Nanni Moretti signe avec Vers un avenir radieux une formidable lettre d'amour au cinéma, réenchantant le réel par le moyen de la fiction. Ma critique est à lire sur Cinoche. ****
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lundi 16 octobre 2023
mercredi 11 mai 2022
Film du jour: Tre Piani
Travaillant pour la première fois à partir d'un scénario qu'il n'a pas écrit, Nanni Moretti propose avec Tre Piani trois portraits sombres de l'Italie, des valeurs que l'on peut léguer aux enfants et qui finissent par diviser - ou rapprocher - des familles. Des enjeux puissants qui sont toutefois traités superficiellement, au détour de scènes souvent trop appuyées au symbolisme proéminent. Sans doute qu'il y a des moments magnifiques (comme cette danse impromptue), mais ils ne peuvent rien face aux séquences plus grotesques où l'on se demande s'il faut rire ou pleurer. Des interprètes de talent sont coincés dans des rôles monolithiques et peu aimables... ce que renversent heureusement les éclairants personnages féminins. **1/2
jeudi 3 septembre 2020
Film du jour: Santiago, Italia
Très intéressant documentaire sur la chute du régime d'Allende et le sort de sa population dont quelques individus ont pu trouver refuge dans l’ambassade italienne avant d'être rapatriés en Europe, Santiago, Italia permet à Nanni Moretti de traiter avec humanité de résistance, de résilience et de fascisme, le cinéaste s'efface - peut-être un peu trop - afin de faire triompher la parole des survivants. Après une entrée en matière classique, le récit s'aventure en terrain inconnu, émouvant par la force de son propos tout en créant des liens implacables entre l'accueil hospitalier de l'Italie d'hier et la réaction individualiste de celle du présent face aux réfugiés. Disponible en dvd chez Icarus Films. ***1/2
dimanche 28 juin 2020
Film du jour: Caro Diario
Avec l'été qui débute et la saison touristique limitée par les circonstances mondiales, voyager se fera par l'entremise du cinéma. C'est justement ce que propose le magnifique Caro Diario (Journal intime) qui a séduit Cannes en 1993. En déambulant dans les rues de Rome et les îles italiennes, Nanni Moretti offre une odyssée inoubliable, touchante et ludique, révélatrice et profondément humaine sur la vie et l'art. Le récit, séparé en trois parties, offre suffisamment de liberté pour que le spectateur y trouve son propre rythme et ancrage, bercé par la beauté de ce qui s'offre à lui et séduit par l'enchantement des mots et des mélodies. Offert à la location grâce au Cinéma Moderne. ****1/2
samedi 25 juin 2016
Film du jour: La chambre du fils
On continue notre mini cycle sur Nanni Moretti avec La chambre du fils, que plusieurs considèrent comme son meilleur film et qui a remporté la Palme d'Or en 2001. Ce qui frappe à chaque nouveau visionnement, c'est cette capacité de faire pleurer encore et encore. Cette disparitions aussi soudaine que tragique est racontée de façon simple avec une authenticité qui l'honore. Tout sonne si vrai, ce qui ne peut que maximiser l'émotion qui déferle constamment au sein de cette famille comme les autres. ****
vendredi 24 juin 2016
Sorties au cinema: Mia Madre, The Neon Demon,Tickled, 2 nuits jusqu’au matin, Free State of Jones, Heidi, The Shallows
Deux films de Cannes prennent l'affiche cette semaine au cinéma et il ne faudra surtout pas les manquer.
Mia Madre est un des meilleurs longs métrages de la filmographie de Nanni Moretti. Une oeuvre profonde, drôle et chavirante sur l'amour, la famille et le septième art. ****
Avec The Neon Demon, Nicolas Winding Refn s'attaque au monde de la mode avec violence, style, symboles et beaucoup d'humour noir. Une proposition à prendre ou à laisser qui décoiffe. ***1/2
Étonnant documentaire sur les affres de l'internet et la "mode des chatouilles", Tickled de David Farrier et Dylan Reeve intrigue sans difficulté même s'il finit par tourner un peu en rond. ***
2 nuits jusqu'au matin de Mikko Kuparinen est l'opportunité de voir une Marie-Josée Croze en pleine possession de ses moyens dans un effort bien mignon, dont la 1ère partie est plus soutenue que la 2e. ***
Matthew McConaughey est très bon dans Free State of Jones de Gary Ross, un biopic sous fond de Guerre de Sécession qui est malheureusement trop sage et didactique. **1/2
À l'image des deux épisodes de Belle et Sébastien, Heidi d'Alain Gsponer s'attaque à un classique en prenant davantage soin de l'esthétisme (superbe) que des personnages et de l'histoire bien sommaire. **1/2
Série B qui s'ignore, The Shallows de Jaume Collett-Serra est un véritable calvaire même si on est amateur de requins. On rit bien à la toute fin, mais de façon totalement involontaire. *1/2
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jeudi 23 juin 2016
Film du jour: Le caïman
En attendant de pouvoir enfin découvrir son brillant Mia Madre, on revoit Le caïman de Nanni Moretti avec un large plaisir aux lèvres. Sphère privée et professionnelle se fracassent dans cette oeuvre très, très drôle qui a littéralement fait perdre les élections de 2005 à Berlusconi. La finale, tout simplement brillante, ne pourra pas être oubliée. ****
lundi 10 septembre 2012
DVD: Habemus Papam, Et maintenant on va où ?, Snow White and the Huntsman
Eh oui, une nouvelle édition de Titanic sortait aujourd'hui en DVD et en Blu-ray. Mais il y a des longs métrages beaucoup plus intéressants qui sont également disponibles.
Comme Habemus Papam, par exemple, cette succulente comédie spirituelle de Nanni Moretti sur les conséquences de l'élection du nouveau pape. Un film fin, intelligent et brillamment interprété par Michel Piccoli. ****
Presque aussi réussi est le drame féministe Et maintenant on va où? de Nadine Labaki qui parle des conséquences de la guerre sur la population libanaise. Malgré quelques égarements, le mélange de genre est au point et il y a des scènes d'une densité dramatique implacable. ***1/2
Ce n'est malheureusement pas le cas de Snow White and the Huntsman de Rupert Sanders qui semble parfois penser davantage aux répétitions privées avec la jolie Kristen Stewart que de faire un film crédible ou intéressant. Vouloir être le nouveau Lord of the Rings est une chose, mais il est difficile d'y parvenir. Malgré tout, le soin technique est irréprochable et il y a des bonus qui méritent le détour. **
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vendredi 4 mai 2012
Habemus Papam: Mais où est le pape?
Le pape devient le sujet d’un des films les plus drôles de l’année dans «Habemus
Papam», une comédie à la fois absurde et terriblement humaine qui est issue de
l’esprit de Nanni Moretti, l’enfant terrible du cinéma italien. Tout à fait
recommandable.
À la mort du pape, le conclave se réunit pour choisir un successeur.
C’est le cardinal Melville (Michel Piccoli) qui a recueilli le plus de votes.
Sauf que ce dernier hésite devant l’ampleur de la tâche. Pour le convaincre, on
convoque dans le plus grand secret un psychanalyste (Nanni Moretti) qui a déjà
son lot de problèmes familiaux.
Aux premiers abords, Nanni Moretti était la personne toute désignée pour
s’attaquer à ce sujet. Il l’avait déjà abordé par le passé (par l’entremise de
«La messe est finie») et après son délirant «Le caïman», il était légitime de
penser que le cinéaste possédait tout le venin nécessaire pour éclabousser le
dogme de l’Église. Surprise! Au lieu d’utiliser le sarcasme et l’ironie comme
pouvait le faire Bunuel à une époque, le créateur du bouleversant «La chambre
du fils» surprend par son approche. Il ne se moque pas des membres du clergé,
bien au contraire. Il a l’intelligence de les filmer avec humanité et compassion
dans leurs doutes et leurs incertitudes. Pourtant, comme l’athée qu’il est
sûrement, le réalisateur prend son temps pour étayer au grand jour les
paradoxes et la vacuité de certaines traditions. Il le fait subtilement, sans attirer
l’attention, ce qui donne cependant une finale mémorable, d’une noirceur
sardonique.
Avant d’en arriver là, l’homme derrière les très authentiques «April» et
«Journal intime» développe son projet en suivant deux chemins parallèles. Le
premier et le principal est la fuite de son personnage principal qui, lorsque
tout s’ouvre devant lui, se dérobe. Il ne doute pas de sa foi, mais de ses
choix de vie, de son parcours qui aurait rendu n’importe qui heureux sauf lui.
Une approche sensible et pleine d’émotions maximisées par la présence forte de
Michel Piccoli qui trouve là un très grand rôle. Parfaitement appuyée par une
mise en scène alerte et discrète qui fait la belle part aux détails importants
(la place du théâtre et de Tchekhov, la nécessité de renouer avec son essence
première), l’acteur fétiche de Bunuel (tiens, tiens) est tout simplement
formidable. Le tout aurait pu tourner au mélo sans cette seconde dimension,
volontairement plus ludique, où Moretti apparaît dans la peau d’un
psychanalyste, un personnage qu’il connaît comme sa poche. Grâce à cette
parenthèse enchantée, il peut se moquer gentiment de la presse et des
«guérisseurs d’âme», multipliant les allusions savoureuses qui font mouche à
tout coup.
Moins immédiat que d’autres opus de leur auteur, «Habemus Papam» n’en
demeure pas moins une oeuvre de très grande qualité, qui fait beaucoup avec une
grande économie de moyens. On y passe par toute la gamme des émotions, de la
joie aux larmes, en s’identifiant pleinement à cette figure tourmentée. En
espérant qu’il ne faudra pas attendre aussi longtemps avant d’obtenir en sol
québécois le nouveau long métrage de Nanni Moretti.
4/5
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