samedi 30 avril 2016

Film du jour: Les rendez-vous d'Anna

Réalisateur est un métier de rêve? Pas selon l'héroïne des Rendez-vous d'Anna, récit autobiographique de Chantal Akerman où une cinéaste visite différentes villes anonymes, incapable de se lier émotionnellement avec le monde qui l'entoure. La caméra statique multiplie les longs plans fixes, les dialogues neutres semblent volontairement déshumanisés et les dialogues brillants sur l'amour et la famille rendent rapidement mélancoliques. Dans le rôle titre, Aurore Clément est bouleversante de froideur. Un opus au rythme particulier qui sera difficile à oublier. ****

vendredi 29 avril 2016

Sorties au cinéma : Francofonia, Le bouton de nacre, Elvis and Nixon, L'étudiante et Monsieur Henri, Montréal New Wave, Ratchet and Clank, Precious Cargo

Deux superbes documentaires apparaissent - et de loin - comme les meilleures sorties de la semaine.

Alexandre Sokourov continue sa réflexion sur le passé, les souvenirs et le pouvoir avec Francofonia, un essai hors norme où la situation du Musée du Louvre pendant la Seconde Guerre mondiale n'est qu'un prétexte à un travail sidérant sur la narration et l'art cinématographique. Un patchwork renversant à tout point de vue. ****

Tout autant que Le bouton de nacre de Patricio Guzman, un effort magistral qui tente de relier la découverte de deux boutons qui ont un rôle fondamental à jouer dans la composition de la planète. Avec ses paysages extraordinaires, ses réflexions essentielles sur l'infiniment grand et petit et sa façon d'éclairer les fantômes du Chili, cet opus vaut son pesant d'or et il mérite d'être découvert et admiré au cinéma. ****

Michael Shannon et Kevin Spacey forment tout un duo comique dans Elvis and Nixon de Liza Johnson. Ils n'apparaissent cependant ensemble que dans le dernier tiers du film. Avant il y a un long préambule qui n'est ni très drôle ni très intéressant. **1/2
Ma critique

Adaptation de sa propre pièce théâtre, L'étudiante et Monsieur Henri d'Ivan Calbérac est une banale comédie dramatique sur la nécessité et la difficulté de trouver sa propre place dans le monde. L'interprétation sincère est insuffisante pour secouer ce récit prévisible aux dialogues moralisateurs et à la mise en scène télévisuelle. **1/2

Montréal New Wave d'Érik Cimon est le documentaire type qui intéresse à parcimonie par ses propos mais qui finit par ennuyer par la banalité de sa forme. Son sujet méritait pourtant un plus grand investissement technique. Reste une musique que l'on se plaît à découvrir. **1/2

Sorte d'infopub à un jeu vidéo qui est sorti presque au même moment, Rachet and Clank de Kevin Munroe et Jericca Cleland est une animation limitée qui comporte quelques moments rigolos mais qui s'adresse surtout aux gamers âgés entre 7 et 14 ans. **1/2
Ma critique

Sorte de Shoot' Emp Up des pauvres où il n'y a rien à prendre au sérieux et où la désolation apparaît plus rapidement que les rires, Precious Cargo de Tim Despic amène Bruce Willis, Claire Forlani et compagnie en bateau (et en voiture, en avion...) dans une production routinière et très répétitive. *1/2

Film du jour: Far from the Madding Crowd (1967)

De toutes les adaptations cinématographiques ou télévisuelles du roman classique Far from the Madding Crowd de Tom Hardy, la version qu'en a tirée John Schlesinger est la plus satisfaisante. Il y a un véritable souffle épique qui se dégage de cette fresque romanesque de près de 3 heures, où la magnificence des images contraste avec le désarroi amoureux de l'héroïne qui cherche à s'émanciper dans un monde d'hommes tout en suivant son coeur. L'interprétation est à l'avenant, la réalisation souvent spectaculaire et il y a une séquence - lorsque Terence Stamp cherche à impressionner Julie Christie à l'épée - qui est particulièrement mémorable. De quoi oublier la tiède transposition de 2015 de Thomas Vinterberg. ****

jeudi 28 avril 2016

Film du jour: Of Men and War

Présenté ce soir au Cinéma du Parc dans le cadre des RIDM+, Of Men and War de Laurent Bécue-Renard est un puissant documentaire sur les effets de la guerre et des combats sur des soldats. Tourné sur une longue période de temps, l'essai lent, répétitif et implacable en est un d'observation et ce qui apparaît à l'écran ne peut que bouleverser profondément. Une autre oeuvre à ne pas manquer qui devrait jouer sur davantage d'écrans. ***1/2

mercredi 27 avril 2016

Film du jour: Lancelot du lac

Aucune histoire n'est à l'épreuve des plus grands cinéastes. C'est le cas du mythe de Lancelot du lac qui est revu et corrigé par Robert Bresson. Dans son style âpre et dépouillé qui le caractérise, le réalisateur en fait une profonde réflexion sur le destin et l'être humain, où le pouvoir naturel et animal n'a aucun autre choix que de se plier aux caprices de l'individu. Le cadre solennel élève constamment l'âme et s'il faut se plier à l'exercice qui ne ressemble à rien d'autre dans le genre, les mérites sont nombreux et inoubliables. ****1/2

mardi 26 avril 2016

Nouveautés en DVD/Blu-ray : Le fils de Saul, Phoenix, Krampus, The Benefactor, Ride Along 2, Point Break, Cary Grant : The Vault Collection, Body

C'est une étrange semaine au niveau des sorties Blu-ray et DVD alors que le pire côtoie le meilleur.

Chef-d'oeuvre en puissance qui redéfinit la façon de montrer, filmer et recréer l'Holocauste, Le fils de Saul de Laszlo Nemes est un opus colossal à admirer même si les images et le son hantent toute une vie. ****1/2

Disponible en format Criterion, Phoenix de Christian Petzold montre plutôt les conséquences de la guerre et ce désir de tout oublier. Un long métrage glaçant et inquiétant, dans la lignée de ceux de Fassbinder. ***1/2

Satire horrifique qui contient quelques bons moments mais qui se perd dans son intrigue trop longue et télégraphiée, Krampus de Michael Dougherty plaira tout de même aux amateurs du genre. **1/2

Richard Gere est très bon dans The Benefactor d'Andrew Renzi. C'est juste que cette production moralisatrice est particulièrement mal écrite et qu'elle est loin d'être vraisemblable. **

On reprend les mêmes et on recommence. Cela donne Ride Along 2 de Tim Story, une suite aussi oubliable que l'original qui continue à singer tous les Leathal Weapon de la planète. **

Remake complètement inutile d'un plaisir coupable des années 90, Point Break d'Ericson Core est une compilation de scènes d'action spectaculaires mais abrutissantes, qui n'ont rien à faire au cinéma. *

On se console avec Cary Grant: The Vault Collection, 18 films (!) tournés entre 1932 et 1936. Il n'y a rien de majeur au menu, si ce n'est son charme légendaire qui fait toujours effet.

En vidéo sur demande, il est possible de découvrir Body de Dan Berk et Robert Olsen, une invasion de domicile qui tourne mal pour trois amies. Une prémisse qui n'est pas sans rappeler La vérité de Marc Bisaillon, en beaucoup moins réussi tant l'intrigue ne fait aucun sens, que la réalisation est sommaire et l'interprétation assez inégale. *1/2 

FIlm du jour: Black

Présenté au Centre Phi jusqu'au 30 avril, Black d'Adil El Arbi et Bilall Fallah est un croisement entre Roméo et Juliette et La haine. Un film de gangs se rue se déroulant à Bruxelles qui est cruellement d'actualité et qui ne lésine pas sur la violence. L'histoire ne casse peut-être rien, elle est racontée avec un solide savoir-faire technique à l'aide d'étonnants jeunes comédiens. ***