Pour son troisième long métrage, Maurice Pialat s'inspire du cancer de sa mère, mettant en scène une famille qui finit par s'éloigner. D'une réalisme confondant, La gueule ouverte débute en trombe avant de perdre lentement mais sûrement de sa superbe. Ce n'est pourtant jamais la faute de ses comédiens, tous irréprochables. ***1/2
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lundi 15 mai 2023
lundi 26 décembre 2022
Film du jour: Sous le soleil de Satan
Palme d'Or en 1987, Sous le soleil de Satan est une oeuvre austère et dépouillée sur un prêtre qui doute, où Maurice Pialat convie l'esprit de Bernanos et de Bresson. D'une immense force dramatique avec ses ellipses surprenantes, le récit en est un de puissantes confrontations, notamment entre Gérard Depardieu et Sandrine Bonnaire qui trouvent des rôles exceptionnels. ****
dimanche 9 mai 2021
Film du jour: Van Gogh
Sorti il y a trois décennies, Van Gogh demeure possiblement le meilleur film sur ce grand peintre. Pourquoi? Parce que Maurice Pialat refuse constamment le biopic, laissant les grands événements en ellipses en privilégiant la peinture du milieu et les moeurs de l'époque. À ce sujet, une danse qui atteint son apogée au début de la seconde heure s'avère magnifique même si elle ne sert que très peu à l'intrigue. Cela donne une fresque intimiste, drôle et érotique tout en étant cruelle, bouleversante et d'un grand pouvoir d'évocation tant la figure de l'artiste - et alter ego du cinéaste - est constamment brimée par ses semblables. Le soin constant apporté aux images force l'admiration alors que l'incroyable Jacques Dutronc trouve aisément son rôle le plus riche en carrière. ****1/2
mercredi 26 juin 2019
Film du jour: Nous ne vieillirons pas ensemble
Rarement un film sur le couple aura été aussi acéré que Nous ne vieillirons pas ensemble de Maurice Pialat. Largement autobiographique, cette oeuvre forte portée par des dialogues violents est dominée par un Jean Yanne parfaitement antipathique, qui a d'ailleurs été récompensé à Cannes. Ce qui permet au récit d'échapper aux clichés habituels est sa réalisation attentive, qui alterne le plan séquence et le champ-contrechamp, et les ellipses d'une densité à toute épreuve. Si le long métrage s'avère parfois éprouvant, il n'en demeure pas moins essentiel. ****
lundi 20 janvier 2014
Film du jour: Police
Véritable étude de milieu avec un rythme et un style propre à Maurice Pialat, Police a réussi à réunir critiques et grand public à la même enseigne. Il faut avouer que l'oeuvre, complexe et toujours intéressante, qui suit les aventures d'un policier qui tombe amoureux de la femme d'un malfrat, exploite parfaitement le talent de ses interprètes. Gérard Depardieu est drôle et charismatique, Sophie Marceau intense et Richard Anconina d'un naturel confondant. Il y a même un hommage à Truffaut, disparu à la même époque. Du très beau boulot, qui se laisse revoir sans aucune difficulté. ****
vendredi 13 décembre 2013
Film du jour: Loulou
Sans être le meilleur film de Maurice Pialat, Loulou demeure un beau concentré de sa méthode, qui mélange improvisation et cadrage strict, goût de bouleverser les acquis et de choquer, d'embrasser les thèmes de l'existence en se fiant d'abord et avant tout aux émotions et non à l'histoire. S'il ne semble rien se passer dans ce triangle amoureux où une femme d'une certaine classe sociale décide de plaquer son amoureux pour un homme sans travail, on en devient vite bouleversé, à la fois par cette fixation du réel et par le chimie entre Isabelle Huppert et Gérard Depardieu. Les amateurs de papa Cassavetes risquent de beaucoup aimer. ***1/2
mercredi 9 janvier 2013
Film du jour: À nos amours
Bien qu'elle ne trouve pas toujours des rôles à la hauteur de son talent, Sandrine Bonnaire est une très grande actrice. On n'a qu'à se rappeler son premier film, À nos amours, où elle incarnait une adolescente qui cherchait à s'émanciper sexuellement. La comédienne est troublante de vérité, tout autant que cet opus largement improvisé de Maurice Pialat, qui incarne justement le père de l'héroïne. Une oeuvre rude, acérée comme la lame du couteau, qui décrit la jeunesse avec une acuité inouïe. ****
mercredi 17 octobre 2012
Film du jour: L'enfance nue
Dès son premier film, L'enfance nue, Maurice Pialat développait un style qui lui était propre: celui de vouloir sonder l'âme de ses personnages en les filmant au plus proche, sans artifice, comme s'il s'agissait d'un documentaire. Dans ce superbe essai qui en a influencé plus d'un (dont les frères Dardenne), il suit un enfant difficile qui va de famille en famille. Sans jamais juger ses personnages, le cinéaste est capable de rendre sympathique et antipathique son héros, obligeant le spectateur à se questionner sur ses sentiments. Le tout est brillamment relevé par d'étonnants interprètes non professionnels (le petit Michel Terrazon est fascinant à voir) et une mise en scène non apparente d'une rare sensibilité. ****1/2
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