir de rapprochement d'un médecin malade et de sa fille adoptive mélancolique. Un cinéma en dehors des modes qui parlent, comme toujours chez le cinéaste, de sujets importants.
J'ai pu rencontrer le réalisateur et les deux comédiens et mes entrevues se trouvent dans le Journal Métro.
mardi 30 septembre 2014
Film du jour: 20h17 rue Darling
Présenté ce soir à la Cinémathèque québécoise, 20h17 rue Darling de Bernard Émond est un drame sensible, rigoureux et hantant sur un homme qui a tout perdu et qui doit accepter de vivre pour la première fois depuis des lunes. Avec son style qui lui est propre, le cinéaste peint méthodiquement une superbe étude de milieu, conférant à Luc Picard un de ses plus beaux rôles en carrière. L'ensemble n'est pas sans faux pas, mais son charme austère opère et il transporte tout entier. ***1/2
mardi 24 juin 2014
Film du jour: Contre toute espérance
En 2005, Bernard Émond débutait sa trilogie sur les vertus théologales
en s’attaquant à la Foi avec son magnifique La
Neuvaine, peut-être le meilleur film québécois du nouveau millénaire.
Malgré le succès critique et de nombreux prix remportés, l’oeuvre est restée
dans l’ombre du populaire C.R.A.Z.Y.
Deux années plus tard, le cinéaste de La
Femme qui boit obtient une douce revanche. Non seulement son très beau Contre toute espérance s’avère un peu
plus accessible, mais il n’y a pas de compétiteur sérieux pour lui porter
préjudice.
Réjeanne (Guylaine Tremblay) est éprouvée par le destin. La maladie
touche son mari Gilles (Guy Jodoin) et il est incapable de s’en remettre. Les
restructurations économiques font perdre des emplois et le couple doit bientôt
vendre leur nouvelle maison et déménager à Montréal. Au grand désarroi de leur
vaillant ami Claude (Gildor Roy), Réjeanne et Gilles commencent à sombrer dans le mutisme
et la résignation. Jusqu’au jour où l’épouse est retrouvée les mains
ensanglantées et que le lieutenant Allard (René-Daniel Dubois) décide de mener
une enquête…
Comme c’est également le cas de sa conjointe Catherine Martin, le cinéma
de Bernard Émond est loin d’être évident. Tout en noirceur, en lenteur et en
subtilité, il dépouille l’âme humaine en montrant ses peurs, ses craintes, mais
surtout ses combats et ses espoirs. Le Kieslowski québécois n’a que faire de la
comédie (il y a pourtant quelques touches d’humour) ou de l’action bas de
gamme. Il perce plutôt au plus profond des êtres, ressortant au passage ce qui
est beau et ce qui l’est moins.
Contrairement à La Neuvaine, Contre toute espérance se veut beaucoup
moins mystique et religieux. Le sacré rode en soutane sans jamais véritablement
se matérialiser complètement. Il n’est que théorie ou croyance, un remède
possible et envisageable devant tant de maux. L’histoire, somme toute banale,
éclate l’espace temporel, alternant entre le passé et le présent. Le sujet est
universel, sans frontière et la souffrance très contemporaine fait écho aux
Grecs de l’Antiquité.
Le réalisateur transcende le particulier pour pourfendre le général. En
s’attaquant aux effets de la mondialisation (performance vs délicatesse, robot
vs raison), avec un regard acerbe, sa charge ne risque pas de passer inaperçue.
Pourtant, Émond n’y est pas aussi à l’aise qu’en décrivant le douloureux
passage du temps, de la pitié qui affaiblit l'être, de la rage face à la
classe dominante, de la maladie qui n’épargne personne. Le ton morose, triste à
mourir, évite généralement le misérabilisme grâce à quelques moments de
sérénité, comme cette envolée d’oiseaux (un thème récurent chez l’auteur),
cette chasse bâclée et ces souvenirs joyeux.
L’homme derrière le solide 20h17 Rue Darling renoue avec Guylaine Tremblay en lui offrant son
meilleur rôle en carrière. L’actrice, déjà excellente dans Mariages, arrive parfaitement à transmettre une gamme complexe
d’émotions, de la frayeur à la joie en passant par la lassitude et, surtout, le
sentiment d’être véritablement amoureuse. Ses yeux, dans le clair-obscur de
Jean-Claude Labrecque et bercés par les puissants airs musicaux de Robert
Marcel Lepage, s’avèrent plus révélateurs que tous les mots possibles et
inimaginables. La surprise est encore plus grande du côté de Guy Jodoin,
souvent pénible et embarrassant à la télévision (à l’exception du tordant Rumeurs). Il se terre derrière un
personnage limité physiquement qui ne possède pas toutes les munitions
nécessaires pour gagner sa guerre. Aucune mimique, aucune facilité de son côté. Entre ces deux amoureux maudits se
trouve Gildor Roy, figure positive et énergique. Il encourage les deux anti-héros
à se battre et sa dévotion est totale.
Sans doute moins puissant que La
Neuvaine mais tout aussi déchirant, Contre
toute espérance fait souffrir en silence. Le regard sur le monde et
l’importance des valeurs risque même d’en être altéré. À voir et à revoir... et pourquoi pas en cette journée de fête nationale? ****
mercredi 4 juin 2014
Sur le plateau de tournage du Journal d'un vieil homme
Récemment, je suis allé visiter le plateau de tournage du Journal d'un vieil homme, où j'ai pu rencontrer son réalisateur Bernard Émond et quelques-uns de ses comédiens, dont Paul Savoie et Marie-Thérèse Fortin.
Pour en savoir plus sur le sujet, place à une jolie capsule vidéo.
mardi 26 février 2013
DVD: Poulet aux prunes, Tout ce que tu possèdes, Le jour des corneilles, Twilight Saga: Breaking Dawn II, Battlestar Galactica : Blood & Chrome
Pour les traditionnelles sorties DVD et Blu-ray de cette semaine, il y a des films pour pas mal tout le monde.
Quelques années après leur formidable Persepolis, Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud sont de retour avec Poulet aux prunes, un récit un brin moins mémorable qui s'avère tout de même très poétique et réussi. Chronique d'un musicien qui souffre d'un énorme chagrin d'amour, ce conte à la distribution attachante et à la formidable direction artistique saura comblé petits et grands. ***1/2
Ma critique
Ma critique
Continuant à livrer des oeuvres essentielles, Bernard Émond propose avec Tout ce que tu possèdes de s'attarder au sort d'un homme qui refuse l'héritage de son père. Plus poétique et centré sur les émotions que d'habitude, ce très belle essai âpre offre de magnifiques compositions de ses comédiens. ***1/2
Les plus petits préféreront Le jour des corneilles de Jean-Christophe Dessaint, un conte un brin moralisateur sur un enfant élevé en forêt qui découvre le monde qui l'entoure. L'animation est de qualité et les voix, irréprochables. ***
Ultime segment d'une série à succès, Twilight Saga: Breaking Dawn II de Bill Condon est une déception sur toute la ligne. Alors que le précédent tome surprenait par son humour, celui-ci se prend terriblement au sérieux, n'offrant aucune situation réellement intéressante. Comme toujours, les dialogues et l'interprétation laissent terriblement à désirer. **
Les amateurs de science-fiction plongeront avec joie dans Battlestar Galactica: Blood & Chrome, sorte de pilote à une série qui n'a jamais vu les jours. Ceux qui ne sont pas connaisseurs risquent toutefois de décrocher avant la fin.
samedi 3 novembre 2012
Tout ce que tu possèdes, The Sessions, The Man With the Iron Fists,
Il y a plusieurs beaux films cette semaine au cinéma. Mieux vaut en profiter, avant le raz-de-marrée James Bond la semaine prochaine...
Bernard Émond continue à faire du cinéma de gravité avec Tout ce que tu possèdes où il donne le véritable sens au mot «dépouillement». Peut-être moins âpre et austère que ses précédentes pièces d'orfèvre, avec de l'émotion plus à l'avant-plan et un sens plus aiguisé vers la littérature et la culture slave, cet effort très touchant interprété par d'excellents comédiens convainc malgré quelques passages plus forcés, des dialogues qui peuvent manquer de subtilité et des métaphores parfois trop évidentes. ***1/2
Comment assouvir ses fantasmes après une terrible maladie qui nous a laissé handicapé? C'est ce que cherche à découvrir le touchant The Sessions de Ben Lewin. Tourné comme un documentaire, avec de l'humour qui remplace le mélo d'usage, cet essai léger et sans prétention est dominé par des comédiens inspirés, notamment John Hawkes qui recevra probablement une nomination aux Oscars, et la trop rare Helen Hunt. ***1/2
Le rappeur RZA devient cinéaste le temps de The Man With the Iron Fists, un hommage inspiré aux classiques de la Saw Brothers. Cette fois, il y a plus d'effets spéciaux et également d'hémoglobine dans cette prémisse volontairement brouillonne où tout ce qui compte sont les affrontements musclés et les chorégraphies de la mort. Un plaisir coupable qui fait du bien, et qui montre le talent de Russell Crowe sous un jour nouveau. ***
C'est tout pour le moment. Il va falloir se reprendre dans une entrée ultérieure pour Elles, Flight et Wreck-It Ralph.
Libellés :
Émond,
Sorties Cinéma de la semaine
vendredi 2 novembre 2012
Entrevue avec Bernard Émond pour Tout ce que tu possèdes
Bernard Émond est probablement le cinéaste le plus constant du Québec. À peu près tous les deux ans, il continue à explorer ce sentiment de perte qui afflige l'être humain.
Le voici de retour avec Tout ce que tu possèdes, qui raconte l'histoire d'un homme qui décide de refuser un riche héritage de son père.
J'ai pu parler au toujours très intéressant réalisateur et mon entrevue se retrouve dans les pages du Métro.
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