Présenté toute la fin de semaine au Cinéma du Parc, Fairytale est une oeuvre étonnante, même de la part d'Alexandre Sokourov. Continuant son exploration des figures du pouvoir, on retrouve cette fois Hitler, Staline, Mussolini et Churchill au purgatoire à déblatérer avec leurs doubles! Le récit statique et répétitif n'est pas le plus enlevant, mais il sera facile de se perdre dans l'éblouissante esthétisme en place, qui utilise des images d'archives comme aucun film auparavant. ***
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vendredi 6 septembre 2024
dimanche 25 septembre 2016
Film du jour: Père et fils
Alexandre Sokourov n'est pas le plus grand cinéaste russe pour rien. Son imaginaire fige le temps et invite au rêve. Son style reconnaissable entre tous sature les images qui envoûtent allègrement. Dans Père et fils, il présente un duo fusionnel qui n'aura aucun autre choix de se séparer. La méditation, lente et progressive, est peuplée d'ellipses fascinantes où le spectateur ne peut que se perdre pour mieux se retrouver par la suite. Un opus majestueux à décortiquer avec soin. ****
mardi 28 juin 2016
Sorties DVD/Blu-ray : Cemetery of Splendor, Francofonia, Rams, Eye in the Sky, L’hermine, Kung Fu Panda 3, Eddie the Eagle, River, Whiskey Tango Foxtrot, Precious Cargo
Trois films d'exception sont disponibles dès aujourd'hui en format DVD et Blu-ray.
Dans l'hypnotisant Cemetery of Splendor, Apichatpong Weerasethakul continue d'explorer l'âme humaine et tous les liens qu'elle peut créer avec son environnement et les fantômes du passé. Quelle expérience! ****
Tout aussi fascinant est le Francofonia d'Alexandre Soukourov qui traite d'héritage et d'art à des époques où les lumières sont menacées. Un voyage comme il s'en fait peu. ****
Plus terre-à-terre, Rams Grimur Hakomarson est une superbe histoire islandaise où des éternels ennemis n'ont pas le choix de s'entraider. Beau et émouvant à la fois. ****
Suspense infernal sur les frappes de drônes, Eye in the Sky de Gavin Hood offre une technique bien rôdée et une interprétation solide pour un scénario inutilement sentimental, à la conclusion appuyée. ***
Fabrice Luchini est en pleine forme au sein de L'hermine de Christian Vincent, un gentil et petit long métrage judiciaire qui aurait pu être plus marquant. ***
Nouvel épisode d'une série à succès, Kung Fu Panda 3 de Jennifer Yuh Nelson et Alessandro Carloni satisfaira les amateurs de la première heure sans pour autant renouveler la liscence. ***
À la fois extrêmement kitsch et pleine de tendresse, Eddie the Eagle de Dexter Fletcher est une inspirante histoire vraie où de très bons comédiens s'en donnent à coeur joie. ***
C'est un premier effort étoffé mais sans grande originalité que propose Jamies M. Dagg avec River, un voyage qui tourne au cauchemar pour un Canadien comme les autres. ***
Même si on aime beaucoup Tina Fey, l'actrice ne peut sauver le Wiskey Tango Foxtrot de Glenn Ficarra et John Requa, satire trop sage et ennuyeuse de la guerre. **
Horripilante série B (ou Z) où Bruce Willis sabote un peu plus encore sa carrière, Precious Cargo de Tim Despic est une épreuve dans tous les sens du terme. *1/2
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vendredi 29 avril 2016
Sorties au cinéma : Francofonia, Le bouton de nacre, Elvis and Nixon, L'étudiante et Monsieur Henri, Montréal New Wave, Ratchet and Clank, Precious Cargo
Deux superbes documentaires apparaissent - et de loin - comme les meilleures sorties de la semaine.
Alexandre Sokourov continue sa réflexion sur le passé, les souvenirs et le pouvoir avec Francofonia, un essai hors norme où la situation du Musée du Louvre pendant la Seconde Guerre mondiale n'est qu'un prétexte à un travail sidérant sur la narration et l'art cinématographique. Un patchwork renversant à tout point de vue. ****
Tout autant que Le bouton de nacre de Patricio Guzman, un effort magistral qui tente de relier la découverte de deux boutons qui ont un rôle fondamental à jouer dans la composition de la planète. Avec ses paysages extraordinaires, ses réflexions essentielles sur l'infiniment grand et petit et sa façon d'éclairer les fantômes du Chili, cet opus vaut son pesant d'or et il mérite d'être découvert et admiré au cinéma. ****
Michael Shannon et Kevin Spacey forment tout un duo comique dans Elvis and Nixon de Liza Johnson. Ils n'apparaissent cependant ensemble que dans le dernier tiers du film. Avant il y a un long préambule qui n'est ni très drôle ni très intéressant. **1/2
Ma critique
Adaptation de sa propre pièce théâtre, L'étudiante et Monsieur Henri d'Ivan Calbérac est une banale comédie dramatique sur la nécessité et la difficulté de trouver sa propre place dans le monde. L'interprétation sincère est insuffisante pour secouer ce récit prévisible aux dialogues moralisateurs et à la mise en scène télévisuelle. **1/2
Adaptation de sa propre pièce théâtre, L'étudiante et Monsieur Henri d'Ivan Calbérac est une banale comédie dramatique sur la nécessité et la difficulté de trouver sa propre place dans le monde. L'interprétation sincère est insuffisante pour secouer ce récit prévisible aux dialogues moralisateurs et à la mise en scène télévisuelle. **1/2
Montréal New Wave d'Érik Cimon est le documentaire type qui intéresse à parcimonie par ses propos mais qui finit par ennuyer par la banalité de sa forme. Son sujet méritait pourtant un plus grand investissement technique. Reste une musique que l'on se plaît à découvrir. **1/2
Sorte d'infopub à un jeu vidéo qui est sorti presque au même moment, Rachet and Clank de Kevin Munroe et Jericca Cleland est une animation limitée qui comporte quelques moments rigolos mais qui s'adresse surtout aux gamers âgés entre 7 et 14 ans. **1/2
Ma critique
Sorte d'infopub à un jeu vidéo qui est sorti presque au même moment, Rachet and Clank de Kevin Munroe et Jericca Cleland est une animation limitée qui comporte quelques moments rigolos mais qui s'adresse surtout aux gamers âgés entre 7 et 14 ans. **1/2
Ma critique
Sorte de Shoot' Emp Up des pauvres où il n'y a rien à prendre au sérieux et où la désolation apparaît plus rapidement que les rires, Precious Cargo de Tim Despic amène Bruce Willis, Claire Forlani et compagnie en bateau (et en voiture, en avion...) dans une production routinière et très répétitive. *1/2
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dimanche 23 septembre 2012
Faust, The Co(te)lette Film, Kivalina vs. Exxon, À moi seule, Après la neige, La vie d'une autre, Inescapable, End of Watch, Trouble With the Curve, Roller Town
Les sorties de films sont nombreuses, surtout cette semaine qui offre plusieurs titres de qualité, dont un presque chef-d'oeuvre.
Il s'agit bien entendu du Faust de Sokourov, joyau inestimable sur un homme qui fait un pacte avec le diable. Magnifique réalisé, l'opus est un fantasme pour le cinéphile.
Mike Figgis ne fait peut-être plus de fictions, mais ses documentaires valent le détour. C'est le cas de The Co(te)lette Film, un incroyable spectacle de danse sur la pornographie des images.
Un autre documentaire intéressant est Kivalina vs. Exxon de Ben Addelman où le petit David (un village éloigné) se frotte au grand Goliath (les compagnies pétrolières responsables des changements climatiques).
Tout aussi déstabilisant est À moi seule de Frédéric Videau qui porte sur les relations ambiguës entre un kidnappeur et sa victime. Le rendu manque peut-être de finition, mais les comédiens sont épatants.
Honnête premier film, Après la neige de Paul Barbeau qui s'intéresse à l'errance d'un homme maîtrise déjà son langage cinématographique. Lorsque ce sera le cas avec les dialogues, le résultat risque d'être fabuleux.
La déception est plus vive du côté de Sylvie Testud qui accouche avec La vie d'une autre d'un essai quelconque où romantisme, comédie et Juliette Binoche viennent se mélanger un peu n'importe comment.
On avait bien aimé Cairo Time et Sabah de Ruba Nadda, mais lorsqu'elle parle d'espionnage avec Inescapable, le résultat est beaucoup moins réussi.
Avec ses clichés à la tonne et ses personnages complètement vides, il est difficile de porter attention au récit policier de End of Watch de David Ayer. Pourtant, la technique n'est pas si mal.
Ce sentiment se répercute sur Trouble With the Curve de Robert Lorenz, ce long métrage de baseball où Clint Eastwood n'est qu'une caricature de lui-même. Encore là, le temps peut sembler long.
Production canadienne, Roller Town d'Andrew Bush est une parodie qui tombe à plat sur les années 1980, l'époque disco et le patin à roulettes. Des intentions rigolotes ne font pas toujours qu'elle chose de pertinent.
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jeudi 20 septembre 2012
Film du jour: Le soleil
Avec l'impression de ne parler que de Sokourov ces derniers temps - ah oui, tient, son extraordinaire Faust prend l'affiche ce vendredi au Québec -, place à son film sur l'Empereur Hirohito qui régnait sur le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale. Le soleil n'a que faire de l'exactitude politique. C'est du cinéma, de l'art avec un grand A, qui dessine de magnifiques images claires-obscures, qui bousculent les certitudes du cinéphile en dressant une sorte de biopic ultime où l'on est plongé dans son enfer mais où il n'y a ni explications à deux sous, ni moralisme sous-jacent. On déambule donc dans le noir. comme dans Apocalypse Now, et on ne peut qu'être fasciné par ce qui en ressort. L'exercice ne sera pas pour tout le monde (ce n'est pas un produit de masse comme La chute), mais quelle leçon de cinéma! ****
mercredi 19 septembre 2012
Film du jour: L'arche russe
Film le plus connu de Sokourov, L'arche russe est une odyssée extraordinaire dans l'Histoire russe en plus d'être un tour de force cinématographique qui n'a jamais été égalé. Il est constitué d'un seul plan séquence mettant en scène des centaines de figurants qui navigue dans les époques d'un musée, laissant béat le spectateur. Un plaisir pour les yeux qui se retrouve devant une grande oeuvre, visuellement éblouissante, mais dont la technique admirable seconde constamment le propos, qui s'inscrit sans difficulté dans la continuité des obsessions de son auteur. À voir et à revoir. ****1/2
mardi 18 septembre 2012
Film du jour: The Second Circle
Réalisé en 1990, The Second Circle est un des films les plus hermétiques d'Alexandre Sokourov... et un de ses plus simples. Pendant 90 minutes, il filme le rite de la mort d'un homme qui doit s'arranger avec les derniers détails de son père qui vient de rendre l'âme. Exigeant, d'une belle lenteur, visuellement splendide, ce requiem universel - logiquement, tout le monde devra passer par là - touche et bouleverse l'âme. Quelques moments d'humour ironique peuvent faire un peu trop relâcher la tension, mais dans l'ensemble, quiconque a le désir de s'embarquer dans cette aventure éreintante sera récompensé avant la fin. ***1/2
mardi 11 septembre 2012
Film du jour: Moloch
Portrait d'Hitler comme on ne l'a jamais vu, Moloch est bel et bien un film d'Alexandre Sokourov, autant dans sa photographie soignée que dans son rythme lent. Un grand climat d'étrangeté se dégage de l'atmosphère et des situations, et si cela prend beaucoup de temps avant d'embarquer, on ne peut qu'être fasciné par la proposition extrêmement originale du cinéaste qui n'a pas hésité à prendre des risques et sans doute à jouer avec les faits pour raconter à sa façon l'Histoire. Ce sera peut-être un peu trop hermétique pour quelques cinéphiles, mais les autres ne voudront pas manquer ça. Et c'est peut-être son effort qui se rapproche le plus de son supérieur Faust qui sort sur les écrans québécois très bientôt. ***1/2
lundi 10 septembre 2012
Film du jour: Alexandra
En attendant son superbe Faust qui va bientôt prendre l'affiche au Québec, les cinéphiles voudront essayer d’attraper Alexandra d'Alexandre Sokourov, inédit en salles ici. Il s'agit d'un drame poétique d'un rare pouvoir d'évocation doublé d'un magnifique portrait de femme, de la magnifique chanteuse d'opéra Galina Vishnevskaya de surcroît. Cette exploration des ravages - et des fantômes - de la guerre peut être politiquement tendancieuse, mais il s'agit de cinéma et non de reproduire fidèlement la réalité. Le cinéaste fait de l'Art, peignant de magnifiques images symboliques, créant un monde à part qui mérite amplement d'être visité. ****
lundi 23 juillet 2012
Film du jour: Mère et fils
Magnifique ode à la famille, Mère et fils d'Alexandre Sokourov est son film dont l'inspiration de Tarkovski est la plus flagrante. Cela ne l'empêche pas d'être un chef-d'oeuvre. Cette histoire simple d'un fils qui prend soin de sa mère malade est touchante et d'une poésie sans nom. Malgré la cruauté de la conclusion et la solitude qui semble ressortir de chaque plan, la beauté des images, de cette nature qui reprend peu à peu sa place rappelle que dans le combat entre la vie et la mort, personne ne s'en sort indemne. C'est lent (of course!) et pour un cinéphile qui a dépassé le cinéma de Christopher Nolan depuis belle lurette, mais quelle expérience singulière! ****1/2
mardi 18 octobre 2011
FNC: Faust

Lauréat du Lion d'Or à Venise, Faust d'Alexandre Sokourov est un film unique en son genre. Métaphore sur le pouvoir qui s'inspire du mythique conte allemand, cette fable conclut la tétralogie du cinéaste russe d'une bien drôle de manière, en mariant la comédie complètement absurde et la tragédie, l'ironie et le scabreux. Le tout étant rehaussé d'une mise en scène précise, d'une photographie renversante et de comédiens qui s'acquittent brillamment de leur tâche. C'est n'est pas toujours sain d'esprit, mais les liens avec le réel de tous les jours sont d'une justesse inouïe. À savourer très lentement et ce, plus d'une fois.
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