jeudi 5 juillet 2018

Film du jour: Le juge et l'assassin

C'est un de ses grands crûs que propose Bertrand Tavernier avec Le juge et l'assassin. Inspiré d'une histoire vraie, le récit dresse à la fois le portrait d'un être déséquilibré et de la société qui l'a façonnée. Complexe, mordant et non dénué d'humour noir, le film est porté par la performance sobre de Philippe Noiret et celle, marquante, de Michel Galabru. On en ressort complètement fasciné. ****

mercredi 4 juillet 2018

Film du jour: The Little Foxes

Sans renier ses origines théâtrales, The Little Foxes de William Wyler arrive à rendre cinématographique cette prose extraordinaire où l'argent et la cupidité grugent tout sur leur passage. Un subtil travail sur la mise en scène a été apportée et tous les comédiens s'en donnent à coeur joie, notamment Bette Davis qui est tout simplement terrifiante. Le plus incroyable, c'est que la charge est encore plus d'actualité en 2018 qu'en 1941. ****

mardi 3 juillet 2018

Nouveautés Blu-ray/dvd: Les fantômes d'Ismaël, Blockers, Journey's End, Borg vs. McEnroe, Beirut, 7 Days in Entebbe

Les histoires vraies sont à l'honneur cette semaine parmi toutes les nouveautés dvd et blu-ray. Ce sont pourtant les autres longs métrages qui retiennent davantage l'attention.

Les fantômes d'Ismaël: Foisonnant, hantant et hallucinant: bienvenue dans le dernier film d'Arnaud Desplechin, qui multiplie ses hommages à son propre cinéma tout en proposant des échappées haute en couleur. L'extase. ****

Blockers: Cela aurait pu être la traditionnelle comédie américaine sur des ados qui ne pensent qu'à perdre leur virginité. Mais au lieu d'un American Pie féminin, Kay Cannon transcende les clichés en offrant une satire souvent hilarante des conventions et de la vie de parents. ***

Journey's End: Les drames de guerre se suivent et se ressemblent. Celui-ci signé Saul Dibb sort légèrement du lot par son soin esthétique et sa fine direction d'acteurs. ***

Borg vs McEnroe: On a droit à un biopic classique mais nourrissant de la part du talentueux Janus Metz Pedersen (excellent Armadillo) sur la confrontation des deux célèbres joueurs de tennis. Sverrir Gudnarson crève d'ailleurs l'écran dans la peau de l'implacable Björn. ***

Beirut: Ce thriller politique de Brad Anderson ne brille pas par originalité, racontant toujours de la même manière la trahison d'un pays par des forces étrangères et supérieures. Son casting soigné permet toutefois de ne pas trop s'ennuyer. **1/2

7 Days in Entebbe: C'est également le cas de ce suspense tiède de José Padilha, qui aurait mérité d'un meilleur rythme afin de tenir en haleine. Le sujet n'est toutefois pas banal et la finale s'avère plutôt réussie. **1/2

Film du jour: Mourir à tue-tête

Parmi les films québécois les plus puissants de l'histoire, il y a certainement Mourir à tue-tête d'Anne Claire Poirier, qui traite des viols dans une société machiste. Utilisant la technique du documentaire pour parler de thèmes majeurs (répercussions, représentation, alouette), faisant pleurer allègement après une entrée en matière infernale, le récit happe autant pour ses qualités cinématographiques que son discours féminin et surtout humain. Un véritable choc. À la Cinémathèque québécoise. ****

lundi 2 juillet 2018

Film du jour: On the Beach at Night Alone

Les coeurs éplorés devant la routine de l'existence. Le cinéma de Hong Sang-soo continue de se peaufiner, atteignant un nouveau sommet avec On the Beach at Night Alone. Récit miroir entre le réel et la fiction mâtiné de transgressions fantaisistes, le film suit les tourments d'une actrice plongée dans une sorte d'attente. C'est l'exil de l'âme damnée, qui peut renaître au contact de paysages magnifiques et la musique de Schubert: autant des moments de grâce qui ponctuent cette oeuvre émouvante, maîtrisée de fond en comble. ****

dimanche 1 juillet 2018

Les films préférés de... Ara Ball

Après plusieurs courts métrages remarqués, Ara Ball vient d'offrir son tout premier long métrage, Quand l'amour se creuse un trou. Je l'ai rencontré pour l'occasion (mon entrevue) et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés. Voici sa réponse...

« Ça ressemble à un peu de tout. Je suis vraiment un gros fan de Peter Greenaway. On n'en parle pas souvent, même à l'école. Il me fait penser un peu à Kubrick, c'est hyper intellectuel et en même temps c'est très physique aussi. C'est super beau. J'aime beaucoup les films que je ne fais pas aussi. Je suis un gros, gros fan de Tarkovski. Wes Anderson aussi. En même temps que tout le monde parle de lui, je le trouve très sous-évalué. C'est vraiment un écrivain merveilleux. Richard Linklater aussi, je l'adore en tout temps. Ses films sont super fluides et on se perd dans les histoires, les dialogues.

Sinon, d'autres films que j'aime... A Zed & Two Noughts, Mishima: A Life in Four Chapters, Leolo c'est mon film canadien préféré de tous les mois. J'aime beaucoup Who's Afraid of Virginia Wolf?. Je trouve la mise en scène et la photo vraiment incroyable. J'aimerais ça fait un film comme ça un jour. Je trouve que c'est un des grands films de dialogues. C'est Mike Nichols qui l'a fait aussi, et il avait fait The Graduate dont je suis un très grand fan. J'adore Scorsese, sa réalisation, sa musique. Surtout ses vieux films des années 80 et 70, comme Alice Don't Live Here Anymore et After Hours. Mais j'aime de tout.

Mon film préféré de tous les temps, et c'est vraiment bizarre pour beaucoup de personnes. Mais moi je l'adore. C'est Rumble Fish de Francis Ford Coppola. C'est un film qui parle de se retrouver dans un monde où tu es perdu. Ce sont des thèmes qui me parlent beaucoup. Je pense que je fais tout le temps référence à ce film, d'une manière ou d'une autre. C'est mon film à vie et je l'adore beaucoup. Si tu demandes à Coppola son film préféré dans sa filmographie, c'est Rumble Fish! C'est vraiment étonnant. Parce qu'il a fait The Godfather, Apocalypse Now. Et là tu as ce petit film à petit budget. »

Film du jour: Where the Truth Lies

Pour la fête du Canada, on célèbre le cinéma d'Atom Egoyan, qui a offert un de ses derniers films potables avec Where the Truth Lies. Ce suspense glaçant où le passé revient hanter s'élève quelque peu du lot par son scénario fignolé qui ne se prend pas totalement au sérieux, sa mise en scène précise et ses interprètes dévoués. Un certain manque de profondeur fait toutefois en sorte qu'on n'y revienne pas davantage, contrairement à quelques précédents classiques de son auteur. ***